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16/04/2015

Du sens des mots : Souveraineté (Charles Horace)

 

Quel est le principe qui confère son autorité à un pouvoir ? Quel est le fondement du pouvoir d’un Etat ? Aujourd’hui, nous considérons, comme si cela allait de soi, que le fondement de l’action d’un Etat est sa souveraineté, appuyée sur le scrutin populaire à l’intérieur, et reconnue par les autres Etats à l’extérieur. Le terme « souveraineté » est d’ailleurs constamment au centre de multiples débats, touchant aux questions les plus cruciales préoccupant notre société. On soulignera l’ironie de la situation, la souveraineté française n’occupant dans les débats que l’espace qu’elle a perdu dans le domaine des compétences concrètes de l’Etat. Paradoxe qui n’est qu’apparent, puisque c’est bien quand la chose commence à manquer qu’on y met le mot ! Il est clair en effet que le développement des instances supranationales participe d’une délégation, consentie par nos oligarchies, des souverainetés des Etats nationaux. Il est également évident que toute action politique ne peut se priver d’un retour à la souveraineté, sous peine de se retrouver privé de tout levier d’action. Encore est-il nécessaire au préalable de bien connaître le sens de ce mot, d’en connaitre l’histoire afin d’en saisir toutes les implications. Nous commencerons donc par nous intéresser à la définition et à l’histoire du principe de souveraineté. Il conviendra également, à la lumière de ce qui aura été soulevé, de poser la question de la « souveraineté populaire », de sa réalité, et de sa pertinence. Enfin nous tenterons d’articuler les aspirations légitimes des patriotes à la souveraineté et le sentiment européen.

 

La souveraineté selon Jean Bodin

 

Selon le dictionnaire Larousse, la souveraineté désigne le « pouvoir suprême reconnu à l'État, qui implique l'exclusivité de sa compétence sur le territoire national (souveraineté interne) et son indépendance absolue dans l'ordre international où il n'est limité que par ses propres engagements (souveraineté externe) ». Il s’agit donc d’une modalité de l’exercice du pouvoir impliquant l’absence de concurrence à son autorité légitime, sur un espace déterminé. La souveraineté implique également une liberté d’action totale sur la scène internationale. Cette définition de la souveraineté, actuellement comprise dans un contexte stato-national, est directement issue du travail de théorisation mené par Jean Bodin au XVIe siècle. Cependant, si le terme de souveraineté semble émerger au cours du Moyen Âge, doit-on pour autant en déduire qu’il n’a eu aucune préfiguration ? En d’autres termes, la notion de souveraineté est-elle un produit d’une réflexion politique relativement récente, ou a-t-elle au contraire des racines plus anciennes ?

 

Nous devons tout d’abord faire violence à la chronologie, en présentant dans un premier temps le travail incontournable de Jean Bodin, afin de voir ce qu’il charrie d’une tradition plus ancienne et ce qu’il apporte de neuf, afin d’en tirer les conséquences. C’est lui en effet qui a formulé pour la première fois, dans ses Six livres de la Républiquei (1576), le concept de « souveraineté » dans son sens moderne. Pour lui, la souveraineté désigne le principe selon lequel un Etat jouit d’une suprématie sur tous les autres pouvoirs. Cette suprématie instituée implique des conséquences juridiques : une loi souveraine peut arrêter toute autre puissance qui se poserait en concurrente de l’Etat. Jean Bodin, en tant qu’érudit, s’appuie sur une immense culture historique et juridique. Son objectif est double : réfuter Machiavel dont la démarche amorale lui paraissait dangereuse pour l’ordre traditionnelii, tout en raffermissant le fondement du pouvoir politique, ébranlé par les divisions des Guerres de Religion (1562-1589). Toutefois, à la différence de Saint Augustin ou de Saint Thomas d’Aquin, il ne s’interroge pas sur l’origine divine ou naturelle de la chose publique. Il constate simplement que dans toute société historique, il existe une forme de pouvoir public unifié et unificateur. Il pose, dès lors, la question de l’essence de ce pouvoir. La réponse réside selon lui dans « la puissance souveraine », s’exerçant par « un droit gouvernement de plusieurs ménagesiii et de ce qui leur est commun ».

 

Pour être entière et durable, la souveraineté doit s’appuyer sur trois principes :

 

  • Elle doit être absolue, autrement dit, ne dépendre d’aucun autre pouvoir. Elle doit être, pour ainsi dire, auto-suffisante.

  • Elle doit être également indivisible, une, et si elle se délègue, elle doit demeurer entière en chaque délégation.

  • Elle doit être enfin, perpétuelle, transcendante, et par conséquent, ne doit pas être soumise aux aléas du temps. La souveraineté perdure, indépendamment des individus qui l’incarnent temporairement. L’Etat en est le siège, un point autour duquel se focalise l’ordre public, lui-même défini par les Lois qui déterminent les normes de la vie publique de tout le corps social.

 

La souveraineté est surtout pour Bodin une volonté, une « puissance de vouloir » dont les lois sont la forme. Cependant, comme la volonté souveraine est absolue, elle est de fait au-dessus des lois, qu’elle fait et défait. Ainsi, « il appartient à la prérogative absolue du Souverain de faire la paix et la guerre, de diriger l’administration, de juger en dernière instance et de faire grâce, de battre monnaie et de lever l’impôt »iv.

 

Des racines médiévales et antiques

 

Cependant, la définition de la souveraineté développée par Jean Bodin est tout à fait différente de ce qu’elle était à l’époque médiévale. Définition médiévale qui elle-même dérivait d’une antique conception de la puissance politique. Dans son sens médiéval, « souverain » désigne un pouvoir n’admettant aucun supérieur, ce qui ne supposait pas nécessairement que ce pouvoir puisse revendiquer une exclusivité de la puissance de commander. La souveraineté médiévale n’impliquait, en d’autres termes, aucun monopole de la volonté. A partir du XIIIe siècle, la souveraineté que le Roi de France avait obtenue de haute lutte face à l’aristocratie féodale représentait un dernier recours, surtout dans le domaine judiciaire. Le processus de décision opérait dans la coexistence d’une pluralité de pouvoirs, chacun ayant voix au chapitre (c’est ce que l’on nomme aujourd’hui le principe de subsidiarité). A partir de la fin du XIIIe siècle, le roi, pour prendre une décision importante, convoquait les Etats Généraux, assemblées exceptionnelles, composées de représentants divers du royaume et qui devaient permettre aux trois ordres de la société de s’exprimer. Le roi ne pouvait tout à fait se passer du consentement de ces derniers, ni de l’avis de certaines autorités extérieures (dont l’autorité spirituelle).

 

Le concept de souveraineté tel que théorisé par Bodin constitue donc une révolution. Il faut en fait comprendre que, marqué par l’expérience des guerres de religions, moment extrêmement périlleux pour la Monarchie (donc pour la France), Jean Bodin tenta de faire en sorte que l’Etat souverain n’ait plus à négocier avec quelque pouvoir que ce soit (ce qui revenait, en ces temps troublés, à être la créature d’un parti)v. Avec lui se produit une scission entre l’Etat et la société, la loi devient valable par elle-même, elle est supérieure au droit naturel, au droit coutumier. Dans le même temps, l’unilatéralité de la loi implique la fin de tout droit de résistance des sujets à un pouvoir injuste, quand la pensée médiévale laissait la liberté à la personne de s’opposer à un pouvoir tyranniquevi. Bodin accorde seulement aux magistrats le droit à la résistance passive (à travers la démission). La forme étatique de l’Etat souverain « bodinien » fut consacrée en 1648, par le traité de Westphalie : l’Etat souverain représente alors une réalité nouvelle face aux empires : la nation.vii

 

En ce qui concerne l’Europe de l’ouest dans son ensemble, nous pensons toutefois pouvoir remonter au-delà du Moyen Âge. Les racines de la souveraineté en tant que principe transcendant remontent selon nous à l’Antiquité romaineviii. En effet, la notion d’imperium, présente dès la période républicaine, dont l’étymologiesignifie « ordonner », désignait un pouvoir souverain délégué aux magistrats supérieurs par les dieux dont la volonté était censée se manifester à travers les citoyens réunis en assemblée. Sous la République, l’imperium ne reconnaissait également pas de supérieur temporel, mais était temporaire et limité dans l’espace, et permettait à son détenteur de commander et de juger.Il était également limité par d’autres pouvoirs, tels la puissance tribunicienneix. A partir d’Auguste (27 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.), ce pouvoir devient permanent et concentré entre les mains du Prince (Princeps).

 

A l’image de la culture politique romaine, le concept d’imperium était souple, pragmatique, concret. Si la nature de son exercice évolua, son fondement demeura : un pouvoir souverain, transcendant, à la fois civil, militaire et religieux, soutenu par un charisme divin, un pouvoir surhumain, ayant pour horizon la pax aeterna, écartant les prétentions des forces centrifuges, donnant une orientation commune à toutes les composantes d’un même corps politique. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de prime abord, la notion de souveraineté héritée de l’imperium a survécu en Europe sous diverses formes :Empire Byzantin, Empire Carolingien puis Saint Empire Romain Germanique…Le royaume de Francea tout autant recueilli l’héritage de l’imperium romain. C’est en effet la monarchie française issue de l’éclatement de l’empire carolingien (Capétiens, Valois, Bourbons)qui sera –à notre sens- parmi les nations européennes, la plus belle héritière de la tradition politique romaine. Opinion que partageait Georges Sorel : « Le seul pays de langue latine qui puisse revendiquer l'héritage romain est la France, où la royauté s'est efforcée de maintenir la puissance impériale »x. Les rois de France, notamment à partir de la deuxième moitié du XIIIe siècle, nourris de la redécouverte du droit romain, vont en effet affirmer le principe de souveraineté contre les puissances cherchant à les subjuguer ou à diviser le royaume. Le pouvoir royal français comprend de nombreuses similitudes et d’emprunts à l’imperium romain : son côté surnaturel, total –ou plutôt absolu-, divin, la coexistence d’aspects civils, militaires, et religieux, certaines des regalia (l’orbe, la couronne…).

 

Nous pouvons constater que la souveraineté ne nait pas avec Jean Bodin. L’œuvre de ce dernier, sans remettre en question sa qualité, porte en effet une ambiguïté de taille, dont les conséquences ont été primordiales pour la suite de l’histoire politique de l’Europe. Voulant renforcer le pouvoir souverain en le rendant absolu et en fondant sa démonstration sur le seul droit, il l’a également détaché de ses attaches spirituelles. En effet, dans un contexte de conflit religieux, il était impossible de fonder un consensus politique autour de la seule référence à Dieu. Si Bodin n’évacue évidemment pas complètement la dimension religieuse de la souveraineté, il s’inscrit dans une dynamique de sécularisation du pouvoir politique, préparant les évolutions ultérieures que ce dernier allait connaître en Occident. Si le pouvoir souverain ne saurait reconnaître la puissance divine comme limite, alors le pouvoir politique finit par perdre sa dimension spirituelle (puisque le Roi était encore vu comme le « Lieutenant de Dieu sur terre »). En effet, comme le soulignait Julius Evola, l’Etat sans principe transcendant n’est qu’une coquille vide : « Le fondement de tout véritable État est la transcendance de son principe, c'est-à-dire du principe de la souveraineté, de l'autorité et de la légitimité »xi.

 

L’héritage empoisonné de la modernité

 

La souveraineté Bodinienne eut cependant pour effet de redonner de la vigueur à la monarchie française. Le règne solaire de Louis XIV (1638-1715) a d’ailleurs donné à cette conception de la souveraineté ses lettres de noblesses. Néanmoins, la progression des idées matérialistes devait finalement amener les penseurs des XVIIe et XVIIIe siècles à penser la politique et si deus non daretur (comme si Dieu n’existait pas)xii. Les Lumières, Rousseau en tête, ne firent que s’appuyer sur cet héritage. Joseph de Maistre, dans ces écrits, a souligné les principes politiques à l’origine de la grande mutation, déjà en maturation à partir de la Renaissance, émergeant avec les Lumières. Parmi ces principes se trouve la théorie du libre contrat de Jean-Jacques Rousseau, qui dans son Contrat social (1762) opposait l’homme à l’état de nature et l’homme en société, et prétendait penser la société en dehors de tout principe transcendant supérieur (en l’occurrence sans Dieu) mais sous le seul angle du « contrat » entre individus mus par leurs seuls intérêts ou leur bonté naturelle. Or, l’homme peut-il créer le droit, la justice, l'autorité, ou le pouvoir ? Pour De Maistre la réponse ne peut être que négative puisque « la raison et l'expérience se réunissent pour établir qu'une constitution est une œuvre divine et que ce qu'il y a précisément de plus fondamental et de plus essentiellement constitutionnel ne saurait être écrit »xiii. Qu’est-ce à dire ? Simplement que la souveraineté d’un pouvoir ne relève pas simplement de conventions humaines mais renferme toujours quelque chose de transcendant, de plus-qu’-humain. Dans le même ordre d’idée, De Maistre rejette l’idée de Progrès dans le domaine politique, corollaire de cette conception contractuelle de la société : « C'est ainsi que la souveraineté est la dupe éternelle des novateurs, et que les nations se jettent dans l'abîme, en croyant atteindre une amélioration imaginaire, tandis qu'elles ne font que satisfaire les vues intéressées et personnelles de ces hommes téméraires et pervers »xiv.

 

Etat actuel de la souveraineté

 

Déjà au début du XIXe siècle, ce même Joseph de Maistre déplorait l’affaiblissement des souverainetés nationales : « Aujourd'hui il faudrait être aveugle pour ne pas voir que toutes les souverainetés s'affaiblissent en Europe. Elles perdent de tous côtés la confiance et l'amour. Les sectes et l'esprit particulier se multiplient d'une manière effrayante. Il faut purifier les volontés ou les enchaîner ; il n'y a pas de milieu »xv. Aujourd’hui plus encore qu’hier, nous vivons l’effacement de la souveraineté des Etats dans les domaines essentiels où elle s’exerce traditionnellement, une « évacuation progressive de la substance de l'Etat »xvi. En effet, « l'Etat devient purement gestionnaire. Par là même, il se met en position d'être renversé par les pouvoirs qui se constituent en dehors de lui - et contre lui. L'Etat nie son propre principe, qui est un principe d'autorité et de souveraineté, pour ne s'occuper essentiellement que de problèmes économiques et sociaux »xvii. Il en résulte une hypertrophie de la politique (politicienne) et un net recul du politique, puisque les prises de décisions essentielles ne relèvent plus des institutions nationales mais d’instances supranationales : Union Européenne, OTAN, ONU etc... Le libéralisme, ennemi de la frontière, de l’autorité, et partant, de l’Etat, « devient une sorte de destin »xviii et produit un « repli politique (…) devient la seule pratique post-politique »xix. Dans le même temps, la sécularisation et la laïcisation des sociétés occidentales ont supprimé la dimension spirituelle que l’Etat a toujours eu dans les sociétés traditionnelles : « l'Etat ne dit plus rien, ne propose plus rien, ne sécrète plus rien. Il ne trace l'ébauche d'aucun destin »xx. L’Etat ne satisfait plus, ne propose plus de satisfaire les aspirations plus élevées de l’Homme, n’incarne plus que des « programmes politiques » en fait de visions donnant un sens à son action et l’inscrivant dans un projet plus vaste que lui-même. Au contraire, « il ne fournit pas des raisons de vivre-mais des moyens d'exister (…) et dès lors que ce rôle n'est plus rempli par l'Etat, les sectes, les partis, les groupes de pression, les sociétés de pensée tendent à le remplir, dans le désordre et la confusion. Evacué de sa sphère naturelle, le politique resurgit partout »xxi (avec les résultats que l’on sait).

 

En effet, force est de constater que le libéralisme et les Lumières, en opposant deux souverainetés, celle de l’Individu (la somme des souverainetés individuelles donnant la souveraineté populaire) et celle de l’Etat (le « Léviathan » de Hobbes), en privilégiant celle du premier, a vidé le second de sa substance et donc de sa fonction première. C’est à la lumière de cette analyse que l’on doit comprendre les réactions contre-révolutionnaires ou encore fascistes. Dans l’optique de restaurer ou –dans le cas du fascisme- de recréer la souveraineté sacrée, ces dernières désiraient renouer le lien brisé reliant, dans les sociétés traditionnelles, l’Individu à l’Etat, en identifiant ce dernier avec la volonté du premierxxii. José-Antonio Primo De Rivera propose en effet de considérer ce problème : « non comme une compétition de pouvoirs et de droits, mais comme un accomplissement de fins, de destins. La Patrie est une unité de destin dans l’universel et l’individu le porteur d’une mission particulière dans l’harmonie de l’État… L’idée de destin, justification de l’existence d’une construction (État ou système) remplit l’époque la plus haute qu’ait connue l’Europe : le XIIIe siècle, le siècle de saint Thomas. Elle naquit dans l’esprit des moines. Les moines affrontèrent le pouvoir des rois et leur nièrent ce pouvoir tant qu’il n’était pas justifié par l’accomplissement d’une grande fin : le bien de tous les sujets. Une fois acceptée cette définition de l’être – porteur d’une mission, unité chargée d’un destin – fleurit la noble, grande et robuste conception de « service ». Si personne n’existe sinon comme exécuteur d’une tâche, on atteint précisément la personnalité, l’unité et la liberté propre servant dans l’harmonie totale. Une ère d’infinie fécondité s’ouvre dès qu’on arrive à l’harmonie et à l’unité des êtres ! Personne ne se sent plus double, dispersé, contradictoire entre ce qu’il est réellement et ce qu’il représente dans la vie publique. L’individu intervient alors dans l’État comme celui qui accomplit une fonction et non par le moyen des partis politiques, non comme le représentant d’une fausse souveraineté, mais comme possesseur d’un métier, comme chef de famille, comme membre d’une municipalité. Il est ainsi à la fois ouvrier laborieux et dépositaire du pouvoir »xxiii. Pour qu’un Etat soit souverain, il doit, nous l’avons dit, suivre un principe transcendant, suivre une vision qui le dépasse, et dans laquelle il peut entraîner les peuples qui l’ont constitué pour réaliser leur destin. Chaque individu aurait donc sa place et l’Etat ne serait plus qu’une hiérarchie dans laquelle il n’aurait qu’à s’inscrire pour participer à un projet commun métahistorique.

