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14/03/2020

Trois interventions fondamentales de Robert Steuckers autour de l'Europe et l'Eurasie

 

Robert Steuckers #1

 


 

Rencontres Eurasistes VII

 


 

Emission n°330 : “Europa, Eurasia ? Identité et géopolitique du grand espace continental, discussion avec Robert Steuckers”

 

Une vidéo existe sur YouTube mais n'est plus disponible pour la Belgique, vous pouvez donc la rechercher par vous-mêmes ou écouter le podcast sur Méridien Zéro dont nous vous donnons le lien : ICI.

 

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26/02/2020

Faire l'Europe par la culture et le savoir (Robert Steuckers)

 

Europa – Valeurs et racines profondes de l'Europe, Chapitre IX Faire l'Europe par la culture et le savoir, pp. 195 à 199, aux éditions Bios

 

Pour sortir de ce paradoxe, de cette impasse, L'Europe devrait pouvoir parier sur la culture, sur ces universités, sur un retour aux racines communes de notre civilisation et ensuite, dans un deuxième temps, se donner une arme militaire et diplomatiques commune pour s'imposer comme bloc sur la scène internationale.

 

Les fonctions juridiques-sacerdotales et militaires-défensives sont plus à même de faire rapidement l'Europe, à moindre frais et sans lourdeurs administratives. La fonction économique est une fonction appelée par définition à gérer un divers sans cesse mouvant, soumis à des aléas naturels, climatologiques, conjoncturels et circonstanciels : vouloir à tout prix harmoniser et homogénéiser cette fonction est un véritable travail de Sisyphe. Jamais on n'en viendra à bout. Les fonctions juridiques-administratives, la défense et l'illustration d'un patrimoine culturel à l'échelle d'une civilisation, l'écolage d'une caste de diplomates capables de comprendre le destin global du continent, l'élaboration d'un droit constitutionnel respectant les réalités locales tout en s'inscrivant dans les traditions européennes de fédéralisme et de subsidiarité, la formation d'officiers comprenant que les guerres inter-européennes ne peuvent déboucher que sur des carnages inutiles, la création d'une marine et d'un réseau de satellites militaires et civils sont des tâches qui visent le long terme. Et qui peuvent susciter les enthousiasmes mais non les mépris, car tout ce qui est procédurier et administratif, trop simplement gestionnaire, suscite le mépris...

 

C'est en tenant compte de cet ensemble de principes qu'il faut lire et interpréter le texte de réflexion fondamental que vient de publier l’ambassadeur de la République Tchèque à Bonn, Jiri Grusa. Celui-ci commence par déplorer, tout comme nous, que la culture reste la parente pauvre de l'intégration européenne, ce qu'il explique , en terme évidement feutrés et diplomatiques, par le fait que l'idée même d'intégration européenne est devenue à l'heure actuelle une idée exclusivement oues-européenne, c'est-à-dire une idée pure, je dirais même épurée, de facture rationaliste, cartésienne (l'idéologie du « corps sans ombre », dixit Serge Le Diraison). En dépit des projets « Erasmus » et autres, la pratique de l'intégration européenne, suggérée à Prague, Varsovie, Ljubliana, Zagreb, etc. Est une pratique purement économique et idéologiquement « bourgeoise », non pas issue d'une Bildungsbürgertum cultivée et humaniste, mais d'une bourgeoisie qui a « neutralisé » les élans culturels, politiques, et religieux pour faire place au calcul et à l'accumulation du profit économique. Jiri Grusa plaide donc pour une politique culturelle européenne, sinon, inéluctablement, l'espace culturel deviendra la zone de recrutement d'une « résistance politique » susceptible de prendre les allures d'un néo-messianisme gauchiste ou d'un fondamentalisme identitaire (voire, s'ils sont augmentés d'une bonne dose d'écologie, des deux à la fois!). Au vu de la révolte des enseignants et de la déconstruction systématique des réseaux scolaires en Belgique francophone notamment, ce plaidoyer n'est pas un vain discours. Après l'effondrement des institutions culturelles en Europe orientale et en Russie, quand le soutien étatique aux créatifs, aux musées et aux types d'enseignements fondamentaux et non rentables (philologie, linguistique comparée, littérature, archéologie, histoire de l'art, etc.) a cédé le pas au culte démentiel de l'économie et du profit, l'Europe semble être retournée à la face la plus sombre de son âme : l'hybris, la démesure.

