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20/03/2018

« Il est encore trop tôt... »

 

 

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« J'ai dit plus haut que tel était le sentiment profond de ses soldats. Quand ces pauvres gens mourraient en criant : « Vive l’Empereur ! » ils croyaient vraiment mourir pour la France et ils ne se trompaient pas. Ils mourraient tout à fait pour la France, ils donnaient leur vie comme cela ne s'était jamais fait, non pour un territoire géographique, mais pour un Chef adoré qui était à leurs yeux la Patrie même, la patrie indélimitée, illimitée, resplendissante, sublime autant que la grande vallée des cieux et de laquelle aucun savant n'aurait pu leur désigner les frontières. C'était l'Inde et c'était l'immense Asie, l'Orient après l'Occident, le Globe vraiment de l'Empire universel dans les serres terribles de l'Oiseau romain domestiqué par leur Empereur, et leur Empereur, c'était la France, - équivoque, énigmatique, indiscernable avant son apparition – désormais précise dans sa majesté, irradiante et claire comme le jour, la jeune France de Dieu, la France du bon pain et du bon vin, la France de la gloire, de l'immolation, de la générosité héroïque, de la grandeur sans mesure, de toutes les litanies du cœur et de la pensée !



Stat Crux dum volvitur orbis. C'était bien cela. » Léon Bloy, L'Âme de Napoléon, II Les autres âmes, Le globe, p.71, aux éditions Tel Gallimard

 

Patience!

 

Heureux comme Dieu en France, en ce jour de Soleil invaincu, les français se sont rendus aux urnes funéraires de la social-démocratie. Propagez la bonne nouvelle !

 

«  Que ma prière devant toi s'élève comme un encens  » (Psaume 140)

 

Nous autres, impériaux, nous encourageons les nôtres à ne pas se résigner. Nous nous garderons de donner consigne là où il n'y a qu'un choix ; décisif ? Ainsi que me l'a justement rappelé un homme debout : « Il est encore trop tôt... »

 

Notre seule consigne est de dire à nos camarades néo-nationalistes et néo-souverainistes que nous les attendons d'ores et déjà devant le bûché des « populismes », des populismes du statu-quo et de la Défaite, des « pures frimes » et des vanités, qu'avec joie, nous leur laisserons allumer. De ces cendres renaîtra une certaine idée de l'Empire et de la Souveraineté.

 

L'impérialisme atlantiste n'aura d'ennemi qu'un empire grand européen ; l'Empire eurasiatique de la Fin.

 

L'Homme providentiel, impérial et eurasiste, marial et Grand-Gaulliste, présent en nos cœurs sauvages, ne sera pas l'homme d'une élection démocratique mais d'un contexte géopolitique qui vient. Contexte géopolitique qui provoquera miraculeusement la réunification des deux Églises sous le sceau de Marie, où est-ce la réunification des deux Églises qui provoquera un contexte favorable ?

 

D'élections en déceptions, avec toutes les critiques émises et que nous acceptons d'entendre sur la Nouvelle Russie de Vladimir Poutine, notre orientation vers l'Est reste la seule orientation possible, notre seule option géopolitique, pour parler de façon pragmatique.

 

Nous avons l'exemple de Donald Trump lui-même empêché par l'état-profond atlantiste. Il ne s'agit pas de nier ou sous-estimer l'existence d'une certaine « vague populiste » en mouvement dans le monde occidental, et de ce qu'elle contient, mais nous trouvons le terme populiste vague et imprécis, sans orientation. Ce que nous traduisons, nous, comme le fait qu'une partie du monde occidental redresse la tête (mais sans encore savoir où regarder), nous le célébrons, mais pour nous, restreindre ce fait à un vague populisme est le limiter, et, en cette période électorale, nous voyons de quelles limites nous parlons.

 

Derrière ce théâtre d'ombres au centre de la Nuit, c'est avec une patience exaltée, une immobile impatience, que nous attendons les nôtres.

 

Le Grand Commencement

 

De notre point de vue, le faible résultat de Marine Le Pen démontre deux choses, premièrement, l'inefficacité de la Dissidence et de sa métapolitique de la réinformation sur les réseaux sociaux qui, après une quinzaine d'année, ne trouve aucune traduction dans les urnes, deuxièmement, l'inanité de la doctrine néo-souverainiste, de la « dédiabolisation », et des néo-nationalismes de réaction, l'heure est au bilan.

