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01/06/2015

Atlantide et Hyperborée (René Guénon)

 

René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques, II, Atlantide et Hyperborée, pp. 35-, aux éditions Gallimard

 

Dans Atlantis (juin 1929), M. Paul Le Cour relève la note de notre article de mai dernier, dans laquelle nous affirmions la distinction de l'Hyperborée et de l'Atlantide, contre ceux qui veulent les confondre et qui parlent d' « Atlantide hyperboréenne ». A vrai dire, bien que cette expression semble en effet appartenir en propre à M. Le Cour, nous ne pensions pas uniquement à lui en écrivant cette note, car il n'est pas le seul à commettre la confusion dont il s'agit ; on la trouve également chez M. Herman Wirth, auteur d'un important ouvrage sur les origines de l'humanité (Der Aufgang Menschheit) paru récemment en Allemagne, et qui emploie constamment le terme « nord-atlantique » pour désigner la région qui fut le point de départ de la tradition primordiale. Par contre, M. Le Cour est bien le seul, à notre connaissance tout au moins, qui nous ait prêté à nous-même l'affirmation de l'existence d'une « Atlantide hyperboréenne » ; si nous ne l'avions point nommé à ce propos, c'est que les questions de personnes comptent fort peu pour nous, et que la seule chose qui nous importait était de mettre nos lecteurs en garde contre une fausse interprétation d'où qu'elle pût venir. Nous nous demandons comment M. Le Cour nous a lu ; nous nous le demandons même plus que jamais, car voilà maintenant qu'il nous fait dire que le pôle Nord, à l'époque des origines, « n'était point celui d'aujourd'hui, mais une région voisine, semble-t-il, de l'Islande et du Groenland » ; où a-t-il bien pu trouver cela ? Nous sommes absolument certain de n'avoir jamais écrit un seul mot là-dessus, de n'avoir jamais fait la moindre allusion à cette question, d'ailleurs secondaire à notre point de vue, d'un déplacement possible du pôle depuis le début de notre Manvantara ; à plus forte raison n'avons-nous jamais précisé sa situation originelle, qui d'ailleurs serait peut-être difficile à définir par rapport aux terres actuelles.

 

Le cour dit encore que, « malgré notre hindouisme, nous concevons que l'origine des traditions est occidentale » ; nous n'en convenons nullement, bien au contraire, car nous disons qu'elle est polaire, et le pôle, que nous sachions, n'est pas plus occidental qu'oriental ; nous persistons à penser que, comme nous le disions dans la note visée, le Nord et l'Ouest sont deux points cardinaux différents. C'est seulement à une époque déjà éloignée de l'origine que le siège de la tradition primordiale, transféré en d'autres régions, a pu devenir, soit occidental, soit oriental, occidental pour certaines périodes et oriental pour d'autres, et, en tout cas, sûrement oriental en dernier lieu et déjà bien avant le commencement des temps dits « historiques » (parce qu'ils sont les seuls accessibles aux investigations de l'histoire « profane »). D'ailleurs, qu'on le remarque bien, ce n'est nullement « malgré notre hindouisme » (M. Le Cour, en employant ce mot, ne croit probablement pas dire juste), mais au contraire à cause de celui-ci, que nous considérons l'origine des traditions comme nordique, et même plus exactement comme polaire, puisque cela est expressément affirmé dans le Vêda, aussi bien que dans d'autres livres sacrés. La terre où le soleil faisait le tour de l'horizon sans se coucher devait être en effet située bien près du pôle, sinon au pôle même ; il est dit aussi que, plus tard, les représentant de la tradition se transportèrent en une région où le jour le plus long était double du jour le plus court, mais ceci se rapporte déjà une phase ultérieure, qui, géographiquement, n'a évidement plus rien à voir avec l'Hyperborée.

 

Il se peut que M. Le cour ait raison de distinguer une Atlantide méridionale et une Atlantide septentrionale, quoiqu'elles n'aient pas dû être primitivement séparées ; mais il n'en est pas moins vrai que l'Atlantide septentrionale elle-même n'avait rien d'Hyperboréen. Ce qui complique beaucoup la question, nous le reconnaissons très volontiers, c'est que les mêmes désignations ont été appliquées, dans la suite des temps, à des régions fort diverses, et non seulement aux localisations successives du centre traditionnel primordial, mais encore à des centres secondaires qui en procédaient plus ou moins directement. Nous avons signalé cette difficulté dans notre étude sur Le Roi du Monde, où, précisément à la page même à laquelle se réfère M. Le Cour, nous écrivons ceci : « Il faut distinguer la Tula atlante (le lieu d'origine des Toltèques, qui était probablement situé dans l'Atlantide septentrionale) de la Tula hyperboréenne ; et c'est cette dernière qui, en réalité, représente le centre premier et suprême pour l'ensemble du Manvantara actuel ; c'est elle qui fut l' « île sacrée » par excellence, et sa situation était littéralement polaire à l'origine. Toutes les autres « îles sacrées » qui sont désignées partout par des noms de signification identique, ne furent que des images de celle-là ; et ceci s'applique même au centre spirituel de la tradition atlante, qui ne régit qu'un cycle historique secondaire, subordonné au Manvantara. » Et nous ajoutons en note : « Une jonction de la tradition atlante avec la tradition hyperboréenne, provient de certaines substitutions de noms qui peuvent donner lieu à de multiples confusions ; mais la question, malgré tout, n'est peut-être pas entièrement insoluble. »

 

En parlant de ce « point de jonction », nous pensions surtout au Druidisme ; et voici justement que, à propos du Druidisme, nous trouvons encore dans Atlantis (juillet-août 1929) une autre note qui prouve combien il est parfois difficile de se faire comprendre. Au sujet de notre article de juin sur la « triple enceinte », M. Le Cour écrit ceci : «  C'est restreindre la portée de cet emblème que d'en faire uniquement un symbole druidique ; il est vraisemblable qu'il est antérieur et qu'il rayonne au-delà du monde druidique. » Or, nous sommes si loin d'en faire uniquement un symbole druidique que, dans cet article, après avoir noté, suivant M. Le Cour lui-même, des exemples relevés en Italie et en Grèce, nous avons dit : «  Le fait que cette même figure se retrouve ailleurs que chez les Celtes indiquerait qu'il y avait, dans d'autres formes traditionnelles, des hiérarchies initiatiques constituées sur le même modèle (que la hiérarchie druidique), ce qui est parfaitement normal. » Quant à la question d'antériorité, il faudrait tout d'abord savoir à quelle époque précise remonte le Druidisme, et il est probable qu'il remonte beaucoup plus haut qu'on ne le croit d’ordinaire, d'autant plus que les Druides étaient les possesseurs d'une tradition dont une part notable était incontestablement de provenance hyperboréenne.

 

Nous profiterons de cette occasion pour faire une autre remarque qui a son importance : nous disons « Hyperborée » pour nous conformer à l'usage qui a prévalu depuis les Grecs ; mais l'emploi de ce mot montre que ceux-ci, à l'époque « classique » tout au moins, avaient déjà perdu le sens de la désignation primitive. En effet, il suffirait en réalité de dire « Borée », mot strictement équivalent au sanscrit Varâha, ou plutôt, quand il s'agit d'une terre, à son dérivé féminin Vârâhî : c'est la « terre du sanglier », qui devint aussi la « terre de l'ours » à une certaine époque, pendant la période de prédominance des Kshatriyas à laquelle mit fin Parashu-Râma.

 

Il nous reste encore, pour terminer cette mise au point nécessaire, à dire quelques mots sur les trois ou quatre questions que M. Le Cour aborde incidemment dans ses deux notes ; et, tout d'abord, il y a une allusion au swastika, dont il indique que « nous faisons le signe du pôle ». Sans y mettre la moindre animosité, nous prierons ici M. Le Cour de ne point assimiler notre cas au sien, car enfin il faut bien dire les choses comme elles sont : nous le considérons comme un « chercheur » (et cela n'est nullement pour diminuer son mérite), qui propose des explications selon ses vues personnelles, quelque peu aventureuses parfois, et c'est bien son droit, puisqu'il n'est rattaché à aucune tradition actuellement vivante et n'est en possession d'aucune donnée reçue par transmission directe ; nous pourrions dire, en d'autres termes, qu'il fait de l'archéologie, tandis que, quant à nous, nous faisons de la science initiatique, et il y a là deux points de vue qui, même quand ils touchent aux mêmes sujets, ne sauraient coïncider en aucune façon. Nous ne « faisons » point du swastika le signe du pôle : nous disons qu'il est cela et qu'il l'a toujours été, que telle est sa véritable signification traditionnelle, ce qui est tout diffèrent ; c'est là un fait auquel ni M. Le Cour ni nous-même, ne pouvons rien. M. Le Cour, qui ne peut évidement faire que des interprétations plus ou moins hypothétiques, prétend que la swastika « n'est qu'un symbole se rapportant à un idéal sans élévation » ; c'est là sa façon de voir, mais ce n'est rien de plus, et nous sommes d'autant moins disposé à la discuter qu'elle ne présente après tout qu'une simple appréciation sentimentale ; « élevé » ou non, un « idéal » est pour nous quelque chose d'assez creux, et, à la vérité, il s'agit de choses beaucoup plus « positives », dirons-nous volontiers si l'on avait tant abusé de ce mot.

