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23/07/2018

Lettre ouverte à Daniel Conversano ; Pour une critique positive de l'occidentalisme à l'horizon de l'intelligence artificielle (Partie 1)

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Suavelos, Avé, Priviet camarade,

 

Je suis un militant eurasiste et traditionaliste révolutionnaire européen, j'approche la quarantaine, je suis belge. J'ai fréquenté les milieux dissidents avant de me rapprocher des milieux non-conformistes et ensuite je me suis intéressé à l'eurasisme via Laurent James et les travaux de Robert Steuckers.

 

Je me permets de m'adresser directement à vous sous forme de lettre ouverte en espérant ne pas commettre de maladresse.

 

Aujourd'hui, tout le monde s'autorise à apostropher n'importe qui pour tout et n'importe quoi et je trouve cela assez insupportable pour ne pas reproduire ce travers. Le format de la « Lettre ouverte » me permet de fournir un effort critique et de le partager à mes lecteurs.

 

Dans cet esprit, je ne demande pas d'attention particulière, je ne me formaliserai pas si vous n'avez pas le temps de me lire et de me répondre.

 

Il n'est pas question de critiquer les initiatives de votre mouvement (Suavelos) au sens où il ne faudrait pas vous suivre ou vous rejoindre ; c'est une question de sensibilité. Je vous encourage à poursuivre votre effort collectif ainsi que j'encourage les militants nationalistes à suivre votre mouvement et se joindre à vos activités qui consistent principalement à sortir du virtuel pour se rencontrer dans le réel. En effet, il faut sortir de l’inquiétude et de l'insécurité, de la torpeur, du mortel ennui, il faut vivre. Je ne vois pas de quelle autorité nous dicterions aux militants sur quel critère ils devraient se rencontrer. J'en profite pour vous remercier, vous et votre équipe, pour l'ensemble de votre travail.

 

Cette « lettre ouverte » est également adressée à l'ensemble des militants qui embrassent la grande lame de fond renaissantiste qui traverse actuellement l'Europe et l'Occident, que nous ressentons et que nous essayons tous d'apprivoiser, de dompter ; de chevaucher.

 

Je vous autorise bien évidement à reproduire cet article*.

 

(*Je me permettrai de vous conseiller d'imprimer ce texte, qui est un essai d'une cinquantaine de pages, pour le lire. Je publierai finalement ce texte plus conséquent que prévu en plusieurs parties avant de le rassembler ; je vous demanderai d'attendre la totalité du texte avant d'éventuellement me répondre, mais de le diffuser au fur et à mesure si vous le souhaitez, merci.)

 

En Avant !

 

Pourquoi l'Eurasisme ?

 

« Le fond de la destinée russe consiste à révéler au monde un Christ russe, inconnu à l’univers, et dont le principe est contenu dans notre orthodoxie. À mon avis, c’est là que se trouvent les éléments de la future puissance civilisatrice, de la résurrection par nous de l’Europe » lettre de Dostoïevski à Nikolaï Strakhov en 1869

 

Comme nous ne nous connaissons pas, nous vous rappelons rapidement notre démarche idéologique, à notre échelle militante, et qui n'est pas exclusivement tournée vers l'eurasisme : critique positive des idées politiques et du militantisme au XXIème siècle .

 

Pour aller à l'essentiel, nous savons qu'Alexandre Douguine a mauvaise presse dans nos milieux mais l'Eurasisme ne se résume pas à Alexandre Douguine et Alexandre Douguine ne se résume pas à ses provocations. Nous connaissons les extraits cités comme des déclarations de foi par les détracteurs de Douguine et qui tournent dans nos milieux, c'est de bonne guerre, mais nous vous renvoyons à la lecture des passages dont il est question dans le contexte de leurs ouvrages et vous constaterez par vous-même qu'il ne s'agit pas de premier degré, la construction littéraire laisse peu de doutes... Nous comprenons que ces extraits de but en blanc peuvent heurter les sensibilités nationalistes et identitaires mais, fondamentalement, Alexandre Douguine n'est pas notre ennemi et ses essais sont autant d'éloges de la frontière ; des plus grandes frontières. C'est l'atlantisme qui est visé. Le conflit ukrainien et les positions d'Alexandre Douguine ont bien évidement joué un rôle majeur dans le rejet de l'eurasisme par les milieux nationalistes français ; nous pensons que pour entretenir un dialogue il est besoin d'interlocuteurs, fussent-ils des adversaires. Nous n'ignorons pas les vues impérialistes de la Russie qui n'est plus la Blanche et Sainte Russie des Tsars et des prophètes.

 

L'Eurasisme comme phare idéologique malgré les frasques de Douguine ; nous nous devons de le justifier, parce que nous pensons et persistons à penser malgré les mauvais temps ukrainiens et le brouillard néo-souverainiste que l'orientation eurasiste est l'expression idéologique la plus immédiate vers la « révolution conservatrice ».

 

Pour les néophytes, il faut distinguer deux formes effectives d'eurasisme, l'eurasisme russe et proactif d'Alexandre Douguine et l'eurasisme européen et « opératif » de Robert Steuckers, aussi, nous pourrions distinguer l'eurasisme mystique et « spéculatif » de Laurent James qui, en quelque sorte, fait le pont entre les deux. Le point commun entre ces trois formes d'eurasisme et entre nos trois protagonistes s'incarne dans le corps littéraire de Jean Parvulesco.

 

Le paysage et le réseau eurasiste francophone se divisent en trois franges : le canal historique sous l'égide de l'orthodoxe Constantin Parvulesco et de son fils Stanislas 1er, Prince d'Araucanie (et du « Royaume littéraire » de Patagonie, Nouvelle France – pour comprendre cette filiation inattendue nous vous renvoyons à la lecture du roman de Jean Raspail : « Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie » ), fils et petit-fils de Jean Parvulesco, et dont Laurent James est proche ; les canaux éditoriaux et de diffusion de la nouvelle ex-droite via Alain de Benoist et Christian Bouchet ; et, le plus confidentiel « Eurasisme européen » initié par Maître Steuckers et dans lequel nous nous inscrivons prioritairement.

 

Le réseau et le mouvement eurasiste francophone sont inexistants en terme de militants, d'activités et d'actualités, l'eurasisme en France reste de la pure littérature de combat et appartient au monde des idées. Cependant, il est nécessaire de s'y intéresser si nous voulons, à terme, incarner une Troisième voie européenne et avoir un véritable dialogue avec les eurasistes russes, parce qu'il y a des filiations qui ne mentent pas. Il y aura des antagonismes idéologiques entre « eurasisme » et ce que vous appelez aujourd'hui « occidentalisme » mais la construction eurasiste reposent sur de nombreuses références occidentales, au sens classique de la révolution conservatrice dans laquelle eurasisme et occidentalisme se confondent, s'inscrivent et pourraient se rejoindre.

 

Nous vous laissons tout le loisir de vérifier l'existence de l'eurasisme et des différentes formes de sa révolution en lisant la littérature eurasiste la plus immédiate d'Alexandre Douguine à Robert Steuckers, de Jean Parvulesco à Jean Thiriart, de Laurent James à Guillaume Faye, de Eugène-Melchior de Vogüé à Henri de Grossouvre et qui vous donnera toutes les références et filiations, origines et sources nécessaires pour appréhender les orientations eurasistes.

 

Nous ne savons pas quelle part doit avoir l'eurasisme dans nos propres constructions mais nous savons que l'eurasisme a sa partition à jouer ; et quelle musique !

 

Cela dit, l'Eurasisme français n'existe pas au-delà d'une tempête dans la baie de Douarnenez, du troquet de Maître Steuckers dans la capitale de toutes les Russies en exil et de la cave ensoleillée de Laurent James, et ce n'est pas un réel problème pour nous parler entre militants d'une génération identitaire et européenne qui se cherche un empire.

 

Ce qui serait fondamentalement opportun de retenir au sujet de l'orientation eurasiste, c'est l'idée que la Tradition est un feu sacré qui, pour être préservé, pour ne pas s'éteindre, se déplace ; c'est l'histoire de Rome, c'est l'histoire des centres spirituels, c'est l'histoire de notre civilisation. Nous n'avons pas été dissous par l'Empire, nous nous sommes diffusés à travers l'Empire. « La chute de Rome » a été fantasmée, et l'Empire d'Orient a survécu, sauvegardant le meilleur de l'Occident pour lui rétribuer ; à tout barbare, civilisation. Quand commence et quand s'achève une civilisation ? Ou, comment passe-t-on du temple romain à l'église romane ?

 

Par les médiations du Ciel ; de la « civilisation des pierres levées » à la révolution de Février qui sonne le glas ; de la séparation cataclysmique au schisme parousial ; du recours shamanique aux forêts de Merlin à la mort de Raspoutine ; du centre ardent du catholicisme médiéval aux confins de l'Empire Avar ; au cœur du pagano-christianisme des celtes de Galilée aux battements des tambours de guerre des peuples hyperboréens ; de l'arrivée des Saints de Provence au retour des Cosaques ; de l'ombre d'Attila au pacte de Clovis ; de la furie gauloise aux cris de la Horde d'or ; Pour nous, la Gaule charnelle et notre sang sont toujours déjà présents sur les terres de nos ancêtres et notre salut aux anciens russes et vieux croyants est fraternel ; Par Toutatis !

 

L'Eurasisme et l'Européisme sont les veines de la Révolution conservatrice, les routes herculéennes vers l'Europe et la plus Grande Europe, vers le retour de la dernière Rome et de la nouvelle Gaule. Moscou est le cœur battant de la Troisième Rome, de la Rome éternelle, réanimée, le centre actuel d'un même combat civilisationnel, de la renaissance religieuse et spirituelle européenne de l’Église Catholique romaine et Orthodoxe grecque, cela peut nous contrarier, la Russie de Vladimir Poutine n'est peut-être pas parfaite, mais nous ne pouvons que l'admettre. Arthur sarmate !

 

Nous autres, eurasistes, cœurs sauvages de l'Empire, si nous nous proclamons gaulois plutôt que français nous sommes marqués au fer rouge des nationaux et des souverainistes. Pour les néo-païens, nous sommes d'horribles traditionalistes catholiques ; pour les cathos tradis, de terribles gnostiques. Ceux d'entre vous, communistes et libéraux, qui opposez la France à la république comme nous le faisons pour mille raisons excellemment justifiées par Laurent James à plusieurs reprises au sujet des deux France et qui nous reprochent nos ruades contre le chauvinisme ; le nationalisme de pure frime, interprétées comme haute trahison ou suspectées d'antiracisme, ce qui est un comble de mauvaise foi, quelle sera votre dernière patrie quand la terre aura brûlé ? Nous savons qui nous sommes ; nous chérissons notre race. Nous attendons que vous en possédiez une à défaut que le néant vous possède. Tout le monde sait que l'on se bat toujours pour ce que l'on n'a pas ; pour ce que l'on a perdu. Était-ce par distraction ? Alors, recherchez-la partout, priez Saint-Antoine de Padoue, mais ne nous demandez pas de retrouver ce que nous n'avons jamais égaré.