 

Pour Jiri Grusa, la protection de la culture européenne passe par un abandon définitif des ressorts conceptuels du « fondamentalisme occidental » (ou « occidentiste » dirait Zinoviev). Jiri Grusa parle plus exactement d' « idées qui ont précipité le continent dans la misère. » Ces « idées » sont celles qui prétendent être les reflets d'une « vérité unique », comme ce fut le cas de l'idéologie du « socialisme réel » dans cette Europe qui est aujourd'hui post-communiste. Ou comme c'est le cas aujourd'hui avec l'occidentalisme le plus radical, qui sévit notamment à Paris dans le sillages des jalons posés voici près de vingt ans par Bernard-Henri Lévy Guy Konopnicki, etc. Il y a une dizaine d'années, ce prophétisme occidentiste se renforçait considérablement, passait du pamphlet prononcé sur le mode hystérique au catalogue documentaire de ce qu'il ne fallait pas ou plus penser : ce catalogue tenait tout entier dans la réfutation du nietzschéisme et de l'heideggerisme de Mai 68, entreprise par Luc Ferry et Alain Renaut ; il flanquait un plaidoyer de Ferry pour un individualisme juridique et économique absolu. Envers et contre toutes les traditions d'Europe centrale, c'est cette idéologie dépouillée de tous réflexes communautaires, de toute volonté de fraternité et de tout intèrêt pour les matières culturelles que les instituts occidentaux, notamment français, tentent d'imposer en Europe centrale et orientale.

 

Jiri Crusa n'est évidement pas un nationaliste, ni au sens français ni au sens allemand du terme. Il est un ressortissant de cette Mitteleuropa où l'allemand et le slave se mêlent si étroitement que l'élimination de l'un affaiblit l'autre et vice versa. Il critique la notion d' « identité » et lui oppose celle de « complexité », c'est-à-dire la complexité de la « multination », soit de l'espace géographique où cohabitent et se compénètrent des ethnies très différentes les unes des autres. Toutefois, on peut déceler dans son discours qu'un abandon des politiques culturelles ou leur mise au rancart sous la dictée d'un « pan-économicisme » ubiquitaire finira par cristalliser une nouvelle opposition binaire sur la scène politique des démocraties post-communistes : avec, d'une part, le primat de l'origine (ethnique), défendu par les nationalistes et les anciens artistes (communistes de circonstance) privés de leurs subsides légitimes, et, d'autre part, le principe de rentabilité, défendu par les libéraux et les partisans de l'idéologie du seul profit.

 

Pour conserver un européisme culturel efficace et solide, n'impliquant aucun repli sur soi, Jiri Grusa entend développer une politique culturelle paneuropéenne (gesamteuropäisch), capable de surplomber, d'encadrer et de limiter les politiques États nationaux, tentant de récupérer leurs vieilles influences d'avant-guerre (Goethe-institut pour l'Allemagne, Institut français, British Council, etc.) En tant que Tchèque, il met de l'espoir dans la collaboration avec les petits pays qui ne cultivent aucune intention « impérialiste » en Europe centrale et orientale, mais parie surtout pour une culture débarrassée des vieux réflexes rationaliste-autoritaires, qui font exploser l'hybris européenne dans tous les sens, provoqué les affrontements du XIXe et du XXe siècles, plongé les sociétés occidentales dans l'anomie. Pour promouvoir cette culture continentale, explique Jiri Grusa, il faut ultiplier les canaux d'information et favoriser les échanges de savoir, d'idées et de projets, sans qu’aucune des parties dialoguantes ne manifeste la moindre tentative de convertir totalement ses interlocuteurs à son message. Grusa plaide pour le savoir contre les tentatives de convaincre, de convertir. Les intellectuels ou les scientifiques européens qui se rencontreront devront surtout chercher à perfectionner les règles du jeu en Europe et s'abstenir de formuler une idéologie toute faite qui s'imposerait à tous les Européens indépendamment de leur origine ou de leur site de vie. La défense de la nouvelle culture européenne passe par une revalorisation complète du principe de subsidiarité. Il faut qu'en Europe surgissent partout des agences efficaces d'information sur les grands thèmes de la vraie politique : géopolitique, écologie, pensée économique, droit (subsidiaire), urbanisme, etc. Parallèlement à ces agences, les échanges entre les jeunes européens doivent s'intensifier. Car seules des communications à haut niveau, entre étudiants, enseignants, chercheurs, permettront de créer une culture européenne apte à affronter et à gérer sans mutilation l'extraordinaire diversité de notre continent. L'avenir de l'Europe est à ce prix.

 

Les idées de Grusa correspondent au projet que j'anime avec Gilbert Sincyr, le professeur Fabio Martelli, Anatolli M Ivanov, Mark Lüdders et bien d'autres, sous l'appellation de « Synergies Européennes ». Nous les défendons. Sans nécessairement enfiler les gants du diplomate et en opposant à la political correctness, le « parler vrai ». C'est-à-dire un langage débarrassé d'une vieille tare européenne, qui a servi à camoufler cette hybris que dénonce à juste titre le diplomate tchèque Jiri Grusa : l'eudémonisme.