 

Le Cour, d'autre part, ne paraît pas satisfait de la note que nous avons consacré à l'article d'un de ses collaborateurs qui voulait à toute force voir une opposition entre l'Orient et l'Occident, et qui faisait preuve, vis-à-vis de l'Orient, d'un exclusivisme tout à fait déplorable. Il écrit là-dessus des choses étonnantes : «  M. René Guénon, qui est un logicien pure, ne saurait rechercher, aussi bien en Orient qu'en Occident que le côté purement intellectuel des choses, comme le prouvent ses écrits ; il le montre encore en déclarant d'Agni se suffit à lui-même (voir Regnabit, avril 1926) et en ignorant la dualité Aor-Agni, sur laquelle nous reviendrons souvent, car elle est la pierre angulaire de l'édifice du monde manifestée. » Quelle que soit d’ordinaire notre indifférence à l'égard de ce qu'on écrit sur nous, nous ne pouvons tout de même pas laisser dire que nous sommes un « logicien pur », alors que nous ne considérons au contraire la logique et la dialectique que comme de simples instruments d'exposition, parfois utiles à ce titre, mais d'un caractère tout extérieur, et sans aucun intérêt en eux-mêmes ; nous ne nous attachons pas, répétons-le encore une fois, qu'au seul point de vue initiatique, et tout le reste, c'est-à-dire tout ce qui n'est que connaissance « profane », est entièrement dépourvu de valeurs à nos yeux. S'il est vrai que nous parlons souvent d' « intellectualité pure », c'est que cette expression à un tout autre sens pour nous que pour M. Le Cour, qui paraît confondre « intelligence » avec « raison », et qui envisage d'autre part une « intuition esthétique », alors qu'il n'y a pas d'autre intuition véritable que l' « intuition intellectuelle », d'ordre supra-rationnel ; il n'y a d'ailleurs là quelque chose d'autrement formidable que ne peut le penser quelqu'un qui, manifestement, n'a pas le moindre soupçon de ce que peut être la « réalisation métaphysique », et qui se figure probablement que nous ne sommes qu'une sorte de théoricien, ce qui prouve une fois de plus qu'il a bien mal lu nos écrits, qui paraissent pourtant le préoccuper étrangement.

 

Quant à l'histoire d'Aor-Agni, que nous n' « ignorons » pas du tout, il serait bon d'en finir une fois pour toutes avec ces rêveries, dont M. Le Cour n'a d'ailleurs pas la responsabilité : si « Agni se suffit à lui-même », c'est pour la bonne raison que ce terme, en sanscrit, désigne le feu sous tous ses aspects, sans aucune exception, et ceux qui prétendent le contraire prouvent simplement par là leur totale ignorance de la tradition hindoue. Nous ne disons pas autre chose dans la note de notre article de Regnabit, que nous croyons nécessaire de reproduire ici textuellement : « Sachant que, parmi les lecteurs de Regnabit, il en est qui sont au courant des théories d'une école dont les travaux, quoique très intéressants et très estimables à bien des égards, appellent pourtant certaine réserves, nous devons dire ici que nous ne pouvons accepter l'emploi des termes Aor et Agni pour désigner les deux aspects complémentaires du feu (lumière et chaleur). En effet, le premier de ces deux mots est hébreu, tandis que le second est sanscrit, et l'on ne peut associer ainsi des termes empruntés à des traditions différentes, quelles que soient les concordances réelles qui existent entre celles-ci, et même l'identité foncière qui se cache sous la diversité de leurs formes ; il ne faut pas confondre le « syncrétisme » avec la véritable synthèse. En outre, si Aor est bien exclusivement la lumière, Agni est le principe igné envisagé intégralement (l'ignis latin étant d'ailleurs exactement le même mot), donc à la fois comme lumière et comme chaleur ; la restriction est tout à fait arbitraire et injustifiée. » Il est à peine besoin de dire que, en écrivant cette note, nous n'avons pas pensé le moins du monde à M. Le Cour ; nous pensions uniquement au Hiéron de Paray-le-Monial, auquel appartient en propre l'invention de cette bizarre association verbale. Nous estimons n'avoir à tenir aucun compte d'une fantaisie un peu trop fertile de M. De Sarachaga, donc entièrement dénuée d'autorité et n'ayant pas la moindre valeur au point de vue traditionnel, auquel nous entendons nous en tenir rigoureusement. Enfin, M. Le Cour profite de la circonstance pour affirmer de nouveau la théorie antimétaphysique et anti-initiatique de l' « individualisme » occidental, ce qui, somme toute, est son affaire et n'engage que lui ; et il ajoute, avec une sorte de fierté qui montre bien qu'il est en effet fort peu dégradé des contingences individuelles : « Nous maintenons notre point de vue parce que nous sommes les ancêtres dans le domaine des connaissances. » Cette prétention est vraiment un peu extraordinaire ; M. Le Cour se croit-il donc si vieux ? Non seulement les Occidentaux modernes ne sont les ancêtres de personne, mais ils ne sont même pas de descendants légitimes, car ils ont perdu la clef leur propre tradition ; ce n'est pas « en Orient qu'il y a eu déviation », quoi qu'en puissent dire ceux qui ignorent tout des doctrines orientales. Les « ancêtres », pour reprendre le mot de M. Le Cour, ce sont les détenteurs effectifs de la tradition primordiale ; il ne saurait y en avoir d'autres, et, à l'époque actuelle, ceux-là ne se trouvent certes pas en Occident.

 

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15/01/2015

Le ronron néo-souverainiste (ou De l'idéologie de la Dissidence)

 

En cours de mise-à-jour : les idées n'attendent pas !


 

Ronron, méthode et botanique

 

« Le Fondement de tout véritable État c'est la transcendance de son principe, c'est-à-dire du principe de la souveraineté, de l'autorité et de la légitimité. Cette vérité essentielle s'est exprimée dans l'histoire des peuples sous des formes variées. Si elle est méconnue, la signification propre à tout ce qui est réalité politique se trouve également méconnue ou, du moins, faussée. A travers la variété de ses formes se retrouve toujours, comme « constante », le concept de l’État en tant qu'irruption et manifestation d'un ordre supérieur sous la forme d'un pouvoir. C'est pourquoi toute véritable unité politique se présente comme l'incarnation d'une idée et d'un pouvoir, et se distingue ainsi de toute unité pragmatique, de toute association « naturelle » ou « droit naturel », de tout groupement déterminé seulement par des facteurs sociaux et économiques, biologiques, utilitaires ou eudémonistes. » Julius Evola, Les Hommes debout au milieu des ruines, Chapitre II SOUVERAINETE - AUTORITE – IMPERIUM,p. 29, aux éditions Pardès

 

Nous avons déposé l'appellation « néo-souverainisme » pour nommer l'idéologie que nous avons identifié comme étant celle de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream et qui domine idéologiquement la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle; que nous qualifions de ronron car on ne peut pas encore parler de théorie politique ; de philosophie-politique ; à partir du moment où celle-ci n'est pas couchée sur le papier, mais on peut déjà annoncer une idéologie en puissance et en acte.

 

La définition néo-souverainiste du principe de Souveraineté s'établit en « valeur négative », en Souveraineté « par rapport à » : ni gauche ni droite ; tous pourris ; constat de faillite ; triple sortie ; mythe de la toute puissance de l'ennemi ; suicide français ; etc.

 

Le néo-souverainisme surjoue d'une petite musique d'ascenseur socio-économique lancinante à la fois marxiste, capitaliste et libérale ; pernicieusement conservatrice et restauratrice à gauche, et, vicieusement progressiste et « révolutionnariste » à droite ; une petite musique de chambre froide consensuelle, que l'on entend même plus au bout d'un moment, une musique d'ambiance, un bruit de fond discret, mais qui est bien là, qu'elle nous susurre de son petit instrument mal-accordé, grinçant...

 

Quelle idée primordiale et quel principe fondamental la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle veut-elle incarner si elle prenait le « pouvoir » ; plus exactement pour refonder un « pouvoir » ? Veut-elle réellement incarner l'idée néo-souverainiste ou le principe de Souveraineté tel qu'il est exprimé par la « Dissidence »

 

Le néo-souverainisme n'est pas né d'une volonté mais d'une « ambiance  » et ne se développe pas en puissance mais « en nécessité » ; ce qui ne serait pas nécessairement un mal si, partant de là, il se serait développé sur la continuité sur un croisement des retours d'expériences. Pourquoi le « néo-souverainisme » ne croit pas en lui-même et ne veut pas nommer sa synthèse ? Ne croit pas en lui-même mais fait en sorte que personne ne croit en rien, là est la subversion, en effet, il refuse de nommer sa synthèse, et donc de la confronter à d'autres voies.

 

La Dissidence mainstream peut très bien ne s'occuper que de réinformation, mais la réinformation ça n'est pas trouver l'information qui va dans notre sens, que l'on ne fait que souligner et sous-entendre, la réinformation permet de mettre en relief et de remettre des idées en perspective, pas uniquement et exclusivement de montrer qu'on a raison, Cassandre aussi avait raison.

 

La réinformation est un outils au service des idées, et, dans ce cadre, la Dissidence mainstream doit apprendre à relayer la « littérature groupusculaire », ce qui n'est pas le cas, il y a une « opposition » contre ; ou « par rapport à » ; un tas de choses, mais il n'y a aucun débats internes et contradictoires dans la Convergence prérévolutionnaire, après une quinzaine d'années entre ce jour et le 11 Septembre, nous pensons que nous devons commencer à prendre nos responsabilités et débusquer les censeurs ; et autres malins ; au sein de la Convergence prérévolutionnaire.

