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21/02/2015

Réflexions générales sur le concept d’ « Eurasie » (Robert Steuckers)

 

Source : Le blog de Robert Steuckers

 

 

Conférence préparée pour une rencontre eurasiste à Marseille, le 12 juillet 2014, présentée lors des « Rencontres eurasistes » de Bruxelles, le 18 octobre 2014

 

Quand on parle d’eurasisme actuellement, on a tendance à y voir une sorte d’ersatz des idéologies défuntes, qui devrait incessamment en prendre le relais, comme le voulaient par ailleurs les eurasistes des années 20 et 30, dont les démarches ont été analysées avec minutie par le Professeur Marlène Laruelle (1). Celle-ci démontre le caractère éminemment russe de la démarche eurasiste des années 20 et 30. Par conséquent, si l’Europe, le sous-continent indien, la Chine et d’autres puissances d’Asie centrale ou d’Asie orientale adoptent une stratégie « eurasienne » ou « eurasiste », le concept d’un eurasisme nouveau, conforme aux aspirations de l’Europe ou de ces autres puissances petites ou grandes, doit certes garder son noyau théorique russe, vu la qualité des arguments développés par les eurasistes de l’émigration russe de Berlin, Prague, Bruxelles et Paris entre 1920 et 1940 mais il doit aussi être élargi pour en faire la pratique naturelle des puissances du BRICS et donner corps à la géopolitique pragmatique suggérée à tous par le président kazakh Nazarbaïev, qui assure aujourd’hui les destinées de l’Etat le plus central de la masse continentale eurasienne, du « Heartland » tel qu’il fut théorisé par Sir Halford John Mackinder en 1904.

 

Les Chinois et les Japonais (la filière géopolitique « mandchoue » de l’école dite de Tokyo, inspirée par les thèses grandes-continentales de Karl Haushofer) apporteront certainement leur pierre au nouvel édifice et la tâche de futures « rencontres eurasistes » pourraient fort bien être d’illustrer et de commenter des travaux réalisés à l’autre extrémité de la masse continentale eurasienne car la raison pragmatique nous induit tout naturellement à penser que l’avenir de l’Extrême-Orient aurait bien sûr tout à gagner d’un apaisement des tensions récentes entre la Chine et le Japon et à une réactivation des projets d’une grande « sphère de coprospérité est-asiatique » (Daitoa Kyoeiken), théorisés immédiatement avant la seconde guerre mondiale par le Prince Konoe, par le ministre japonais des affaires étrangères Matsuoka Yosuke et par le géopolitologue Sato Hiroshi (qui parlait également d’une « sphère de coprospérité des mers du Sud ») (2). Sato Hiroshi se réclamait de Haushofer dans la mesure où celui-ci estimait dans ses écrits que le Japon avait pour mission historique de contrôler les espaces de la « zone des moussons », dont la géopolitique américaine d’aujourd’hui reparle d’ailleurs avec grande précision, formulant un projet de contrôle serré de cette zone au départ de bases situées dans l’Océan Indien pour que Washington hérite définitivement, ou du moins durablement, des atouts que possédait l’Empire britannique jusqu’en 1947, année où les deux puissances rivales du sous-continent indien ont acquis leur indépendance (3).

 

De Krymski a Beckwith

 

 

Pour nous Européens de l’Extrême-Occident de la masse continentale eurasienne, une théorie eurasiste n’est possible qu’à la condition d’intégrer dans toute démarche politique ou diplomatique future et « eurasienne » le fait archéologique et linguistique indo-européen, comme l’admettait aussi un historien russe pré-eurasiste mais indo-européanisant du 19ème siècle, Agafangel Efrimovitch Krymski (1871-1942). En effet, avant la ruée des cosaques du Tsar vers le Pacifique, à partir de la fin du 16ème siècle, les peuples européens n’ont connu de projection vers le centre de la masse eurasienne qu’à l’époque de la conquête de ces vastes espaces steppiques par des peuples cavaliers proto-iraniens, comme le démontre avec une remarquable érudition le Professeur Christopher I. Beckwith (4) qui voit l’idéal politico-religieux le plus emblématique des peuples d’Eurasie formulé implicitement dès l’époque axiale de cette première migration vers le centre de l’Asie, vers les hauts plateaux iraniens puis vers la Chine (au-delà de la Dzoungarie), migration portée par des guerriers montés sur chars, aventureux, regroupés en « comitatus » autour d’un « prince » énergique, fondateur de structures politiques solides, figure charismatique qu’il faut imiter et reproduire sans cesse pour la gloire du peuple ou de la lignée dont on est issu. Pour Beckwith, l’idée eurasienne, l’idée seule capable de donner vigueur aux « empires de la Route de la soie » et des périphéries que Mackinder nommaient les « rimlands », est directement issue de ces premières vagues de la diaspora indo-européenne en Asie centrale, en Iran (y compris dans le royaume moyen-oriental de Mitanni) et au-delà de l’Indus dans le sous-continent indien, sous l’impulsion de la caste des kshatryas.

 

Pour Beckwith, ce modèle est certes d’origine européenne, se manifeste pour la première fois chez ces Proto-Iraniens, mais il a été repris successivement par tous les fondateurs d’empires de cette très vaste région, qu’ils aient été européens, huns, turcs, mongols, mandchous, etc. Tout théoricien ouest-européen d’un eurasisme nouveau doit donc intégrer ce fait protohistorique de la diaspora indo-européenne (ou proto-iranienne) dans ses réflexions (géo)-politiques, savoir qu’elle a un droit d’aînesse sur le plan axiologique, les ressacs qui ont suivi cette première expansion proto-iranienne, à partir des invasions hunniques ayant acculé l’Europe dans le cul-de-sac de la péninsule européenne, entre Mer Noire et Atlantique (res nullius à l’époque).

 

L’Europe-cul-de-sac

 

 

Aucune perspective géopolitique valable ne peut vouloir ce statut médiocre d’isolé en cul-de-sac, où semblent aujourd’hui se complaire les eurocrates, animés par des idéologies boiteuses, amnésiques, méprisables qui font dire à l’écrivain russe contemporain Edouard Limonov que l’Europe occidentale est devenue un « Grand Hospice ». Déjà au 12ème siècle, l’érudit anglais Guillaume de Malmesbury justifiait les Croisades non pas par le désir pathologique de faire la guerre à ses voisins mais de sortir de ce cul-de-sac pour récupérer les ports d’accès aux routes de la soie, pour ne pas mariner dans un isolement qui conduit à l’implosion, ce que confirme par ailleurs la grande spécialiste allemande contemporaine de l’histoire d’Arménie, Tessa Hofmann (5), quand elle évoque les royaumes arméniens de Cilicie aux 13ème et 14ème siècles. Après avoir reçu l’amical aval du grand Empereur Frédéric I Barberousse, ceux-ci branchaient, via les éléments croisés qui structuraient et protégeaient la région, l’Europe occidentale du moyen-âge sur le commerce d’Asie, première tentative de rompre l’encerclement, l’enclavement, qui étouffait l’Europe en occupant durablement la région d’Antioche, en tenant à distance les éléments seldjouks qui prétendaient couper les communications. Les Arméniens du « Comté d’Edesse » ont initié les caravaniers italiens aux routes de la Soie : c’est au départ des ports ciliciens, aux mains des Arméniens et des Croisés, que Nicola et Marco Polo entreprendront leurs voyages vers les immensités asiatiques ou vers la Cour du Grand Khan.

 

« Shatterbelt » et « gateway regions »

 

Quand on se complait dans l’idée médiocre d’une « Europe-cul-de-sac », on pose les limites orientales de l’Europe, limites purement théoriques, totalement dépourvues de pertinence, sur les Monts Oural alors que le sommet le plus élevé de cette chaine de collines est de 1600 m, exactement comme le Chasseral dans le Jura suisse. Entre l’Europe proprement dite, celle de l’espace civilisationnel médiéval, et les autres espaces impériaux d’Asie, de Perse et d’Inde, se situe un « shatterbelt » de zones mixtes, de zones de transit que le géopolitologue américain contemporain Saul B. Cohen (6) nomme également les « gateway regions » ou les « gateway states » : la Cilicie arménienne du temps des Croisades était une porte d’accès au « gateway » géant qu’est la Route de la soie ; l’Ukraine d’aujourd’hui est une autre « gateway region » et c’est, par la force des choses, une zone de fortes turbulences géopolitiques, tout comme le Nord de la Syrie et tout l’espace bouleversé par les forces de l’EIIL, un espace qui est bel et bien le correspondant actuel et l’extension vers la Perse de la Cilicie des 13 et 14ème siècles, mais un espace cette fois bouleversé de fond en comble, au point de ne plus pouvoir jouer pleinement son rôle de « gateway ». Début 2015, les observateurs les plus pertinents des effervescences en gestation pronostiquent d’ores et déjà de nouvelles zones de turbulence en Moldavie et au Turkménistan voire un affaiblissement programmé de l’Europe par une variante nouvelle des  « révolutions de couleur », sous la forme d’une confrontation entre populations autochtones (opérations PEGIDA en Allemagne et « Je suis Charlie » en France) et immigrés musulmans qui grèvera dangereusement les budgets des Etats et fragiliseront l’euro, suite à la crise grecque et à la victoire probable de l’extrême-gauche hellénique.

 

Cette brûlante actualité doit nous obliger à signaler les débuts d’une constante de l’histoire : les cavaliers proto-iraniens de la protohistoire, et leurs successeurs scythes ou alains, ont lié le vaste « shatterbelt » entre l’Europe et l’Inde, entre l’Europe et la Chine. Cette réalisation n’a suscité que nostalgies : l’Empire romain voulait rétablir la liaison avec l’Inde et la Chine, on le sait désormais comme le prouve l’importance de certains ports antiques en Mer Rouge, le site caravanier transarabique de Pétra en Jordanie ou les campagnes des empereurs romains en Mésopotamie. L’histoire des vagues successives de peuples cavaliers indo-européens vers l’Inde et la Chine devrait donc relever d’un savoir indispensable, digne complément des anciennes « humanités » (sabotées par des politiciens veules et criminels), nécessaire noyau d’une future paedia renaissanciste, dont les jalons ont été posés par Iaroslav Lebedynsky, auteur de monographies précises sur chacun des peuples cavaliers de la grande « gateway region » steppique entre Europe et Chine.

 

Attila pénètre dans la trouée pannonienne

 

Les momies du Tarim (7), comme les démonstrations du Prof. Christopher I. Beckwith, et les analyses grammaticales et sémantiques de la langue tokharienne, parlée par les ressortissants de ce peuple dont proviennent les momies, prouvent l’influence prépondérante de ces peuples cavaliers, charistes et tisserands sur le développement initial de la civilisation chinoise. Ces peuples, descendants des Proto-Iraniens, ainsi que les Tokhariens et apparentés, garderont une maîtrise complète de l’espace steppique eurasien dont la qualité stratégique est celle d’un « shatterbelt » selon Cohen, jusqu’en + /- 200 av. J. C. A ce moment-là une confédération de peuples nomades hunniques, qui reprend à son compte le haut degré d’organisation sociale des Proto-Iraniens et de leurs descendants, que l’on peut dire inspirés par les valeurs insignes et fondatrices du proto-zoroastrisme, provoque, par ses coups de butoir, le reflux des Indo-Européens en Asie centrale. Leurs successeurs huns se heurteront au barrage des empires : la Chine tient le coup, Rome s’effondre dès que les cavaliers du chef Attila pénètrent dans la trouée pannonienne, le territoire de l’actuelle Hongrie, point central et névralgique du dispositif impérial romain sur l’axe fluvial danubien. Le choc survenu en Pannonie provoque l’effondrement de l’Empire romain, y compris en Méditerranée. Celle-ci, bien que d’importance cardinale, ne suffisait pas pour en conserver la cohérence et l’unité.

 

 

Les tenants d’une vision scolaire et étriquée de l’histoire antique de Rome considèrent que celle-ci est une civilisation exclusivement « méditerranéenne », axée sur ce que Mussolini, pétri de nostalgie romaine, appelait la « Mare Nostrum ». Rome, on l’oublie trop souvent, était également une civilisation rhénane-mosellane autour de Trêves et de Cologne. Elle se déployait également le long de l’axe danubien. Donc le long de deux voies de circulation posées sur un axe Ouest-Est, la Méditerranée et le Danube, lequel était toutefois partiellement interrompu à hauteur des « portes de fer » (sur l’actuelle frontière serbo-roumaine) ou « cataractes de l’Ister ». Tout empire, qu’il soit perse, romain ou chinois, est aussi un réseau de communications : Rome, et par conséquence, l’Europe, reposait dans l’antiquité 1) sur les voies maritimes méditerranéennes dès que Caïus Julius reçoit le titre de « Caesar » pour avoir vaincu les pirates de la Méditerranée (son premier triomphe) ; 2) sur les voies de communications terrestres que furent les routes romaines ; 3) sur les voies fluviales au départ de la rive occidentale du Rhin et de la rive méridionale du Danube. L’impérialité romaine en Europe est donc la maîtrise de ces trois modes de communications que la restauration impériale pippinide/carolingienne voudra remettre en état de fonctionnement après la déchéance des derniers Mérovingiens : l’effondrement du Bas Empire avait été suivi d’une désagrégation du système des routes romaines, si bien que seules les communications par voies d’eau permettaient encore le transport de masse.

 

Le partage de Verdun de 843

 

On ne répétera jamais assez que le fameux partage de Verdun de 843 partage en fait des systèmes fluviaux entre les héritiers du fils de Charlemagne : à la Francie occidentale, les bassins de la Somme, de la Seine, de la Loire et de la Garonne, soit ce que les historiens et cartographes appellent désormais l’ « espace gallique » ; à la Lotharingie centrale, dévolue à l’aîné Lothaire et détentrice de la titulature impériale, les bassins de la Meuse, du Rhin, du Rhône et du Pô ; à la Francie orientale, dévolue au jeune et vigoureux Louis, les bassins fluviaux parallèles de la grande plaine nord-européenne et le devoir de reconquérir le Danube sur toute sa longueur, jusqu’à la Mer Noire, accès à la mythique Colchide des Argonautes et porte de la Perse. Louis établit ses capitales à Francfort sur le Main, entre la Rhénanie urbanisée et le reste de son royaume, et à Ratisbonne (Regensburg) sur le Danube, afin, justement, de se projeter vers l’aval du grand fleuve central. Ce partage de Verdun était sage et la mort prématurée de Lothaire donnera au jeune Louis la titulature impériale, après quelques vicissitudes guerrières, soit le double « espace lotharingien et germanique », au détriment de Charles le Chauve, roi de la Francie occidentale, dont les successeurs n’auront de cesse de vouloir usurper l’héritage de Lothaire, en le grignotant pendant près de dix siècles, arrêtant sa fringale territoriale par l’annexion illégitime de la Savoie en 1861 et ne laissant comme lambeaux intacts qu’une Belgique écervelée et amnésique, un Luxembourg comme coffre-fort, une Hollande isolée au nord du Rhin et de la Meuse et aliénée mentalement par un calvinisme anti-impérial (bien décrit par le philosophe allemand Christoph Steding), une Italie padanienne prospère mais liée à l’Adriatique et à la zone alpine, une Suisse, dont le territoire romand s’étend entre l’arrière-pays jurassien au sud de Bâle et Genève, là où les fleuves commencent seulement à être navigables, rendant cette Suisse au-delà de Bâle et de Genève inintéressante, contrairement au réseau routier de la Franche-Comté, pour les impérialistes galliques ou ouest-franciens, à partir de Philippe le Bel et de Louis XI. Les querelles innombrables et incessantes qui ont suivi la mort du malheureux Lothaire vont donc déterminer pendant plus de mille ans l’histoire de la péninsule occidentale de la masse territoriale eurasienne et l’empêcher de faire le grand bon en avant pour récupérer en Asie centrale son droit d’aînesse, héritage des « comitati » rassemblés autour de princes cavaliers énergiques, une quinzaine de siècles avant notre ère. 

 

 

Toynbee et la Bithynie

 

L’objectif des sages qui ont présidé à l’élaboration du Traité de Verdun était donc de laisser le bassin danubien au plus jeune et au plus vigoureux des héritiers du fils de Charlemagne, pour qu’il puisse faire face aux Hongrois et réorganiser le Danube jusqu’à son delta, afin d’y restaurer une impérialité « romaine », portée cette fois par les Francs et/ou les Germains. Le but était d’atteindre la Mer Noire et de renouer avec un système de communications permettant de commercer avec les Byzantins et les Perses voire avec tous les peuples qui vivaient au-delà de cette Perse mythique, de cet Orient qui avait été « indo-européen » avant d’être récemment islamisé. La Mer Noire, mer intérieure, est, pour les Européens de l’Ouest, la porte vers l’Eurasie, tout comme elle est, pour les Russes, un accès potentiel à la Méditerranée orientale, nécessité que postule leur volonté d’être tout à la fois les héritiers de la civilisation grecque (qui fut un Axe nord-sud, pontique/est-méditerranéen, dont le Bosphore était un goulot d’étranglement en position centrale) et de l’impérialité byzantine. Arnold Toynbee, qui a animé le « Royal Institute of International Affairs », instance compilant une immense documentation et téléguidant l’action des diplomates et stratégistes britanniques, était byzantinologue : pour lui, la civilisation grecque, posée comme matrice de la civilisation européenne (ce qui n’est que partiellement vrai à nos yeux !), est une civilisation qui lie l’espace aride du bout de la péninsule balkanique baignée par l’Egée mais tire ses substances vitales, son blé, son bois, de la maîtrise de l’espace pontique. Il n’y a pas de civilisation grecque sans les ressources de la Crimée, qui passent par le Bosphore. Autour de ce Bosphore, plus particulièrement en Bithynie, écrit Toynbee, se trouve un territoire qui, si on le domine durablement, donne tout à la fois la clef de la Méditerranée, l’accès aux routes de la soie ou à la « gateway region » de Scythie (l’actuelle Ukraine !), permet aussi l’accès à la Perse par la Colchide transcaucasienne, etc. Rome hérite de cette puissance en conquérant la Bithynie : elle sera, immédiatement après César, maîtresse du Danube, de la Crimée et de l’espace pontique et entrera en conflit avec l’Empire perse qui, lui, cherchera à se projeter vers la Méditerranée orientale : Byzance, puis l’Empire ottoman, hériteront de ce clivage Rome/Perse. Et l’adversaire ottoman de l’Europe entre le 14ème et le 18ème siècle a acquis sa puissance et sa force d’expansion immédiatement après avoir consolidé ses positions en Bithynie, ce qui lui a permis de conquérir l’Anatolie occidentale et une bonne partie des Balkans, avant même la chute de Constantinople.

 

 

Charlemagne, incarnation d’une impérialité devenue romano-germanique, ne s’opposait nullement à Byzance, à l’Empire romain d’Orient, dirigé par le Basileus : le modèle qui le fascine, et qu’il adoptera pour embellir sa capitale d’Aix-la-Chapelle, sera précisément byzantin. Le Dom d’Aix-la-Chapelle, édifié sur un plan octogonal, reflète une splendeur byzantine, surtout depuis sa restauration récente. Charlemagne respectait donc le droit d’aînesse de l’Empire romain d’Orient et visait à lier territorialement son Empire franc à celui du Basileus. Pour y parvenir, il fallait dégager la trouée pannonienne au niveau de la puszta hongroise et rétablir le contact avec les Byzantins à hauteur des « portes de fer ». Pour réaliser un tel projet impérial, il fallait creuser une voie d’eau entre le Main et le Danube, entre le bassin rhénan dont les eaux se jettent dans la Mer du Nord et le bassin danubien, dont les eaux coulent vers la Mer Noire. En 793, Charlemagne ordonne le creusement d’un canal, que l’on appellera la fosse caroline ou fossa carolina ou Karlsgraben. Elle servira pendant un temps assez long au cours du haut moyen-âge, avant de s’enliser et de décourager les marchands vu la difficulté que constituait le système des biefs élémentaires de l’époque, mais elle s’avèrera utile dans les opérations logistiques, d’abord pour mettre un terme définitif à la domination des Avars sous Charlemagne, ensuite pour repousser les envahisseurs magyars, définitivement battus par Othon I en 955 à Lechfeld, permettant l’établissement définitif du Saint Empire Romain de la Nation germanique. Il y a à nouveau impérialité en Europe, à partir de la victoire d’Othon, parce qu’il n’y a plus de blocage hostile, porté par un élément quelconque niant ou ignorant l’héritage romain, en Pannonie.

 

Restaurer l’Empire par la maîtrise de la Pannonie

 

 

L’objectif stratégique de Charlemagne à Othon I a bel et bien été la maîtrise du Danube et de la plaine pannonienne car, dès que ce plan se réalise, il y a alors retour automatique à une impérialité à la romaine puisque Rome entretenait de nombreuses légions en Hongrie actuelle, dont les bains chauds de Budapest sont un souvenir remarquable, au même titre que ceux d’Aix-la-Chapelle. Autre preuve de restauration impériale : l’impérialité romaine était l’alliance de la sédentarité latine et de la mobilité cavalière (et eurasienne !) des foederati iazyges et roxolans (étudiés par Lebedynsky), dont les humanités un peu figées de nos curricula scolaires d’antan ne nous parlaient pas encore. Rome en effet, comme Athènes jadis avec sa police scythe, tablait sur le concours de cavaliers aguerris issus de la steppe : on les appelle surtout des Sarmates dans les sources classiques mais les unités qui servaient en Pannonie portaient les noms tribaux de Iazyges et de Roxolans. Ces cavaliers expérimentés étaient chargés de protéger cette trouée pannonienne contre les attaques des Daces ou des tribus germaniques comme les Quades ou les Marcomans. 

 

Par la conversion des Hongrois, la Pannonie, après la victoire d’Othon I, retrouve une garnison permanente de cavaliers de la steppe, de cavaliers eurasiens, qui promettent fidélité à l’Europe (à la « chrétienté » dans le langage médiéval), de toujours se ranger du côté de celle-ci et d’interdire à toute invasion venue de la steppe de bouleverser encore l’ordre néo-romain. Les Hongrois ont toujours tenu cette promesse, en laissant passer les Croisés, en luttant héroïquement contre les Turcs aux 15ème et 16ème siècles, en se sacrifiant deux fois dans les rues de Budapest en 1945 (pour protéger Vienne) et en 1956. Aujourd’hui toutefois, le parti nationaliste hongrois Jobbik, dégoûté sans nul doute par la veulerie et l’impéritie criminelle des cliques eurocratiques (qui cultivent avec une obstination pathologique le déni de toute romanité donc de toute européanité vraie et héritée), parie pour un eurasisme pantouranien, renouant avec quelques antécédents : les idées pantouraniennes des transfuges hongrois, devenus généraux dans l’armée ottomane, après la révolte de 1847-1848 matée par les Autrichiens ; les visions du turcologue judéo-hongrois Armin Vambéry, théoricien d’un pantouranisme dont les Hongrois de l’Empire des Habsbourgs seraient partie prenante, tout comme pour son homologue et coreligionnaire judéo-lorrain David Léon Cahun ; l’idéologie pantouranienne du géographe Pal Teleki (1879-1941, suicidé), futur ministre des affaires étrangères et premier ministre anglophile du gouvernement Horthy avant la deuxième guerre mondiale. Il semble que ce pantouranisme hongrois d’avant le néo-nationalisme actuel du mouvement Jobbik ait été une manœuvre occidentale, franco-britannique, pour disloquer l’Empire des Habsbourgs, ruiner tout nouveau tandem austro-hongrois ou germano-hongrois et balkaniser la Mitteleuropa, comme l’a fait le Traité de Versailles de 1919.  

 

 

Des Sicambres à Parzival

 

L’impérialité romaine puis l’impérialité othonienne recèlent donc toutes deux une dimension eurasienne, non retenues par les humanités édulcorées et figées ad usum Delphini ou par certains eurasistes russes des années 20 et 30 qui fustigeaient la civilisation « romano-germanique » en la décrétant imperméable à tout dynamisme d’origine eurasienne ou fondamentalement étrangère à la civilisation byzantine. Les éléments scythes puis sarmates ont été déterminants dans le façonnage du mental germanique, dépositaire de la titulature impériale, comme le note bien le Prof. Beckwith. Par ailleurs, de nouvelles études tendent à prouver que les éléments sicambres de la confédération franque, originaires de Cologne et de sa région et dont sont issus les Mérovingiens, avaient des origines sarmates (8), tout comme les mythes arthuriens, faussement dits « celtiques », en Britannia. Les idéaux sarmates, ceux du « comitatus » proto-iranien selon Beckwith, serviront, tout comme le « fottowat » musulman imprégné de traditions persanes (Saladin !) et non arabes, à faire éclore, dans le sillage des Croisades, le noyau dur de la civilisation européenne médiévale, c’est-à-dire les ordres de chevalerie, exprimée notamment par le mythe de Parzival (Perceval chez Chrétien de Troyes) dans l’œuvre de Wolfram von Eschenbach, qui s’inspire des mythes arthuriens, considérés aujourd’hui comme relevant du sarmatisme romain, et les introduit en Germanie continentale. Perceval est le frère en esprit du Perse Feirefiz, dont la mère est de « peau brune ». Le mythe forgé par Wolfram von Eschenbach vise à ramener au souvenir des chevaliers la tradition cavalière, chevaleresque du « comitatus » proto-iranien (et eurasien) partagée par l’impérialité germanique et l’impérialité kurde ou persane, tout en constatant une différenciation d’ordre racial. 

 

Revenons à l’époque carolingienne. Si l’objectif de Charlemagne et de ses successeurs compétents était de restaurer la communication sur le Danube, de déboucher en Mer Noire et de relier l’Ouest et l’Est à hauteur du Bosphore byzantin, à la même époque, des éléments européens non romanisés, très éloignés du monde romain et méditerranéen, entreprennent une percée plus à l’Est : les Vikings scandinaves et les Varègues suédois, dont la plaque tournante stratégique et commerciale a été le port de Haithabu, atteignent la Volga et le comptoir de Bolgar et restaurent de la sorte un commerce eurasien en prise tout à la fois sur la Volga qui mène à la Caspienne et de la Caspienne à la Perse et de la Perse à Bagdad et sur les routes de la Soie menant vers le centre de la masse continentale eurasienne et vers la Chine.  

 

 

Limes danubien et axe gothique

 

Rome était certes, depuis l’issue des guerres puniques, une puissance méditerranéenne mais elle était présente aussi sur la rive occidentale du Rhin, avec des villes comme Trêves, Cologne, Bonn, Mayence, Arlon, Tongres, Metz, Strasbourg, et sur la rive méridionale du Danube avec Castra Regina (Regensburg/Ratisbonne), Vindobona (Vienne), Aquincum (Budapest) et Colonia Singidunum (Belgrade). Plus loin, au-delà des « portes de fer », en province de Moesia Inferior, avec Novae (Svishtov), Durostorum (Silistra), etc. Jean de Brem, dans son Testament d’un Européen, d’inspiration romanisante et byzantinisante (les eurasistes russes les plus sourcilleux ne pourront nous reprocher cette lecture…), rappelle l’évacuation des régions aujourd’hui bavaroises et le remplacement de la population celte romanisée ou de souche italienne par les nouveaux venus, les Bajuwaren germaniques. Face à ce limes du delta hollandais jusqu’à celui du Danube, se regroupent une masse d’Européens non romanisés, les Germains, principalement, et leurs alliés, issus de peuples divers. Ils occupent la rive orientale du Rhin et la rive septentrionale du Danube et, surtout sous l’impulsion des Goths, maîtrisent, à l’époque du Bas-Empire ce qu’il conviendra ultérieurement d’appeler l’ « axe gothique », soit la ligne qui va de la Mer Baltique à la Mer Noire, jusqu’à la Volga. Il s’agit de l’extension d’une culture dite de Wielbark, surgie sur les rives de la Baltique, à l’embouchure de la Vistule, suite à une occupation de populations venues de l’actuelle Gothie suédoise et de l’île de Gotland, pour s’étendre au 3ème siècle jusqu’au delta du Danube et jusqu’à l’embouchure du Dniestr, sous le nom de culture de Tcherniakov. 

 

 

Portées par les Goths, préalablement issus de la Suède actuelle, les cultures de Wielbark et de Tcherniakov contribuent au « membrage » territorial de l’Europe en dehors de l’orbe romaine. La juxtaposition conflictuelle de ces deux blocs, dont le premier est avéré, ancré dans l’histoire antique, et l’autre en gestation, va créer au-delà de l’espace romanisé un barrage gothique dans le « shatterbelt » ukrainien, sarmatisé après avoir été dominé par les Scythes, et une sarmatisation partielle de l’élément goth, créant, de ce fait, une fusion germano-eurasienne féconde et relativement homogène, qui ne sera que de brève durée et n’aura pas le temps de se cristalliser : en 369, les Huns ­ -qui ont soumis les Alains, autre peuple cavalier indo-européen dont descendent les actuels Ossètes-, franchissent le Don, limite fluviale du pouvoir d’Ermanarich, roi wisigoth. Le verrou gothique du « shatterbelt » steppique ukrainien a sauté : les Huns seront rapidement sur le Danube et sur le Rhin. Rome vacille puis s’effondre. L’Empire finira par disparaître car sans verrou gothique et sans verrou romain, il n’y a pas d’impérialité possible en Europe.

 

La présence tatar/mongole empêche tout membrage de l’axe gothique

 

Mais si les Huns et les Alains ont indubitablement repris à leur compte l’idéal du « comitatus » des cavaliers proto-iraniens, leur pouvoir sur les peuples est éphémère, sans doute à cause d’une hypertrophie impériale, les cavaliers hunniques et leurs alliés contraints s’étant trop éloignés de l’espace premier de leur rassemblement. Plus tard, les Avars ont pris leur relais dans la plaine pannonienne, ont parfois été les alliés des Byzantins et ont influencé tous les peuples slaves et germaniques du bassin danubien, de la zone anciennement dace des Carpathes et de la Bohème. Ils seront progressivement éliminés par les Pippinides et les Carolingiens. Les Magyars seront battus par Othon I. De même, les Mongols et les Tatars, présents en Russie et en Ukraine de 1235 à 1480, n’exigent qu’allégeance et tribut sans occuper réellement le terrain. L’Europe a failli tomber à la même époque car les hordes mongoles arrivent sur la Vistule et battent les armées impériales et polonaises à Liegnitz en Silésie et atteignent l’Adriatique après avoir battu les Hongrois puis les Croates. La mort du Grand Khan Ögödei oblige les Mongols, respectueux de leurs coutumes, de retourner vers leurs bases de départ pour participer à l’élection d’un nouveau chef suprême. Le joug tatar, comme l’appellent les Russes, après s’être imposé de 1235 à 1480, a empêché un nouveau « membrage » territorial sur l’ancien « axe gothique », détruit en sa période de gestation par la première invasion hunnique, annihilé une seconde fois quand s’écroule la Russie kiévienne, expression d’une fusion varèguo-slave. Le choc avec les hordes tataro-mongoles, pourtant peu nombreuses, a brisé le « membrage » en gestation du binôme Varègues/Slaves sur l’axe baltique/pontique, tourné vers Byzance, donc vers l’espace pontique, le Bosphore, l’Egée et le bassin oriental de la Méditerranée et capable, comme le diront plus tard Catherine II de toutes les Russie et son ministre Potemkin, de souder une civilisation néo-hellénique, rajeunie par les éléments slaves, baltes et germaniques. Ce projet n’a jamais pu être réalisé. L’Europe reste alors enclavée, elle fait du sur-place ou ne réussit que de petites opérations ponctuelles de « désenclavement » (9), dont aucune n’a une réelle ampleur, confirmant le constat de Guillaume de Malmesbury : l’Europe est un sous-continent assiégé, battu en brèche par des ennemis acharnés. Son expansion future n’est pas due à sa malignité, à un désir sauvage de dominer autrui mais à une nécessité de se désenclaver, d’échapper à des étaux mortels, mis en œuvre eux, par des adversaires qui n’ont ni nos scrupules ni un souci de l’ « Autre » comme on le dit aujourd’hui, suite aux réflexions du philosophe Levinas.

 

Un seul objectif : se désenclaver !

 

Pour le Prof. Jean-Michel Sallmann, l’histoire de l’Europe est constitué d’une série de tentatives, d’abord timides ensuite grandioses, de désenclavement.  1) Les Croisades seront une première tentative de sortir de l’étau imposé par les Seldjoukides et leurs successeurs après leur victoire contre les Byzantins à Manzikert en 1071. L’appel d’Urbain II (alias Eudes de Châtillon) aux Francs à Clermont-Ferrand le 27 novembre 1095 demande, suite aux appels du Basileus Alexis I, de libérer la « Romania », soit l’espace jadis romain, d’une « race étrangère », mais non pas une race au sens ethnologique du terme (concept biologisant et darwinien inconnu à l’époque). Par « race », Urbain II et ses contemporains entendent un ensemble uni par une même idée et une même fidélité à l’Empire ou à ce qui demeure de cet Empire dans les esprits (comme l’explique parfaitement Jean de Brem dans son Testament d’un Européen). Finalement, ces expéditions vers le Levant furent un échec géopolitique dès la fin du 13ème siècle, sauf qu’elles permirent une deuxième forme de désenclavement, celle amorcée en parallèle à ces Croisades, soit 2) le développement des entreprises commerciales italiennes, essentiellement génoises et vénitiennes, lesquelles s’implantent en Crimée (en Tauride) pour se brancher sur les routes de la Soie du nord, grâce à une tolérance mongole pour le commerce que n’auront plus les Tatars de Crimée et d’Ukraine quand ils chercheront la protection des Turcs contre les Russes dans cette « gateway region ». Là aussi, les Italiens seront évincés du commerce centre-asiatique, au bénéfice d’un autre commerce, transatlantique celui-là, que domineront durablement des puissances atlantiques désormais liées aux Amériques. Il faudra attendre l’entrée en Crimée des troupes de Catherine II de Russie pour restaurer potentiellement un commerce liant le reste de l’Europe à l’Asie centrale, et au-delà de ses immensités territoriales, de ses déserts et de ses massifs montagneux (Altaï, Himalaya), à la Chine et à l’Inde, deux « marchés » plus accessibles au commerce maritime, plus rapide et moins onéreux, dominé par les Anglais.

 

Trois tentatives de faire sauter les verrous tatar et ottoman

 

Il y aura trois tentatives majeures pour faire sauter les verrous tatar et/ou ottoman : une offensive russe, une volonté portugaise de contourner l’Afrique et la longue guerre mené par l’Espagne pour maîtriser toute la Méditerranée. Sous l’impulsion de marchands anglais, qui se souvenaient vraisemblablement des initiatives scandinaves entre les 9ème et 12ème siècles, le Tsar Ivan le Terrible voudra rétablir sous son autorité un ensemble territorial partant de la Mer Blanche pour aboutir à la Caspienne, à Astrakhan, tout en rassemblant les terres que baigne la Volga au profit de son empire qui se pose comme l’héritier de Byzance, éliminée par le Sultan Mehmet II en 1453. Il y réussira mais sans rouvrir les routes commerciales de Marco Polo, à cause du maintien d’une présence tatar sous la protection de la Sublime Porte ottomane en Ukraine actuelle, en une zone pleinement qualifiable de « gateway area ». En compensation, l’œuvre géopolitique d’Ivan le Terrible rouvre la voie sibérienne aux cosaques, qui atteindront le Pacifique après un siècle de chevauchées. L’action géopolitique ante litteram d’Ivan le Terrible amorce le reflux tatar/mongol mais renforce simultanément la volonté de résistance ottomane qui, paradoxalement et en dépit de la volonté russe de devenir la « Troisième Rome », adopte les stratégies byzantines « antilatines » et « anticatholiques » en Méditerranée, en Mer Noire et dans le bassin danubien, autant d’actualisations des stratégies jadis préconisées par Justinien et ses généraux. Il y a eu fusion entre la géopolitique byzantine et la géopolitique ottomane dès la prise de Constantinople : le fameux film turc à grand spectacle relatant l’œuvre militaire de Mehmet II met en scène des Grecs pro-ottomans.

 

 

La tentative portugaise est plus grandiose. Sous l’impulsion du Prince Henri le Navigateur (1394-1460), Anglais du clan des Lancastre par sa mère, une école s’établit à Sagres au Portugal qui compile le savoir géographique disponible à l’époque, attirant à elle des savants de toutes origines. Dès l’âge de vingt ans, l’Infant Henri obtient de son père Jean I qu’il lance une campagne contre les pirates maures de Ceuta. La conquête de ce nid de pirates barbaresques permet de découvrir que la richesse des royaumes maures de l’actuel Maroc et de l’Andalousie musulmane provenait des richesses africaines, dont l’or de l’actuel Ghana, ramenées par les caravanes transsahariennes. Tout en préconisant un harcèlement systématique de la côte marocaine afin de contrer toute contre-offensive maure, Henri conçoit alors le projet de lancer des expéditions maritimes par cabotage le long des côtes atlantiques de l’Afrique pour contourner ces pistes caravanières et pour assurer un transport plus rapide et quantitativement plus important au bénéfice du Portugal. Les recherches de l’école géographique de Sagres permettent d’amorcer le désenclavement de l’Europe via les côtes africaines et via les immensités océaniques de l’Atlantique :   en 1419-1420, les explorateurs Joao Gonçalves Zarco et Tristao Vaz Teixeira découvrent Madère ; en 1427, Diego de Silves découvre les Açores ; en 1434, Gil Eanes franchit le Cap Bojador ; en 1444, année de la bataille fatidique de Varna contre les Ottomans, Nuno Tristao arrive jusqu’à l’embouchure du fleuve Sénégal ; après la mort de l’Infant Henri, Rui de Sequiera arrive au Bénin en 1472 puis, entre 1482 et 1486, Diego Cam atteint l’embouchure du fleuve Congo et pousse jusqu’aux côtes de l’actuelle Namibie. Entre 1487 et 1488, Bartolomeu Dias double le Cap de Bonne Espérance. En 1498, Vasco de Gama arrive à Calicut en Inde. La route vers le sous-continent indien, vers les épices et vers les régions du monde que les Romains aspiraient à explorer, est enfin accessible aux Européens, qui viennent de réussir à se désenclaver, grâce à l’impulsion première de l’Infant Henri, grâce au travail intellectuel de l’école de Sagres. L’ère de la suprématie européenne commence. 