 

L'éclatement du paysage politique français n'est pas une mauvaise affaire pour qu'émergent les véritables clivages et que se recompose un paysage politique sur de nouvelles bases.

 

Il n'y a pas de « pouvoir » à prendre, ni en France ni même en Europe. Il ne faut pas spécialement souhaiter cette victoire-là au Front National dont la défaite va lui permettre lui aussi de se recomposer. Nous en comprendrons davantage après les législatives qu'après le deuxième tour. Macron va achever la République, tout devient possible.

 

Notre problème ce sont les vieux et les jeunes vieux – les soixante-huitards mentaux – qui ont voté Macron et qui vont encore nous coller un moment, cela dit, pour ne pas complètement dénigrer les stratégies de la réinformation et de la dédiabolisation, nous pensons que de nombreux « réinformés » sont jeunes et n'avaient pas le droit de vote en 2017 qu'ils auront en 2022.

 

Nous pensons qu'une sorte de Casa Pound « à la française », qu'une Maison Bloy, est désormais possible, et que, pour dépasser tous les clivages politiciens inutiles, c'est-à-dire pour être une avant-garde opérative, ce mouvement ou ce parti politique devra dépasser certes le clivage gauche/droite mais également la position du ni gauche/ni droite, devra dépasser le clivage interne nationalisme/souverainisme, et devra même surpasser le clivage pro UE/eurosceptique. En effet, nous voyons que la question de l'Union Européenne et de l'Europe est mal posée et par les pro UE et par les eurosceptiques qu'ils soient néo-nationaux ou néo-souverainistes, c'est pour nous la grande leçon de ces élections, le néo-souverainisme eurosceptique a échoué ainsi que le néo-nationalisme à sa remorque sur cette question. Pour être synthétique, les intérêts souverainistes et nationalistes se déplacent vers une option à la fois Grand Continental et « pérennialiste » – ce qui ne convient pas exactement, l'on pourrait parler de « primordialisme » pour ne pas contourner l'importance du caractère national dans les hiérarchies et les subsidiarités d'une construction impériale et par là rassurer les nationaux-souverainistes, mais nous cherchons davantage à signifier le caractère mystique et finalement prophétique plutôt que romantique et finalement moderniste de notre vision supranationale de la Nation, ce que nous cherchons précisément c'est d'imprimer un caractère traditionaliste et spirituel à notre notion grand-continentale et impériale. « Spiritualiste » ne convient pas plus, désignant un mouvement philosophique précis, la référence au pérennialisme guénonien et évolien nous semble à défaut la plus claire pour donner un caractère à notre personnage grand continental et son avant-garde toujours déjà présente.

 

Ce que vont, par exemple, permettre ces élections, c'est d'engager une véritable critique de la démocratie en son principe – du régime démocratique à l'échelle nationale, nous croyons à une représentation démocratique naturelle à l'échelle des communes (l'assemblée), à l'échelle locale, mais pas au-delà – et non une critique souverainiste de la vraie-fausse démocratie qui demande plus de démocratie, une « autre » démocratie, ce qui est, ce qui était, tout à fait antirévolutionnaire et antitraditionnaliste dans tous les sens du terme. Cela peut se décliner pour la république, son laïcisme, l'égalitarisme, etc...



Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce que révèlent ces élections, mais nous avons décidé de faire court et pensons avoir dit l'essentiel à nos yeux.

 

« Il est encore trop tôt pour que se lève le conflit définitif, celui qui réglera tout car il touchera au nœud du problème, et qui n'aura pas lieu entre droite et gauche (évidemment), ni entre patriotes et mondialistes (ce que pense Soral), mais entre nationalistes (de gauche comme de droite) et impérialistes. L'histoire du monde montre que la naissance des nations s'est faite avec celle de la modernité. L'effondrement des empires  ET DONC des spiritualités authentiques  est le corollaire de ce mouvement historique. Il n'y avait que 80 pays en 1920, et aujourd'hui plus de 200 ! » Un homme debout

 

Vive l'Empire !