 

C'est ce que nous essayons de faire par notre méthode déductive et introductive pour comprendre l'idéologie objective de la Dissidence ; le néo-souverainisme ;qui avance masquée mais que nous pouvons « deviner » d'après ; « à partir de » ; ses principes et ses « orientations ».

 

Nous n'avons pas nous vocation à dresser des listes de faits factuels pour « illustrer » notre propos, nous ne sommes pas journalistes, c'est précisément ce que nous ne voulons pas faire, ça n'est pas la méthode que nous voulons initier, nous voulons que vous donniez-vous du « sens » ; s'il y en a ; à nos articulations, plus exactement, que vous retrouviez vous-mêmes à quoi nos remarques correspondent pour comprendre leur sens global, c'est en tout cas le sens de notre méthode. Par exemple, employer une « méthode déductive » peut correspondre au fait de prendre « Orientations » de Julius Evola ; qui est un ouvrage très synthétique ; ensuite, de prendre une charte, un texte ou même un entretient vidéo relayer par la Dissidence mainstream, de détecter les principes fondamentaux qui s'en dégagent (ce qui est un exercice déjà suffisant en lui-même d'une certaine façon ; qui suffirait, par définition, à engager une critique positive des principes de la Dissidence), les orientations qui sont indiquées, et les comparer aux principes et orientations articulés par Julius Evola, partant de là, nous avons une base de travail pour comprendre l'idéologie objective qu'a entretenu le mainstream dissident en relayant telle ou telle chose plutôt qu'une autre, ce qui permet de comprendre nos propres orientations et les principes que nous privilégions objectivement aux détriments d'autres.

 

Cela dit, et plus concrètement, comment travaillons-nous ?

 

Nous croyons certes au « vide fécondant » ; à la « géométrie projective » des idées ; mais nos articulations ne sorte pas du néant.

 

La méthode déductive, comparative et introductive sur laquelle nous basons cet essai nous la redécouvrons à mesure que nous avançons nous-mêmes dans notre observation en temps réel du présent, nous ne l'avons pas inventé...

 

Ce qui nous force à devoir forger une autre méthode ; à redécouvrir une méthode élémentale ; c'est que le « problème de méthode » est la base du problème de la Dissidence qui dépasse toutes les autres « anomalies » qui sont finalement très secondaires par rapport à celui-ci. Le néo-souverainisme est d'abord une stratégie qui a accouché d'une méthode avant d'être une philosophie-politique (méthode) mise en pratique/critique (stratégie), ce qui pose un problème dans sa logique de développement idéologique, ce pourquoi elle n'a pas théorisé son idéologie et qu'elle est dans une fuite-en-avant.

 

Nous appuyons nos développements sur une observation extrêmement assidue des groupuscules et des avant-gardes, de la Dissidence et de la Convergence prérévolutionnaire, des observations que tous les militants du quotidien peuvent faire aux regards des lignes éditoriales avec un petit travail sur les idées, nous pourrions donc relever et citer telle source pour illustrer tel concept (ce que nous faisons tout de même à minima) et telle déclaration pour illustrer tel articulation sans problèmes, sans efforts, puisque nous nous basons sur les écrits, les vidéos et les déclarations des militants, des cadres et des meneurs objectifs de la Convergence prérévolutionnaire, mais nous pensons que ça n'aurait aucune utilité de faire des listes de faits factuels pour percer à jour une idéologie qui constitue la « ligne éditoriale » des principaux médias de masse de la Dissidence et qui dépasse la Dissidence, qui nous dépasse tous, qui est l'empreinte de l'idéologie paradigmatique qui corrompt la chose politique et l'objet métapolitique, qui est la méthode unique et exclusive permise et autorisée par le mainstream politico-médiatique et ; par « inversion accusatoire ; du mainstream dissident ; une « méthode » entre journalisme, spectacle et publicité pour construire une réponse « idéologiquement neutre » à l'Hégémonie atlantiste.

 

L' « idéologiquement neutre » est par définition « purement commercial », le néo-souverainisme est pétrit de contradictions qui ne permettent pas de construire une théorie politique avec cette méthode, voilà le problème, nous ne demandions pourquoi la Dissidence, et par extension, la Convergence prérévolutionnaire ne théorisait pas leur Quatrième théorie politique, et nous avons découvert qu'ils ne le pouvaient simplement pas, comment expliquer ceci à la Génération dissidente groupies de Soral et fans de Dieudonné ? C'est Evola, Guénon, Parvulesco, Douguine, Laurent James, mais aussi Adinolfi, ou encore Francis Cousin, leurs livres, qui nous ont expliqué, chacun à sa façon, comment on pouvait peut-être essayer de commencer à expliquer ceci. Quand nous citons un auteur nous vous posons une question : est-ce que l'idéologie objective de la Dissidence est-elle ceci ? Nous vous posons une question tout en exprimant une orientation qui nous différencie du néo-souverainisme. Nous ne sommes pas une « opposition nécessaire » à la Dissidence comme peut l'être la pseudo-résistance, les dissidents à la Dissidence, nous ne nous construisons pas contre la Dissidence, nous sommes la Dissidence et nous lui disons que son idéologie objective est une idéologie de Deuxième voie, et que ça n'est pas un détail de l'Histoire.

 

Il nous faut prendre le problème à l'envers ; et non « inverser », ou « renverser », la question pour répondre et remettre le problème à l'endroit, auquel cas il reste un problème ; c'est en se formant et non en se réinformant que l'on peut comprendre les enjeux, sans quoi, cette réinformation ne nous sert strictement à rien, à quoi sert la réinformation si elle ne relaye pas des idées au-delà d'une actualité ?

 

Il faut sauver la République

 

Le néo-souverainisme est une idéologie « qui ne veut pas grandir ». L'idéologie « Peter Pan » des adulescents de la Dissidence n'est pas le fruit d'une articulation réflexive d'idées révolutionnaires et de principes traditionnels par une Génération Dissidente voulant reconstruire une théorie politique et l'incarner, mais un empilement de réactions de jeunes gens et d'hébétudes post-soixantehuitardes expulsés de leur corps démocratique par le 11 Septembre, une idéologieformulée par ces mêmes soixante-huitards se réveillant dans la tourmente du monde adulescent et irresponsable qu'ils avaient aidé à créer, et voulant s'en laver les mains...

 

« (...) La quinzième année du règne de Tibère César, – lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l'Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l'Abilène,

2 et du temps des « souverains sacrificateurs Anne et Caïphe, – la parole de Dieu fut adressé à Jean, fils de Zacharie, dans le désert.

3 « Et il alla dans tous le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des pêchés,

4 selon ce qui est écrit dans les paroles d'Isaïe, le prophète :

C'est la voix de celui qui crie dans le désert :

Préparez le chemin du Seigneur,

Aplanissez ses sentiers

5 Toute la vallée sera comblée,Toute montagne et toutes colline seront abaissées ;

Ce qui est tortueux sera redressé,

Et les chemins raboteux seront aplanis.

6 « Et toute chair verra le salut de Dieu. » Luc, 3

 

En effet, une des particularités du néo-souverainisme, et plus précisément du complotisme qui le compose, c'est de complexifier la simplicité du « mal », de chercher le mal ailleurs en ce qui concerne nos « incapacités », de ne jamais remettre en question nos « nécessités », ce que nous pensons nécessaire, nécessaire de stratégie , d'opposition. Le Christ a chassé les Marchands du Temple, il n'a pas installé une boutique alternative à côté du Temple pour vendre une idéologie équitable et une métapolitique bio. Le néo-souverainisme doit s'aplanir ; la montagne se fera plus petite, la pente moins raide, le sommet plus haut.

 

La volonté de puissance, l'Argent, la force militaire, l’expansion, la diplomatie, la colonisation, autrement dit, la « géopolitique », ont toujours existé depuis la Chute, ce qui n'avait jamais existé, c'est le mépris de la pauvreté, l'usure, c'est le temps que cette génération de soixante-huitards (« déclassée » sur le tard et révoltée d'un tel affront fait à leur petite et moyenne bourgeoisie ; fait à leur « pouvoir d'achat ») a laissé aux forces et puissances du Libéralisme triomphant, car cela les arrangeait très bien, après tout, c'est bien eux qui ont chassé le « concept absolu » Charles de Gaulle du « pouvoir » et qui aujourd'hui se revendiquent presque tous du « Général »...

 

C'est ici que nous devons introduire la notion de responsabilité à notre articulation, ce facteur est déterminant pour comprendre notre incapacité à nous « remettre en question » ; à faire semblant de nous demander : « comment vivre autrement ? » quand nous ne croyons pas une seule seconde que cela soit possible et alors que l'idéologie néo-souverainiste se base principalement sur le fait de « justifier » cette impossibilité et ses propres incapacités (pour justifier sa métapolitique gramsciste : sa contre-culture d'adaptation au spectacle pour promouvoir la critique de la marchandise) ; en effet, si nous ne sommes « coupables » de rien (complotisme : « toute puissance de l'ennemi »), nous ne sommes « responsables » de rien, rien n'est coupable ni responsable, ni gauche, ni droite, ni la démocratie, ni la république, c'est la théorie naturaliste des vrais-faux trucs, du moins ça y mène, ainsi, la République n'est pas coupable de ses origines ni responsables de ses actes, de ce qu'elle a toujours été en principe depuis deux siècles puisque ; selon leur méthode, leur logique et leur théorie ; de cette République idéale, de cette « utopie », on a jamais vu que la fausse République coupable et responsable, la vrai République est donc la fausse République depuis le départ, on ne peut donc juger la République.