 

Au contraire, quand l’Etat s’en remet à la « souveraineté populaire », il ne suit plus un projet transcendant mais la trouble et inconstante « opinion ». Poursuivons avec Charles Maurras : « Où l'opinion gouverne, la spontanéité gouvernementale n'a même plus de centre, d'organe ni de lieu (…) l'État ne peut plus que flotter comme un bouchon de liège, sinon rouler comme une boule de billard »xxiv. En effet : « Il ne s'agit pas de savoir l'opinion des neuf dixièmes des Français sur les conditions du salut public, mais bien qu'elles sont les conditions réelles de ce salut (…) j'écris fort tranquillement qu'un Prince qui se croira la créature de l'opinion ne pourra pas remplir la plus difficile partie de la fonction royale, qui est d'éclairer et de diriger l'opinion au lieu de la suivre, c'est-à-dire de la contredire parfois quand le salut public le veut »xxv. Complétons avec René Guénon : « c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées, y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé ; nous ne savons plus qui a parlé de « fabriquer l’opinion », et cette expression est tout à fait juste, bien qu’il faille dire, d’ailleurs, que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en réalité à leur disposition les moyens nécessaires pour obtenir ce résultat »xxvi. Le constat de l’héritage des Lumières et de ses conséquences nous amène à poser la question de la « souveraineté populaire ».

 

L’introuvable souveraineté populaire

 

Ainsi, parlons-en, de la souveraineté populaire. Nous l’avons évoqué plus haut, nous ne croyons pas en la « souveraineté populaire », concept ambigu, reposant sur une autre idée tout aussi ambivalente : la notion de « Peuple ». Car en vérité, qu’est-ce que « le Peuple » ? L’ensemble des citoyens, donc les membres d’un corps politique défini, les membres d’une même nation, partageant une même culture, ou encore selon une vulgate gauchisante les classes populaires ? En d’autres termes, le « Peuple » est-il la Plèbe, ou le Populusxxvii ? La nuance est de taille, car en effet de cette distinction dépend le sens de la souveraineté que l’on veut faire exercer au « Peuple ». Définition politique (républicaine, citoyenne), sociale (socialisante) ou nationale (ethnoculturelle), ou encore un mélange circonstancié des trois ? Nous connaissons tous les mantras que le concept de « Peuple » alimente : « le pouvoir au Peuple ! », oui mais quel peuple ? Qu’est le peuple ? C’est là selon nous que commence le piège de l’idée d’une « souveraineté » populaire puisque un objet aussi informe et malléable que le « Peuple » ne saurait être le siège de quelque pouvoir de souveraineté que ce soit, puisque ce pouvoir nécessite, nous l’avons vu, une certaine cohérence et une certaine unicité, sans parler d’une verticalité. La « souveraineté populaire », psalmodiée par les républicains s’appuie en conséquence sur une notion volontairement floue. Sur ces bases, toute « souveraineté populaire » semble illusoirexxviii.

 

Nous poursuivrons en citant encore une fois Joseph de Maistre : « Dieu, s'étant réservé la formation des souverainetés, nous en avertit en ne confiant jamais à la multitude le choix de ses maîtres. Il ne l'emploie, dans ces grands mouvements qui décident le sort des empires, que comme un instrument passif. Jamais elle n'obtient ce qu'elle veut : toujours elle accepte, jamais elle ne choisit ». Remarque de bon sens qui souligne que jamais dans l’histoire, dès lors qu’une communauté humaine tend à prendre de l’ampleur, le pouvoir de décision n’a résidé exclusivement dans le « choix » de la masse. René Guénon, dans La Crise du Monde Moderne (1927), ne dit pas autre chose : « L’argument le plus décisif contre la « démocratie » se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins » ; cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir (…) Il est trop évident que le peuple ne peut conférer un pouvoir qu’il ne possède pas lui-même ; le pouvoir véritable ne peut venir que d’en haut, et c’est pourquoi, disons-le en passant, il ne peut être légitimé que par la sanction de quelque chose de supérieur à l’ordre social, c’est-à-dire d’une autorité spirituelle ; s’il en est autrement, ce n’est plus qu’une contrefaçon de pouvoir, un état de fait qui est injustifiable par défaut de principe, et où il ne peut y avoir que désordre et confusion. Ce renversement de toute hiérarchie commence dès que le pouvoir temporel veut se rendre indépendant de l’autorité spirituelle, puis se la subordonner en prétendant la faire servir à des fins politiques ; il y a là une première usurpation qui ouvre la voie à toutes les autres… ».

 

Le « Peuple », ne saurait donc être détenteur d’une quelconque souveraineté puisqu’il relève du domaine de la quantité (non de la qualité) de l’indistinction et du chaos. Point de vue qui, évidemment doit être relativisé par rapport à l’échelle à partir de laquelle on considère l’exercice d’une souveraineté (nous y reviendrons plus loin). De même, comment peut-on être à la fois gouvernant et gouverné ? C’est là encore une objection, et non des moindres, de René Guénon à propos de la démocratie : « Si l’on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c’est là une véritable impossibilité (…) il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants (…) mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » ». Dans ces conditions, que le lecteur n’aura pas de mal à relier à ce qu’il vit et constate tous les jours, la souveraineté populaire apparait tout au plus comme un leurre. Le principal écueil de la conception contractualiste de l’Etat, sur laquelle est fondée l’idée de souveraineté populaire réside dans le flou qui entoure son principal acteur, le « Peuple ». Benito Mussolini soulignait également qu’« avant tout, ce que l’on appelle peuple ne fut jamais défini ; c’est une entité proprement abstraite en tant qu’entité politique. On ne sait exactement, ni où elle commence, ni où elle finit. L’adjectif de souverain appliqué au peuple est une farce tragique. Le peuple tout au plus délègue, mais il ne peut exercer aucune souveraineté »xxix.

 

Poursuivons notre critique de ce concept en revenant à l’état actuel de la souveraineté. Alain de Benoist note que de nos jours « la souveraineté politique est elle-même ramenée au niveau individuel. Toute transcendance du principe d'autorité étant bannie, le pouvoir n'est plus qu'une délégation faite par des individus, dont les voix s'additionnent à l'occasion des scrutins- délégation venant régulièrement à échéance et dont le pouvoir doit rendre compte à la façon d'un président de conseil d'administration devant l'assemblée de ses actionnaires. La « souveraineté du peuple » n'est nullement celle du peuple en tant que peuple, mais celle, indécise, contradictoire et manipulable, des individus dont se compose ce peuple. Les individus étant égaux et primant les collectivités, le déracinement devient la règle. La mobilité sociale, nécessité économique, a force de loi »xxx. Il rejoint en cela la critique qu’adressait Charles Maurras, citant Joseph de Maistre, à l’idée de représentation populaire : « “On ne représente pas soi devant soi.” Maistre a bien vu cela. On envoie un autre soi-même vers quelque chose ou vers quelqu’un d’autre que soi. L’idée d’une représentation qui soit aussi souveraineté confond deux fonctions distinctes, et elle les gâche à proportion qu’elle les applique à des collectivités plus touffues et plus complexes, la question ne se posant point pour les très petites cités, faites de très petits intérêts très simples. Représenter un grand peuple au-dedans ou au-dehors n’est pas le gouverner, et rien ne le dispense d’être gouverné ». Nous ajouterons que l’idée d’une souveraineté populaire à travers la représentation du peuple par ses élus part du présupposé selon lequel l’individu serait naturellement bon. Point de vue critiquable, pour ne pas dire infondé. Benito Mussolini en son temps soulignait ainsi que « tandis que les individus tendent, poussés par leur égoïsme à l’atomisme social, l’État représente une organisation et une limitation. L’individu tend à s’évader continuellement. Il tend à se soustraire aux lois, à ne pas payer l’impôt, à ne pas faire la guerre. Peu nombreux sont ceux qui, héros ou saints, sacrifient leur propre moi sur l’autel de l’État. Tous les autres sont en instance de révolte contre l’État. Les révolutions du XVIe et du XVIIe siècle ont tenté de résoudre ce désaccord qui est à la base de toutes les organisations sociales de l’État, cela en faisant du pouvoir une émanation de la libre volonté du peuple. C’est une fiction et une illusion de plus »xxxi. Enfin comme nous le notions plus haut, malgré tous les rappels possibles, toutes les invocations de la « souveraineté populaire », force est de constater qu’elle n’existe dans les faits que d’une manière toute relative : « Vous voyez que la souveraineté gracieusement accordée au peuple lui est soustraite dans les moments où le besoin s’en fait sentir. Elle ne lui est laissée que quand elle est inoffensive ou réputée telle ; c’est-à-dire dans les moments d’administration ordinaire. Vous figurez-vous une guerre décidée à la suite d’un référendum ? »xxxii. En effet, la réaction de l’oligarchie républicaine à l’égard du référendum de 2005 montre à quel point la République sait se passer de l’avis du « Peuple ». En réalité la souveraineté populaire apparait plutôt comme l’éclatement de la souveraineté réelle, une addition des intérêts et des appétits particuliers, atomisation profitant à tous ceux qui se montrent suffisamment puissant pour s’arroger la souveraineté réelle, en dépit du bien commun. « Le myriapode démocratique a la vie trop diffuse et le sens trop obtus pour entrevoir même le principe des grandes obligations politiques. Ni il ne les observe, ni il ne les viole, et non plus que les bêtes, à vrai dire, il ne pèche »xxxiii.

 

Nous ne pouvons finalement que suivre Charles Maurras et son appréciation du problème : « Ni implicitement, ni explicitement, nous n'acceptons le principe de la souveraineté nationale, puisque c'est, au contraire, à ce principe-là que nous avons opposé le principe de la souveraineté du salut public, ou du bien public, ou du bien général. Nous ne croyons pas à la souveraineté du peuple. Nous n'y croyons pas parce qu'elle n'existe pas. Quand on la proclame, cela veut dire qu'il n'y a plus de souverain réel et que les fonctions souveraines sont désormais exercées par n'importe qui, par le premier venu, ou par le dernier, et surtout par personne : les affaires d'État sont livrées au hasard des hasards ou tombent en pleine carence » et de conclure que « le grand honneur de reconnaître et d'expier doit être réservé au type de gouvernement où la souveraineté est concentrée dans l'âme unique et dans la personne vive d'un homme ».

 

Peut-on être nationaliste, souverainiste, et européen ?

 

Nous souhaiterions clore ce texte par une réflexion, à titre de proposition, concernant les aspirations de notre mouvance au retour de la souveraineté, en posant une question selon nous cruciale pour l’avenir : la défense légitime de la souveraineté française est-elle compatible avec une perspective Européenne, ou plus encore, Continentale ? Les « néo-souverainistes » tendent à répondre par la négative : dans leurs discours, la souveraineté, et partant, la grandeur de la France est impensable dans un cadre autre que rigoureusement « stato-national ». La France se trouverait donc devant l’alternative suivante : la mort au sein de l’ « Europe » (terme à travers lequel ils désignent en réalité l’Union Européenne) ou la renaissance hors d’elle. Seulement, si nous considérons que l’Union Européenne est le tombeau de l’Europe véritable -pas d’« une autre Europe », mais de l’Europe en tant que civilisation et partant, en tant qu’acteur politique en acte- alors le combat anti-UE devient compatible avec une perspective européenne. De même, si l’on considère avec la plupart des observateurs, comme Alain de Benoist, que « la globalisation, en même temps qu’elle engendre un monde sans extérieur, où l’espace et le temps sont virtuellement abolis, consacre l’impuissance grandissante des Etats-nations »xxxiv le retour pur est simple au statu quo ante semble illusoire, tout aussi souhaitable qu’il soit.

 

En effet, que peut, de nos jours, une nation seule face aux réalités du monde global ? Charles de Gaulle lui-même, pourtant adulé des néo-souverainistes, ne l’avait-il pas vu, lui qui contre l’OTAN se tourna tant vers l’URSS (dans laquelle il voyait encore l’Empire Russe), que vers l’Europe encore en construction ? Ainsi, attachés que nous sommes à notre nation tout autant qu’à notre grande patrie l’Europe, nous devons nous de rechercher les modalités d’une renaissance commune de nos deux patries. C’est ce qu’affirmait Nasrallah Pendragon lors de son intervention aux rencontres eurasistes : « La souveraineté économique et la souveraineté territoriale sont des principes essentiels, mais l’articulation, unique et exclusive, de ces idées politiques fondamentales entre elles –et rien qu’entre elles - n’est pas suffisante pour constituer une philosophie-politique sans que ces idées soient transcendées par un principe supérieur, cette dimension métaphysique du principe de Souveraineté est occultée par les néo-souverainistes. La souveraineté n’a de sens que dans son articulation avec les principes d’Autorité, de Subsidiarité, de Verticalité, de Concentricité, de Liberté, dans leur sens traditionnel et primordial (…). Cet espoir de recouvrir une certaine « souveraineté » pour retrouver une certaine « liberté » implique, quand même, une certaine volonté de penser une certaine puissance, et penser la puissance : c’est agir (…) agir veut dire réagir et réfléchir face à la double réalité de l’émergence (Chine, Inde) et de la décroissance (effondrement de l’Occident), qui dépasse les frontières de la France et l’espace Schengen ». En effet, il semble bien que « le moment historique que nous vivons est celui de l’action locale et des blocs continentaux » (Alain de Benoist). « L’alternative devant laquelle se trouve l’Europe est en fait toujours la même : soit l’Europe, donnant la priorité à la libéralisation, épouse la dynamique d’un grand marché visant à s’élargir le plus possible, et en ce cas l’influence américaine y deviendra prépondérante, soit elle s’appuie sur une logique d’approfondissement de ses structures d’intégration politique par le biais du fédéralisme et de la subsidiarité, dans une perspective essentiellement continentale et avec l’intention de balancer le poids des Etats-Unis »xxxv. Nonobstant, à l’échelle, à partir de laquelle il faut penser l’avenir, la nation rentre dans le domaine du local. De plus, l’échelle fédérale donc supranationale n’implique pas le transfert de l’étatisme jacobin à une autre échelle que celle de l’Etat (c’est précisément ce que fait l’UE)xxxvi : « Le fédéralisme, (…) implique le rejet de toute forme d'hégémonie exercée par l'une des parties composantes, comme de toute forme de centralisation et d'homogénéisation de type jacobin. Au principe d'omnicompétence étatique, il oppose le principe de subsidiarité, c'est-à-dire de compétence suffisante. Contre le souverainisme, qui transpose l'idéal individualiste dans l'ordre international, il prône l'autonomie, c’est-à-dire la mutuelle dépendance et la souveraineté partagée. »  Il convient par conséquent de rompre avec l’idée jacobine d’Etat : « une critique de l’étatisme est nécessaire, et nous ne nous en privons pas, mais elle ne revient pas à prôner une liquidation totale de l’Etat, qui serait une validation intégrale du libéralisme triomphant et sans frontières » (Nasrallah Pendragon).

 

Certes, il peut paraître contradictoire de considérer avec un enthousiasme égal la perspective pour la France d’un retour à la monarchie, et la perspective d’une Europe de type impérial. Nous rappelons simplement qu’aux moments mêmes de grandeurs de la monarchie française d’Ancien Régime, il existait en Europe des pouvoirs de nature supranationale (le pouvoir pontifical et le Saint Empire) et que cela n’empêcha nullement à la France d’être la grande nation qu’elle est devenue par l’action de ses rois. Evidemment, nous savons que les relations avec ces pouvoirs supranationaux n’a pas toujours été harmonieux (le Saint Empire tendant au fil du temps à incarner une réalité « nationale » allemande, germanique). Ceci étant, il ne s’agit pas de tomber dans le pessimisme et de ne pas voir les moments où la coopération des pouvoirs supranationaux avec les pouvoirs temporels particuliers ont été fructueux. Ce n’est pas parce que la définition d’un équilibre doit être trouvée que le déséquilibre est fatal. Il n’est donc pas incompatible a priori de penser la coexistence de plusieurs souverainetés étagées, réparties sur des réalités politiques différentes. Seulement cet équilibre nécessaire entre le local et le global, entre le national et le continental, ne peut se penser en dehors du principe de subsidiarité. Ce principe, qui d’Aristote à Proudhon, en passant par Saint Thomas d’Aquin et Althusius, est le propre des modèles fédéraux. Selon ce principe, « la dynamique politique part d’en bas (les communes, les régions et les nations) pour ne laisser remonter vers le haut que les compétences qui ne peuvent être mieux exercées à des niveaux plus bas »xxxvii. Il s’agit en fait d’une délégation verticale du pouvoir, dans le but d’optimiser la gestion des affaires publiques. Ainsi consiste-t-il « à réserver uniquement à l’échelon supérieur ce que l’échelon inférieur ne pourrait effectuer que de manière moins efficace »xxxviii et « n’unifie qu'au niveau de ce qui est véritablement commun à tous. »xxxix La question est la suivante : comment concilier la nécessaire pérennité de l’autorité du politique avec l’autonomie, les libertés des communautés et le bien commun ? La réponse pourrait selon nous résider dans une réappropriation du sens véritable de la souveraineté. Nous avons vu que celle-ci était en Europe, de par la tradition romaine, de type « impérial » (d’imperium), et également subsidiaire, souple, pragmatique, mais verticale. L’imperium est une forme du pouvoir politique souple et forte à la fois, capable de redonner du sens à l’idée de souveraineté, et d’articuler autorité politique continentale et impériale de l’Eurasisme avec les aspirations à la conservation des autonomies et des identités nationales portées par le Nationalisme ou même le Monarchisme. A l’heure où le démocratisme, les droits de l’homme, et le libéralisme entrent dans leur phase de déclin, il nous revient d’opposer une alternative cohérente et fédératrice et à opposer l’imperium au mondialisme.