 

 

L’Espagne ne cherchera pas à contourner la masse continentale africaine, projet qu’elle estime sans doute démesuré, et envisage de maîtriser d’abord les deux bassins de la Méditerranée, contre les Ottomans et les Barbaresques, puis de donner, à terme, des coups de bélier sur les côtes orientales de la Grande Bleue afin de rouvrir les voies classiques du commerce eurasien au départ des ports syriens et d’Alexandrie. Cette aventure –le rêve alexandrin de Charles-Quint et de Philippe II-  avait commencé dès les 13ème et 14ème siècles par les conquêtes aragonaises des îles (Baléares, Sardaigne, Sicile, Italie du Sud et parties du Péloponnèse grec). En 1565, Philippe II prend Malte. La prise de Chypre par les Ottomans ne sera pas compensée par la victoire de Lépante en 1571. Les projets espagnols de désenclaver l’Europe par le « fond » de la Méditerranée n’aboutiront pas, en partie à cause de l’alliance entre les monarques français et l’ennemi ottoman, exemple flagrant de trahison civilisationnelle, à l’origine du déclin irrémédiable de l’Europe aujourd’hui et explication au tropisme musulmaniste de la « République » maçonnique et laïcarde, en dépit d’une incompatibilité de cette idéologie stupide et vulgaire avec toute position religieuse de grande profondeur temporelle, quelle qu’elle soit. L’Espagne se tournera alors vers l’exploitation des Amériques et gardera ses conquêtes dans le Nouveau Monde jusqu’au début du 19ème siècle.

 

Cette rétrospective sur les tentatives européennes de désenclaver notre sous-continent nous montre que les conflits sont permanents et que les zones-clefs de la géostratégie peuvent redevenir, après les périodes plus ou moins longues d’apaisement, des enjeux déclencheurs de nouveaux conflits chauds. Les confrontations pour maîtriser ces zones-clefs sont donc des permanences de l’histoire qu’aucune idéologie iréniste, qu’aucun discours pacifiste, ne peuvent effacer ou rendre caduques. Nous avons vu que le conflit franco-allemand de 1870 à 1945 (ou à 1963, lors de la rencontre De Gaulle/Adenauer qui scelle la nouvelle amitié franco-allemande) a été un conflit pour la maîtrise de l’espace dit « lotharingien » puis pour le Danube et surtout le Pô, parce que les rois de France voulaient une fenêtre sur l’Adriatique pour avoir accès justement au commerce que tentait de rétablir Venise. Au-delà de cet enjeu des guerres d’Italie, de la conquête de la Franche-Comté (« El camino espanol ») par Louis XIV et des campagnes de Napoléon III en Lombardie au 19ème siècle, ces guerres incessantes visaient aussi, quelque part, à établir des têtes de pont est-méditerranéennes ou pontiques pour accéder aux routes de la soie : les croisades françaises visent à prendre Alexandrie, de même que le commerce italien qui entend également conserver et consolider ses avantageux avant-postes en Crimée, jusqu’au moment où les Tatars, oublieux des sagesses de leurs khans antérieurs, s’allieront aux Ottomans qui verrouilleront tous les accès méditerranéens et pontiques au commerce eurasien pour ne laisser aux Européens que les routes ouvertes par les Portugais ou l’exploitation du Nouveau Monde.

 

Le projet ? Ré-enclaver l’Europe !

 

Aujourd’hui, le Levant est ravagé par les miliciens de l’EIIL jusqu’en Mésopotamie, empêchant du même coup tout développement de la région au profit d’une synergie eurasienne. La « gateway region » ukrainienne est bloquée au niveau du Donbass par une guerre permanente que l’on voudra maintenir et entretenir sur la très longue durée, afin d’installer un « abcès de fixation » purulent qui aura pour double fonction d’entraver l’acheminement d’hydrocarbures russes vers l’Ouest et de fragiliser l’Ukraine, privée ainsi de ses régions industrielles et mise à charge d’une Union Européenne déjà financièrement exsangue. La Crimée va bientôt être coincée entre ce Donbass bloqué par une guerre interne aux conséquences imprévisibles et une Moldavie/Transnistrie que l’on s’apprête, dans certains cénacles de stratégistes d’Outre-Atlantique, à porter en ébullition pour imposer un nouveau verrou qui parachèvera le ré-enclavement de l’Europe, ennemi principal de Washington. A ces deux foyers de turbulences sur le « gateway » ukrainien et à l’implosion du Levant et de l’Irak, s’ajoutent la réactivation probable des conflits tchétchène et daghestanais, du conflit russo-géorgien, de manière à créer des blocages de longue durée non seulement de part et d’autre de la Crimée, mais aussi entre l’espace maritime pontique et la Caspienne. Par ailleurs, au départ d’un Afghanistan abandonné par les soldats de la coalition atlantiste, des djihadistes, que l’on posera comme « incontrôlables », s’infiltreront au Turkménistan pour bloquer les communications au-delà de la Caspienne. L’ancienne route maritime portugaise, dans l’Océan indien, le long des côtes de l’Afrique orientale, est, elle, partiellement interrompue en une zone océanique importante, au large de la Somalie par la piraterie que l’on combat soi-disant avec les flottes ultra-modernes de l’OTAN mais qui fait preuve d’une résilience finalement fort suspecte, tant et si bien que deux verrous y sont présents implicitement : entre Madagascar et la côte orientale de l’Afrique, au niveau du Kenya, et à la sortie de la Mer Rouge. On le voit : l’ennemi, c’est l’Europe qu’il faut ré-enclaver et qu’il faut faire imploser de l’intérieur en la livrant en permanence à des politiciens écervelés et en y déversant constamment des populations hétérogènes et inassimilables, débarquant à Lampedusa et sur les îles de l’Egée grecque. Toutes les avancées de l’Europe hors de son enclavement médiéval sont rendues nulles et non avenues par les stratégistes américains, héritiers des thèses et projets de Brzezinski.

 

Un chaos « néo-mongol » en Asie centrale ?

 

L’objectif essentiel des volontés européennes de désenclaver notre sous-continent était de renouer des relations commerciales avec l’Inde et la Chine, qui, à elles deux, faisaient au total au moins 35% du commerce mondial jusqu’au milieu du 19ème siècle. Dans l’Océan Indien, qui devient une « route de la soie » maritime et remplace les voies terrestres, les Britanniques prendront le relais des Portugais et des Hollandais mais excluront le reste de l’Europe : la France de Louis XV est chassée des Indes, la compagnie d’Ostende au service de l’Empereur d’Autriche est également sabotée, tandis que la Russie avance ses pions en Asie centrale, menaçant à terme les Indes anglaises. La maîtrise russe de la « terre du milieu » (avant que le géographe Halford John Mackinder ne forge le concept en 1904) s’oppose à la maîtrise britannique de l’« océan du milieu », en une confrontation binaire Terre/Mer que soulignera notamment Carl Schmitt. Cette dialectique induit la notion de « Grand Jeu », où le protagoniste russe cherche, au 19ème siècle, surtout sous Alexandre II, à parachever l’œuvre d’Ivan le Terrible en « rassemblant les terres » au sud de ses conquêtes antérieures de Sibérie septentrionale, région très inhospitalière où ne passait aucune « route de la soie ». En poussant vers la Perse et vers les terres islamisées et iranisées des Turkménistan et Ouzbékistan actuels, la Russie tsariste s’emparait de plusieurs tracés des anciennes routes de la soie, reliant notamment les villes de Samarkand, de Merv et de Boukhara. Un embranchement de ce réseau de voies terrestres partait vers l’Inde sur le chemin emprunté jadis par les conquérants perses et afghans de la vallée du Gange : à Londres, on imaginait déjà que les cosaques du Tsar allaient s’élancer sur les mêmes pistes et arriver à Bénarès et à Calcutta. Simultanément, surtout après le complètement du chemin de fer transsibérien jusqu’à Vladivostok et Kharbin en Mandchourie, les Russes s’emparent de l’espace où s’étaient rassemblées, vers 200 avant notre ère, les premières coalitions hunniques et mongoles qui avaient éliminé d’Asie centrale les royaumes indo-européens, tokhariens ou autres, avant de disloquer l’Empire gothique en gestation en Ukraine et, par suite, l’Empire romain. La conquête russe de cet antique espace de rassemblement hunno-mongol rend impossible, jusqu’à nos jours, toute nouvelle dislocation, par coups de butoir hunniques ou mongols, de cet immense espace réunifié cette fois par les Tsars –et non plus par des khans mongols qui ont trop souvent souhaité le vide et la « désurbanisation » totale en ces terres immenses entre la Mandchourie et l’Ukraine. Les Tsars, eux, font œuvre « romaine » en construisant des voies de communications, telles les tracés du chemin de fer transsibérien, et en jalonnant ce tracé de nouveaux centres urbains. Raison pour laquelle certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier la volonté américaine de bouleverser l’Asie centrale, parfois par djihadismes interposés, de « néo-mongolisme », vu qu’elle a parfois souhaité un chaos généralisé et durable, afin d’affaiblir les empires périphériques, russe ou chinois. Serait dès lors « néo-mongole » la stratégie de bouleverser le Turkménistan et peut-être aussi l’Ouzbékistan (plus lié à l’Organisation de Shanghaï) par des nouveaux talibans venus d’un Afghanistan laissé volontairement dans le chaos le plus absolu, après le départ des troupes américaines qui ont, bien évidemment, subtilement préparé ce désordre artificiel… sans en avoir l’air et surtout contrairement aux intentions proclamées par les médias. Le Turkménistan détient d’immenses réserves d’hydrocarbures, exportables vers l’Europe, qui cherche des alternatives à une trop grande dépendance russe : le projet de bouleverser la paix intérieure dont jouit encore ce pays, sous prétexte que son pouvoir présidentiel serait trop « fort », et donc pas assez « démocratique » au regard des innombrables ONG américaines, n’est pas seulement un projet antirusse mais avant tout un projet antieuropéen, qui vise à freiner encore davantage l’approvisionnement en hydrocarbures de notre sous-continent. 

 

Accès à la Mer Rouge

 

Il faudra cependant attendre 1783 pour que Catherine II, Impératrice de toutes les Russies, reprenne la Crimée aux Tatars inféodés aux Ottomans. Du coup, la Russie, auparavant éloignée de tout littoral utile, bénéficie du tremplin pontique de l’antique civilisation hellénique et des comptoirs génois et vénitiens, mais en l’articulant forcément dans une direction nord-sud. Ce nouvel état de choses menace la puissance devenue quasi globale de l’Angleterre depuis la guerre de Sept Ans, où elle a évincé la France des Indes et du Canada. Albion craint une pression permanente et dangereuse sur la future artère méditerranéenne qu’elle compte bien ouvrir en s’emparant de l’Egypte et en creusant un canal entre la Méditerranée et la Mer Rouge pour réactiver le commerce avec l’Inde que les Romains entretenaient au départ des ports égyptiens de Bérénice et de Myos-Hormus en direction du Yémen et du Gujerat indien. Le bassin oriental de la Méditerranée et l’accès à la Mer Rouge doivent dès lors demeurer sous contrôle anglais et sans aucune pression venue d’ailleurs en Europe : ni d’une Autriche qui se découvrirait une vocation adriatique, égéenne et est-méditerranéenne ni d’une Russie qui se projetterait de l’espace pontique vers Alexandrie et la vallée du Nil ni d’une France révolutionnaire ou bonapartiste qui s’installerait en Egypte, à l’ombre des pyramides « d’où quarante siècles la contempleraient » ni d’une France de la Restauration qui appuierait trop généreusement Mehmet Ali. Parce que sa puissance globale en gestation postule de conserver le sous-continent indien et de maîtriser l’Océan du Milieu, soit l’Océan Indien, l’Angleterre des Pitt et de leurs successeurs doit être la seule puissance capable de contrôler le corridor Méditerranée à son profit, à l’exclusion de toutes les autres puissances européennes. L’installation des Russes en Crimée est donc un casus belli potentiel, tout comme la campagne d’Egypte de Bonaparte sera considérée comme un danger mortel pour le dispositif anglais entre la métropole britannique et les possessions indiennes.

 

L’eurasisme informel du 18ème siècle

 

En effet, entre la fin de la guerre de Sept Ans et la Révolution française, surtout sous le règne de Louis XVI, une sorte d’unité stratégique eurasienne existe, même si, au départ, elle était encore privée de la mobilité qu’offrent les flottes. Louis XVI fait la paix avec l’Autriche de Marie-Thérèse et de Joseph II ; l’Autriche est alliée des Russes contre les Ottomans dans le bassin danubien et en Mer Noire. L’Europe connaît un bond en avant en tous domaines, vu la neutralisation de l’ennemi ottoman pluriséculaire, puis les explorations maritimes, favorisées par Louis XVI, par la Tsarine et ses successeurs, vont bon train (10) : les puissances de cette alliance informelle se dotent, après la Guerre de Sept Ans, de flottes capables d’exercer la pression que craignent les Pitt à Londres. Aujourd’hui, cette tradition européenne et eurasienne, au sens de cette alliance informelle du 18ème siècle, est reprise par Don Sixto Enrique de Borbon, héritier, pour les légitimistes carlistes, de la Couronne d’Espagne (11) et non pas seulement par des nostalgiques marginalisés d’une forme ou d’une autre de « national-bolchevisme ». Après la parenthèse des guerres contre la Révolution française et l’Empire napoléonien, l’Europe, cette fois avec l’Angleterre, cherchera à restaurer cet espace pacifié de l’Atlantique au Pacifique par la mise en œuvre d’un nouveau système, celui de la Sainte-Alliance, née lors du Congrès de Vienne de 1814 que l’historien allemand contemporain Eberhard Straub considère comme un exemple de sagesse politique, dans la mesure où son système de sécurité collective a procuré un siècle de paix à l’Europe, qui a pu ainsi s’imposer au monde tout en conservant sa diversité (12).

 

La Doctrine de Monroe

 

L’alliance franco-austro-russe du 18ème siècle, bien qu’informelle, et la Sainte-Alliance du Congrès de Vienne ont été des espaces eurasiens unis, stratégiquement unifiés. Ils ont toutefois été de courte durée. La Révolution française, que quelques historiens français comme Olivier Blanc (13) considèrent comme une fabrication des services de Pitt, bouleverse l’équilibre européen en déployant une idéologie délirante et déstabilisatrice qui a ruiné toute coopération harmonieuse entre la France, l’Autriche et la Russie. Blanc a exploré les archives de manière méticuleuse pour étayer ses thèses. Au départ de son travail, on peut avancer l’hypothèse que les services de Pitt visaient à faire exploser la France de Louis XVI qui misait sur le développement d’une flotte capable d’intervenir en tous points du globe, d’une flotte qui avait battu les Anglais à Yorktown en 1783. L’objectif de Pitt était aussi de saboter les efforts austro-russes contre l’Empire ottoman pour éviter cette double pression sur le Bosphore et la Méditerranée orientale et pour obliger les Autrichiens à affronter les hordes révolutionnaires française aux Pays-Bas méridionaux et en Rhénanie. Il s’agissait de générer le chaos dans toute l’Europe pour éviter une alliance paneuropéenne ou la domination du sous-continent par une puissance trop hégémonique. D’où, pour Straub, la phobie de Metternich et des congressistes viennois pour les théories dites « démocratiques », plus ou moins dérivées des idées révolutionnaires françaises, parce qu’on les devinait génératrices d’un chaos sans fin.

 

Dans une première phase, qui a duré une bonne douzaine d’années, le bloc européen de la Sainte-Alliance suscite les craintes d’une puissance émergente, viscéralement hostile à la vieille Europe au nom d’un fondamentalisme protestant et bibliste, camouflé derrière un rationalisme et un « déisme » de façade et de circonstances, détaché de tout héritage historique concret : les Etats-Unis d’Amérique. Ceux-ci craignaient que les puissances européennes ne portent assistance à l’Espagne confrontée aux nouveaux nationalismes démocratiques des populations indigènes et créoles des vice-royaumes du Nouveau Monde. En 1823, en réaction au danger potentiel que représentait la Sainte-Alliance eurasienne, le Président James Monroe énonce sa célèbre doctrine de « l’Amérique aux Américains », forgeant de la sorte une politique qui deviendra constante : celle du refus de toute ingérence européenne dans le Nouveau Monde. Les Etats-Unis ne craignaient pas seulement un éventuel secours porté à l’Espagne ruinée et désormais incapable de se réaffirmer dans les Amériques : ils craignaient aussi et surtout la présence russe en Alaska et en Californie, voire aussi la possible alliance entre Russes et Espagnols sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord, qui aurait verrouillé la marche en avant des Etats-Unis vers la bi-océanité, clef de leur future puissance globale. On oublie souvent de mentionner que Monroe, quand il a énoncé sa doctrine, avait l’aval plus ou moins secret de la Grande-Bretagne qui, elle aussi et en dépit de la guerre qui venait de l’opposer aux jeunes Etats-Unis en 1812, ne désirait pas voir d’autres puissances européennes intervenir dans les Amériques, où elle cherchait à contrôler seule certains marchés, notamment en Argentine. La Doctrine de Monroe sera complétée par le « corollaire Roosevelt » après la guerre hispano-américaine de 1898, qui arrache à l’Espagne Cuba et les Philippines, un corollaire qui stipule que toute politique que les Etats-Unis pourraient considérer comme contraire à leurs intérêts serait traitée comme un acte d’agression. C’est ce « corollaire Roosevelt » qui justifie encore et toujours aujourd’hui les interventions américaines dans le monde, ainsi que l’espionnage des réseaux ECHELON et Prism (l’affaire Snowden) dirigé essentiellement contre l’Europe. Le « corollaire Roosevelt » est interprété de manière très vaste : le développement optimal d’une technologie quelconque, mais surtout aéronautique ou spatiale, même dans un pays « allié », est considéré comme une agression contre les intérêts des firmes concurrentes américaines donc contre l’intérêt des Etats-Unis en tant que puissance.

 

Crise grecque et question d’Orient

 

La cohérence eurasienne de la Sainte-Alliance sera, nous l’avons dit, de courte durée. Ce seront principalement les deux puissances occidentales, la France et la Grande-Bretagne, qui la saborderont progressivement. Les premières lézardes à l’édifice eurasien, que fut la Sainte-Alliance, ont été : le soutien aux Grecs révoltés contre la Sublime Porte ; l’indépendance belge ; la Guerre de Crimée, qui sanctionne la rupture entre un Occident colonial, qui n’est plus centré sur l’Europe même (14), et un « Orient » centre-européen et russe, toujours fidèle à l’esprit premier de la Sainte-Alliance ; l’intervention anglo-française en Chine, lors des guerres dites de l’opium. Eberhard Straub montre que cette Sainte-Alliance, soucieuse de maintenir l’Europe en état de stabilité durable, garantissait l’intégrité de l’Empire ottoman. La révolte grecque et le mouvement des Philhellènes (dont Lord Byron) induisent trois puissances de la Sainte-Alliance à rompre avec l’idéal metternichien et antirévolutionnaire de stabilité européenne : l’objectif n’est pas tant de sauver les Grecs du joug ottoman, car on ne s’était jamais fort soucié d’eux, mais d’obtenir des concessions, des bases pour prendre Constantinople et se projeter vers la Méditerranée (les Russes) ou pour s’installer dans la capitale ottomane et verrouiller le Bosphore pour éviter justement cette projection russe vers Chypre, l’Egée et l’Egypte. Metternich voit dans ce soutien, purement tactique, une amorce de « balkanisation » de l’Europe, une balkanisation qui ne serait pas tant territoriale que mentale : les Européens cesseraient de poursuivre ensemble, dans la cohérence, des politiques stabilisantes communes, qui constitueraient l’essence même du nouvel ordre équilibré voulu par les congressistes de Vienne. Le Tsar Nicolas I voulait toutefois un partage des dépouilles ottomanes, où chaque bénéficiaire trouverait son intérêt mais les deux puissances occidentales, qui agissaient davantage dans les intérêts des Ottomans que dans ceux des Russes, ont refusé cet expédient qui aurait pu, finalement, sauver la cohérence de la Sainte-Alliance. Anglais et Français, rappelle Straub, se méfiaient du résultat à long terme d’un accord général qui affaiblirait définitivement l’Empire ottoman qui n’aurait alors plus eu d’autre solution que de demander son inféodation à l’Empire russe, exactement comme aujourd’hui, la Turquie d’Erdogan et de Davutoglu joue sur deux tableaux, sur l’Occident et sur la Russie, dans l’espoir de se hisser au rang d’une puissance régionale incontournable. Metternich, face à la première crise grecque des années 20 du 19ème siècle qui déclenche ce que l’on a appelé la « question d’Orient », accuse Lord Palmerston d’être un « tyran » dans la mesure où c’est l’Angleterre qui mène une politique égoïste, contraire aux intérêts du continent dans son ensemble. L’objectif anglais, lui, était de contrôler la Méditerranée sans aucune possibilité d’être contrecarré par une autre puissance européenne, quitte à soutenir toute sorte de mouvements séditieux de nature révolutionnaire (selon Metternich), comme aujourd’hui une politique comparable se déploie en Syrie afin qu’aucun môle de puissance régionale, alliée à la Russie ou à une autre puissance européenne, qui se montrerait challengeuse, ne puisse émerger.

 

Indépendance belge et Guerre de Crimée

 

Deuxième lézarde dans l’édifice de la Sainte-Alliance : l’indépendance belge. Une fois de plus, c’est l’Angleterre qui craint le développement du Royaume-Uni des Pays-Bas, disposant d’une flotte hollandaise de haute qualité, d’une industrie textile en Flandre (la Lys autour de Courtrai et Wijnegem) et en Wallonie (vallée de la Vesdre), d’un binôme charbon/acier à Mons, Charleroi et Liège, d’une présence en Insulinde à la charnière de l’Océan Indien et du Pacifique, d’anciennes colonies en Afrique du Sud (colonie du Cap) et dans l’île Maurice qui auraient pu revenir dans le giron néerlandais et surtout d’une aura dans une Allemagne du Nord qui parle des dialectes très proches du néerlandais. Ce Royaume-Uni des Pays-Bas aurait parfaitement pu attirer à lui, plutôt que la Prusse, les régions d’Allemagne du Nord. Pour briser ce môle germanique continental potentiel en face de ses côtes, à une nuit de navigation du cœur de Londres, jadis incendiée par la flotte de l’Amiral de Ruyter lors des guerres anglo-hollandaises du 17ème siècle, il fallait lui faire subir une sécession définitive, affaiblissant les deux lambeaux subsistants. 

 

Troisième lézarde, encore plus profonde : la Guerre de Crimée. Après le soutien français apporté en 1839-1840 au khédive d’Egypte, Mehmet Ali, en révolte contre la Sublime Porte, les deux puissances occidentales, la France et l’Angleterre, se muent en protectrices de l’Empire ottoman pour contenir la Russie au nord du Bosphore. Bismarck reste neutre, de même que la Belgique de Léopold I, qui est un ancien officier de l’armée du Tsar Alexandre. Cette intervention franco-anglaise en Mer Noire vise l’endiguement de la Russie, le maintien d’un Empire ottoman désarticulé, affaibli, incapable d’autonomie et à la merci des pressions occidentales qui entendent garder les mains complètement libres en Méditerranée orientale et en Egypte. Elle génère également l’anti-occidentalisme russe, comme l’attestent d’ailleurs le Journal d’un écrivain de Dostoïevski et les souvenirs de Tolstoï, officier combattant sur le front de Crimée. La Guerre de Crimée provoque donc une rupture profonde entre l’Ouest et la Russie qui alimentera toutes les idéologies antioccidentales qui germeront ultérieurement, qu’elles aient été de facture slavophile ou eurasiste et que cet eurasisme ait été tsariste ou communiste (stalinien). 

 

 

La ruine de la Chine des Qing

 

Parallèlement à ces trois lézardes –question grecque, révolution belge et Guerre de Crimée-  les deux puissances occidentales participent à la ruine de la Chine, présente dans le Sinkiang (le « Turkestan chinois ») et au Tibet, deux composantes importantes du puzzle centre-asiatique à l’époque de gloire des routes de la soie. La première guerre de l’opium, menée par l’Angleterre contre le Céleste Empire, se déclenche parce que le protectionnisme chinois, porté par une bureaucratie bien organisée, barre l’accès au commerce que les Anglais voudraient illimité. Le protectionnisme des empereurs Qing crée un déséquilibre commercial en défaveur des Anglais qui importent plus de marchandises chinoises qu’ils n’en exportent vers le Céleste Empire. Obligés de payer en lingots d’argent, métal précieux qu’ils ne possèdent pas en grandes quantités, les Anglais, pour importer leur thé, vendent de l’opium indien contre l’argent qu’ils ont préalablement cédé pour obtenir le breuvage traditionnel des après-midi londoniens. Ils inversent alors le déséquilibre commercial : l’Empereur, en envoyant son haut fonctionnaire zélé Lin Zexu, riposte en interdisant les fumeries d’opium, en confisquant les ballots de drogue et en imposant de sévères restrictions. Ces mesures entraînent l’intervention britannique et la première guerre de l’opium (1839-1842) qui s’achève par le Traité de Nankin, où la Grande-Bretagne obtient pleine satisfaction. La seconde guerre de l’opium (1856-1860) se déclenche immédiatement après la Guerre de Crimée, sous prétexte d’un non respect des clauses du Traité de Nankin de 1842. La France, alliée de l’Angleterre, participe à la curée et, en 1860, cette guerre se solde par la prise de Pékin et le pillage du Palais d’été. La Chine est contrainte d’accepter les stipulations de la Convention de Pékin (1860), qui reprennent les clauses humiliantes des traités précédents. Cette défaite entame considérablement le prestige des empereurs Qing : la Chine, auparavant superpuissance économique, déchoit en un pays déficitaire, rétif à la modernisation technique, et en une nation esclave de la consommation d’opium. La situation déplait à de larges strates de la population chinoise, ce qui aboutit à la révolte dite des Taiping, qui éclate dès 1851. Le pouvoir central mettra quinze ans à mater ce soulèvement, dirigé par un certain Hong Ziuquan, qui se prenait pour le frère de sang de Jésus-Christ (15). 

 

 

Dislocation de l’Empire des Qing

 

L’affaiblissement du pouvoir impérial permet aux Britanniques de progresser en Birmanie, ancien Etat tributaire de la Chine, et aux Français de s’emparer de l’Annam et de tout le Vietnam dans les années 80 du 19ème siècle. Les maoïstes s’inspireront de cette révolte des Taiping, 80 ou 90 ans plus tard, car elle prêchait un certain égalitarisme et rejetait les hiérarchies politiques traditionnelles, qui venaient de prouver leur incompétence à maintenir la Chine dans son statut de grande puissance impériale. Simultanément, vu le discrédit dans lequel le pouvoir Qing était tombé, d’autres révoltes secouent la Chine au même moment, risquant de précipiter l’Empire dans un chaos indescriptible où s’affrontent des entités rivales. La révolte des Taiping constitue sans doute la guerre civile la plus meurtrière de l’histoire : de vingt à trente millions de morts. La Chine en ressort démographiquement affaiblie. Elle passe de 410 millions d’habitants en 1851 à 350 millions en 1873 (16). Indépendamment des ravages cruels que cette révolte a fait subir à la Chine, elle servira, en dépit d’une inspiration chrétienne bizarre donc non chinoise, non autochtone, de modèle aux nationalismes futurs et au maoïsme (qui est un nationalisme chinois à la sauce communiste). L’idéologie des nationalismes et communismes chinois, irréductibles à leurs modèles européens car sinisés en profondeur, a pour socle principal un refus des « traités inégaux », pareils à ceux imposés par les Britanniques suite aux deux guerres de l’opium, ce qui induit aujourd’hui, alors que la Chine se redresse et reprend la place prépondérante qu’elle détenait jadis dans l’économie mondiale, une volonté de laisser à chaque entité politique le droit de déterminer librement ses choix, sans que ceux-ci ne soient oblitérés par des idéologies universalistes (17), imposées par des puissances hégémoniques occidentales et contraires aux principes du mos majorum à la chinoise, c’est-à-dire du culte des ancêtres, et à la sage notion de perpétuation des schémas connus qu’il convient de ne pas modifier, au nom d’un équilibre et d’une harmonie issus d’une méditation des pensées taoïstes. Les Taiping, en s’inspirant d’une interprétation très biscornue des évangiles, n’avaient pas opté pour un « schéma connu », confucéen ou taoïste, parce que les schémas connus, à leurs yeux, avaient justement déchu et précipité la Chine dans une incapacité à saisir les clefs de la puissance moderne, elles, bien instrumentalisées par l’ennemi britannique. Après la longue guerre civile, l’Impératrice régente Cixi lancera timidement la Chine sur la voie d’une modernisation technologique insuffisante, selon un rythme trop lent, jugeront plus tard les révolutionnaires du Kuomintang du Dr. Sun Ya Tsen, qui proclameront la république en 1912.

 

L’extraversion des deux puissances occidentales s’est traduit, tout au long du 19ème siècle, par des interventions répétées sur des théâtres non européens, par un désintérêt croissant et par un mépris affiché pour les autres puissances européennes non extraverties (selon la terminologie adoptée par Constantin Frantz), dont elles n’ont jamais tenu compte des besoins et des aspirations. Elles n’ont eu de cesse de camoufler leur mépris derrière des discours ronflants, idéologiques ou moralisants, avec l’appui d’une presse haineuse déversant des flots de logorrhées bellicistes ou dépréciatives contre les Russes, par exemple, ou contre les Allemands et les Autrichiens, considérés comme des « barbares » grossiers, incultes parce que ne partageant pas les schémas révolutionnaires, jacobins ou manchesteriens. Cette attitude, en ruinant la pentarchie de la Sainte-Alliance, a provoqué quantité de déséquilibres stratégiques en Europe, comme l’avait prévu Frantz, ce qui a conduit à l’explosion d’août 1914. Et à la fin de l’excellence européenne.

 

De la dangerosité perverse des modernités

 

Toutefois, aux yeux du Prof. Beckwith, les modernisations/centralisations, par l’action des communistes, affecteront les grandes entités politiques de la masse continentale eurasiatique, surtout la Chine et la Russie maitresses des vastes régions de l’Asie centrale, où des syncrétismes séduisants avaient été forgés par des cultures aujourd’hui disparues. Ces modernisations vont éradiquer la diversité linguistique et religieuse, les synthèses fécondes qui ont innervé la région, laissant derrière elles un désert culturel, que les postcommunismes actuels ne parviennent pas à combler, surtout que la planète entière subit, depuis la chute du Mur de Berlin, un tropisme « néolibéral » préoccupant, bien plus incapable de restaurer les assises des vieilles cultures centre-asiatiques que ne l’étaient les communismes dans leurs diverses moutures. Beckwith conclut à la dangerosité perverse des modernités. L’explorateur italien Giuseppe Tucci (1894-1984), polyglotte et orientaliste, est sans nul doute celui qui nous a, de la manière la plus didactique, dressé un tableau des religions syncrétiques de cette Asie centrale et du Tibet (18) : un dossier à ouvrir afin de parfaire le long travail de restauration qu’il faudra bien entreprendre pour guérir l’humanité des maux de la modernité et des faux traditionalismes qu’elle génère dans son sillage pour perpétrer par procuration, par succession ininterrompue d’opérations « fausse bannière », son œuvre de destruction et de mort, comme le montre l’instrumentalisation du fondamentalisme des salafistes et des wahhabites, dont les pauvres schémas n’arrivent pas à la cheville des anciens syncrétismes, à dominante musulmane, nés et morts à Samarkand et à Boukhhara.

 

Pour sortir la Chine de la misère où l’avaient plongé les guerres de l’opium et les pressions britanniques, le premier mouvement républicain, le Kuo Mintang du Dr. Sun Yatsen, s’inspirera indirectement, après sa prise du pouvoir en 1911-1912, des thèses de l’Allemand Friedrich List, qui entendaient généraliser un développement intérieur, c’est-à-dire un colonialisme intérieur et non pas tourné vers l’extérieur et vers les périphéries non européennes. List a inspiré le développement des communications par canaux et voies de chemin de fer en Allemagne (projet concret visant à réaliser le testament politique du Roi Frédéric II de Prusse) et en Belgique (à l’invitation de Léopold I). Sollicité comme « expert ès-développement » avant la lettre, il a également influencé l’organisation territoriale des Etats-Unis dans la première moitié du 19ème siècle, préconisant, notamment, de relier la région des grands lacs, fertile en céréales, à l’Atlantique par un système de canaux, donnant ainsi le coup d’envoi à la puissance agricole que sont demeurés les Etats-Unis depuis lors, dont la meilleur arme, selon Eagleburger, assistant de Kissinger et conseiller de Nixon, est la surproduction de denrées alimentaires (« Food is the best weapon in our arsenal »). Plus tard, List a été considéré comme le théoricien du développement autonome et de l’indépendance économique nationale ou continentale, surtout dans les pays du dit « tiers monde » qui venaient d’accéder à l’indépendance. Il avait des disciples chinois, dont le dernier en date est assurément Deng Xiaoping, promoteur de la Chine post-maoïste. Dans la France gaullienne, l’économiste François Perroux se plaçait dans son sillage et plaidait en faveur d’une indépendance semi-autarcique que d’autres, comme André Grjébine, moderniseront dans le cadre européen, sans obtenir l’oreille des eurocrates.

 

Kang Youwei et Liang Qichao

 

Les idées de List vont bien entendu inspirer les précurseurs chinois du mouvement national et républicain du Kuo Mintang. Dans un ouvrage largement distribué dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, l’historien indien du développement  Pankaj Mishra (19), qui enseigne en Angleterre, rappelle le travail patient des hauts mandarins chinois qui ne voulaient pas voir leur patrie impériale sombrer dans un marasme définitif. Parmi eux, Liang Qichao et son maître Kang Youwei. Tous deux entendaient imiter le mouvement Meiji japonais, moderniser et généraliser l’enseignement, les structures de l’Etat et les forces armées. Ils se heurteront à une forte résistance des éléments passéistes. Les nationalistes étatistes du Kuo Mintang et les communistes de Mao seront tous deux, à leur manière, les héritiers de cette volonté modernisatrice de Liang Qichao et Kang Youwei, pionniers du renouveau chinois, inspirés par l’ère Meiji japonaise, dès la fin du 19ème siècle. Les idées de Liang Qichao et de Kang Youwei sont néanmoins pétries de confucianisme, catalogue de principes inébranlables dont ils ne se déferont jamais, alors que la tentation des premiers nationalistes du Kuo Mintang était de rejeter l’héritage confucéen comme responsable du retard et des défaites chinoises. De même, en dépit des discours communistes lors de la « longue marche » et de la prise du pouvoir, en dépit de la révolution culturelle maoïste des années 60 du 20ème siècle, mise ultérieurement sur le dos de la « Bande des quatre » (dont la veuve de Mao), le confucianisme n’a cessé d’irriguer la pensée politique chinoise dans sa volonté de récupérer son statut de grand empire historique : il a marqué les avatars du Kuo Mintang dans la gestion de l’île de Formose, devenue la « Chine nationaliste » ; il a marqué tout aussi profondément la gestion communiste de la Chine continentale. Il a accompagné le pays dans sa marche hors du premier carcan communiste pour le faire évoluer vers le système original qui, aujourd’hui, lui a redonné une puissance incontournable, bien qu’elle soit, in fine, plus quantitative que qualitative, car calquée sur le modèle occidental et social-darwiniste, comme l’avait d’ailleurs prévu un disciple de Kang Youwei, fasciné par le social-darwinisme occidental à la fin du 19ème siècle, Tan Sitong, décapité sur ordre de l’Impératrice douairière en 1898, suite à l’éviction de l’héritier réformiste du trône chinois, Guangxu. Celui-ci avait reçu, sans les formalités inutiles de la vieille étiquette impériale, Liang Qichao, Kang Youwei et Tan Sitong pour faire passer, sur le mode accéléré, des réformes modernisatrices, bien que toujours confucéennes dans leur esprit, suite à l’écrasante défaite subie par la Chine face aux armées japonaises en 1895 : l’expérience a duré exactement 103 jours, explique Pankaj Mishra, avant d’être brutalement réprimée par Cixi, appuyée par le vieux mandarinat et les partisans obtus des vieilles structures vermoulues de la dynastie Qing. Il ne restait plus que la voie nationaliste et républicaine, antimandchoue, celle d’un bouleversement radical comme le voulait Sun Yatsen. Elle aboutira en 1911-1912.