 

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12/01/2020

Iran, ira pas

 

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A nos amis occidentalistes ; Ni Téhéran, ni Washington



« Ce qui revient à exiger la double mobilisation des nôtres, d'une part, pour en finir, par tous les moyens, avec la mainmise subversive de la social-démocratie et de ses conspirations partout à l’œuvre, partout au pouvoir en Europe et, d'autre part pour parvenir à une implantation révolutionnaire décisive dans la conscience collective européenne d'une représentation suractivée de la nécessité absolue et immédiate, de l'intégration grand-continentale, dont la première phase opérationnelle devra être celle de la mise en piste politique de l'axe Paris-Berlin-Moscou. La bataille finale pour la libération de l'Europe, sera donc une bataille qui va devoir se porter en termes de conscience, la bataille pour sa prise de conscience finale d'elle-même et de sa grande prédestination polaire des origines.

 

Ainsi la double épreuve qui est celle du démantèlement en force de la mainmise de la social-démocratie sur l'ensemble de l'actuel pouvoir politique européen, en même temps que celle de l'accession de l'Europe dans son entier à la conscience révolutionnaire de sa propre unité pré-ontologique, de sa prédestination impériale eurasiatique, constitue-t-elle la ligne de passage même de l'Europe actuellement en état de non-être à l'Europe à nouveau capable de maîtriser révolutionnairement ses destinées politico-historique propres, consciente à nouveau de sa mission suprahistorique finale.

 

L'histoire cependant, ne fait jamais des cadeaux, tous les objectifs appartenant à la définition active des grandes prédestinations politico-historiques à accomplir doivent être emportés, toujours, de haute lutte, tragiquement, héroïquement. Telle apparaît donc comme étant la tâche de notre génération, la génération vouée à la mission révolutionnaire décisive du salut et de libération de la plus Grande Europe de son actuel assujettissement à la conspiration mondialiste régie par la « Superpuissance Planétaire des États-Unis ». » Jean Parvulesco, La confirmation boréale, La Stratégie contre-mondialiste de l'Axe Paris-Berlin-Moscou, En finir avec la mainmise de la social-démocratie, pp. 304-305, aux éditions Alexipharmaque

 

Les excès tiersmondistes et anti-occidentaux de la Dissidence, en germe dans la Nouvelle Droite, et qui ont fini par exaspérer les bonnes volontés, ne doit pas vous faire perdre de vue que les États-Unis, comme l'Iran, supportent leurs propres intérêts et que, sur le terrain de la géopolitique mondiale, nous n'avons pas d'amis.

 

La parenthèse Trump, qui se refermera, ne permet pas de, tout à coup, remettre en question le combat fondamental qu'ont mené le « camp national » et les « non-alignés » contre la mainmise des États-Unis sur l'Europe et contre l'américanisation de notre société qui a créée les hybrides que nous connaissons.

 

La fin de la Guerre Froide et d'une menace soviétique immédiate n'a pas libéré l'Europe du joug atlantiste qui pouvait alors se justifier et l'Union Européenne, administrée par les globalistes sous influence étasunienne, enserre toujours l'Europe.

 

L'Iran, carrefour eurasiatique, est une cible géostratégique majeure des États-Unis et subit ce même encerclement globaliste, certes d'une manière plus directe. Notre relation aux États-Unis ; entre le vieux continent et le nouveau monde, ne permet pas aux globalistes de nous soumettre frontalement (bien qu'ils ne se cachent pas réellement et que la notion de complot est superflue pour parler de cette subversion en plein jour), alors que l'Iran n'a pas ce lien civilisationnel avec les États-Unis, et par extension l'Occident, avec qui l'Iran a un rapport conflictuel et contre qui l'Iran nourrit une opposition formelle au-delà de ses frontières. La propagande des mollahs repose pour bonne partie sur cet antagonisme qui s'exprime à un niveau d'ordre métaphysique. « Opposition » qui n'est pas infondée du point de vue iranien et qu'un européen peut entrevoir. Sans doute cette situation n'explique pas tous les problèmes de développement de l'Iran et ne fait pas de l'Iran notre allié absolu, sans faire des États-Unis nos amis éternels pour autant.

 

Nous ne reprochons pas aux États-Unis d'être ce qu'ils sont et d'agir pour leurs intérêts qui, si nous parlons d'Occident, peuvent converger avec les intérêts européens en matière de défense du Monde blanc. C'est une évidence. Mais nous ne confondons pas Europe, Occident, États-Unis et Monde blanc. Pas plus que nous ne croyons à la thèse d'une « civilisation judéo-chrétienne » nous ne croyons à la notion de « civilisation occidentale » qui sont des synonymes conceptuels que certains « nationaux-libéraux » aimeraient pouvoir opposer sans fin. Définition de notre civilisation qui, dans les deux cas, est une position néo-conservatrice qui entretient le statu-quo.