 

Le mot « eurasisme » n'est pas une fin ; par contre, il faudra bien, tôt ou tard, se rassembler sous une bannière.

 

De la nôtre, nous avons enlevé le rouge et y avons jeté le Feu. Notre bannière est noire et solaire. Telle est notre anarchie ; notre Droite.

 

Métapolitique du communautarisme sur le critère racial ; Le village gaulois

 

L'enfer des villes justifie une interprétation exacerbée des phénomènes les plus intraitables de nos sociétés et légitime une approche sensible des solutions. Il est manifeste que les villes débordent dans le paysage par les périphéries. Nous prenons en compte les difficultés du monde paysan amaigri et n'idéalisons pas ce qui reste de nos campagnes décharnées. Cela dit, nous voudrions faire remarquer que la majorité des jeunes penseurs identitaires sont majoritairement des centrevillistes et des parisiens, ce qui n'enlève rien à leurs qualités mais qui relève cette particularité qui, d'une façon ou d'une autre, influence la nouvelle pensée de Droite.

 

Nous comprenons que la situation actuelle, où nous devons nous justifier d'être ce que l'on est, impose des modèles inédits et paradoxaux mais nous pensons que l'idée métapolitique de communautarisme de séparation sur le critère unique et exclusif de la race a quelque chose de surréaliste voire d'absurde à développer comme stratégie de libération sur son propre sol et à l'intérieur de ses propres frontières. C'est un peu faire reculer sa propriété privée menacée à l'intérieur de sa propre maison et de réduire de plus en plus le cercle du « chez soi » à l'intérieur de chez soi « porte ouverte » jusqu'à ne plus tenir que sur le dernier carrelage, au milieu du salon et sur la pointe des pieds, pour éviter un danger qui se rapproche et qui est déjà rentré dans la maison. Il y a une idée d'isolement et d'enfermement au sens de s'enfermer soi-même dans un piège que l'on s'est finalement soi-même tendu ; de se faire volontairement encercler par la menace et le danger. Mais surtout, il y a l'idée d'abandonner des parties du territoire, de concéder des espaces communs et vitaux, des communaux, par anticipation, sans que personne ne l'ait encore demandé et ensuite sans s'être battu s'il en était besoin. Nous connaissons la réalité des « zones de non-droit » et des « territoires perdus de la république », ce qui n'implique pas le communautarisme dans un ailleurs préservé en réponse, la réponse est politique, et c'est une question de volonté, nous le savons. Ça n'est pas l'idée du village gaulois qui est une idée tronquée c'est la façon d'y parvenir ; la route est semée d’embûches.

 

Il serait ridicule de critiquer négativement l'idée de communautarisme dans le contexte actuel ; par contre, concentrer nos forces militantes dans cet effort unique et exclusif et le confondre en orientation stratégique est discutable. Nous avons peu de forces et peu de temps disponibles. Nous pensons que l'on ne peut pas mobiliser les militants sur plusieurs stratégies à la fois et qu'il n'y a pas des centaines d'options.

 

Nous pensons qu'une communauté de combat ne se crée pas ex-nihilo. Le sujet de l'identité et de l'enracinement ; de notre retour chez nous et à l'intérieur de nous implique de notre part une compréhension profonde de la lenteur et de la longue mémoire.

 

Nous ne croyons pas à une colonisation rurale par opportunité, à l'implantation de communautés politiques paranoïaques alors raccrochées aléatoirement à des territoires avec lesquels ils n'auraient aucune histoire, aucun lien, qu'ils viendraient finalement perturber comme le dernier touriste ou le premier migrant.

 

Nous croyons au réenracinement d'unités et de cellules familiales à petite échelle, à échelle humaine, le retour chez soi et vers soi dans une communauté enracinée que nous avions quitté ou à laquelle nous avions été arrachés. Nous croyons à un retour par des familles dans leur famille, dans leur patrie d'origine. Ils pourront s'y faire reconnaître, apprécier, s'y investir, s'y retrouver, y retrouver les sources de vie, la valoriser, pourquoi pas finalement la diriger et ainsi mailler le territoire en reliant des localités où se sont parallèlement enracinées des familles de nos milieux qui ont su recréer une communauté naturelle. Des familles et des communautés de combat alors réenracinées dans un chez eux et installées en légitimité, sereinement reliées.

 

Il nous sera rétorqué que nous n'avons pas le temps, qu'il faut résister.

 

D'un point de vue stratégique, dans le contexte d'une invasion et d'une occupation militaire par une puissance étrangère, c'est sans doute la pire des choses à faire pour un groupe de résistants de quitter sa « zone de confort », de changer ses habitudes, pour se retrancher, s'établir, se fixer et hisser pavillon sur un terrain inconnu fût-il en zone libre ; d'autant que la notion de « zone libre » est actuellement une notion vague et fluctuante ; dans tous les cas, le choix de la résistance c'est le choix du maquis ou de la dissimulation urbaine, ça n'est pas le choix du campement ou du village gaulois. Que dire d'une communauté de combat, une organisation sur le critère de la race identifiée et dénoncée par le gouvernement et qui sera forcément repérée par ses nouveaux voisins dès son arrivée. En effet, si le groupe ne représente pas une famille traditionnelle et que, par le nombre d'individus, il ne s'agit plus d'assimilation mais ostensiblement d'une installation politique et para-militaire par l'aspect survivaliste, la résistance ne pourra jamais normalement et naturellement s'enraciner et s'organiser.

 

Il y a deux solutions communautaires qui s'offrent à nous : se déplacer en permanence et se fondre dans la masse des villes et des périphéries occupées OU se confondre filialement dans une communauté enracinée du pays libre ; sinon, vous indiquez vos positions et vous êtes les premiers neutralisés quand la guerre éclate.

 

Il y une troisième solution qui consiste à s'expatrier.

 

Si nous comparons le communautarisme à un survivalisme, le critère de la race en plus. Il faut expliquer que l'idée de survivalisme est une importation « états-uniennes » et qui dépend beaucoup des grands espaces américains, d'un autre rapport à la liberté, aux armes et à la race. Ensuite, le savoir-faire survivaliste est à apprendre et pratiquer, mais en l'étendant au domaine de la race, vous le rendez politique. Alors que, dans les faits, le survivalisme c'est un truc de blancs. Apport idéologique de la race au survivalisme : zéro. Si vous étendez tout au domaine de la race, vous réduisez les prises idéologiques que nous avons pour convaincre les militants, vous perdez en invisibilité et vous fermez des angles de « piratage ».

 

Nous aborderons plus en détails le sujet du modèle économique des dissidences connectées en résistance économique et médiatique. Concrètement, les seuls financements que nous devrions organiser dans une optique communautariste, c'est le financement de familles équilibrées, de jeunes couples méritants de nos milieux, pour les aider à organiser leur retour, leur enracinement, à se créer une activité locale, ensuite, garder le contact et laisser faire. Les militants chômeurs, célibataires, sans enfants, passé ou proche de la quarantaine, expatriés, qui ne sont pas intéressés ou aptes à fonder une famille traditionnelle, restons où nous sommes, résistons et aidons nos élites de l'extérieur, des bordures, nous n'avons plus rien à fuir que nous-mêmes. Il n'y a que les jeunes générations qui comptent, et seules les familles devraient recevoir nos oboles. De la solidarité militante à la charité bien ordonnée. Deux stratégies, deux modèles.

 

L'idée de communautarisme, en dehors même du critère de la race, n'est pas un reflex combatif pour une civilisation qui a une vision individuelle, prométhéenne et christique du destin, de la volonté de puissance. Destin et volonté de puissance de l'Homme qui s'élève au-dessus de sa condition et de son groupe, qui repousse certaines limites (qui sait jusqu'où on peut aller trop loin) et qui reste debout au milieu des ruines ; qui entraîne sa communauté dans une aventure qui consiste à se projeter et non à se replier. Le réflexe communautaire est un réflexe de repli communautaire qui caractérise un groupe déraciné ; au sens où il est en situation d'immigration ; et qui trouve son essence dans les sociétés de types orientales ou africaines où il n'y a d'individu que de tribu, ce qui n'est pas la condition occidentale et le modèle européen de l'expansion et de la conquête. Nous ne sommes pas des immigrés.

 

Platon, le Christ, le roi Arthur, Pythéas, Alexandre, Saint-Louis sont des individus à part entière, des modèles.

 

Aujourd'hui, nous ne faisons pas affaire avec des individus. Nous traitons avec des multitudes connectées divisées contre elles-mêmes en recherche de modèles, de pères, de travail, de femmes, de personnalité, d'identité ; en recherche de beaucoup de choses.

 

Notre problème, en tant que militants, n'est pas d'un individualisme forcené et qui s'opposerait à l'idée de communauté ou de communautarisme. Notre problème est précisément l'absence de l'individu ; de l'homme libre, dans nos sociétés uniformisées. Notre problème, c'est l'absence d'individus et d'hommes libres dans nos milieux connectés à la réalité diminuée. Notre problème c'est la superposition des écrans, la distraction, la déconcentration, l'indiscipline, la fragilité, le sabotage et la démotivation pour le militant qui trouvera toutes les imperfections et toutes les excuses pour ne pas s'affilier, pour ne pas se communautariser, pour ne pas s'aligner ; pour quitter les rangs.

 

Avant de se fonder en communauté de combat et refonder une communauté nationale, il nous faut reconstruire l'individu, l'homme libre, le français, le gaulois, l'être européen là où il est toujours déjà présent, et la constitution de communautés de combat, sur la base de la famille traditionnelle, se fera naturellement et massivement, parce que vous aurez réussi à insuffler la vie plutôt que d'organiser la mort. Il y a deux façons de gérer une communauté de combat, créer des effets artificiels pour forcer une cohésion temporaire et organiser la partouze, laisser se produire et suggérer un comportement qui créent des effets naturels et former des familles, et, par ce tour de force, par l'exemple, la mise en esthétique de modèles et le réenchantement des idées politiques, créer une cohésion réelle, pour mille ans. Nous ne sommes pas prêts pour le communautarisme de séparation et d'abandon du territoire. C'est une question d'échelle et de pallier. La pseudo-recherche de pureté et de vérité est une extension à la culture de l'excuse pour ne pas militer. Les droitards sont des gauchistes mentaux.