 

Rigidités mentales de l’occidentalisme et du fondamentalisme

 

En dépit du sort tragique du malheureux Tan Sitong  -qui avait délibérément choisi le martyr, parce qu’un homme insigne, disait-il, devait accepter la mort pour assurer le triomphe final de ses idées qui ne voulaient que le bien public-  le mélange éclectique de pensées pragmatiques confucéennes et d’idées occidentales, libérales, nationalistes ou communistes, procure à la Chine contemporaine une pensée politique finalement plus souple que l’actuelle panacée occidentale où dominent, en dépit des paroles en apparence « progressistes », des rigidités mentales dérivées des calvinisme et puritanisme fondamentalistes, alliés au wahhabisme et au salafisme dans le monde musulman. De telles pensées refusent obstinément les syncrétismes et les éclectismes idéologiques et philosophiques qui, au cours de l’histoire, ont apporté l’harmonie aux empires et aux Etats. Ce sont des schémas para-théologiques fondamentalistes qui se profilent derrière les idéologies figées que professe l’Occident et qui contribue à son ressac. Elles se présentent sous des couleurs politiques différentes, tout en partageant en filigrane les mêmes postulats fondamentalistes, souvent déguisés en « progressismes », en pseudo-avatars de l’idéologie des « Lumières » : c’est tantôt ce que l’on appelait justement le « libéralisme doctrinaire » au 19ème siècle, revenu à l’avant-plan, suite à Thatcher et Reagan, sous le nom de « néo-libéralisme », tantôt le marxisme non marxien (car Marx ne répétait pas des schémas figés et irréalistes comme ses piètres disciples), tantôt le discours sur les droits de l’homme, où ceux-ci servent de référence au prêchi-prêcha du « politiquement correct » et d’instruments de subversion maniés par les services américains pour bouleverser les Etats qui résistent à leur hégémonie ou entendent garder des barrières quelconques pour préserver leurs outils industriels nationaux. Via une quantité d’ONG, ces idéologies figées et répétitives servent d’instruments dans une lutte sans répit contre les syncrétismes féconds dans les mondes arabe, turc ou orthodoxe. Le monde asiatique avait réagi contre cette instrumentalisation du discours sur les droits de l’homme dès le début des années 90, où les diverses doctrines de Clinton avaient imposé ce discours comme référentiel unique et non critiquable. Au fil du temps, ce référentiel, soustrait à toute critique, est devenu le socle inamovible du « politiquement correct », débouchant sur ce que Georges Orwell avait défini comme le « goodthink ». L’alliance paradoxale du « politiquement correct » et des fondamentalismes télé-évangéliques, chrétiens-sionistes ou salafistes a conduit la planète au blocage actuel, au chaos qui agite le « rimland » géopolitique de la Libye aux frontières de l’Iran et au Pakistan, à la confusion totale qui marque les esprits en Occident, où la caste politique est désormais incapable de distinguer ce qui peut consolider le Bien public de ce qui le disloque et le ruine. 

 

Ce chaos sur les « rimlands » méditerranéens, moyen-orientaux ou musulmans, de la frontière tunisienne à l’Indus est né de la volonté de l’hegemon américain. Au départ d’un soutien à apporter aux mudjahiddins afghans contre les protecteurs soviétiques d’un régime laïque à Kaboul, Zbigniew Brzezinski voulait se servir du levier islamiste pour finir par contrôler la Route de la Soie dans l’Asie centrale musulmane, soviétique jusqu’à la dislocation de l’URSS. Le fondamentalisme islamiste était alors un pur instrument et on n’imaginait pas à Washington que des éléments de ce golem à têtes multiples pourraient un jour devenir incontrôlables et poursuivre un agenda non dicté par une tierce puissance ou se montrer indisciplinés et commettre des actions non souhaitées par leurs commanditaires de départ. En 2012, Brzezinski lui-même constate l’échec de son projet stratégique (20) mais, malgré cet aveu, bien étayé, Washington a réactivé en 2013-2014 la stratégie qu’il préconisait en Ukraine. 

 

 

De la position centrale de l’Iran

 

Sur fond de quel autre projet, cette réactivation des projets initiaux de Brzezinski sur la « gateway region » ukrainienne  s’est-elle déployée ? Le projet de contrôler la Route de la Soie centre-asiatique est, simultanément, un projet d’unir politiquement, sous la férule d’un hégémonisme américain, la zone d’intervention virtuelle de l’USCENTCOM, le commandement militaire américain au centre de la masse continentale eurasiatique. L’espace géographique dévolu à l’USCENTCOM a pour centre l’Iran. Dans un premier temps, les Etats-Unis visaient à annuler le pouvoir d’attraction que ce centre iranien pouvait éventuellement déployer dans sa périphérie, de l’Egypte à l’Inde. Le rayonnement de la « civilisation iranienne » était un projet du Shah qui était parvenu à faire la paix avec les Saoudiens (annulant de la sorte l’antagonisme chiites/sunnites revenu à l’avant-plan pour ravager le Proche et le Moyen Orient aujourd’hui), à soutenir financièrement l’Afghanistan voisin, à tisser des liens féconds avec l’Inde, à forger des accords industriels et énergétiques avec l’Europe et à pactiser dans un projet gazier avec l’URSS de Brejnev. Il fallait briser ce rayonnement iranien sur le « rimland » de l’Océan Indien et le nouveau tandem pétrolier irano-saoudien. Le Shah, bien qu’officiellement « allié », devait dès lors être éliminé : on lui a balancé la révolution de Khomeiny pour ruiner ses projets et affaiblir ses partenaires européens qui venaient de vivre les Trente Glorieuses. Mais le golem Khomeiny s’est avéré récalcitrant et les projets atomiques, que l’ayatollah ne souhaitait pas développer (il avait lancé une « fatwa » contre les armes atomiques), ont été repris par Ahmadinedjad, figure diabolisée à souhait par le pouvoir médiatique américain sur la planète. L’Iran était décrété « Etat voyou ». Son pouvoir d’attraction n’était pas entièrement éliminé mais sérieusement limité. Cependant, l’Iran, de par sa centralité sur le territoire dévolu à l’USCENTCOM ou au « Greater Middle East », est incontournable. L’intervention en Afghanistan n’a apporté aucun autre résultat que le chaos au bout de quatorze ans. Onze ans de présence américaine en Irak se solde par un déchaînement de violence encore plus spectaculaire. D’où certains stratégistes envisagent une autre stratégie (21) : ôter à l’Iran le statut d’ « Etat voyou » et en refaire un allié afin de dominer le centre même de l’espace du « Plus grand Moyen Orient ». Cette stratégie, d’abord complètement isolée dans un « paysage idéologique américain » dominé par le bellicisme intransigeant des « néo-conservateurs » faisant chorus autour des deux présidents Bush, est désormais envisagée comme une solution possible par davantage de stratégistes, sans nul doute parce que les clivages religieux du Moyen Orient se sont avérés plus résilients que prévus. Les différences entre chiites et sunnites avaient été considérées comme superficielles, comme des enfantillages archaïques appelés à disparaître. La suite des événements a prouvé le contraire : les peuples du Moyen Orient tiennent à leurs religions et ne veulent pas se noyer dans l’océan des hommes sans substance et sans qualités que génère le libéralisme occidental. En Irak, le pouvoir chiite, mis en place par les Américains suite à l’élimination du nationaliste arabe sunnite Saddam Hussein, se sent plus proche de la « civilisation iranienne », dominée par l’islam chiite, que du wahhabisme sunnite saoudien, qui soutient désormais des forces djihadistes sunnites en Irak, pour éviter une extension géopolitique indirecte des « Perses », par chiites irakiens interposés, alors que, pourtant, ces chiites irakiens avaient été hissés au pouvoir par les Américains, alliés des Saoudiens : une contradiction majeure des stratégistes d’Outre-Atlantique qui aura des répercussions inattendues et catastrophiques. De même, l’Afghanistan, de langue iranienne (indo-européenne), où les Pachtounes dominants sont sunnites et où la minorité asiatique persophone des Hazaras est chiite, n’est toujours pas pacifié : les bases arrières pakistanaises des talibans, d’abord alliés puis ennemis, plongent le Pakistan dans le chaos ; l’Iran, lui, reste stable dans un environnement totalement bouleversé. L’élection de Hassan Rohani en 2013 a facilité l’apaisement mais le jeu demeure complexe et les relations irano-américaines ambigües, surtout parce qu’un alignement sur les BRICS pourrait s’avérer tout aussi intéressant pour l’Iran qu’un retour dans le système atlantiste global visant l’endiguement permanent de la Russie et de la Chine. Israël, qui a bénéficié jusqu’ici du statut de seul allié privilégié des Etats-Unis, craint le rapprochement irano-américain qui relativiserait considérablement sa position au Proche et au Moyen Orient où son ennemi le plus tenace reste le Hezbollah chiite libanais, iranophile par une sorte de nouvelle convergence panchiite, peu perceptible sur l’échiquier régional avant l’intervention américaine en Irak. Le regard à porter sur une éventuelle position rétrogradée d’Israël doit tenir compte d’une mutation notable : la tradition juive avait toujours été de s’allier avec les Perses contre les puissances venues de l’Ouest (les Romains puis les Byzantins), dans le souvenir du Cyrus de la Bible, expliquant aussi le patriotisme des juifs d’Iran ; Netanyahu, lui, pratique une politique juive « hérodienne », favorable à la puissance hégémonique venue de l’Ouest, en l’occurrence les Etats-Unis, qui prennent le relais d’une Angleterre que les ancêtres idéologiques du Likoud, son parti, avait soit combattue au nom de l’anticolonialisme soit favorisée au nom d’une alliance contre le fascisme et le nazisme.

 

De la stratégie eurasienne d’Obama

 

Dans ce contexte trouble et bouleversé, quelle est donc la stratégie eurasienne d’Obama ? Quels en sont les contours et les visées ?

 

Obama vise, semble-t-il, à contrôler la Mer Noire, à réaliser à son profit les clauses du Traité de Paris de 1856 : arracher la Mer Noire à toute forme d’hégémonisme russe. L’objectif d’Obama est de contrôler ou d’empêcher l’utilisation maximale des gazoducs et oléoducs « South Stream » ; cette politique, une fois de plus, vise davantage l’Europe, premier concurrent des Etats-Unis et « ennemi métaphysique » dans la mesure où c’est l’Allemagne qui en est le centre névralgique et que tout retour de l’Allemagne à l’avant-plan sur l’échiquier politique et économique international, surtout par le biais d’un tandem énergétique germano-russe, est la hantise des anciens trotskistes devenus « néo-conservateurs » et bellicistes à tous crins car leur idéologie est inspirée in fine par les puritanismes les plus échevelés, ennemis de toute forme de diplomatie harmonieuse et d’équilibres syncrétiques.

 

Le contrôle de la Mer Noire implique un retour des Etats-Unis et de l’OTAN en Géorgie et en Azerbaïdjan, en exploitant les ressources de l’allié turc, exactement comme au temps de la Guerre de Crimée.

 

3)     Ce projet de domination de l’espace pontique implique aussi d’aider financièrement l’Arménie à se désenclaver, alors qu’elle est un allié-clef de la Russie et, accessoirement, de l’Iran dans le Caucase.

 

4)     Même si cela n’apparaît pas directement aujourd’hui, ce faisceau de stratégies dans l’espace pontique doit aussi compter sur une réactivation de la subversion wahhabite en Tchétchénie et au Daghestan, de façon, cette fois, à interrompre potentiellement le transit des hydrocarbures non plus seulement à hauteur du Donbass ukrainien mais cette fois dans l’espace transcaucasien, entre la Mer Noire et la Caspienne. Nous aurions affaire, si cette stratégie finit par s’inscrire dans les faits, à une double interruption des flux énergétiques en direction de l’Europe. 

 

5)     La visée finale de cette stratégie pontique de l’ « administration » Obama est bien sûr d’affaiblir l’Europe, puisque la Russie vend alors ses hydrocarbures ailleurs en Asie, à des clients que les Etats-Unis ne peuvent guère influencer. Pour les Russes, la partie est nulle. Le North Stream achemine le gaz vers l’Allemagne, à l’abri de toute subversion dans l’espace pontique, mais le reste de l’Europe orientale et centrale est affaibli par le fonctionnement déficitaire du système South Stream, ce qui implique ipso facto un affaiblissement du centre germanique de l’Europe et une balkanisation es volontés européennes, mutatis mutandis, comme le craignait Metternich. 

 

6)     Au-delà de cet affaiblissement de l’Europe toute entière, la stratégie américaine actuelle semble vouloir joindre l’espace pontique à l’espace iranien, justement en agissant dans le Caucase, en Géorgie (l’antique Colchide), en Azerbaïdjan, en Arménie et sur le flanc septentrional de la chaîne montagneuse caucasienne. De la Roumanie à l’Afghanistan, nous verrions alors se reconstituer le verrou d’endiguement, rêvé par tous les stratégistes anglo-saxons depuis Pitt. Simultanément, ce verrou géopolitique sur le rimland qui courrait d’Ouest en Est serait doublé d’un verrou placé sur un axe nord-sud et couperait l’Europe, ennemi principal, de ses approvisionnements russes et caucasiens, ou ne tolérerait qu’un approvisionnement qui passerait par un contrôle turc, tandis que les hydrocarbures iraniens seraient déviés vers d’autres Etats clients. 

 

7)     Autre facette de cette stratégie entre Danube et Indus (sur l’antique territoire de l’Empire macédonien d’Alexandre le Grand) : centrer autour de l’Iran, redevenu ami, dépouillé de son statut infâmant d’ « Etat voyou », les territoires placés, de manière informelle et virtuelle, dans l’orbite de l’USCENTCOM ; simultanément, pour couper l’Europe et la Chine voire l’Inde d’autres approvisionnements en matières premières diverses et indispensables, puis pour prendre solidement pied en Afrique, en développant l’AFRICOM.

 

8)     La Chine ne doit pas seulement être contenue en Afrique, où elle a déployé une diplomatie sans imposer de contraintes idéologiques comme le fait l’Occident, mais aussi ailleurs, surtout dans le Pacifique. Il faut empêcher, mais ce sera difficile, son approvisionnement optimal en hydrocarbures, comme cela avait été pratiqué contre le Japon en 1940-1941. Pour parvenir à endiguer la Chine, on réhabilite l’OTASE, équivalent en Asie orientale de l’OTAN. On cherche à embrigader la Thaïlande et le Vietnam dans une politique d’endiguement et à empêcher la Birmanie (le Myanmar) de faire aboutir dans ses ports les terminaux pétroliers et gaziers de la Chine dans le Golfe du Bengale.

 

Cette politique internationale belligène d’Obama, qui n’est jamais qu’un avatar logique des stratégies guerrières pensées par les néoconservateurs avant ses mandats, a suscité, on s’en doute, la riposte « eurasienne » de la Russie et de la Chine :

 

1)     Les gazoducs sibériens acheminent désormais une bonne partie du pétrole et du gaz russes vers la Chine et non plus vers l’Europe, en passant par l’Ukraine secouée par des troubles civils, fabriqués par les ONG américaines.

 

2)     Remplacer le dollar par d’autres devises pour les échanges internationaux.

 

3)     Inclure l’Iran dans l’Organisation de Shanghai donc dans le groupe BRICS.

 

Cette priorité, qui consiste, en fin de compte, à contrôler tout le rimland de la Grèce à la Mer de Chine du Sud, est handicapée par le chaos persistant qui bouleverse le Proche Orient et la Mésopotamie irakienne. Ce chaos empêche l’organisation optimale, pourtant promise, d’un « Plus Grand Moyen Orient ». Ces désordres sanglants ne peuvent constituer un modèle séduisant. D’autres acteurs, en apparence alliés des Etats-Unis, poursuivent d’autres projets, comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite qui ne se soucient guère de l’établissement d’un « Greater Middle East » et donnent la priorité à l’élimination de toutes les factions musulmanes qui ne s’alignent pas sur les canons rigoristes du wahhabisme saoudien. Cette priorité induit un état de guerre permanent de tous contre tous qui n’autorise aucune installation d’un pouvoir solide, syncrétique et pacificateur. Du coup, des voix s’élèvent pour dire « qu’il manque un Saddam » (22), corroborant ainsi les paroles prophétiques prononcées par le Raïs vaincu et écrasé au pied de la potence… L’Irak, disait-il, en cet instant fatidique, « était plongé dans un enfer ». Le baathisme, même sous la poigne très rude des militaires irakiens, était un système plus efficace, plus générateur d’ordre et de paix civile, que le chaos installé depuis l’invasion américaine. De même, Bachar El-Assad apparaît comme un allié potentiel contre les débordements incontrôlables de l’EIIL, en dépit des diabolisations qu’il a subies dans les médias au début de la guerre civile syrienne. La stratégie consistant à armer des factieux déséquilibrés ou d’anciens vaincus de guerres civiles antérieures ou des minorités religieuses et/ou ethniques ou des politiciens falots et véreux aspirant à s’emparer d’un pouvoir qu’ils ne pourraient pas tenir avec leurs seules forces s’avère un fiasco : il aurait mieux valu préconiser un développement harmonieux à la chinoise.

 

L’harmonie confucéenne, idéologie chinoise, asiatique, confucéenne ou bouddhiste recèle plus de possibles féconds que les fondamentalismes puritains américains ou wahhabites saoudiens. Et quand le fanatisme puritain se camoufle derrière une interprétation facile, médiatisable et caricaturale de l’idéologie des droits de l’homme, qui confine à l’hystérie avec Carter, Bill et Hillary Clinton ou encore Bernard-Henri Lévy, le chaos s’installe et l’enfer (pavé de bonnes intentions) descend sur terre comme en Libye, en Syrie, en Irak ou dans le Donbass. Les droits de l’homme, dans leur application, disaient déjà les Chinois au début des années 90 du 20ème siècle, doivent être tempérés par les messages pacificateurs des religions traditionnelles, surtout le confucianisme qui prêche l’harmonie. Qui dit religion apaisante dit automatiquement capacité à forger des syncrétismes harmonieux et féconds, comme le voulait le Shah avec son idée de « civilisation iranienne » qui est parvenu à signer une paix avec le roi Fayçal d’Arabie Saoudite, réduisant à néant, dans les années 70 du 20ème siècle, le contentieux pluriséculaire entre Chiites et Sunnites. Autre syncrétisme pacificateur : les baathismes syrien et irakien qui, bien que devenus ennemis, ont chacun procuré la paix intérieure à leurs pays respectifs. Quant au kémalisme, reposant sur le syncrétisme alaouite turc et sur l’appareil militaire (hostile aux fondamentalismes et aux terribles simplifications des zélotes religieux), il offrait, finalement, une plus large marge de manœuvre à la Turquie et ses dernières manifestations, avant la mise au pas fondamentaliste perpétrée par Erdogan, avaient fait montre de velléités eurasistes, liées idéologiquement à ses positions parfois pantouraniennes, plus conformes à la position pontique de la Turquie, réduite sur le plan territorial suite aux clauses du Traité de Lausanne de 1923 et dépouillée des ressources énergétiques de l’actuel Kurdistan irakien (gisements de Kirkouk et de Mossoul). 

 

L’alliance entre les puritains de Boston (avec leurs avatars télé-évangélistes, chrétiens-sionistes et autres), les trotskistes de la côte est, mués en néoconservateurs pour qui la notion trotskiste de « révolution permanente » s’est transformée en pratique de la « guerre permanente », et les wahhabites djihadistes saoudiens qui ont plongé la Libye, la Syrie et l’Irak dans le chaos, est une alliance que l’on peut sereinement qualifier de calamiteuse, vu l’absence de résultats acceptables au regard de la simple bienséance. Face à elle, l’eurasisme est donc un antidote où entrent en jeu les valeurs asiatiques, bouddhistes et confucéennes non dérivées du tronc abrahamique et les volontés syncrétiques des grands khans mongols dont Marco Polo fut un conseiller pendant dix-sept ans. A ce corpus de religions asiatiques et à cette volonté de syncrétisme s’ajoutent les idéaux équilibrants et apaisants que nous lègue Aristote, avec son idée de « nomos » de la terre, reprise au 20ème siècle par Carl Schmitt. Il ne s’agit nullement d’un « nomos » figé, comme pourrait nous le faire croire l’aristotélisme scolastique ou la pratique metternichienne en marge de la Sainte-Alliance, mais d’un « nomos » dynamique, que le philosophe Heidegger, sous l’impulsion du futur archévêque de Fribourg Conrad Gröber, a exploré, prouvant que les concepts grecs étaient plus « fluides », plus souples, que ne l’avaient imaginé les scolastiques : ceux-ci, prêtaient le flanc aux critiques, souvent antireligieux, qui percevaient l’aristotélisme des « Anciens » comme une charpente trop rigide, rejetée par les « Modernes ». Confucianisme chinois et aristotélisme tablant sur un « nomos » irrigué de concepts fluides impliquent la mise en œuvre d’une diplomatie planétaire diamétralement différente de la pratique occidentale dominante aujourd’hui et opposée à l’anti-diplomatie du néoconservateur Robert Kagan à l’époque du fameux Axe Paris-Berlin-Moscou de 2003 quand l’Europe et la Russie se sont opposées, de concert mais hélas trop brièvement, au bellicisme américain en Irak. Cet axe éphémère était une réactualisation de l’alliance implicite franco-austro-russe du 18ème siècle, flanquée des bonnes politiques maritimes du Roi Louis XVI et de la Tsarine Catherine.

 

La réémergence d’un Axe Paris-Berlin-Moscou, difficile à raviver depuis la trahison du gaullisme par Sarkozy et Hollande, renoue avec les meilleurs traditions du siècle des Lumières, où les Lumières n’étaient pas réduites aux piètres schémas vociférés par un Bernard-Henri Lévy. Il s’agissait de neutraliser le cycle infernal des guerres mondiales et des guerres permanentes commencé avec la Guerre de Sept Ans en 1756 (23). L’eurasisme est donc cette réponse nécessaire et équilibrante à des forces génératrices de désordres criminels et destructeurs.

 

Robert Steuckers, octobre 2014 (rédaction finale, janvier 2015).

 

Notes :

(1) Marlène LARUELLE, L’idéologie eurasiste russe ou comment penser l’empire, L’Harmattan, Paris, 1999.

(2) Christian W. SPANG, Karl Haushofer und Japan – Die Rezeption seiner geopolitischen Theorien in der deutschen und japanischen Politik, Iudicium Verlag, München, 2013.

(3) Robert KAPLAN, Monsoon – The Indian Ocean and the Future of American Power, Random House, New York, 2011.

(4) Christopher I. BECKWITH, Empires of the Silk Road – A History of Central Eurasia from the Bronze Age to the Present, Princeton University Press, Princeton, 2009.

(5) Tessa HOFMANN, Annäherung an Armenien – Geschichte und Gegenwart, Verlag C. H. Beck, München, 1997-2006.

(6) Sur Saul B. Cohen, cf. David CRIEKEMANS, Geopolitiek – ‘Geografisch geweten’ van de buitenlandse politiek ?, Garant, Antwerpen/Apeldoorn, 2007.

(7)   J. P. MALLORY & Victor H. MAIR, The Tarim Mummies. Ancient China and the Mystery of the Earliest Peoples from the West, Thames & Hudson, London, 2000.

(8)Reinhard SCHMOECKEL, Deutschlands unbekannte Jahrhunderte- Geheimnisse aus dem Frühmittelalter, Verlag Bublies, Schnellbach, 2013; à lire en parallèle avec le travail du Prof. Beckwith :Reinhard SCHMOECKEL, Die Indoeuropäer - Aufbruch aus der Vorgeschichte, Verlag Bublies, Schnellbach, s.d.

(9) Jean-Michel SALLMANN, Le grand désenclavement du monde – 1200-1600, Payot, Paris, 2011.

(10) Pour comprendre la volonté russe de se projeter vers le Pacifique, lire: Owen MATTHEWS, Glorious Misadventures – Nikolai Rezanov and the Dream of a Russian America, London, Bloomsbury, 2013-2014.

(11) Cf. son entretien repris le 14 juin 2014 sur http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2014/06/14/s-a-r-don-sixto-enrique-de-borbon-la-voluntad-rusa-de-independencia-nos-ayu.html

(12) Eberhard STRAUB, Der Wiener Kongress – Das grosse Fest und die Neuordnung Europas, Stuttgart, Klett-Cotta, 2014.

(13) Olivier BLANC, Les hommes de Londres – Histoire secrète de la Terreur, Paris, Albin Michel, 1989.

(14) Cf. notre article consacré à Constantin Frantz : in Jean-François MATTEI, Les Œuvres philosophiques (deux tomes), volume III de l'Encyclopédie philosophique universelle, Paris, PUF, 1992.

(15) Cf. : http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2009/12/24/a911661dab8d842f12880d2134ef6047.html

(16) John KING FAIRBANK, The Great Chinese Revolution 1800-1985, 1986, p. 81.

(17) Robert STEUCKERS, “Les amendements chinois au nouvel ordre mondial”, sur http://robertsteuckers.blogspot.be/2014/04/les-amendements-chinois-au-nouvel-ordre.html

(18) Giuseppe TUCCI, Les religions du Tibet et de la Mongolie, Payot, 1973.

(19) Pankaj MISHRA, Aus den Ruinen des Empires – Die Revolte gegen den Westen und der Wiederaufstieg Asiens, S. Fischer, Frankfurt a. M., 2013.

(20) Robert STEUCKERS, « Etonnantes révisions chez les grands stratégistes américains », cf. http://robertsteuckers.blogspot.be/2013/08/etonnantes-revisions-chez-les-grands.html

(21) Robert BAER, Iran – l’irrésistible ascension, J.C. Lattès, Paris, 2008; Trita PARSI, Treacherous Alliance – The Secret Dealings of Israel, Iran, and the U.S., Yale University Press, 2007; Barbara SLAVIN, Bitter Friends, Bosom Enemies – Iran, the U.S., and the Twisted Path to Confrontation, St. Martins Press, New York, 2007.

(22) Wayne MADSEN, “Missing Saddam”, cf. http://euro-synergies.hautetfort.com/apps/search/?s=missing+saddam

(23) Robert STEUCKERS, “Historical Reflections on the Notion of “World War””, cf. http://robertsteuckers.blogspot.be/2014/02/historical-reflections-on-notion-of.html





19/12/2014

De la méthode

 

Nous remettons en ligne ce texte plus que d'actualité écrit il y a trois mois et vous le proposons tel quel. Il y a encore un peu de travail de clarification et de correction à opérer. Une mise-à-jour sera proposée dés que possible et ce texte sera intégré à la conclusion de notre essai, mais les idées n'attendent pas !


 

Ainsi que le Diable est dans les détails et que l'Enfer est pavé de bonnes intentions, voici que l'on nous a envoyé comme des brebis au milieu des loups, à mille lieues du jour, à mille lumières de l'aube...

 

Qu'y a-t-il de plus vital pour une convergence prérévolutionnaire que de  transmuter en mouvement révolutionnaire ?

 

Qu'y a-t-il de plus primordial pour la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle dans sa vocation à devenir un "possible entrant en conflit avec le réel" que de s'interroger sur la nature de sa propre essence ? Ses idées en puissance et ses principes en acte ? Sur son action et son impact réel sur la société ? Sur ses Orientations ?

 

Qu'y a-t-il de plus principal que d’opérer une critique kaléidoscopique de cette convergence ? Des idées, des articulations et des interactions entre les différents courants de cette convergence ?

 

Qu'y a-t-il de plus radical que d’opérer une critique positive du fruit idéologique de ces interactions ; de la nature politique de ces interactions ; de la présence ou de l'absence de ces interactions à l'intérieur de cette convergence (qui n'existe que si existent ces interactions) ; de la réalité ou de la virtualité de ces interactions ; mais aussi, de la volonté des protagonistes de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle à organiser ces interactions pour révolutionnairement avancer ?

 

Qu'y a-t-il de plus vertical dans cet exercice de critique cardinale, que d'affronter tous les vents et que de regarder Droit dans le Soleil ?

 

Qu'y a-t-il de plus fondamental, pour dépasser l'Ancien Désordre National que de mettre la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle en mouvement et le mouvement en ordre ?

 

Qu'y a-t-il de plus sacral que d’œuvrer à libérer les volontés de puissance principielles de la Génération dissidente et de la convergence prérévolutionnaire de la Fin ? En rappelant la promesse tenue, et en portant, pour brusquer l'Histoire, un "concept absolu" ? Un concept précipitant dans le reflux de ses immanences un principe transcendant, une idée rayonnante transmutant alchimiquement notre convergence pour traditionnellement retourner vers l'être ? Le Graal a raison!

 

Désormais, il nous faudra aller où personne ne va

 

Certains s'interrogent, à juste titre, sur ce qui créé, et amplifie à ce point de déréliction, cette ambiance de dégout généralisé pour la Politique, et pour les castes représentatives de la république des partis, des loges, des lobbys et des troupes d'occupation mentale qui, en effet, dans tous les bas calculs clientélistes inhérents à la Médiocratie globale, participent elles-mêmes à nourrir ce dégout endémique pour la chose politique et donc pour leurs propres rangs, et ce, dans toutes les mises en danger de cette fuite en avant et de ce déni de réalité.

 

Cette ambiance d'encerclement de l'être étouffe le moindre mouvement se débattant vers un dépassement de cette subversion.

 

Cette ambiance de mort, c'est la macabre humeur de l'Anaconda ; le Léviathan veut être dompté, le Tigre chevauché, le Dragon terrassé...

 

Nous entendons par "se débattre", œuvrer pour un Retour du Politique vers un Retour à la Philosophie pour un Retour à la Tradition vers un Retour à l’Être. (Nous n'avons pas osé dire qu'avant même d’œuvrer à un "Retour du Politique", c'est d'un Retour à l'Art et à la Beauté dont nous avons sans doute le plus besoin...) 

 

Ce sentiment de dégout généralisé et revendiqué est l'expression d'un malaise profond. Un malaise que l'on s'amuse tous, d'une manière ou d'une autre, à faire monter comme œufs en neige pour nourrir la légitimité de nos entreprises révolutionnaires individuelles et "à usage unique".

 

Une légitimité mainstream, c'est-à-dire une légitimité qui repose sur une autorité médiatique, autrement dit sur une base libérale et démocratique.

 

Une autorité médiatique maintenue par un dressage quotidien de listes de tout ce qui va mal dans la société qui entretient l'établissement sans fin d'un constat de faillite planétaire, dans un esprit de "quantité", pour justifier le bien fondé de notre indignation et entretenir l'illusion de "qualité" de nos démonstrations métapolitiques à courte-vue stratégique et à courte-portée conspirative.

 

Autrement dit, une entreprise d'auto-légitimation enfermée dans le paradigme politico-médiatique moderne et dans le système économique capitaliste-libéral.

 

La Dissidence emblématique, officielle et mainstream est coincée dans les logiques commerciales spectalistes qu'imposent ce paradigme et son logiciel est figé dans le matérialisme dialectique économique qu'induit ce système ; une métapolitique gourmande en réinformation effaçable, en indignation détestable et en dérision rentable.

 

Ce sentiment exacerbé par les intoxications salmonelleuses de ces métapolitiques brouillées est un capital révolutionnaire que personne n'ignore, qui est l'objet de toutes les recettes des politiques gourmandes, un capital d'ailleurs souvent gâché par tous les compromis que lui impose et toutes les contorsions que lui ordonne cette spéculation. On ne fait pas d'omelettes sans clouer les cieux.

 

Un fond spéculatif prérévolutionnaire qui, in fine, secoué par un évènement que n'avaient pas prévu ou qui échappe en partie aux spéculateurs et aux organisateurs d'évènements, déclenche une réaction massive, tragiquement spontanée ou dramatiquement provoquée (authentique ou manipulée), en réalité les deux, et c'est ici un point qu'il faut essayer d'éclaircir, car il constitue un essentialisme dissident inextricable - La haine du secret - qui constitue un pilier fondateur de la grille de lecture et influence toutes les analyses de la Génération dissidente, en effet, si les insurrections de l’être et les incendies du cœur peuvent être, et sont inéluctablement "encerclés", devons-nous considérer que toute "Révolte contre le Monde moderne" est l'idiote utile du mondialisme ?

 

Car, pour schématiser de façon rudimentaire, c'est la seule conclusion commune que la Dissidence partage et qu'elle a globalement retenu de cet âpre constat de l'existence des complots. Que n'en sommes-nous nenni.

 

Cette conclusion unique et exclusive s'est imposée comme une norme à la Dissidence mainstream et cette norme unique et exclusive s'est constituée en méthode.

 

Cette méthode unique et exclusive c'est la méthode des journalistes indépendants, alternatifs et dissidents : la ligne éditoriale en kit des web-médias auto-formés de la réinformation.

 

Bien sûr, nous réduisons à l’extrême pour dégager un cadre théorique à l'exercice une critique positive de la Dissidence qui n'existe pas. C'est un exercice particulier, en roues libres, nos affirmations cachent toujours une interrogation, nous essayons avant tout de dégager une méthode, nous sommes bien dans l'exercice de l'essai, et dans cet essai nous essayerons de cerner l'essence du problème posé. Saint-George a raison!

 

Si il y a une question juive, une question sioniste, une question mondialiste, il y a une question néo-souverainiste. Quand les dissidents vont-ils se la poser ?

 

La dialectique néo-souverainiste unique et exclusive, en mouvement dans les convergences prérévolutionnaires du XXIème siècle, mène doucement la Dissidence de toutes les convergences vers un certain nihilisme, le mot peut vous sembler fort à cette minute précise, mais le sera-t-il encore d'ici un mois, d'ici un an ?

 

Les essentialismes de la Dissidence ont dépassé le stade de l'exotisme depuis un moment déjà, si nihilisme est démesuré, on peut parler de ronron sans prendre trop de risque.

 

Nous pouvons déjà observer certains effets négatifs de cette dialectique, et notamment chez les jeunes recrues qui sortent la carte mondialisme ou sionisme à propos de tout et de n'importe quoi, de façon systématique et de manière compulsive, c'est un phénomène grandissant, un fait sociologique que nous ne devons pas ignorer.

 

Certains dirons que ça n'est pas nouveau, ou encore que c'est marginal, très bien, qu'ils aillent le dire à qui de droit. En attendant, nous disons que la forme et l'ampleur du phénomène ont prit de nouvelles dimensions, que le phénomène se massifie et se systématise. Bien entendu, nous ne pouvons pas commander de chiffres, nous ne pouvons que proposer nos observations comme étant les nôtres et se limitant à attirer votre attention sur ce qui, selon nous autres, dissidents, sont des phénomènes que nous devons comprendre et qui, sous différentes formes, proviennent d'une même source : un problème originel de méthode dans la Dissidence.   

 

Le logiciel d'allumage de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, répondant à l'hameçonnage mondial du 11 Septembre 2001,  a permit à la Génération dissidente de reprendre le chemin du politique, nous ne remettons pas en question cette légitimité, nous essayons d'expliquer que ce logiciel de démarrage s'est déformé en méthode qui s'est installée en ronron.

 

Ça ne se passe pas du jour au lendemain, un déroulement sur dix ans, et ça ne remet pas tout le travail accomplit en question, mais ça n'est pas non plus une raison pour accepter un ronron incapacitant porteur de principes mortifères, le ronron d'un logiciel qui n'a pas su se renouveler, qui s'est perdu dans des logiques de survie, certes respectables telles qu'elles sont présentées, mais qui peu à peu, ont remplacé les idées et sont devenues le tout de l'existant de la Dissidence.

 

Problème de méthode que nous pourrions brièvement expliquer par un manque de formation philosophique et politique de notre génération, de la Génération dissidente qui n'est que le reflet de son époque, c'est-à-dire, que nous partons, ou revenons, de loin, mais aussi, peut-être à cause d'une absence de confrontation idéologique de fond, et nous ne parlons pas ici du spectacle rhétorique que peut offrir un débat télé-visuel, bien que ces débats contradictoires n'existent même pas réellement dans la Dissidence, ce qui est sans doute mieux s'ils ne sont pas organisés dans un esprit de groupe de travail - c'est-à-dire qu'au-delà de la vidéo, il s'agirait de se remettre à lire, écrire et entretenir des correspondances politiques quelques peu sérieuses entre ceux de la Génération dissidente qui prétendent à la métapolitique -, des débats qui ne sont pas nécessairement obligés de prendre la forme sophistique du Spectacle déconstructiviste, mais surtout, nous pensons que ce problème de méthode, c'est aussi un déni de réalité interne à la Dissidence, un déni des phénomènes incapacitants qui se cachent derrière les plus extrêmes relativismes.

 

Des relativismes vendus comme des évidences, des évidences matérialistes, d'un matérialisme dont la dialectique est très déterministe, pour ne finalement jamais envisager la radicalité pour quand même aller aux extrêmes.

 

" (...) les plus extrêmes relativismes..." Par exemple, nous sommes d'accords pour dire que nous faisons tous partie du système ? Et bien non.

 

En effet, une première donnée du problème est exactement que beaucoup de dissidents se considèrent en dehors de l'aliénation, hors de la Nuit, ce que nous voulons dire précisément - c'est ici des sujets de tréfonds dont il est primordial d'aller à leur découverte mais qui sont difficilement approchables sans se laisser emporter dans une plongée dans les hautes-profondeurs de la Dissidence et qui demande le temps qu'elle demande pour les atteindre ; hautes-profondeurs desquelles nous ne pouvons pas remonter trop rapidement, respectant une certaine règle de décompression -, c'est que la Dissidence s'enlise dans une convergence de phénomènes incapacitants.

 

Il faut préciser que ce moment d'enlisement correspond au processus global de transition en cours influençant le déroulement historique et métahistorique de l'aventure dissidente, de la mise-en-marche en avant des convergences prérévolutionnaires du XXIème siècle vers les Temps qualifiés et arrivées à la Croisée des chemins de leur convergence, ce moment implique de faire des choix pour continuer à avancer, implique d'affronter les phénomènes incapacitants en présence afin de pouvoir distinguer les choix réduits qui nous sont offerts, d'en avoir conscience pour les comprendre, et tant que la Dissidence ne comprendra pas qu'elle est dans ce moment dialectique, elle restera figée à la croisée des chemins, au carrefour de l'Histoire tandis que l'Histoire avance, que la Nuit s'enfonce.  