 

Notre vision du monde pour l'Europe est européenne. Au concept de « civilisation judéo-chrétienne » nous opposons la définition de « civilisation pagano-chrétienne », et à celui de « civilisation occidentale » celle de « civilisation européenne ». Nous parlerons donc simplement, et en ce qui nous concerne, de « civilisation européenne » pour définir notre civilisation et notre espace civilisationnel. Une « civilisation européenne » : « grand continentale », « boréale » et « eurasiatique ». Encore une fois, cette courte définition et le sens que nous lui donnons est propre à notre idée d' « eurasisme européen », que Robert Steuckers préfère définir d' « européisme fondamental ».

 

Les États-Unis, et nous respectons leur point de vue, se sont émancipés du vieux continent et, de fait, se sont détachés de la vision continentale ; tellurique, du monde, pour former une civilisation autre,  avec ses qualités et ses défauts. Nous n'oublions pas que les américains sont, avant-tout, des européens. Ça paraît bête à dire, mais beaucoup de « dissidents » ont parfois l'air de l'ignorer. L'esprit de conquête ; prométhéen, des américains n'est pas incompatible avec l'esprit européen, il est un héritage européen. La mentalité thalassocratique ; « atlantiste », fait également partie de l'esprit européen. Ce que les russes ont parfois du mal à comprendre et que nous devons nous-mêmes nous rappeler.

 

Il y a – comment l'exprimer simplement ? – un « arc occidental » qui fut allié contre le nazisme et le communisme, et il y a un « axe occidental » qui avait une vision européenne de l'Occident et du Monde blanc qui fut combattu par cet arc. La notion d' « alliés », est une notion qui nous a trahi par le passé. La politique hégémonique des États-Unis n'a pas été bouleversée par le trumpisme au point d'être enluminée par l'idée qu'une nouvelle alliance occidentale contre le reste du monde qui serait un « nouvel axe » soit possible. Nous sommes prit en étaux par la Chine et les États-Unis qui ne supportent pas l'idée d'une Troisième voie pour l'Europe.

 

Il faut aussi rappeler qu'une tradition diplomatique existe entre L'Iran et la France ; que ça n'est pas rien. Pour l'anecdote, la France possédait un marché automobile en Iran. Les États-Unis ont fait pression sur la France pour qu'elle arrête de vendre ces véhicules à l'Iran. La France s'est retirée du marché et les États-Unis se sont mis à vendre des véhicules à l'Iran, entre autres preuves d'amitiés occidentales...

 

La défense du Monde blanc passe précisément par une critique de la politique internationale des États-Unis, et une certaine méfiance envers cet allié s'impose. Que nos amis occidentalistes ne fassent pas de la reconnaissance de l'Occident et de la parenthèse Trump un aveuglement sur l'esprit globaliste des États-Unis et de son lobbyisme contre les intérêts européens. Par contre, au même titre que notre idée d'eurasisme européen avait comme vocation première d'instaurer un dialogue métapolitique avec les avants-gardes russes en matière de pensée non-conformiste, dans l'idée de nourrir la Dissidence d'autre chose que le complotisme et le souverainisme, vous pouvez tout-à-fait développer un « occidentalisme européen » pour dialoguer sainement avec les avants-gardes étasuniennes.

 

Nous ne reprochons pas au « communautarisme blanc » le bon sens et la simplicité de son message, mais être nuancé sur les États-Unis et la notion d'Occident n'est pas dénué de sens ou de l’intellectualisme inutile.

 

Encerclement de l'Iran ; dernière étape d'un Grand Plan ou premier chapitre d'une Nouvelle Diplomatie ?

 

Ce que nous observons n'est pas un mouvement géostratégique inattendu, un n'importe quoi du magnat Trump, ou une lubie juive.

 

Nous éviterons les basses spéculations sur des motivations particulières du président Trump qui, selon nous, sont délirantes, et n'expliqueraient pas ces actes de guerre spectaculaires et surmédiatisés des deux côtés du conflit. Chacun y va de sa propagande : c'est de bonne guerre !

 

Nous pensons que le gouvernement Trump n'avait pas le choix d'une riposte. Un président américain hérite d'une vision géopolitique et stratégique à long terme, ce qu'on appel finalement « état profond », c'est cette continuité dans les affaires et cette vision géostratégique à long terme qui manquent à l'Europe. Cela dit, l'Iran est légitime au Moyen-Orient, c'est une lapalissade, mais, apparemment, cette simple idée territoriale échappe à nos amis occidentalistes. L'encerclement de l'Iran par les États-Unis est une réalité géopolitique, de l'ordre de l'affrontement militaire, qu'il faut appréhender, et qui explique, aussi, l'actuel incident entre l'Iran et les États-Unis.