 

Le problème réside dans le fait qu’un Etat subsidiaire suppose une « citoyenneté d'un autre ordre, dont nous avons perdu l'habitude »xl. Les acteurs politiques d’une société subsidiaire sont par définition actifs, interagissant avec l’Etat, pour ainsi dire directement. Le citoyen d’une démocratie parlementaire n’est pas « actif » au sens propre du terme. L’acte de vote dans une république moderne n’est pas le signe d’une quelconque activité du citoyen. La liberté d’élire parmi une liste de candidats validés par le système celui qui gèrera de loin la province France de l’Empire financier cosmopolite, et ce sur des critères purement artificiels, est purement factice. En revanche, une société subsidiaire nécessite des groupes actifs, autonomes, conscients de leur identité, et de leur place dans un ensemble plus vaste. Rien à voir avec les sociétés d’individus atomisés des sociétés libérales-démocratiques ; une société où les différences sont nombreuses, et non en voie accélérée d’uniformisation, de nivellement par le bas. D’où la nécessité également de définir notre peuple. Dans une optique subsidiaire, les groupes seuls peuvent prétendre réellement à une certaine autonomie. Cela suppose la redécouverte des corps sociaux naturels : la commune, le village, le quartier, le métier, la région, la nation, le peuple compris comme un enracinement. Cela suppose de même une réflexion sur la notion de liberté. La notion moderne de liberté, c’est-à-dire le choix personnel des finalités dernières diffère radicalement de la définition traditionnelle de liberté, c’est-à-dire la liberté d'action et d'administration des affaires de proximité, dans le cadre d'une finalité dernière déjà donnée, et considérée comme objective –la vision que le souverain donne à suivre à ses sujets. Ce qui signifie que le «corps social» tout entier doit tendre vers le même objectif. Ce qui suppose de troquer notre notion d’intérêt général (convergence forcée d’intérêts particuliers divergents) pour la redécouverte de celle de bien commun.

 

Autant dire que la notion de subsidiarité porte en elle un potentiel politique réel, concret, pour penser l’Europe puissance, l’Europe politique contre l’Europe marché. Utilisée en corrélation avec l’idée d’Empire elle rendrait possible la pérennité des identités et des libertés locales, nationales, tout en assurant une continuité politique. Elle permettrait dans le même temps d’alléger les structures étatiques de l’Etat-Providence centralisé en déléguant les responsabilités, tout en conservant la verticalité du pouvoir. Encore faudrait-il jouer la carte du ré-enracinement et du retour sur notre longue mémoire, se détourner de l’individualisme et réapprendre l’esprit de corps, et renouer avec la notion de verticalité du pouvoir. Dans un ensemble européen subsidiaire, la France pourrait exister en tant que nation. Encore faut-il faire les choses dans l’ordre : l’Europe américaine a commencé par créer l’Europe économique, l’Europe marché. Le point de départ d’une Europe européenne, politique pourrait intervenir sur le plan géopolitique, d’une volonté commune de rompre avec le statu quo libéral et de rompre avec l’unipolarité illusoire de l’OTAN. Ce serait une première étape vers une Europe effectuant son retour sur elle-même, à partir d’une volonté des nations qui la composent de s’unir…et pour cela, ces nations n’ont d’autres choix que de retrouver leur souveraineté. Français, Européens, Eurasiens, nos destins sont liés qu’on le veuille ou non.

 

i Comprendre « République » comme « res publica », « chose publique », « Etat ».

 

ii Dans Le Prince (Il Principe), publié en 1532, Machiavel affirme que le pouvoir du prince n’a d’autre objectif que sa propre préservation. Pour la première fois en Occident, on affirmait que le pouvoir du prince pouvait se passer de se conformer à l’idéal chrétien, de la morale chrétienne et du pouvoir spirituel.

 

iii Comprendre « ménage » comme « famille ». En effet, selon Jean Bodin, l’existence d’un Etat suppose la présence préalable de familles, elles-mêmes placées sous l’autorité du Père, lui-même sous l’autorité de la puissance souveraine en ce qui concerne les affaires publiques.

 

iv Muhlmann, Pisier, Châtelet, Duhamel, Histoire des idées politiques, PUF, éd. 2012.

 

v De la lutte entre Armagnacs et Bourguignons (début du XVe siècle) aux guerres de religions jusqu’à la « République des partis », la confiscation du destin politique par des partis a toujours constitué une menace mortelle pour la France qui failli à plusieurs reprises ne jamais s’en relever, leçon de l’histoire à méditer.

 

vi Il est vrai ici encore que le contexte périlleux pour le pouvoir des rois a sans doute beaucoup joué dans le travail de Jean Bodin, qui avait connu les écrits de pamphlétaires protestants et catholiques (respectivement appelés monarchomaques et tyrannicides) justifiant la révolte et l’assassinat du roi « infidèle ». Il semble donc avoir fait le choix de la tyrannie face à l’anarchie.

 

vii Idée de nation dont la paternité a été revendiquée par les héritiers des Lumières, mais qui n’est toutefois pas nouvelle, et n’est pas un fruit du jacobinisme (il est vrai que l’on confond souvent le développement de l’Etat à l’époque moderne avec la centralisation jacobine, postérieure à la révolution). Elle est au contraire le fruit de la construction de l’Etat, en France notamment, au cours du Moyen Âge, en prenant un tournant décisif à la fin de celui-ci, s’appuyant sur un corps politique particulier.

 

viii Elles sont également grecques, certes, nous considérons cependant que le concept d’imperium romain eut dans l’Europe médiévale autant d’importance que les écrits d’Aristote, et que sa définition se rapproche le plus de ce que nous appelons « souveraineté ». N’oublions pas également que l’Empire romain, qui était hautement hellénisé, fut l’intermédiaire par lequel la tradition gréco-romaine se transmit à l’Europe médiévale.

 

ix Pour plus de précisions, nous renvoyons à notre précédent article sur ce même site : « Qu’est-ce que l’imperium ? », ainsi qu’à l’abondante littérature consacrée à l’histoire romaine.

Lien de l’article : http://lheurasie.hautetfort.com/archive/2014/06/05/qu-est-ce-que-l-imperium-charles-mallet-5385150.html

 

x Lettre du 28 Août 1917 à Roberto Michels.

 

xi Julius Evola, Les Hommes au milieu des ruines, 1953.

 

xii Idée exprimée pour la première fois par Grotius en 1625 dans son De iure belli ac paci (du droit de la guerre et de la paix). Pour Grotius, la transcendance, en politique, est subordonnée aux normes issues de la nature humaine.

 

xiii Joseph de Maistre, Considérations sur la France, 1796.

 

xiv Joseph de Maistre, Lettre à un Gentilhomme russe.

 

xv Joseph de Maistre, Du Pape, 1819.

 

xvi A. De Benoist, Les idées à l’endroit, 1979.

 

xvii Idem.

 

xviii A. Douguine, La Quatrième théorie politique.

 

xix Idem.

 

xx A. De Benoist, Les idées à l’endroit, 1979.

 

xxi Idem.

 

xxii « Il n'y a pas contradiction à résoudre, mais conséquence à remarquer, entre l'étatisme social et l'individualisme social. Un logicien qui part de la souveraineté de l'individu, et qui veut construire un État, peut mourir avant d'être sorti du moi fondamental et d'avoir élevé son système ; mais, s'il le construit, s'il le construit sur ce fondement individualiste, il ne peut concevoir ni réaliser autre chose que le despotisme de l'État. Théoriquement, son État, est le plus absolu des souverains absolus, puisqu'il est l'émanation d'un total de souverainetés individuelles incoercibles et qu'il en reçoit toutes les forces, toute l'autorité, toute la majesté. Pratiquement, étant le seul produit de ces volontés souveraines, ne pouvant tolérer de groupe intermédiaire entre l'individu et lui, cet État, tient à la merci de sa loi les personnes et les biens. Chacun se trouve seul contre l'État signe de tous, et toutes les unités peuvent être ainsi broyées tour à tour par la masse unie et cohérente des autres. Celles-ci ont droit et devoir de se faire bloc, et celle-là, devant leur coalition, ne peut en fait ni en droit que subir. » Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937.

 

xxiii Cité par Jacques Ploncard d’Assac, Doctrines du Nationalisme, 1956.

 

xxiv Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937.

 

xxv Idem.

 

xxvi René Guénon, La Crise du Monde moderne, 1927.

 

xxvii A Rome, la Plèbe, (de Plethus, ou « la multitude ») désignait une masse difficilement cernable d’individus vivant en dehors de l’organisation des Gentes (lignages aristocratiques, issu de la ruralité), il s’agissait avant tout d’artisans et commerçants. Le Populus était l’ensemble des citoyens (définition qui à Rome était autant politique qu’identitaire) qu’il soit issu ou non de la Plèbe.

 

xxviii Ajoutons que le flou qui entoure la notion de « Peuple » a tout à voir avec l’idée de contrat social, abstraction qui, de fait, rend obsolète toute définition d’un peuple en dehors de la définition politique ce qui interdit de considérer « le Peuple » comme « Un Peuple » particulier, finit et définit. On ne peut dès lors considérer son peuple comme un absolu, à l’image de la conception eurasiste (ou plus largement traditionnelle) du peuple : « C’est pourquoi quand on vous demande ce qu’est l’eurasisme, vous pouvez répondre avec assurance : ‘Il s’agit de l’amour absolu envers son propre peuple, de l’amour envers l’amour, de la compréhension du peuple en tant que valeur suprême.’» Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique. En d’autres termes, nous pouvons concevoir ce qu’est « notre peuple », avec milles nuances si nécessaire, mais pas ce qu’est « le peuple ».

 

xxix Benito Mussolini, « Gerarchia » (1924), Mussolini parle, p. 281. Cité par Jacques Ploncard d’Assac.

 

xxx A. De Benoist, Les idées à l’endroit, 1979.

 

xxxi Benito Mussolini, « Gerarchia » (1924), Mussolini parle, p. 281. Cité par Jacques Ploncard d’Assac.

 

xxxii Idem.

 

xxxiii Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937.

 

xxxiv A. De Benoist, « Quelle Europe ? », réponse à une enquête, Mai 2003.

 

xxxv Idem.

 

xxxvi « La responsabilité politique d’un Président, d’un Roi ou encore d’un Empereur, devrait être telle que trône soit vide. Que personne ne veuille être à cette place, cette fonction doit être crainte en première instance par celui qui l’incarne, les principes doivent présider, la nation, l’état, le gouvernement, les sénats, les chambres et les assemblées ne doivent exister que pour les faire respecter et appliquer. (…) La présence d’un pouvoir monarchique unipersonnel, celui de l’empereur, ne constitue pas une condition indispensable à l’existence de l’empire (…). De cette façon, nous pouvons pleinement examiner le concept d’empire indépendamment de celui d’empereur. » (Nasrallah Pendragon).

 

xxxvii Alain de Benoist, « Envers et contre tout l’Europe ! »,dans Eléments pour la civilisation européenne, Avril-Juin 2014, numéro 151.

 

xxxix A. De Benoist, « Quelle Europe ? », réponse à une enquête, Mai 2003.

 

xl Chantal Million-Delsol, Le principe de subsidiarité, Que sais-je ?, Presse Universitaire de France, 1993.

 

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15/02/2015

Du sens des mots : Autorité (Charles Horace)

 Ou « éloge de l’autorité »

 

"On ne saurait souhaiter d'affirmations plus nettes, et cette philosophie politique a, du moins, le mérite d'être claire. Elle érige l'objection de conscience en devoir. Elle impose le refus d'obéissance. Sa haine des Etats militaires est telle qu'elle détruit l'Etat tout entier. Ce qui était l'honneur et le drame du soldat est nié par elle en une seule phrase. Cette grandeur de la discipline est rayée d'un trait de plume. L'honneur des hommes, qui est un honneur de serviteur et de fidélité, l'honneur tel qu'il est écrit dans nos consciences depuis le premier serment prêté à un souverain, cet honneur-là n'existe plus, il n'est pas inscrit dans le manuel d'instruction civique. Seulement nos savants juges n'ont pas vu qu'en détruisant la forme monarchique de la fidélité, ils détruisaient toutes les patries : car il n'est pas de régime qui ne repose sur le contrat de service, il n'est pas de souveraineté autre que monarchique, et les républiques elles-mêmes ont imaginé l'expression de peuple-souverain.

Désormais, cette conscience claire du devoir, l'ordre du souverain est déchue de sa toute-puissance. L'indiscutable, le certain est aboli partout. L'édit placé sur le mur n'a plus d'autorité, l'obéissance au magistrat est affaire de circonstance. Il n'est plus permis à personne de dire : la loi est la loi, le roi est le roi. Tout ce qui était clair, tout ce qui nous permettait de mourir tranquilles est atteint par ces phrases absurdes. L'Etat n'a plus de forme. La cité n'a plus de murs. Un souverain nouveau, sans capitale et sans visage, règne à leur place désormais. Son tabernacle est un poste de radio. C'est là qu'on entend chaque soir la voix à laquelle nous devons obéissance, celle du super-Etat qui a la primauté sur la patrie. Car la phrase écrite par les juges en leur Jugement est claire, elle ne laisse point place à l’équivoque : si la conscience de l'humanité a condamné une nation, les citoyens de cette nation sont déliés de leur devoir d'obéissance, et non seulement ils en sont déliés, mais ils doivent agir contre leur propre pays (…).

Ainsi, en cet endroit de l'analyse, on découvre que tout s'épaule et se tient. Nous ne sommes plus les soldats d'une patrie, nous sommes les soldats de la loi morale. Nous ne sommes plus les citoyens d'une nation, nous sommes des consciences au service de l'humanité. Tout s'explique alors. » Maurice Bardèche, Nuremberg ou la terre promise, 1948.

 

Pour long qu’il soit, cet extrait du Nuremberg ou la terre promise de Maurice Bardèche est fondamental. Il explique la défiance contemporaine pour la notion d’autorité confondue spécieusement avec celle d’autoritarisme. La repentance obligatoire consécutive au procès de Nuremberg participe de cet opprobre jeté sur l’idée d’autorité. Les régimes vaincus en 1945 furent des régimes autoritaires : mort à l’autorité ! Cet interdit ne touche pas que l’autorité politique. Ce qui toucha l’Etat ne pouvait pas ne pas toucher le Père, le Prêtre, ou le Professeur entre autres supports traditionnels de l’autorité. Et que dire de l’armée, réduite un peu plus chaque année à la portion congrue ? L’évolution de nos sociétés libérales-libertaires a fait le reste. Si bien que l’on retrouve une allergie à la verticalité y compris chez certains « opposants au système ». Le pouvoir de l’oligarchie est facilement assimilé au « Pouvoir », avec une grand « P ». L’opposition à l’oligarchie devient alors le rejet de toute autorité, de tout pouvoir. Paradoxe grave ! Car l’abolition de tout interdit, de toute autorité exceptée celle du marché, de tout pouvoir en dehors de celui de l’argent est exactement le projet libéral porté par le système oligarchique. L’ « horizontalisation » des relations en dehors des domaines réservés de la finance est une arme de la subversion. Il est en effet plus aisé de manipuler et d’imposer ses vues à une Plèbe (de Plethor, la masse) qu’à des Gentes (des groupes ou lignages aristocratiques hiérarchisés).

 

Selon le dictionnaire Larousse, le terme « autorité » désigne le « pouvoir de décider ou de commander, d'imposer ses volontés à autrui. Ensemble de qualités par lesquelles quelqu'un impose à autrui sa personnalité, ascendant grâce auquel quelqu'un se fait respecter, obéir, écouter. Crédit, influence, pouvoir dont jouit quelqu'un ou un groupe dans le domaine de la connaissance ou d'une activité quelconque, du fait de sa valeur, de son expérience, de sa position dans la société… ». Elle est, en somme, la capacité de se faire obéir avec le consentement de celui qui obéit. Il existe donc une parenté évidente avec le concept d’Imperium que nous avions traité dans un précédent article. Toutefois, l’autorité comme principe n’est pas une fin mais un moyen, le moyen du bon exercice du pouvoir, de l’Imperium et du bon fonctionnement de la Res Publica. « Le pouvoir ne peut se satisfaire de son exercice brut, il lui faut le renfort de l’autorité. Ce renfort est spirituel, comme le montre l’usage du mot qui s’applique aussi à des textes – ceux qui font autorité », pour Dominique Lecourt (philosophe, dans Cahiers Croire n°277, 2012).

 

La problématique de l’autorité dépasse cependant le domaine purement politique. Quand nous réfléchissons à ce que l’on appelle pudiquement les « problèmes de sociétés » mais qui sont autant de symptôme du déclin de l’Europe, nous nous retrouvons presque automatiquement devant le problème suivant : à supposer que l’on trouve des remèdes aux maux de nos sociétés, il manquerait toujours une force pour les mettre en place. Sans restauration d’une verticalité difficile à remettre en cause –car remises en causes toujours il y aura- impossible de penser une refondation. De l’insécurité au harcèlement scolaire, de la mise en place d’une politique localiste, corporatiste, protectionniste, à la reprise en main des banques, en passant par la récidive, rien ne se fera sans recours à l’autorité, sans que l’action refondatrice ne puisse s’appuyer sur un principe vertical qui la justifie.