 

Bien entendu, ils sont plus « vicieux » ; ou « naïfs » ; que cela et nous n'y sommes pas, non, leur « République », c'est la République des « Trente glorieuses » (1945 – 1975) ; de leurs « tendres années » ; de la mondialisation ; d'une Guerre qui reprenait ; et de la parenthèse « monarchiste » (59 – 69 ; le Général régna près de vingt ans sur la période des Trente glorieuses, toutes fonctions et séquences confondues) du « concept absolu » Charles de Gaule qui, à partir de la France, essayait de se dresser contre la fin d'un monde, de transmettre un héritage aux Français, de nommer la Guerre.

 

Ce que les néo-souverainistes essayent de faire, c'est de faire un « mythe » à partir d'une « utopie », la seule nostalgie qui permet cette pirouette dialectique, c'est celle des « Trente glorieuses », mais les néo-souverainistes ne sont pas les enfants du Général Charles de Gaule, ils sont les enfants de Mai68 et de la mondialisation, du progrès, ils estiment que les « Trente glorieuses » était le Grand Soir « républicain » (quand elle était une « parenthèse royale » et une phase de préparation à un « destin impériale » aujourd'hui compromit), la « République » est donc devenu un mythe duquel nous pouvons repartir pour fonder un « Imperium », à partir duquel nous pouvons puiser nos principes, pour nous dresser contre la fausse République... Il faut comprendre ceci pour comprendre l'essence des principes néo-souverainistes, le néo-souverainisme est venu achever la Révolution ; Tabula rasa ; suivant cette logique, et en quelque sorte, la France ; l' « idéal républicain » ; est née en 45, il a durée trente ans, les néo-souverainistes ont réussit à montée une utopie et une parenthèse de trente ans au rang de mythe ; comme on monte des blancs en neige ; sur le dos du Général, la Dissidence valide l'utopie néo-souverainiste sur le dos du Général, les pétainistes accusent le Général d'avoir été la pointe de l'épée et mettent la République sur le dos du général, pauvre Général, pauvre France, pauvre Monde. Sainte Marie, à l'aide !

 

Si l'on vous disait que la Dissidence n'était qu'une entreprise de sauvetage de la République et de ses « soixante-huitards » ?

 

Car nous autres, dissidents de la Génération trois fois sacrifié avons oublié une chose que nous allons vous rappeler et nous rappeler à nous-mêmes, s'il est d'une chose très certaine, c'est qu'à la veille du 11 Septembre 2001 notre génération n'allait plus tarder à rentrer en conflit ouvertement avec ces soixante-huitards, ces pères absents et tardifs des trente oublieuses. Votre serviteur à aujourd'hui 35 ans et peu vous en assurer, d'une certaine façon, c'est dés l'arrivée des téléphones portables que cette ambiance d' « anarchie » naissante s'est calmée pour se substituer à une autre forme d' « anarchie », une anarchie libérale, ce qui n'était pas la nature de celle qui couvait entre les années 90 et 2000 et dont aucun soixante-huitard n'est habilité à parler, à comprendre, c'est un problème générationnel, ils ne peuvent simplement pas savoir de quoi nous parlons, de quelle effervescence, de ce qu'à littéralement tué, avalé, leur putain de réenchantement par internet, les premières places vides à l'avènement des consoles de jeux, des portables, d'internet : de la superposition des écrans.

 

Et aujourd'hui, quand ceux de notre génération insurrectionnelle ; ceux qui sont nés entre les années 80 et les années 90 ; essayent de leur expliquer avec les mots qui leur reste ; « mots » que ces vieux cons leur ont enlevé de la bouche pour ensuite le leur reprocher ; ils commencent par les ignorer, ensuite ils les nient, s'ils insistent : ils les méprisent discrètement, les humilient ouvertement et si ça ne suffit pas, ils les insultent clairement, leur disent carrément d'aller se faire enculer, et la suite, tout le monde la connaît, c'est le moment où les avants-gardes se retournent contre les insurrectionnels, ils enverront les « jeunes humiliés » mater les autres, ceux qui ne sont pas rentrés dans ce jeu de soumission.

 

La Génération sacrifiée ; celle que nous connaissons ; ne tardera plus ; telle que nous la connaissons ; à dire sa façon de penser à ces gens là qui ne lui répond pas après être venus la réveiller et l'emmerder parce qu'ils avaient besoin de bras pour faire le sale boulot, elle le fait déjà mais, elle va faire surtout en sorte que l'on ne puisse plus l'empêcher de le faire puisque la Dissidence emblématique et officielle ignore et menace ce qui ne va pas dans son sens ou ne lui lèche pas les pieds, encore une fois, nous ne menaçons personne, c'est l'inverse, nous prévenons, nous avons entendu les menaces, et nous prévenons ces vieux-cons et jeunes-vieux qui nous menacent, qu'ils n'ont aucune espèce d'idée de ce que cette génération a vécu et vie encore aujourd'hui Dissidence ou pas Dissidence, eux non plus n'ont pas fait la guerre qu'ils arrêtent de la ramener avec leur vision jacobine du Général, quand ce n'est pas leur vision antifasciste du Maréchal, notre monde était beaucoup plus violent que le leur, ni les jeux vidéos, ni les téléphones portables, ni internet, ni la Dissidence n'empêcheront ce qui doit advenir, et la seule raison pour laquelle notre génération patiente c'est que, finalement, elle est déjà passée à autre chose et n'écoute plus, ou beaucoup moins, la Dissidence, c'est une autre génération qui écoute aujourd'hui la Dissidence et elle ne l'a pas encore comprit, la nature pré-adolescente et sentimentale des commentaires n'ont strictement plus rien à voir avec ce que l'on pouvait lire il y a encore cinq ans... Nous autres, dissidents, nous ne sommes plus beaucoup, en tout cas, pas beaucoup plus qu'il y a 15 ans, tout le reste ne fut que feu de paille, c'est l' « Al Caïda » de le dire...

 

Ce que les « têtes pensantes », les cerveaux de la Dissidence, n'ont pas « calculé » à travers leur audience par le système de comptage de vues Youtube et autres statistiques de fréquentations du « réenchantement », c'est qu'ils ne savent ni savoir le niveau d'engagement, de formation et l'age de l'internaute qui les « suit » ; qui « click » sur des liens ; si seulement cet internaute a écouté, ce qu'il en a retenu, c'est-à-dire ; en moyenne, aux vues des commentaires et autres unités de mesures objectives qui ne se limitent pas à l'aspect quantitatif des choses, comme ce qui est relayé par ces mêmes internautes ; pas grand chose.

 

Celui qui ose dire que le réenchantement par internet s'opère est soit être un menteur soit un con, ou les deux.

 

En effet, celui qui n'a toujours pas le recul pour comprendre que l’Internet est le summum de l'ingénierie psycho-sociale et de la finance mondiale, que c'est cela qui nous a perdu et qui nous perdra, c'est-à-dire, l'ensemble des « têtes d'affiche » de la Dissidence dont la rente dépend de ce « mensonge » du réenchantement par internet, qui nous l'ont clairement vendu et revendu et qui continuent, doit prendre sa retraite et laisser la place à une nouvelle école, il n'y a plus aucun commun accord de discussion possible entre les premiers et les seconds, ça n'est pas nous qui voulons la rupture, elle est, et on ne reviendra pas en arrière parce que ces gens là ne sont pas prêts à se remettre en question, c'est la seule solution pour nous : cliver ou crever avec eux, qui qu'ils soient d'ailleurs, ça n'est pas ici une question de personnes, tout le monde aura son « soixante-huitard » a balayer sur son passage, que personne ne s'inquiète, ils sont comme tous les cons : légions, il y en aura pour tout le monde.

 

Non contente d'être pardonnée par notre génération de naïfs (et aussi parce que nous sommes plus « sages » qu'ils ne le pensent : nous sommes pas uniquement et exclusivement sous fluor), la Dissidence continue à nous ordonner ce que nous devons penser et dire, à nous censurer, à nous prendre en otage, à envoyer leur troupes d'occupations mentale, c'est-à-dire des jeunes cons qui viennent demander à d'autres jeunes ; des « bourgeois » qui demandent à des « prolétaires » : les prolétaires n'en ont plus ou moins rien à faire de la Dissidence ; de la fermer, au nom dont ne sait trop quoi, au nom de la quenelle et d'un autocollant qui dit que « Soral a raison ! », en tout KK, on doit la fermer (ce qui ne nous change pas beaucoup et ce pourquoi on ne le prend pas si mal, on a toujours du plus ou moins la fermer, et on travaillait, on survivait, on avait même pas trop le temps de l'ouvrir, nous autres, dissidents, qui ne sommes pas parisiens, et qui devions aller bosser, mourir chômer...), bref, Dieudo a dit : « Ferme là ! », on doit donc la fermer, ce qui signifie qu'on ne doit pas parler de la Dissidence et de son idéologie objective, voilà ce que ce « ferme-là ! » voulait dire, la quenelle, c'est juste l'antiracisme institutionnel qui vous signal qu'il vous a encore entubé « vers une société métissée » et que c'est préparé de longue date « les frères de la loge Le Chantier imparfait. - Le 19 mai (2001, ndlr), l’humoriste Dieudonné (de son patronyme complet Dieudonné M’Bala M’Bala) planchait sur Vers un pouvoir métissé devant les loges Tolérance et Ecce homo. » (Emmanuel Ratier, Faits et Documents, N° 114, p.5) , nous le voyons quand un événement tel l'attentat sur la rédaction de Charlie Hebdo advient, la Dissidence ne réagit pas, au sens qu'elle n'organise aucune riposte, elle est totalement raccord sur le « pas d'amalgame », bien entendu, il y a un vrai-faux « pas d'amalgame », et la Dissidence incarne le vrai « pas d'amalgame », on peu tout faire avec la théorie des vrais-faux trucs...