 

La montée en puissance de ce conflit, quasi séculaire, entre l'Iran et les États-Unis (le monde anglo-saxon), n'est pas quelque chose d'étonnant et qui, même si cela n'ira pas jusqu'à une guerre mondiale, continuera de gonfler si des accords souverains sur le nucléaire iranien ne sont pas pris, et si Israël continue de mener une « guerre de l'eau » perfide à l'Iran...

 

Est-ce que l'assassinat du Général Soleimani est une sanction, une menace, une vengeance ou autre chose ?

 

Nous pensons que c'est une sécurité ; une assurance, avant un désengagement militaire des États-Unis du « croissant chiite ». Un désengagement militaire est un terrain fertile à de nouveaux conflits et de nouvelles alliances qui sont autant de règlements de compte que de prises de pouvoir locales, Kirkouk en est l'exemple ; il faut assurer ses arrières et l'avenir de ses agents dans la région. Il faut des garanties ; le genre de garanties qui ne se demandent pas, qui se prennent. Même les États-Unis le voudraient-ils qu'ils ne pourraient pas sortir du jeu, pour le moins récupérer des actifs, comme ils le veulent et sans écarter, ne serait-ce que momentanément, certaines menaces sérieuses et immédiates, faites de vieilles rancunes et d'une colère souvent légitime si l'on reconnaît la volonté des peuples à disposer d'eux-même. Le Général Soleimani, gardien de la révolution, est une figure symbolique de ces vieilles rancunes et, du point de vue des États-Unis, d'un « terrorisme opératif ».

 

Ce « désengagement » n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle. Cela peut indiquer que l'Iran est totalement encerclé du point de vue étasunien, que les États-Unis veulent marqué le coup, le signifier. La (véritable) riposte de l'Iran sera « froide », autrement dit « terroriste », Trump a donner un droit de riposte terroriste à l'Iran contre des cibles qui, à rebours et à rebond, pourraient tout-à-fait être des ennemis objectifs de sa politique – et de ses tentatives de diplomatie multipolaire avec ceux qui ne sont plus des ennemis, mais qui sont désormais des adversaires, à l'image de la Russie de Vladimir poutine, ce qui ne lui sera jamais pardonné, notamment par les néo-conservateurs, à cause de cette continuité dont nous parlions...

 

Dans cette perspective, nous ne croyons pas qu'il soit dans l’intérêt d'Israël d'être impliqué dans cet « assassinat », auquel cas Israël se serait fait piégé. En effet, le désengagement des États-Unis du proche et moyen Orient isolerait Israël. Israël qui n'a pas intérêt à ce désengagement, mais qui, pragmatique, le prépare certainement et ne souhaite pas attirer les foudres de l'Iran et du monde arabe plus que de raison.

 

C'est plus d'un demi siècle de déploiement militaire et industriel sur l'échiquier mondial des puissances en compétition qui attend une résolution, le projet d'une hyperpuissance qui aboutit et qui sera un jour en face d'une autre hyperpuissance, qui arrive au bout de sa logique. De sa logique, et des limites d'une pyramide de Ponzi planétaire. Une hyperpuissance qui, malgré l'échec syrien, continue sa fuite en avant. C'est un agenda qui va seul.

 

Les États-Unis et ses alliés atlantistes veulent, dans cet élan de désengagement et de redéploiement, modérer l'Iran encerclé et tenir à distance la Russie avant de prendre le contrôle définitif de la Nouvelle route de la soie, se projeter totalement dans le Pacifique ; par ce qui apparaîtra comme un « désengagement paradoxal », et affronter leur véritable ennemi : la Chine, avant qu'elle n'atteigne ce rang d'hyperpuissance. Le dénouement est donc proche, comme l'Orient.

 

L'encerclement de L'Iran, c'est aussi la maîtrise du détroit d'Ormuz, clef de l'économie chinoise. C'est pour cela que le désengagement des États-Unis, qui a suffisamment de bases militaires dans la région (Turquie et autres), doit passer par une certaine entende avec l'Iran. L'Iran doit reconnaître cette défaite et changer de diplomatie à l'encontre des États-Unis vers un dialogue multipolaire, que la Russie peut accompagner. Nous ne savons pas si l'Iran joue la carte de la Chine, honnêtement les relations de l'Iran et de la Chine nous échappent encore... En vérité, l'Iran a les cartes en main. Et devrait miser sur une réélection de Trump.

 

Les intérêts des va-t-en-guerre du monde entier, les influences « atlanto-sionistes » sur les états-profonds du monde occidental, qui animent les événements et réalisent les prophéties ; qui pensent posséder ce pouvoir accélérationniste et eschatologique sur le destin des peuples, suffisent à expliquer cette situation de casus belli à la veille d'une crise financière. Mais une autre élite est possible.