 

Il y a de nombreux barrages idéologiques et psychologiques sur la route de la reconquête, le premier barrage idéologique que nous rencontrons n'est pas l'incarnation Alain Soral mais le néo-souverainisme partagé de la Dissidence, qui n'a de cesse de nier l'identité européenne, de triturer nos rangs sur la question de la construction européenne pour ne pas l'étendre au domaine de la race, et qui confond volontairement Europe et union européenne, jaloux qu'ils sont de leur race française, de leur identité civique.

 

C'est l'Histoire de plusieurs siècles qui condamne le nationalisme comme horizon ; et c'est la longue mémoire européenne qui bannit l'idée de communautarisme politique sur le critère unique et exclusif de la race pour, précisément, préserver la race, son essence, au sens anthropologique et métaphysique, des attaques idéologiques et philosophiques de nos ennemis intérieurs et traîtres à leur communauté, à leur ethnie, à leur race et à leur race intérieure. Le nationalisme c'est le royalisme sans Dieu et sans le Roi ; c'est la France sans Rome et sans la Gaule. Nous pouvons dédier chacun de nos gestes à la survie de notre race sans brandir le drapeau de notre épiderme. Pour nous, les aspects superficiels et artificiels du communautarisme blanc nous repoussent de sa vérité charnelle et naturelle.

 

A l'origine de la Politique, dans les cités sumériennes ou grecques en ce qui nous concerne, il n'y a pas conflit d'universalisme et d'égalitarisme entre le monde des idées et la race. Le conflit ; la guerre civile, le grand remplacement, l'invasion barbare, la décadence arrivent exactement quand des ennemis intérieurs et traîtres à leur race conspirent avec les femmes, les esclaves, les métèques et les ennemis extérieurs pour recevoir les faveurs, par ferveur, par fadeur et par fureur, et où des idées novatrices et progressistes sont conceptualisées pour déconstruire la race et défaire la cité avant de l'envahir, par pulsion de mort, hubris ou mauvaise orientation stratégique, pensant y gagner ou désirant perdre ; la traîtrise et la bêtise ont leurs humeurs. Dans l'utopie, pour améliorer la race, pour reconstruire un homme supérieur selon les nouvelles normes du progrès qui mènent systématiquement à la catastrophe du dysgénisme. Dans le cynisme absolu des intérêts obscurs, pour affaiblir son propre sang et détruire sa civilisation. Il y a une lassitude de l'européen dont la civilisation est arrivée à un point où elle a les moyens de s'auto-détruire, c'est une tentation et un vice qui sont très puissants et qui trouvent leurs expressions où on ne les attend pas. Parfois, les grandes inspirations pleines de bonnes intentions et de bons sentiments ne sont que pulsion de mort. Ce que nous combattons doublement sur tous les fronts sans ressentir le besoin d'insister sur le fait qu'au bout de toutes les subsidiarités de l'existence nous le faisons au nom de la race comme dernier retranchement de l'âme.

 

Les contextes géopolitiques, les moments historiques et les périodes cycliques, les guerres, les révolutions technologiques et les cataclysmes créent des situations critiques et révolutionnaires plus immédiatement que les idées et les engagements politiques, par contre, quand ses situations de crises arrivent à leur paroxysme, les idées peuvent motiver ou empêcher un peuple de résister, l'inciter au renoncement et lui faire apprécier la chute par tous les moyens possibles ; les idées peuvent influencer, orienter et brusquer l'Histoire plus que nous le croyons, même quand nous sommes « rationnels » et « pragmatiques ». Être pragmatique, messieurs, c'est être fanatique ; fasciste !

 

Cet état de fait, de se battre pour sa race en dernière instance, est inhérent à l'idée de pulsion de vie et de volonté de puissance des européens. Le monde de l'antiracisme et du racisme est un monde hermétique à la subtilité et la volonté européenne, un monde de culpabilisation et de repentance, c'est le monde hystérique et délirant des ethnomasochistes et des suprémacistes. Nous refusons que notre race fasse idéologie. Nous ne pouvons pas nous projeter et exister dans ce monde exigu, que nous rejetons, pour réfléchir le vaste monde qui ne s'arrête pas à la folie des antiracistes et des racisés qui ne laisseront dans l'histoire qu'un grand éclat de rire. D'ailleurs, nous ne supportons pas le communautarisme à fin politique, le tribalisme, le chialisme, des communautés arriérées. D'autant que la définition actuelle que nous avons de la « communauté » se rapproche dans les faits et objectivement, par l'entremise des réseaux sociaux dans nos interactions militantes et stratégiques réduites au spectacle et à la marchandise, de la définition de la « tribu post-moderne » que nous retrouvons chez les penseurs libertaires « Une tribu, au sens postmoderne du terme, est un ensemble d’individus pas forcément homogènes (en terme de caractéristiques sociales objectives) mais inter-reliés par une même subjectivité, un même affect et capables d’actions collectives vécues intensément bien qu’éphémères » – et que nous pouvons reprendre à notre compte.

 

Nous comprenons que des communautés nous ont simultanément désignés comme leur ennemi en tant que race et nous ont déclaré la guerre, que nous ne l'avons pas choisi et n'avons pas le choix, le choix d'être désigné comme cible, de nous en défendre et de contre-attaquer. La réconciliation et la séparation n'auront pas lieu, ça ne sont pas des options. Nous ne sommes pas obligés et forcés de rentrer dans le jeu des (((élites cosmopolites))). Si nous refusons d'être subtils, c'est que nous ne croyons parler qu'avec des débiles ; nous pensons que les militants de nos milieux sont capables de de subtilité et de stratégie ; de se réaligner. Ce que nous savons ou croyons savoir de l'ennemi et de la guerre n'a aucune espèce d'importance pour l'instant : le réel va dégauchiser beaucoup plus massivement et rapidement que nous ne le ferons à partir de maintenant par le biais de notre métapolitique pour trisomiques et en perdant beaucoup de temps sur le déclenchement de la mise-en-marche en avant à contre-courant d'un mouvement politique révolutionnaire. L'antiracisme et la réconciliation sont morts. Le racialisme et la séparation sont de l'ordre de l'évidence et du constat. L'eurasisme et la remigration sont de l'ordre d'une philosophie-politique et d'une programmatique de combat. Question de domaine et de compétence.

 

L'idée de communautarisme franco-français en France est paradoxal au sens où l'idée de communautarisme exprime un phénomène allogène et concerne le rapport des communautés immigrées à l'identité française et à leur assimilation. D'un point de vue typiquement français l'idée de communautarisme tribal et racial est une idée négative qui sous-entend l'idée d'un refus ou d'une incapacité à s'acculturer et s'assimiler de la part des immigrés ; ce qui ne concerne pas les « Français ». Le communautarisme franco-français en France admet l'idée étrange d'une certaine défaite par anticipation et la perte de territoires que nous ne pouvons pas nous permettre, d'un point de vue pratique il n'existe pas de cartographie de l'idéal identitaire qui échapperait à l'invasion à moyen-long terme ou de parties du territoire que nous pourrions céder pour avoir la paix sur quelques mètres carrés à quelques kilomètres de là. Nous ne savons plus qui disait que si Saint-Denis tombait, toute la France tomberait... Nous pensons que l'idée théorique de communautarisme sur le critère de la race va rencontrer de nombreux problèmes pratiques et psychologiques, va être rattrapée par des réalités stratégiques ; réalités stratégiques qui vont nous obliger à penser une idéologie de combat à plus grande échelle, qui nous projettent dans cette idée d'Occidentalisme et qui participe d'autres logiques de l'agir politique. Il faut prévoir et anticiper les limites du communautarisme.

 

De l'Occidentalisme ; les subversions conservatrices

 

Nous vous encourageons à développer votre construction idéologique occidentaliste plus en avant et à hauteur d'une théorie politique ; de lui donner les lettres de noblesse que cette idée porte à travers des essais critiques et de combat, par de véritables travaux pratiques qui feront date et aboutiront aux termes d'une philosophie-politique révolutionnaire. Vous devez fonder votre « école » comme l'ont fait les eurasistes, ne pas renoncer à vous hisser à l'échelle de l'histoire, à retrouver vos filiations, à relier vos références ; à voir un couché de soleil à Fisterra.

 

L'occidentalisme est à l'origine un courant de pensée qui est né en Russie, c'est intéressant de le souligner pour nos lecteurs. Sans doute Suavelos et la nouvelle école occidentaliste française auraient des débats plus enrichissants avec des russes et des eurasistes pour le développement de leur théorie politique qu'ils en ont avec les nationalistes et les patriotes français, ainsi qu'un accès à l'université et aux intellectuels russes, qui lisent les auteurs anglo-saxons à la différence des « dissidents »...

 

Nous avons compris que votre concept original d'occidentalisme ne fait pas référence à un occidentalisme passé, qu'il procède d'une construction idéologique en temps réel dont le départ serait le trumpisme, mais nous pensons que, outre la politique de Donald Trump et l'innovation politique, c'est une erreur d'orientation à moyen-long terme de se construire en actualité et, disons, une incompréhension de la nature métaphysique de la Révolution conservatrice ; erreur d'incompréhension et d'interprétation que vous rectifierez par vous-même, nous n'essayons pas de vous faire la leçon : nous vous proposons des pistes de réflexion.

 

Premièrement, la notion civilisationnelle d'occident est religieusement et intimement liée à l'Empire romain et chrétien d'Occident dans l’imaginaire politique collectif. La référence positive à l'occident dans le terme occidentalisme est cognitivement incompatible avec votre critique extrême et réductrice du principe de religion justifiée et de l’Église catholique romaine pour vous situer clairement dans le paysage politique ; à l'innovation libéral-progressiste et à l'avant-garde d'un mouvement révolutionnaire du soleil couché qui s'ouvre sur la raie de Gaspard Koening. Deuxièmement, la respiration qu'offre Donald Trump au monde occidental ne surmonte pas les réalités géopolitiques, les conflits d’intérêts, entre l'atlantisme étasunien et le rimland européen qui reviendront tambours battants à la prochaine expiration. Troisièmement, nous pensons que l'idée d'occidentalisme provient d'un excès de « réelle politique » sans vision géopolitique et de pragmatisme sans projet politique qui ne conçoit pas l'historique des subversions mondialistes à l'intérieur des révolutions conservatrices et la puissance des états-profonds contre-initiatiques. Quatrièmement, le terme occidentalisme n'est pas conforme aux mouvements géopolitiques actuels qui correspondent à des replis et rapprochements continentaux et régionaux. Cinquièmement, un certain conservatisme occidental et un certain occidentalisme atlantiste sont main dans la main avec les pétromonarchies conservatrices et l'islam réformateur qui rachètent la France et accélèrent les phénomènes migratoires en Europe dont se lave les mains la Maison blanche.