 

Dieudo tweet, Soral répond gratuitement un mois plus tard, le « camp nationnal » arrête de respirer, bref, les parangons de la Liberté d'expression nous abandonnent lâchement à la sidération des foules sentimentales et inventent un tas d’explications les plus stupides les unes que les autres pour s'en justifier après coup alors que c'était le moment de faire front, d'assumer, alors qu'ils crevaient simplement de trouille, la Dissidence est une bande de vieux trouillards, de racailles patriotes et de jeunes gens bien élevés qui pètent de trouille, qui jouent au puzzle de la véritable démocratie réelle, à la dînette laïque, au petit train républicain, aux petites voitures égalitaristes, à la poupée Marianne, ou à la poupée Marine, aux petits soldats droitdel'hommistes...

 

Ce mélange de lâcheté et de dérision par rapport au réel se résume dans l’outrecuidance d'un Soral qui, dans un tel moment, trouve opportun d'intervenir dans une web-conférence privée (et de faire payer le montage de celle-ci quelques jours après) et de balancer les noms de divers personnalités qui ne sont pas Charlie aux autorités via son feujbook, mais aussi d'un Dieudonné qui n’intervient pas, mais fait des blagounettes sur internet qui l'emmène en garde à vue... Moins de 24 heures après l'attentat l'ensemble de la Dissidence criait déjà au complot sans, bien évidement, en indiquer la nature, en expliquer la vertu, si l'attentat sur la rédaction de Charlie Hebdo nous apprend quelque chose, c'est la lâcheté et l'inconséquence de la Dissidence dont nous voyons bien comment elle réagit dans une situation de crise... Courage fuyons !

 

L'idéologie néo-souverainiste post-soixantehuitarde ne relève pas d'une Croisade pour le monde moderne, une révolte anthropologique : culturelle, civilisationnelle et spirituelle, d'unesprit intérieur qui « refait surface », le néo-souverainisme c'est le ronron « idéologiquement neutre » d'une convergence de constats de faillite(pour plus de « démocratie » et plus de « pouvoir d'achat ») qui est née des cendres du 11/09 et d'une indignation bourgeoise, en effet, en dix ans, nous n'avons pas observé d'interaction significative et de l'ordre de la « transcendance » entre les différents courants de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle qui aurait pu « provoquer » un néo-souverainisme en « valeur positive », pourquoi autant d’indignations ne font-elles pas mouvement ? Parce que les différentes boutiques de la Dissidence sont dirigées par ces « soixante-huitards » dont l'intérêt unique et exclusif est que nous ne comprenions jamais que c'est eux le Monde moderne et le Libéralisme triomphant, ainsi ils nous privent de toutes les armes qui nous permettraient d' « entrer en conflit avec le réel », c'est-à-dire aussi contre eux, contre ceux d'entre eux qui vendent ce rêve virtualiste, spectaliste et mercantile du réenchantement par internet, ce cauchemar de la toute puissance de l'ennemi.

 

Origine doctrinale du néo-souverainisme

 

Il y a quelques textes d'Alain Soral fondateurs d'E&R que nous pourrions indiquer comme base doctrinale du néo-souverainisme – qu'Alain Soral appellerait plutôt « nationalisme-républicain » ou « alter-nationalisme » –, nous vous renvoyons à leur lecture.

 

Nous noterons que ces textes datent quelque peu. Il est difficile de dire dans quelle mesure ils influencent les adhérents de E&R qui ne semblent pas continuer ce travail théorique et articuler ces idées dans une pratique-critique militante et quotidienne. Ensuite, nous verrons que, d'une manière générale, la ligne éditoriale de E&R est une ligne unique et exclusive de réinformation, certes, d'une certaine qualité s'il on se réfère au journalisme mainstream, mais-est-ce réellement une référence ? Réinformation qui n'engage pas de réflexion active et d'action corrosive (et nous n'oublierons pas de relier Kontre Kulture à l'ensemble du travail d'E&R qui fait donc un peu plus que de la réinformation à travers son travail de réédition ; mais nous ne voyons pas non plus de retours de lecture ou une application critique à partir de ces lectures).

 

Nous indiquerons qu'en étant le premier site français de réinformation, E&R est l'organe principal de propagande du ronron néo-souverainiste, nous observons dans ses choix éditoriaux une « métapolitique » basée sur une forme de journalisme qui n'incite pas à la construction d'une Quatrième théorie politique...

 

Nous préciserons, pour terminer, que Remy de Brague, jeune penseur mis en avant par E&R, avait quelque peu, et d'une certaine façon, relancé ce travail théorique (via une réédition des Cahiers du Cercle Proudhon augmentée d'une thèse de Monsieur de Brague et sur lequel E&R a insisté, mais ça n'a pas provoqué d'émulation particulière et une mise en branle autour de cahiers dissidents, dans un esprit de synthèse et de groupe de travail ; et, apparemment, nous autres, dissidents, serions exclus de ce travail théorique qui n'existe pas... Exclus d'un travail que nous produisons et que les néo-souverainistes ne produisent pas ; ou de l'arlésienne à l'envers.

 

Le mythe néo-souverainiste est l'usufruit d'un syncrétisme virtualiste, mercantile et spectaliste entre le concept révolutionnaire et marxiste du « Grand Soir prolétarien » (ou de la Grève Générale) ; son impasse ; et, le concept contre-révolutionnaire nationaliste de l' « Homme providentiel ouvriériste »; d'un nationalisme « de pure frime ».

 

Un syncrétisme entre le mythe du Réenchantement (socialiste et productiviste) par internet (Grand Soir 2.0) et le mythe de la « Vacance du Pouvoir » (Homme providentiel pour tous ; auquel nous opposons le concept de Putsch : puisque seule l'armée est en capacité de profiter d'une « vacance » hypothétique du « pouvoir » tout aussi hypothétique) couronnés par le « Réalisme fantastique » de l’Éveil des multitudes occidentales connectées à la virtualité augmentée du Monde libre et le mythe de la Toute puissance de l'ennemi par la réalité diminuée formant l'utopie néo-souverainiste anachronique et schizophrène, voici une autre définition ; une autre articulation ; de ce qu'est le néo-souverainisme, son ronron, son utopie, sa direction...

 

L'utopie néo-souverainiste est le fruit transgénique d'un bricolage idéologique pour sauver la République, recyclage historique pour sauver le nationalisme whestphalien, une manipulation génétique d'idées antagonistes de gauche et de droite (quand il faudrait les « dépasser » pour en faire la synthèse !) pour sauver la « laïcité », une articulation de concepts contradictoires opérée sans volonté de faire synthèse, sans éthique, « à la va comme j'te pousse », une convergence transcourante « chacun de son côté » dans un esprit capitaliste de restauration (ananassurance), d'un esprit libéral de révolution (vent nouveau) et d'un esprit new-age d'initiation (au-dessus c'est le soleil!) : aliénation - subversion - contre-initiation.

 

L'auto-conspiration principielle active et l'auto-complot fondamental objectif de l'utopie néo-souverainiste en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle se résument dans le complotisme compulsif et incapacitant de la Dissidence mainstream, du complotisme comme base idéologique du néo-souverainisme ; le complotisme c'est comploter contre soi-même : se mettre en incapacité de ; incapacité de faire.

 

Le néo-souverainisme est la voie des progressistes honteux, des athées malheureux, des laïques religieux, des républicains joyeux, des démocrates crasseux qui s'encanaillent subversivement avec l'idée de Tradition car ils savent en vérité que seuls les principes traditionnels et absolus se dressent devant le néo-souverainisme, de la Tradition au sens « primordial » du terme, ils savent que seule la Tradition est hautement et solidement révolutionnaire, permet un « réenracinement supra-dynamique », eux ne louent qu'atomisation, qu'arrangement avec le Progrèset n'ont foi qu'en internet, le reboot perpétuel au gauchisme de gauche et de droite, à l'idée extrême de « Restauration », de restauration de l'ancien régime des « Trente glorieuses », nous voyons de quelle nature est leur « Révolution » à travers une décennie d'aventure dissidente, nous ne pouvons plus parler de phénomène récent, de dérives, nous pourrions même parler d'un phénomène finissant et qui, pour survivre, n'a d'autre choix que de remplir une fonction d' « opposition nécessaire », de « nouvelles troupes d'occupation mentale », une Dissidence « trois fois libérale »dont l'avant-garde néo-souverainiste bourgeoise remplit déjà la fonction répressive de « comité de censure interne » à la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, un « comité de censure invisible de dénonciation des déviants », de diffamation et de stratégie de l’édredon envers les pensées non-conformistes, non-conformes au néo-souverainisme, à la forme républicaine, démocratique et laïque du ronron néo-souverainiste.  