 

Dans cette équation, et dans les commentaires que nous lisons, sont oubliées deux choses : la Russie et la voie multipolaire.

 

En effet, nous ne doutons pas que le président Vladimir Poutine et sa diplomatie vont œuvrer pour éviter une guerre. Une guerre qui, finalement, épuiserait les États-Unis et la Russie au profit de la Chine. Vladimir Poutine arrive à la fin de son dernier mandat (non-renouvelable) en tant que président, ce qui va probablement créer une crise politique en Russie mais qui doit motiver la Russie de Vladimir Poutine de sortir par le haut et d'organiser la paix. D'organiser la paix en préparant une guerre où elle (re)devient l'alliée d'une Europe qui se cherche, et se rapproche des États-Unis qui, sous le gouvernement Trump, essayent de changer d'esprit diplomatique, par des « compromis orientaux »... Une guerre ; une démonstration de force, qui pourrait se limiter à une adversité économique et techno-scientifique, une guerre économique qui peut indiquer au « monde blanc » la voie multipolaire contre le monde multilatéral des globalistes et des souverainistes.

 

L'accès aux ressources et le contrôle des voies commerciales peut se régler par une paix multipolaire sans passer par cette guerre multilatérale et globale de haute intensité que nous redoutons.

 

L'Iran se vengera sans doute ; peut-être sous fausse bannière, ou peut-être pas, mais il faudra alors que le sacrifice du général Soleimani ait un sens : celui du développement de l'Iran. Ça n'est pas de la tiédeur, mais il faut être neutre sur cette actualité qui n'en est pas une, mesuré sur l'Iran qui a donné des gages à l'occident contre le terrorisme takfiriste, et juste envers la réaction américaine contextuelle.

 

Nous pensons qu'il soit possible que l'Iran ait « lâché » Soleimani qui était peut-être devenu « incontrôlable ». Le fait que l'Iran en fasse un martyr pour nourrir sa propagande n'empêche pas que, derrière l'assassinat de Soleimani, se cache peut-être des manœuvres d'accord de paix à moyen long terme entre l'Iran et les États-Unis. En outre, l'exécution de Soleimani rapproche le peuple des mollahs, en effet, l'Iran traversait une crise sociale qui s'exprimait par des manifestations contre le régime, ce que les mollahs supportent assez mal. Trump a (temporairement ; et certainement malgré lui ?) réglé le problème des mollahs et, d'une certaine manière, stabilisée la société iranienne en proie à une révolution colorée.

 

Il faut tout de même comprendre que les iraniens ont accomplit une révolution contre l'esprit postmoderniste avant tout autre entité conservatrice, nous n'avons pas la supériorité morale de ceux qui veulent partout instaurer la démocratie et les droits de l'Homme pour juger de cela, et nous combattons également, avec notre logiciel européen, cet esprit post-moderniste et nihiliste. Certes notre logiciel et celui de l'Iran sont différents, mais la pulsion révolutionnaire et conservatrice est la même. Certes le projet « archéo-futuriste » de la révolution iranienne a visiblement échoué, mais c'est au peuple iranien d'en décider. De décider des termes de son échec et de sa renaissance. Nous en sommes là.

 

Parenthèse métapolitique et synthèse initiatique d'une révolution inachevée

 

D'une certaine façon et malgré tout, cet acte marque la fin du « moment populiste » et ouvre la voie à une nouvelle forme métapolitique, une nouvelle forme de diplomatie. Trump a été aussi loin qu'il le pouvait vers la multipolarité. L'Europe et ses avants-gardes n'ont pas réellement répondu à Trump, pas plus qu'ils n'ont répondu à Poutine.

 

La question n'est pas de savoir si il y aura une guerre mondiale ou pas, et qu'est-ce qui la déclenchera. Nous sommes toujours plus ou moins en guerre quelque part quelque soit la forme de cette guerre que nous pourrions presque qualifier de « compétition permanente » à ce niveau d'évolution de l'humanité. La question est de savoir : quelle diplomatie pour l'Europe après Westphalie ? « Diplomatie » veut dire vision du monde et rapport à l'autre, dont le rapport des européens entre eux en premier lieu, le rapport de l'Europe aux États-Unis, et, surtout, le rapport des États-Unis à l'Europe, qui n'est pas clair, pas assez pour que l'on puisse parler d'Occident. Le rapport de la Russie à l'Europe est beaucoup plus clair, et permet une approche « eurasiatique » de l'Europe, en tout cas, permet un dialogue métapolitique entre l'Europe et la Russie.