 

Nous voulons bien admettre que des subtilités sont évoquées, nous en évoquons nous-mêmes dans nos essais, nous écoutons la Dissidence, et nous voulons bien lui concéder que des idées passent, nous essayons précisément d'expliquer qu'elles ne font que passer, qu'elles ne sont pas prises en compte, qu'elles ne sont pas articulées, puisque le ronron se suffit à lui-même, la plupart n'auront jamais eu d'application ne fusse que théorique, des idées, comme on passe d'une actualité à l'autre, alors qu'elles indiquaient des orientations tout à fait déterminantes - nous disons exactement que l'articulation des idées est noyée sous les lourdeurs de la réinformation et sous le poids d'une réactualisation quotidienne et laborieuse d'un constat de faillite dont on ne sait d'ailleurs plus trop quoi faire, qui occupe tout l'espace qui nous est offert et tout le temps qui nous est imparti -, des pistes de réflexions métapolitiques qui correspondaient à la nature même de la Dissidence sont passées et repassées, jamais exploitées, pour finir à la trappe, et les dissidents n'ont même pas conscience de cette théorie politique en mouvement au sein de leur propre convergence, le ronron ne fait donc pas débat, ce qui est pratique...

 

La Dissidence est, nous l'avons dit, comme figée dans sa propre ignorance d'elle-même, ça n'est pas un petit problème, cette ignorance constitue l'aliénation elle-même ou l'explique dans sa quasi totalité. Les intellectuels, les têtes d'affiche et libres penseurs de la Dissidence ont une responsabilité dans l'entretien de cette ignorance et profitent largement de ce statu quo. Le font-ils par pédagogie, facilité, habitude, confort, ronron, rente, inertie, agitation, vengeance ? Nous devons en effet nous poser ces questions. 

 

L'imposture consiste précisément à faire semblant que la Dissidence, en tant qu'entité prérévolutionnaire, que le ronron néo-souverainiste, en tant que théorie politique, et que certains phénomènes incapacitants directement liés à ce ronron, n'existent pas, comme d'ailleurs, nous autres, dissidents, nous n'existons pas pour la Dissidence emblématique, officielle et mainstream qui pratique à notre endroit et à l'égard de l'idée toute simple de Critique positive (qui les obligerait à remettre leur ronron et leur méthode en question, ce qui serait finalement sain) une Stratégie de l'édredon, et nous pourrions même dire un certain mépris, auquel cas, ça n'est pas Nous qu'ils mépriseraient en se comportant de la sorte.

 

Nous avançons donc dans l'inconnu puisque tout ce que nous abordons est un non-sujet dans la Dissidence sans conscience d'elle-même et qu'en plus de deux ans où nous abordons ces questions, sous des angles différents, ni la Dissidence, ni des dissidents, ne nous ont répondu, sur rien, ou pas grand chose, entendons nous bien, nous ne disons pas cela pour nous plaindre, mais pour dire que ça rend cet exercice d'autant plus compliqué... Et que c'est inquiétant en terme d'interaction. Pour nous autres, dissidents, ça ne change strictement rien.

 

Par exemple, mais nous aurions mille autres exemples, quand nous avons organisé les Rencontres Eurasistes - le 18 octobre, à Bruxelles -, étaient conviés et présents pour l'évènement Alexandre Douguine (par les voies d'une retransmission de plus d'une heure depuis Moscou), Robert Steuckers, Constantin Parvulesco, Laurent James et Gandharian (cyclo-antitouriste eurasiste), il était proposé aux dissidents de venir les écouter mais aussi de les rencontrer dans une perspective constructive, et, comme de fait, nous n'avons été relayés par aucunes dissidences, ou quasi aucunes, au final, nous étions une trentaine, et bien que ces rencontres n'en furent pas moins "décisives", nous pensons que prendre cet exemple n'est pas inutile pour illustrer la place des idées dans la Dissidence, alors, et encore une fois, ça n'est pas tant pour nos personnes que cette situation est tragicomiquement triste, mais nous nous disons que l'Europe et que la Dissidence vont mal.   

 

Les têtes pensantes peuvent s'en défendre, mais d'une manière générale, dans les rangs des militants du quotidien, factuellement, le mondialisme, c'est un peu la réponse à tout, la et l'excuse pour ne pas aller plus loin que le constat de faillite qui en devient une idéologie puisque toutes les entreprises géopolitiques possibilistes et les volontés de puissance objectives sortent irrémédiablement du cadre "statio-national" qui, par le mondialisme comme anathème (c'est un peu l'équivalent de la reductio ad hitlerum pour le mainstream politico-médiatique), sont donc nécessairement des projets sionistes, mondialistes, etc, et ce, avant même de les définir, de se les accaparer, avant même qu'ils existent, avant même de savoir de quoi il est question...

 

Nous ne savons pas si les libres penseurs se rendent compte de l'ampleur de ce phénomène et l'ampleur de ses dégâts ; nous n'en doutons pas un seul instant. Céline a raison!

 

Nous devons remettre cette "méthode" en question

 

Cet événement devenu sentiment devenu dégoût devenu constat devenu logiciel devenu méthode devenue dialectique devenue ronron devenu conclusion devenue utopie devenue folle devenue mythe incapacitant devenu idéologie devenue philosophie-politique est le fruit d'un certain complotisme nihiliste de fabrication aéronavale dont la fonction conspirative est précisément le contrôle optique et satellitaire des insurrections de l’être dont on lui explique que les incendies de son cœur sont un Complot mondialiste, une immanence de la Marchandise ou une ingénierie psycho-sociale. Au mieux du Romantisme, au pire, de l'ordre de la psychiatrie. Que le seul foyer hermétique au Complot, où son feu s'apaisera, et pourra alors servir de façon raisonnable et de manière utile, la véritable insurrection, est la Dissidence de toutes les traditions modernes. La subversion est dans la méthode.

 

Oui, parce que si la Dissidence "de l'extrême gauche à l'extrême droite de sa bêtise" - la notre comprise - n'aime pas les ananathèmes et autres diversions psychologisantes, elle n'en n'est pas moins avare. 

 

Ainsi, la seule possibilité qui s'ouvre à l'être pour se libérer, pour ne pas devenir l'idiot utile de la vraie-fausse révolution et du vrai-faux complot mondialiste dans sa tentative d'émancipation, pour ne pas s'éteindre dans une dernière conflagration de l'âme et risquer de sombrer dans la vie, est d’intégrer, monnaie sonnante et trébuchante, la Dissidence de la neutralité virginale, son ronron et sa vérité ronflante, comme figée dans les rotondes éternelles des maisons de retraite et coincée dans une chaise-roulante bancale lancée à toute vitesse dans les méandres de l'économie de marché. Quelque chose entre le frigidaire et la couveuse. Entre la salle d’attente et l'abattoir.

 

L'être, qu'il ait contracté, ou qu'il n'ait finalement pas signé le contrat de son ananassurance* (*marque déposée), se révoltera, là n'est pas la question. T'as raison Cousin !

 

La Dissidence dans sa danse déicide a enfermé les dissidents dans une transe liberticide

 

"...Tenez, hier, je n'y tenais plus : j'ai entendu, comme l'ange Gabriel, les ailes de mon cœur. Le souffle de l'esprit sacré a parcouru mon être ! J'ai pris ma lyre, et j'ai chanté :

 

Approchez-vous,

grande Marie !

Mère chérie !

Du doux Jhésus !

Sanctus Christus !

Ô Vierge enceinte,

Ô mère sainte,

Exaucez-nous !" Arthur Rimbaud

 

La Liberté d'expression de l'entre-soi dissident c'est le Cause toujours démocratique standard effondré avec le World Trade Center et rénové par le Ferme-là de Dieudonné ; le Bras d'honneur de Clemenceau reprit  comme logo d'une plateforme de téléchargement axée sur le rap dissident (tout un symbole).

 

On passe de j'nique la France à j'kiff le drapeau. Nous ne savons pas si c'est un progrès ; ce qui était le mieux. On passe d'anarcho-libéral à néo-conservateur ; on a déjà vu ça, ça à l'air tentant.

 

Nous autres, dissidents, des milieux populaires - banlieusards, périurbains et ruraux précaires - de la génération grunge et de La magie du tiroir, nous ne sommes pas entièrement convaincus que toute cette génération - aux parents chômeurs ou travailleurs pauvres - en voulait à l'essence et à la substance des peuples, de son peuple, au fond d'elle, où si elle en voulait à ce qui détruisait leurs peuples. Nous ne savons pas qui d'elle où de ses parents étaient le plus bercés par la musique de chambre funèbre dans les allées des supermarchés.

 

Même en ce qui concerne la mode - les modes musicales, vestimentaires, etc -, si "Paris" donne la tendance : la "Province" en fait c'qu'elle en veut - d'ailleurs il y avait un rap des champs très diffèrent du rap des villes - ; il y aurait un débat à avoir, des positions à revoir, à savoir si c'était la France ou l'Occident qu'ils voulaient niquer ; rien n'est moins sûr.

 

La société de consommation commençait à ne plus faire son travail d'aliénation, à force de trop en faire, la modernité montrait ses défauts et le spectacle n'était plus à la hauteur, ils avaient butté Tupac et Kurt Cobain en avait foutu plein l'plafond, il fallait en faire plus, plus de spectacle, plus de subversion, la génération sacrifiée commençait a réclamer sa part du sang versé par l'ultra-libéralisme et se déversant sur les écrans de télés, trop tôt, mais l'orchestre connaissait la musique, on chuchotait encore sans qu'il puisse nous entendre, on est passé d'une légende urbaine à une rumeur de la rue ; d'une rumeur du retour de l'être ; d'une rumeur au bruit du rap, du bruit au brouillage des téléphones portables, du brouillage au bavardage sur internet, du bavardage au hameçonnage du 11 septembre, du hameçonnage au murmure prérévolutionnaire, du murmure au piratage du complotisme, du piratage au dialogue de sourds de la Dissidence, du dialogue de sourds au rap dissident : la boucle est-elle bouclée ?   

 

Il faut changer l'approche du problème, de méthode, parce qu'il nous semble que nous n'avons pas vraiment avancé, que le discours n'a pas réellement changé. On repasse par des conversations par lesquelles on ne devrait pas avoir à repasser quand nous avons devant nous un dissident. 

   

Tout cela mène à des assemblées constituantes où les idées sont de toutes façons censurées, où c'est un gauchiste prépubère qui décide qu'est-ce que la démocratie et où vous vous ferez insulter par un antifa attardé (on a testé pour vous) dés les premiers échanges ; d'ailleurs quelques dissidents sont juste des antifas faisant des quenelles. 

 

Alain Soral devrait savoir ce qui se passe dans ces assemblées où il est ostracisé - c'est-à-dire son côté vertical - et où les dissidents sont plus ou moins chassés, en tout cas étouffés, avant d'en vanter les mérites dans ses vidéos, peut-être le sait-il.

 

Ainsi, en défendant la Liberté d’expression comme "concept absolu" - mon cul sur la commode -, Leur Liberté d'expression "par rapport à", qui est la première arnaque de l'imposture démocratique, la Dissidence mainstream incarne la nature démagogique du mensonge du libéralisme d'expression, sa mentalité tyrannique et ses censures arbitraires, et nous offre d’apercevoir une préfiguration de la Véritable démocratie qui vient... 

 

Nous nous permettrons d'illustrer notre propos par l'exemple suivant, récemment, nous regardions une émission de MetaTV avec Mathias Cardet, avec lequel nous partageons des points de convergence, mais son résumé de la question identitaire nous a surprit, pour réduire : question identitaire dans les strictes limites de la république, du principe démocratique et de la religion laïque - question limitée à la question du racialisme épidermique - "identitaires" : "racistes" - tolérance - cause toujours - non-débat - fatalité - les racistes qui nous aiment pas on les attend physiquement : point.

 

Comme si la question identitaire se limitait à cela et c'est précisément cela qu'il faut commencer par évacuer pour parler, en réalité, d'une autre question, qui n'est pas la question identitaire, mais celle de l'être - de sa race, de sa race d'esprit, de sa race intérieure -, et qui est une question de même qualité pour le français de branche que pour le français de souche, de racine, de bourgeons, de fleur et de fruit... Question qui a du se perdre en cours de route et qui était : que la question identitaire posée par la modernité soit reposée en des termes traditionnels. La réconciliation nationale ne sera pas républicaine. La révolution européenne ne sera pas démocratique. Notre tradition révolutionnaire n'est pas laïque.  

 

Nous attendons d'être contredits, enfin, c'est là un bien grand mot, nous n'attendons rien, ça n'est pas à nous qu'il faut répondre et ça n'est même pas nous qui devrions poser ces questions là, nous autres, dissidents, nous ne sommes pas en guerre contre la Dissidence, nous formulons une critique positive, nous ne comptons pas réellement justifier notre démarche, ni sa forme, quand la Dissidence s'autorise tout et ne répond à rien, il est évident que nous ne disons rien d’extraordinaire, ce qui est extraordinaire finalement c'est de devoir le dire.

 

La convergence qui marche à la baguette ne pouvait pas transmuter sans une certaine compréhension d'une certaine double fonction, d'un certain concept et d'une certaine mise-en-marche de ce dernier. La Dissidence emblématique et officielle a eu accès à toutes les indications nécessaires. Ses orientations objectives et suggestives vont systématiquement à l'encontre de cette mise-en-marche.

 

Par exemple, l'Eurasisme - et au-delà l'axe Paris Berlin Moscou - était un signe de reconnaissance ne faisant pas trop de doute, sans trop en faire, l'excès inverse fut maladroit, car au-delà de l'Eurasisme russe d'Alexandre Douguine, l'idée de Quatrième théorie politique suggérait, des principes, un esprit, une méthode, indiquait des références, sur lesquels beaucoup ont insisté, des 4ème Voies Européennes très Françaises ont été évoquées sous la plume de Jean Parvulesco, par exemple, et il faut bien comprendre que ces voies n'ont pas été abandonnées, que le mouvement ne s'est pas figé avec la Dissidence mainstream.

 

La Dissidence soutient Vladimir Poutine ; très bien. Mais doit-elle, dans son entreprise de dédiabolisation de la Russie de Vladimir Poutine, outrepasser sa vocation métapolitique suprahistorique européenne - c'est-à-dire en Croisade contre le Monde moderne -, en vendant une image républicaine de Vladimir Poutine pour alimenter ses petites affaires courantes au point de démocratiser un "concept absolu"  westphalien, d'essence droit-de-l'hommiste et de substance progressiste ?

 

Alors que, selon nous autres, dissidents, elle a, certes, fonction à faciliter une vocation politique historique française du "concept absolu" Vladimir Poutine sur la scène du mainstream politico-médiatique de la politique-politicienne franco-française, encore faudrait-il qu'elle le fasse, mais, sa fonction primordiale - au-delà d'aider un certain soft power russe-eurasiste qui se transforme trop souvent en du pro-poutine primaire assez pitoyable en terme de dignité - est la mise-en-marche en avant à contre-courant du "concept absolu" de l'Europe européenne. Vladimir Poutine, en son "concept absolu", est Russe, tsariste, impérial, orthodoxe et eurasiste.

 

D'ailleurs, et à ce propos, Marine Le Pen, il faut le dire, a une position plus subtile dans sa stratégie face au problème de l'Union dite Européenne que la Dissidence emblématique officielle et mainstream, elle est la plus à même aujourd'hui a déclencher une crise politique de cette institution mondialiste, et il est une preuve que la Dissidence ne comprend pas son rôle historique quand, par exemple, E&R annonce sa transformation en parti politique.

 

Notons que le modèle national-républicain et le système westphalien que défendent les néo-souverainistes ne correspondent pas au système multipolaire, mais correspondraient davantage au système multilatérale atlantiste qui est en quelque sorte une version unipolaire et une subversion mondialiste du monde multipolaire.

 

Ainsi Alexandre Douguine, dans Pour une théorie du monde multipolaire, nous dit : "Le système multipolaire ne considère pas l'égalité juridique des États-nations dans le système westphalien comme nécessairement révélatrice d'une réalité factuelle, mais plutôt comme une simple façade derrière laquelle se tapit un monde très diffèrent, basé sur un équilibre des forces et des capacités stratégiques réelles plutôt que symboliques."

 

Et il nous dit aussi, au sujet du multilatéralisme : "Un autre modèle de l'ordre mondial, quelque peu éloigné de l'hégémonie états-unienne directe, est celui d'un monde multilatéral (multilatéralisme). Ce concept est très répandu au sein du Parti démocrate états-unien, et, est officiellement conforme à la politique étrangère de l'administration du président Obama (...) Dans la pratique, le multilatéralisme signifie que les États-Unis ne devraient pas intervenir dans le domaine des relations internationales, que ce soit en impliquant uniquement leurs propres forces, ou bien en donnant mandat à ses alliés et "vassaux" pour se mettre en première ligne (...) Dans une telle situation, les États-Unis devraient jouer le rôle de "premier parmi les pairs", plutôt que celui de "dictateur parmi les subordonnés". Cela imposerait à la politique étrangères états-unienne certaine obligations envers leurs alliés dans les politiques mondiales et exigerait le respect d'une stratégie globale. Cette stratégie globale dans ce cas serait la stratégie de l'Occident pour établir la démocratie mondiale, le marché global et la diffusion de l'idéologie des droits de l'homme à l'échelle mondiale..."

 

C'est à Berlin et c'est à Moscou qu'il faut mettre la pression ! (Et pas au FN ; nous précisons que nous autres, dissidents, nous ne votons pas.)

 

Il était amusant d'entendre très récemment un néo-souverainiste anti-européiste primaire, secondaire et tertiaire, sur une radio non-conforme, nous expliquer qu'il ne ressentait pas d'atavisme européen mais se sentait par exemple plus proche de l'Amérique Latine - en terme de partenariat et de volonté de puissance notamment -, le même confondait la notion de monde multipolaire et la notion de multilatéralisme - ou peut-être a-t-il théorisé une troisième voie en terme de multipolarité ? Si tel est le cas, nous n'en avons pas comprit les termes -, le même disait que Poutine était un westphalien, nous avons là toute l'essence du néo-souverainisme ; et ce qui fait des dissidents qui suivent cette voie laiteuse des alter-mondialistes conservateurs... Nous espérons qu'il ne croit pas en ce qu'il dit, et si c'est une stratégie elle est de toute façon mauvaise, c'est celle des gaullistes qui n'ont rien apprit de de Gaulle : de DLR à E&R en passant par l'UPR, de l'air!

 

Ivres pierres aux joues rouges et rondes, des héros rouges aux pieds rivés devant l’effilé dérivant "à l'anglaise", figés dans les cales du Grand Bateau faisant naufrage ; des petits cailloux dans les chaussures et des blocs de béton dans le baluchon d'Europe sur le chemin du retour. Il serait peut-être temps de passer à la mutinerie de cette subversion mondialiste de bonne foi... Et pas de quartier pour ceux qui confondent toujours Europe et Union dite Européenne, plutôt que de les recevoir à dîner chaque vendredi ; le jour du poisson ; mettons à jour, le poison.

 

La Dissidence joue donc un petit jeu amusant, un jeu qui consiste à parler de tout, de tout dire, tout. Trop ou pas assez. Et même essayer de parler la preums d'une idée qui passe, et ensuite, de s'amuser à noyer cette idée (et l'idée d'essayer de l'articuler) sous un amas de réinformation, de constats, de listes, de nouvelles vraies-fausses bonnes idées, jusqu'à ce qu'elle soit totalement écrasée, oubliée. Ressortir, le cas échéant, la caution qu'on en a parlé.

 

La Dissidence joue également ce petit jeu avec différents accès littéraires et intellectuels à la Tradition, aux transmissions et aux initiations qui permettent d'approcher les principes libérateurs traditionnels et authentiquement révolutionnaires ; la voie du Retour à l’Être. Cette voie primordiale, verticale et radicale, ne permet pas de perdre une seule seconde en réinformation, en indignation et en dérision. Pour eux, la Tradition n'est qu'une façon de dire les choses ; qu'en plus ils n'aiment pas ; la Tradition ne serait pas une langue ; une langue comme le chant du coq signal à l'aigle que le jour se lève.

 

La Religion à la maison, mais quelle est leur religion ?

 

Si une poignée de dissidents traditionalistes et révolutionnaires pratiquaient sincèrement cette voie de voyous et de voyants, le ronron des votants vivotant serait remit en cause en une matinée, et il ne s'agit pas de perfection, de pureté et d'innocence. Il s'agit d'Amour. (Il s'agit de faire quelques distinctions : la distinction entre constat et conclusion.  Entre stratégie et objectif. Entre méthode et art. Entre UE et Europe ; l'Europe des Nations, l'Europe Européenne. Entre franc-maçon et Tradition. etc)  

        

Ce que nous voulons dire c'est que pour des raisons liées à ce qu'offre ce ronflement d'une façon ou d'une autre en terme de "quantité", on a sacrifié une "qualité" immédiate. Rimbaud a raison!

 

Le néo-souverainisme à la doctrine pseudo-révolutionnaire la plus stupide que des magiciens ont dicté à des apprentis sorciers

 

La Dissidence est-elle un montage néo-souverainiste ? Un bricolage alter-républicain, néo-démocratique ? Une restauration post-national et post-socialiste ? Une réforme du laïcisme, de l' agnosticisme et de l'athéisme de la modernité ecclésiastique ? Un échafaudage égalitariste, humaniste et droit-de-l’hommiste de gauche libérale-libertaire dans une posture subversive de droite conservatrice déguisée en "ni gauche ni droite (surtout ni droite)" alternative et patriote ?

 

La Dissidence devait-être l'avant-garde d'une Quatrième théorie politique, elle est l'arrière-garde de la République et d'un gaullisme anachronique.

 

C'est un choix ; un choix qui ne correspond pas aux orientations traditionalistes qui se dégageaient les premières années de cette convergence ; le choix de la modernité.

 

La Dissidence dit que le citoyen peut être à la fois le gouvernant et le gouverné.

 

Comme à l'aube des Temps où il était l'être-nu sous le soleil, toujours exposé, soumit et gouverné par Dieu, par les évènements, les éléments et les dieux, mais toujours selon les plans de Dieu, et toujours tout nu sous le soleil ?

 

Et oui, plus tard - pour ceux que ça tracasse -, dans toutes les turpitudes du Temps qui passe, sont "venus" les prophètes, les rois et les prêtres, pour maintenir la Tradition et soutenir l'être en sa "chute". Prophètes, Rois et Prêtres qui parfois, il est vrai, trahissent Dieu et l'être. Mais est-ce que le démocrate, l'argent et le journaliste ne trahissent-ils pas davantage l'être et Dieu, en plus d'avoir tué la verticalité, la radicalité et la sacralité ?

 

Avant de poursuivre, il est également important de souligner, à propos de la trifonctionnalité "dumézilienne", que la Tradition primordiale - dont il faut considérer qu'elle est une théorie de l'involution, c'est-à-dire une théorie anthropologique en désaccord avec la théorie classique de l'évolution, avec le darwinisme, mais aussi en désaccord avec le créationnisme glauzien (ou encore le récentisme)  - nous dit que la trifonctionnalité est une réponse verticale à la décomposition cyclique de l'homme total et de l'être radical de la caste unique et de la communauté sacrale des Origines.

 

L'être et la communauté de l'être assaillis par les immanences de la Marchandise en mouvement et les transcendances du Complot en acte, ont cessé d'être l'être libre et la caste unique de l'Age d'or.

 

L'être est devenu infailliblement faible, mais ça n'est pas la trifonctionnalité qui a affaibli et divisé l'être. La Tradition, ça n'est pas les Origines, comme le Progrès nous dit que tout ce qui est nouveau est forcément bien, la Tradition ne dit pas que c'était mieux avant. C'est les immanences de la Marchandise transcendées par touts les complots et toutes les conspirations en mouvement de subversion et de contre-initiations à travers des incarnations suprahumaines, humaines et non-humaines du non-être, qui ont divisé l'être, la trifonctionnalité a maintenu l'être, la communauté et la Tradition en vie. Du moins pour un temps, sans quoi nous serions passés de l'être au dividuum sans passer par le dissident, ce qui aurait été dommage... Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont raison!

 

Marchandise et Complot, Spectacle et Dissidence

 

Marchandise et Complot ; ingénierie psycho-sociale et conspiration ; dialectique du Capital en mouvement et Libéralisme triomphant ; Spectacle et Coulisse ; Société et Système ; Peuple et Dissidence, sont une seule et même chose : immanence, et transcendance, exotérisme et ésotérisme de L’être et de la communauté de l'être soumis aux puissances de l' Imperium de l'être et de l' Empire du non-être comme dualité du principe "social" universel, et, soumis aux forces de l'Immobilité et de la Croissance exponentielle comme dualité du principe "économique" universel.

 

Que les professionnels de la "Gouvernance par le Chaos", les experts de la "dialectique du Capital en mouvement", les spécialistes du concept agissant seul et les techniciens de l'exécution ne se réalisant jamais seule écoutent les "Grands Temps" : car les limites exclusives qu'ils s'imposent ne sont pas les limites du Complot et de la Marchandise ; de la Révolution et de la Tradition comme réponse unique.

 

La Dissidence et leurs "dissidences" ne sont pas hermétiques à ces "logiques", et nous n'aidons pas à renforcer nos défenses immunitaires symbiotiques en expliquant uniquement et exclusivement ces phénomènes par le système comme abstraction. Nous devons exactement et précisément les expliquer par la Dissidence comme attraction, par les tendances, courants et mouvements en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. Saint-Jean a raison!

 

Quelles ingénieries psycho-sociales internes pourraient suggérer ou imposer des limites  à la Dissidence ?

 

Est-ce que les limites - dans l'articulation des idées révolutionnaires et traditionnelles vers une conclusion commune et une Dissidence opérative - que s'imposent les libres penseurs "officiels" de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle ne sont pas une forme d'ingénierie psycho-sociale interne à la Dissidence ?

 

Est-ce que les possibilités qu'offrent leurs matérialismes dialectiques et leurs déterminismes scientifiques, qui sont imposées à la Dissidence comme dialectique et logos uniques et exclusifs, se suffisent à elles-mêmes dans les différentes réflexions et articulations que la Dissidence se doit d'avoir autour des sujets de la Révolution et de la Tradition, de la Marchandise et du Complot ? Ne sont-elles pas des possibilités limitatives, des limites au "possible entrant en conflit avec le réel" ?

 

Est-ce que ces limites permettent une mise-en-marche en avant de la Dissidence au-delà de l'Histoire ?

 

Est-ce que la somme de l'addition du matérialisme marxisme, du réalisme conservateur, du pragmatisme national-républicain, du rationalisme libéral et du complotisme journalistique égale une philosophie-politique que nous pouvons qualifier de révolutionnaire ?

 

Est-ce que cette philosophie-politique qui n'existe pas peut se passer du recours à la Tradition ?

 

Est-ce que nous pouvons distinguer les principes et départager les antagonismes en mouvement dans cette compilation de chanteurs morts pour faire synthèse, éviter de faire ronronner un syncrétisme et de faire passer un syncrétisme pour une philosophie ?

 

Et, par extension, est-ce que cette philosophie-politique en mouvement prétend exclure les traditionalistes et les principes traditionnels de cette "Croisade contre le Monde moderne" ? 

 

"...exclure les traditionalistes et les principes traditionnels de cette "Croisade contre le Monde moderne" ?" Drôle d'idée ? Nous disons que c'est l'effet le plus remarquable, qui caractérise le mieux le ronron néo-souverainiste et sa subversion mondialiste.

 

Ainsi, une certaine articulation - d'un matérialisme social, d'un réalisme ethno-stratégique, d'un pragmatisme métapolitique, d'un rationalisme économique et, paradoxalement, d'un certain complotisme numérique augmenté d'un souverainisme anachronique -, qui constitue, à elle seule, et a peu de choses près, l'essence du ronron néo-souverainiste, ressemble fortement, et de plus en plus précisément, dans cette articulation unique et exclusive, à une entreprise antitraditionaliste, et il n'y a pas ici grand chose à prouver, les choses sont claires, la Tradition n'a aucune place dans les différentes articulations que nous pouvons observer dans cet établissement sans fin d'un constat de faillite auquel nous assistons quotidiennement - ou nous demandons courtoisement qu'on nous les indique -, et qui revient à organiser des ballades et des pic-nic dans les ruines du monde moderne sans jamais y resemer un bout d'prairie, y replanter un arbre, sans même y introduire un pot-de-fleurs, en  laissant les déchets sur place, comme pour ajouter du désordre à l'effondrement

 

La Marchandise et le Complot ne font qu'Un, l'histoire de l’être et de la communauté de l’être est la lutte intérieure, métaphysique, et le combat manifeste, physique, contres les immanences et les transcendances de la Marchandise et du Complot en puissance et en acte. Considérer que la trifonctionnalité est une immanence de la Marchandise et une transcendance du Complot est une erreur fondamentale ; c'est confondre essence et substance, inverser qualité et quantité, c'est mettre en haut ce qui est en bas.

 

Un Retour c'est une mise-en-marche en avant à contre-courant, ça n'est pas une marche arrière, nous retournerons à l'être en repassant en avant par la trifonctionnalité principielle du principe total, en indiquant, dans un premier temps - dans un premier mouvement -, le sentier perdu vers le chemin du retour à l’être, et non le chemin de l'être vers le retour des perdus du sentier...

 

Alors, peut-être que le "Retour des Grands Temps", nous pouvons l'imaginer, allumera le feu originel le plus sacral de l'humanité adamique la plus primordiale qui enflammera les profondeurs, les ténèbres et les entrailles les plus abyssales de notre âme, notre esprit et notre race intérieurs dans un retour immédiat à l’être-racine dont la verticalité déclenchera en notre cœur l'Incendium Amoris qui portera notre combat ontologique et radical pour l'établissement de l'Imperium Magnum - de ce que Jean Parvulesco appel l' "Empire Eurasiatique de la Fin" - vers le rétablissement du Regnum Sanctum et l'aboutissement de la Pax Profunda, peut-être que l'être et la communauté de l'être vivront tout ça...

 

En attendant, la question est comment des révolutionnaires qui ne veulent déjà pas être dissidents et dépasser le situationnisme-marxiste, qui ne veulent pas ouvrir de 4ème Voie et dépasser le réalisme-occidental pourront retrouver le "Sentier perdu" vers le "Chemin du Retour à l’Être" ?

        

Les complots qui conspirent, contre les peuples connectés au Complot et les dissidences sans Conspiration, pourront, en effet, désorienter, prendre en main et jouer avec cette tiède insurrection à la métaphysique fiévreuse dont les vraies-fausses valeurs républicaines de libertés, le vrai-faux principe démocratique d'égalité et le vrai-faux fondamental laïque de fraternité sont exactement et précisément pensés et proposés comme principes supérieurs de la philosophie-politique néo-souverainiste pour empêcher les peuples et les dissidents de combattre cette métaphysique des Lumières en acte de sabotage et en mouvement de subversion.

 

La Dissidence n'était-elle qu'une entreprise de sauvetage de la République ? Pourtant, des ordres avaient été indiqués, et au petit-gaullisme anachronique et post-national néo-souverainiste devait succéder un "Grand Gaullisme" topique et impérial continentaliste... James a raison!

 

Vers où Nous diriger pour aller à la rencontre du "Sentier Perdu" vers le "Chemin du Retour à l'être" ?

 

Ça n'est pas compliqué, orientez-vous vers les possibilités métapolitiques que n'exploite pas et découvrez les potentialités métaphysiques dont ne parle pas la Dissidence mainstream, ou dont elle ne parle que pour ne pas en parler, qu'elle évoque pour ne pas les invoquer, allez vers les puissances et les forces, les principes et les idées, que la Dissidence ignore où fait semblant d'ignorer, qu'elle interdit, étouffe, au nom du ronron néo-souverainiste, autrement dit, au nom de la république, de la démocratie et du laïcisme drapés sous leurs vraies-fausses apparences des interprétations modernes...

 

Et nous pourrions commencer par évoquer, invoquer et convoquer la France.

 

L'idée de la France, le principe de "concept absolu" Français, balayent à eux-seuls cette république démocratique et laïque que l'on appel France.

 

La France, comme concept, idée et principe, est totalement absente des perspectives opératives de la Dissidence républicaine qui n'a que France à la bouche. Voilà les situations paradoxales qu'il nous faut essayer d'expliquer.

 

Mais nous pourrions citer, entre autres, des moyens et des outils pour y arriver, pour retrouver le "sentier perdu" vers la France (vers la "double origine fondationnelle de la France"), et que la Dissidence "ignore" également, comme le concept de Quatrième théorie politique "Européenne", l'idée d'"Ésotérisme révolutionnaire" (c'est-à-dire un regard révolutionnaire sur la Tradition et un regard traditionnel sur la Révolution), le principe de "Grand Gaullisme", la méthode de l'"Eurasisme", le "service minimum" d'une critique positive de la Dissidence peut-être et pour commencer, etc... Mais c'est la France qui nous convoque. La France a raison!

 

La Dissidence mainstream est donc devenue notre "BHL" - faut rigoler -, en gros, il faut penser l'inverse de ce qu'elle pense, bien que cette logique soit pourrie, c'est celle de la Dissidence

 

En effet, nous disons bien penser, pas ce qu'elle dit, elle dit des trucs factuels, pleins de trucs vrais, un tas de vrais-faux trucs qui servent qu'à prendre la poussière de pixel dans des archives numériques. La réinformation de "l’événement qui en chasse un autre" est une base de données qui n'a pas la fonction de former, ou de motiver un mouvement, de nourrir une philosophie, d'animer une métapolitique, ni même d'informer, encore moins d'éveiller, aux mieux, dans sa vocation unique et exclusive de contre-désinformation, elle a une fonction de chaînes de conduction de stress virtuelles, mais nous pourrions alors nous demander quel message est véhiculé à travers cette chaîne au-delà des stress que la réinformation provoque, et quels types de stress ?

 

"(...) il faut penser l'inverse de ce qu'elle pense,..." Plus exactement, il n'est pas question "dire" ou "penser" autre chose que les dissidences emblématiques, officielles et mainstream par esprit de contradiction, mais nous devons avancer sans elles sur les conclusions et les orientations, car à force de tourner en rond dans un bocal, elles s’effacent du temps, et alors qu'elles ont l'air vraiment contentes d'elles-mêmes, elles n'existent presque plus et le système s'est habitué à leurs présences fantomatiques, il alimente un peu le bocal et tout le monde est content, la Dissidence existe de jure, certes, existons de facto, une dissidence opérative doit voir le jour et faire l'actualité dés demain : occuper les troupes d'occupation mentale. Ozon a raison!

 

Les dissidents doivent reprendre leur autonomie dans l'action et sortir leur mouvement de la virtualité

 

La Dissidence mainstream n'ayant que des méthodes sophistiques du même acabit que sa "méthode BHL" comme base argumentative moyenne, le système peut plus ou moins lui retourner tout ce qu'elle oppose en argumentation binaire comme étant son propre défaut primaire, mais il est difficile de débattre avec elle, encore faut-il le vouloir, et encore faut-il réussir à ce qu'elle vous réponde, car elle a déjà du mal à s'entendre elle-même, c'est d'ailleurs en ce sens, nous pensons, qu'elle a été "conçue", ou qu'elle s'est construite, pour ne produire qu'un dialogue de sourds

 

Le peu que nous côtoyons les réseaux sociaux, nous pourrions parfois avoir l'impression, dans nos rares échanges avec les avatars de la sphère dissidente, de systématiquement communiquer avec un robot, un robot-troll à produire des sophismes sans rapport avec la conversation, pouvant répondre à tout, tout en ne disant rien, de quoi épuiser l'interlocuteur assez rapidement, disons que ça n'est pas nouveau mais que le phénomène s'est amplifié, nous ne pouvons pas croire que nous parlons à des êtres humains, d'ailleurs, le comble des réseaux sociaux pourrait être que des millions de robots envoyés pour occuper les multitudes dissidentes connectées se parlent, se répondent, se mettent en boucle et s'affronteraient entre-eux dans une guerre de spams sophistiques à en faire péter tous les serveurs des pages, forums, blogs et sites de la web-dissidence et de Big Data... Mais continuons. 

 

Comment fonctionne exactement cette nouvelle forme de conduction du stress ?

 

Est-ce que la nature liquide, volatile et éphémère de la réinformation ne conduit pas davantage de vacuité et d'anxiété que d'information et de stress ?

 

Y a-t-il plusieurs chaînes de conduction de stress dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle ou forme-t-elle une seule et unique chaîne ?

 

Y a-t-il des chaînes de conduction de stress contradictoires et antagonistes dans les mouvements qui animent la convergence prérévolutionnaire de toutes les vitrines idéologiques ?

 

Y a-t-il une chaîne dominante et conductrice d'une idéologie mortifère dans les convergences prérévolutionnaires du Retour à l’Être ?

 

Est-ce que les messages antagonistes et les stress contradictoires diffusés dans les différentes chaînes de conductions de stress virtuelles à travers les différentes tendances, courants et mouvements en mouvement dans la Dissidence ne s'annulent pas entre-eux et n'annulent pas systématiquement le "bon stress" ? (comme il y a un bon cholestérol, en quelque sorte.)

 

Est-ce qu'une "chaîne de conduction de stress virtuelle", par le caractère même du virtualisme n'intègre-t-elle pas une idée de subversion intrinsèque et ne produit-elle pas davantage de confusion qu'elle n'alerte?