 

Leur Tradition est commerciale, leur Révolution, fruitée ; la dérive progressiste criante de l'idéologie néo-souverainiste nous laisse deviner les limites d'une telle orientation. Il est tout de même étrange qu'en dix ans, aucun intellectuel, même extérieur à la Dissidence, n'ait décrit l’idéologie de la Dissidence à l'instar de ce qu'à pu être le communisme ou le fascisme, quelle est cette volonté de ne pas être ? Ainsi, une telle idéologie, dans notre contexte qualifié, nous semble être une idéologie qui, in fine, représente une forme d'anti-dasein. Aucune révolution ne peut s'accomplir, ou s'accompagner, sans qu'un groupe de personne ne porte une philosophie-politique affirmée qui, sur une base théorique solide, peut être mise en pratique et qui a les qualités pour « entrer en conflit avec le réel toujours déjà présent », avec la représentation ultime de notre paradigme, car, en ces temps de « tribulations », la seule volonté qui peut exister est une volonté d'entrer réellement en conflit avec le réel, avec le Monde moderne, or, tout nous démontre que personne de la Dissidence n'assume l'esprit de Croisade contre le Monde moderne qui devrait animer ceux qui se réclament de la Tradition, que personne ne prend des positions verticales et radicales quant à l'actualité la plus brûlante au sein de la Dissidence : ils tous la trouille...        

 

Ce Nationalisme hésitant, conforme à la forme de la forme étatique « jacobine », et, de la forme d'une identité nationale « baudinienne » conformes à la forme de la République universelle, interdit toute forme de légitimitésociale et d'autorité économique conforme à la forme de la Tradition non conforme à la forme de la post-modernité et incompatible avec cette disputation démocratique interne sur la gestion alternative de la Marchandise et l'organisation subversive du Spectacle autorisée par le système libérale-libertaire et imposée comme limite au débat prérévolutionnaire par la Dissidence mainstream des intermédiaires, des démocrates, des avocats, des journalistes et des animateurs.

 

Intermédiaires qui se permettent désormais de censurer des penseurs et des mouvements sur les critères du ronron qui n'existait pas, par exemple, le critère « spectaliste » qu'un penseur qui ne fait pas de vidéos n'est pas un penseur (cqfd), le critère « quantitatif » de l'audience (par le nombre de vues youtube), le critère « vu sur E&R »,le critère « adoubé par Dieudonné », le critère « mercantile » du ixième constat de faillite à vendre, mais jamais sur le critère de la confrontation des idées : de la Liberté d'expression, la « liberté d'expression » de la Dissidence est aussi à « géométrie variable » et très « étasunienne »...

 

Complotisme et contre-initiation

 

« On pouvait donc parler autrefois du caractère sacré du principe de la souveraineté et de la puissance, c'est-à-dire de l’État. Ainsi, c'est au domaine du sacré qu'appartient essentiellement l'ancienne notion romaine de l'impériumqui, avant d'exprimer un système d'hégémonie territoriale supranationale, désigne la pure puissance du commandement, la force quasi mystique et l'auctoritaspropres à celui qui exerce les fonctions et possède la qualité du Chef, aussi bien dans l'ordre religieux et guerrier que dans celui de la famille patricienne – la genset éminemment, de l’État, de la respublica. Dans le monde romain, profondément réaliste pourtant, et précisément parce qu'il est profondément réaliste, ce pouvoir, qui est en même temps « auctoritas », garde toujours son caractère de force lumineuse d'en haut et puissance sacrée, au-delà des techniques diverses et souvent illégitimes qui conditionnèrent son accès au cours de diverses périodes de l'histoire de Rome. »Julius Evola, Les Hommes debout au milieu des ruines, Chapitre II SOUVERAINETE - AUTORITE - IMPERIUM, pp. 29-30, aux éditions Pardès   

 

Une part de la Tradition primordiale est préservée au sein des religions justifiées et des structures traditionnelles à travers la transmission exotérique des textes sacrés et fondateurs, leurs interprétations classiques, la qualité d'archive, de longue mémoire, des approches finalement universitaires ; des « humanités » ; au sens nobles du terme de la Tradition ne sont pas à dénier, mais la portée mystique des révélations cycliques, des apparitions eschatologiques, des rappels de la Religion originelle et de l'Humanité adamique nous indiquent que l'autre part, est, et doit-être préservée par les hommes libres à la suite de ceux qui les ont persévéré pour les maintenir « intacte » ; le plus intacte possible ; jusqu'à présent, par l' « initiation alchimique » de la Science Sacrée de l'être, et qui nous permettent aujourd'hui, malgré toutes les occultations, de redécouvrir et d'aller rechercher la Tradition intérieure où elle est, contre tous les impérialismes de l’indistinction ; contre la subversion du marxisme, l'aliénation du nationaliste et la contre-initiation du complotisme : la conspiration mondialiste ; contre le Monde moderne ; contre tous les contres et leurs vrais-faux contraires qui se sont construits uniquement et exclusivement contre la Tradition et pour se dresser précisément et exactement contre la Révolution.

 

Les militants néo-souverainistes ; davantage « patriotes »que « nationalistes » selon une définition du patriotisme qui échappe à toute définition précise,s'ils n'articulent pas ouvertement et en conscience les idéesqui forment objectivement leur ronronmais le portent comme les rats la peste ; ne formulent pas de théorie politique officielle, mais véhiculent une idéologie officieuse ; ne veulent pas écrire leur Quatrième théorie politique, mais fondent des partis, des loges, des lobbys et forment les troupes d'occupation mentale d'une idéologie « idéologiquement neutre »; établissent un constat de faillite, qu'ils reprennent à zéro périodiquement (reboot perpétuel), car, visiblement, leur méthode journalistiqueet leur philosophie complotiste ne leur permettent pas de formuler une « conclusion commune et opérative » sur la naturede l'ennemi,de comprendre la nature « empirique » de l'hégémonie paradigmatique du Libéralisme « trois fois libérale » ; ne leur permettent apparemment pas de passer d'un constat de faillite du système capitaliste-libéralà la conclusion de l'effondrement de la civilisation occidentalepour aller vers un mouvement de critique positive et radicale de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècleet la faire transmuter en « mouvement révolutionnaire » : Le ronron néo-souverainistene permet pas de formuler notre désaccord avec le Libéralisme triomphantet notre rejet du Monde moderne.

 

Toutes les idéologies en mouvement dans la Dissidence sont des idéologies de la Défaite

 

Francis Cousin, et son occultisme du jouir sans entrave sous couvert de véritable tradition primitive (comme il y a la véritable démocratie de Chouard), ne comprend pas le principe de la chute et la théorie de l'involution, il attaquait récemment René Guénon dans un article, on ne sait trop pourquoi mais c'est là un signe des Temps. Francis Cousin confond Tradition primordiale et le fait qu'il y a eu une caste unique aux Origines. Nous avons déjà répondu dans De la méthode(et dans les Rencontres Eurasistes) à son incompréhension de la « trifonctionnalité » à cause de son « évolutionnisme dialectique » et son « fétichisme » du bon sauvage. La question qu'il faut se poser est : qu'est-ce que ce genre de réflexion entretient ? Réponse : le mythe de la toute puissance de l'ennemi ; que Guénon a expliquer à sa manière et dont il a démontré la subversion. La Tradition ça n'est pas les premiers pas de bébé-Adam comme la vie n'est pas le premier cri d'un nouveau né, aussi « primordial » soit-il, elle est là avant le premier cri du premier homme et continue au-delà du dernier râle du dernier homme...

 

Le néo-souverainisme, comme toutes les idéologies progressistes, modernes et évolutionnistes, ne se dresse que contre (Liberté d'expression « par rapport à ») et ne se construit qu'en censure (Stratégie de l'édredon) à l'encontre des idées « rupturalistes » (Steuckers), « eurasistes » (Douguine), « traditionalistes » (James), « catholiques », « non-conformistes », etc... Son opposition au système n'empêche pas qu'il se construit de cette façon.

 

Ainsi, après dix ans d'établissement de constat de failliteet de dressage de listes de faits factuelspour conclure à un effondrement contrôlé, le constat et la conclusion néo-souverainistes montrent leurs limites.  

 

Nous devons dépasser le ronron néo-souverainiste, reformuler et nous arrêter sur un constat, formuler une conclusion, nommer notre théorie et avancer en son nom. Demande aux néo-souverainistes d'où ils parlent Camarade. Ils ne le savent pas, nous autres, dissidents, nous le savons, le disons et avançons ! 

 

Nous avons donc besoin de reformuler un constat corrosifsuffisamment définitif, projectif, dans l'urgence, plus précisément, de dépasser tous les constats dans une « interaction recommencée », une réelle volonté d'articuler les idées en puissance vers une Quatrième théorie politique Française de voie Européenne et de critique Eurasiatique, comme fondement objectif à l'établissement d'une conclusion commune et opérative.