 

Les réseaux francophones de l'internationale antisioniste (dont le Hezbollah reste l'avant-garde sur le terrain de la lutte armée mais dont un certain esprit européen reste l'avant-garde « spéculative »), avant d'être repris-en-main par les dissidences vocifératrices, avaient vocation de prévenir cette situation, de la comprendre, de l'expliquer, de l'anticiper. De nous faire comprendre certains enjeux géopolitiques continentaux, entre schismes islamiques et claniques des orients très compliqués ; proches et lointains, orthodoxes et musulmans, des côtes du Donbass aux confins de l'Inde éternelle, en passant par les monts brumeux de l’Azerbaïdjan et l'épicentre orthodoxe du monastère de Valaam, pour nous diriger vers la voie continentale ; et une vision multipolaire de l'organisation mondiale contre le globalisme étasunien. D'instaurer un nouveau Verbatim allié-ennemi pour augmenter notre opposition radicale à tous les « mondes diplomatiques ». Une opposition qui, précisément, n'arrive pas à nommer l' « ennemi », mais aussi pour motiver nos prises de positions vers un « dialogue multipolaire » et nommer ce dialogue, sous forme d'une doctrine politique continentale ; pour la renaissance et la pérennité de la plus Grande Europe de Jean Parvulesco et de Jean Thiriart, pour le retour de l'Europe dans le Grand Jeu.

 

Mais ces « réseaux francophones » passés d'abord au crible des ligues communistes, puis antifascistes, ensuite dissidentes, ont échoué dans leur mission et ont détruit la notion de « non-alignement » qui se traduisait, pour nous, par « Ni Moscou, Ni Washington » vers une Troisième voie européenne. Une Europe non-alignée ; souveraine, c'est l'imaginaire collectif qu'auront refusé de construire les souveraino-souverainistes et chauvino-mondialistes de nos milieux sur les bords en épuisant les ressorts antisémites (et, par là, un certain lien avec l'antisionisme politique des luttes armées) et anti-occidentaux (qui ont leurs fondements mais pas à ce niveau de caricature et d'ethnomasochisme), au détriment de cette Troisième voie, forcément et ultimement raciale.

 

Les « non-alignés » n'ont pas empêcher les dissidents européens d'aller au bout de leur quête identitaire et de construire une Europe forte ; c'était même le seul espoir pour eux de s'opposer « réellement » à la politique des États-Unis et de sortir de l'état de « résistance ». D'une « résistance » assez faible face aux moyens et intelligences étasuniennes et atlantistes sans une renaissance de l'Europe.

 

Le complotisme était bien la maladie infantile de l'eurasisme ; une maladie qui mène aussi bien à E&R qu'à Démocratie Participative. Le fascisme 2.0 ; « de pure frime », n'a pas de réponse aux questions civilisationnelles ; identitaires et existentielles, du 21ème siècle. La notion de « non-aligné » est morte comme l'idée d'une « internationale antisioniste » où serait ontologiquement cachée un « anarchisme solaire » ; il n'y a plus que la notion de « multipolarité » qui pourra être comprise et acceptée par les européens en proie à l'islamisation et l'africanisation.

 

« Compliqué de comprendre à quoi joue #Trump en ce moment. Soit il est complètement tenu par #Israël, soit il est débile, soit vraiment très malin ? Attendons... » Alain Soral, Twitter

 

La défense timide de l'Iran par les dissidences souverainistes et antisionistes, qui n'ont pas refusé les pistaches, démontrent l'inanité ; la lâcheté, du souverainisme politique et la pauvreté de cette métapolitique imposée à la Droite depuis des années. Et qui empêche finalement les nouvelles et jeunes droites identitaires révolutionnaires européennes de rejoindre cette idée de « résistance internationale » à l'atlantisme pour sauver l'Europe, l'Occident et le Monde Blanc de leurs turpitudes postmodernes : du nihilisme.

 

Les subversifs, les idiots et les utiles ont réussi à détourner le « mouvement antisioniste » ; non-aligné, de sa cause première qui n'est ni d'être un « orientalisme d'extrême-gauche » ni un « tiersmondisme d'extrême-droite » ni une « alliance égalitariste » ni un « front de la foi réconciliateur » mais se voulait un dialogue des luttes métapolitiques et armées pour se défaire mentalement et militairement de l'hégémonie globalisante et uniformisante du « Libéralisme triomphant », pour entrevoir un autre horizon que la fin de l'histoire.