 

Est-ce que dépasser cette nouvelle forme de subversion en puissance dans les nouvelles chaînes de conduction de stress virtuelles et confusionnelles, et certainement déjà en acte à travers la massification des médias indépendants et alternatifs de la réinformation tactique n'implique pas de remettre en cause radicalement l'utilisation d'Internet elle-même, et le fait que la Dissidence soit essentiellement virtuelle ?

 

Est-ce que l'utilisation d'internet n'intègre pas l'idée d'uniformisation ?

 

Cette uniformisation peut-elle s’opérer par une reconfiguration sauvage de la structure mentale du cerveau collectif des multitudes connectées par l'action d'un piratage (par le simple fait d'être connecté), langage subliminal dont la nature plastique, informatique, numérique, générique et synthétique en fait le langage du post-libéralisme paradigmatique, du système de croissance exponentielle lui-même ? Ainsi, la démocratisation d'internet est une volonté de la méga-machine de s'adresser directement à nous, d’accélérer la naissance de ses petits, elle a les corps et les esprits mais elle n'a pas encore les âmes.

 

Est-ce que l'incapacité du ronron néo-souverainiste à dépasser certaines limites philosophiques, métaphysiques, politiques et métapolitiques, qu'il faudrait justement dépasser pour "dépasser la subversion mondialiste" et "briser l'aliénation moderne", n'est pas directement liée à la nature virtuelle de la Dissidence ?

 

La virtualité et le  virtualisme de la Dissidence permettent, par exemple, à tout le monde métapolitique de  se dérober de toutes les interactions, de troller les débats qui le mettent en difficulté, de censurer les idées qui remettent le ronron en question et en réalité d'éviter tous les débats essentiels, donc complexes, mais qui sont nécessaires pour avancer.

 

Autrement dit, est-ce la virtualisation de l'espace métapolitique et de son agora n'est pas une ingénierie neuro et psyco-social ultime dont les effets sont finalement inconnus ?

 

Ne suggère-t-elle pas une méthode unique et exclusive rendant précisément impossible de s'opposer au paradigme moderne, ne pouvant ouvrir que sur des non-débats substantiels ?

 

Ce qui expliquerait pourquoi la Dissidence mainstream est comme "programmée" pour ne pas dépasser les limites de la réinformation, le cadre de l'établissement sans fin d'un constat de faillite, des règles républicaines, démocratiques et laïques, du ronron néo-souverainiste, la méthode de la collection de listes de faits factuels, etc...

 

Nous nous souvenons il y a dix ans, nous étions une trentaine sur la place du village, ça grinçait, ça parlait, ça allait craquer, et puis, le 11 Septembre, internet, la Dissidence, nous nous revoyons très peu ; de cette place il ne reste rien.

 

Il nous faudra reformuler ces questions au fil de nos recherches et après quelques lectures que nous avons en cours, mais nous ne doutons pas qu'en faisant un petit effort vous pourrez les reformuler vous-même dans un premier temps et comprendre plus ou moins ce que nous essayons de dire.

 

Pour résumer, nous décelons une docilité (un mimétisme) assez inquiétante et qui transparait dans le ronron des petits perroquets de la Dissidence mainstream. Mais aussi, cette guerre de tous contre tous omniprésente, gratuite, il faut voir comment les dissidents communiquent, si on peut appeler ça comme ça, quand ils ne sont pas d'une interaction stérile d'auto-congratulation.

 

Et pour terminer, nous voyons bien que sous les hospices, les promesses, les sourires en coin - pour ne pas dire les bâtons dans l'cul - et le "vent nouveau"  de la Liberté d'expression absolue, une censure idéologique est organisée, ainsi, les débats contradictoires n'existent pas, et les quelques semblants d'antagonismes qui sont présentés, organisés et évoqués entretiennent toujours le même ronron. La réinformation c'est "retourner" la désinformation sur elle-même, et nous rappelons que retourner un objet conceptuel inversé ne le replace pas à l'endroit traditionnel. Mais essayons d'avancer.

 

De la fragilité

 

La fragilité de l'édifice globale que forme l'exploitation des sujets élémentaires et secondaires que traite la  Dissidence liquide sous l'angle unique et exclusif  de la réinformation volatile, notamment dans le croisement des différents constats opérés - ou l'absence de croisement - vers une Dissidence opérative - ou vers rien -, ne réside pas dans la fragilité des constats de faillite dressés - bien qu'un constat de faillite pour toute fondation, c'est déjà une drôle d'affaire! -, bien que, à force, le syncrétisme par défaut, par dépit et non-dit de différents constats et de différentes interprétations de ces constats par différents experts sur un même sujet et diffusés sur un même plan sans volonté de distinction des antagonismes qui les opposent - créant volontairement l'impossibilité d'établir une conclusion commune : car on dépasse le syncrétisme par la volonté de distinction, un esprit de groupe de travail et l'esprit de synthèse -, nous apparaît être une pédagogie contre-productive, et, nous semble aller à l'encontre d'une certaine méthode qui veut que la conclusion devant suivre au constat arrive justement par la confrontation heureuse ou malheureuse des experts, de leurs constats et de leurs interprétations du constat de faillite général sans cesse alimenté par la réinformation infinie...

 

Ainsi, on nous dit dans Gouverner par le Chaos : "Le règne contemporain des pseudo-antagonismes, présentant des signes extérieurs de la contradiction mais dont les polarités apparemment engagées dans un rapport de force sont en réalité de connivence ou sous contrôle de l'étage au-dessus, nous fait ainsi entrer dans l'ère de la virtualisation sécuritaire et de l'abolition du réel en politique."

 

Les oppositions idéologiques entre les différents penseurs, tendances, courants et mouvements en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire de toutes les dissidences devraient s'exprimer par des confrontations intellectuelles "organisées", certes, mais "directes" ; où on ne met pas de côté les idées, les principes, les fondamentaux, la Tradition, "pour ne pas se disputer" ; où les antagonismes seraient justement clairement exposés et sainement disputés, à partir de la philosophie-politique des penseurs en lisse, non à partir de leur constat idéologiquement neutre, conclusion apolitique et éventuelle proposition sans philosophie  d'ajustement socio-économique de la Marchandise et d'arrangement politico-médiatique du Spectacle.

 

Si leurs philosophies ne sont pas précisées et articulées entre-elles, c'est bien par là qu'il faut tout recommencer pour pouvoir parler de convergence, en politique, on ne choisit pas le meilleur constat, on choisit les meilleurs principes, et seulement en dernier lieu on choisit la meilleure conclusion, on commence alors à chercher parmi les propositions qui sont faites et dont nous pouvons maintenant déterminer si elles expriment bien les idées que l'on a choisit, c'est-à-dire, si elles correspondent à notre vision du monde.

 

En effet, seule une saine disputatio, un débat contradictoire, une correspondance métapolitique ouverte et suivie, une critique positive croisée, des assises historiques, sont à même de proposer la vérité aux dissidents, c'est-à-dire, à les aider à distinguer les principes, leur nature et provenance, pour affronter les constituantes de toutes les ingénieries sociales et de toutes les fabrications du consentement, autrement dit, seule une interaction transcourante soutenue, quotidienne et opérative, qui n'a pas peur d'appuyer sur les clivages effectifs et les contradictions internes peut départir les principes, seule cette distinction engage un mouvement opératif, c'est la base de toute théorie politique à vocation historique...

 

C'est là toute la "subtilité" du problème que nous essayons de soulever.

 

Les têtes d'affiche, têtes pensantes et libres penseurs de la Dissidence emblématique, officielle, mainstream et "au sens le plus large" ont établit un constat de faillite en béton armé et il fallait sans doute le faire, c'était un peu les fondations, un premier terrassement à l'établissement d'une maison commune, dont le chantier a été abandonné depuis longtemps déjà.

 

La fragilité de cet édifice réside dans l'incapacité à formuler une conclusion commune à la fin de chaque établissement d'un nouveau constat de faillite (sur lequel tout le monde de la Dissidence est plus ou moins, plus que moins, d'accord, mais le retard accumulé sur la formulation des conclusions est équivoque). Pour résumer, poser la première brique, pour parler de la même chose, partager un même toit, développer une méthode sans laquelle il est impossible d'essayer d'exprimer des orientations,  de théoriser une philosophie-politique ("fidèle d'Amour" à la Tradition), une Quatrième théorie politique de Révolution en mouvement et de Tradition en puissance et en acte. Théorie par la pratique qui ne peut s’opérer que par la praxis d'une action corrosive et d'une réflexion active, que par un retour d'expérience sur cette double action, une critique positive et radicale des convergences et des interactions entre les différents mouvements au sein de ces convergences.

 

La critique positive est un exercice essentiellement collectif qui a pour pédagogie première d'imposer un esprit de groupe de travail.

 

C'est par cet exercice que l'on détermine de la réalité ou la facticité des antagonismes en présence, que l'on bouscule le ronron. L'Histoire, ça se brusque! Vauclin a raison !

 

Notons que, après plus de dix ans, la Dissidence et les dissidents ne partagent que cet établissement de constats de faillite pour toute convergence, qu'ils se sont plus ou moins tous reconvertis à la réinformation mortifère, au ronron qui tourne en rond...

 

Nous le répéterons, nous le reformulerons, nous insisterons, et nous le ferons car nous savons que c'est la seule chose à faire et à dire pour l'instant, parce qu'il faut débloquer cette situation, cette situation que l'on peut deviner de façon remarquable en observant les lignes éditoriales des différentes chapelles métapolitiques pouvant avoir une certaine influence et qui n'ont visiblement plus grand chose à dire depuis la rentrée.

 

Certains pratiquent une métapolitique périphérique, qui correspond à ce que nous pourrions appeler un loisir, un gramscisme 2.0, qu'il serait difficile d’appeler art ou culture, savoir ou connaissance, une métapolitique nombriliste et individualiste dont la réflexion éthique se limite à une spéculation économique et à l’élaboration d'un marketing politique, et, dont la réflexion esthétique et les créations artistiques se rapprochent davantage du panneau publicitaire que du tableau de maître.

 

Nous tournons donc parfois en rond avec nos camarades pour leur dire qu'ils tournent en rond. C'est con. Nous sommes d'accords. Mais c'est surtout que si l'aliénation consiste à tourner en rond nous ne pouvons rien faire d'autre que de tourner en rond avec l'aliénation en attendant de la dépasser collectivement. Nous pourrions faire semblant et dire que l'on ne tourne pas en rond, comme tout le monde le fait, et passer notre journée à faire des listes de vrais-faux semi-mensonges et de fausses-vraies entière-vérités pour réinformer les multitudes connectées et les sauver de l'Empire, mais nous croyons que ça serait davantage con ; con comme goujon. Nous essayons donc de nager à contre-courant pour avoir le temps de dire à nos poissons rouges de camarades qu'ils tournent en rond (et leur suggérer d’arrêter cette stratégie du tour gratuit), c'est-à-dire, qu'ils avancent vers rien...

 

Nous disions donc qu'après plus de dix ans, nous n'en sommes toujours qu'à l’établissement d'un constat de faillite qui s'érige désormais en Temple-bocal, en tour de Babibel, constat de faillite délivré, validé, estampillé et adoubé par un comité de censure douce déguisé en agora, en liberté d'expression de l'entre-soi et en tyrannie démocratique de la Marchandise et du Spectacle, animée par des personnalités toujours très bien choisies dont on peut dire aujourd'hui qu'elles sont "installées" dans une Hégémonie, un monopôle de l'entreprise de constat de faillite, des personnalités qui ont la particularité partagée de "converger" sans spécialement partager un point de convergence positif, une pensée, un concept, une idée, un principe, une vision du monde et qui ne combattent, ne dépassent et ne cassent pas, jamais, le ronron néo-souverainiste qui n'existe pas : la Dissidence qui tourne-en-rond est une révolution qui s'annule elle-même

 

Pour essayer de faire apparaître une image claire comme de l'eau de roche, moins trouble que notre mise-en-abîme nécessaire, étant donné que vous n'êtes qu'une "bande de dégénérés" : Pourquoi Livernette, Laurent Louis, Chouard, Dupont-Aignan, Hillard, Marion Sigaut, Asselineau, Glauzy, Pascal Lassalle, Fiorile, Henri de Lesquen, Abauzit, Laurent Ozon, LLP, Adinolfi, Cousin, Benajam, Dortiguier, Monsieur K, Tepa, Jovanovic, Atzmon, Bechikh, Albert Ali, Jacob Cohen, Cardet, Joe le Corbeau, Soral, Ratier, Laurent James, Steuckers, Douguine, Dieudo, Meyssan, Zemmour & Co (vous avez comprit l'idée) devraient-ils "converger" ?

 

Nous parlons surtout des deux dernières années, aujourd'hui, cette convergence à plus de dix ans, il nous semble que nous pouvons partager autre chose qu'un constat de faillite non ? Mais continuons.

 

Les uns étant idéologiquement, politiquement, métapolitiquement, philosophiquement, spirituellement et métaphysiquement le complot des autres, et certains, ensemble ou séparément, étant l'ennemi commun des uns et des autres,  en quoi les protagonistes de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, devraient-ils "converger" , ou continuer à converger, et surtout pour quoi faire et où aller  ? Sur quelles bases ?

 

Plus précisément, en quoi convergent-ils encore et qu'ont-ils d'autre à offrir qu'un constat de faillite ? Les méthodes, stratégies et les orientations sont toujours discutables, toujours. C'est exactement en les discutant que nous pouvons formuler une conclusion commune.

 

Si nous devions faire un bilan : Qu'en est-il ressorti en terme alliance politique opérative en plus de dix ans de convergence ?

 

Pourquoi "converger" si ce n'est pas pour construire, à terme, une théorie politique commune ?

 

Et quelle théorie politique peut-on définir comme étant celle en mouvement, en puissance et en acte, dans la Dissidence ?

 

Qu'est-ce que la Dissidence ?

 

Pourquoi des gens qui ne s'entendent pas font semblant de s'entendre pour ne quand même rien construire ensemble et se soumettre à un ronron qui les figent tous ?

 

Comment se fait-il qu'aucuns - où de très rares - ne parlent de ce ronron ? N'ont-ils pas identifié cette philosophie-politique en mouvement ?

 

Si ces questions n'ont pas de sens, à quoi sert la Dissidence ?

 

Pourquoi tous ces libres penseurs l'ouvrent et nous ennuient depuis dix ans puisqu'ils ne veulent finalement aller vers rien ?

 

Que ne comprendriez-vous éventuellement pas dans les questions que nous nous posons ? D'où parlez-vous camarades ? Finalement...

 

Le fascisme et le communisme étaient composés de fascistes et de communistes non ? Quelle est donc votre philosophie-politique ?

 

Aujourd'hui, l'aliénation du Libéralisme triomphant, du Capitalisme trois fois libéral, est un paradigme total, êtes-vous hors d'atteinte, hermétiques à cette aliénation et cette subversion en mouvement ?

 

Quelle Quatrième théorie politique proposez-vous ?

 

Il est sans doute possible de retenir et de rejeter des concepts, idées et principes en présence dans la pensée de ces différents penseurs et de les articuler, et c'est précisément ce qu’il faut faire, mais il faut le faire... Thor a raison !

 

Ils ont décidé de dresser leurs constats de faillite sur un même médium, mais d'élaborer les conclusions qui s'imposent séparément et secrètement, de ne surtout jamais confronter et articuler les idées qui en ressortent, ou qui les constituent, "pour ne pas nuire à la convergence" ; c'te blague. Nemo a raison !

 

Ne pas nuire à quelque chose qui n'existe pas

 

Ils ne se sont donc réunis que contre des choses, que par rapport à des actualités, mais ils ne partagent toujours pas, après dix ans de convergence - faut-il le rappeler ? - un commun-déssacord d'ordre philosophique et métaphysique contre le Monde moderne.

 

Ce qui nuit à leur convergence, c'est justement de ne pas articuler leurs idées et nous ne croyons pas à une timidité de leur part.

 

Ainsi, dans La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXIième siècle, Alexandre Douguine nous dit : "Tous les principes de la philosophie du libéralisme et ce nom lui-même sont fondés sur la thèse de la « liberté » - « liberty ». De plus, les philosophes libéraux eux-mêmes (en particulier, John Stuart Mill) soulignent que la « liberté » qu'ils défendent est une notion strictement négative. Qui plus est, ils établissent une distinction entre la liberté par rapport à (quelque chose) et la liberté de (faire quelque chose), en proposant d'utiliser pour ces eux concepts deux mots différents en anglais : « liberty » et « freedom ». « Liberty » sous-entend la liberté par rapport à quelque chose, d'où tire précisément son origine le terme « libéralisme ». Les libéraux se battent bel et bien pour cette liberté qu'ils défendent. Quant à la "liberté de", c'est-à-dire le sens et le but de la liberté, les libéraux gardent le silence, estimant que chaque individu peut lui-même trouver une application à cette liberté - tout comme n'en chercher aucune application. Il s'agit d'une question de choix privé, qui n’apparaît pas comme une valeur politique ou idéologique.

 

Au contraire, la « liberté par rapport à » est décrite en détail  et revêt un caractère dogmatique. Les libéraux proposent donc de se libérer :

    - de l’État et de son contrôle sur l'économie, la politique, la société civile,

    - de l'église et de ses dogmes, 

    - des systèmes de groupes sociaux constitués (ordres),

    - de toute forme d'économie communautaire,

    - de toute tentative de redistribuer, fût-ce par des instances de l’État ou de la société, les résultats du travail matériel ou immatériel (selon la formule du libérale Philippe Nemo, disciple de Hayek : « la justice sociale est profondément amorale »),

    - de l'appartenance ethnique,

    - de toute identité collective.

 

On peut penser avoir affaire à quelque version de l'anarchisme mais cela n'est pas tout à fait le cas. Les anarchistes, du moins tels que Proudhon, posent comme alternative à l’État le travail libre en communauté avec collectivisation complète de ses produits et se prononcent fermement contre la propriété privée, tandis que les libéraux, au contraire, voient dans le marché et la propriété privée sacrée le gage de la réalisation de leur modèle socio-économique optimum. En outre, considérant théoriquement que l’État doit tôt ou tard dépérir, après avoir cédé la place au marché, mondial et à la société civile mondiale, les libéraux, en vertu de considérations pragmatiques, soutiennent que l’État, s'il est de nature démocrate bourgeoise, contribue au développement du marché, garantit à « la société civile » sécurité et protection contre ses voisins agressifs, prévenant ainsi"la guerre de tous contre tous" (T.Hobbes).

 

Pour le reste, les libéraux vont assez loin, niant pratiquement toutes les institutions sociopolitiques traditionnelles, jusqu'à la famille ou l'appartenance sexuelle. Dans les cas extrêmes les libéraux se prononcent non seulement pour la liberté de l'avortement, mais aussi pour la liberté de l'appartenance sexuelle (en soutenant les droits des homosexuels, des transsexuels, etc.). La famille, du même que les autres formes de lien social, sont considérées comme des phénomènes purement contractuels qui, tout comme comme les autres « entreprises », sont conditionnés par des accords juridiques.

 

En somme, le libéralisme insiste non seulement sur la « liberté par rapport » aux Traditions, au sacré (si on évoque les formes passées de la société traditionnelle), mais aussi sur "la liberté par rapport" aux socialisations et aux redistributions, sur lesquelles mettent l'accent les idéologies politiques de gauche - socialiste et communiste - (si l'on considère les formes politiques contemporaines du libéralisme ou prétendant même le remplacer)."

 

Pourtant, les idées qui s'agitent au centre de l'être libre, de l'être vivant orientent sa philosophie profonde, philosophie qui influence ses impressions, ses affections, ses perceptions, ses intuitions, ses représentations, ses compréhensions, ses conceptions et ses déductions qui, à leur tour, influencent la façon dont il établit son constat et la manière dont il interprète les autres constats, tout cela influencera ses éventuelles conclusions, le tout est sa vision du monde. Jeanne a raison!

 

Peut-on éviter l'articulation des idées et la confrontation philosophique pour passer de convergence à mouvement ? 

 

Quel est donc cet ennemi commun qui permettrait à cette convergence qui ne voulait pas être un mouvement  de se justifier éternellement et d'être légitime sans fonder de Mythe ?

 

Cet ennemi commun s'est-il évaporé entre tous les antagonismes et les contradictions de cette convergence incapacitante ?

 

Comment avancer vers un ennemi qu'on ne voit pas quand ceux qui le désignent n'ont que cet ennemi invisible en commun ?

 

Comment avancer sans évoquer une philosophie-politique de 4ème Voie pour affronter cet ennemi quand il apparaîtra dans toute sa quintessence ?

 

Le plus grand de tous les Complots de tous les temps, grands, petits et moyens, aura été de faire croire à toute une génération que la Révolution c'est l'établissement sans fin d'un constat de faillite, que l'on peut substituer la réinformation et le complotisme à l'initiation, à l'étude de la Tradition.

 

En plus de dix ans de convergences, la Dissidence n'a pas réussit à établir une méthode, à établir un plan de travail, à établir un premier cadre théorique vers une philosophie-politique construite collectivement et qui exprime les termes de son désaccord avec le système capitaliste-libéral et le paradigme moderne. Nous ne savons finalement pas comment elle conçoit sa réponse commune et nous ne connaissons pas la nature profonde de cette réponse qui n'existe pas.

 

Et Quelle Dissidence ? La Dissidence de la réinformation, de l'indignation et de la dérision ? La Dissidence mainstream ? La Dissidence victimaire ? La Dissidence dressée et qui grogne ? La Dissidence néo-souverainiste qui ronronne ?

 

Cette Dissidence qui part de ce postulat, sans doute le plus stupide qui aura été imaginé dans toute l'histoire des révolutions et imposé comme posture sectaire obligatoire pour être adoubé à toute une génération, et qui est, pour résumer, que la verticalité est dangereuse, mais que l'horizontalité démocratique du réenchantement par internet peut fonder un mythe socio-économique de gestion alternative de la Marchandise et d’organisation subversive du Spectacle par la restauration de l’État-nation whestphalien de jure vers une VIème République fleurie, colorée et fruitée, Grand Soir 2.0 et Lutte des Classes par la quenelle ?

 

Comme si la question sociale, et surtout telle qu'elle est encore formulée aujourd'hui, c'est-à-dire par les voies de l'égalitarisme incantatoire inspiré de la social-démocratie, était la question essentielle de ce siècle (surtout si nous ne nous décidons jamais à nous poser cette question par les voies de la Tradition), comme si la Lutte des classes existait dans les termes posés au XIXème siècle, que la réflexion de notre grande guerre spirituelle se limitait à une réflexion autour du paradigme socio-économique, que les deux seules questions qui se posaient à la société aujourd'hui étaient : comment gérer autrement la Marchandise et organiser différemment le Spectacle ?

 

La Dissidence a débloqué, presque par "hasard", des verrous que d'autres essayaient de faire sauter depuis des années autour de la question juive (comme si le système avait finalement choisit ses vrais-faux antisémites avant que d'autres s'imposent), ce qui constitue son originalité et sa subversion, il faut lui reconnaître. Mais là aussi, à force de déformer la question juive, la Dissidence mainstream, par sa méthode, se perd en inertie :

 

Peut-on répondre à la question de l'argent et de l'usure uniquement et exclusivement en dénonçant le Complot juif, atlanto-sioniste, thalassocratique, mondialiste, etc, par la réinformation et le complotisme - comme instrument de mesure et outil dialectique pour l'établissement d'un constat de faillite (mais qui ont surtout la propriété opérative de participer à l'entretien du statu-quo -  sans commencer par théoriser une réponse, une Quatrième théorie politique pour affronter le Monde moderne ?

 

Nous exagérons à peine, et qu'on n'essaye pas de nous faire dire ce que nous ne disons pas avec l'argument que nous formulerions cette observation comme le système le fait, c'est-à-dire par l'anathème de l'antisémitisme et l'accusation en théorie du complot.

 

Il suffit de nous lire, nous avons un peu travaillé la question du judaïsme, sous plusieurs angles et depuis quelques années maintenant, nous n'avons pas tout retenu, mais nous en avons tiré quelques conclusions - d'où l’intérêt d'essayer de formuler des conclusions communes et opératives par croisement des différents constats en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle -, nous pourrions même dire que nous avons pleinement conscience de son rôle.

 

Nous, nous parlons de méthode, de processus incapacitants, et c'est exactement ce que nous essayons d'expliquer en anticipant l'idée que l'on nous ressortira cet anathème inversé, que quand ça n'est pas le mondialisme, c'est le sionisme, et que le problème n'est pas que le mondialisme ou le sionisme n'existent pas et n'expliquent pas certaines choses, le problème est que ces constats sont devenus des conclusions censées tout expliquer, comme la shoah explique que tous les français sont fachos et tous les dissidents sont des antisémites, et que, dés que quelqu'un va à l'encontre de la doxa, il est ostracisé, le problème étant que la doxa antisioniste et la doxa sioniste sont étrangement liées, nous disons qu'après quelques années on ne peut que commencer à le remarquer, et que, si on y réfléchit bien, la meilleure stratégie aujourd'hui serait de les ignorer - ou en tout cas de prendre un certain recul -, et avancer, on nourrit beaucoup trop la bête, qu'on ne se plaigne pas qu'elle grossisse. On peut même aider les Palestiniens sans le dire. Si nous voulions réellement aider les Palestiniens, nous marcherions vers Jérusalem.

 

La Dissidence mainstream, dans son ensemble, nous le disons sans ambages, a presque prit tous les défauts du sionisme politique et de cette chutzpah talmudique qu'elle reproche au CRIF (ou à Krivine) dans son éthique, sa morale et son comportement, par mimétisme sans doute, car qui scrute l’abîme... Ce que nous voulons dire, c'est que sans recourir aux principes traditionnels, la Dissidence n'a aucune chance d'affronter les masques de derrière les masques, et elle n'a aucune chance d'avancer sans remettre les marchands du Temple à leur place, de briser l'aquarium des poissons-tchats, qui qu'ils soient et peu importe comment ils justifient leur commerce, sinon, comment prétendre défier la Banque ?

 

Si nous sommes des alliés objectifs de la Dissidence, il faut remettre radicalement en question cette mentalité de la Dissidence de l'Entre-monde moderne, car cette Dissidence devient le CRIF du parisien qui prétend être un phare, de représenter tout le peuple, la Dissidence victimaire de la perspective d'un vote dans une putain d'urne : "On a souffert à cause du Complot juif : votez pour nous !" C'est un dissident sur six, et pas le meilleur.

 

La Dissidence des étranges défaites et des fausses gloires, ni Royaume, ni Empire, le béton tiède des semi-monstres et des modérés intégraux de l’État-nation westphalien au Social-démocraties jusqu'à la Révolution ananas menée par le génial Soral de Gauche vers la Véritable démocratie chouardo-mélenchonienne, vers le monde des multitudes débranchées de TF1 mais connectées à MetaTV, vers la VIème République de la Marchandise alternative et du Spectacle subversifvers le Règne de la quantité ?

 

Cette vision nous semble tout-à-fait correspondre à l'ambiance festive d'un Complot judéo-maçonnique en mouvement et d'une Révolution fruitée en marche, non ? Nous ne disons pas que nous en sommes là et que cette projection visuelle se réalisera, mais est-elle impossible ? Est-ce que ça n'est pas la direction que ça prend ?

 

La Dissidence parisienne et parisianiste qui fait son petit marché dans le Temple de la Révolution et de la Tradition, du militant qui pousse son petit caddie idéologique dans les rayonnages numériques du supermarché de la réinformation, ne le sait peut-être pas, mais la web-dissidence est révolue et obsolète depuis un moment, le caractère "punk" de la révolution virtuelle fut de très courte durée et on lui a foutu un uniforme depuis longtemps déjà.

 

Francis Cousin, dans L'être contre l'avoir, nous dit : "Désormais, les seules couleurs flamboyantes qui fassent frissonner le monde de l'individualisation démocratique dans la perte de toute maîtrise humaine et dans la consommation de foule de l'économie hallucinatoire, c'est le spectacle du fétichisme marchand qui est devenu la seule langue commune possible de la dictature du divisant et du déchiré laquelle ne réunit plus les spectateurs qu'en tant que coupés de l'être de l'homme et isolés en la cohésion de l'avoir. Dorénavant, puisque le monde n'est plus que la gigantesque tautologie du cercle vicieux par lequel les masses solitaires de la désespérance produisent elles-mêmes leur désolante impuissance dans le tragique commerce de leur isolement, il n'est plus qu'une seule religion possible ; celle des miséricordes du posséder et une seule esthétique envisageable ; celle de l'art de la miction narcissique forcenée." Merlin a raison!

 

Nous disions que ce sentiment de dégoût amène forcément à une réaction qui tourne souvent, au delà du bien et du mal,  en une somme d'excès révolutionnaires terrifiants, tombant d'un coup de guillotine, brusquement

 

Cette réaction est une réaction populaire que nos chères élites de derrière les élites aiment à canaliser, manipuler et désorienter selon leurs volontés de Changement, selon la volonté du Complot et de la Marchandise, c'est-à-dire, que le peuple n'a pas besoin de connaître et attendre de connaître tous les tenants et les aboutissants pour réagir, et que cette réaction n'est pas un complot, qu'elle est saine, c'est une réaction normale, organique et naturelle, autrement-dit, une réaction primordiale, archaïque et antique, qui devient un complot car elle est inversée, retournée et renversée, retardée ou accélérée, par toutes les contres-initiations paradigmatiques de la post-modernité et toutes les subversions systémiques des ingénieries neuro-sociales dictées par la dialectique du Capital en mouvement d'anti-spontanéité et de mise en conformité idéologique.

 

Cette réaction est "reprogrammée" en effacement de mémoire d'une sacralité dans l'idée, du souvenir d'une verticalité dans la pensée, du rappel d'une radicalité dans la réflexion et se traduit massivement en une réaction reptilienne et pavlovienne, générique et numérique, émotionnelle et pulsionnelle, en une indignation collective virtuelle de la foule sentimentale réinformée.

 

Réaction paradoxalement modérée dans la durée et par rapport aux constats portés (et le nombres d'indignés), aux postures de certaines franches extrêmes de la Dissidence et de la gravité des accusations portées, car une convergence d'idées contradictoires et antagonistes qui de surcroît n'opère pas sa critique de manière positive et de façon radicale, qui ne fait pas verticalement synthèse, c'est-à-dire, qui n'opère pas une synthèse opérative des différents courants qui la traversent, se sabote et s'annule elle-même, en effet, un mouvement de convergences sans "rythme" ne peut pas uniquement et exclusivement tenir sur la durée et maintenir une cohésion sur la base unique et exclusive d'un établissement de constats de faillite "à la chaîne", bruyant, qui plus est quand ces constats ne sont finalement que très partiellement partagés par les différents courants en mouvement dans cette convergence cacophonique, et, qu'au fil du temps, ils s'effondrent sur eux-mêmes comme un château de cartes, sans bruit, ce qui rend impossible de formuler une conclusion commune à terme, audible, les conclusions doivent être tirées au fur et à mesure des constats : ne pas formuler ces conclusions - et combien en avons-nous de retard ? - c'est rester figé à la croisée des chemins de l'Histoire et désorienter toute une génération baignée dans un relativisme confortable jusqu'au moment où l'addition "métaphysique" sera présentée. Il est à prévoir quelques zéros. Papier ou plastique ? Bois ou cendre ?) qui finit par provoquer chez certains militants du quotidien une apathie profonde (parfois grimée d'agitation superficielle), que nous, Européens, observons à une échelle continentale et civilisationnelle, que nous connaissons bien, qui est presque devenue un critère de confort...

 

Nous ne dresserons pas ici une liste exhaustive et définitive de tous les paramètres et cas de figure qu'il faut et que nous prenons en compte dans notre développement. Car, non seulement, nous ne faisons pas du journalisme de liste, que ça serait trop long, et que décrire l'ambiance conspirative et radioactive d'une situation inédite, de toutes façons inaudible pour les militants du quotidien de la Dissidence mainstream colonisés par les troupes subversives d'occupation mental du ronron néo-souverainiste en mouvement, nécessite de dépasser le cadre de la réinformation comme méthode unique et exclusive, cet exercice demande bien plus que du "factuel", c'est une mise-en-abîme métapolitique qui ne peut être admise que par celui qui le veut, et qui, d'une certaine façon, le peut. Nous voulons dire qu'il s'agit surtout d'établir une méthode, c'est-à-dire un langage. Pavlov a raison!

 

(Ils nous ont tendu la pilule rouge et la pilule bleue, il fallait demander la pilule noire. La Pilule noire qui ouvre la voie vers la "Lumière blanche de la race intérieure primordiale"  

 

Si nous glissions et que nous essayions d'expliquer brièvement ces phénomènes en mouvement  à l'intérieur de la Dissidence - la Dissidence n'étant qu'une réplique fractale du monde moderne, du système politico-médiatique et du post-libéralisme paradigmatique -, d'un point de vue ésotérique, métahistorique, nous devrions avant tout essayer d'expliquer notre vision de la nature conspirative du Complotisme, ce que nous appelons nous le Complotisme compulsif.

 

Le Complotisme compulsif est une nouvelle méthode journalistique devenue folle. Le concept de réinformation et de presse indépendante, d'abord développé par le club de l'horloge  et la nouvelle droite ensuite reprit par la Dissidence, n'avait rien de nouveau en son principe de journalisme de liste à la française et était une forme d'adaptation du journalisme de combat au médium internet, la nouveauté, c'est que la Dissidence a augmenté la réinformation - se basant sur un principe d'anti-désinformation ; c'est-à-dire existant contre les médias mainstream de la télévision et de la bande FM -, de complotisme, qui est une adaptation de la presse à sensations à l'américaine, qui peut d'ailleurs remplir une certaine fonction - si nous la replaçons dans le contexte médiatique étasunien qui n'est pas exactement le contexte européen, en effet, aux états-unis, on sait pertinemment que la liberté d'expression est un mythe de jure, et que la sureté d'état prévaut de facto, on peut tout dire tant que ça n'est pas dangereux pour la sureté de l'état, tant que ça tient de l'opinion, du commentaire, de l'avis, en réalité, il faut parler de liberté d'opinion sur les sujets autorisés (internet démocratise cette vision de la liberté d'expression à l’américaine que la Dissidence a finalement déjà bien intégrée dans son corpus), et donc, pour dire certaine on doit le dire de façon spectaculaire, faire passer ce qu'on peut, mais il est conseiller d’exagérer, ne pas aborder certain sujet et de ne pas trop crédible si l'on veut vivre, ainsi, Alex Jones illustre bien ce que nous essayons de vous expliquer, et même Laurent Louis l'américain quelque part, qui a bien assimilé le show complotiste, il faut savoir que la Belgique est un petit état américain, à peu de choses près -, mais qui, dans ce cas précis de la réinformation mortifère augmenté de complotisme compulsif, surjoue de sa capacité à expliquer et résoudre tous les complots, et, à réinventer un certain matérialisme dialectique à partir de cette nouvelle méthode journalistique.

 

Un nouveau matérialisme dialectique journalistique qui prétend maitriser la Marchandise et le Spectacle par les voies d'un réalisme géopolitique occidental, d'un pragmatisme politique de droite et d'un rationalisme économique de gauche, excluant le traditionalisme pour ne pas être diabolisé par les athées, les progressistes et les évolutionnistes, dictant ses règles matérialistes et érigeant ses limites déterministes comme frontières à la métapolitique dissidente du XXIème siècle, qui a davantage besoin d'art et de beauté ; de transcendance ; qu'elle n'a besoin de médias indépendants, de journalistes alternatifs et de réinformation dissidente.

 

On peut ;  sans doute ; en effet ; peut-être ; expliquer le fonctionnement politico-médiatique du Complot Hégémonique par les voies d'un certain matérialisme d'excellence rigoureusement marxiste, qui expliquera partiellement le fonctionnement socio-économique et psycho-social du Complot, essentiellement à partir de ses espaces étatiques, bureaucratiques et technocratiques, mais pas la nature du Complot, son essence métaphysique, sa substance philosophique, et donc ses présences politiques, ni les complots dans le Complot, ni les forces et ni les puissances derrière le Complot - d'où les fameux concepts agissants seuls ou n’agissant jamais seuls qui facilitent le débat et expriment la limite de ce matérialisme dialectique imposé dont les disciples peuvent parfois s'amuser à le dépasser dans les interprétations spéculatives et surérogatoires de leur précieux constat de faillite, mais ils respecteront toujours et très rigoureusement les limites précitées dans l'élaboration de leurs conclusions, ainsi ils nous baladent entre radicalité et horizontalité depuis dix ans, nous restons figés dans ce faux mouvement et ne pouvons atteindre une certaine verticalité collectivement, disons qu'ils imposent leurs hésitations personnelles au cerveau collectif

 

On peut donc expliquer le fonctionnement des rouages de la propagande médiatique, de ses hameçonnages et piratages systémiques, le fonctionnement des neuro-engrenages des ingénieries psycho-sociales animées par les fantômes dans la mega-machine - par un certain matérialisme dialectique revisité par la Dissidence, mais le problème est précisément que les complots sont irrationnels, plus exactement, les complots sont primordialement suprarationnels - nous devons nous-mêmes comploter, l'univers lui-même conspire -, on peut démontrer une certaine rationalité du Complot, mais les complots - et les immanences de la Marchandise - ne sont pas uniquement et exclusivement des causes, des effets et des conséquences rationnels des logiques et de la dialectique du Capital en mouvement. Ca serait considérer que le Capital est Dieu, notre Dieu, que Dieu, ça n'est que le Capital en mouvement, que Dieu est une immanence de l'Argent, nous pensions que ceci serait comprit des situationnistes du christ-révolutionnaire et des néo-souverainistes marxistes, qui d'ailleurs nous explique que la Tradition est une immanence du Capital, que leur méthode et les limites qu'elle impose et les logiques qu'elle entraîne à force de ronron vont à l'encontre des mises-en-marche présentes, des dépassements et des dédoublements de la réinformation et du complotisme vers la Révolution traditionaliste, vers une Dissidence opérative : réconcilier l'Aigle et le Coq pour dialoguer dignement et travailler honnêtement avec l'Ours et le Lion.