 

Pendragon

 

 

La mission occulte de Julius Evola - Quelle importance pour nos combats actuels ? (Jean Parvulesco)

Jean Parvulesco - Le Retour des Grands Temps - La mission occulte de Julius Evola - p.390 à 394

 

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"Je serai le premier à le reconnaître, la présente approche de Julius Evola et de son œuvre à double niveau ne laisse d'être singulièrement frustrante, la part du non-dit y prenant sans cesse le pas sur le discours qui s'emploie à éclairer ce qui peut supporter de l'être dans la marche d'une vie, d'une œuvre si profondément consignées par le secret hermétique.

 

L'entité transcendantale d'appellation polaire, hyperboréenne, dont Julius Evola fut, au niveau d'extrême excellence à lui imparti et avec les moyens d'action qui lui furent alors assurés, l'agent secret d’exécution dans les deux mondes, je parle de cet Imperium Romanum supratemporel et occulte s'identifiant aussi, dans une certaine mesure, au Saint-Empire des grades supérieurs de la Maçonnerie Écossaises, a-t-elle été - l'est-elle encore - inconditionnellement hors d'atteinte l'est-elle en permanence et pour tous ?

 

J'ai moi-même dit, dans un livre de témoignage et de révélations qui semble impossible à faire paraître, tout ce que sans trahir peut être dit, aujourd'hui, dan certains milieux et seulement pour les nôtres, au sujet de ce qui, dissimulé suivant les souffles et les sceaux, les symboles agissants, les procédures des anciennes sciences néoromantiques et magiciennes romaines, persiste encore à se maintenir en état, sur la frontière de ce monde et de l'autre, comme une identité en continuation, en perpétuation ontologique de cette Roma Principia pour laquelle Julius Evola et ses pairs sans nom et sans visage avaient livré, récemment encore - il s'agit du XXème siècle - de si grandes batailles restées inconnues et qui le resteront sans doute à jamais.

 

De toutes les façons, ces sentiers de hauts précipices, menant hors des limites de ce monde, qui sont les entiers du passage sous contrôle médiumnique vers les religions transcendantales  où se tient, immuable, la Roma Principia, ne sont pas d'accès matériel direct, visible, et on ne saurait en aucun cas à y parvenir autrement que par les voies intérieurs de la conscience réveillée au supramental, ni sans faire appel à des rituels philosophiques et à des états d'être de grand péril, des plus prohibés, qui n'appartiennent en rien à la réalité immédiate et aux conventions aliénantes de ce monde subversivement de plus en plus étranger à ses propres principes.

 

Mais, à la fin, quelles sont-elles donc ces "région transcendantales" où se tient "immuable", sou le regard limpide, surhumain, de certains, cette Roma Principia à laquelle nous revenons sans cesse, et, aussi, en quoi les connaissances réactualisées de cette problématique si spéciale, occulte et même occultiste, peuvent-elles s’avérer à nouveau utiles aux tragiques engagements de nos propres combats de libération grand-continental et de rétablissement impérial en cours ?

 

Même si, en l’occurrence, il ne le fait que d'une manière indirecte, je laisserai le soin de répondre à cette dernière question aux écrits de Juius Evola lui-même et cette réponse, à ce qu'il me paraît, sera décisive, une réponse fondatrice de doctrine.

 

Dans une revue de combat. La Vita Italiana, numéro d'octobre 1940, Julius Evola écrivait:

 

"...ceux qui admettent l'existence de "forces occultes" ne les conçoivent trop souvent que comme de simples organisations politiques secrètes, comme des conspirations de certains hommes de la ploutocratie ou de la maçonnerie, lesquels, en dehors de leur art de se masquer et d'agir indirectement, seraient, au fond, des hommes comme tous les autres. Tout cela est trop peu. Les fils du plan de subversion mondiale remontent beaucoup plus haut - ils nous renvoient effectivement à 'l'occulte" au sens propre et traditionnel : à savoir des forces supra-individuelles et non-humaines, dont de nombreuses personnalités, tant de la scène que des coulisses, ne sont souvent que Les instruments. Faire de confusions de ce genre, et par conséquent s'arrêter à une conception superficielle et "humaniste" de l'histoire, sous l'effet de préjugés concernant "l'occulte" véritable, signifie notamment se priver de la possibilité de comprendre à fond des problèmes d'une importance essentielle dans la lutte contre la subversion mondiale".