 

L' « Autorité » naîtra d'une volonté de puissancequi ne peut se réaliser que par la mise-en-marche en avant à contre-courant d'une Quatrième théorie politiquepar un mouvement métahistorique et suprarationnelle surgissant d'où on ne l'attendait pas pour « brusquer l'Histoire », et allant dans le sens de cette mise révolutionnaire en avant d'une marche traditionnelle à contre-courant que nous autres, dissidents, aux orientations non-conformistes, rupturalistes, traditionalistes et eurasistes, avons indiqué une voie en indiquant nos sources et références idéologiques, politiques, géopolitiques, métapolitiques, philosophiques, métaphysiques, ésotériques, spirituelles et révolutionnaires ; une idéologie du Fanatisme, une politique de Droite, une géopolitique Continentaliste, une métapolitique de l'Ordre, une métaphysique du Chaos primordial, un ésotérisme de la Voie gauche, une spiritualité de la Justice, une révolution de la Liberté ; une Tradition sévère de la fidélité à l'Amour.

 

La synthèse la plus accessible et la plus apparente est le constat que nous avons découvert à travers les travaux transparents et ouverts d'Alexandre Douguine qui, transversalement à l'établissement de son constat de faillite du monde moderneen même temps –, reconstruit une méthode avertie qui, avant même de parler d'idéologie, de philosophie-politique et de métaphysique, est une méthodequi est à la fois une philosophie, comme le constatdoit être à la fois la conclusion, une méthode révolutionnaire et traditionaliste(qui pour nous autres, dissidents, porte tous les « alter », les « néo » les « anti » quelque chose de la Dissidence, mais en valeur absolument positive de par la nature traditionnelle de son principe primordial supérieur s'exprimant dans une synthèse pure et un désaccord clair contre le Monde moderne : Comprendre la République universelle) quand le néo-souverainisme se définirait davantage comme une méthode journalistique philosophiquement marxiste, « souverainiste » et complotiste (en valeur strictement négative de par la nature subversive de sa stratégie primitive et inférieure au sens où elle n'a permise aucune synthèse d'émerger et que rejet, son refus, son « désaccord » avec le Monde moderne n'est pas clair).

 

Une différence importante et objective entre le néo-souverainisme et l'eurasisme est que, le constat de faillite néo-souverainisteest, en dernière instance, uniquement et exclusivement « déconstructiviste », tandis que l'eurasisme est d'abord une méthode déductive qui a permit d'établir beaucoup plus qu'un « constat de faillite » tout en construisant une philosophie-politique. Où est le Douguine du néo-souverainisme ? Les idéologies ont les théoriciens qu'elles méritent.

 

Derrière toutes les « grandes individualités » il y a l'immense et rougeoyante insurrection d'un « concept absolu » en mouvement dans  les « volontés de puissance » des incendies intérieurs de l'êtreet de son œuvre au noirvers de grandes manœuvres civilisationnelles sous un soleil blanc le jour, et sous la Grande Ourse la nuit ; le soleil circumpolaire et l'étoile polaire de notre Nord, notre Grand Nord ; invaincu.

 

La réponse métapolitique globale à l'Hégémonie métahistorique de l’Empire du non-êtrepasse d'abord par instaurer une méthode authentiquement révolutionnaire et radicalement traditionaliste(nous savons les « inversions accusatoires » des experts en « allusions », dont la médiocrité n'a souvent d'égal que leur pédanterie, et ne fait guère illusion, le mépris et la condescendance transpirent par tous les pores du ronron néo-souverainiste qui gronde, grogne et grommelle, mais ne mord pas, qui est moins « rond » et prompt à chevaucher nos questions et y répondre qu'il est « carré » et courageux pour répondre au mainstream médiatique, et nier l'existence des questions posées, mais nous comprenons, un ronron ne peut pas pas répondre à un rugissement, il ne peut qu'essayer d'étouffer l'animal, le trucider à la sulfateuse) dans l'unique pragmatisme d'une Croisade contre le Monde modernetandis que la Dissidence est dans une optique de gestion alternative de la Marchandisecomme « maximum révolutionnaire », et, le réalisme exclusif d'un continentalisme immédiatistesans équivoque ou ambiguïté, quand la Dissidence est dans une perspective d'organisation subversive du Spectaclecomme « maximum traditionaliste » avec son « smart-power pro-russe » qui ferait pitié à un cosaque tellement l'est mignon, mignon comme un chaton qui ne demande qu'un peu de lait...

 

Soyons, quelques lignes, dans le pamphlet pour le pamphlet, car il faut tout de même évoquer la surface des choses et dévoiler l'épiderme des imbéciles. Nous avons envoyé quelques messages pour indiquer des sources, des références, et nos contributions eurasistes à titre de correspondance, ou parfois de réponse, quoiqu'il en soit, nous n'avons jamais eu de réponses de la plupart des intéressés, alors, s'ils n'ont pas d'idées, s'ils ne pensent pas au-delà du constat, s'ils sont « idéologiquement neutres » dans leur conclusion, c'est, en quelque sorte, leur droit, leur saloperie de liberté à la con, nous le respectons, mais nous autres, dissidents, sommes privés d'un droit de réponse, et nous ne pouvons même pas savoir sur quels critères cette « censure » s'opère, pourquoi ne prennent-ils même pas la peine de nous répondre ? Un mystère. Et surtout, pourquoi boycotter nos sources et censurer nos références à travers nous ? Pourquoi étouffer les « idées eurasistes » et « traditionalistes » avec ce mépris très ciblé et cette condescendance très ennuyée ?

 

Pourtant, si l'on veut bien analyser, les lignes éditoriales (et le monde du commentaire) de la sphère dissidente, et si l'on veut bien accepter d'y voir toute la régression dans la massification et le nivellement par le bas qu'impose le ronron néo-souverainiste (et x autres phénomènes qu'il faudrait alors dix tomes pour les identifier et les lister) : l'involonté de puissance;le relativisme identitaire; l' « ethnomasochisme universitaire » ; entre frilosité d'une métapolitique normaleet tiédeurdes cercles aristotéliciens qui n'ont de « Grec » que la « sodomie démocratique » (pardon pour les grecs, mais cette bande de PD commencent à nous gaver!) ; cette indignité dans l'indignation, toute fragile, l'indignation fragile des dissidents fragiles ; la méthode journalistique de la réinformation mortifère et la stratégie éditoriale du complotisme anxiogène pour remplacer l'initiation vivante et les « chaînes civilisationnelles de conduction de stress anthropologique », l'infidélité à la France Fille aînée de l’Églisepourun modernisme agnostique, laïque et athée, pour un matérialisme dialectique marxiste pas très orthodoxe, et qui plus est imposé comme « limite métaphysique » à notre Croisade pérennialiste contre le Monde moderne;la « tolérance » sans l'espérance, la charité sans le « soi-même » ;l'incapacité en acted'un « égalitarisme impossible », et, l'opposition nécessaireen présence dans les « incantations réconciliatrices » : réconciliations incantatoires avec, certes, des petits accrocs judiciaires, quelques attaques aussi rares que spectaculaires, donnant une certaine « légitimé médiatique » à quelques uns (mais d'une manière générale c'est Soral et Dieudonné qui ont amorti une grande partie du choc médiatique, et ils ont l'air de plutôt bien le vivre, d'être soutenus comme il se doit) ; de la Dissidence mainstream de Joe le Corbeau à MetaTV, en passant par Debout les Belges et le Cercle des volontaires ; bref, toutes ces observations ici réduites à leur expression idéologique principielle ; et que nous sommes prêts à débattre ; nous démontrent que nous sommes, aux mieux, en face d'un « alter-mondialisme 2.0 », un « antimondialisme alter-mondialiste », qui fait de la Dissidence de tous les antagonismes arrangés en syncrétisme stérilisant, ronron incapacitant et subversion neutralisante, la nouvelle gauche dissidente en « dissidence » à la nouvelle gauche mainstream. Marxistes contre Marxistes. Cramés contre Cramés. Nous autres, grands brûlés, allons faire bouillir le Lait.

 

Avons-nous parcouru tout ce chemin pour sauver la République et remplacer les antifas ? Et est-ce nos camarades de la Troisième voie cautionnent les « pseudos-fascistes » et les « vrais-faux nazis » en mouvement en Ukraine, sous perfusions mondialistes et travaillant actuellement, objectivement, pour l'UE plutôt que pour l'Europe ? Comment fait-on entre ceci et cela, entre ça et le néo-souverainisme ?