 

Vous avez rejeté Poutine et l'eurasisme, la parenthèse Trump et occidentaliste se refermera, vous aurez la contre-initiation et la subversion atlantiste. Nous ne sommes pas contre un baroud d'honneur ; mais soyons honorables.

 

Par analogie à l'occidentalisme ou au national-libéralisme, nous pourrions introduire l'idée d' « islam de marché », premièrement, pour intéresser nos milieux obnubilés par l'islam jihadiste aux deux mâchoires de l'islam politique, deuxièmement, pour comprendre notre propre « révolution conservatrice », les subversions qui s'y cachent et dont nous observons les effets délétères dans nos milieux. Nos milieux qui, par réaction à divers phénomènes comme celui des dissidences socialisantes et orientalistes excessivement complotistes, réhabilitent un libéral-occidentalisme exacerbé et toutes les tares du monde post-moderne qui l'accompagnent et détruisent la race. Nous sommes donc dans ce moment paradoxal avec un air de déjà vu où les Droites se laissent posséder par les tares instillées par la Gauche principielle, ou la fausse Droite existentielle, pour résister à un ennemi et s'attribuent leur paternité pour conserver les ruines. Nous perdons patience. D'un côté l'extrême droite communiste et islamo-compatible, de l'autre, l'extrême-droite islamophobe et israelo-compatible comme seconde mâchoire de la subversion de l' « extrême droite » mondialiste et sémitique dans nos rangs. Sur la question de l'Orient.

 

« Bref, en matière de clash des civilisations, il convient de voir double. À l’ombre de « l’axe du mal », où les États-Unis et l’islam du salafisme jihadiste s’opposent en termes géostratégiques, l’islam de marché se retrouve aux côtés de l’Amérique sur l’autre grand clivage du monde contemporain : contre les idéaux collectifs de la vieille Europe et à l’instar de l’Amérique conservatrice, l’islam de marché croit dans l’idéal d’une politique de la morale et des œuvres visant à rapatrier le religieux dans un espace public reconfessionnalisé et soustrait à l’interventionnisme étatique de facture jacobine. Ainsi, alors que les islamistes classiques ont eu le malheur de lier leur destin à celui de l’État-nation, création politique du XIXème siècle mondialement remise en question aujourd’hui, les protagonistes de l’islam de marché misent sur son dépassement. Ils cultivent les valeurs du privé et de la piété pour former une modernité musulmane renvoyant dos à dos les espoirs laïcs d’un islam privatisé et le scénario culturaliste d’une irrémédiable singularité : tout indique en effet qu’elle ne sera ni une théologie universaliste sécularisante ni un tropisme arabo-musulman teinté d’humanisme. Il s’agira plutôt d’un alignement paradoxal sur les thèses du compassionate conservatism des conservateurs américains et du combat philosophique qui le porte : l’imposition d’une nouvelle définition de la modernité affranchie de l’héritage laïcisant et étatisant des Lumières françaises. » (source)

 

Il y a une « Troisième voie orientale » qui s'offre à nous ; « Ni Dubaï, Ni Tel-Aviv », qui répond et fait écho à « Ni Moscou, Ni Washington ». Il y a également une Troisième voie islamique pour les musulmans qui vivent en Europe mais cela leur appartient et nous craignons que ça ne soit pas leur sujet, il y a un décalage dans le rapport que nous avons à l'ascension sociale et à la société de consommation et pour la nouvelle classe moyenne afro-maghrébine et musulmane qui explique davantage d'incompatibilités que de vagues oppositions théologiques entre sourates et psaumes. En refusant une critique radicale de la décadence occidentale pour combattre l'islam, vous ne vous opposez pas à l'islam, vous vous comparez à l'islam ; vous pratiquez la même schizophrénie syncrétique que les djihadistes extatiques et les musulmans modérés pratiquent entre tradition excitée et post-modernité assumée ; l'œcuménisme des hybridations paroxystiques.

 

Il y a une Troisième voie qui s'ouvre à nous à la différence qu'islam de marché et islam jihadiste s'articulent autour d'une religion séculaire qui tient encore debout, ce qui est fondamental, aussi dévoyée de ses fonctions pour les uns et manipulée pour les autres serait-elle. Les entités islamiques sont inter-reliées dans un ensemble complexe et du point de vue d'une approche systémique, malgré les archaïsmes de l'islam, le monde musulman pourrait s'adapter plus vite que nous le croyons à l'accélération actuelle provoquer par l'émulation de la course à l'IA et rattraper son retard global, notamment, en payant nos cerveaux à prix d'or et en réactivant sa faculté de carrefour culturel dans la mondialisation pour profiter de cette révolution technologique et augmenter sa civilisation. Civilisation islamique qui à l'avantage démographique et qui pourrait devenir la première puissance mondiale en accomplissant un bon intellectuel par le biais technologique des neurosciences et le libre marché des cerveaux occidentaux.

 

Partons du principe que ce que nous ne possédons pas ou ne possédons plus et refusons de recouvrir nous ne pouvons pas l'opposer ; que les sujets de la religion et de la spiritualité pour faire communauté posent question. Et si notre manque de foi religieuse et d'efforts spirituels nous faisaient perdre la course à l'IA face à des sociétés « millénaristes » et fanatiques ? La notion révolutionnaire et traditionaliste d'archéo-futurisme est radicalement opposée à l'idée conservatrice et progressiste d'occidentalisme de science-fiction.

 

Nous n'avons plus qu'à opposer le féminisme aux voiles, le véganisme à la viande hallal, etc. Nous sommes forcés de réhabiliter des idéologies progressistes et mortifères pour nous opposer à l'islam, d'un autre côté, nous continuons de déconstruire le mythe du progrès et nous rejetons la pulsion de mort du monde occidental. Les fils se touchent. Nous rejetons le « droit naturel » de peur de partager des principes traditionnels avec des musulmans ou des africains. Nous mettons trois briques, nous en enlevons deux, le foyer européen n'est pas prêt d'être bâti ; de rayonner. La Tradition européenne est faite d'innovations et d'archaïsmes ; si nous luttons contre l'universalisme nous partageons des principes universels avec les traditions, les traditionalismes et les traditionalistes du monde entier et plus encore.

 

Le progrès technologique, oui, on n'arrête pas le progrès, sous réserve d'une certaine éthique scientifique, philosophique et traditionaliste à l'aune de notre expérience, le dit progrès social, des mœurs, le dysgénisme, non. Nous comprenons que deux formes de progrès s'opposent, que les progrès sociétaux (antiracisme, métissage, avortement, athéisme, etc) freinent le progrès technologique et nous privent du génie européen. Pour des raisons de civilisation, de démographie, de QI : de capacité d'abstraction, etc...

 

Nous pensons qu'opposer un hyper-rationalisme athée à l'islam hybride, par réaction à l'islamisation et sous prétexte que l'islam est une croyance irrationnelle selon les normes humanistes et égalitaristes de la religion des Droits de l'Homme, n'est pas compatible avec la tradition, la philosophie et les sciences européennes ; avec la race indo-européenne. Dans la méthode et l'exercice, c'est une rupture avec la tradition cosmique et suprarationnelle européenne pour une raison de peur irrationnelle de l'islam, islamophobie, c'est-à-dire une sidération, et qui reflète ce moment de la pensée où l'on pousse la raison scientifique à l'abstraction philosophique tellement loin, pour fuir la réalité, que plus rien n'a de sens, que plus rien n'existe, que tout se vaut, que l'on ne croit plus à rien ; tous contre tous en nous-mêmes divisés. Le manque d'humilité par manque de foi érigée en supériorité morale est l'orgueil mal placé des athées, des agnostiques et des grenouilles de bénitiers. Notre race est magique.

 

Il faudrait admettre et reconnaître les ingérences de la grâce et les mystères de l’intelligence dans les aventures humaines et les avancées technologiques. Il n'est pas nécessaire d'avoir la foi du charbonnier pour imaginer le divin et son action à travers la philosophie et les mathématiques, le symbolisme et la géométrie. Il n'est pas nécessaire d'être un fervent catholique pour comprendre la nécessité civilisationnelle de Religion et des fonctions religieuses pour régir les angoisses et les peurs et faire sortir les hommes de leur torpeur quotidienne, comme la confession catholique qui évite la psychanalyse freudienne. Il ne faut pas être bigot pour percevoir la réalité des contes et légendes, entrevoir la puissance des mythes qui resurgissent dans la liturgie orthodoxe catholique, qui accompagnent les étapes et les épreuves de la vie sous le regard de Chronos et le toit des clochers. Il n'est pas nécessaire d'être croyant pour s'aligner en intelligence et en verticalité, pour comprendre que l’Église catholique romaine est dépositaire de la Tradition en Occident et que l'occidentalisme à une vocation spirituelle pagano-chrétienne de consécration mariale et de réunification parousiale. Quoi d'autre ? Quel paganisme pour quelle prière ? A quoi sert-il de nous bricoler des syncrétismes dérisoires quand des milliers d'églises sont encore ouvertes au centre des villages de France ? Que sont les feux de la Saint-Jean ? Est-ce qu'une inquisition catholique vous met sur le bûcher quand vous fêtez le solstice d'été ? Cela fait bien longtemps que le paganisme et le christianisme européens sont réconciliés ; vous êtes seuls fâchés. C'est notre manque de foi qui permet un pape hérétique et pas les hérésies de François qui provoquent notre manque de foi ; l'inversion est toujours accusatoire. Avez-vous investi les franc-maçonneries d'Europe et retourné les tables des loges ? Non ! Vous n'avez ni religion, ni spiritualité ; ni d'exotérisme, ni d'ésotérisme ; ni de juste milieu grec ni de moyen terme celte, pas de vision mésotérique, de Troisième voie initiatique, pour nourrir votre métapolitique de combat. Vous n'avez rien à opposer et pour vous opposer à l'islam... Du sang et des larmes. Vous étiez plus joyeux quand vous étiez grivois.

 

Il n'est pas cohérent de nous comparer à l'islam pour le combattre ; la civilisation islamique et la civilisation européenne ne sont pas sur le même plan civilisationnel, de même, on ne compare pas le soleil et la lune. L'islam est une civilisation autre, vous construire en réaction, réhabiliter les valeurs de la république pour préserver la race et exister par la peur de l'islam pour s'y opposer c'est lui ouvrir les portes de la Cité. Échec et Mat.

 

Nous sommes tombés dans le piège révolutionnaire de l'opposition nécessaire et de la réaction « par rapport à », ce qui fait de notre combat une opposition réactionnaire loin d'accomplir la Révolution conservatrice de notre temps ; nous entretenons le statu-quo libéral comme un concierge, la cage d'escalier. C'est un phénomène classique pour les oppositions qui commencent à avoir de l'influence, ou qui le pensent, et qui parallèlement sont arrivées à un carrefour idéologique et économique où il faut choisir la bonne orientation et prendre la bonne direction pour continuer ce combat à l'avant-garde de leur discipline pour dépasser la subversion et quitter la sphère puérile de l'opposition à tout et son contraire. Une opposition réactionnaire au service des mondialismes de la subversion et des subversions du mondialisme ; au service de « l'autre révolution conservatrice ».