 

Cette lutte pan-nationaliste de libération regarde les avants-gardes politiques des États-Unis et de l'Europe au même titre qu'elle regarde l'Iran ou encore la Russie, et elle est la seule « internationale » qui puisse exister, sans ingérence ou soumission d'une part et l'autre. C'est aux « dissidents » de chaque pays de respectivement imposer leur vision du monde à leur nation, quant à « l'appui extérieure », il réside en notre fort intérieur, et une fraternité d'esprit, nul part ailleurs. Le seul soutient extérieur qui sera acceptable, c'est celui qui se placera sous l'égide d'une doctrine ; d'un ordre, d'un socle philosophique et politique commun ; qui s'imposera d'elle-même, qui ne suppose aucune existence si elle ne s'impose pas dans les faits, par la pratique et l'expérience, si elle n'existe même pas au stade d'une littérature de combat fanatiquement prophétique, qui a le goût de la vie.

 

Nous vous renvoyons premièrement à une conférence de Robert Steuckers prononcée à l’Université de Gand, le 8 mars 2012 et à d'autres articles pour mieux comprendre l'empire. L’inquiétude des eurasistes se réalise dans les hébétudes des dissidences restées complotistes...

 

Nous vous proposons également d'écouter ce qu'Alexandre Douguine en dit dans un entretient donné à TV turc.

 

Il y a des Rubicon à ne pas franchir ; « savoir jusqu'où on peut aller trop loin » est une doctrine qui vaut pour les orientaux, et pour les occidentaux. Notre crise civilisationnelle ne justifie pas de balayer les longues mémoires et le souvenir des luttes d'un revers de la main, de briser tous liens culturels, diplomatiques, avec tout ce qui n'est pas blanc et occidental. Si l'Europe veut mourir qu'elle sache, poussière, où elle s'en retourne.

 

Que l'Occident sache ce qu'il doit à la civilisation européenne dont une part de mémoire et d'héritage ; de Tradition, est « orientale », et réside de l'Ouest à l'Est, du Sud au Nord, de l'Europe charnelle. Ainsi que le Monde blanc ; que nous pouvons considérer comme une entité supérieure, qui surplombe l'Europe et l'Occident, n'a pas plus ou moins d'ennemis et d'alliés à Téhéran qu'à Washington.

 

Ne sous-estimez pas l'Iran et le silence russe.

 

Nous espérons, s'il est question d' « espoir », que les États-Unis, qui ont une responsabilité envers l'Occident et le Monde blanc, savent jusqu'où ils peuvent aller trop loin.

 

Ou l'Iran sera le tombeau de l'Occident.

 

« Ainsi se fait-il que malgré l'état de l'actuelle mainmise inconditionnelle de la conspiration mondialiste sur l'ensemble des structures politiques de la social-démocratie, l'histoire, de par elle-même, avance en imposant de force sa propre spirale décisionnelle, ses propres changements de fond et ses propres formes de renouvellement par dessus les circonstances de fait et les desseins hégémoniques de l'impérialisme démocratique des États-Unis subversivement à l’œuvre à l'intérieur de l'espace de sa visée européenne permanente : mystérieusement, des choses se font, qui ne devraient pas se faire, des choses à la fois irrévocables et secrètement fondamentales. Comme si, sans cesse, l'histoire échappait de par elle-même à l'emprise de la subversion mondiale sur l'Europe naissante, à toutes les manigances dans l'ombre. On l'a vu, l'objectif ultime de la grande stratégie politique actuelle et à venir de la conspiration mondialiste est et sera celui d'empêcher par tous les moyens l'émergence impériale de la Grande Europe : malgré cela, de par le mouvement intérieur même de l'histoire est en marche, la plus Grande Europe ne cesse de progresser, inéluctablement. Et c'est du sein même du pouvoir social-démocrate européen que les initiatives concernant cette marche en avant de l'Europe, comme celle de Joschka Fischer, surgissent, alors que le pouvoir social-démocrate n'est là que pour empêcher l'affirmation, la mise en œuvre effective. L'étonnante performance européenne de Jacques Chirac, le 27 juin 2000, à Berlin, devant le Reichstag au grand complet, appartient au même genre d’opération inconsciemment imposée par la marche propre de l'histoire, de l'histoire qui suit les commandements de sa propre irrationalité dogmatique. Quoi qu'ils fassent, ce n'est que ce qui doit se faire qui se fera.

 

Car l'histoire qui se révèle dans ses choix propres sera toujours plus forte que l'histoire qui révèle les choix que l'on tente de lui imposer.

 

Des forces historiques irrationnelles combattent souterrainement, soutiennent notre propre combat pour la mise en piste de l'axe Paris-Berlin-Moscou. Les apparences objectives de la situation sont contre nous. Mais, à la fin, seules comptent les certitudes contre-objectives émanant de la marche même de l'histoire, la part abyssale. » Jean Parvulesco, La confirmation boréale, La Stratégie contre-mondialiste de l'Axe Paris-Berlin-Moscou, La Plus Grande Europe progresse. Inéluctablement, pp. 311-312, aux éditions Alexipharmaque

 


 

Vive l'Empire !