 

le Complotisme compulsif - aux origines très new-age et aux racines très étasuniennes (Vérifier par soi-même n'est-il pas inscrit sur le frontispice de la Dissidence ?) - explique que tout est Complot - comme le situationnisme excessif explique que tout est Marchandise - et que tous les complots sont mauvais, que tous les complots vont à l'encontre du peuple, que l'on peut contester les puissances et juger les vengeances anciennes et ontologiques par la voie démocratique ; et la liberté d'opinion (qui revient à la liberté de pisser dans un violon).

 

Ainsi Laurent James nous dit dans son texte Le complotisme, cet anaconda dont nous écraserons la tête à coups de talon : " (...) Deux des plus grands écrivains français de ces cinquante dernières années, Dominique de Roux et Jean Parvulesco, connaissaient l’histoire des grandes conspirations, et ils étaient favorables à une révolution grand-continentale : en termes contemporains, ils étaient donc anti-complotistes. Le premier avait décrit dans « L’acier prend le pouvoir » (in « L’Ouverture de la chasse », 1968) la réaction de la CIA, dans les années 50 et 60, à « l’offensive en cours de la révolution mondiale du communisme, ayant son épicentre politico-opérationnel au Kremlin ». La CIA aurait pu logiquement financer des partis frontalement anti-communistes, afin de combattre pied à pied son ennemi russe. Mais la logique politique des Etats-Unis d’Amérique n’a jamais été celle de l’affrontement direct. Karl Haushofer avait déjà décrit la stratégie américaine comme étant celle de l’anaconda : encerclement, enserrement et dissolution. Au lieu de créer et d’encourager des mouvements capitalistes de combat, ils créèrent et encouragèrent des mouvements gauchistes de parodie, des structures politico-culturelles de dédoublement du communisme, ennemi radical – à l’époque – des USA, afin d’en annuler la force en la détournant et la singeant par des opposants tout à fait factices. (...) Soixante ans après, les acteurs ont changé mais la problématique reste la même. Le communisme représentait à l’époque pour l’Amérique un ennemi géopolitique et non point spirituel, puisque le communisme et le libéralisme sont extraits de la même matrice idéologique. Aujourd’hui c’est le contraire : l’ennemi absolu et radical de l’Amérique est fondamentalement spirituel (il est donc également ennemi d’Israël), et possédera probablement, un jour, une assise géopolitique – c’est là l’objet de tous nos combats et de toute notre détermination. Aujourd’hui, l’ennemi absolu et radical de l’Amérique, c’est la vision du monde en termes d’alliances de civilisation, c’est la vision multipolaire de l’eurasisme que donnait naguère Constantin Leontiev, à savoir « un bloc de Tradition contre le modernisme occidental », comme le rappelle Robert Steuckers dans son texte fondamental sur les relations historiques entre eurasisme, atlantisme et indisme. (...) Le pouvoir américano-sioniste pourrait très bien attaquer frontalement son adversaire, à savoir cette résurgence de la spiritualité vivante et agissante, en favorisant par exemple des mouvements ouvertement athées qui se battraient pied à pied contre la mise en place d’une spiritualité révolutionnaire supranationale et unificatrice. Mais, comme dans les années soixante, au lieu des contreforts traditionnels, l’Amérique a choisi à nouveau la stratégie de l’anaconda en misant tout sur la singerie de son ennemi le plus radical (la Révolution Spirituelle) ; et cette singerie passe justement par le néo-évhémérisme et le complotisme, derniers coups de boutoir de l’athéisme larvé et viral, tous deux américains jusqu’au bout des ongles, jusqu’au bout du trou du cul.

 

Pour le dire autrement, et afin que je me fasse bien comprendre : le complotisme est la maladie infantile de l’eurasisme."

 

La théorie mainstream du Complot (la plus généralement admise ; comprise) va à l'encontre que ce que la théorie traditionnelle de l'involution pourrait en dire, beaucoup plus pertinente en terme de théorie authentique du Complot. C'est là une limite de la rigidité des déterminismes scientifiques de cette nouvelle dialectique matérialiste augmentée de Complotisme pour établir une méthode dans ces temps pliés et qualifiés où grondent les Grands Temps ; opposer un ronron au grondement du Temps et de l'Histoire c'est préférer finir dans le civet démocratique en se faisant passer pour un lapin plutôt que d'affronter l'épreuve du feu en étant chat-huant.

 

La liberté, c'est percevoir que la beauté et la sacralité du libre arbitre donné par Dieu à l'être libre, c'est d'être verticalement limité ; qu'il puisse accueillir la radicalité d'un choix réduit, immense. Qu'il puisse reconnaître Dieu dans la Tradition et dans la Révolution. Dans la joie comme dans le sang.

 

Le Grand Jeu ne consiste pas à se situer, et se regarder rêver contester, juger et punir les puissances, il consiste à les identifier, à connaître leurs forces, leurs faiblesses, à plonger dans un choix toujours réduit, abyssal et incertain, pour trouver il faut plonger dans l'immensité (c'est parce que la Démocratie nie les puissances principielles qu'elle est maudite), la liberté c'est épouser une puissance et embrasser une force, c'est réaliser les puissances de la Nuit...

 

Ainsi, dans Le prophète de l'Eurasisme, Alexandre Douguine nous dit : "Maintenant vient le temps de révéler la vérité, de dévoiler une essence spirituelle que les lèche-bottes ordinaires définissent comme de l' "extrémisme politique". Nous les avons embrouillés, changeant les registres de nos sympathies politiques, la couleur de nos héros, passant du chaud au froid, du droitisme au gauchisme et inversement. Tout cela n'était qu'une préparation intellectuelle, une sorte de réchauffement idéologique.

 

Nous avons effrayé et séduit à la fois l'extrême droite et l’extrême gauche, et maintenant toutes deux ont perdu leurs lignes directrices, toutes deux ont été attirées hors des sentiers battus. C'est merveilleux. Comme le grand Evgueni Golovin aimait à le répéter : "Celui qui marche face au jour ne doit pas craindre la nuit". Il n'y a rien de plus agréable que de sentir le sol se dérober sous vos pieds. C'est la première expérience de vol. Cela tuera la vermine. Cela endurcira les anges.

 

Qui sommes-nous en réalité ? Ceux dont le visage menaçant apparaît plus clairement, jour après jour, derrière le courant politique radical paradoxal qui répond au nom effrayant de national-bolchévisme ?

 

Aujourd'hui il est possible de répondre à cette question sans équivoques ni définitions évasives. Cependant, avec cette fin en vue, il est nécessaire de faire une brève digression dans l'histoire de l'esprit.

 

L’humanité a toujours eu deux types de spiritualité, deux votes - la "Voie de la Main Droite" et la "Voie de la Main Gauche". La première est caractérisé par une attitude conciliant envers le monde environnant qui est vu comme harmonie, équilibre, bien, paix. Tout le mal est considéré comme un cas particulier, une déviation par rapport à la norme, quelque chose d'inessentiel, de passager, sans raisons transcendantales profondes. La Voie de la Main Droite est aussi appelée la "Voie du Lait". Elle ne blesse pas la personne, elle la préserve de toute expérience radicale, de l'immersion dans la souffrance, du cauchemar de la vie. C'est une fausse voie. Elle conduit à un rêve. Celui qui la suit n'arrive nulle part.

 

La seconde voie, la "Voie de la Main Gauche", voit tout selon une perspective inverse. Pas de tranquillité laiteuse, mais une sombre souffrance ; pas de calme silencieux, mais le drame torturant et ardent de la vie déchirée. C'est la "Voie du Vin". Elle est destructrice, terrible, ne connaît que la colère et la violence. Pour celui qui suit cette voie, toute la réalité est perçue comme un enfer, comme un exil ontologique, une torture, une immersion au cœur de quelque catastrophe inconcevable tombée des hauteurs des cieux. Dans la première voie tout semble bon, dans la seconde tout parait funeste. Cette voie est monstrueusement difficile, mais seule cette voie est vraie. Celui qui la suit trouvera gloire et immortalité. Celui qui l'endurera conquerra et recevra la récompense, qui est plus élevée que la vie.

 

Celui qui suit la "Voie de la Main Gauche" sait qu'un jour l’emprisonnement prendra fin. La prison de la matière disparaîtra, se transformant en cité céleste. Les chaînes de l'initié préparent passionnément un moment désiré le moment de la Fin, le triomphe de la libération totale.

 

Ces deux voies ne sont pas deux traditions religieuses différentes. Les deux sont possibles dans toutes les religions, dans toutes les confessions, toutes les Églises. Il n'y a pas de contradiction externe entre elles. Elles font appel aux traits les plus intimes d'une personne, à son essence secrète. Ces voies ne peuvent être choisies. Ce sont elles qui choisissent une personne, comme une victime, comme un serviteur, comme un outil, un instrument..."  Mais refermons la parenthèse enchantée... ! Rabelais a raison!)

 

Dissidence mainstream, néo-souverainistes et traditionalistes

 

Les néo-souverainistes et la Dissidence mainstream ont raison d'ignorer, de mépriser et de se moquer des traditionalistes révolutionnaires, qui n'affrontent pas le Monde moderne en principe et en mouvement, en puissance et en acte dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle et dans la Dissidence de toutes les impostures. Pourquoi les dissidents antitraditionalistes par défaut remettraient-ils leur matérialisme dialectique marxiste augmenté de souverainisme 2.0 et de complotisme stratosphérique en question puisqu'il est incontesté dans la convergence prérévolutionnaire de toutes les dissidences en mouvement ?

 

Non seulement incontesté, mais qui prétend très tranquillement et très ouvertement véhiculer la Révolution et la Tradition, alors que ce ronron est précisément et exactement l'obstacle à une Révolution traditionaliste.

 

Une Révolution traditionaliste comme il y a eu la Révolution conservatrice, la Révolution traditionaliste c'est la Révolution conservatrice d'aujourd'hui. Et le ronron néo-souverainiste est un obstacle, un obstacle tout-à-fait contestable sur base des principes traditionnels qui démontrent parfaitement en quoi les limites matérialistes et déterministes qu'ils essayent d'imposer à la Révolution sont "antitraditionalistes". Il y a deux livres qui que les dissidents devraient lire d'urgence, Orientions de Julius Evola, et Le Règne de la Quantité et les Signe des Temps de René Guénon, et de croisé cette double lecture avec des livres récents L'être contre l'avoir de Francis Cousin et Gouverner par le Chaos de Lucien Cerise  - qui ont leurs limites que Evola et Guénon explosent, mais qui n'en sont pas moins complémentaire dans un croisement qui permet de mieux cerner la Dissidence.

 

La Révolution viendra, le ronron néo-souverainiste, dont nous affirmons qu'il est la subversion mondialiste en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire - ça n'est pas la Dissidence le Complot, mais le néo-souverainisme qui est une conspiration à l'intérieur de la Dissidence dont le ronron ne permettra pas d'en sortir en temps voulu et au moment venu - en aura poser le cadre républicain en acte, la limite démocratique en principe et la règle du laïcisme en puissance ; il en aura déterminé les termes modernes et antitraditionalistes.

 

Alors, les révolutionnaires, radicaux, les nationalistes, les non-conformistes, les rupturalistes, les continentalistes, les eurasistes et les traditionalistes peuvent l'ignorer, s'en moquer, en rigoler même, mais dans les faits, la convergence prérévolutionnaire les yeux grands fermés est soumise au ronron néo-souverainiste, et la Révolution appartient à sa subversion ; la Dissidence mainstream n'est pas le cheval qu'ils pensent, et même si elle l'était, ils ne sont pas ne tiennent pas les reines, ni même la Dissidence emblématique et officielle d'ailleurs, c'est le ronron qui est aux commandes. 

 

Quoiqu'il en soit, et quoiqu'il arrive, il y a des choses dont il est préférable de discuter au plus tôt, et il y a des façons symboliques et des manières mainstream d'en discuter, que l'on ne vienne pas nous expliquer ce qui n'est pas, même si le ronron était une stratégie, elle est désormais comprise par tout le monde comme l'objectif, cela fait deux ans que nous le disons, mais cela fait au moins cinq ans que ce ralentissement est perceptible, et ça fait bien longtemps que le système a identifié cette stratégie (d'où la raison pour laquelle il à ouvert les Valls pour massifier la Dissidence), mais pour pouvoir en discuter, il faudrait que l'on nous réponde...

 

Le propre d'un ronron c'est qu'il ne se voit pas, mais qu'il est partout. Ainsi, dans le texte  Proclamation au Souvenir de Maïakovsky - le passé du Futurisme, Lancelot nous dit : "Nous vivons bien dans une forme politique démocratique dérivant sans attache solide vers une tyrannie mimétique détenue par une oligarchie. L’élection va vers le plébiscite, et le plébiscite vers le sondage. Le sondage est un mythe. Sondage réifié, et au nom duquel parlent les maîtres des médias. Personne n'est jamais consulté, mais nous avons toujours une opinion, et de préférence une opinion favorable.

 

Cette forme politique qui n'a pas encore de nom - le capitalisme réel - développe un Langage - une matrice combinatoire idéologique - de mieux en mieux identifiable,même s'il n'est pas assez distant des hommes pour être encore un objet d'étude courant.

 

Ce langage est présent au café du matin des travailleurs, à la radio, à la télé, sur internet, en tout lieu et en tous temps. Il est familier et rassurant. Il s'indigne énormément et se félicite sans cesse de nouveaux progrès, alors que la situation moyenne des hommes ne cesse de s'aggraver sans provoquer aucune indignation ni constater aucun progrès.

 

Ce Langage exige morale et normalité - le nom moderne de la normativité bureaucratique - et paiement des dettes -c'est à dire de l'argent que les salariés doivent au Capital,directement ou à travers l’État. Il met tout le monde d'accord par des images simples suscitant l'émotion comme dans un film industriel. Il ne cesse de désigner l'ami libéral et l'ennemi. Il est à l'évidence un bourrage de crane, une propagande. Il est le support et le cadre de l'expression des masses.

 

Pour notre part, nous prévoyons de rester dissident, et donc éventuellement d'être désignés comme ennemi, un méchant dans le Langage et par ses termes : violent, fasciste, ultra-gauchiste, terroriste, raciste, sexiste ou encore bien d'autres choses, comme pervers ou criminel ou dépressif." Lancelot a raison!

  

Aujourd'hui, "dépasser la subversion" nécessite d’opérer une rupture totale avec les anciennes idéologies et leurs expressions actuelles

 

L'ancienne stratégie qui consiste à intégrer et intérioriser partiellement la morale, les codes, l'éthique et les principes de la "subversion" pour la pénétrer et la dépasser - par une "subversion dans la subversion" -, quand la "subversion" est devenue le "fait même de l'existant", est une stratégie obsolète ; stratégie qui est globalement celle de la Dissidence. Et qui ne l'était pas du tout au début. La seule stratégie aujourd'hui est de détruire le logos moderne en reconstruisant, et nous disons bien détruire, c'est-à-dire combattre frontalement, affronter effrontément, et n'ont pas déconstruire tièdement, le déconstructionnisme est une erreur de méthode, nous devons reconstruire,  et par cette reconstruction révolutionnaire et traditionnelle nous détruirons les dialectiques libérales de subversion de la liberté et les logos modernes de contre-initiation dans la recherche de vérité.

 

Les avancées scientifiques et les projets occultes dans les domaines quantiques et nanotechnologiques, les interventions invisibles des fantômes dans la Machine et les intercessions divines indicibles, qui renforcent, et, influencent, les entreprises gouvernementales numériques d'ingénierie psycho-sociale appliquée aux multitudes neuro-connectées aux sources pixelisées du Faux omniprésent, du vrai-faux omniscient et du Vrai omnipotent, augmentent en puissance et en volonté d'indépendance dans des proportions qui nous échappent, et une accélération exponentielle dépassant tous les cadres théoriques spéculatifs et réalistes.

 

On approche de l'ampleur des dégâts sans pouvoir jamais aborder les dégâts eux-mêmes.

 

Il nous semble absurde comme méthode, comme tactique et stratégie métapolitiques uniques et exclusives, de se borner à rétablir, quotidiennement, l'exacte et précise bonne mesure rationnelle de l' ampleur de l'effondrement de l'Occident dans un fétichisme du constat de faillite et un reboot perpétuel à gauche sans ne jamais essayer d’approcher et de réparer les dégâts qui n'existent pas.

 

L'effondrement complexe et avancé de la société occidentale que nous pouvons observer est un phénomène mondial de transition. Une transformation du Libéralisme triomphant en mouvement, en puissance et en acte dans le système et dans la société ;  sur les écrans superposés des applications narcissiques des multitudes connectées et dans les convergences prérévolutionnaires de l'extrême gauche à l'extrême droite de la Dissidence neuf-onzième.

 

Ce phénomène en croissance exponentielle se nourrit de la peur de la toute puissance de l'ennemi dont nous parlions, et, qui se traduit dans la Dissidence par cet établissement compulsif de constats de faillite et ce dressage mortifère de listes de faits factuels comme praxis catharsisante. Mais la Dissidence n'est pas Cassandre. Elle est le ronron qui criait au loup.

 

Le post-libéralisme cherche la confirmation de son Hégémonie paradigmatique par consentement partout où il le peut, où on parle sa langue, où on ne s'en protège pas et où on ne l'affronte pas ; partout où on constate sa toute puissance ; partout où il peut la fabriquer. La réinformation ne fait que nourrir cette peur et valider cette confirmation.

 

Établir la meilleure bonne mesure - et la rétablir par des mises-à-jour quotidiennes à sens et à usage unique  - du grand constat de faillite occidental - qui sera première de la classe de la réinformation mortifère et du complotisme par-cœur - pour toute méthode métapolitique - dans un esprit cynique de compétition comme s'il s'agissait d'un concours - n'aboutit, dans le meilleur des cas, qu'à ne pouvoir opérer qu'une semi-conclusion opérée comme une autopsie, indiquant des solutions d'embaumements économiques et d'empaillement social pour toute résolution civilisationnelle et révolution anthropologique.

 

Cette méthode, à travers une dialectique qui n'a pas changé de nature mais qui est devenue "le fait même de l'existant", n'ouvre pas d'autre perspective que la poursuite paraplégique de la fuite-en-avant contrôlée de toutes les convergences syncrétiques vers le chaos synthétique de tous les désordres rentables.

 

Cette dialectique de l’accélération consiste donc à établir la plus juste évaluation de l'effondrement qui alertera - le mieux et le plus rapidement - le système dans la défense son "intégrité" avant même que nous puissions l'attaquer ; nous pourrions dire vulgairement que l'on s'auto-minority report.

 

La réinformation a pour fonction objective d'alimenter les bases de données de Big "pensée" Brother et Big "mémoire" Data qui sont les deux yeux de la méga-machine dans le développement instantané de ses défenses immunitaires offensives et anticipatives réduisant de plus en plus le champ d'action de notre convergence prérévolutionnaire.

 

Réalité augmentée signifie subversion augmentée (diminution vertigineuse de la réalité : dissolution des idées en métapolitique - qui correspond à l’effacement du politique par la tyrannie médiatique), en effet, l'amplification de tous les phénomènes incapacitants depuis la démocratisation du miracle internet, la massification vallsienne de la Dissidence et l'accélération paradigmatique vers la virtualité totale ont transformé la nature de la "subversion mondialiste" qui est devenue le paradigme de la réinformation et du complotisme lui-même.

 

Quand le cadre (internet) devient la subversion (utopie du réenchantement par internet/mythe de la toute puissance de l'ennemi) et que le langage (binaire) qui doit être employé pour communiquer, exister et continuer à exister dans ce cadre est celui du Monde moderne et du Paradigme capitaliste et libéral lui-même, il ne s'agit plus de "jouer" avec les codes obligatoires du Spectacle et de la Marchandise pour intégrer la subversion et introduire une "autre subversion" ; pour dépasser la subversion par une "stratégie d'infiltration par le bas".

 

C'était la "stratégie trotskyste de retournement du Capitalisme" qui a eu comme effet de renforcer le système capitaliste et libéral et de "transformer" les anciens trotskystes et maoïstes en néo-conservateurs (comme les dissidents se transformeront en "palléo-conservateurs" - libertariens ; quenelle ?) - ou, d'une manière ou d'une autre au service de l'Impérialisme de la République mondiale ainsi ils sont à Wall-Street, à la Commission européenne et au NPA et nous voyons le résultat -, en effet, cette stratégie a déjà échoué et elle a permit au système d’opérer des transitions socio-économiques (des nouveaux habillages du Capitalisme trois fois libéral en mouvement de subversion) très "réussies", nous pensons, par exemple, au tournant libéral des années 80, avec du recul, cette stratégie apparait comme avoir été celle du système plus que celle de ses opposants. (Et il n'était pas encore question d'internet et des phénomènes d'amplification, de massification et d'accélération de la subversion mondialiste en mouvement dans les convergences prérévolutionnaires que ça impliquerait.)

 

Quand la subversion est devenue le "fait même de l'existant", que les codes sont le ronron lui-même, il faut affronter la subversion en tant que subversion, il n'est plus question d'essayer de la dépasser. Il s'agit de l'affronter sous tous ses aspects sans parler sa langue fourchue, car apprendre sa langue et la parler, c'est intégrer intégralement l'essence de la subversion  elle-même.

 

Pour continuer a exister sur internet, ce "support de Satan", on se voit donc forcer à véhiculer son ronron pour réussir à communiquer, sinon, nous ne sommes plus qu'un spectre, une ombre, par exemple, la Dissidence, dans sa propension à vendre le "réenchantement par internet" comme un progrès - Dieudonné s'exclamait il y a peu : "Internet est un miracle!" -, démontre qu'elle a déjà intégré la nature même du piège tendu (pour enfermer les "ânes-à-nasse" de la Dissidence de la carotte jaune) comme étant sa propre nature, autrement dit, la Dissidence devient, peu à peu, jusqu'à définitivement, une courroie de transmission du post-libéralisme paradigmatique sous la forme d'une opposition nécessaire au dysfonctionnement rentable du système mondialiste, capitaliste et libéral.

 

Dans ces conditions, c'est-à-dire, ne prenant pas en compte dans sa stratégie : les transitions paradigmatiques de l'aliénation capitaliste, et de la subversion libérale-libertaire, et, ne prenant pas en considération dans ses tactiques : les reconfigurations systémiques des impostures démocratiques, des mystifications républicaines, des mensonges laïques et des illusions droit-de-l’hommistes s'effectuant à travers la superposition des écrans de toutes les applications narcissiques des multitudes connectées au Faux omniprésent. La Dissidence auto-quenellisée s'annonce comme une aliénation paradigmatique et une subversion systémique se dressant contre la Tradition et la Révolution.

 

La Dissidence s'organise dés à présent comme une nouvelle troupe d'occupation mentale et une nouvelle police de la pensée (certes plus subtiles que les productions du mainstream politico-médiatique et que les antifas mais qui aura la même fonction d’altération et de subversion dans l'avenir) dont :

- Le matérialisme dialectique marxiste² augmenté de la Dissidence mainstream est bien imposé comme limite à la formulation d'une conclusion commune et à la recherche d'une réponse traditionnelle au Que Faire révolutionnaire

- Le rationalisme économique, le pragmatisme politique et réalisme géopolitique ne servent qu'à entretenir le déni de réalité - et le statu-quo - sur ces phénomènes (La Dissidence n'existant que grâce à internet elle ne peut le critiquer sans se remettre elle-même  en question, il s'agit davantage d'une critique de la virtualité, virtualité qui est le transhumanisme, qui est la théorie du genre, qui est le Libéralisme triomphant en acte et en puissance...)

- La réinformation devient une conspiration auto-réalisatrice et confirme son aspect mortifère

- Le ronron néo-souverainiste confirme être ce complot dans le Complot

- Le Complotisme compulsif s'avère être le plus grand de tous les Complots

- La Dissidence sans conspiration se transforme en Complot qui n'existe pas

- La quenelle rempli la fonction d'entreprise de fichage

- L’ananassurance est un montage financier qui ira alimenter un fond de pension ou l'autre, et c'est finalement tout ce que le système de croissance exponentielle veut, être alimenté.

 

Dans Héliogabale ou l'Anarchiste couronné, Antonin Artaud nous dit : "Toutes les luttes de dieu à dieu, et de force à force, les dieux sentant craquer sous leurs doigts les forces qu'ils sont censés diriger ; cette séparation de la force et du dieu, le dieu n'étant plus réduit qu'à une sorte de mot qui tombe, une effigie vouée aux plus hideuses idolâtries ; ce bruit sismique et ce tremblement matériel dans les cieux ; cette façon de clouer le ciel dans le ciel, et la terre sur la terre ; ces maisons et ces territoires du ciel qui passent de main en main et de tête en tête, chacun de nous ici, dans sa tête, recomposant à son tour ses dieux ; cette occupation provisoire du ciel, ici par un dieu et sa rage, et là par le même dieu transformé ; cette prise de possessions des pouvoirs, à laquelle succèdent, comme le battement perpétuel d'un spasme, de hauts en bas et de bas en haut, d'autres prises de possession des pouvoirs ; cette respiration des facultés cosmiques, pareilles, sur le plan supérieur, aux facultés ensevelies et grossières qui dorment dans nos individus séparés, - et à chaque faculté un dieu correspond et une force, et nous sommes le ciel sur la terre, et ils sont devenus la terre, la terre dans l'absolu retirée ; - cette instabilité orageuse des cieux que nous appelons le Paganisme, et qui nous frappe parfois en aveugles, qui nous fouaille de ses vérité, c'est nous, c'est notre Europe chrétienne, c'est l'Histoire qui l'a fabriquée..."    

 

Mais nous pensons que le soleil nous débarrassera d'internet, des satellites et du progrès avant la Dissidence, puisqu'elle ne veut pas les affronter ; l'Anarchisme solaire c'est maintenant !

 

En effet, la stratégie métapolitique virtualiste (bataille culturelle ?) qui consiste à dupliquer, multiplier et massifier - au-delà de la volonté de la Dissidence : la volonté du système - de façon exponentielle et de manière mercantile - du moins dans l'esprit de quantité qui anime cette métapolitique - des entreprises d'établissement de constats de faillite longs comme un jour sans pain et de dressage de listes de faits factuels sans fin, par clonage et sous la forme d'une armée de robots et de mutants  conformes à la forme des multitudes connectées au post-libéralisme paradigmatique et aux troupes d'occupation mentale du mainstream politico-médiatique et militaro-industriel par le moyen horizontal de la réinformation (journalisme), avec l'outil rouillé de l'indignation (démocratie) et l'instrument défaillant de la dérision (bouffon du roi, intermédiaire, argent) pour toute stratégie révolutionnaire, se révèle davantage comme étant une technique de communication, un marketing évitant les débats d'idées, qu'une méthode métapolitique opérative ouvrant sur la distinction des principes, et, permettant de faire des choix philosophiques et politiques, permettant d'établir un véritable front de libération toutes les parties, cette fois-ci, comprennent l'essence et la substance du "concept absolu" en mouvement, "concept absolu" que le dissident doit trouver seul. Ainsi, Lancelot écrit dans Le corbillard d'Achab le Prophète : "

 

Prémonition de mort civile.
Le monde moderne est une immense machine à détruire les signes.
Le voyant ne peut pas plus y vivre que le grand corps du noyé, qui tourne au dessous des eaux, attiré vers l'abysse par les tournoiements blancs, hélicoïdaux,  froids, méthodiques, rationnels, du requin.
Le sépia de la seiche ne peut écrire les paroles nécessaires - le sang noir du cachalot blanc, peut être - le corbillard d'Achab.
Le poète qui ne porte pas le deuil n'est pas poète.
"Si vous commencez une guerre, majesté...Il y aura d'innombrables morts qui vous recouvriront de l'océan de leur sang". Artaud à raison ! 
 

Les gaullistes 2.0 sont sans doute ceux qui comprennent le moins Charles de Gaulle

 

Leur incompréhension du "concept absolu" Charles de Gaulle, et de la 2ème guerre mondiale, influence toutes leurs désorientations, leur esprit de restauration stérilisant, leurs mythes incapacitants, leurs utopies neutralisantes.

 

En quelque sorte, ils sont les gardiens du gnomon gaullien prérévolutionnaire, l'avant-garde arriérée censée indiquer la direction vers l'anarchisme solaire... Mais de Charles de Gaulle ils ne connaissent, ne retiennent et ne vous vendent que l'image d’Épinal, l'officialité nationale-républicaine.

 

Leur conception du gaullisme - qu'ils soient gaullistes ou antigaullistes - se limite à une photo sur une cheminée, un magnet sur un frigo : "Je vous ai comprit!". L'inverse est moins vrai.

 

Par exemple, François Asselineau de l'UPR, énarque, haut fonctionnaire, mongoliste, fait un constat de faillite brillant de l'Union anti-Europe, comme tous les bons élèves de la Dissidence du constat de faillite, mais la conclusion "souverainiste" du pseudo-gaullisme upérien, pour attendre - qui consiste lui aussi à dresser des listes de faits factuels (vous avez même la taille du slip de la dame pipi de l'assemblée) -, et sa faculté à faire de Charles de Gaulle un excité républicain - quand d'autres essayent de faire de Pétain le premier antifa (en ça, les gaullistes et antigaullistes sont d'égale bêtise, mais toujours loin de la réconciliation nationale, à ce propos, E&R joue du gaullisme et aussi de l'antigaullisme, selon les modes et tendances du moment, mais n'opère jamais réellement la synthèse, il y a suspens, enfin, ils cherchent -, ce qui revient à confondre Philippe le Bel et Bernard de Clairvaux, rendrait presque la situation ridicule, en plus d'être absurde, en tout cas, ça démontre son incompréhension de certaines mises-en-marche toujours déjà présentes, on n'refait pas deux fois exactement la même pub pour le même produit François, surtout quand la subversion dans la subversion a été digérée par la subversion (on aurait pu penser que Mai 68 a fait changer la nature du "concept absolu") et que la subversion a été réintégrée au ronron néo-souverainiste... La Dissidence mainstream est en train de commettre la même erreur avec Poutine dont ils prennent la stratégie pour l'objectif ; la feinte pour le but, bref, c'est d'une médiocrité assez déconcertante, le Maréchal Philippe Pétain et le Général Charles de Gaulle se réconcilieront la haut dans un grand éclat de rire, ont-ils seulement jamais été "fâchés" ? L'Histoire ne repasse pas les plats.

 

Nous n'oublierons pas de préciser, et d'affirmer que le ronron néo-souverainiste par-défaut est la philosophie-politique par dépit de l' alliance républicaine, souverainiste et patriote (de E&R, à Chouard, en passant par l'UPR, jusqu'à MetaTV), qui propose ce mouvement de libération nationale "idéologiquement neutre".

 

C'est-à-dire un mouvement de convergence unique et exclusif où les idées des différents partis qui prennent part à ce "Front Commun" - basé sur l’intérêt supérieur indéfini d'une France non-déterminée et sur l'idée indiscutable d'un CNR 2.0 - doivent rester à la maison pour ne pas gêner la stratégie néo-souverainiste (pas con!), dont la nature républicaine, démocratique, laïque, libérale, droit-de-l'hommiste et moderne des  mouvements et des personnalités qui portent ce souverainisme-économique 2.0 officiellement et officieusement porte pourtant une idée politique, philosophique et métaphysique de la France et de l'Europe, une idée subversive qui a du "inspirer" la rédaction des programmes, des chartes et des règlement internes des mouvements qui proposent cette Alliance neutre pour tous ; une alliance versatile que nous devons combattre et que le "concept absolu" Charles de Gaulle combat, le "Grand Gaullisme" de l'axe Paris-Berlin-Moscou et de l'Empire eurasiatique de la Fin est en marche contre le petit gaullisme anachronique de l'anté-convergence, l'anté-mouvement et de l'anté-alliance, contre le néo-souverainisme en ronron de subversion dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle.

 

Le néo-souverainisme, l'idéologie qui n'existe pas mais dont La main droite agit, prétend s'imposer de facto à la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle par l'auto-autorité d'une nostalgie, d'un CNR fantasmé et l'auto-légitimité d'une utopie, d'un Grand Soir patriotisé ; une subversion de gauche qui n'a de socialiste que le partage de l'ananas.  

 

Un CNR anachronique, hors-contexte, avec septante ans de mises-à-jour métapolitiques manquantes,  une théorie politique de retard. Les néo-souverainistes ne combattent pas le Monde moderne, ils opposent l'état-nation westphalien au mondialisme : L'Empire a comprit.

 

Nous nous demandons à quoi peuvent leur servir leur collection de constats de faillite et leurs piles de listes de faits factuels puisqu'ils n'en tirent aucune conclusion commune et opérative, par exemple, le néo-souverainisme part de l'idée que l’État-nation existe de facto, alors qu'il n'existe que de jure (et encore), on pourrait s'arrêter directement ici, mettre un point final à ce ronron faussement naïf, car cette hérésie géopolitique suffit a démolir la légitimité préfabriquée de ce CNR double zéro dont l'esprit intérieur de restauration, qui en fait une convergence neutralisante pour toutes les parties prenantes (censées se soumettre au ronron qui tourne en rond), est plus que discutable, pour ne pas dire disqualifiant, et qui devrait motiver une certaine méfiance. La Dissidence avait vocation à faire l'Inter-National et pas à réhabiliter l'Internationale.

 

Mais, tel Zoro, la théorie relativiste et relativisante des vrais-faux trucs - dont nous avons parlé dans d'autres articles -, arrive sans s'presser et arrange tout, justifie toutes les contradictions et légitime toutes les hésitations, son NOM, il le signe à la pointe de l'épais d'un A à Z qui veut dire zozo, ainsi, la République n'est pas ce qu'elle aurait du être, la pauvre, la république outragée par les vrais-faux républicains et les méchants antirépublicains qui ont saboté ce projet idéal de modernité sympathique et de progrès gentil nait dans la Terreur et dans le sang des Vendéens : quelle césarienne ! Et nous disons que c'est un mensonge, que c'est le mensonge du ronron néo-souverainiste, nous disons qu'elle est précisément devenue ce qu'elle devait être - et qu'il ne s'agit pas de restaurer un ancien régime ou de rétablir l'État-nation whestphalien de jure pour la combattre -, et que c'est exactement ses principes fondationnels "avoués" et "officiels" qu'ils soient vraiment faux ou faussement vrais, dictés par les Lumières du réseaux voltairien, qu'il faut combattre aujourd'hui, ou alors, dans les deux cas nous les combattons, au nom de la Révolution et de la Tradition, peut-être que la Dissidence n'était qu'une entreprise de sauvetage de la République ?

 

Nous autres, dissidents, nous sommes pour la démocratie, mais une Démocratie organique et sacrée, qui n'est ni la Démocratie moderne et laïque d'aujourd'hui - que le dissidents contestent mais dont ils ne discutent finalement que le fonctionnement du régime, et le fait que ça n'est pas eux qui en sont à la tête, ils prétendent faire mieux alors qu'ils ne sont déjà pas capables d'organiser une méritocratie interne -, ni la Véritable démocratie chouardienne, une Démocratie  de sodomie technocratique directe plutôt qu'indirecte : quel progrès ! Le gentil démocrate Etienne Chouard à qui nous avons envoyé nos critiques sur sa définition de la Démocratie depuis plus de deux ans - qui ne sont pas les nôtres, mais qui sont celles de Guénon, d'Evola, de Douguine, etc, que nous permettons d'articuler et d’appliquer à la Dissidence -, et qu'il a reçu, mais visiblement, nous sommes obligés de partir de leur définition, leur philosophie et leur religion.

 

Le dissident ne peut donc la combattre qu'à moitié, seulement sa vraie-fausse mauvaise-bonne part et il doit le faire au nom des vraies-fausses semi-valeurs mi-dévoyées de la République, dont on ne sait quelle part prendre pour la bonne...

 

Pourtant, des ordres avaient été indiqués, et au "petit gaullisme" anachronique et post-national néo-souverainiste, devait succéder un "Grand Gaullisme" topique et impérial, continentaliste.

 

Recouvrir une Démocratie organique ne consiste pas à voter davantage pour un programme que pour une personnalité. Nous devons épouser un "concept absolu". Un "concept absolu" ne vote pas, peut-être se présente-t-il ? Nous pensons que le déplacement du "concept absolu" qui a été tenté dans le champ politique français a échoué - ou en tout cas qu'il n'est pas aussi audible qu'il devrait l'être, ou peut-être que certains font semblant de ne pas l'entendre -, nous pouvons nous tromper, mais nous pensons que le "concept" est "libre", même "libéré" d'une certaine façon...

 

Nous rentrons en quelque sorte dans le jeu du trône, du trône qui doit précisément rester vide ; nous ferons en sorte qu'il le resta.

 

Cette métaphysique républicaine qui anime le ronron néo-souverainiste ne devrait-elle pas être combattue par les complotistes bavarois et les antisionistes belges "debout au milieu des frites" de la Dissidence mainstream comme une "métaphysique" liée au Complot juif, "américano-sioniste", à la conspiration franc-maçonnique de A à Israël ? Tolkien a raison !

 

La France pour tous !