 

L'enseignement de Julius Evola est d'une rectitude traditionnelle parfaite, et il renvoie aux mystérieuses recommandations de saint Paul dans un Épîtres aux Éphésiens : "Car ce n'est pas contre un ennemi de sang et de chair que nous avons à combattre, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs du Monde des Ténèbres, contre les Esprits du Mal sui se tiennent sur les Hauteurs des Airs". Ep VI.12.

 

Ainsi, il s'agit qu'on le comprenne d'une manière définitive : les causes réelles des grands évènements historiques sont nécessairement cachées, toute intelligence vraie des dimensions supérieurs, métahistoriques, de l'histoire mondiale en marche s'adressera toujours à un centre de gravité occulte, situé dans l'invisible. Tout ce qui apparaitra en plein jour dans la marche de l'histoire visible, qui se donne à voir, est occultement décidé ailleurs, témoigne des résultats d'une confrontation, d'une épreuve de force, d'une bataille gagnée ou perdue dans l'invisible et c'est dans l'invisible que se portent les grandes batailles s'appropriant le sens ultime de l'histoire, et c'est aussi dans l'invisible que nous-mêmes serons convoqués pour tout gagner ou pour tout perdre lors des batailles décisives de notre génération, qui seront, toutes, des batailles secrètes.

 

A l'heure où notre génération s'apprête à regagner clandestinement les positions prédestinées qui sont les siennes, d'avance, dans les futures batailles pour la fondation métahistorique en même temps que politico-révolutionnaire directe du plus grand Empire Eurasiatique de la Fin, coronation suprême de la plus Grande Europe, nous devons donc comprendre que ces batailles nous allons devoir les porter, à quelques-uns, avant tout dans l'invisible, que c'est dans les profondeurs interdites de l'invisible que, selon un ancien dessein, ce qui doit se faire se fera et que, ce qui se fera, ce qui doit se faire, c'est nous, et nous seuls qui le ferons, à l'heure prévue. Car il y a une heure prévue et, désormais, celle-ci se veut imminente.

 

Et, pour conclure, rappelons-nous qu'il n'y a pas de nouvelle fondation impériale sans une nouvelle religion impériale, et que ce qu'il nous faudra donc chercher dans les lointains de l'invisible se sera aussi le feu du mystère vivant et de l'incarnation des principes vivants de cette nouvelle religion impériale et de sa très secrète Nativité Fondationnelle, l'insoutenable lumière nouvelle de sa propre Fulgens Corona.

 

Il n'y a qu'un seul Empire, écrivait Moeller van den Bruck, tout comme il n'y a qu'une seule Église. La mission occulte de Julius Evola, sa très grande mission occulte, n'avait-elle pas été celle, au bout du compte, d'aller chercher l'ancien feu de vie pour ranimer l'être destitué du feu occidental et de son être obscurci ?"

Le symbole "Dieu unique" (Paul Diel)

 

Paul Diel, Le symbolisme dans la bible - sa signification psychologique, Première partie, 1. L'histoire de l'image Divinité, 2. Les cultures mythiques, B. Le monothéisme, 1) Le symbole "Dieu unique", pp. 34 - 38, aux éditions petite bibliothèque payot

 

Le monothéisme est une forme évoluée du polythéisme.

 

Ce qui a évolué, c'est, en premier lieu, le symbole "Divinité". Tous les autres traits différentiels n'en sont que la conséquence. La différence ne concerne pas la signification sous-jacente de la symbolique, mais uniquement la façade narrative où les divinités multiples sont condensés en un Dieu unique, les démons et les monstres en un seul adversaire de Dieu, l'esprit déchu, figuré par Satan.

 

La persistance d'une commune signification sous-jacente - l'immuable vérité éthique - invariable dés l'animisme a été le thème central des précédents développements.

 

A notre époque, il parait évident que les divinités des mythologies polythéistes n'étaient pas - comme les anciens l'ont cru - des personnages réels. Pourtant, nous croyons encore à l'existence personnelle d'un Dieu unique.

 

L'antiquité, à la différence de notre époque, connut deux formes de théologie ; l'une, destinée à la croyance populaire ; l'autre, réservé à de rares initiés.