 

Par conséquent, poser la question de l’autorité revient à poser celle de la légitimité. Selon le sociologue allemand Max Weber la légitimité d’une autorité repose sur trois piliers. Le premier pilier est la tradition, issue de l’héritage historique des peuples (l’autorité du Père, du Prêtre, du Maître et du Roi dans les sociétés traditionnelles). Elle pérennise les édifices politiques. Le deuxième pilier est le charisme, qui assure également l’autorité à travers les qualités reconnues d’une personne. La source du pouvoir est ici la fama facti, l’autorité reconnue à une personne du fait de ce qu’il a accompli.Reste, enfin, la compétence, elle aussi reconnue par le groupe. Un pouvoir n’est donc juste que quand sa légitimité est reconnue. Il n’est légitime que quand il œuvre pour le bien commun, autrement dit, quand il permet à la communauté de croître en différents domaines. Ainsi : « Celui qui a autorité sur moi doit augmenter mes connaissances, mon bonheur, mon travail, ma sécurité, il a une fonction de croissance. La véritable autorité est celle qui grandit l’autre » (Michel Serres, philosophe). L’autorité n’est donc souhaitable et acceptable que dans le seul cas où elle permet d’apporter quelque chose de plus à la personne ainsi qu’au groupe. Autoritas est en effet dérivée du verbe augere, qui signifie augmenter. Cette conception de l’autorité, participe de ce que Charles Maurras appelait l’ « inégalité protectrice » dans sa politique naturelle. L’être humain étant par nature vulnérable, et ne disposant pas de toutes les compétences requises pour sa survie, en tant qu’animal politique, a besoin de vivre en communauté. Cette vie en communauté qui de par sa complexité nécessite un principe organisateur, structurant. Ce principe organisateur prend la forme de l’Etat qui exerce son pouvoir en vertu de son autorité. Nous citerons Julius Evola (L’arc et la massue) : « Dès les temps antiques on a reconnu qu'il existait une analogie entre l'être humain et cet organisme plus grand qu'est l'État. La conception traditionnelle de l'État - conception organique et articulée - a toujours reflété la hiérarchie naturelle des facultés propres à un être humain au plein sens du terme, chez lequel la partie purement physique et somatique est dominée par les forces vitales, celles-ci obéissant à la vie de l'âme et au caractère, tandis qu'on trouve au sommet de tout l'être le principe spirituel et intellectuel, ce que les stoïciens appelaient le souverain intérieur, l'egemonikon. En fonction de ces idées, il est évident que toute forme de démocratie se présente comme un phénomène régressif, comme un système dans lequel tout rapport normal est renversé. L'egemonikon est inexistant. La détermination vient du bas. II y a carence de tout centre véritable. Une pseudo-autorité révocable et au service de ce qui est en bas - à savoir l'aspect purement matériel, « social », économique et quantitatif d'un peuple - correspond, selon l'analogie signalée plus haut, à la situation suivante dans le cas d'un être individuel : un esprit et un principe spirituel qui n'auraient d'autre raison d'être que de représenter les besoins du corps, qui seraient en somme au service de celui-ci. »

 

En guise de conclusion, nous souhaiterions soumettre à la réflexion du lecteur à une dernière réflexion d’Evola : « On sait que Platon disait qu'il était bon que les individus ne possédant pas de maître intérieur en trouvassent au moins un en dehors d'eux-mêmes. Or, à tout ce qui a été présenté comme la « libération » de tel ou tel peuple, mis au pas en réalité, parfois même en recourant à la violence (comme après la Deuxième Guerre mondiale), pour jouir du « progrès démocratique » qui a éliminé tout principe de souveraineté, d'autorité véritable et d'ordre venant d'en haut, correspond aujourd'hui, chez un grand nombre d'individus, une « libération » qui est élimination de toute « forme » intérieure, de tout caractère, de toute droiture ; en un mot, le déclin ou l'absence, chez l'individu, de ce pouvoir central que les Anciens appelaient egemonikon. Et ce, non seulement sur le plan éthique, mais aussi dans le domaine des comportements les plus quotidiens, sur le plan de la psychologie individuelle et de la structure existentielle. Le résultat, c'est un nombre toujours croissant d'individus instables et informes, c'est l'invasion de ce qu'on peut appeler la race de l'homme fuyant. (…) La place où devrait trôner le « souverain intérieur », éventuellement pour opposer la pure loi de son être à toute loi extérieure, à toute hypocrisie et à tout mensonge (Stirner, Nietzsche, Ibsen), cette place est vide. On vit au jour le jour, de manière stupide somme toute. D'où, dans les rares moments de prise de conscience, le dégoût et l'ennui. Absence d'autorité, de vrais chefs, à l'extérieur, dans le domaine de l'État - et absence de forme intérieure chez les individus : les deux choses sont solidaires, l'une corrobore l'autre, au point de faire penser qu'il s'agit peut-être de deux aspects différents d'un phénomène unique de nos temps évolués et démocratiques.» (Julius Evola, L’arc et la massue).

 

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Autres articles de Charles Horace :

- Qu’est-ce que l’Imperium ? 

- Race et Racisme

- Le principe de subsidiarité

- Res Publica et République moderne

- Les valeurs héroïques européennes chez Homère : L’Iliade

 

28/01/2015

Du Front de la Foi (Version 2015)

 

(Essai en cours de mise-à-jour...

 

Nous nous efforcerons de reformuler la question du « Front de la Foi » le plus clairement et d'y revenir aussi souvent que possible ; si nous pouvons essayer de nous poser au mieux cette question, nous ne pouvons pas l'imposer dans le débat et ensuite y répondre seuls, ce pourquoi nous retravaillons cet article fleuve plutôt que de démultiplier les notes sur le Front de la Foi.

 

Mais, en préambule, nous pensons qu'il est nécessaire d'insister sur quelques points pour définir le cadre de notre exercice, exercice de critique positive dans lequel s'inscrit notre interpellation ; « critique positive » des différentes « familles de pensée » qui traversent la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle et de leurs « grandes orientations », et, « interpellation » d'un militant du quotidien qui s'adresse à la Génération Dissidente ; autrement dit, l'écrasante majorité des « chefs de file », des « cadres » et des « militants » de la Dissidence étantuniquement dans l' « opposition au système »– c'est-à-dire, se concentrant exclusivement à produire, diffuser et valider les essais d'établissements de constats de faillite du monde moderne, les entreprises de réinformation, les projections sur tableau noir, les listes de faits factuels, les vidéos pédagogiques et pratiques sur les solutions techniques et locales pour améliorer le quotidien, les vidéos de vulgarisation par l'humour au « format youtube », en bref, participant principalement au travail de réinformation, d'indignation et de contestation, nous avons choisit de nous concentrer sur le travail d'auto-critique de notre réseau et, plus largement, de critique positive de la Génération Dissidente.

 

Premièrement, nous pensions partir d'un postulat simple – mais sur lequel il est pourtant difficile de se mettre d'accord ; ce pourquoi nous nous targuons de cette mise en matière qui pourra paraître laborieuse à certains, mais elle répond à une nécessité –, faisons court, un mouvement social qui existe de fait peut donc être observé, théorisé, d'autant plus facilement quand on lui attribue une « avant-garde » et des « cadres » naturellement désignés et suivis par un nombre significatif de personnes ? Et, qu'à partir du moment où il peut-être observé (en effet, s'il n'y a rien a observé, il n'y a pas de sujet, mais dans ce cas, on doit admettre que ce mouvement social n'existe pas, s'il n'existe pas, alors, il est légitime de vouloir qu'un mouvement social qui lui, existera, émerge), il peut être analysé d'un point de vue sociologique, identifié d'un point de vue idéologique, travaillé d'un point de vue philosophique, interprété d'un point de vue métaphysique, pour résumer, nous ne pensons pas qu'il soit discutable que l'entrée dans le XXIème siècle, préfigurée par l'avènement d'Internet et « terminée » avec le 11 Septembre 2001, a engrangé une nouvelle forme de mouvement social (traversé, certes, de différents courants comme le sont tous les mouvements sociaux, toutes les familles de pensée) qui, en France, s'est constitué et s'est particulièrement fait remarqué sous le nom de « Dissidence » (ce qui ne posait de problème à personne de 2005 à il y a peu), c'est un fait, et les militants du quotidien qui suivent, regardent, écoutent, lisent, observent, et qui se déplacent depuis cinq, dix, quinze ans, savent qu'en valeur absolue il est pertinent de parler de « Dissidence », on peut le déplorer et considérer que ce mouvement social s'est construit aux détriments d'un autre mouvement, mais dans ce cas, on doit se démarquer, et pour se démarquer, nous devons être capables de définir le mouvement social que nous contestons et définir la vision du monde que nous lui opposons, qui peut aussi se définir non pas contre ce mouvement social mais pour une autre vision du monde (un mouvement social portant nécessairement une certaine vision du monde ; qui peut relever du mythe ou de l'utopie), dans tous les cas, nous ne pouvons pas faire l'économie de nommer notre famille pensée et savoir où nous habitons sans avouer que l'on ne pense pas et que l'on est perdu, éventuellement, que l'on se fait juste plaisir...

 

Deuxièmement, la « Dissidence » s'inscrit dans un champ d'étude plus large, elle s'intègre dans ce que nous appelons la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, par ses prises de positions, sa méthode et sa stratégie, elle incarne une certaine voie, un courant de cette convergence, mais c'est précisément parce que nous n'essentialisons pas l'appellation de « Dissidence » que nous considérons qu'elle est également un champ d'étude à part entière, et c'est exactement parce que la « Dissidence » n'est pas un bloc monolithique qu'il est intéressant de comprendre les différents courants qui la traversent, pour mieux comprendre les interactions entre ses différents courants et les différents courants de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle.

 

Troisièmement,que les essayistes de la « Dissidence » n'aient pas encore essayé de jeter les bases d'une théorie politique et préfèrent démultiplier les constat de faillite du Monde Moderne ne nous empêche pas de constater leurs orientations et de retirer de ce constat les grandes lignes qu'ils partagent et défendent, de noter les références, qui inclinent une politique, qui désignent une certaine idéologie, et le vecteur pour réduire la « Dissidence » a sa plus simple expression est la « théorie de la triple sortie » ; « sortie » de l'UE, de l'Euro, de l'OTAN ; sur une base « patriote » et « socialiste » que l'on peut abusivement qualifier de « nationalisme-républicain » (abusivement parce que le terme « nationalisme » ne convient pas à la « Dissidence »), mais que nous qualifions nous de « néo-souverainisme », qui est davantage précis que le terme « Dissidence » et qui permet de souligner qu'il s'agit bien d'une famille de pensée au même titre que l'Eurasisme et pas d'une espèce d'axe du bien « idéologiquement neutre » qui surplomberait la convergence prérévolutionnaire du XXIème sans écrire sa « prophétie »,sans théoriser sa part de Quatrième théorie politique et sans remettre en question sa grille de lecture au-delà de sa critique du système.

 

Dans la Dissidence, au sens générique du terme (néo-souveranisme), l'idée de Front de la Foi était une idée cosmétique ; certains l'ont balayé d'un revers de la main, d'autres, après s'en être servis de marche-pied, en ont fait un fond de commerce ; une idée à vocation décorative, autrement dit, une idée spéculative, aujourd'hui totalement abandonnée, rentabilisée par les marchands du Temple, un slogan sur un tee-shirt, avant Ché Guévara, aujourd'hui le Christ...

 

Le Front de la Foi n'existe pas – le vote PS est toujours fort chez les musulmans ; l'abstention des croyants est passive ; et, par exemple, la manif pour tous n'a pas fédéré les religions justifiées – , même pas son idée, à peine sa question, par contre, l'opposition nécessaire au dysfonctionnement rentable du Libéralisme triomphant entre les religions justifiées et au sein de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle existe bel et bien en bien ou en mal.

 

En réalité, le Front de la Foi, qui n'est autre que l'endroit de réflexion politique(dont l'envers métapolitique relève de l'idée persistante de Révolution conservatrice, ou contre-révolution, l'idée de synthèse des concepts primordiaux et cycliques de Tradition et de Révolution) où s'accomplit l'idée de Quatrième voie, existe de facto, et a,d'une façon ou d'une autre, un rôle à jouer dans les futures articulations des idées métapolitiques du XXIème siècle.

 

Dans les faits, il y a plus de pratique que de théorie, de notre côté, nous avons eu peu de retour en terme de correspondance politique sur le sujet (et nous avons finalement trouver très peu de chose sur la notion de « Front de la Foi » pourtant manipulée par nos milieux), mais nous avons tous des retours d'expériences réelles (collectives, individuelles et personnelles) sur le terrain et au quotidien autour de cette idée, et la question du « Front de la Foi » est une question biaisée parce qu'elle est reliée à la question migratoire et au phénomène de l'islamisation que certains placent avant la question de l'immigration, de l'américanisation, de l'influence israélienne dans la politique française, de l'idéologie du progrès et de notre propre Tradition.

 

Les retours d’expériences dont nous parlons ouvriront sur un troisième opus où nous essayerons de vous mettre à contribution pour ceux qui accepteraient de répondre à quelques questions et d'éventuellement répondre spontanément à nos écrits sur le sujet (à la suite de Précision sur le Front de la Foique nous allons également nous attacher à mettre à jour – et que nous appellerons, Retour sur le Front de la Foi), nous nous sommes contentés ici d'éclaircir le propos, mais comme nous avons coutume de le dire : Les idées n'attendent pas, et La réponse sera métapolitique !

 

Nous pensons qu'il est décisif de se réapproprier cette question immédiate, comme nous pensons que l'éviction de cette question du champ métapolitique n'est pas due au hasard, ainsi qu'il a prit une nouvelle dimension depuis les récents attentats...)

 

 

« Si tu n'existes pas, comment veux-tu mener quelque guerre que ce soit ? Il n'est qu'une seule guerre. Depuis la Défaite, jamais le soleil ne s'est plus levé. Plus une seule fois. Ne crois pas qu'il soit simple de faire la guerre. Ni la guerre, ni l'ennemi, ni le faux ami ne suffisent à mener, à déclarer, à combattre une guerre. Ne crois pas non plus qu'il soit si simple que le soleil se lève. Fais que le soleil se lève. Alors seulement, la guerre reprendra. Alors seulement, tu seras invité à danser la danse de la guerre. »Olivier Mathieu, Châteaux de sable, pp. 250-252, aux Éditions des Aprems

 

Qu'est-ce que le « Front de la Foi » ?

 

« Étymologiquement, le terme de foi provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh, « avoir confiance ». » wikipédia

 

« Le mot « foi », dans la Bible, est l'un des mots utilisés pour décrire l'attitude de l'homme devant Dieu. Il est traduit par le latin fides et le grec pistis qui ont le sens premier de « confiance », et ne sont donc pas des mots du vocabulaire religieux, ni du vocabulaire de la croyance. Ces mots sont eux-mêmes la traduction de termes hébreux qui dérivent de la même racine aman, un radical qui évoque la solidité, la fermeté. La foi biblique est donc d'abord affaire de confiance en Dieu, avant de concerner une croyance ou un contenu dogmatique : voir par exemple 1 Samuel 3,20. » wikipédia

 

« Dans l'islam, la Foi Al-Îmâne signifie littéralement : « connaissance, croyance et conviction sans aucun doute possible ». C'est la base de l'islam. » wikipédia

 

L'idée « grivoise »de Front de la Foi s'est évaporée entre les concepts « paillards »de Réconciliation et de Remigration.

 

Pour dire ce que le Front de la Foi n'est surtout pas, nous pensons que cette idée n'est pas périphérique à ce que l'on appel le « dialogue inter-religieux », ni ne s'entremêle à l'idée d'œcuménisme qui regarde les institutions officielles, et nous disons cela sans déférence, ce que nous voulons absolument quand nous visitons cette idée, c'est éviter toute notion de syncrétisme.

 

Le Front de la Foi est une idée désormais « libre de droit », au potentiel inexploité, totalement abandonnée par la Dissidence mainstream, et sur laquelle nous pouvons donc à nouveau nous concentrer. Une idée qui n'est pas si compliquée ou difficile d'accès, mais qui participe d'un choix, d'une volonté intérieure et qui est, certes, complexe a réaliser sur le terrain du réel, à coordonner et rendre opérative, car les individus et groupes concernés ne veulent pas, ou éprouvent quelques difficultés, à appréhender que cette idée ne peut en aucun cas reposer sur l'idée recommencée d'un débat scolastique et exotérique sans fin, mais repose sur l'idée strictement contraire qui est exactement de dépasser le cadre du « dialogue inter-religieux » classique par une volonté suprarationnelle de « Croisade contre le Monde Moderne », autrement dit et en valeur positive : Pour le Monde de la Tradition, c'est simplement l'idée qu'une alliance des croyants, une alliance de ceux qui ont la Foi, est nécessaire face au Progrès « comme volonté et représentation ».

 

Une Religion, même si elle a une vocation universelle, est forcée de constater ses propres variantes et son enracinement particulier à un endroit donné, à une topologie, la France est la « Fille aînée de l’Église » précisément parce qu'elle est la France et pas un autre pays, le problème de la supériorité morale d'une Religion par rapport à une autre, qui est le grand jeu actuel de tous les médias confondus, est dépassé par l'idée de Front de la Foi qui combattra en France pour une France catholique et en Iran pour un Iran chiite. La question du Front de la Foi n'est pas plus compliquée à formuler au Moyen Orient qu'en Europe, elle est la solution, elle nous semble davantage compliqué pour les États-Unis, si le laïcisme est une religion républicaine, une certaine laïcité d'ordre traditionnel et « très catholique » est une évidence au Moyen Orient (Liban).