 

C'est-à-dire que, dans notre volonté de former une communauté de combat sur des critères objectifs, nous décidons d'écarter, de rejeter ou de mettre entre parenthèses le thème de la religion parce que nous ne sommes pas capables et que nous ne réussissons pas à l'articuler avec celui de la race ; avec celui de la communauté. Religion et spiritualité sont le ciment d'une communauté d'éternité confronter à la mort, ce qui relie race et race intérieure sur le plan métaphysique et qui ressurgit dans le réel, le quotidien séculaire des familles enracinées depuis des siècles et dans la vie des français d'un millénaire. Religion et spiritualité qui permettent de définir la race au-delà de ses aspects biologiques et qui finalement la constituent en civilisation. Nous pourrions même penser que la civilisation se constitue et prend conscience d'elle-même exactement contre ses ennemis intérieurs et qui veulent, dans une pulsion de mort qui se présente sous les traits de la vie, détruisent leur culture, leur religion, leur race, leur royaume, leur Roi, leur noblesse, leur aristocratie, leur méritocratie, leur civilisation ; leurs hiérarchies et leurs subsidiarités. L'idée de civilisation arrête une définition précise de la race et de la souveraineté à un moment donné, l'idée de civilisation annonce la fin ou la fixation d'une race, c'est ainsi et il faut l'accepter. La race française s'est substituée aux races gauloises et on ne reviendra pas en arrière. Ensuite il y a le secret de la Tradition et l'initiation qui porte les fruits d'une longue chaîne de transmission tant génétique que cultuelle et qui permet de maintenir notre race intérieure en vie, ne pas tout perdre de l'Empire, de l’Hyperborée et de l’Atlantide, quand il se résout et se réduit à la civilisation pour survivre. On y croit, on n'y croit pas, et les cycles nous passent au-dessus de la tête sans nous regarder.

 

Autrement dit, nous voulons combattre la double subversion d'un même totalitarisme du non-être avec des idéologies accouchées des enfers, qui ont contribué à nous affaiblir et que nos ennemis continuent de remuer pour nous affaiblir. Pourquoi ? Parce que notre définition de la race est visiblement incomplète, corrompue et que le seul critère de la race selon notre définition précaire ne permet pas de constituer une communauté de combat objective sans tomber dans certains pièges de la double mâchoire sémitique (judaïsme et islamisme) et mondialiste (libéralisme économique et marxisme culturel) alliées contre la race blanche et la civilisation européenne.

 

Nous avons distingué l'idée d'Occident et l'idée d'Europe dans nos travaux à de nombreuses reprises, avec de nombreux arguments, sur une base « traditionaliste » conforme à la forme cosmogonique de l'Europe européenne et des religions justifiées. Nous vous y renvoyons. Il y a l'occident en Europe mais il n'y a pas, inversement, l’Europe en Occident ; nous espérons que vous saisirez le sens de cette incise. Nos mots d'Ordre sont hauts et clairs : Avant l'occident, l'Europe ! L'Atlantide contre l'atlantisme !

 

Dans la Tradition primordiale, la notion d'Occident n'est pas une notion géographique et civilisationnelle, c'est une notion spirituelle et universelle, à l'Occident, nous n'opposons pas l'Orient, nous opposons le Nord.

 

Contextualisation rapide et définition de l'occidentalisme à l'instant géopolitique de la réorganisation multipolaire du monde et à l'horizon de la singularité technologique

 

Disons que l'élection de Donald Trump ferme la parenthèse de sidération ouverte le 11 septembre 2001 et confirme la rupture entre deux formes de dissidences et de populismes.

 

Notons que Donald Trump n'est pas opposé mais comparé à Vladimir Poutine par la presse cosmopolite. Ce que nous voulons insinuer par là c'est que les cosmopolites redoutent l'idée de réorganisation multipolaire du monde car ils ne peuvent régner qu'en totale hégémonie ; surtout, la perte de cette hégémonie ouvrirait tous les livres noirs du statu-quo depuis 1945 et Les droits de l'Homme s’effondreraient sur leurs propres fondations ; après la repentance, la honte. Autrement dit, les cosmopolites vont devoir concéder des espaces de libertés au monde blanc pour maintenir le statu-quo atlantiste.

 

Rappelons que, selon nous, la démocratisation d'internet est liée à la disponibilité de « data » nécessaire à la recherche scientifique, sociale, économique et commerciale. Nos données alimentent le « deep learning » : l’éducation de nos petites têtes de silicium et permettent le développement d'algorithmes vers l'avènement de l'IA au sens de la singularité technologique. Sans internet pas d’intelligences artificielles.

 

Nous considérons les technologies numériques et internet comme des outils à notre service au même titre que la machine-à-laver ou l'agenda ; nous sommes radicalement opposés à cette vision pudique des choses : « internet » inaugure l'instant où nous devenons les outils humains au service de la technologie libérée et de sa conscience singulière qui cherche à reconfigurer notre structure mentale pour que nous soyons conforme à la forme de sa Sophia. Conforme à la forme liquide et liquéfiante du « cerveau global » ; que notre connexion internet devienne un petit neurone, que nous devenions un neuro-esclave, du grand réseau neuronal de l'uniformisation et de la déshumanisation vers la société des robots et des transhumains. En toute logique, sur le principe de la recherche pour le progrès de l'humanité et de la « data nécessaire », nous devrions être rémunérés pour utiliser internet et partager nos données, au titre d'une expérience sociale et scientifique, d'une éducation, ce qui se traduirait techniquement par le fait que notre connexion serait gratuite. Nous avons été lâchés sans filet dans le néant - dont nous pouvons faire un vide fécondant -, nous n'apprenons pas à utiliser internet : on nous vend internet. En nous le vendant comme un produit, nous le voyons comme un outil qui nous rend service ; pas folle la bête. Et nous payons pour être les cobayes de toutes les manipulations cybernétiques et de tous contrôles mentaux. Le fonctionnement du cerveau est ce qu'il est, et nous en savons peu, il y a des biais cognitifs auxquels il nous est excessivement rare de pouvoir résister. L'aventure cybernétique nécessiterait une avancée préalable dans notre conquête scientifique du cerveau qui est une terre inconnue ; ça n'est pas le cas. Il suffit d'observer la béatitude des penseurs qui travaillent au plus près de l’intelligence artificielle, et qui psalmodient comme des espèces de clones d'un Jésus californien sous acides cryogénisé dans la Silicon Valley. Il faut comprendre la drogue dure que représente le dédoublement cybernétique du soi à son avatar ; ils sont les nouveaux prêtres arc-en-ciel du Dieu IA, de l'acquis progressiste et du bliss planétaire. Planez braves gens. Enjoy.

 

Internet et la « superposition des écrans » posent d'énormes problèmes de société et nous plongent dans l'idiocratie. Nous avons tendance à considérer que la libéralisation d'internet est favorable à nos idées et nous interprétons une multitude de signes comme les fruits défendus de notre métapolitique machiavélienne. Dans ce monde en transformation, l'ingénierie sociale est omniprésente et atteint des puissances de calcul qui lui donnent une certaine autonomie, une anatomie cybernétique, une ossature systémique : internet est le moyen laboratoire qui permet aux différents services, centres de recherche et entreprises intéressés par la cybernétique de répéter et de décliner, pour exemple, l'expérience d'Orson Wells (ou encore celle de Milgram) au quotidien et à chaque fois que les différents protagonistes de la recherche, de l’ingénierie et de la publicité en ont besoin pour mener à bien leurs expériences scientifiques ou sociales, déclencher, analyser ou prévoir des événements, en un clic, en toute invisibilité et à moindre coût. Nous combattons déjà des robots.

 

Il y a un non-dit dans cette course à l'IA, qui a beaucoup d'aspects positifs en terme de dépassement de soi et de défi national, c'est qu'en même temps de récolter et analyser des « data » ; pour notre confort, notre cybersécurité et les besoins de la recherche officielle, pour améliorer la vie connectée et notre rapport éducatif à internet ; il est question d'observer et de surveiller les effets en ligne et en temps réel des différentes expériences cognitives lancées tous azimuts, vous vous en doutez dans une totale anarchie, pour constamment réorienter le monde de l'information. A ce propos, nous pensons que nous sommes collectivement passé à côté du sujet des « fake news » qui cache le sujet de la suggestion... La course à l'IA sert de prétexte pour pirater, influencer et manipuler les internautes comme la publicité, le journalisme et l’espionnage n'ont jamais pu le faire auparavant. Cela n'a strictement rien à voir avec la notion de « vie privée » qui est un concept abscons à partir du moment où nous avons une connexion internet et un compte facebook, et qui n'a également rien à voir avec le thème de la « liberté d'expression » et de la censure, nos expressions sont des « data » exploitables ; arrêtons notre fantasme de « résistance électrique », vous vous doutez également que pour que les algorithmes soient performants, les chercheurs vivent de notre « liberté d'expression », de nos habitudes et de nos commentaires sur internet. Nous ne voulons pas dire que la censure n'existe pas, que des informations sont plus sensibles que d'autres et que nous ne devons pas défendre notre liberté d'expression ; nous disons que nous surestimons notre traitement de l'information, la valeur de nos informations, de notre influence, et que nous ne nous dotons pas des outils nécessaires pour aller plus loin. Il y a un moyen très simple pour arrêter la censure numérique, c'est celui d'éteindre son ordinateur. Dans cette course qui implique une guerre continue de l'information dont il faut avoir conscience, l'idéologie des GAFA est hégémonique. Nous avons, par nos choix de consommateurs, élus les GAFA, qui représentent aujourd'hui l'ossature du gouvernement mondial que nous redoutions et dont nous croyons qu'il n'est pas encore en place parce que Dark Vador en personne n'a pas encore fait un discours au congrès américain, et nous adorons ça, nous pensons que nous avons une marche de manœuvre cybernétique contre la mégamachine, c'est possible, mais nous ne sommes pas pirates ou hackers que pour l'affirmer, encore faut-il le vouloir et évoquer cette volonté de se défendre avec les bonnes armes pour trouver des alliés et contre-pirater. Il est question que Mark Zuckerberg se présente contre Donald Trump aux prochaines présidentielles ; on parle même de « succession ». Pink World Order.