 

Des centres d’initiations appelés "Mystères" existaient en Égypte, en Grèce et chez tous les peuples de haute culture. Le terme "Mystères" indique que l'enseignement avait pour but de réveiller l'émotion devant le mystère de l'harmonie universelle, à laquelle l'homme, pour son propre bien essentiel, doit s'incorporer par voie d’auto-harmonisation, d'où s'ensuit le sentiment vivant de l’ÉTHIQUE    IMMANENTE, véritable religiosité.

 

Assumant leur responsabilité et leur vocation, les prêtres des Mystères d'Éleusis, par exemple, révélèrent - aux hommes capables d'entendre - le fondement véritable de la symbolique des mythes : le mystère de la mort et de la vie, l'inexistence personnelle des divinités, leur signification concernant les intentions positives de l'âme humaine. Certes les prêtres n'expliquèrent pas le mystère (ce que précisément la théologie populaire prétend faire) et même le sens éthique ne fut pas conceptuellement explicité. Leur méthode d'enseignement, faute d'une connaissance détaillée du langage symbolique, puisait dans la survivance de l'émotion qui sut anciennement créer les fabulations mythiques, ce qui leur permit de saisir intuitivement l'énigme du sens caché et de leur transmettre à l'aide d'allusion suggestives (I).

 

A notre époque n'existent plus d'initiés, ni de prêtres initiateurs. Rien n'existe que les croyances populaires fondées sur l’interprétation littérale des Textes ou le scepticisme provoqué par l'erreur interprétative. L'exégèse symbolique s'oppose autant aux croyances qu'au doute sceptique, ce qui ne facilite guère l'approche de la vérité cachée, d'autant plus qu'en elle se trouvent mythiquement condensés non seulement le sens, mais encore l'insensé de notre vie, l'un et l'autre (selon la symbolique) immanents à la nature humaine. Ce fait - ou devrait dégager - le désir authentique d’approfondissements, mais risque aussi d'être dérangée par le dévoilement du tréfonds psychique.

 

Notre culture fondée sur les textes bibliques s'est toujours crue - et se croit - supérieure aux anciennes cultures polythéistes. Elle l'est, du fait que sa symbolique est plus évoluée. Elle ne l'est pas, du fait de l'absence d'un approfondissement initiatique. La théologie populaire et profane (profanation de la vérité sous-jacente) impose de croire verbalement en l'affirmation des Textes selon lesquels Dieu en personne, prenant forme humaine, est descendu des Cieux sous la forme de son Fils unique pour apporter aux mortels le message du salut. Comment ne pas admettre que ce sont uniquement des symboles, d'autant plus que déjà les anciennes divinités, prenant forme humaine, descendaient sur terre et parlaient aux mortels, leur révélant ce qu'ils devaient faire pour assurer leur salut.

 

Une chose est certaine ou devrait l'être : l’interprétation théologique est fondée sur la incompréhension du très ancien symbole "Fils de Dieu". Tout homme est symboliquement "fils de Dieu". Mais aucun homme et aucun dieu ne peut être à la fois entièrement dieu et entièrement homme. Même réellement existant, un Dieu tout-puissant ne pourrait faire pareil miracle. Car il s'agit d'une définition irréversible : un homme qui serait Dieu ne serait pas un homme comme tous les autres hommes. Qu'on l'admette ou non, l'affirmation des Textes est un symbole. Elle participe à la vérité et à la beauté de tous les symboles.

 