 

Nous comprenons que le concept authentiquement révolutionnaire de Front de la Foi est incompréhensible pour un national pragmatique ou un matérialiste marxiste, qu'il est politiquement inaudible de l'extrême droite à l'extrême gauche du néo-souverainisme, qu'il est inaccessible aux dissidents athées et agnostiques (« agnostiques » comme le sont aujourd'hui la plupart des croyants, sans gnose, sans foie intérieure) animés par la « haine du secret »(et au-delà, par la « haine de l'ésotérisme »), et nous pensons que l'impossibilité de démocratisation ; de massification ; de ce concept, est quelque chose de positif, le concept de Front de la Foi est un concept qui nous permet de réfléchir la Révolution traditionaliste sans nous encombrer du relativisme des groupes à mentalité primitive.

 

Le Front de la Foi n'a donc pas de vocation électoraliste, de vocation massive, l'idée de Front de la Foi permet de penser et prononcer la Révolution et la Tradition en dehors de l'Arc républicain des partis, des loges et des lobbys,du cadre démocratique et de la borne laïque (à l'heure où le « Charlisme » devient obligatoire) ; l'idée de Front de la Foi est une idée souterraine, c'est-à-dire que le Front de la Foi est une voie intérieure, la voie des catacombes, discuter de la nécessité ou de la relativité du Front de la Foi, concevoir le Front de la Foi comme un projet politique, est une erreur fondamentale, le Front de la Foi n'est pas un parti politique, une loge crypto-maçonnique, un lobby de pression économique ou une forme d’événement d'un jour, c'est un esprit, un esprit intérieur, c'est se reconnaître au sein d'un Ordre.

 

Le Front de la Foi, c'est une condition, la condition sinequanone, quasi métaphysique, pour une résistance objective au Monde moderne trop moderne ; la puissance justicielle et immédiate qu'une telle alliance peut porter et assumer en terme de révolution, de contre-subversion, ne peut pas avoir d'équivalent dans les « alter-trucs »et les « néo-machins »que nous sert la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle.

 

Les idées de Réconciliation et de Remigration n'entrent pas en conflit avec le réel, elles l'accomplissent, leur antagonisme (presque « naturel » si elles n'étaient pas des idées synthétiques)nourrit la possibilité de guerre civile plus qu'elles ne cherchent à l'éviter, l'interaction entre cette double idéologie ; cette idéologie « RER », nous semble réunir les conditions d'un dualisme dialectique qui va exactement dans le sens d'un certain communautarisme de séparation sur un même territoire ; l'assimilation « à l'anglo-saxonne » ; que les atlantistes souhaitent voir s'installer en Europe –  conception qui n'a aucun sens du point de vue traditionaliste du Front de la Foi –,dualisme qu'Alain Soral et Laurent Ozon réfutent (Moins Ozon que Soral d'ailleurs), dualisme franco-français qui a pour fonction géopolitique d'entretenir le statu-quo du Rimland Européen sur la question géopolitique du choix de l'atlantisme ou de l'eurasisme, ce pourquoi ils bricolent un néo-souverainisme incapacitant, ces idées rejoignent le nouveau fantasme républicain, ou utopie démocratique,de réenchantement par internet, d'éveil par la réinformation et d'émancipation via des nostalgies progressistes ; obsessionnelles, tel le national-socialisme. Les seuls « nationalistes » que nous reconnaissons sont les « traditionalistes », la France était une Nation, un « état régalien », un Imperium, quand elle était un Royaume, une Monarchie, quand elle était la France, tout prendre de son Histoire ne veut pas dire tout garder et tout maintenir en l'état, rétablir des principes ne veut pas dire revenir en arrière...

 

« Quasi métaphysique », bien que, beaucoup moins mystique qu'il n'y parait, le fameux pragmatisme dont les nationaux-républicains nous rabâchent les oreilles nous apparaît participer davantage d'une pensée magique ; politiquement messianique, irrationnel, voire infondéquestion d'espace et de temps ; de vitesse de la subversion, en terme d'accès rapide à une certaine puissance (les européano-bolcheviques et les géronto-jacobins ne pensent pas la puissance : ils comptent sur la psychologie réactionnaire des  foules pour accomplir leur volonté politique-politicienne, en d'autre terme, ils précisent d’emblée être dans l'exercice de la manipulation électorale, être le miroir du mainstream politico-médiatique, et donc, d'utiliser ses méthodes, sa méthode unique et exclusive, méthode que nous avons abordé dans l'article De la méthode(et sur laquelle nous revenons dans un article en cours de rédaction), pour résumer ils se refusent l'accès à une topologie immédiate de leur utopiepuisqu'ils ne pensent pas en terme de mythe ; et que l'utopie c'est précisément l'absence de topos – ; que l'idée finalement traditionnelle de Front de la Foi, d'Ordre, de Chevalerie, surtout d'un point de vue français, et davantage si nous pensons à la nécessité de réunir « paganisme » (au sens noble, paysans, du terme, de la foi païenne, nous ne parlons pas du néo-paganismeet de ses différentes moutures new-age et libertaires), catholicisme, orthodoxie et un certain Islam pour résister à l’interprétation néo-souverainiste du concept absolu « Vladimir Poutine », du Grand Gaullisme et de l'Eurasisme (comme théorie politique, philosophie, topologie, mythe et épistémologie de l' « Empire Eurasiatique de la Fin » comme destin, volonté et puissance), en effet, les néo-souverainistes, d'une manière générale, mettent le Grand Soir et la Parousie sur le même plan, mais la théologie politique socialiste, le « nietzschéisme de gauche » (nous cherchons un ou des ouvrages sur ce sujet précis...), ne remet pas en cause la théologie prophétique traditionaliste dont elle n'est qu'un très pâle copier/coller, en effet, la « théologie de la Libération » développée par cette nouvelle gauche dissidente exprime un messianisme inversé : un sens de l'Histoire, nous autres, eurasistes, parlons de cycle, leur « sens de l'Histoire » est linéaire, ce qui nous renvois d'ailleurs et étrangement à quelque chose de très similaire dans la méthode, les kabbalistes développent une certaine mystique qui veut qu'ils singent la Sainte-Trinité pour mieux s'en moquer, nous avons la même sensation avec les néo-souverainistes quand il se revendiquent de la Tradition, mais du point de vue du matérialisme marxiste : le « Communisme primordial » de Francis Cousin et le « Christ révolutionnaire » de Chavez illustrent, selon nous, le liens ténus entre l'aile gauche du néo-souverainisme et les occultes Lumières...

 

Jouons à trouver Voltaire, qui est Voltaire aujourd'hui dans la Dissidence emblématique, officiel et mainstream? (Et ne nous dites pas BHL !) Autrement dit, quelle tête d'affiche de la convergence prérévolutionnaire franco-française est le Voltaire du XXIème siècle ? Répondre à cette question peut changer toute la perspective de cette illusion et dévoiler ses arrières-plans ; le monde superposé des écrans plats est un monde en 2D, il faut ici comprendre que toute illusion a besoin, soit d'un fond noir (ou vert ; quand il s'agit d'effets spéciaux), ou d'une autre forme d'occultation, d'une perspective, nécessaire pour accomplir le tour, difficile à définir, qui a toujours la même fonction, mais n'a plus besoin d'une scène et de coulisse pour s'accomplir, dans les deux cas : « La réalité c'est la perspective », autrement dit, la réalité augmentée c'est la dimension diminuée, car si l'on suit ce raisonnement, internet n'ajoute pas une dimension, n'augmente pas la réalité, mais la diminue, une « révolution » ne peut pas s'accomplir en 2D, un jeu vidéo en 3D est toujours du 2D pour la réalité, c'est une illusion de 3D...

 

Insistons, le Front de la Foi n'est donc pas un lieu de débat scolastique, un endroit pour discuter uniquement et exclusivement de ce qui divisent en matière de Religion(ces problèmes étant souvent dépassés par la Tradition qui remet l’Église au milieu du village et de surcroît l'oriente), ou un espace pour opérer des syncrétismes, pour tester des mélanges, c'est important de le répéter, et d’appliquer ceci lorsque nous pensons le Front de la Foi... La révolution ne sera pas télévisée, elle ne le sera pas davantage grâce à Internet, le Front de la Foi n'a pas sa place sur les réseaux sociaux, mais dans le pays réel.

 

« Entre l'esprit religieux, au vrai sens du terme, et l'esprit moderne, il ne peut y avoir qu'antagonisme. » René Guénon, Orient et Occident

 

Géopolitique de la « Croisade »

 

L'idée de coupler géopolitique et « croisade »pour générer de la puissance est forcément sujet à débat, un débat sans issue, hermétique à tout échappatoire.

 

Pour aborder ce débat, il faut replacer l'idée de « croisade » dans le contexte géopolitique actuel (monde multipolaire) et considérer la post-modernité (post-libéralisme paradigmatique), nous utilisons le mot « croisade » pour souligner l'essence traditionaliste de notre combat, mais nous parlons de « Croisade contre le Monde Moderne », concept qui ne relève pas de la « guerre de religion » – la réduction matérialiste, post-marxiste, de la « croisade » à une « guerre de religion » étant déjà abusive –, car précisément, le mot « croisade » pourrait être remplacer par le concept de « Front de la Foi », cela dit, c'est aussi pour cela que le Front de la Foi n'est pas à proprement dit une alliance des religions mais une alliance de personnes qui ont la foi et qui partagent une certaine vision traditionnelle du monde, nous opposons le concept de « croisade » au concept de « reconquista » qui relève davantage, dans l'esprit, de l'idée de « guerre de religion » ou de « civilisation », ensuite, il est question d’intégrer les concepts théologique et politique de messianisme et d'eschatologie, et, pour terminer, de distinguer deux formes irrémédiablement opposées d'eschatologie, pour résumer, l'eschatologie judéo-protestante selon George W. Bush et l'eschatologie au sens primordial du terme, au sens du Déluge et de la Chute, selon, et par exemple, Alexandre Douguine et le Sheik Imran Hossein...

 

« Messianisme » – la prophétie – et « eschatologie » – la parousie ? – vont, selon nous, de paire ; en effet et d'une certaine façon, l'eschatologie annonce, paradoxalement, toujours un début et non une fin, et ce, de l'Edda à l’Évangile de Saint-Jean, ce qui nous renvoi à l'étymologie du mot « apocalypse » ; un voyage jusqu'au bout de la Nuit.

 

Le messianisme politique de l'idéologie néo-souverainiste dont nous parlions développe une eschatologie auto-réalisatrice que nous pourrions qualifier d'une eschatologie du statu-quo, ce qui rejoint l'idée géopolitique du Rimland, en effet, la géopolitique est un billard à trois bandes, les pays du Rimland, dont la France, ont, disons, leur propre théologie géopolitique,partagée entre Terre et Mer, et, de par cette position géographique sur le globe terrestre, ont « naturellement » le choix (ce qui est finalement un certain avantage pour l'Europe) entre les deux concepts géopolitiques ultimes de Thalassocratie et de Tellurocratie, ce qui en fait des acteurs majeurs et à part entière.

 

Les pays du Rimland ont le pouvoir de faire basculer la géopolitique mondiale du côté de la théorie du monde multipolaire eurasiste (de l'axe Paris-Berlin-Moscou) ou du côté du multilatéralisme atlantiste (de l'axe « la City »-Wallstreet-Tel Aviv Stock Exange), le monde multipolaire des effondrements et des émergences est une réalité comme l'est la mondialisation sauvage, mais, comme nous pouvons combattre le mondialisme, nous pouvons combattre le multilatéralisme (qui est, pour résumer, l'organisation unipolaire du monde multipolaire)...

 

Il ne s'agit donc pas, pour les pays du Rimland, de soumettre une souveraineté qu'ils n'ont plus à une puissance plutôt qu'à une autre, il s'agit de faire un choix, de décider d'une Orientation, de faire synthèse pour faire front.

 

Être dotée d'une Force navale ne fait pas d'un empire une puissance thallasocratique, la « thallasocratie » est d'abord un esprit, l'esprit d'un « système-monde », une philosophie-politique comme peut l'être l'Eurasisme, prenons un autre exemple, l'Occident, en valeur « négative », est un principe « d'obscurcissement du Monde » (et, en valeur « positive », de dormition) avant d'être un concept strictement géographique et localisé...

 

« Jésus Christ, en qui Amour et Charité s'identifient, et de quelle manière incendiaire, et plus spécialement dans le mystère impériale de son Sacré-Cœur Ardent, dans l'Incendium Amoris, apparaît ainsi comme Empereur dans l'éternité du Regnum Sanctum, en qui le visible et l’invisible, l'histoire et l'éternité également christologiques sont appelés à s'identifier sans cesse, et à se révéler dans l'acte même de leurs épousailles apocalyptiques, quand l'heure viendra. » Jean Parvulesco, Le Retour des Grands Temps, Nous sommes l’Église de la Fin, p. 418, aux éditions Guy Trédaniel

 

L'ébauche théorique d'une alliance possibiliste, d'une résistance immédiate et opérative au monde moderne que nous proposons, n'est pas la seule réponse a apporter au statu-quo mondialiste ; mais c'est une réponse possible pour les croyants en terme d'alliance métapolitique et de réseau opératif sous une forme traditionaliste, il n'est pas exclu d’intégrer des personnes qui sont en recherche, nous même ne pratiquons pas comme il se doit, et en réalité, la pratique religieuse n'est pas notre sujet, elle regarde les religieux, les pratiquants et les dirigeants, le Front de la Foi, ne nous cachons pas à la dizaine de personne qui nous lirons, est une stratégie qui consiste à cliver en allant là où la Dissidence ne va pas, ce qui ne veut pas dire que nous instrumentalisons la Religion ou la Tradition à des fins politiques (ça, c'est précisément ce que fait la Dissidence), mais qui veut simplement dire que nous ne sommes ni prêtre, ni imam, ni rabbin, ni moraliste : même si nous nous inspirons de principes traditionalistes et que nous utilisons les religions justifiées pour trouver des limites à nos innovations métapolitiques, nous ne parlons pas au nom d'une Religion et nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme (de toutes façons, faire le prosélytisme d'une religion qui est chez elle n'a aucun sens, et d'une manière générale, nous pensons que le prosélytisme est contre-productif, que, dans ce contexte de la post-modernité, il faut laisser les personnes en recherche en paix, Internet a tout changé, et il n'y a rien de plus laid que le prosélytisme i-religieux sur les réseaux antisociaux).

 

Une Quatrième théorie politique est actuellement en chantier dans la convergence prérévolutionnaire de la Fin, elle se veut une synthèse opérative de la Révolution et de la Tradition, un « Ésotérisme révolutionnaire », et la Religion à un rôle de garde-fou exotérique à jouer, de regard extérieur, les pratiquants des religions justifiées doivent rappeler aux croyants, aux révolutionnaires et aux traditionalistes du « Front de la Foi » l'idée de paix et de justice dans leur combat métapolitique, que l'articulation des idées de prière, de révélation et de transmission forme une trifonctionnalité politique primordiale, celle du Prêtre et de ses Paroissiens, du Prophète et de son Ordre, du Roi et de la Tradition ; sans verser dans un prosélytisme moraliste et incantatoire.

 

Nous sommes attentifs, et nous voyons que les idées de Front de la Foi et de Quatrième théorie politique, intimement liées entre elles, ne sont approchées que trop timidement et touchées que très partiellement par les dissidents ; que les dissidents athées, agnostiques et laïques (qui ne peuvent donc pas être dissidents à grand chose), ne s’intéressent pas au Front de la Foi et occultent l'idée de Quatrième théorie politique, cela peut se concevoir de la part de non-croyants, mais cette position est moins compréhensible de la part des dissidents croyants et pratiquants... La géopolitique des croyants est forcément eschatologique, peuvent-ils laisser la géopolitique, l'eschatologie et l'interprétation parousiale de la Fin aux libéraux, aux situationnistes-marxistes et aux néo-souverainistes de la Dissidence mainstream ?

 

« La fin du libéralisme et le post-libéralisme

 

Il s’avère que la victoire du libéralisme (la Première théorie politique) a coïncidé avec sa fin. Mais ce paradoxe n’est qu’apparent.

 

Le libéralisme représentait initialement une idéologie pas aussi dogmatique que le marxisme, mais néanmoins philosophique, structurée et élaborée. Le libéralisme s’est opposé d’un point de vue idéologique au marxisme et au fascisme en leur menant une guerre non seulement technologique pour la survie, mais en défendant le monopole du droit à la formation du modèle du futur. Alors que les autres idéologies concurrentes étaient encore vivantes, le libéralisme perdurait et se renforçait précisément en tant qu’idéologie, c’est-à-dire en tant qu’ensemble d’idées, de manières de voir et de projets propres au sujet historique. Chacune des trois théories politiques possédait son sujet. Le sujet du communisme était la classe. Le sujet du fascisme - l’État (dans le fascisme italien de Mussolini) ou la race (dans le national-socialisme d’Hitler). Dans le libéralisme apparaît comme sujet l’individu, libéré de toutes les formes d’identité collective, de toute appartenance.

 

Alors que la lutte idéologique mettait en scène des adversaires formels, des peuples entiers et des sociétés pouvaient choisir (ne fût-ce que de façon théorique) le sujet sur lequel ils pouvaient se concentrer : la classe, la race, (l’État) ou l’individu. La victoire du libéralisme a résolu ce problème : l’individu est devenu le sujet normatif à l’échelle de toute l’humanité.