 

Dans la Dissidence mainstream - le monde de la réinformation, du constat de faillite et du dressage de listes -, les idées sont présentées comme étant un sujet secondaire, plus précisément, on peut évoquer toutes les idées, mais on ne peut pas les articuler entre-elles dans la perspective d'une convergence opérative en dehors des limites de l'arc républicain, du cadre démocratique, des carcans laïques et des règles du paradigme économique en vigueur.

 

Le sujet prioritaire, plus exactement, le biais, l'angle, la façon d'aborder plus ou moins tous les sujets - en intégrant toujours les règles précitées - est la sacro-sainte économie, sa structure administratives et son fonctionnement systémique, sa mauvaise gestion à cause de la mauvaise vraie-fausse démocratie, sa dialectique, ses logiques, etc, d'autres sujets sont bien entendu exploités via le sujet de l'économie, la démocratie (pour mieux gérer l'économie et dompter la haute finance), nous l'avons dit, la question juive (les banquiers juifs), la structure du NOM (la Banque, l'UE, le mondialisme), etc, mais le code source est économie, l'économisme capitaliste et libérale comme paradigme de référence et base absolue dévoyée, dont, et nous insistons, les dissidents du quotidien ne discutent pas de la nature - en tout cas, pas au-delà que pour se faire plaisir ou que dans une optique de culture générale, et, pas dans le cadre de la mise-en-marche en avant vers une Dissidence opérative - mais de la mauvaise gestion, dénoncent les excès, jusqu'à des critiques assez radicales sur le système de la Dette qui restreint leur pouvoir d'achat.

 

Partant de là, de ce pustule de départ, ils nous expliquent le système-monde principalement à partir de ses problématiques économiques, parfois dans la perspective d'une écologie-sociale bienveillante, ce qui n'est pas dénué de sens, la géopolitique de l'énergie et du petro-dollar est un paramètre à intégrer, et des questions socio-écologiques se posent effectivement, le problème étant exactement de savoir comment et sur quelle base philosophique on se les pose ?

 

Ce qui n'est précisément jamais discuté, c'est justement ce présupposé de l'économisme capitaliste et libéral comme base pour discuter de tout, et la nature philosophique de la réponse que nous voulons apporter à la question sociale, politique et économique - alors qu'il n'y a que de ça qu'il faudrait discuter pour rétablir un véritable constat -,  c'est-à-dire de la façon d'aborder les débats.

 

En effet, la méthode, qui consiste en quelque sorte à limiter le débat, et qui prétend même parfois à l'objectivité historique, à être une méthode sans idéologie, nous semble davantage correspondre à une stratégie pour imposer une idéologie sous couvert de neutralité et d'objectivité, que d'une méthode métapolitique radicale et verticale - alors qu'avant même de reconstruire une conclusion commune il faut avant tout établir une méthode portant justement une philosophie-politique traditionnelle et révolutionnaire en mouvement, en puissance et en acte, en principe et en apparence.

 

Restreindre le cadre de la question économique à une disputation interne sur la  gestion alternative et l'organisation subversive du post-libéralisme paradigmatique avec les outils autorisés du ronron néo-souverainiste est une subversion.

 

La réinformation fait que les mouvements dissidents lient leurs idées à un esprit de pseudo-neutralité journalistique, ça explique pas mal de choses, d'ailleurs, les dissidents qui basent leur métapolitique et sa pratique-critique sur la réinformation s’intéressent davantage aux mensonges que profère le mainstream politico-médiatique qu'aux idées de leurs camarades, qu'à une réflexion sur la philosophie de la Dissidence, on voit la méthode à ses fruits... 

 


"les outils autorisés du ronron néo-souverainiste...", c'est-à-dire, un logos alter-républicain, une dialectique marxiste, une logique palléo-libérale (libertarienne), une idéologie réactionnaire (indignés), une métapolitique complotiste, une économie rationnelle, une politique pragmatique, une géopolitique réaliste et une métaphysique démocrate-laïque, tout cela dans une ambiance de dérision et de "vent nouveau" sous-prolétarien.

 

Une philosophie-politique qui n'existe pas finalement très matérialiste et très compatible avec le Capitalisme trois fois libéral en principe 

 

On peut établir un constat partiel en expliquant les prises d’intérêts officiels laissant apparaitre la surface des manœuvres officieuses, mais nous voyons les limites qu'imposent les outils néo-souverainistes pour converger vers une conclusion commune.

 

Pour les dissidents, tirer une conclusion - n'y voyez aucun jeu de mots -, consiste à une recherche de solutions techniques, ainsi, ils font des plans, ils refont le monde pour imaginer les meilleurs agencements sociétaux et comment gérer le système économique globale de façon alternative et cool, par exemple, par la réduction des inégalités via un salaire de base universel.

 

Leur façon d'aborder la question sociale, écologique et économique est tout-à-fait idéologique dans sa méthode, elle n'est en rien "neutre" - et qu'est-ce qu'être "neutre" ? Ça n'est pas de journalistes dont nous avons besoin mais de prophètes -, c'est-à-dire qu'ils partent du principe - qui en principe n'en est pas un -, qu'ils se persuadent, que leur méthode est objective et que leurs médias indépendants, alternatifs et dissidents sont idéologiquement neutres - qu'ils ne véhiculent pas un ronron, les différences n'étant souvent que de l'ordre de la forme entre les différentes chapelles du néo-sou -, qu'ils pourront trouver des solutions et construire une conclusion commune sans repasser par une réflexion philosophique et politique, sans passer par critique radicale des valeurs républicaines, des principes modernes et des fondamentaux démocratiques qui fondent leur méthode elle-même.

 

Pour résumer, une "convergence idéologiquement neutre" ça n'existe pas, et c'est un mensonge de le faire croire, on ne peut même pas parler d'utopie, bien que par le réenchantement par internet comme mythe, l'espace identitaire virtuel devient le topos du dissident et pour lui, il s'agit de reconquérir, de devenir le mainstream politico-médiatique, l'axe du bien idéologiquement neutre, cette manière de présenter la réinformation - la réinformation pour méthode, pour méthode devenue une utopie, pour utopie devenue folle - est le langage du système dont la nature même est de prétendre ne pas être idéologie mais une objectivité, c'est le langage du Libéralisme triomphant qui prétend avoir mit fin aux idéologies.   

 

Leurs planifications spéculatives comme si ils étaient au pouvoir ou qu'ils allaient l'obtenir de cette manière : parce qu'ils ont raison - ce qui restera encore à démontrer quand une conclusion commune, qui n'est pas prête d'être formulée dans ces conditions, sera établie -, et c'est exactement à cette posture utopique de recherches de solutions techniques "idéologiquement neutres" - alors qu'elles véhiculent un gauchisme jamais égalé -, et parfois très sérieusement utopique, criminellement utopique, que nous voyons qu'il y a un problème de fond dans leur méthode elle-même : dans la façon dont ils abordent tous les problèmes, c'est-à-dire, comme un jeu, c'est les méta-sim's. Ezra Pound a raison!

 

Qu'ils tirent leurs plans... Nous sommes en tête de comète !

 

En effet, et encore une fois, le problème ne réside pas dans les différents constats qui peuvent être dressés, mais dans les semi-conclusions qui sont tirées et qui génèrent beaucoup d'utopies en terme d’oppositions possibles et de propositions possibilistes

 

Le cerveau collectif de la convergences prérévolutionnaires du XXIème siècle sous haute direction du ronron néo-souverainiste est forcé de travailler sur ces questions en partant de deux principes incapacitants (en réduisant la question, car cette question du rapport des dissidents à la question économique et à l'argent demanderait d'y consacrer un essai entier), 1) il n'y a pas d'autre paradigme que le paradigme socio-économique capitaliste-libéral pas d'autre régime que le régime démocratique sous arc républicain, pas d'autre religion que la religion  laïque - le laïcisme -, 2) il n'y a que des possibilités de gestions humanistes, futuristes, vertes, numériques, démocratiques, alternatives, subversives ou nohaïdes de ce paradigme mais aucunes possibilités de rentrer en conflit avec lui.

 

Leurs recherches de "solutions" - avant même d'établir une conclusion commune il faut le souligner, le rappeler et insister -, qui se bornent à un cadre technique et technocratique, sont présentées comme des démarches et des entreprises "révolutionnaires", mais répondre à la question économique, l'économie, en l'abordant uniquement et exclusivement sous l'angle de l'économisme démocratique comme limite, ne peut en rien être révolutionnaire puisque c'est la limite même du système, on en sort pas, ou plutôt, ils n'en sortent pas, ce que nous voulons dire, c'est que si le constat est juste, la façon d'aborder la question est mauvaise, la méthode catastrophique, la conclusion sans qualificatif, résoudre la question économique c'est précisément sortir de son cadre, il n'y pas de solutions économiques par l'économisme, la question de l'économie est une question philosophique et politique, voire métaphysique, et nous devons aborder la question économique précisément et exactement sous l'angle d'une critique radicale et offensive des limites et des règles de l'arc républicain, du cadre de la démocratie, de la morale laïque et du paradigme économique en vigueur.

 

"Nous devons mettre nos points de convergence en commun en évitant tous synchértismes..." : c'est précisément ce qu'interdit et exactement ce qu'empêche le ronron "neutre" néon-souveniriste

 

D'abord, y'a la Dissidence, qui tourne en rond,  qui prend l'melon, et qui sait plus son nom, monsieur, pour qui les idées politiques ne sont qu'un panel de couleurs préférentielles pour décorer leur Capitalisme-alternatif et leur Libéralisme-subversif, les principes comme "goûts et couleurs", la Tradition comme décorum, la Religion : à la maison!

 

Pour ces dissidents là, monsieur, la Tradition n'existe pas, c’est-à-dire que les traditionalistes ne suggèreraient aucuns principes politiques et philosophiques, qui imposeraient d'eux-mêmes certains fondamentaux économiques, par exemple... Ça ne leur viendrait pas à l'idée de considérer la Tradition un instant, et définitivement, d'avouer que la république, la démocratie et le laïcisme constituent une tradition, un principe et une religion modernes, une imposture originelle que l'on ne peut combattre que par la Tradition traditionnelle, primordiale et principielle, et pas en imaginant et en voulant gérer alternativement la Marchandise et organiser subversivement le Spectacle.

 

Le néo-souverainisme ne veut pas "entrer en conflit" avec Capitalisme trois fois libéral, il est son ronron subversif. L'économisme physiocrate, kabbaliste et jacobin de la République dite Française contre lequel la Dissidence n'exprime pas un désaccord de fond mais de forme, de répartition, c'est l'imposture démocratique en acte et en puissance. Faut vous dire monsieur, que ce ronron là ne cause pas, monsieur, ne se remet en cause, il compte.

 

En effet, après plus de dix ans, les dissidents ne se tournent toujours pas vers les principes traditionnels, ne s'orientent pas vers la Tradition, c'est-à-dire vers une Révolution autre qu'une éthique journalistique et une esthétique de bazar pour affronter ce paradigme économique, autre que la réinformation et les assemblées constituantes de la véritable tyrannie. Et puis, y'a la Quatrième théorie politique, qu'est belle comme un Soleil...

 

Ainsi, Julius Evola, dans Orientations, nous prévient, et nous "ordonne" au Point 6 : "Dans la même ligne que ce qui précède, il est clair que notre radicalisme de la reconstruction n’implique pas seulement le refus de transiger avec quelque variante que ce soit de l'idéologie marxiste ou socialiste, mais aussi, plus généralement, avec ce qu'on peut appeler l'hallucination ou la démonie de l'économie. Il s'agit ici de l'idée selon laquelle c'est le facteur économique qui est important, réel, décisif, dans la vie individuelle comme dans la vie collective ; de l'idée que la concentration de toute valeur et de tout intérêt sur le plan de l'économie et de la production n'est pas l'aberration sans précédents de l'homme occidental moderne, mais quelque chose de normal, non une éventuellement nécessité brutale, mais quelque chose qui doit être voulu et exalté. Capitalisme et marxisme ne sortent pas de ce cercle fermé et obscur. Ce cercle, nous devons le briser." 

 

Cette méthode, cette dialectique de la Dissidence mainstream - dont la seule vertu offerte à celui qui en use et en abuse est d'être intégré dans le cheval de Troie du ronron néo-souverainiste "qui ne dit pas son nom", pour être définitivement enfermer dedans jusqu'à la vacance du pouvoir révolutionnaire (quand le Pouvoir prend ses congés annuels) et la fermer à tout jamais - ne permet que d'observer et mesurer l'ampleur des dégâts, et ne doit précisément pas permettre de mesurer plus que ce que le système veuille que vous observiez, c'est-à-dire son Spectacle et les "débris", elle ne permet donc pas d'approcher le phénomène lui-même.

 

Certains s'arrêtent là, comprennent cette impasse dialectique et font demi-tour - encore faut-il sortir du dada et du ronron, et pour ça il faut forcer la porte du cheval de Troie, il faut cliver -, vers l'Incendie insurrectionnel et l'épreuve du Feu, mais d'autres qui, partant de là, pour élaborer leur conclusion, intègre en plus - en moins - comme paramètre unique et exclusif à leur recherche de solutions, de réduire le "champ des possibles" - selon eux, entre eux et rien qu'entre eux, entre convaincus de ne pas douter - à proposer des nouvelles applications possibilistes de gestion alternative de la Marchandise et d'organisation subversive du Spectacle uniquement et exclusivement imaginées sous l'angle technologique et technocratique d'une analyse matérialiste pseudo-scientifique strictement confinée au rationalisme économique Capitaliste-libéral comme seul concept, au pragmatisme politique comme seule idée et au réalisme géopolitique comme seul principe, une prospection spéculative des futures articulations possibles vers des projections logistiques possibilistes d'accumulation progressive d'un Capital révolutionnaire pour réaliser leurs stratégies réalistes de domptage rationnel du Progrès. Quel manque d'imagination, c'est bien du manque d'art que nous crevons. Evola a raison!

 

La Grande Ourse a raison !

 

Que ça soit dans ses techniques ou ses méthodes, ses constats ou ses conclusions, ses tactiques et ses stratégies, la Dissidence mainstream n'articule pas, JAMAIS, ses concepts autour d'un principe supérieur et transcendant.

 

Pour nous autres, dissidents, un certain principe  fondationnel de Mythe, un principe civilisationnel d'Imperium, un principe primordial de Tradition et un principe suprarationnel de Révolution sont la base d'une réflexion et une action que nous ne pouvons pas avoir ou accomplir seul, en aucun cas individuelle, qui peut, certes, partir de l'être, et qui part d'ailleurs souvent de l'être, mais qui doit transporter la communauté,  en effet, fonder un Mythe, intégrer un Imperium, s'orienter vers la Tradition - ce qui consiste à essayer de la définir pour ceux qui demanderont c'est quoi la Tradition ? - et définir leur Révolution n'est pas le moteur de la Dissidence emblématique, officielle, mainstream et "au sens le plus large", dont le ronron néo-souverainiste indiscuté est un organe de propagande devenu une utopie, une utopie devenue folle, n'ayant même pas les qualités d'une idéologie, de leur idéologie qui n'existe pas, de leur idéologie subversive, "non-dite", conspirative, et, que ce ronron n'est contesté par aucun Imperium en présence, que ces Imperium n'ont donc plus de Mythe, n'écoutent plus la Tradition, et ne veulent plus faire la Révolution... La convergence prérévolutionnaire de toutes les dissidences du XXième siècle n'a plus qu'utopie, décorum, indignation et dérision...

 

Il y a ici, à ce propos, quelque chose d’intéressant et que nous autres, dissidents, avons souvent remarqué : Les mouvements ou les personnalités plus ou moins présentés, ou se présentant eux-mêmes comme extérieurs à l'aliénation dissidente, parfois même "en dissidence à la Dissidence" - ce qui est plus rare, en général, d'aucuns savent ou feignent savoir ce qu'est la Dissidence, une façon comme une autre d'évacuer la question, la peur du grand méchant loup qui n'existe pas sans doute -, ne s'excluant pas d'appartenir plus généralement à la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, n'exprimant que très précautionneusement leurs clivages avec la Dissidence, et qui, dans les faits,  existent - existent en partie, depuis ou principalement  - à travers la Dissidence emblématique, officielle et mainstream, combattent et affrontent rarement, et toujours en dernière instance, ce ronron néo-souverainiste en mouvement.

 

Nous pensons qu'ils interprètent cet objet politique ronronnant comme un cheval de Troie "pour tous" et qu'ils peuvent manœuvrer de l'intérieur pour le contrôler, peut-être même leur fait-on croire que c'est leur création,  ou du moins en partie, et que nous interprétons nous, pour faire court, comme l' "Anneau de Tolkien", c'est-à-dire la philosophie-politique qui les gouverne tous et les bercent tous dans leurs illusions d’avancées invisibles par le biais de ce véhicule métapolitique - qu'ils ne sont pas habilités à orienter, nous ne pensons pas que les dissidents non-conformes, rupturalistes, ou encore, traditionalistes, dirigent les lignes éditoriales et les travaux de la Dissidence néo-souverainiste, et dont ils ne savent pas si le petit poney idéologique sera garé dans Troie, "nul part ailleurs" ou la porte en face d'une abîme sans fond - et qui les mènera très bientôt, et fort définitivement, dans les ténèbres.

 

On pourrait même croire que ce ronron néo-souverainiste n'existe pas, que les principes modernes et leurs sens horizontaux sont plus à même à dompter l'économie que les principes traditionnelles et leurs sens verticaux - puisque ce ronron antitraditionaliste n'est pas contesté -, que l'on combat l'économie par l'argent et pas par le Roi, par le démocrate et pas par le Prophète, par le journaliste et pas par le Prêtre, que le Mythe doit se plier aux réalités du rationalisme économique, au pragmatisme politique, au réalisme géopolitique et au complotisme métapolitique du ronron en mouvement. Quel genre de Mythe peut naître d'un tel "Réalisme" ? Que peut-il être d'autre qu'une utopie dans ces conditions de renoncement (où même la Troisième Voie préfère le marxisme et le néo-souverainisme anti-européen, suivre des écussons et des emblèmes "stato-nationaux"), plutôt que de suivre une géopolitique topique et historique ? Où est l'Imperium dans cette métapolitique technocratique de l'être-économique et dans cet esprit synthétique de restauration ?

 

Où est la Terre, le "topos", des fascistes et des communistes, depuis que la défaite de 45 pour le Fascisme, et depuis que la chute du mur de Berlin pour le Communisme, ont scellé dans un "orage d'acier" et une "tempête de sable" le destin du Rouge et du Noir ?

 

Ce que nous voyons, nous autres, dissidents, en terme d' "utopie" et de "mythe" en mouvement et en acte, c'est que nos camarades ukrainiens, russes, "eurasistes", quelques volontaires européens et français mènent, dans le Donbass, leur première offensive et que leur Terre s'appelle Novo Russia. Leonid Savin, dans dans son article Le Nationalisme Donbassien, nous dit : "En somme nous observons l’apparition d’un phénomène nouveau, unique et intéressant : le nationalisme donbassien. En même temps, il se manifeste en tant que partie intrinsèque d’un nationalisme russe plus vaste, car sa structure est mise en œuvre sur les mêmes fondements que le nationalisme russe, celui-ci exerçant une fonction de coupole, et en tant que lien avec la Russie, tout particulièrement dans les districts du Sud, historiquement liés au Donbass. Et, indépendamment de l’issue de la guerre qui sévit actuellement entre Don et Dniepr, il est évident que le nationalisme donbassien s’intègre organiquement dans le monde russe de l’Eurasie."

En somme nous observons l’apparition d’un phénomène nouveau, unique et intéressant : le nationalisme donbassien. En même temps, il se manifeste en tant que partie intrinsèque d’un nationalisme russe plus vaste, car sa structure est mise en œuvre sur les mêmes fondements que le nationalisme russe, celui-ci exerçant une fonction de coupole, et en tant que lien avec la Russie, tout particulièrement dans les districts du Sud, historiquement liés au Donbass. Et, indépendamment de l’issue de la guerre qui sévit actuellement entre Don et Dniepr, il est évident que le nationalisme donbassien s’intègre organiquement dans le monde russe de l’Eurasie. - See more at: http://www.4pt.su/fr/content/le-nationalisme-donbassien#sthash.QIjaznKW.dpuf

 

Pour la première fois, des Dissidents combattent le Nouvel Ordre Mondial frontalement, et ils ne sont pas soutenus - ce qui est déterminant en terme de communication, d'impact, de signe et de symbolique - par la Dissidence emblématique, officielle et mainstream du ronron néo-souverainiste, de la Réinformation taiseuse, de l'Indignation obséquieuse , de la Dérision creuse et du Nationalisme hésitant, et, qui n'a aucune excuse.

 

La question est davantage compliquée dans les rangs de la 3ème Voie, bien qu'elle ne devrait sans doute pas l'être autant et que les "nationalistes" devraient s'allier temporairement aux "continentalistes" pour foutre l'impérialisme israélo-étasunien dehors plutôt que prendre l'argent d'Obama (même si la question est plus complexe, en effet, et que nous écoutons avec beaucoup d’intérêts des personnalités comme Pascal Lassalle sur cette question, entre autre), par contre, elle ne devrait faire aucun doute dans la Dissidence pro-poutine primaire.

 

Voilà ce qu'est le Réalisme néo-souverainiste comme source idéologique aux développements de techniques, méthodes, stratégies, concepts, axes et métapolitiques révolutionnaires de l'extrême gauche à l'extrême droite de la Dissidence. Soron a raison!

 

Le Grand Déplacement

 

Dans un premier temps - un premier mouvement -, dont la date est définitivement périmée, il était sans doute nécessaire - et prévu - de jouer une certaine carte "souverainiste", mais ça n'était pas tout à fait le rôle des stations subsidiaires de propagande et des ordres secondaires de combat d'intégrer cette stratégie temporaire comme un ronron définitif, de le faire traîner en longueur, de s’ingérer dans le déplacement du "concept absolu" dans sa dimension "officieuse" sur la scène politique "officielle", visible, et de figer ce ronron comme "absolu" remplaçant le "concept" - de prendre la feinte pour le but - dans la convergence prérévolutionnaire qui, au contraire - à contre-courant -, devait "théoriser", appuyer la mise-en-marche en avant du "concept absolu" dans sa dimension "secrète", invisible. Ainsi, dans La confirmation boréale, Jean Parvulesco nous dit : "Or, c'est le devenir circonstancielle même de la présente histoire mondiale, à l'heure fatale de l'accomplissement d'un destin secret déjà inéluctablement en marche, qui fait que nous nous trouvons appelés aujourd'hui devant un commandement d'action immédiate et totale : c'est maintenant ou jamais qu'il nous faut agir, et qu'en agissant l'on emporte la partie.

 

Ainsi qu'on a cessé de le répéter, le passage à l'action révolutionnaire directe de l'Europe souterraine, de l'Europe déjà clandestinement engagée dans le combat pour sa libération, ne peut ni ne doit se faire qu'à partir de la mise en politico-historique de l'axe Paris-Berlin-Moscou.

 

Malheureusement, ni la France, ni l’Allemagne ne se trouvent à l'heure présente disposées, ni surtout pas en état de prendre l'initiative politique de l'axe Paris-Berlin-Moscou."

 

C'est à cette intuition que, nous autres, nous reconnaissons les nôtres, ceux qui ont dépassé le néo-souverainisme, la réinformation, le complotisme, qui œuvre à théoriser une Quatrième théorie politique impériale contre tous les Impérialisme de l'indistinction plutôt que de s’intéresser (et de se comparer) au mainstream politico-médiatique en boucle, éternellement, de sur-commenter le Spectacle politique-politicien, la "montée" du FN  et tourner en rond dans l'établissement sans fin du constat de faillite de l'imposture démocratique.

 

Ceux qui appuient la mise-en-marche du "concept absolu", ce qui est reconnaissable à certaines prises de positions, d'intuitions perceptibles dans certaines réflexions, dans les orientations que prennent les différents mouvements, et dans les directions que prennent les différents courants dans ces mouvements, en bref, dans les interactions qui traversent la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle dans ses visions du monde, mais, la plupart de nos camarades, dans les deux cas, commettent aussi une autre erreur, l'erreur du réenchantement par internet, nous l'avons dit, de toujours vouloir absolument fonctionner sur l'esprit de réseau - malgré de nombreuses incantations allant dans le "bon sens contraire" - alors qu'il faut exactement délaisser - en partie - la volatilité de l'esprit liquide du réseau pour se rapproprier la solidité de l'esprit intérieur du "topos", mais aussi, de penser, puisqu'ils ont l'air de le penser, en tout cas, ils insistent beaucoup et sont beaucoup à partager ce point de vue, sur le fait qu'il faudrait s'appuyer uniquement et exclusivement sur leur réalisme stratégique, leur pragmatisme logistique et leur rationalisme tactique, une métapolitique de terrain numérique (sont-ils vraiment sérieux ?), pour répondre au constat de faillite socio-économique plutôt que d'aller, enfin, sur le terrain du combat défensif et de la défense offensive des idées. Comme si il était réaliste d'imaginer reconstruire une puissance immédiate via une logistique 100% bio et indépendante dans la configuration qui nous est imposée et alors que la situation est bloquée au sein même de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, sans doute parce que quelqu'un quelque part a décidé que la récréation était finie et que l'on revenait à quelque chose de plus sérieux, en tout cas, il est extrêmement pragmatique de penser pouvoir débloquer des blocages systémiques sans réussir à débloquer la Dissidence sur le plan des idées déjà et pour commencer, on arrive pas à faire bouger les lignes dans un espace déjà restreint, mais on va les faire bouger à des échelles où les mecs d'en face compte en millions d'euro, voilà à quel genre de rationalisme nous avons affaire.  

 

Nous disons qu'au commencement était le verbe, et, qu'au début, la Dissidence avait un logos qui portait une certaine transcendance, le but était de libérer la parole au sens révolutionnaire de Tradition et dans une optique de Retour à l’Être, en tout cas, nous pensons que ça  avait été entendu en ce sens par beaucoup (et que ça n'attendait qu'à être structuré), avant de se transformer en fatras démocratique, humaniste, laïque, souverainiste : Républicain! Nous ne comprenons pas les mesures et critères de légitimités révolutionnaires par le nombre de vues Youtube et le like facebook, ça n'a aucun sens, c'est de l'économisme révolutionnaire où le paramètre lui-même est tronqué, déjà et simplement parce que aucun d'entre nous n'a la moindre idée de qui, que, quoi, dont, où est derrière l'écran, par contre le système nous connait tous, mais aussi parce que ça ne veut rien dire en terme qualitatif et méritocratique, mais passons...

 

Malgré cette rectification du système vers de moins de radicalité,  des franches radicales ont continué à avancer en ce sens, nous sommes en pleine jungle... Nous avons de moins en moins d’échos de cette résonance primaire, nous nous sommes détachés du ronron.

 

Entretenir ce ronron néo-souverainiste plutôt qu'animer ce mouvement révolutionnaire par un principe supérieure et transcendant quand on en a l'occasion est l'ultime individualisme, égoïsme, narcissisme et mégalomanie ; l'ultime blasphème ! Comme si il s'agissait de faire plaisir à l'un ou l'autre, et, pour se faire, de ne pas dire telle ou telle chose, comme si leur conception du réalisme et les stratégies qui en découlent n'étaient pas motivées par une idéologie et que veulent-ils nous cacher quand leur seule et unique occupation consiste à jurer qu'ils ne vendent pas d'idéologie ? Nous savons ce qu'ils ne cachent pas.

 

Cette erreur, est disons, une erreur de jugement, de méthode, certes, mais une erreur qui ressemble à une faute, à une faute qui serait presque un mensonge volontaire. Nous espérons nous tromper, nous autres, dissidents, nous sommes agneaux mais pas moutons. Douguine a raison !

 

Nous voulons un Mythe. Pas des notifications et des manuels d’intelligences économiques pour une gestion alternative du post-libéralisme paradigmatique. "Le Réalisme est un axe géopolitique définitivement périmé"

 

Ce développement rapide de vraies-fausses chaînes de conduction de vrais-faux stress, cognitivement automatisées et massivement bio-robotisées par la convergence prérévolutionnaire virtualiste de toutes les virtualités, offre au système une capacité de maîtrise paradigmatique quasi totale des phénomènes d'indignation et de leurs effets, le temps de réponse est sans cesse amélioré, le choc en retour diminué, la propagation du contre-feu accélérée par le "vent nouveau" des potentialités de vitesse de réaction systémique par la mise-en-disponibilité d'une armée de clones corvéable et gratuite pour une réinterprétation instantanée et générique de l'évènement, contre-feu suggéré par des "stimuli" provoquer dans le tout connecté par la "méta-matrice" et répercuter à des échelles de "hautes fréquences" de propagation grâce à la superposition narcissique des écrans de toutes les aliénations comme norme révolutionnaire dans une interaction cognitive et "en mirroir" entre l'interface dissidente et l'interface mainstream, réinterprètation pulsionnelle et émotionnelle - en proie à toutes les suggestions, illusions, impostures, mystifications, effets d'optique - des groupes à mentalité primitive - majoritaires en terme démocratique quantitatif, en effet, la Dissidence ne repose pas sur un régime interne méritocratique et qualitatif - de la Dissidence mainstream qui sont débranchés, mais qui ne sont pas déconnectés (il y a juste plus d'écrans), "débranché" signifiant "connecté à un autre mainstream".

 

Stimuli contre-incendiaires systémiques qui sont autant de tests et d'expériences menés, bref, ça n'est pas nouveau, mais sans doute faut-il le reformuler et l'expliquer par la Dissidence, car c'est sans doute la première fois dans l'histoire de toutes les révolutions et leurs retours d'expériences en temps réels (qui est le travail des intellectuels et des sociologues dans tous leurs méfaits), qu'une convergence prérévolutionnaire, qui, dans le cas de la Dissidence, est essentiellement virtuelle, est privée de la faculté critique, du recul philosophique et spirituelle, de s'en garder et s'en protéger un minimum, d’intégrer des potentialités d'interférences à ces phénomènes connus d'infiltration, de subversion et d'inversion - puisque ces phénomènes sont compris dans le support et son cadre eux-mêmes -, tout simplement de dérive idéologique progressive, que l'on observe dans toutes les sphères de résistances, la Dissidence ogm des groupuscules individuelles et "à usage unique" est programmée pour ne pas développer de défense immunitaire traditionaliste et symbiotique, elle est conçue pour refuser les anti-virus révolutionnaires additionnels pouvant être générés par des synergies et des critiques positives croisées, un renouvellement, et, malgré cette exposition totale et cette situation inédite, la Dissidence nihiliste de toutes les "réalités diminuées" et de toutes les "virtualités augmentées" ne voit  toujours pas, après plus de dix ans de convergence et d'inertie, l'utilité d'opérer une critique positive et radicale sur son "action" et son ronron, d'imposer une réflexion sur les dimensions maléfiques et les proportions inquantifiables que prennent les phénomènes incapacitants à travers l'utilisation triomphante d'internet, de l'impact de cette virtualité sur son propre camp, sur le fait que l'absence de cette critique est une largesse idéologique du néo-souverainisme en mouvement de subversion pour un meilleur confort intellectuel des dissidents spectateurs/consommateurs, une subversion qui les rassure et les autorise à se penser hermétiques à tous les hameçonnages subversifs et les piratages contre-initiatiques, ce qui est le meilleur moyen pour les balader indéfiniment dans toutes les utopies stérilisantes, les mythes incapacitants et les idéologies neutralisantes : Réalisme réaliste, néo-souverainisme "pour tous", Complotisme compulsif,  Réinformation mortifère, Dérision métapolitique, métapolitique payante... 

 

Ainsi, le Complot existe partout, donc il n'existe nul part, il n'est pas puisque tout est Complot ou tout ne l'est pas, et s'il est, il est toujours méchant, sauf, uniquement et exclusivement dans la Dissidence raisonnable qui a toujours, à tort ou à raison, raison d'avoir raison et qui a raison de toujours, à tort ou à raison, se donner raisonnablement raison quant elle a raison d'avoir raison. Saint-Louis a raison!

 

Qu'est-ce que la Révolution ? Détruire tous les serveurs et les satellites de la Marchandise, de l'imposture démocratique et de son Spectacle

 

Les libres penseurs prolifiques et mirobolants de la Dissidence prolixe et mirifique, qui ont des avis de décès sur tout, ne se sont pas mis en quête d'observer, d'étudier, d'exposer, d'expliquer, d'explorer, d'exploiter, de démontrer, de prévenir, d'alerter sur ce phénomène - ces phénomènes - en mouvement dans la Dissidence.

 

Peuvent-ils ignorer la Dissidence comme fait sociologique et ne pas avoir remarqué les phénomènes factuels en mouvement dans cette convergence (peut-être difficiles à appréhender, autant que nous avons difficile à les expliquer, certes, mais qui n'en restent pas moins factuels et surtout incapacitants en terme de Révolution) ?

 

Pourraient-ils affirmer que la Dissidence, si elle existe, est hermétique à ces phénomènes ? Et donc qu'il est inutile d'en parler ?

 

Pouvons-nous croire qu'ils sont incapables d’appliquer leurs concepts disjonctifs et leurs méthodes rupturalistes d'analyse au réel de la Dissidence en tant que convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle ?

 

Nous pensons que c'est utile, et même passionnant de le faire, c'est-à-dire maintenant, pendant qu'ça vie et qu'ça remue.

 

Nous disons aussi qu'ils refusent surtout de se confronter au ronron néo-souverainiste, ce qui a pour conséquence de provoquer une détérioration de la santé philosophique et politique du corps dissident, déjà handicapée de naissance de par son adn complotiste antitraditionaliste, sans possibilité génétique de développement de défenses immunitaires en suffisance, ce qui permet  l'installation problématique et la fixation définitive d'un ronron infesté de modernité, d'un nouveau mainstream politico-médiatique mental, ses troupes d'occupation reptiliennes et ses polices de la pensée pavloviennes - c'est aussi ça l' "effacement du Politique" -, ce que nous pourrions définir comme étant une machination méta-télégénique d’entretien du statu-quo par les nouvelles oppositions nécessaires au chaos dysfonctionnel rentable des Dissidences internes à l'Arc républicain de la Disputation démocratique interne sur la gestion alternative de la Marchandise, l'organisation subversive du Spectacle et la neutralisation laïque de la Tradition entre droit-de-l’hommistes du Capitalisme trois fois libéral vers la VIème République du "moindre mal économique universel" qui "gouverne par le cacao".

 

En effet,  si certains penseurs en présence dans la sphère dissidente "au sens le plus large"  expliquent, de façon systémique et de manière préhistorique, indirectement, ces phénomènes mégalithiques de subversion dans les convergences prérévolutionnaires à travers l’histoire, avec toutes les mises-à-jour scientifiques de leurs expressions modernes dans le système comme abstraction (nous les remercions!), jamais  aucuns de ces intellectuels, penseurs, essayistes et autres pamphlétaires  n’appliquent ce traitement et cette grille de lecture "radicale" à la convergence et aux interactions de l'aventure prérévolutionnaire du XXIème siècle évoluant sous leur yeux. Bernanos a raison!

 

Il y a bien quelque chose à dire ? 

 

Commencer par la nommer, et par la définir, par exemple, en décrivant son ronron en mouvement, en puissance et en acte mieux qu'nous autres, dissidents. Non ?

 

Autrement dit, aucuns penseurs de la Dissidence au sens le plus large du terme de "Dissidence" n'a établi de critique de la Dissidence qu'elle soit positive ou négative, "objective" ou "neutre", en des termes précis et immédiats - nous ne sommes pas des intellectuels, de simples militants du quotidien qui remplissons bien maladroitement un vide analytique, mais vous savez de ce que l'on dit de la Nature et du Vide -, en définissant la domination physique du ronron néo-souverainiste unique et exclusif ignorée par les militants du quotidien qui, noyés dans le relativisme satanique ambiant et effacés dans toutes les applications narcissiques de la Dissidence de service, pensent librement penser, mais ils se trompent de bonne foi parce que les journalistes alternatifs de la réinformation mortifère et des allusions mortelles, les intellectuels nuisibles de l'indignation printanière et les penseurs subversifs de la dérision culinaire ne leur expliquent pas, ne leur parlent jamais, au grand jamais, qu'obligatoirement, nécessairement, ils véhiculent eux-mêmes une philosophie-politique (au mieux en conscience ou pire par défaut mais toujours en principe), ils n'ont donc même pas le choix réduit de choisir, ils ne savent même pas que la Philosophie existe alors qu'elle est tout, en pensant avoir mille choix et que le choix est à venir : ils n'en ont aucuns, ils ne peuvent donc définir quelque chose qui pour eux n'existe pas et qui n'arrivera que demain (ça ne vous rappel rien?), et pourtant, non seulement ce ronron existe, mais il est la clefs pour comprendre le Complot interne et par défaut qui n'existe pas, et que nous pourrions illustrer, par exemple, par le fameux principe de "neutralité" dont nous parlions - le "joker charte" d'Asselineau ou le "faut pas s'disputer entre nous tant qu'on a pas tué tous les méchants" de Rougeyron - entre les différentes tendances, les différents courants et les différents mouvements en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire qui n'existe pas autour des personnalités "alter-patriotes" de tous les Nationalismes hésitants qui n'existent pas, de la Dissidence qui n'existe pas, et, basée sur une "Charte" néo-souverainiste qui n'existe pas.