Toutefois, LES ERREURS LES PLUS DÉCISIVES DE LA THÉOLOGIE POPULAIRE ne sont pas dues à l’interprétation littérale, mais à la nécessité de la défendre par l'invention de dogmes qui n'ont plus rien à voir avec les Textes. Or, la plus éclatante des erreurs dogmatiques - il importe de le souligner dés à présent - concerne le SALUT, LE MESSAGE DE JOIE APPORTÉ PAR LE MESSIE. D'après l'interprétation littérale de la théologie, le message de joie - thème central des Évangiles - serait la promesse de SURVIE APRÈS LA MORT AUPRÈS DE DIEU, ACCORDÉE AUX CROYANTS, PROMESSE DONT SERAIENT EXCLUES TOUTES LES GÉNÉRATIONS AYANT VÉCU AVANT L’AVÈNEMENT DU CHRIST. De ce dogme résultent des conclusions aberrantes, d'autant plus inadmissibles qu'elles sont en pleine contradiction  avec les révélations prophétiques de l'Ancien Testament. Passe encore l'injustice de Dieu à l'égard des peuples polythéistes qui ont vécu avant l'avènement du Christ. Ils restent, d'après le dogme, éternellement exclus de la promesse d'immortalité auprès de Dieu, quelle qu'ait été la vie, souvent très méritoire, des hommes d'alors. Le fait surprenant est ici - en dehors de toute discussion possible - que Dieu unique, s'il existe personnellement, A DÉJÀ EXISTE A L’ÉPOQUE DU PAGANISME. Se serait-il volontairement caché tout en voyant l'égarement de l'humanité païenne ? Et les Prophètes de l'Ancien Testament, et le peuple élu, sont-ils également exclus pour avoir vécu avant l'avènement du Christ ? Selon l’interprétation textuelle, dieu a personnellement parlé du haut du ciel et de bouche à l'oreille aux Prophètes. Pourquoi les Prophètes auxquels Dieu a révélé ses volontés ne parlent-ils pas de l'immortalité (inconnue de tout l'Ancien Testament)? Pourquoi parlent-ils exclusivement de la menace du châtiment temporel du peuple désobéissant ? La menace de l'Ancien Testament est un symbole à signification sous-jacente, tout comme le message de salut du Nouveau Testament, message qui n'est point la promesse d'immortalité.

 

Tout le problème se résume dans la compréhension du sens du message de joie des Évangiles, problème essentiel englobant le destin de l'humanité. QUEL EST LE SENS SYMBOLIQUE DU MESSAGE DE JOIE ? C'est bien là le problème central de l'étude du symbolisme.

 

Ainsi se pose le dilemme : ou bien, tous les passages illogiques depuis l’histoire de la Genèse jusqu'à l'affirmation que Dieu en personne est descendu sur terre sous la forme de son Fils (tout en restant sous la forme du Père dans les Cieux) et que les hommes ayant tué Dieu sont assurés d'une grâce surabondante, doivent être textuellement compris parce que inaccessible à toute critique par la raison humaine. Dans ce cas, le système dogmatique s'effondre. C'est sans doute ce que les croyants craignent le plus, préférant la pseudo-profondeur du miraculeux à toute recherche de vérité. Mais la recherche ne compte pas trop parvenir à convaincre les croyants. Le problème est de portée bien plus vaste. Il convient d'insister, non point pour accuser affectivement, mais pour accuser - mettre à jour - l'erreur millénaire. Mettre le doigt sur la plaie, si douloureux que cela soit, en diagnostiquant les causes et les effets pour chercher le remède qui montrera ce que l'homme doit faire pour assurer lui-même son propre salut durant la vie, sans l'aide du prêtre ni du dogme, mais en conformité avec la vérité mythique.

 

Si le système dogmatique est erroné - et comment ne le serait-il pas - la piété pour la vérité des Textes devrait l'emporter sur la piété pour l'erreur quelle que soit la longueur de son règne et le nombre de ses fidèles. L'émotion devant le mystère  est un sentiment religieux infiniment plus profond et viril que les délectations affectives cherchées dans les rapports cérémoniels et sentimentaux entre l'homme-enfant et le "Père des Cieux", vestige des croyances magiques et animistes. Et comment donc l'amour de la vérité ne serait-il pas plus réjouissant que l'amour de l'absurde ?

 

La théologie a manqué sa tentative d'unification en imposant la croyance en l'absurde ("credo quia absurdum") et en la recommandant comme suprême vertu. Elle n'a provoqué que la dissociation des croyances. La situation actuelle en est la preuve. Aucune religion ne fut jamais scindée en autant de sectes, pourvue chacune de sa propre théologie et n'ayant pour seul lien que le dogme de la réalité personnelle de Dieu. La dissociation se fait jour au sein même de l’Église-mère. Aucun remède ne peut exister que l'abandon des dogmes, tout au plus nécessaires à tenir la foule en laisse. Mais la foule même ne croit plus aux dogmes. Elle s'y soumet - faute de mieux - comme elle se soumet à n'importe qu'elle convention.

 

 

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