 

Apparaît alors le phénomène de la mondialisation, et le modèle de la société post-industrielle commence à se manifester, l’époque du postmoderne commence. Désormais, le sujet individuel n’apparaît plus comme le résultat d’un choix mais comme une certaine donnée générale obligatoire. La personne est libérée de « l’appartenance », l’idéologie « des droits de l’homme » devient communément acceptée (du moins – en théorie) et, dans les faits, obligatoire.

 

L’humanité, composée d’individus, tend naturellement vers l’universalité, devient globale et unifiée. Ainsi naît le projet d’« État mondial » et de « gouvernement mondial » (le globalisme).

 

Un nouveau niveau de développement technologique permet d’atteindre l’indépendance vis-à-vis des classes qui structurent les sociétés industrielles (post-industrialisme).

 

Les valeurs du rationalisme, de la scientificité et du positivisme sont perçues comme « des formes voilées des stratégies totalitaires répressives » (les grands narratifs) et se voient soumises à la critique tandis que parallèlement, on assiste à une glorification de la liberté totale et de l’indépendance du principe individuel vis-à-vis de tous les facteurs inhibant, y compris la raison, la morale, l’identité (sociale, ethnique, même sexuée), les disciplines, etc., (le postmoderne).

 

À cette étape, le libéralisme cesse d’être la Première théorie politique mais devient la seule pratique post-politique. La « fin de l’histoire » se profile alors, la politique est remplacée par l’économie (le marché mondial), les États et les nations sont entraînés dans le chaudron de la globalisation à l’échelle planétaire.

 

Vainqueur, le libéralisme disparaît, en se transformant en quelque chose d’autre, le post-libéralisme. Il ne comporte plus de dimension politique, il n’apparaît pas comme une question de libre choix mais devient une sorte de « destin » (d’où la thèse de la société postindustrielle : « L’économie est le destin »).

 

Donc, le début du XXIème siècle coïncide avec le moment de la fin des idéologies, qui plus est de toutes les idéologies. Elles ont connu des fins diverses : la Troisième théorie politique a été anéantie durant « sa jeunesse », la deuxième est morte caduque, la première est née une seconde fois sous une autre forme, le post-libéralisme, « la société de marché globale ». Mais dans tous les cas, sous la forme sous laquelle elles existaient au XXème siècle, elles n’apparaissent plus ni utiles, ni efficientes, ni adaptées. Elles n’expliquent rien et ne nous aident pas à comprendre le présent, pas plus qu’à répondre aux défis globaux.

 

De cette constatation découle le besoin d’une Quatrième théorie politique. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique

 

Un Front de libération de l'être

 

Nous ne sommes pas fétichistes, nous n'essentialisons pas l’appellation « Front de la Foi », si cette appellation empêche de nourrir un imaginaire collectif et de développer une narration, ne l'utilisons pas, ce que nous cherchons à travers ce concept, c'est une cohérence idéologique, nous pensons que la Dissidence souffre d'un manque de cohérence, de rythme. Un manque de cohérence dans ses différents articulations conceptuelles ; entre les constats qu'elle dresse, les conclusions qu'elle élabore et les solutions qu'elle propose ; juger moralement la Dissidence ne nous intéresse pas, nous autres, dissidents, nous ne sommes pas dentiste, ce que nous reprochons principalement à la Dissidence c'est de ne pas se définir, de définir son idéologie, et de profiter de cette absence de définition pour imposer son idéologie que nous qualifions de « néo-souverainisme » ;sous couvert de « vérité », de « pragmatisme » et de « factuel » ; une idéologie néo-souverainiste qui pour les militants du quotidien n'existe pas et que l'on ne peut donc sereinement discuter, cette imposture de l' « idéologiquement neutre », car c'est une imposture,est contre-productive et nous en voyons déjà les effets négatifs. Le relativisme que cette absence de définition entraîne dans les rangs de la convergence prérévolutionnaire du XXIème est démobilisatrice,un militant ne peut se rattacher et faire corps avec une famille politique qu'à travers une appartenance en valeur négative – et nous autres, dissidents, nous considérons comme des militants du quotidien, ni comme des « chefs » ou des cadres, L'Heure Asie est un carnet de notes de militants –, que contre des choses, il ne peut pas s'identifier à une pensée qui n'existe pas, qu'il ne réfléchit et sans interactions de l'ordre de la formation : la Dissidence est une armée mexicaine, c'est-à-dire une armée où il n'y a que des généraux. Cette « absence de travail » – l'absence de définition entraîne une absence de cohérence qui entraîne une absence de mobilisation qui entraîne une absence d'interaction – rend le militantisme confortable, un militantisme « coca-chips » qui permet certes de populariser, de massifier, de démocratiser un mouvement, mais pour quel résultat ? Pour quel résultat si à la fin les militants sont des consommateurs/spectateurs/fans de qui mélangent tout et commencent à vous cracher au visage quand le Spectacle n'est plus à leur goût ? Mais continuons...

 

Le Front de la Foi est d'abord un Front de libération de l'être, ce qui nous intéresse c'est de redécouvrir quelques principes traditionnels et d'utiliser leur potentiel révolutionnaire de contre-subversion, des principes qui nous permettent une articulation radicalement verticale des notions politiques de cohésion sociale, d’intérêt général, de bien commun, de vivre ensemble, que l'on peut rejeter et nier, mais qui existent dans la société moderne et dont l'être doit s'émanciper pour être libre, s'émanciper pour revenir à la notion simple de « communauté » : « Une terre un peuple » ; des terres des peuples », un peuple accueillant, comme il l'a toujours été, mais qui ne tombe pas dans la repentance, tous les bilans de conquêtes, et de colonisations, sont mitigés, nous ne pouvons pas trouver de « voie ouverte » pour sortir du statu-quo mondialiste sans sortir de la logique de repentance, mais aussi, nous pensons que le lobbying communautaire et victimaire « de souche » est maladroit, et nourrit cette idée d'isolat communautaire sur un même territoire (qui est le « sas de décompression » avant la « remigration », du moins, c'est ce qui paraît de la stratégie mise en place, nous vous laissons faire les liens, nous pensons que cette double stratégie et ce billard à trois bandes aura l'effet inverse, au mieux elle entretient le statu-quo, en effet, cette stratégie pourrait avoir un certain sens dans, par exemple, le contexte étasunien des « grands espaces », en France, c'est consentir à la balkanisation, à la stratégie d'encerclement atlantiste, c'est une limite, nous ne pouvons pas aller plus loin et trouver un compromis communautaire de cet ordre...), autrement dit, un communautarisme à l’anglo-saxonne sans le « patriotisme impérial » et le « Roi » qui va avec, nous devons trouver une autre voie que la Réconciliation, la Remigration et le Communautarisme, nous devons imposer un ordre traditionnel européen, une voie étroite, une voie intérieure, une voie qui ne pourra pas, en apparence – et en apparence seulement – compter sur la « force du nombre » (Force du nombre ; pouvoir des faibles ; puissance moyenne), mais c'est toujours un petit groupe d'hommes libres qui écrivent l'histoire ; nous n'avons pas peur de la Nuit...

 

L'idée de Front de la Foi est très clairement combattue par les idéologies dominantes de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle car cette idée indique aux militants du quotidien, sans prétendre lui offrir la vérité et avoir raison, le chemin vers une autre voie que la politique-métapoliticienne, la voie de la cohérence, la voie qui fait le plus directement écho au constat de faillite du monde moderne validé et exploité par la Dissidence depuis plus de dix ans ; la voie prophétique du retour à l'être.

 

Le Front de la Foi c'est la radicalité, quelle autre radicalité face au progrès que le fanatisme des « anarchistes solaires » ? Le néo-souverainisme et sa théorie politique de la « triple sortie » sans la puissance nécessaire pour l'assumer et la réussir ? La Dissidence « idéologiquement neutre », « qui ne dit pas son nom » et « qui n'existe pas » ?

 

Le Front de la Foi c'est essayer, redécouvrir la Tradition primordiale,redéfinir la Révolution conservatrice et rétablir la Religion originelle, percevoir les reflux des précipitations immobiles dans les Grands Temps présents ; les petites choses insaisissables, paysannes, païennes, qui forment les grands touts estimables, chrétiens, et qui, à force d'un mépris insatiable, vers rien, deviennent conformes à la forme du moyen consommable, prolétarien, sur lequel on met un prix vénérable, pour rien.

 

« Chaque peuple porte une tradition, un royaume intérieur, un murmure des temps anciens et du futur.

 

La tradition est ce qui persévère et traverse le temps, ce qui reste immuable et qui toujours peut renaitre en dépit des contours mouvants, des signes de reflux et de déclin.

 

La tradition ne postule pas le retour à un passé mort. Elle ne postule pas une théorie politique ou sociale. Elle est ce qui donne un sens à la vie et l'oriente.

 

La tradition est l'expression la plus haute et quasi «divine» d'une grande communauté charnelle et historique. Elle est son être éternel. Elle lui donne ses principes, ses vérités permanentes. Capables de traverser les fluctuations temporelles.

 

La tradition est une strate profonde, une assise spirituelle, un cadeau des dieux. Sans que nous le sachions, elle continue de vivre en nous. Elle est fondatrice. Elle est ce qu'il y a de plus ancien et de plus proche. Elle est la traduction d'une façon unique d'être des hommes et des femmes devant la vie, la mort, l'amour, l'histoire, le destin. Elle porte les principes qui transcendent la vie, la pensée, les actes. » Dominique Venner

 

Démocratie organique démocratie sacrée

 

« LA DÉMOCRATIE EN TANT QUE PHÉNOMÈNE ARCHAÏQUE : L'EXTASE COLLECTIVE

 

La démocratie constitue la forme d'organisation politique la plus ancienne, la plus archaïque, la plus primitive et, si l'on veut, la plus barbare. Les sociétés antiques que l'on rencontre au cours de l'histoire étaient organisées précisément selon le principe de la démocratie. Les décisions fondamentales concernant le destin de la tribu et même de groupes ethniques entiers étaient toujours prises de façon collective en se fondant sur l'avis général des membres de plein droit de la société. Les anciens du clan, les guerriers, les prêtres, les maîtres du feu (les propriétaires de foyers) constituaient un véritable parlement pour les peuples anciens. Chez les Germains il s'appelait thing, chez les slaves, viétchié, et même l'expression romaine res publica porte en elle l'écho des antiques assemblées des tribus latines qui abordaient les « choses » fondamentales pour la vie de la communauté. (En latin res signifie « chose », ce qui est proche par le sens du russe viétchié, et également de l'allemand thing ou Ding, signifiant également chose en allemand).

 

Le principe de prise de décision collective constitue le fondement de la démocratie, ce faisant la procédure doit prendre un spectre de représentants de la société aussi large que possible. Et ce principe apparaît précisément comme une constituante essentielle des sociétés archaïques dans lesquelles l'individu ne s'était pas encore constitué en unité indépendante et dans lesquelles le rôle historique principal appartient à l'esprit du groupe ethnique, le plus souvent compris comme un totem, comme un esprit, ou encore comme une divinité ethnique. Les procédures démocratiques ont été introduites précisément pour permettre à cette instance supra-individuelle de s'impliquer directement dans le destin du groupe. Et on attendait de l'assemblée qu'elle prenne une décision qu'aucun des participants n'aurait pu prendre de façon individuelle. Cette décision était considérée comme celle de l'instance transcendante se manifestant à travers l'assemblée. C'est pourquoi, toutes les assemblées débutaient par des rituels au cours desquels on invoquait les dieux et les esprits. Et en effet, ils prenaient les décisions, agissant à travers les individus. C'est là tout le sens du proverbe romain vox populi vox dei, « voix du peuple, vois de Dieu ».

 

La démocratie a donc pour fondement une mystique de l'extase collective archaïque au cours de laquelle la communauté « sort » d'elle-même et va à la rencontre de l'esprit collectif, (à la rencontre de Dieu) qui, au contraire, « vient » à elle. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXIième siècle, Chapitre III La démocratie, sacrée ou laïque ?, pp. 57-62, aux éditions Ars Magna

 

Alors Étienne, la démocratie, sacrée ou laïque ?

 

L’étymologie nous conduit vers des vérités anonymes ; l’œuvre insignée et immobile des enseigneurs.

 

Généralement, dans la Dissidence, la question que nous avons posé à Étienne Chouard, il y a des années maintenant, ne se pose pas et n'appelle pas de réponses, l'essence moderne ou traditionnelle de la démocratie originelle ; de l'Assemblée (L'Ecclesia) ; ne fait pas débat (cela nous semble pourtant un débat essentiel avant d'écrire une « nouvelle constitution » dont il faudrait déjà se donner les moyens de l'imposer aux élites : Si vis pacem parabellum), ainsi, le régime démocratique est désignée comme une vraie-fausse démocratie par les modernes – la « théorie des vrais-faux trucs » est une dialectique sophistique à la mode, un relativisme ambiant, et qui s'applique à tous les éléments organisationnels déficients du progrès paradigmatique, du progrès comme poids et mesure de l’État et de l'état de santé de la Nation, ainsi, la république, la démocratie et le laïcisme ne sont pas ce qu'elles devraient être, les pauvres petits concepts opprimés, ça n'est pas la qualité de leur principe et la nature de leur essence, qui sont critiquées et contestées, c'est qu'il n'y en a jamais assez, il faut plus de démocratie, car il n'y a pas assez de libéralisme, pas assez de croissance, pas assez de pouvoir d'achat : les multitudes connectées et indignées veulent plus de démocratie : « L'i-phone pour tous ! » (nous proposons de lancer une pétition pour que le droit à l'i-phone soit inscrit dans les Droits de l'Homme, ainsi, nous pourrons bombarder toutes les dictatures qui censurent l'accès aux satellites de Big Brother) –, sans que ces derniers aient une définition principielle de la démocratie primordiale,organique, projection fractale de la cité céleste sur terre, sans qu'ils aient la moindre idée de la qualité sacrale des « assemblées archaïques » où parlent les Dieux de l'Olympe ; les alter-démocrates se posent la question de la démocratie en des termes technocratiques, en terme de fonctionnement et d’agencement des différents contre-pouvoirs, non seulement sans penser la Tradition (et donc, sans réflexion sur l'essence des principes qu'ils veulent fondateurs de leur vision du monde et de son organisation), mais, également, sans penser la puissance.

 

L'idée de véritable démocratie ; horizon révolutionnaire de l'extrême gauche à l'extrême droite de la convergence prérévolutionnaire à prédominance néo-souverainiste ; ne permet pas, en aucun cas, de produire une véritable critique de la démocratie moderne en son principe égalitariste et son essence progressiste, ce pourquoi nous tournons en rond (15 ans, à l'heure de la connexion internet, c'est déjà trois générations successives de « dissidents »), ainsi, la force nécessairepour rétablir une véritable démocratie est traduite en toujours plus d'atomisation du corps social (via le survivalisme notamment, et la théorie de l'isolat communautaire comme solution à l'immigration capitaliste de masse), de massification du corps dissidents (via la simplification de la complexité par le tout complotisme : ou, De l'égalité face au mystère du monde), et, in fine, d'accès au droit de vote pour tous (aux adolescents, étrangers, handicapés mentaux, etc, pourvus qu'ils soient connectés, « pucés » et « triangulés »), un accès numériquement facilité, de liquidation démocratique de l'identité (et de la question de l'immigration) qui entre organiquement et naturellement en conflit avec la démocratie virtuelle et son principe liquide d'instinction, car, en réalité, la question identitaire n'a pas avancée vers une réponse révolutionnaire et traditionnelle, mais elle a progressé en terme de sondage et s'est démocratisée dans le mainstream politico-médiatique, elle a donc régressée, admettons que l'on a gagné au grand concours du constat de faillite (organisé par les troupes d'occupation mentale du post-libéralisme paradigmatique et dont le grand vainqueur est Eric Zemmour pour son Suicide Français) par la réinformation, mais alors, admettons également que l'on a perdu sur le plan de la formation de « cadres » (dans la stratégie du renouvellement des élites, « stratégie » que la « nouvelle droite » a initiée depuis plus de 40 ans dans sa famille de pensée – que nous qualifierons de non-conformiste plutôt que de « nouvelle droite »qui est son appellation systémiqueet dont nous ne savons à quelle hauteur elle estime le résultat par rapport aux objectifs qu'elle s'était collectivement fixée, alors que le camp néo-souverainiste n'a pas encore théorisé sa philosophie-politique et ne peut donc initier une armée de « cadres » à ce genre de stratégie fondamentale), que nous n'avons aucun recul sur la méthode journalistique unique (réinformation) et la stratégie de l' « idéologiquement neutre » exclusive que nous avons collectivement choisit puisque personne ne la conteste (que l'on a pas le droit de contester) et que personne ne voit l'utilité de théoriser une Quatrième voie, admettons qu'au-delà du constat de faillite nous sommes incapables de formuler une conclusion commune, puisque, pour gagner et avoir raison, nous avons épousé tous les contours du système, la Dissidence ne veut pas entrer en conflit avec le réel pour le « libérer », elle préfère être dans le recyclage, dans l'écologie politique des utopies bio et véhiculer un esprit de restauration rapide par la sortie magique de tous les problèmes, c'est ça l'progrès !

 

A ce propos, nous nous permettons d'indiquer amicalement aux « métanautes » (avec qui nous avions parlé sur le serveur teamspeak de cette organisation), que l'idée d’Évolution révèle un imaginaire qui renvoi très nettement à une conception linéaire,et donc antitraditionaliste, du Temps, nous disons cela pour illustrer le fait que notre vision du monde : de l'Espace et du Temps, veut dire quelque chose, et que l'on ne peut pas toujours se cacher derrière le relativisme ambiant pour se placer au-dessus de tout et renier ce que l'on représente objectivement à travers nos prises de positions.