 

C'est-à-dire, en prenant des exemples vivants, clairvoyants, en désignant les courants remuants, "en chair et en os", en dénonçant les censures exclusives, en observant les fractures internes, en comparant les cohérences idéologiques entre les différentes dissidences, en  notant les incohérences, en expliquant les clivages philosophiques intéressants, en disant les tabous auto-bloquants, en formulant les rapports de force politique internes, réels, en proposant les bases d'une philosophie-politique authentiquement "dissidente", poursuivant une certaine continuité des idées dissidentes tout en encourageant les réflexions actives, les actions corrosives, les critiques positives et les tentatives de synthèse des dissidences opératives (encore faudrait-il qu'ils s'y intéressent), tout simplement en parlant vrai comme ils disent, au présent, en faisant leur travail, c'est-à-dire, de la "sociologie", puisque c'est déjà la "limite" intellectuelle qu'ils se sont imposés, qu'il la fasse au moins jusqu'au bout, cette "sociologie", qu'ils nous parlent librement de ce qui se passe aujourd'hui et factuellement (comme la Dissidence aime tant à l'invoquer), des mouvements (ou des blocages) qui animent (ou figent) cette convergence, sans utiliser de vagues allusions subtilement lâches face à l'Histoire, en parlant avec une éruditions éblouissantes de la révolution dite française ou encore de la révolution conservatrice, mais sans jamais faire les liens, point par point, avec ce qui est, ou serait, équivalent aujourd'hui, qui se ressemble, se répond, qui se continue, en terme de processus négatifs ou positifs, ou ce qui est non-conforme, rupturaliste, dissident, révolutionnaire, entre toutes ces idées, les groupes qui les incarnent, les phénomènes prérévolutionnaires en mouvement, leurs échos dans le futur toujours déjà présent des "répétitions fractales" et "déclinaisons suprahistoriques" des périodes insurrectionnelles... Les "Grands Temps" sont proches. Ils veulent revenir...

 

Nous ne savons pas si ce vide intersidéral provient d'un manque d'honnêteté ou de virilité intellectuelle, de compétence, d'un manque d’intérêt pour la Dissidence contente d'elle-même, d'une erreur de pédagogie, d'un défaut de fabrication, d'une obsolescence programmée de la Dissidence, d'une absence d'analyse, d'une terreur non-dite du ronron néo-souverainiste, d'un retard calculé, d'un complot dans le Complot, ou du "méfait des intellectuels" - les intellectuels, ces troupes d'occupation mental et arrière-gardes d'élites -, d'un manque d'humour de la dérision, de vie, bref, ce que nous savons, c'est que cette situation de statu-quo dans la convergence déjà morte, la Dissidence de la réinformation mortifère, de l'indignation zombie et de la dérision vers rien entretenue par les libres penseurs et les têtes d'affiche de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream, ne génère, dans toutes les vraies-fausses fusions de la vraie-fausse convergence dissidente, que de la confusion chez le militant du quotidien qui dans un relativisme et un syncrétisme patentés mélange des idées contradictoires et antagonistes qui lui sont présentées, par défaut, comme complémentaires alors qu'elles s'annulent radicalement, qu'elles sont irréconciliables, il superpose des principes qui ne sont ni sur le même plan, ni ne sont de la même nature, alors qu'il faut distinguer, qu'il faut cliver, qu'il faut trancher, qu'il faut provoquer, qu'il faut précipiter, que nous devons nous réorienter.

 

Mais comment en serait-il autrement ?

 

Les intellectuels, libres penseurs et têtes d'affiches de la Dissidence ne produisent aucune critique positive, radicale et collective, comment le militant du quotidien le pourrait-il ? Le Nord a raison ! 

      

Choisi ta puissance Camarade!

 

Nous disions que, dans les milieux dissidents, cette vive apathie, ou cette surexcitation passive,  s'exprime, ou se justifie, principalement, à travers le mythe incapacitant de la toute puissance de l'ennemi - point final et résultat à la somme des autres mythes incapacitants qui traversent la Dissidence de toutes les impasses en équation : Réenchantement par internet, Grand Soir ananas, Homme providentiel néo-souverainiste (Restauration de l’État-nation whestphalien/"petit gaullisme"), Vacance "annuelles" du pouvoir, Vassalisation heureuse à la vraie-fausse "Nouvelle Russie", etc.

 

Le sentiment d'impuissance - typique et caractéristique de notre génération, même si nous la pensons "hors-dissidence", partagée entre peur de l'échec, peur de la réussite, peur de la défaite et peur de la victoire - lié à cette toute puissance de l'ennemi provoque et explique à lui seul un tas de phénomènes d'incapacités nécessaires et d'involontés volontaires, consciemment ou inconsciemment. On punit alors tous ceux qui voudraient briser cette "incapacité" et cette "involonté" de confort.

 

Les divers incantations de proche victoire et d’auto-congratulation que nous observons ne sont que des extensions catharsisantes et cicatrisantes à ce sentiment fabriqué et greffé, comme on fabrique le consentement républicain et l'opinion démocratique, elles entretiennent l'illusion.

 

Mais nous le répétons, il existera une Dissidence opérative, c'est-à-dire, en dehors des troupes d'occupation mentale emblématiques, officielles de la Dissidence mainstream et leurs quelques salariés, quand il existera des militants objectifs et autonomes de la Dissidence qui, notamment, formeront des Ordres locaux, des militants du quotidien ayant dépassé la réinformation, l'indignation et la dérision - Fétichisme, Spectacle et Marchandise - comme vocation unique et exclusive de leur révolution intérieure vers une réflexion active, des actions corrosives et une critique positive de nos convergences : Pour une Quatrième théorie politique Française et Européenne! Pendragon a raison!

 

Mais quelle est notre part dans l'entretien du "mythe de la toute puissance de l'ennemi" ?

 

Nous ne pouvons que nous répéter (et vous renvoyer à l'ensemble de nos travaux).

 

Nous avons observé plusieurs phénomènes, nous avons essayé de les décrire, des phénomènes qui nous semblent essentiels à appréhender, du moins, si nous considérons que la Dissidence a une vocation opérative, car ces phénomènes incapacitants doivent sans doute en arranger quelques uns, nous résumons et réduisons ces phénomènes en mouvement, en puissance et en acte dans la Dissidence par ce que nous appelons la Réinformation mortifère (animée par le Complotisme compulsif et dirigée par le ronron néo-souverainiste) que nous avons expliqué, du moins essayé d'expliquer, à de nombreuses reprises, et, particulièrement dans notre Critique positive de la Dissidence - qui sera disponible et remise en ligne très prochainement sous forme d'un essai et au format pdf.

 

Cette observation n'a pas rencontré et touché les libres penseurs*. Nous ne pouvons pas travailler seuls sur ces questions, il s'agit d'une interrogation collective, une réflexion active qui demande une interaction hyperactive, une interaction qui serait un début de "théorisation", la théorisation collective d'une philosophie-politique créant une certaine émulation historique et transformant notre notre convergence d'entreprises d’établissement de constat de faillite prérévolutionnaire en mouvement métapolitique de 4ème Voie. Pour l'instant nous n'avons fait part que de quelques observations, ouvert quelques pistes de réflexions et souligner une méthode, car tout partira d'un renouvellement de méthode.

 

Après des années de réflexions passives, plus de dix ans de Dissidence, de convergences, une critique positive ne nous semblait pas inutile à formuler étant donné que cet exercice n'était pratiqué nul part, il est même étrange, énigmatique, que les penseurs représentatifs de la Dissidence ne s'y emploient pas sous quelque forme que ce soit, mais il faudrait déjà commencer par chercher les idées dans les lignes éditoriales de la Dissidence mainstream, et au-delà, de chercher une articulation quelconque entre ces idées, pour se rendre compte que c'est inexistant, comme il est déroutant que les militants ne la réclament pas et ne la formalisent pas...

 

Quelle philosophie-politique opposons-nous au Capitalisme-libéral ? Comment définir la philosophie-politique par défaut de la Dissidence par dépit ? Est-ce que cette philosophie est opérative pour combattre le Libéralisme triomphant ?

 

Beaucoup de choses ont été, et sont faites, certes, très bien, nous parlons d'un sujet précis dans un but bien précis, nous formulons une critique radicale sous certains aspects mais qui reste positive, les attaques ne sont pas gratuites, nous ne remettons pas tout en question, nous essayons d'alerter sur des phénomènes depuis plus de deux ans et si on veut parler de raison, tout nous donne raison, et ceux qui discutent de vive-voix avec nous le savent davantage (nous avons toujours été disponibles), mais les dissidents préfèrent les reportages bidonnés de Caroline Fourest - en vous faisant croire que les seules critiques de la Dissidence qui existent sont des courriers élégiaques de lecteurs conquis ou ne proviennent forcément que d'ennemis  -, qui pour le coup ne risquent pas de faire avancer grand chose en terme de critique...

 

Les idées ne manquent pas dans la Dissidence, plus exactement, des idées sont évoquées : mais elles ne sont pas distinguées en principe et articulées en conséquence

 

Effort national ? Nous ne voyons pas d'effort national. Nous voyons des individualités.  Des nationalistes hésitants. La convergence prérévolutionnaire des dissidences isolées ne s'est toujours pas concentrée autour d'une "œuvre française" ; les intellectuels, et autres néo-mondains de la révolution néo-conservatrice, se font, entre deux coups de couteaux dans le dos, des politesses, c'est mignon, mais n'ont jamais organisé de synergies significatives pour construire des ponts, franchir et dépasser le Rubicon.

 

Cette première étape d'une critique positive et radicale, de la fondation signalétique et symbolique d'une Table Ronde, nous semble déterminante, impérative à proposer : elle devrait être naturelle, organique... Mais soit, et ainsi soit-il, elle ne l'est pas, nous ferons donc avec cette réalité objective de la mort définitive de la Dissidence en tant qu'aventure.

 

Nous perdons trop de temps à prouver que des menteurs sont des menteurs. Nous accordons trop d’intérêts au mainstream politico-médiatique auquel tout le mainstream dissident se compare pour exister. Et même nous autres, dissidents, à force, nous nous épuisons à pisser dans un violon et parler dans le désert, mais est-ce vraiment de "dissidence" que nous parlons ? Ou de "subversion" ?   

 

Réinformation pourrait être un mot interprété, simplement, et partiellement, comme désignant la nouvelle forme de l'information de type populiste (le nouveau journalisme de liste et la nouvelle presse à sensations) conforme à la forme de la modernité et délivrée par les médiums dits "alternatifs", "indépendants" ou "dissidents", ou encore "non-conformes", dont le développement est, en partie, un processus naturel lié au phénomène internet et aux nouvelles technologies, lié au principe de la "virtualité augmentée" et de la "réalité diminuée", il ne s'agit pas d'être pour ou contre la réinformation, et ça n'est pas notre propos, mais le concept de "virtualité augmentée" - et de "réalité diminuée" - explique en partie pourquoi la Dissidence des multitudes connectées et des écrans superposés privilégie cognitivement l'exercice de l'établissement d'un constat de faillite dans son entreprise unique et exclusive de réinformation.

 

En effet, en réduisant à l'extrême, la plupart des dissidents étant davantage connectés à un monde virtuel - qui s'exprime autant au travail, dans la rue, que "derrière notre écran" - qu'à une réalité réelle, la répétition, ce toc pathologique d'un établissement - primaire, binaire, manichéen  - de constat de faillite sans fin, tiède dans ses conclusions, et/ou modéré dans sa complexité, pour toute dissidence et convergence opératives, en bref, des approches différentes mais qui amènent toutes à un certain relativisme, en tout cas, à une inertie patente, les confortent, les rassurent et leur permettent de se convaincre eux-mêmes de la toute puissance de l'ennemi et donc de l'inutilité de combattre ou que l'on ne peut combattre qu'en ronronnant avec la Dissidence mainstream, surtout que l'on pourrait être un idiot utile de tous les projets mondialistes qui ont tout prévu les malins! si on ne le faisait pas, c'est ainsi qu'à chaque fois que nous allons chier nous réalisons le projet mondialiste de pollution des eaux : nos fions sont sionistes, en bref, des postures d'allègement de conscience qui leurs permettent de s'indigner en toute quiétude ou de cultiver une colère toute rouge et pas contente qui s'épuise elle-même avant de combattre, mais nous y reviendrons : On en a gros!

 

Le concept de réinformation, en tant que tactique métapolitique, est un concept développé à la base et en tant que tel, métapolitiquement, par le Club de l'Horloge (réservoir d'idées "catho-libéral" lié à Radio Courtoisie) - concept de réinformation qui permet de "jouer la montre" -, ensuite massivement reprit par la Dissidence comme l'œuvre ultime à réaliser et plus comme un outils, parmi d'autres, à utiliser. Platon a raison!

 

La réinformation, l'autre "effacement du politique"

 

Cette exclusivité et excès de réinformation - dans sa double expression de marchandise et de marchandisation - à sa part dans l'entretien de cette ambiance de dégout. Nous ne savons plus si nous avons raison, si nous voulons avoir raison, si nous devons encore nous convaincre que nous avons raison, à qui nous devons prouver et qui nous devons encore convaincre que nous avons raison. La Tradition a raison !

 

Parfois, nous encourageons l'entretien de cette ambiance délictueuse, d'autres fois nous voyons l'apathie, et sa brutale promesse, que provoque irrémédiablement cette ambiance, mais nous faisons rarement le lien entre les deux phénomènes, plus précisément, nous n'imaginons pas qu'ils puissent venir de cette absence de lien entre les différents phénomènes que nous pouvons observer.

 

Il y a deux stratégies proposées, grosso merdo, deux procédés en acte, nous n'en observons pas d'autres. Soit on pense qu'entretenir cette ambiance accélère le "chaos" et que c'est finalement une bonne chose - sur fond d'Éveil des multitudes connectées par le réenchantement par internet et le jugement du "concept farfelu" Salim Laïbi. Soit on pense qu'entretenir cette ambiance est plus ou moins contre-productif et par extension, que la réinformation n'est qu'un "moyen" mais qu'il ne faut pas critiquer le ronron pour ne pas nuire à la convergence sans cause. Voilà le choix transcendant que vous offre la Dissidence de toutes les audaces.

 

La Dissidence ne pense et ne réfléchit pas, elle réinforme, et c'est bien le problème, si elle ne pense pas, c'est bien qu'on réfléchit à sa place, et qui pense à sa place ?

 

La réinformation a permit un premier mouvement - il y a dix ans - et elle permet encore aujourd'hui, certes, c'est évident, d'alerter, de peaufiner le constat de faillite, encore et encore,  de dorloter nos chers petits constats, d'alimenter nos accumulations de "preuves", ou du moins de faisceaux de preuves, etc, en tout cas, la réinformation de qualité et utile le permet - ou l'a permit -, si cela existe encore seulement, le problème étant précisément qu'une certaine massification de la Dissidence a entrainer, nous l'avons dit, une surmultiplication de médias indépendants du "copier/coller  alternatif", qui se reproduisent entre eux comme tel l'agent smith, atomisent les forces, annihilent les volontés, réduisent les potentialités, épuisent les puissances, vampirisent les énergies symbiotiques, enlisent les synergies, et dont la ligne éditoriale unique et exclusive qui entretient un ronron néo-souverainiste unique et exclusif repose uniquement et exclusivement sur le concept de réinformation - sans doute détourné de sa fonction temporaire et éphémère première - dans tous ses excès anxiogènes et mortifères. Et nous ne parlerons pas de la solidarité entre dissidents de la Dissidence matuvu du billet à s'faire ! Bloy a raison!

 

La réinformation ne valait qu'en terme de rareté et de qualité

 

Il faudrait sans doute s'attarder sur le rapport quantitatif et qualitatif en matière de "réinformation", de réinformation en tant qu'entreprise métapolitique et objet médiatique, ainsi, dans Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, René Guénon nous dit : "La quantité, réduite à elle-même, n'est qu'une "présupposition" nécessaire, mais qui n'explique rien ; c'est bien une base, mais ce n'est rien d'autre, et l'on ne doit pas  oublier que la base, par définition même, est ce qui est situé au niveau le plus inférieur ; aussi la réduction de la qualité à la quantité n'est-elle pas autre chose au fond que "réduction du supérieur à l'inférieur" par laquelle certains ont voulu très justement caractériser le matérialisme : prétendre faire sortir le "plus" du "moins", c'est bien là, en effet, une des plus typiques de toutes les aberrations modernes!" Nous pensons que quelques analogies avec des phénomènes liés à la réinformation peuvent être faites.

 

Un nouveau mainstream politico-médiatique alternatif qui, entrainé par une certaine logique systémique (comme toutes les entreprises montées dans un esprit moderne, démocratique, libéral et subversif sont fragiles à la dialectique du Capitale en mouvement et aux conspirations contre-initiatiques en puissance et en acte dans l'ombre des analyses matérialistes et des déterminismes scientifiques), développe une avant-garde spéculative, ses troupes d'occupation mentale utile et sa police de la pensée raisonnable qui déforment la réinformation elle-même et ne permettent pas de penser radicalement l'information ; à l'information la désinformation, à la réinformation la déformation.

 

La Dissidence ne réinforme pas, elle déforme

 

Le principe même de la réinformation ventriloque consiste à faire dire aux réinformés comme "Moïse sauvé des eaux" que le réinformateur est neutre, qu'il ne vend pas d'idéologie, qu'il dit juste la Vérité et qu'il fait ça pour le bien de la Dissidence et du drapeau (la réinformation est une sorte de mentalisme, de conditionnement, une génération éduquée par la réinformation sera complètement incapable, à terme, de lier l'information à l'idée, l’actualité au concept, les libres penseurs ont parfois et déjà du mal à faire ces liens, en tout cas ils ne les font pas, pas pour les articuler dans un ensemble opératif), mais alors, dans ce cas, et par exemple, pourquoi aucunes dissidences emblématiques, officielles et mainstream ne relayent notre critique positive ?

 

La Dissidence maintream préfère-t-elle se plaindre que BFM est méchante! et que l'AFP ment! ?

 

La Dissidence ne fait donc que réinformer - c'est-à-dire, se construire uniquement et exclusivement contre le mainstream politico-médiatique, une philosophie relativiste anti-tout qui induit que le ronron dominant par défaut devient l'idéologie de tout ce qui touche de près ou de loin la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle -, les têtes d'affiche de la Dissidence ne font que dire la vérité toute factuelle. Putain c'est beau! Arthur a raison !

 

Commencez-vous à comprendre le sophisme dont nous parlons ? (Peut-être même sa nature et l'origine de cette nature ?)

 

Cette déformation, conforme à la forme du concept de désinformation déformant la vraie-fausse nature du Faux en "vrai-faux Vrai" et la fausse-vraie nature du Vrai en "faux-vrai Faux", aliène la formation du cerveau collectif du groupe de travail de la sphère dissidente et empêche la transformation des groupes à mentalité primitive, autrement dit, empêche notre Convergence prérévolutionnaire spéculative de  transmuter en Mouvement métapolitique opératif, c'est-à-dire, un mouvement portant une réflexion hyperactive  et formant des cadres à l'action corrosive contre les troupes d'occupation mentale et pas en en formant d'nouvelles (nous ne parlons pas de dire ce que nous voulons faire, de faire des opérations illégales, de dévoiler nos stratégies - et quelles stratégies ? personne dans la Dissidence de toutes les incapacités ne dispose d'une logistique suffisante pour prétendre faire quoique cela soit de significatif sans qu'une convergence réelle voit le jour -, mais de dire ce que nous sommes, où nous voulons aller, et ce que nous "pouvons" faire, de remettre l'idée et les principes en haut).

 

S'il est évident que la réinformation est - était - nécessaire, il est évident qu'elle n'est qu'un outils secondaire, pratique, utilitaire et raisonnable,  à la réalisation d'une œuvre radicale, prioritaire, critique, incendiaire et suprarationnelle (en effet, et par exemple, la réinformation n'aide pas vraiment à nourrir un imaginaire collectif, ça n'est pas sa fonction, mais de quoi nourrit-elle alors notre imaginaire collectif puisqu'elle est l'activité unique et exclusive de la Dissidence mainstream ?).

 

La Dissidence œuvre uniquement et exclusivement à la réinformation dans l'indignation et la dérision, c'est une façon comme une autre de canaliser et d'orienter l'incendie insurrectionnel qui vient, et qui naîtra, par définition, dans les convergences prérévolutionnaires en mouvement.

 

Il n'existe pas de débats d'idées contradictoires, de correspondances politiques ouvertes, de dialogue interne transcourant, dans un esprit de groupe de travail, pas de cahiers, entre les têtes d'affiche et pensantes de la Dissidence au sens large sur  l'Orientation de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, autour d'une philosophie-politique dissidente (cherchez donc des exercices de critiques positives dans la Dissidence...), chacun vend son petit truc sans gêner l'autre, c'est sympa non ?

 

Le supermarché idéologique de la Dissidence c'est cool, tu peux remplir ton petit caddie révolutionnaire de ce que tu veux sans qu'ça n'engage à rien, bref, ce débat n'existe pas entre les libres penseurs officiels, ni entre les militants du quotidien de la Dissidence mainstream qui ne sont intéressés, ni par une Critique positive de la philosophie-politique en mouvement  dans la Dissidence, ni par la Théorisation d'une philosophie-politique en puissance pour la Dissidence et ni par la Pratique-critique d'une philosophie-politique en acte, puisque la Dissidence est laïque, que les concepts, les idées, les valeurs, les principes et les fondamentaux doivent rester à la maison, mais pourtant, les dissidences mainstream en mouvement d'hégémonie idéologique véhiculent le ronron néo-souverainiste systémique sans même se rendre compte qu'elles transportent, par le caractère unique et exclusif de la réinformation, une philosophie-politique mortifère.

 

Consciemment ou inconsciemment, c'est le travail qu'accomplissent en ce moment les avant-gardes de la Dissidence qui enferment leurs ouailles dans l'utopie révolutionnaire d'un ronron stérilisant, incapacitant et neutralisant, une stratégie de restauration de l'état-nation républicain, pour démontrer, qu'ils avaient, et ont éternellement, raison, de A à Z, en dernière instance, il faut le savoir, quand même! Ceux qui ne sont pas d'accord avec ce ronron ne bronchent pas, ce qui revient au même, ce qui est même pire.   

 

Mais tout ça, nous l'avons déjà dit et nous laisserons la conclusion à René Guénon, qui nous dit dans Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps : "La conclusion qui se dégage nettement de tout cela, c'est que l'uniformité, pour être possible, supposerait des êtres dépourvus de toutes qualités et induits à n'être que de simples "unités" numériques ; et c'est aussi qu'une telle uniformité n'est jamais réalisable en fait, mais que tous les efforts faits pour la réaliser, notamment dans le domaine humain, ne peuvent avoir pour résultat que de dépouiller plus ou moins complètement les êtres de leurs qualités propres, et ainsi de faire d'eux quelque chose qui ressemble autant qu'il est possible à des simples machines, car la machine, produit typique du monde moderne, est bien ce qui représente, au plus haut degré qu'on ait encore pu atteindre, la prédominance de la quantité sur la qualité. C'est bien a cela que tendent, au point de vue proprement social, les conceptions "démocratiques" et "égalitaires", pour lesquelles  tous les individus sont équivalents entre eux, ce qui entraîne cette supposition absurde que tous doivent être également aptes à n'importe quoi ; cette "égalité" est une chose dont la nature n'offre aucun exemple, pour les raisons mêmes que nous venons d'indiquer, puisqu'elle ne serait rien d'autre qu'une complète similitude entre les individus ; mais il évident que, au nom de cette prétendue "égalité" qui est un des "idéaux" à rebours les plus chers au monde moderne, on rend effectivement les individus aussi semblables entre eux que la nature le permet, et cela tout d'abord en prétendant imposer à tous une éducation uniforme. Il va de soi que, comme malgré tout on ne peut supprimer entièrement la différence de aptitudes, cette éducation ne donnera pas pour tous exactement les mêmes résultats ; mais il n'est pas pourtant que trop vrai que, si elle est incapable de donner à certains individus des qualités qu'ils n'ont pas, elle est par contre très susceptible d'étouffer chez les autres toutes les possibilités qui dépassent le niveau commun ; c'est ainsi que le "nivellement" s'opère toujours par en bas, et d'ailleurs il ne peut pas s’opérer autrement, puisqu'il n'est lui-même qu'une expression de la tendance vers le bas, c'est-à-dire vers la quantité pure qui se situe plus bas que toute manifestation corporelle, non seulement au-dessous du degré occupé par les êtres vivants les plus rudimentaires, mais encore au-dessous de ce que nos contemporains sont convenus d’appeler la "matière brute", et qui pourtant, puisqu'il se manifeste aux sens, est encore loin d'être dénué de toute qualité..." Guénon a raison! 

 

Vers une Dissidence opérative

 

Parfois, il faut forcer un peu le Destin...

 

Vous l'aurez comprit, notre idée centrale est d'instaurer un esprit de groupe de travail, dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, que nous l’appelions Dissidence ou autre, il faut resserrer les rangs.

 

Nous pensons que cette esprit peut naître par l'exercice d'une Critique positive de la Dissidence, que cette exercice est un point de départ du début de quelque chose pour commencer a essayer de parler éventuellement de la même chose, de parler la même langue.

 

Si nous avions un plan de déblocage par le haut, nous dirions qu'il faudrait identifier douze penseurs qui représentent objectivement douze tendances significatives, qui peuvent satisfaire les différents courants en présence dans la Dissidence au sens large, une fois ces douze penseurs représentatifs identifiés, nous les laissons, dans un premier temps, se rencontrer discrètement et pré-établir un plan de travail autour de trois grands thèmes : Critique positive de la Dissidence - Définition et Critique radicale de la philosophie-politique en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire française du XXIème siècle - Conclusion et Réflexion autour d'une Quatrième théorie politique Européenne

 

Ensuite, douze textes sont rédigés et diffusés simultanément - et anonymement, le texte d'un tel mouvement est diffusé sur le site d'un autre mouvement, nous jugeons donc des idées, des principes, des orientations, pas des "personnalités" - sur les sites principaux des différents courants dégagés pour l'exercice, une semaine se passe, deux, trois, des conférences sont organisées et filmées, les sites en question s'engagent à mettre la réinformation et le constat de faillite entre parenthèse - ceci pouvant être continué ailleurs, rien ne s'arrête, c'est un plus - et de dédié leur audience à ce mouvement national le temps qu'il le faudra, ils attendent les réactions, leur travail sera de répertorier tous les retours, les réflexions et les rassemblements autour de cet exercice

 

De cette première Table Ronde ressortira dix grandes Orientations, ou dix grands Travaux qui nécessiteront l'attention de tous et engageront la Dissidence dans une mise-en-marche en avant.

 

Mais en attendant Noël, outre un retour, dans cet esprit de groupe de travail que nous essayons patiemment de susciter, sur l'ensemble de nos exercices, notes, articles, textes et essais, et en plus des questions et des réponses qu'ils pourraient éventuellement apporter à nos interrogations (ce qui nous permettrait d'élargir le champ et d'ouvrir d'autres perspectives d'études et de recherches).

 

Ce que nous proposons à nos camarades, compatriotes et concitoyens, toujours dans cet esprit intérieur de groupe de travail, c'est deux choses, deux petites choses auxquelles ils ne peuvent se dérober si, comme nous autres, dissidents, ils s'intègrent comme se situant quelque part dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle  :

 

Premièrement, de lancer, à leur façon, et, de relancer, à leur manière, tant qu'il le faudra, les avants-gardes représentatives (têtes d'affiches, têtes pensantes, libres penseurs, cadres, adhérents et militants du quotidien de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream) sur la nécessité d’opérer un "Grand Mouvement" de Critique positive et radicale de la Dissidence "par dépit" et par extension du ronron néo-souverainiste "par défaut", en somme, de leur demander de définir la Dissidence en son principe supérieur et sa théorie politique objective : qu'elle est la philosophie-politique de la Dissidence ?

 

Exactement et précisément comme Alexandre Douguine a théorisé une philosophie-politique eurasiste (ou néo-eurasiste), une Quatrième théorie politique russe pour la Russie, car tout mouvement à vocation opérative à une idée sur sa philosophie, en est fier, et cherche à s'organiser autour d'elle, nous ne voyons rien d'extraordinaire et de négatif dans le fait de dire qu'il est temps de dépasser certaines inerties, de dépasser le désordre spéculatif, de développer une Quatrième théorie politique française pour l'Europe, pour dialoguer avec le Monde multipolaire et les puissances émergentes...

 

Deuxièmement, parallèlement ou en conséquence, d'approbation ou de refus de cette nécessité, par les dissidences et les militants ciblés, de répondre eux-mêmes et d'eux-mêmes à cette question, à cette double question  de l'absence de critique positive et de la volonté de ne pas définir le ronron néo-souverainiste : philosophie-politique "par défaut" de la Dissidence "par dépit", et, par extension, de nous aider à mieux définir ce ronron, surtout si notre définition leur semble erronée, ronron qui est, selon nous, véhiculé en conscience à travers les lignes éditoriales uniques et exclusives des médias "indépendants" et "alternatifs" de la Dissidence mainstream.

 

(ou qu'ils remettent leur "pseudo-engagement" en question, radicalement, cette dernière remarque, sans volonté de choquer, n'aidera pourtant pas à convaincre de nous aider, tant mieux, c'est le but, car nous n'essayons pas de convaincre, ni que l'on nous vende quelque chose, soit on défend des idées, des principes, des orientations, on a une vision, où on ne se mêle pas de politique, on plante des navets, une convergence sans idées ça n'existe pas, nous proposons une réflexion au-delà de la réinformation, l'indignation et la dérision, ce qui est visiblement une extravagance dans la Dissidence mainstream de toutes les nouvelles troupes d'occupation mentale...)

 

Ce que nous vous demandons, précisément et exactement, chers lecteurs et camarades, en attendant que d'autres critiques positives soient élaborées, et que, plus simplement, il se passe quelque chose, que la situation se débloque, c'est de nous aider (en réalité de faire quelques copier/coller, ça ne devrait pas être un problème), dans la joie et la bonne humeur.

 

Nous "aider" - surtout nous lire et en tiré des conclusions - en nous relayant sur les réseaux sociaux comme nous n'y sommes pas présents, ou très rarement et de façon réduite, sur les murs facebook ou autre de vos camarades et des intéressés, de tous les dissidents, et, en envoyant notre critique positive que nous soupçonnons très fort d'être arbitrairement boycottée, aux secrétariats des Dissidences emblématiques, officielles et mainstream, auxquelles vous penserez - particulièrement aux dissidences à qui nous avons déjà envoyé nos travaux, à de multiples reprises et sur une période de plus de deux ans, sans réponse.

 

Il ne s'agit pas de pleurnicher, on en est plus là, et avons passé l'age, mais d'une simple observation factuelle, d'un constat de faillite de la Dissidence : peut-être ne devons-nous pas dire ce que nous voyons pour ne pas vexer les "fans" de la Dissidence vers rien ?

 

Nous pensons que c'est une demande raisonnable après nos tentatives restées "Lettres mortes" et le travail fournit, n'est-t-il pas ?

 

Les Libres penseurs et Francs débatteurs - avant de pouvoir "débattre" il faudrait peut-être pouvoir les travaux des différents penseurs, ou alors la Dissidence se limite aux penseurs qui font des vidéos et les dissidents ne lisent rien de ce qui est écrit ? - de la convergence prérévolutionnaire du XXIème n'ont peut-être pas encore eu le temps de s'en occuper ou n'auraient pas vu nos mails - et nous ne parlons pas de nous mais davantage de toutes nos références, ce qui fait beaucoup - dans leur boîte submergée de réinformation mortifère (non-exhaustif : E&R, MétaTV, LLP, Joe Le Corbeau, Étienne Chouard, Laurent Louis, CdV, etc, bref, tous les parangons de la Liberté d'expres-sion), ce que nous pourrions tout à fait comprendre, mais nous savons que c'est peu probable, et nous le répétons : Il s'agit de relancer la machine, nous ne vous demandons pas de le faire en envoyant nos travaux à tout prix, l'objectif est que vous formuliez votre propre critique, mais nous ne voyons pas d'inconvénients à ce que vous vous appuyez sur nos introductions dans un premier temps puisque nous avons dégagé quelques pistes de réflexion - et que ça représente un certain travail -, nous vous proposons une méthode pour le faire, mais formulez la chose comme il vous semble qu'elle doit être formulée.

 

Nous en doutons fortement, mais il est aussi possible que l'on nous explique que l'exercice métapolitique, dissident, nationaliste, non-conforme, traditionnel et révolutionnaire, d'une réflexion active, d'une action corrosive et d'une critique positive de notre philosophie-politique, est quelque chose dont on pourrait se passer, mais en attendant cette éventuelle explication de renoncement, et si vous pensez que cet exercice est sainement légitime, voire urgent, au-delà des égos, aidez nous à l'imposer en tant que tel.

 

Nous appelons également les militants qui pensent que nous nous trompons de nous prodiguer cette formation qui nous ferait défaut concernant la nature de la Dissidence.

 

S'ils sont capables de nous prodiguer cette formation, ils sont capables de définir la Dissidence, le néo-souverainisme, son ronron et de répondre à nos interrogations dans un esprit de franche camaraderie, nous rappelons que la Dissidence est une aventure que nous connaissons quelque peu et que nous vivons, en quelque sorte, au quotidien.

 

Et beaucoup plus activement que certains auraient l'air de le suggérer... Des "dissidents" qui n'existaient pas quand nous autres, dissidents, militants du quotidien, soutenions des personnalités que personne ne soutenait dans des endroits où il était même difficile de les évoquer sans ressentir le besoin de s'en enorgueillir et demandé des câlins, nous écoutions, nous, ces penseurs, en faisant nos devoirs, sans même oser les déranger, et nous nous déplacions pour les voir quand ces pseudos-dissidents tétaient encore le sein de la Matrice ; dont ils ont réintroduit le Lait dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle.

 

Des pseudo-dissidents qui n'existent qu'à travers leur posture de groupie et qui sont les pires ennemis, qui sont le premier ennemi commun de la Dissidence, parce qu'ils confondent action et agitation, activisme et bougisme, œuvre et spectacle, ordre et tyrannie...

 

"(...) S'ils sont capables de nous prodiguer cette formation..." pour éviter que nous déformions la réalité et la vérité de la Dissidence mainstream immaculée et hermétique au Complot et de sa philosophie-politique néo-souverainiste de combat, ou, également, travailler avec nous sur ces questions et de nous aider à faire connaître nos travaux, à les faire remonter au dernier étage inaccessible de ce système pyramidal qu'est la Dissidence emblématique, officielle et mainstream (avant que des déformateurs ne déforment notre Critique positive de la Dissidence!). Le Temps a raison !

 

D'avance merci!

 

Nous remercions 4PT, La Dissidence Française, Parousia, le CNC, Zenit, Vox.nr, et à MetaTV, tous ceux qui nous ont relayé et qui nous relayent occasionnellement.

 

Quelques vidéos :


 


 

 

 

 

 

Ici, une liste de la plupart de nos articles :

 

Pour une critique positive de la Dissidence ♠ (en ligne)

 

De La Quatrième théorie politique (en ligne)

 

Statu chao

 

 Sur le clivage Dissident/Résistant

 

De la Rentrée républicaine (Partie 1)

 

De la Rentrée républicaine (Partie 2)

 

Ne Votez Plus! (Vrai-faux discours de création d'un vrai-faux parti) (en ligne)

 

Avant de lire "France, les années décisives" de Laurent Ozon

 

Critique du concept de désinformation/réinformation

 

Pour un Eurasisme européen (en ligne)

 

L'Eurasisme contre L'UE (en ligne)

 

Après l'Enlèvement (en ligne)

 

Donbass (en ligne)

 

Comploteur, complotiste, complotard et comploticien (en ligne)

 

Notes sur le néo-souverainisme

 

Ecossage

 

Du sens des mots : Race et Racisme (en ligne)

 

Du sens des mots : Qu’est-ce que l’Imperium ? (en ligne)

 

Du sens des Mots : Res Publica et République moderne (en ligne)

 

Du sens des mots : le principe de subsidiarité (en ligne)

 

Notre position sur la situation Ukrainienne

 

Retour sur le Donbass

 

L'Europe contre la nouvelle alliance néo-souverainiste (en ligne)

 

Gazapartheid

 

De l'instinct (en ligne)

 

Si Vis Pacem, Para Bellum (en ligne)

 

De la possibilité du Putsch en ligne)

 

L'idée du Putsch (en ligne)

 

« Qui s'y frotte s'y pique. » ♠ (en ligne)

 

Du Front de la Foi (en ligne)

 

Précision sur le Front de la Foi (en ligne)

 

De la Trinité (en ligne)

 

De la violence monothéiste (de Jean Soler) (en ligne)

 

De l'Intellectualisme de la Tradition

 

Belgique, où es-tu ? (en ligne)

 

Leo Belgicus (en ligne)

 

Du lâcher prise, ou la Belgique libérée (en ligne)

 

De la réconciliation nationale : Lettre ouverte à Laurent Louis (en ligne)

 

Camarades Européens, Camarades Français, Camarades Belges, Camarades Flammands, Camarades Wallons, Camarades Hainautois : Ne Votez Plus ! (en ligne)

 

La démocratie, voilà l’ennemi ! (en ligne)

 

De l'exotérisme du Libéralisme (ou La trinité du Mondialisme)

 

De l'ésotérisme du Libéralisme (ou la Trinité occulte du Mondialisme)

 

La Lutte des Déclassés, pas l'Ethnicisation de la Crise !

 

Du prolétariat (en ligne)

 

L'appétit de Sion (en ligne)

 

Assimilation ou Séparation ?

 

***

 

Nous autres, dissidents, resterons Dissidents, et saurons nous rappeler des mains tendues et des croches-pieds en temps voulu.


 

La Réponse sera Métapolitique !

 

Le collectif L'Heure Asie et Pendragon

 

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