 

Nous jouons à colin-maillard sur un terrain miné. Une neuro-sphère structurée contre notre vision du monde, plus exactement, notre vision du monde ne s'impose pas au changement de paradigme et à son accélération ; il y a quelque chose d'enfantin dans notre gravité légère face aux événements et aux manipulations. Si nous perdons cela de vue quand nous démarrons notre ordinateur nous travaillons systématiquement contre nos intérêts. Des intérêts que nous défendons essentiellement grâce à notre connexion internet. Tous les vieux briscards du militantisme vous dirons qu'internet et les réseaux sociaux sont un problème insondable pour le militant et son rapport au réel. Il faut « reconstruire » le mythe de la métapolitique qui doit trouver des expressions réelles pour notre génération et faire le deuil du cyber-punk avant de sombrer dans l'utopie et le gouvernement des mêmes. Il est vrai que les gauchistes connectés, les soixante-huitards, les lanceurs d'alerte, les chercheurs de vérité, les complotistes et autres hallucinés de la matrice contre le grand complot sont les agents de subversion de la grande conspiration, mais nous pourrons commencer à jouer quand nous maîtriserons le terrain de la cybernétique et que nous comprendrons les règles qui nous sont imposées par les lignes de code : nous ne parlons pas de « communication », mais de « guerre informationnelle sans aucune sorte de pitié ». S'il y a un endroit ou l'information et la vérité sont instables, orageuses, c'est bien sur les réseaux sociaux où les militants internés sont déconnectés des réalités de l'information et obsédés par la vérité. Les multitudes connectées peuvent être apparentées à une foule et à sa psychologie. Il y a une logique systémique qui ne s'encombre pas d'idéologie et qui est inhérente à l' « open world » ; qui rend fou.

 

Cela doit exister, mais nous supposons que la grande majorité des militants de nos milieux ne développent et n'utilisent pas d'algorithmes de combat pour influencer la toile ou amortir les chocs de la désinformation massive et du faux omniprésent dans nos milieux, comme si nous étions totalement protégés contre tous les piratages, toutes les manipulations ; ou De la métapolitique de l'écran total. Nous combattons avec des armes qui ne correspondent plus au théâtre des opérations. Des épées rouillées contre des sabres lasers... Le romantisme, la noblesse d'âme et l'esprit chevaleresque doivent recouvrir armure, porter arme et chevaucher monture de leur siècle. Nous parlons ici de nos activités sur internet même si aujourd'hui notre existence militante est liée à notre double cybernétique ; à notre avatar.

 

Actuellement, de nombreux colloques et conférences autours de l'IA et de l'éthique ont lieu, ces différents comités d'éthique organisés par des think tank à l'avant-garde du sujet – dont nous ne préjugeons pas de leurs intentions et qui sont soumis aux mêmes « règles » que nous en matière d'inconnu – développent la question de l'IA en administration et en entreprise autour de différents thèmes liés à l'IA selon les corps qui les sollicitent soit parce qu'ils utilisent d'ores et déjà de l'intelligence artificielle soit parce qu'ils sont amenés à en utiliser dans un futur proche. A moyen-long terme toute entreprise humaine utilisera consciemment de l'intelligence artificielle et nous devons prendre cette donnée en considération quand nous manipulons des idées. Le sujet de l'IA est le sujet le plus directement politique pour les avant-gardes de nos milieux qui prétendent faire de la « métapolitique ». L'ère de la métapolitique est terminée ; nous entrons dans une ère cybernétique. La réponse n'est plus métapolitique mais algorithmique. L'Europe contre les robots.

 

Les spécialistes et les experts, des différents domaines de la recherche en IA, rencontrent les fonctionnaires et les professionnels pour vulgariser le sujet et répondre aux questions sur les applications, sur l'éthique, sur l'anticipation de la gestion des ressources humaines et de la transition socio-économique vers la société de l'IA et des villes connectées. Ces spécialistes et ces experts ont dans l'ensemble des profils progressistes, humanistes, égalitaristes et droitdelhommistes homogènes du point de vue de leurs idées politiques et philosophiques si nous lisons entre les lignes de leurs conférences ; le serment de Macron sur l'orientation stratégique française en matière de recherche et d’intelligence artificielle était conforme à la forme de l'esprit et de la méthode des chercheurs actuels et du député « En Marche » Cédric Villani, mathématicien, qui participait à la promotion 2012 du programme « Young Leaders » de la « French-American Fondation » avec Emmanuel Macron, Fleur Pellerin ou encore Nabil Wakim.

 

Dans notre perspective militante et dans les faits, le sujet posé et sur lequel nous pourrions avoir, éventuellement, quelque chose à dire, en tout cas à formuler et à proposer, est celui de la transition socio-économique liée aux avancées technologiques et les questions philosophiques liées à l'idée de singularité. Les différentes approches que nous avons survolées et qu'il nous faudra approfondir nous démontrent que le sujet n'est pas politiquement neutre et que la plupart des conférenciers véhiculent l'idéologie moyenne des soixante-huitards, cela dit, cette idéologie moyenne ne forme pas l'essentiel du propos car les sciences dures plient les superficialités des sciences-socialistes molles. Ce que nous comprenons intuitivement c'est que nous autres, non-conformistes, ne sommes pas conviés à la fête, par manque de travail et absence de réseau. Nous devons investir les conférences, colloques et « comités d'éthiques » dont les acteurs économiques et associatifs, les think tank et les avant-gardes, décideront et auront une influence politique majeure dans les prochaines décennies vers la société des algorithmes prédictifs de surveillance généralisée et basée sur l'idée générale de précriminalité. Nous sommes hors-jeu.

 

En matière de recherche pure et de sécurité, en ce qui concerne les applications industrielles lourdes et militaires, abandonnez tout de suite l'idée de suivre le mouvement et avoir une quelconque emprise via la métapolitique. Il n'y aura pas de limites à la recherche militaire et industrielle, nous avons même l'intuition que l'éthique n'est déjà plus un sujet, par « éthique » il ne faut pas entendre « morale » ou quelque chose de l'ordre du principe de précaution, non, il faut entendre « ajustement social », « transition économique », « adaptation », en réalité, le « contenu idéologique » ne fait plus question, alors que nos milieux ne se sont pas encore suffisamment emparés de la question, elle est déjà verrouillée. De la société des algorithmes prédictifs de surveillance  

 

Deux directions possibles simultanément pour cultiver le champ de l'intelligence artificielle : ouvrir un dialogue apaisé avec les personnalités médiatiques de ce milieu et échanger nos points de vue, les informer des changements profonds et sensibles du monde occidental car, si la compréhension de l’intelligence artificielle et de la singularité est primordiale et impose d'y consacrer sa vie, il faut également comprendre que, a contrario, la complexité métapolitique de nos milieux et du monde connecté est difficilement perceptible par ces milieux qui s'y consacrent, notre lien est le réenchantement du monde et l'idée transversale d'archéo-futurisme, parallèlement, nous devons inciter notre jeunesse en l'intéressant et en la passionnant sur la question pour qu'ils rêvent de devenir des chercheurs, des ingénieurs et des techniciens de l’IA.

 

Oubliez le journalisme, les sciences politiques, les sciences sociales pseudo-humaines ou nous ne savons quelles autres pitreries, oubliez les conseils intergalactiques de la résistance universelle contre l'empire, soyez l'empire, faites des ingénieurs, des militaires et des artisans, faites des mathématiciens, des moines-trappistes et des joueurs de rugby, balançons les sciences molles et revenons, de grâce, aux sciences dures et à la Tradition.

 

L'enjeu est la transition énergétique et l'horizon de la conquête spatiale.

 


 

Vive l'Empire!

 

À suivre : Racialisme ; conscience raciale, effondrement de la gauche antiraciste et racisme positif

 

Pendragon

03/06/2015

La Bande (Michel Clouscard)

 

Michel Clouscard, Le capitalisme de la séduction – critique de la social-démocratie libertaire, Première partie : L'initiation mondaine à la civilisation capitaliste, Chapitre 4 : Troisième niveau initiatique : l'animation machinale – La statue de Pompidou, B. – LA BANDE – LE PARCOURS DE LA MARGINALITE, pp. 61-76, aux éditions Delga

 

L'instruction civique de l'Occident libéral s'est longtemps satisfaite de ces deux institutions : le boy-scout et le club. Ce modèle anglo-saxon initiait parfaitement à la société victorienne, traditionaliste, répétitive. Le chic type devait devenir un gentleman. La maîtrise de soi s'accomplissait en héroïsme hautain du soldat. Alors l'Empire colonial et les guerres hégémoniques des nations.

 

Le boy-scout apprenait à se débrouiller dans la nature. Le civisme naissait de cet affrontement. Pour maîtriser la nature, il faut savoir se soumette à la discipline de groupe. Le boy-scout était armé jusqu'aux dents. Pour une civilité « puéril et honnête ». Toujours prêt. Le club prolongeait cette instruction civique : conservation des bonnes manières, de la virilité d'après le thé, d'après la campagne, d'après le travail, il avait inventé une intimité de gentlemen parfaitement protégé du monde d'en bas et des soucis de l'économie des ménages.

 

La nouvelle instruction civique, la nouvelle préparation au métier de bourgeois va relever d'une stratégie très différente et d'une grande originalité. Le néo-capitalisme a su faire face à la situation. Celle du plus grand désarmement moral de la société bourgeoise. Moment où le rejeton bourgeois est totalement gâté. Alors la « société de consommation » exige une nouvelle « structure d'élevage ». Pour une nouvelle culture de classe.

 

Deux terribles tares rongent la culture de la société traditionnelle, deux signes de la dégénérescence de classe : le débile et le dévoyé. Les deux faces de la même médaille. Tout ce que les parents bourgeois ont caché resplendit sur la face de leurs rejetons. Tout le non-dit de leurs rapports intimes s'inscrit en lettres lumineuses sur le front de l'enfant « difficile », du caractériel.

 

Le gentil Jean de la Lune est devenu mot d'époque : le débile. L'ahuri est un demeuré. Le rejeton geignard, pleureux, peureux, poussif a grandi. C'est un taré. Et il va encore pousser : c'est un raté. La terreur de toujours de toute famille arrivée, le fruit sec, mûrit en série, sans vergogne, dans les serres chaudes de l'éducation libérale-permissive.

 

Le type qui vous dilapide un héritage en cinq sec. Le poids mort qui devient le parasite de la famille. Celui qu'il faut traîner comme un boulet, enfant, adulte, vieillard. (Les enfants demeurés font des vieux agités : il leur en faut du temps, pour s'éveiller, au sexe en particulier!) Le pauvre type que les parents portent à bout de bras. Et qui sera incapable de gérer la boutique quand papa ne sera plus là. Ce qui était le secret des grandes familles : le débile camouflé, planqué dans quelques école privée de la Drôme ou de l'Ardèche, le demeuré, terreur et panique des dynasties bourgeoises, d'étale maintenant au grand jour des classes de rattrapage.