 

En effet, plusieurs d'entre eux, la majorité (il s'agit donc bien d'une idéologie dominante qui s'exprime à un moment donné à un endroit donné) partageaient une certaine vision du monde comme une évidence selon une acception que l'on peut fermement qualifier de new-age selon nos critères d'analyses, globalement, ils développaient :

 

  • une approche « quantique » de la chose métapolitique qui entraîne un certain relativisme sur la nécessité de travailler sur les idées et de pratiquer une critique positive interne de notre mouvement (quel que soit le mouvement en question et la définition que l'on veut bien lui donner ; la critique de notre propre mouvement rejoint, « par extension », la critique de l'idéologie du progrès) puisque rien n'existe et qu'il faut évoluer vers ce rien pour sortir de son corps politique et rejoindre ce « tout éthéré » où tout est beaucoup plus facile 

  • une approche clairement « libertaire » de l' « anarchisme » qui était principalement relié au sujet de la légalisation du cannabis et à l'évocation récurrente de Keny Arkana comme « maître à penser », car effectivement, en attendant que s'évapore l'illusion, il n'y a plus qu'à fumer des joints et écouter du rap, autrement dit, un prosélytisme lourd de la religion new-age de la « réalisation personnelle » ; nous avons également noté la référence à de nombreuses sources anglo-saxonnes (généralement des vidéos) contre aucunes à des traditionalistes européens (français, francophones ou traduis en français) comme Bernanos, de Maistre, Bloy, Phaure, Evola, Guénon, de Roux, Berdiaev, ou encore Parvulesco, et ce, malgré une certaine appétence pour la métaphysique

  • une vision métahistorique du monde qui s'inspire très largement des différentes théories new-age (crypto-maçonniques) qui se sont développées depuis le 11 Septembre (parfois sous des formes excessives et compulsives du complotisme « comme volonté et représentation » du monde, et sans application politique possible à partir de cette involonté et non-représentation de l'exister, donc du non-être, et, qui mène in fine au mythe incapacitant de la toute puissance de l'ennemi et à l'utopie mortifère du réenchantement par internet), et qui, pour résumer, mais c'était précisément le discours tenu, vous expliquent le monde sur la base rhétorique qui est « Tous francs-maçons ! Tous pourris ! Tous des marionnettes ! Tous des satanistes ! », « Tous des marionnettes ! » sauf moi et ma stratégie virtuelle et individuelle d'anonymisation et d'atomisation de ma puissance et de mon autonomie individuelle et « à usage unique » sur Internet qui échappe, bien évidement, aux complots, d'ailleurs le complot ne vaut que pour les autres et il n'y a pas de complots au sein du mouvement «  idéologiquement neutre », « qui n'existe pas », « qui ne dit pas son nom » et dont grand œil qui voit tout n'aurait pas vu la stratégie (parce que, par mon absence et ma vacuité, j'ai l'anneau d'invisibilité voyez), du mouvement dans lequel je m'inscris de par ma vision du monde, mes positions, mes orientations, mes opinions sur les différents sujets sur lesquels je donne mon avis et que je commente. (Petite remarque : observation faite sur deux jours et plus de 8 heures de « conversation », plus d'écoute que d'échange, puisque, après avoir écouter sagement les intervenants parfois durant plusieurs heures sans les couper, il était impossible d'intervenir plus de 30 secondes sans être coupé, jusqu'à être « modéré » (un gamin qui vous explique comment vous devez parler à peine vous l'ouvrez c'est toujours comique mais passons) quand nous essayions de ne pas nous laisser couper la parole et d'aller au bout de notre propos, nous n'avons plus osé et avons préféré ne plus parler plutôt que d'être systématiquement coupé par deux personnes qui monopolisent la parole plusieurs heures mais que l'on ne peut contredire quelques minutes... Nous avons plus ou moins évalué notre temps de parole, et ce jour là, nous avons du parler une quinzaine de minutes maximum sur plus de 4 heures de conversation.)

 

Les « dissidents » de l'arc républicain de disputation interne sur la gestion démocratique de la Marchandise et l’organisation laïque du Spectacle entre post-modernes du Capitalisme trois fois libéral (post-capitaliste, post-marxiste et post-libéral), opèrent une critique du « régime politique », du « système économique », du « monde physique » (pays réel) et du « paradigme philosophique » du post-libéralisme comme volonté hégémonique et représentation du statu-quo« Libéralisme comme tout de l'existant » (A.Douguine) ; « Libéralisme comme volonté et représentation » (C.Robin) – avec les critères démocratiques, républicains et laïques des Droit de l'homme, du Droit international et du Droit du citoyen, c'est-à-dire qu'ils opèrent leur autopsie du monde moderne avec les outils légalistes du système de domination de la perfide Albion par la juridiction de traités internationaux « de jure » qu'elle ne respect pas, révolte bureaucratique et technocratique de droite républicaine, révolution institutionnelle et constitutionnelle de gauche républicaine, en bref, la dialectique néo-souverainiste matérialiste unique et exclusive utilise les outils de domination des peuples libres pour les libérer des états-nations, de la république, de la démocratie et du laïcisme, les outils de double liquidation de l'être et de la communauté de l'être, pour contester la domination et établir le constat de faillite du monde moderne ; ils peuvent, néanmoins, malins comme des singes savants qu'ils sont, augmenter leur constat de faillite de cautions traditionalistes et utiliser la Tradition comme décorum littéraire à leurs conclusions évolutionnistes, mais dans les faits, la Dissidence occulte systématiquement les travaux des penseurs, intellectuels et traditionalistes actuels qui essayent d'articuler Tradition et Révolution au « cœur » de la Dissidence – nous pensons à Laurent James, à Robert Steuckers, à Alexandre Douguine, à Jean-Paul Bourre, à Vincent Vauclin, ou encore à Vincent Chapin –, d'ouvrir la voie, humblement, à la suite d'une longue chaîne de transmission et qui, par définition, sont à contre-courant du ronron néo-souverainiste ; « idéologiquement neutre », « qui n'existe pas » et qui ne dit pas son nom ; ronron anonyme que la Dissidence mainstream vous vend comme une liberté d'expression unique et exclusive : une nouvelle pensée unique qui a pour fonction exclusive d'entretenir le statu-quo dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème. 

 

Si cette méthode subversive d'entrisme politico-médiatique d'essence moderne et de substance marxiste, gramsciste et troskyste (universitaire : matérialisme dialectique, pragmatisme politique, réalisme géopolitique, rationalisme philosophique, déterminisme scientifique, relativisme métaphysique... ; journalistique : réinformation ; dissidente : complotisme qui relève exactement du trop fameux « Leur morale et la nôtre ») peut, ou a pu avoir, quelques vertus pédagogiques (qu'ils seraient stériles de contester), qu'elle a été suffisante pour établir un premier constat de faillite et dresser des listes de faits factuels, mais, sa nature unique et exclusive – le néo-souverainisme comme idéologie, ligne éditoriale, méthode et stratégie  de la Dissidence mainstream – fige la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle dans un ronron « idéologiquement neutre » qui tourne en rond dans le bocal de la transparence ; la « soupe primitive »de l'anonymat.

 

Un ronron idéologique qui, visiblement – ces dix dernières années le démontrent –, ne permet pas aux dissidents de formuler une conclusion commune et de construire une Quatrième théorie politique ; finalement, cette méthode exclut uniquement et exclusivement le recours à la Tradition, en effet,les chapelles de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream sont désorientées et tournent sur elles-mêmes comme des boussoles folles qui n'arrivent plus à indiquer le Nord, elles considèrent que la démocratie représentative de marché et d'opinion (suffrage universel) que nous subissons n'est pas la démocratie, et elles défendent le principe de l'égalitarisme comme absolu dont l'absolu est, précisément, le suffrage universel : un homme une voix, un individu une voie.

 

L'urgence mystique ; le saut « quantique » qu'effectue la civilisation au Retour des Grands Temps ; que génère notre Temps qualifié, implique un recours immédiat à la Tradition (« toujours déjà présente » et « qui sait jusqu'où on peut aller trop loin »)et aux écrits de combat prophétiques des traditionalistes dans nos articulations métapolitiques, la France contre la République, république démocratique et laïque désacralisée que les progressistes et les égalitaristes ont engendré en arrachant Dieu du cœur des hommes : la social-démocratie est bien une forme de démocratie socialiste et il ne s'agit pas de changer la social-démocratie en démocratie-sociale pour tout arranger et remettre les idées à l'endroit. S'ils avaient recours à la Tradition, ils pourraient reconsidérer leur idée de véritable démocratie (réconciliatoire, communautarienne ou encore remigrationiste) comme conclusion et à la fois solution pour remplacer la démocratie actuelle : accomplissement logique du régime démocratique comme volonté et représentation du Libéralisme ; Tyrannie du « Règne de la Quantité » (et des minorités) ; Impérialisme de l'indistinction.

 

Le recours aux principes traditionnels, au sens principiel des mots, répond aux constats de faillite du monde moderne établis par les libres penseurs, il ne s'agit pas de mysticismed'intellectualisme de la Tradition –, mais d'un pragmatisme vertical, nous devons différencier le pragmatisme horizontal de compromission que formulent les « nationaux-républicains » et le pragmatisme vertical de résolution que nous essayons d'initier, ainsi, dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, le recours à la Tradition est marginale et nos articulations restent spéculatives, en tout cas virtuelles, et, par défaut, reposent essentiellement sur des principes principiellement « droitdelhommistes », en effet, dés que nous quittons le cadre du constat de faillite,  que ça soit la république whestphalo-colbertiste d'Asselineau ou aristo-jacobine de Rougeyron ; la véritable démocratie des « faiseurs d'illusion qui sortent des lapins morts de leur chapeau » de Chouard à la démosophie ; des « alter-patriotes » au nationalisme hésitant ; la laïcité réconciliatrice de Soral ou la laïcité séparatrice de Ozon ; leur forme de « régime » est toujours conforme à la forme informe du capitalisme, du libéralisme et du marxisme non-conformes à la forme sacrée de la démocratie originelle et organique conforme à la forme de la Tradition, un principe démocratique conforme à la forme profane de la démocratie moderne et synthétique, qui n'a, au sens sacrée du terme, de démocratie que le nom et que la forme égalitariste, qui n'a aucune racine, aucune branche, aucune fleur et aucun fruit en commun avec la démocratie des assemblées archaïques, antiques et ancestrales qui ne s’appelait pas démocratie, on essaye de faire de la démocratie un espace identitaire (Je suis démocrate donc je suis ! : j'ai des droits et des libertés, une souveraineté « de jure », une « liberté par rapport à »), la démocratie était le mouvement de la communauté de l'être et des prises de décisions collectives qui s’appelait vie et organisation naturelle ; décisions sacrales et solutions verticales ; qui renvoient la démocratie au diable ! En ça, la démocratie et la république sont une seule et même chose, deux trucs qui existent 200 ans et qui ensuite emmerdent le monde pour l'éternité.

 

La convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle c'est deux voies principales et « nécessairement opposé » ; qui n'ont jamais esquissé la moindre tentatives de synthèse ne serait-ce que théorique: (1) la voie de la Révolution républicaine, de la Restauration démocratique et de la Tradition laïque avec la Dissidence, la réconciliation, les « patriotes », le néo-souverainisme et l'axe westphalien Paris-Téhéran-Caracas (92-93-94) ; et, (2) la voie de la Révolution nationale, de la Restauration impériale et de la Tradition européenne avec la Troisième voie, la remigration (et le « sas de compression » de l'isolat communautaire) les « nationalistes », le non-conformisme et l'axe occidental Rome-Berlin-Kiev (Nice-Versaille-Lille) ; et (3) la voie marginale de la Révolution pérennialiste, de la Restauration royale et de la Tradition polaire avec la Quatrième théorie politique, « Le Front de la Foi », les « continentalistes », l'eurasisme et l'axe boréal Paris-Berlin-Moscou (Brest-« Aix-la-Chapelle »-Bucarest).

 

Nous réfutons le Réalisme fantastique « contre-initiatique », le néo-évhémérisme, dont est imbibée la Dissidence qui, au-delà de son pragmatisme néo-souverainiste de façade, de la réinformation mortifère, développe, comme on développe une maladie, un occultisme schizophrénique, un certain syncrétisme des « idées chrétiennes devenues folles » augmentées par le virtualisme de la « haine du secret », un syncrétisme inassumé, petit engrenage de l'ingénierie psycho-social Internet comme langage, culture et civilisation joue un rôle de reprogrammation de notre structure mentale vers l'i-monde, reprogrammation par la pensée pseudo-magique du « si ceci alors cela » à laquelle nous opposons la pensée alchimique du « soi et c'est » (kun faya kun), en effet, pour poursuivre le progrès et aller vers l'intelligence artificielle, le transhumanisme et l'immortalité (uniquement et exclusivement accessibles aux « uber-riches » qui auront su être des « bunker-riches »,c'est-à-dire moins d'une centaine de personnes actuellement sur la planète,88 pour être exact...), nous ne devons plus être que des multitudes connectées, des esclaves énergétiques, qui produisent les spin (« rotation » des neurones qui formule le I et le 0 dans le langage binaire nécessaire à la transmission de l'information) qui permettent la circulation des flux dans le cerveau reptilien collectif qui est un champ d'étude privilégié pour observer une forme de réseau neuronale bio-cybernétique vers l'avènement de l’intelligence artificielle ; ce qui permet également d'étudier comment et pourquoi l'être et le corps humain acceptent ou rejettent la greffe du virtuel, l'augmentation de la réalité et l'extension corporel vers l’avènement du transhumanisme (en l’occurrence un transhumanisme de transformation du genre et de contrôle total de la ressource humaine ;éventuellement quelques applications sexuelles et récréatives pour justifier le progrès et servir de « bliss »); et pour terminer, le champ d'étude que nous formons (ils n'en n'ont cure de ce que nous disons, ce qu'ils observent ça n'est pas ce que nous disons ou ce que nous cachons, c'est notre comportement) permet de préfigurer et de programmer une matrice, matrice qui nécessite deux vecteurs principaux : l’intelligence artificielle pour les calculs et la robotisation de l'homme pour qu'il accepte cette illusion augmentée.

 

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » - Bossuet

 

Les modernes sont des chercheurs téméraires en cause des causes des « cause toujours ça m’intéresse », laissons-les donc chercher avec leurs critères modernes ce qui cloche dans le monde moderne, avec les critères de la démocratie ce qui cloche dans la démocratie, avec les critères de la république ce qui cloche dans la république, etc. Les vieux conservateurs, parfois de grands penseurs, on repenser le conservatisme par rapport à leur peur de la Nuit, ainsi, ils ont attendus la post-modernité pour se moderniser, et, quand la « nouvelle pensée réactionnaire de gauche » a rencontré la pensée conservatrice, ils étaient déjà tous libéraux, ils veulent restaurer un véritable libéralisme, d'autres la véritable démocratie, la synthèse des deux donnerait une démocratie-libérale, une France normale, mais nous pensons que les conservateurs se trompent sur l'appellation de Libéralisme et qu'ils ne dépasseront pas le Libéralisme triomphant par un Libéralisme descendant. Pendant ce temps, la gauche en recomposition sur les renoncements de la droite en veut au monde entier pour le non-avènement de son utopie communiste non-révélée sans voir qu'elle est l'avènement même de la tyrannie révélée, la démocratie moderne n'a nullement été conçue par les élites dans le sens où ils semblent l'entendre, ni à Athènes, ni ailleurs, mais ils s'en foutent, la démocratie est leur croyance, leur religion.

 

« Ainsi arrive le postmoderne. Que peut-on lui opposer ? Et peut-on lui dire "non" ? Il s'agit d'une question de fond.

 

D'ailleurs, en partant de cette même thèse libérale selon laquelle l'homme est libre, on sous-entend qu'il est toujours libre de dire "non"  à tout ce que à quoi il souhaiterait dire « non ».

 

Or, ici, se trouve un moment dangereux de la philosophie de la liberté qui, sous l'égide de l'absolutisation de la liberté; commence à retirer à la liberté elle-même la liberté de dire "non".

 

Le modèle libéral occidental répond alors: vous voulez vous opposer à nous ?  Faites-le, vous en avez le droit, mais vous ne pourrez pas « désinventer » la machine à laver. La machine à laver constitue l'argument absolu des partisans du progrès.

 

En fait, tout le monde veut en posséder une, les Africains, les Indiens, les conservateurs, les orthodoxes. Les communistes aussi, en vertu d'une autre logique, évoquaient la nécessité et le caractère irréversible du changement des formes de production. Ils estimaient que le socialisme arriverait après le capitalisme. Le socialisme est arrivé bien que nous n'ayons pas eu de capitalisme, est resté un certain temps, a anéanti une grande quantité d'individus avant de disparaître.  Il en est de même avec les machines à laver.

 

Et si on réfléchit à la métaphysique de la machine à laver, si on pense à quel point elle se trouve en accord avec les véritables valeurs d'un système philosophique, alors on arrive à la conclusion que, dans l'ensemble la vie humaine est possible même sans machine à laver et peut même être tout à fait heureuse. Mais pour la société occidentale il s'agit d'une situation horrible, presque sacrilège.

 

On peut tout comprendre, mais comment vivre sans machine à laver ? Il s'agit d'une véritable affirmation antiscientifique: la vie sans machine à laver est impossible. Elle n'existe pas. La machine à laver est la vie. Voilà en quoi consiste l'action de la force de l'argument libéral qui affiche son côté totalitaire.

 

Dans toute libération il y a toujours un élément de contrainte, c'est là le paradoxe de la liberté. Il y a contrainte ne serait-ce qu'à penser que la liberté constitue la valeur suprême. Imaginez qu'un individu dise : la liberté est la valeur suprême. Un autre réplique : pas du tout. Alors le premier répond : « Tu es contre la liberté ? Je suis prêt à tuer pour la liberté ».