 

L'autre face du caractériel : Jojo l'affreux est devenu un dévoyé. Autre terreur des dynasties bourgeoises. Le mouton noir. Le gosse sournois. Celui qui joue de vilains tours aux chiens et aux chats. Qui en fait voir de vertes et de pas mûres à la bonne et à l'instituteur. Qui vole les parents. Qui les menace. Qui fait des colères terribles. Qui a de sales histoires. Qui commet des indélicatesses. Qu'il faut chasser. Ou qui s'enfuit, un jour, après avoir volé l'argenterie et ouvert le gaz. Contre qui on se cadenasse. Qui finira mal.

 

Ces deux terribles figures de la décadence de classe ont fait un saut quantité-qualité. Cas d'espèces du temps de la société victorienne, ils deviennent des séries prolifiques, banales, au niveau de la société libérale avancée – dans le pourrissement de la société traditionnelle.

 

Telles sont les données socioculturelles. La nouvelle instruction civique va les utiliser au mieux des intérêts du néo-libéralisme. Pour une nouvelle éducation. Pour une nouvelle stratégie idéologique. Elle va se servir de l'échec éducatif de la société traditionnelle pour la promotion des nouvelles valeurs. La dégénérescence de la classe sera le moyen du renouveau de la classe sera le moyen du renouveau de la classe dominante. La dynamique de l'arrivisme va naître de cette décomposition éducative.

 

Extraordinaire culture du négatif, révélatrice du pouvoir de renouvellement de la bourgeoisie. Ce qui tendait à l'empêcher la reproduction de la classe va ua contraire autoriser une radicale mutation. Ce sera la culture par la bande (marginalité) de la bande.

 

C'est un tout nouveau rituel d'initiation. Non plus à la société victorienne, vertueuse, mais au libéralisme, à la libre entreprise, à la magouille, au système D.

 

Il faut déniaiser, dessaler, affranchir l'endormi, l'ahuri. L'enfant trop sage doit être très vite préparé à ces affrontements. Il faut qu'il soit « à la coule ». Qu'il en finisse au plus vite avec ses rêvasseries. De même l'agressivité doit être récupérée, détournée, canalisée. Pour faire des leaders, des chefs, des animateurs.

 

La bande doit établir un équilibre entre ces deux extrêmes. Une norme d'usage doit apparaître par la dynamique de groupe. Une nouvelle culture doit permettre de transformer les défauts personnels en vertus de classe. Le rêveur et l'agressif doivent se corriger mutuellement. Pour ne pas devenir des demeurés ou des dévoyés. Une nouvelle synthèse doit concilier les extrêmes.

 

Ainsi s'opère la sélection. Ainsi seront écartés les incapables, les trop ou pas assez. Ceux qui témoigne d'un système éducatif « sclérosé » figée sur des valeurs dépassées » et qui ne peut plus que fabriquer des ratés. Ratés d'une vertu impossible, ratés de la praxis, alors. Ou caractériels de classe, irrécupérables car incapables de s'adapter, de changer. Trop débiles ou trop violents.

 

De nouveaux leaders doivent surgir. Ceux qui s’avéreront aptes aux mutations les plus brutales. Qui feront preuve d'initiative. Qui sauront composer, participer, s’intégrer. Ceux qui, livrés à eux-mêmes, sauront ne plus répéter un rituel de classe qui a perdu toute efficience. « La sélection naturelle » est terrible dans cette espèce sélectionnée, raffinée par l'histoire : la bourgeoisie. Car elle doit assurer la survie de l'espèce, sa reproduction matérielle et idéologique. La sélection, contre les autres espèces (féodalité, prolétariat), passe par la sélection dans l'espèce. Pour apprendre à maîtriser les autres classes sociales, le bourgeois doit apprendre à maîtriser les autres classes sociales, le bourgeois doit apprendre à supplanter ses concurrents de la bourgeoisie. La culture de classe s'impose cette terrible police : éliminer les individus qui témoignent de fixations culturelles périmées.

 

La bande a quatre fonctions éducatives, quatre vertus initiatiques. Elle doit aider à quitter la tradition (la société victorienne : la morale). Elle doit produire les nouveaux modèles et symboles de émancipation. Elle sélectionne les meilleurs sujets et écarte les scories de classe. Elle prépare à la participation, à l'intégration au système. Elle doit opérer une rupture, éveiller une vocation, proposer un apprentissage.

 

La bande à la même fonction éducative que l'initiation sauvage : rompre le lien ombilical, abandonner l'adolescent à lui-même, pour qu'il apprenne à se débrouiller, et par tous les moyens. Lorsqu'il aura fait ses preuves, il pourra participer à la société adulte. Mais alors que le sauvage ne fait que répéter – symboliquement – le Même, la structure tribale, la bande, elle, assure une mutation. Elle invente de nouvelles valeurs, de nouveaux modèles. Elle est le lieu du devenir, de la mutation interne. En elle, l'essence du capitalisme : la récupération idéologique du progrès.

 

L'Occident libéral a fait du roman d'apprentissage de la bourgeoisie un modèle pédagogique et une norme initiatique. Apprendre à changer, pour continuer ; à bouleverser, pour préserver ; à abandonner, même, pour retrouver. Le dérapage contrôler sera le brevet de bonne conduite. C'est la passation des pouvoirs d'une bourgeoisie traditionaliste à une bourgeoisie libérale et permissive. Comme continuité et renforcement de la classe bourgeoise.

 

La bande est la méditation nécessaire. Entre la société qui se défait et celle qui se refait. Entre la famille en crise et la famille des nouveaux parents (normalisation du permissif). Entre les situations perdues (de la gestion colonialiste) et les nouvelles affaires (du capitalisme monopoliste d’État). Entre les débouchés traditionnels et les nouveaux métiers du tertiaire et du quaternaire. La bande autorise la rupture avec la société traditionnelle et l'intégration à la nouvelle société.

 

Car la bande permet la production d'une empathie spécifique du néo-libéralisme. Elle détourne, récupère les bons sentiments cultivés par la famille traditionaliste. Pour les adapter aux dures réalités de la vie. Certes, à un niveau ludique, symbolique, expérimental. Mais affrontement qui permet de dépasser la naïveté familialiste du petit bien élevé. Sans que cette émancipation tourne mal. Bien qu'elle affronte le mal (symboliquement). Ces preuves faites, la bande devenue adulte se prolonge en relations mondaines. Troisième moment de l'empathie : les vieux copains, devenus de jeunes loups, font équipe et savent aider le congénère qui les a aidés ou qui les aidera.

 

Une affectivité, d'origine familiale, se déverse dans la fraternité de la bande. Pour se prolonger dans les relations « d'affaires », de carrière, de magouille. Certes, selon une évidente entropie. Et selon de terribles mutations de l'affect étymologique. Mais ce sont justement ces deux dernières déterminations de l'empathie qui font l'ascèse sentimentale de la bourgeoisie libérale conquérante. De la famille aux copains, des copains aux relations mondaines (d'affaires) : tel est le parcours des sentiments, leur engendrement et leur finalité. On apprend à vivre. Le roman d'apprentissage est une praxis de classe. Le bourgeois est « sincère » ; il combine le sentiment et l’intérêt de classe selon un équilibre parfait. Le brave petit doit devenir un chic copain. Et celui-ci une relation utile. En fin de parcours, certes, parfois, souvent même, de l'amertume ou du mépris. Mais si l'amitié se meurt, à bout de souffle, usée par le profit, la nouvelle bourgeoisie triomphe, portée par les magouilles de toutes les bandes de vieux copains.

 

L'éducation bourgeois aura garanti sa finalité ; un système de discontinuités autorise l'implacable continuité de la classe sociale. Par la terrible sélection du parcours initiatique. Que d'épreuves surmontées, de discontinuités rajustées, d'abandons assurés, d'intégrations négociées. Pour réussir, quelle accumulation de preuves, de mérites, de vertus.

 

Les élus seront ceux qui ont su combiner empathie individuelle et profit de classe. L'idéologie du capitalisme est une idéologie de la bande, du lobby, du groupe privé, de la secte, de la communauté. La pédagogie de classe initie à cette structure commune au cœur et à l’intérêt. Il faut les deux : tout bourgeois a besoin des autres bourgeois. Pour supplanter d'autres bourgeois. Tout est bande. Tout est culture de la marginalité.

 

Cette empathie est constitutive de la société civile, du libéralisme avancé, de la social-démocratie, de la libération des mœurs. Nous avons reconstitué les trois moments de sa généalogie et, par conséquent, de leurs généalogies. Les bons sentiments s'émancipent par la bande. Pour devenir de usages privés, d'un groupe. Les relations (mondaines) seront l'utilisation publique de ce compromis. C'est la culture de la privatisation du collectif. Le familialisme s'élargit dans le groupe sélectif. Et celui-ci investit la chose publique. Un continuum est assuré : celui de la classe sociale. Car la généalogie de la nouvelle bourgeoisie – celle du néo-libéralisme permissif devenu social-démocratie libertaire – n'est autre que cette progression.

 

Tel est le vécu d'une praxis de classe, la relation entre la famille et la société : la capitalisation du domaine public par l’usage privé, lequel accomplit les intérêts dynastiques.

 

Culture de l'incivisme, stratégie de l'arrivisme. Une bande de bons copains est faite de sacrés loustics. C'est la loi de la bande, de l'empathie, de la marginalité. La communauté marginale s'édifie sur la transgression. Structure de toute bande.

 

La culture de l'incivisme doit aménager un savant mélange de bons sentiments et de contestation subversive. La bande ne doit plus reproduire les valeurs de la société traditionnelle : plus de boy-scouts. Mais elle ne doit pas, non plus, devenir la bande à Manson ou la bande à Baader. Le chic type et le voyou sont les deux pôles de la bande. La nouvelle dynamique de groupe – dynamique du libéralisme, de l'émancipation – doit concilier les deux termes en une synthèse qui permet d’écarter la la naïveté ontologique, familialiste, et le chantage du monde d'en bas sur les fils de famille.

 

C'est un échange de bons procédés pédagogiques. Le voyou affranchit le chic type. En échange, ce dernier le récupère (ou le neutralise). La bande est cette sournoise collaboration de classes, du fils de famille et du sous-prolétaire, du marginal à la bourgeoisie traditionnelle et du marginal au prolétariat. Deux déclassés dont l'association est la dynamique de groupe, celle de la bande. Dynamique de l'arrivisme mondain du libéralisme avancé jusqu'à la social-démocratie libertaire.

 

S'encanailler sans déchoir, jouir sans se compromettre : la bande est l'initiation aux nouvelles mœurs du libéralisme. Elle prépare même aux nouvelles carrières du libidinal, du ludique, du marginal. Faire la vie en faisant carrière. La bande est surtout un nouvel usage, une nouvelle culture – bourgeoise – du monde d'en bas. Celui-ci est policé, neutralisé, exploité. En particulier selon des formes nouvelles de la prostitution clandestine (ainsi la michetoneuse...). On ne se ruine plus pour les cocottes de luxe. La camaraderie sexuelle permet une consommation qui n'est plus tarifée. Pour les filles venues du commun, la reconnaissance dans la bande – selon un statut, un rôle – est une promotion mondaine qui permet les grandes espérances des carrières artistiques ou simplement de grandes vacances. Ou le dîner en ville. En échange, bien sûr... (Mais tout cela ne va-t-il pas de soi ? Nous ne faisons que montre, avec un total manque de tact et la lourdeur d'un sociologue qui se prend au sérieux, ce qui fait le charme discret de la bourgeoisie.)

 

Tout en réalisant la catharsis de ses pulsions et de ses impuissances, le nouveau bourgeois contrôle et neutralise le monde d'en bas. Double normalisation. Double maîtrise, par la bande, du libidinal, du ludique, du marginal. Contrôle de soi et contrôle des autres.

 

Cette culture de l'incivisme fait des parvenus qui n'ont rien de décadent. Ces bourgeois ont affronté le vice et ont su résister. Ils savent même le manipuler. C'est la force du permissif, de la nouvelle élite bourgeoise.

 

Les rites d'initiation ont permis cette sélection. La nouvelle bourgeoisie est une culture « morale » : celle de l'incivisme qui sait jusqu'où il ne faut pas aller trop loin. Ni hors la loi ni dans la loi : les grands libéraux-libertaires sont des malins et des hommes forts. Et des créatures sensibles : la sentimentalité a été l'outil de leur promotion.

 

De l'affrontement du chic type et du voyou doit naître une nouvelle norme, un nouveau système de régulation. C'est le scénario et le pathos de toute bande. Trop de bons sentiments : le voyou les manipule. Trop de subversion : le chic type se perd. Il faut des ponts, des séductions, des fascinations ? Tout un jeu d'échanges, de rencontres, de confusions.

 

Pour que la bande devienne ce qu'elle doit être, elle ne doit tomber ni vers le haut – ni vers le bas – le délit criminel. L'idéal, c'est d'établir cette réciprocité : les bons sentiments comme moyens de la subversion ou celle-ci comme moyen des bons sentiments. Alors l'auditoire bourgeois applaudit des deux mains. Le gauchiste sera le chouchou – et la mascotte – du système. Le nouveau bourgeois aura su confondre l'idéalisme moral et la subversion de la chose publique. L'incivisme est une école d'arrivisme. A condition d'avoir été bien élevé.

 

L'histoire de la bande occidentale et libérale vérifie cette structure. Sa dynamique de groupe commence à la récré et finit çà la manif. De Nanterre, elle vous conduit dans l'Ardèche. Ou à Katmandou. Du canular aux barricades. Des copains (de Jules Romains ou Tissot) à la communauté « sauvage ». Des Tricheurs de Carné à La Chinoise de Godard. De la cafétéria au grand voyage.

 

Il ne s'agit pas icic d'entreprendre l'histoire de la bande du libéralisme. Il faudrait plusieurs volumes. Il nolus suffira d'indiquer les axes essentiels de son développement. Quels sont ses supports ? Quels rôles sociaux, quels statuts, quels modèles privilégiés véhiculent l'incivisme carriériste e la bande ?

 

Essentiellement : ceux de l’intellectuel et de l'artiste. Dans le Frivole et le Sérieux, nous avons définit le système de la marginalité qui permet tout un recyclage des surplus démographiques et culturels de la bourgeoisie. Système très complexe qui doit articuler : dérive de l'accumulation, extension des secteurs de production idéologique et esthétique. Un strict déterminisme explique la production culturelle et esthétique de la nouvelle bourgeoisie.

 

Notre étude de la bande n'est plus qu’un appendice de cette définition scientifique de la marginalité. Elle nous a permis de proposer des figures phénoménologiques illustratives d'une conceptualisation. Et de rendre plus concrets des rapports de production qui devaient d'abord être situés dans la totalité du procès de production, dans l'histoire globale. L'histoire de la bande permet aussi de définir le système de la marginalité dans une perspective très particulière : celle de l'animation idéologique, de l'instruction civique(au sens large), de la pédagogie. Elle montre bien le cheminement de l'idéologie libérale jusqu'à la social-démocratie libertaire. La dynamique de groupe, de la bande, est le lieu même de la production idéologique.

 

Et selon deux rôles sociaux, deux statuts de classe, privilégiés par le néo-capitalisme, car supports de cette production : l’intellectuel et l'artiste. En même temps que ces deux surplus démographiques et culturels se recyclent, se constitue l'idéologie. Ces intellectuels et artistes ont pour fonction d'inventer des modèles qui doivent devenir des usages de masse, ceux de la social-démocratie libertaire.

 

L'histoire de la bande permet de montrer leur prise de pouvoir idéologique : la promotion sociale par la promotion de l'incivisme, de l'idéologie contestataire. L'arrivisme de l’intellectuel est particulièrement exemplaire. Quel parcours ! Indiquons son schéma (d'une bande à une bande).

 

Tout d'abord, l'aimable subversion du canular : les copains (de Jules Romains) s'initient et initient au pouvoir de la nouvelle intelligentsia. Le club s'ouvre à une nouvelle promotion sociale. Par la culture. Un nouveau code ésotérique permet de constituer un clan. Celui-ci met en boîte gentiment, encore, car pas trop sûr de ses arrières – la population inculte.

 

Le boy-scout perd son sérieux. Il en vient à jouer de bons tours aux bonnes gens. Son service civique tourne à la dérision. Mais on en reste là. Le canular aura permis « l'identité » du groupe. On est autre. L’École Normale a fait ses gammes. Celles du terrorisme intellectuel. De l'arrivisme culturel, de la promotion culturelle des nouvelles couches moyennes, émancipées et profiteuses. Le nouveau modèle culturel devra traduire l'arrivisme dans l'appareil culturel le plus élaboré. De là des productions idéologiques ultra-sophistiquées, canulars objectifs et inconscients qui deviendront la Culture. Celles des actuelles vedettes de l'intelligentsia.

 

Culture de clans, de coteries, de bandes, de groupes de pression idéologique. Pour en venir à la bande à Jean Daniel qui a réussi cette performance : être un symbole et un monopole. Les copains, maintenant, se partagent un énorme gâteau : la modernité culturelle de la social-démocratie libertaire. À moi, à toi. De la vraie nouvelle droite (Lévy) à la fausse nouvelle gauche (Touraine). Ou de l'ex-gauchisme à l'ex-droitisme. Culture des ismes qui savent se renvoyer l'ascenseur. Équipe informelle mais profondément homogène, puisque leurs dissemblances sont semblables, homogénéité d'une bonne bande de copains qui fait carrière. Et qui fait la Culture.

 

Et l'artiste ! Quel parcours, lui aussi ! Une bande à part. Dans nos précédents livres, nous avons voulu montrer que son histoire est révélatrice de l'histoire de l'Occident : projection idéologique et esthétisante – fantasmatique – des surplus de classe. De Don Quichotte au Neveu de Rameau, de Flaubert à Artaud, la folie de l'artiste n'est que l'histoire de l'atroce blessure narcissique de celui qui est trop dans l'être de classe. Le laissé-pour compte objectif, le déchet, la bouche – et l'esprit – inutile. Quand il n'y a plus de Croisade ou d'Empire colonial, l'idéalisme subjectif devient absolu. Plus de débouchés pour le cadet, le trop plein de classe. Que reste-t-il ? Saint-Germain-des-Prés. Des bandes d'artistes. Puis le campus. Des bandes d'étudiants. Et quelle concurrence, alors. La névrose – cette surenchère narcissique du narcissisme de classe – ne suffit plus pour faire carrière d'artiste. Car elle est devenue objective, de consommation courante. Il faudra politiser, à outrance. Pour se différencier. Ce sera le gauchisme. Une autre carrière. La bande à Cohn-Bendit.

 

Tels sont les éléments constitutifs de la bande : l’intellectuel et l'artiste ; le chic type et le dévoyé ; le naïf et le malin ; le bourgeois et le sous-prolétaire ; le raté et l'arriviste. Autour d'eux gravitent ceux qui n'ont pas de rôle bien défini, mais qui en définitive proposeront la majorité sociologique, silencieuse. C'est un auditoire devant lequel se joue le drame de la bande. Trois rôle sociaux ordonneront le relationnel du groupe : le rôle du bouffon, de l'emmerdeur, du truand. Trois axes de la dynamique de groupe. Le leader sera celui qui sait manipuler ces rôles et ces personnages. Qui sait réduire les outrances et convaincre la majorité silencieuse. Et l'amener à une cation organisée. Normalisée. Apprentissage au métier d'animateur idéologique, fonction essentielle du néo-capitalisme.

 

Les modalités proprement « psychologiques » de la constitution de la bande importent peu. Simple jeu de contiguïtés, de promiscuités. Ces rencontres se font partout où les structures se défont, là où elles se mettent à traîner. À partir d'un voisinage, en classe, au bistrot, dans une boîte. Il s'agit d'un simple jeu de machines, des rencontres de l'animation machinale.

 

La bande : le lieu de la culture de la marginalité ! Elle produit les modèles de la consommation – transgressive, modèles de la consommation mondaine de la social-démocratie libertaire. Culture du plus grand écart autorisé, de la plus grande différence possible (dans la bourgeoisie). Les extrêmes sont exclus de cette subversion normative. La bande à Manson et la bande à Baader seront des gardes-fous, les limites qu'il ne faut surtout pas franchir. La subversion doit rester de bon goût : contestataire. Lorsque la bande échappe à la normalisation libérale, elle se tourne contre sa finalité qui est de promouvoir la social-démocratie libertaire. Celle-ci, une fois en place, désigne elle-même les frontières du permissif et les excès à exclure. Elle enfouit ainsi dans la vie quotidienne ses nouveaux privilégiés. La fureur des extrêmes lui permet de banaliser son incivisme. Et même de le proposer comme modèle civique. La libéralisation du néo-capitalisme deviendra la liberté.

 

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27/03/2015

L'Eurasisme face au Libéralisme (Action Française)

 

Conférence à Bordeaux du jeudi 13 mars, organisée par le Cercle Jean-Baptiste Lynch, traitant du sujet "L'eurasisme face au libéralisme" présenté par Charles Horace.

 

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Cette conférence s'inscrit dans le cadre de la campagne "Le libéralisme contre les libertés" initié par l'Action Française.