 

Le libéralisme comporte l'idée selon laquelle il ne peut y avoir d'alternative à lui-même. Il y a ici une certaine vérité. Si le logos, la rationalité, a pris le chemin de la liberté, si le logos social s'est lancé dans l'aventure de la libération totale, où le premier mouvement dans cette direction a-t-il eu lieu ?

 

Il convient de le chercher non pas à l'époque où sont apparus Descartes, Nietzsche, ou au XXe siècle mais quelque part chez les présocratiques. Heidegger a vu ce moment dans la conception de la physis, ainsi que de façon plus marquée dans l'enseignement de Platon sur les idées. Mais l'important est ailleurs : le mouvement du logos vers la liberté n'est pas dû au hasard et malgré tout, il est possible de lui dire non. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXIième siècle, Chapitre V Qu'est-ce que le conservatisme ?, pp. 85-86, aux éditions Ars Magna

 

La Gentilis Virtus contre les Gentils virus

 

Qu'est-ce que la laïcité pour les alter-démocrates ? Le droit au blasphème ? Le Laïcisme d'état ? Ou, le Vox populi Vox déi radicalement révolutionnaire et verticalement traditionnel du « Christ en sa gloire solaire » ?

 

L'Impérialisme républicain, la Tyrannie démocratique et le Laïcisme totalitaire  de la Dissidence mainstream comme vision du monde, régime et religion de l'idéal néo-souverainiste nous suffit pour comprendre que la véritable démocratie et la réconciliation nationale sont aux services de l'hyper-caste hors-sol et hors-pôle et de sa conspiration mondialiste, car le ronron néo-souverainiste, la méthode de la réinformation mortifère et la tactique du complotisme compulsif, ne permettent pas d'appréhender réellement les origines occultes et contre-initiatiques de la république démocratique et laïque dite française telle que nous la connaissons, on éclaire pas la république enluminée à la lumière des Lumières, les ténèbres de la brève prise de pouvoir de la bourgeoisie passagère – classe provisoire de démantèlement des structures traditionnelles – sur l'aristocratie méritocrate et pérenne lors de la réaction capitaliste-libérale et la révolution industrielle franglaise de 1789 que le néo-souverainisme en mouvement tente à réhabiliter pour sauver la république trois fois maudite ; par les Templiers, les Vendéens et la Révolution conservatrice.

 

« Dans l'histoire nous trouvons deux forces : l'une qui divise, casse et tue, l'autre qui contemple l'unité du mystère. » Ezra Pound

 

Ce court manifeste, et les diverses citations qui illustrent son intention primordiale, ne sont qu'une infime introduction, et n'ont vocation qu'à nourrir l' « imaginaire collectif » du Front de la Foi. Front de la Foi en terme de contre-pouvoir exceptionnel dans une période unique et un moment qualifié, le choix entre un CNR 2.0 Upérien ou un ésotérisme révolutionnaire contre la conspiration mondialiste ? Nous l'avons fait.

 

« Ainsi mis en perspective, le libéralisme se laisse saisir pour ce qu’il est vraiment, une idéologie que l’on peut qualifier d’authentiquement “infernale”, d’autant plus que la volonté de séduire pour tromper et soumettre ― signature du satanique ― ne lui fait nullement défaut. En effet, le libéralisme joue analogiquement dans le domaine idéologico-politique le rôle que joue le New Age dans le domaine spirituel, parce qu’il s’agit, ici comme là de présenter une image dégradée de la liberté en l’assimilant à l’individualisme. La différence de positionnement des discours s’explique par celle des cibles (au sens où les spécialistes du “marketing” entendent ce mot) et tient à ce que le libéralisme s’adresse à ceux qui ne conçoivent même plus une autre vie que celle de la jungle, soit qu’il leur fournisse des armes afin qu’ils deviennent de meilleurs prédateurs, soit qu’il tente de les persuader que la jungle est un jardin d’enfants pour qu’ils demeurent des proies faciles (mais il s’agit toujours de faire en sorte que la jungle ne cesse pas d’être une jungle), alors que le New Age trouve un écho chez ceux qui s’imaginent qu’il est possible d’“humaniser” et de “spiritualiser” cette jungle en y baguenaudant pour y planter des fleurs multicolores au gré de ses caprices. Dans les deux cas, le but, qui ne situe pas seulement, répétons-le, à vue humaine, est d’empêcher la transmutation alchimique de la jungle en “forêt” (au sens d’Ernst Jünger), comme prélude à la concentration intensificatrice de cette dernière en « Arbre du Monde » en tant qu’« Arbre de Vie et de l’Immortalité ». » Jean-Paul Lippi, Antaïos n°15, 1999., Voxnr

 

Le Front de la Foi est le médicament métaphysique au nihilisme dissident

 

Le système mondial est une entité complexe certes traversée de courants contradictoires, et  nous autres, dissidents, à l'instar des complotistes compulsifs, nous ne sommes pas dans la pureté rationnelle du manichéisme politique, nous n'opposons pas réellement athées et croyants, et nous pensons même que nos premiers ennemis sont les religieux progressistes, modernes, ternes pratiquants antitraditionalistes : PURITAINS IMPUDIQUES – tous habités de l'esprit du mondialisme et sa mystique noahide : L'Universalisme liquéfiant de la République universelle contre la Tradition christique, solaire et héroïque de l'Imperium cosmogonique primordiale.

 

Vous voulez résister, lutter, combattre et vaincre les représentants médiatiques et les troupes d'occupation mentale du mainstream économico-idéologique et politico-médiatique qui incarnent officiellement les différents courants du Libéralisme triomphant – que les dissidents appellent communément le Nouvel Ordre Mondial – avec la méthode néo-souverainiste unique et exclusive de la réinformation

 

La web-démocratie d'alternance dictatoriale entre un goulag mou du Soft Power et du Tittytainment et cocon totalitaire de La stratégie de la tension et de La stratégie du choc se profile dans la superposition des écrans de l'imposture démocratique virtualiste, mercantile et spectaliste des multitudes connectés à la Dissidence mainstream ;

 

 « Pour moi, le traditionalisme est la source de l'inspiration, le point de départ. Mais il faut le développer plus avant, le vivre, le penser et repenser. » Alexandre Douguine

 

Soyons très clair, seul le Front de la Foi s'oppose au principe de pensée unique ou de replis idéologique anachronique – « pensée unique » est un concept, ça n'est pas la pensée du système, la pensée du système est une pensée unique et exclusive mais toutes les oppositions au système développent une forme de pensée uniquedans leur mainstream, tâchons de ne pas l'oublier et de ne pas pousser des cris d'Onfray –, et ne supporte pas le clivage gauche/droite/religion comme scène politique imposée.

 

Que les radicaux de gauche, les post-marxistes, les alter-mondialistes et moutures gauchisante dialoguent avec les cercles nationalistes non-conformes qui dialoguent avec les catho-libéraux « trendy » est une bonne nouvelle, qu'ils ne dialoguent pas avec les rupturalistes, les eurasistes et les traditionalistes dans une stratégie de l'édredon qui ressemble à de la censure, en tout cas du mépris pour l'idée de Quatrième théorie politique, le concept de Front de la Foi, et leurs travaux, alors qu'ils n'assument pas leur idéologie néo-souverainiste « idéologiquement neutre » : qu'ils ont cinq, dix, voir trente ans de retard et qu'ils ne semblent pas avoir envie de faire alliance, s'enfermant dans le confort intellectuel de la réinformation, du constat de faillite et du suicide français, est une très mauvaise nouvelle, on se rappelle alors comment l'hitlerisme a balayé la Révolution conservatrice de laquelle il n'avait gardé que la puissance.

 

Front de la Fierté et de la Dignité

 

Être fier de sa religion, sa philosophie, sa race, son ethnie, son pays, sa province, son terroir, son village, sa communauté, ses terres, sa maison, sa famille, ses frères, ses amis, sa femme, ses filles, ses fils, ses animaux, ses arbres, ses fleurs et ses plantes, en bref, sa Tradition, n'est en aucun cas du racisme, de l'extrémisme, de l'égoïsme, du suprémacisme, du communautarisme, du chauvinisme ou du tribalisme ; ou alors, la vie est-elle raciste ?

 

« En effet, ce que ne voient pas les partisans de l'évolution, ni ceux de la « création ex-nihilo », c'est qu'en réalité, ces deux « théories », si l'on peut dire, se ressemblent plus qu'elles ne divergent, et reposent exactement sur les mêmes postulats et axiomes ultimes.

 

Que la « théorie » de l'évolution et celle de la création sont en fait deux variantes fort peu différentes d'un même schème, c'est ce que toute personne ayant un minimum de bagage « philosophique », devrait arriver à voir sans peine. Mais nous sommes dans une ère d'absurdité, où les choses les plus simples paraissent effroyablement complexes parce que l'esprit craint et redoute la simplicité, qu'il ne peut analyser ni décortiquer ni « déconstruire » car elle n'est pas construite : la simplicité est simple, c'est tout. Et l'évolutionnisme n'est, dans son essence et dans sa constitution historique, qu'une variante du créationnisme, l'ultime tentative pour sauver celui-ci contre la clarté métaphysique de la conception traditionnelle, à laquelle nous viendrons sous peu si Dieu y consent. » Mael Mathieu, Créationnisme et évolutionnisme, l'hydre à deux têtes, LIMBES

 

Un Front de la foi ne suggère pas d'unir les chrétiens et les musulmans contre les juifs ou les juifs et les chrétiens contre les musulmans, ou encore les croyants contre les athées, les agnostiques et les laïques, en bref, d'opposer le peuple au peuple, comme le système le suggère – pour anticiper les critiques stériles qui n'apportent que pertes de temps, divisions et dissensions, que nous voyons arriver et que nous rejetons par avance au sujet de l'antisémitisme ; nous sommes du peuple, nous aimons les peuples, mais nous sommes pas obligé de suivre toutes les portions de notre peuple sans aucune critique du peuple, du peuple qui n'est pas toujours bon, qui ne prend pas toujours les bonnes décisions –, au même titre que la monolâtrie est, et une inversion du concept de monothéisme, et une inversion du concept du paganisme bien comprit, le Front de la Foi n'est pas une alliance suprématiste des penseurs réactionnaires, nous laissons la « reconquista » aux républicains, cette définition est une inversion du concept radicale et visionnaire de Front de la Foi, le Front de la Fierté de son Peuple et de la Dignité de sa Terre ; verticale ; enraciné.

 

« Guénon appelait en outre à se méfier de certaines idées fixes obsédant ses contemporains (la franc-maçonnerie, les juifs, les jésuites, le péril jaune, etc.) qui étaient directement suscitées par l'entreprise contre-initiatique et lui servaient de masque, la rendant d'autant plus difficile à identifier. » extrait du texte René Guénon contre l’extrême-droite » et les idéologies modernes

 

Nous connaissons le concept biblique de La Synagogue de Satances juifs qui ne sont pas juifs – et nous le validons (bien que la question juive ne représente pas l'essentiel de notre travail, la question du Front de la Foi nécessite d'en parler) ; l'accusation systémique et systématique en antisémitisme, lourdement redondante, nous force à souligner que pour nous autres, dissidents, toute personne qui utilise cette diffamation et les accusations périphériques en théorie du complot (qui n'est pas une critique du Complotisme compulsif de la Dissidence mainstream telle que nous pouvons la formuler, mais qui dit que l'idée de Complot est, in fine, de l'antisémitisme), en fachisme, en islamisme, en communisme, en racisme, etc, entre Réductio ad Hitlerum, Argumentum ad hominem et autre Point Godwin, a choisit clairement son axe, son camp, et s'exclut elle même de la convergence prérévolutionnaire du XXIème : son commentaire synthétique, son avis numérique et son opinion cybernétique ne sont rien! Non, nous ne sommes résolument pas Charlie !

 

Nous disons cela parce que la Dissidence emblématique, officielle et mainstream – qui s'est construite, principalement, sur la critique d'Israël et du sionisme : de l'antisémitisme constitutionnel, et sur la critique de l'antiracisme institutionnel, des associations antiracistes, des antifas et du gauchisme –, retourne, l'air de rien, à ses valeurs républicaines, ses principes gauchistes et ses fondamentaux antiracistes, cette régression ne date pas d'hier, nous observons et dénonçons cette orientation (et la recomposition d'une nouvelle gauche sur les renoncements et les trahisons des avant-gardes de la Dissidence originelle et de la Droite) depuis quelques temps, orientation confirmée par Dieudonné et Alain Soral dans la vidéo de présentation de leur parti Réconciliation Nationale : sauver la république et remplacer les antifas, ce qui fait des dissidents des antifas 2.0.

 

Orientation « antifasciste », ou en tout cas « gauchisante »,que nous pouvons symboliquement et « paradoxalement » constater au sein de la Nouvelle Droite ;une certaine Nouvelle Droite aux inclinaisons « palléo-libérales » : Libéralisme archaïque – c'est-à-dire que, de la « Loi naturel et traditionnel du plus fort » on peut passer brutalement à un « masculinisme homosexuel américain » mit sur un même plan, « Mad Max » et « Conan le Barbare » deviennent des mythes « hollywoodien » fondateurs pour pallier à l'Héroïsme éclipsé de notre Civilisation, on cherche la Tradition on trouve le néo-paganisme, on tombe rapidement dans une ambiance « new-age », on sert le Réalisme fantastique, et le lien est fait avec Nouvelle gauche,etc, ce glissement sémitique est de l'ordre de la vaseline, bien évidement,cette décomposition rapide d'un glissement possible est exagérée, nous l'exprimons en risque et en signe, mais nous constatons tout de même que les penseurs de Droite sont de plus à Gauche, à moindre frais, quand l'UMPS et le ni gauche ni droite sont surtout ni droite ni droite, en effet, les trois étoiles montantes de la thea party française dirigée par Alain de Benoist sont un « situationniste » : Francis Cousin, un « marxiste » : Charles Robin et un « alter-mondialiste » : Lucien Cerise, fraîchement convertis au néo-souverainisme et propulsé par la Troisième voie (la Nouvelle Droite et la Nouvelle Gauche transpirent et fonctionnent également sur une certaine dialectique de fascination/répulsion notamment dans le jeu de l'opposition nécessaire de « pareils assumés » et de « mêmes inassumés » : antisémitisme/antisionisme, en étant un parfait exemple, un exemple d'opposition nécessaire au maintien du statu-quo et au dysfonctionnement rentable du Capitalisme trois fois libéral, et il ne s'agit pas de mettre des gens dans des cases (nous avons lu ces trois auteurs et nous en avons garder beaucoup dans nos articulations, comme nous avons fondé notre introduction à une Quatrième théorie politique à partir d'un texte d'Alain de Benoist, nous ne sommes donc pas suspects d'attaques gratuites ou autres « hystéries » ; nous essayons, à notre niveau et pour commencer, de comprendre ce qui se joue à l'intérieur de la convergence prérévolutionnaire, c'est notre point de départ, et ensuite d'expliquer où nous ne serions pas d'accord, ce qui nous gêne, nous semble incohérent, simplement d'apporter une critique qui se veut positive, tout en restant radicaux de notre point de vue de militant du quotidien et libres de notre point de vue de déclassés ; cela dit, que l'on ne nous vende pas de la complexité pour tous où les choses sont ontologiquement tranchées si l'on ne verse pas dans l'idéalisme, ou l'hésitation, que l'on refourgue pour se rassurer soi-même sur la bête immonde qui est en où, le système ferait douter doute, ne doutons pas davantage que le doute nous le demande) alors que, pendant ce temps là, certains font en sorte que des conférences d'Alexandre Douguine (eurasiste), Laurent James (traditionaliste) ou encore Robert Steuckers (rupturaliste) n'aient pas lieu, ils s'entourent d’indécrottables gauchistes internationalistes plutôt que de propulser des penseurs très Européens, qu'ils appliquent à Alexandre Douguine (eurasiste) et à la Quatrième théorie politique la stratégie de l'édredon, qu'ils proposent les écrits libertariens d'un américain gay masculiniste pour expliquer la virilité aux dissidents français, qu'ils se gardent bien de parler du Nationalisme Donbassien et des volontaires eurasistes pour les aider et les soutenir, est une chose, mais nous voyons un glissement qui nous rappelle comment les trotskystes sont devenus les néo-conservateurs, nous voyons comment, ici et maintenant, les gauchistes putschent les néo-souverainistes, mouvement recommencé du libéralisme illuminé que nous voyons également au sein du Front National.

 

Nous ne sommes des psychologues et des assistants sociaux pour sionistes suprémacistes, nostalgiques du Grand Soir, néo-nazis folkloriques, antifas d’Amérique et autres idiots utiles du Grand Jeu des oppositions nécessaires... Nous sommes péremptoires ? Posez-nous la question... Nous y répondrons.

 

« Gentilis, gentilitas. Aujourd'hui chacun pense à une personne courtoise, affable, bien élevée. Le terme antique renvoyait par contre à la notion de gens, la race, la caste ou le lignage. Pour les Romains, était « gentil » celui qui possédait les qualités dérivant d'un lignage et d'un sang bien différenciés, lesquelles peuvent éventuellement, et comme par réflexion, déterminer une attitude de courtoisie détachée, chose très différente des « bonnes manières » que peut aussi posséder le parvenu après avoir lu un manuel de savoir-vivre et différente, également, de la vague notion moderne de « gentillesse ». Peu de gens sont aujourd'hui capables de saisir le sens le plus profond d'expressions comme « un esprit gentil » et autres, restées comme des prolongements isolés chez des écrivains d'autres temps que le nôtre. » Julius Evola, L'Arc et la massue, Chapitre V L'affaiblissement des mots 

 

à suivre...

 

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La Réponse sera métapolitique !

 

N.Pendragon