 

Et la Dissidence emblématique, officielle et mainstream du « ni gauche ni droite ni centre ni religion ni tradition ni tout ni rien ni vrai ni faux »ne peut pas démentir notre affirmation (qui n'a rien de gratuite ou de péremptoire ; la petite garce le sait très bien, sait très bien que nos remarques ne sont ni gratuites ni péremptoires et que tout ceux qui passeront dessus en reviendront de cette petite salope qui baise avec tout l'immeuble)  par son ronron néo-souverainiste ou viason républicanisme, son démocratisme, son laïcisme de « petite chatte » ; mais aussi via son libéralisme renouvelable, son progressisme écologique et son multiculturalisme biodégradablequ'elle compte forcément gérer par une République Verte Mondiale, son multiculturalisme n'est gérable que par l'assimilation « à l'anglo-saxonne », c'est-à-dire un communautarisme de séparation isolatoire sur un même territoire, c'est-à-dire un communautarisme racial (et/ou ethno-religieux)sur l'espace vital et civilisationneld'un tiers, une situation de mise en échec volontaire d'une « assimilation individuelle » encore possible et qui doit être possible car si elle n'est pas ou plus possible, le « lobbyisme communautaire » n'est pas davantage possible, ou acceptable, lui non plus, encore moins possible, encore moins acceptable , certes abandonnée comme modèle d' « assimilation » depuis les années 80 lors du « dernier » tournant libéral de la gauche libéral-libertairede 68, débouchant sur une double exacerbation des tentions sociales, économiques, religieuses et raciales par l’interaction d'une politique victimaire et d'une politique de repentance à travers ce lobbyisme communautaire organisé pour toute identité et pour toute vision d'une assimilation républicaine « chacun de son côté », ou, vers le « syndrome brésilien » ; plutôt que l'idée « finalement traditionnelle » de Remigrationde Laurent Ozon et le Retour au pays réel« finalement primordial » de Kemi Seba, du Sheik Imran Hossein, de Renaud Camus, la liste est longue, de tout le monde d'un peu sérieux, qui ne veux pas dire « réaliste », comme projection synergique d'une « altérité stratégique » qui  nous semblerait davantage approcher du projet initial de « réconciliation nationale »que cet antiracisme colonialiste et paternaliste 2.0clairement évoqué dans la présentation gaullo-marxienne du parti néo-souverainiste d'Alain Soral et Dieudonné : Réconciliation nationale, on se demande entre qui et qui ou quoi et quoi, entre la vraie et la fausse République ?

 

Une Dissidence qui, via son ronron droit-de-l'hommiste,est un vecteur pour ce que Pierre Ryssen, ou Hervé Hillard, nous ne savons plus, appelle le « noachisme planétarien »(« smart-power »de la « pax judaïca »), qui ne pose donc aucun problème au sionisme grand-israëlien(« hard-power »de la « synagogue de Satan », du même « anté-messianisme », c'est-à-dire, de la synagogue « qui fait obstacle à la lumière », ce qui ne veut pas dire que les « juifs » sont « satanistes » au sens qu'ils vouent un culte à Satan, mais que par leur « refus » de se convertir au Christ ils sont un « obstacle » à sa « lumière », et aide donc Satan à être un « obstacle »), et que les libres penseurs marseillaisne voient pas en présence dans le néo-souverainisme. Pour des experts du mondialisme et de la subversion, c'est faible ; fragile : on s'en fou du prix de la moto d'Alain Soral ou de son passé qu'il n'a jamais caché. Mais le dentiste-archéologue à la même idéologie, il ne peut aller que sur le terrain de la morale et la pureté complotiste.

 

Une Dissidence antimondialiste et antisionistequi ne comprend pas tant que cela la naturedu « noachisme » dont nous autres, dissidents, traditionalistes et eurasistes, leur montrons que nous reprenons l' « arc-en-ciel métaphysique »aux kabbalistes qui l'avaient pillé à la Tradition alchimique ;et qu'ils ont accolé à l'obscène lobby LGBT. Qui comprend le mieux le mondialisme ? Les néo-souverainistes ou les eurasistes ? 

 

« 11 Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. »

12 Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais :

13 je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre.

14 Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages,

15 je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair.

16 L’arc sera au milieu des nuages, je le verrai et, alors, je me souviendrai de l’alliance éternelle entre Dieu et tout être vivant qui est sur la terre. » Genèse, 9

 

La logique du Complotisme compulsif(comme méthode journalistique de la Réinformation mortifère constituée en établissement de constats et en dressage de listes) est simple : comme une certaine « franc-maçonnerie spéculative » aux portées « occultistes » a sacrifiée la Traditiondans un syncrétisme scientiste pour bricoler une « légitimité ésotérique », et, a inversée la Révolutionau nom de la République universelle, des Lumières, pour les « complotistes » : la Traditionest uniquement satanique et la Révolutionest exclusivement franc-maçonnique. Voilà sur quoi toute la métaphysique du néo-souverainismerepose, sur une abominable « quadrature » d'un cercle infernale,contradiction d'une Dissidence qui veut combattre le Monde moderne et lutter contre le Capitalisme « trois fois libéral » en disant que l'ésotérisme révolutionnaireest satanique mais que leur matérialisme marxisteest révolutionnaire, qu'une « révolution catholique » serait donc « franc-maçonnique » mais que la VIème République est intrinsèquement « chrétienne », qu'il faut se dresser devant l'un et l'autre et les deux ne faisant qu'un, au nom de la République, de la Démocratie et du Laïcisme, tous « triomphants ». Dans tous les cas, la schizophrénie du complotismeporte le mythe de la toute puissance de l'ennemi en étendard ; de cette fierté d'être un athée rouge, un agnostique blanc et laïque noir. Cyniquement kabbaliste...

 

Avec les appels, de la Dissidence emblématique et officielle, à l'alya de tous les juifs en Israël, que cet effet soit produit directement ou indirectement, franchement ou subtilement, consciemment ou inconsciemment, le néo-souverainisme, comme ronron très idéologique de la Dissidence mainstream « idéologiquement neutre », est un outil potentiel de subversion mondialistede l'hyper-caste hors-sol et hors-pôle, aucuns dissidents antisionistes ne contestent ce ronronque par ailleurs aucuns ne définit non plus puisqu'il est « idéologiquement neutre » et qu'il n'y a donc rien à en dire, qu'il est une objectivité, un pragmatisme, un réalisme, un rationalisme... Et fier de l'être. Aujourd'hui, la politique, c'est être fan deet fier de donner raison à.

 

Hyper-castedans une stratégie d'accélération systémique de l'effondrement synthétique transitionnel de son « système » et de la civilisation occidentaleen suggérant et amenant les « puissances » à accomplir son « agenda », ses prophéties auto-réalisatrices, son scénario eschatologique, son messianisme : sa conspiration mondialiste, selon ses visions antitraditionalistes, selon son idéologie unique et exclusive de l' « antéchrist-pour-tous ».

 

Le néo-souverainisme, pour ceux qui en douterait,est l'ennemi intérieur et déclaré, annoncé et juré, de l'Eurasismeet de la convergence prérévolutionnaire de la Fin.Son « mythe » est mythomanie, de par son défaut républicain, son erreur démocratique et sa filiation laïque, une utopie loin de la Révolution conservatrice Allemande ou du Cercle Proudhon.

 

Où nous pensons voir un empereurou un tsar, en la personne et dans le « concept absolu » Vladimir Poutine, les dissidents néo-souverainistes de la Dissidence mainstreamvoient un anti-fasciste, un alter-patriote et un néo-nationaliste, un pourfendeur westphalien du « néo-fascisme » européendonc, pourfendeur masqué des oligarchies occultes de l'OCDE « trois fois libérales », un « républicain bonapartiste », un « démocrate jacobin » et un « droitdel'hommiste communiste » : tout un programme. Nous affirmons qu'ils se trompent tous sur la naturedu concept Vladimir poutine, « concept absolu » de la Nouvelle Russie, del' « Empire Eurasiatique de la Fin ».

 

Démocratie et subversion

 

« On peut ne pas admettre le principe de la souveraineté, mais, si on l'admet, il faut lui reconnaître en même temps un caractère absolu. Un pouvoir qui est en même temps auctoritas - aeterna auctoritas dirait-on dans le style romain - doit posséder en propre le caractère « décrétif » de ce qui constitue l'ultime instance. Un pouvoir et une autorité qui ne sont pas absolus ne sont ni autorité, ni pouvoir, ainsi qu'à bien su le mettre en relief Joseph de Maistre. Pas plus que dans l'ordre des causes naturelles, on ne peut, dans l'ordre politique, remonter à l'infini de cause en cause ; la série doit avoir sa limite en un point défini par le caractère inconditionné et absolu de la décision. Et ce point sera aussi le point de stabilité et de fermeté, le centre naturel de tout l’organisme. Si, en son absence, une association politique ne saurait être qu'un simple agrégat, une formation provisoire, le pouvoir dont il s'agit se rattache au contraire à un ordre transcendant qui, seul, peut le fonder et le légitimer en tant que principe souverain, autonome, premier, base de tout droit sans être lui-même soumis à aucun droit. En réalité, les deux aspects, les deux exigences, se conditionnent réciproquement et c'est précisément leur interférence qui fait ressortir la nature du pur principe politique de l'imperium et donc aussi la figure de celui qui, en tant que véritable chef, devra le représenter et l'incarner. » Julius Evola, Les Hommes debout au milieu des ruines, Chapitre II SOUVERAINETE - AUTORITE – IMPERIUM, p. 30, aux éditions Pardès       

 

Un « concept absolu » a besoin d'être comprit et soutenu par des Ordres de combattantset pas d'associations de journalistes indépendants. Le néo-souverainisme – ou, « nouvelle opinion publique »selon le concept développé récemment par Adrien Abauzit (néo-souverainiste « catholique-protestant » de son état), qui est exactement l'exemple de l'excentricité bipolaire du néo-souverainisme qui, dans une certaine excitation électoraliste, en oublie la fabrication de l'opinion et du consentement démocratique, ce gaullisme anachronique, est l'échelle « natio-régionale » et « stato-nationale » de la République mondiale anti-Franceà laquelle nous opposons l'idée fondamentale d'Imperium : De l'Empire Eurasiatique de la Fin ; mythe justifiéet immédiat de notre temps qualifié.

 

Le néo-souverainisme c'est la France mystique sans la Tradition.

 

Modèle westphalien et conspiration mondialiste

 

« La théorie « juridique » de la souveraineté (le soi-disant « État de droit », cf. Kelsen), quelle que soit la forme qu'elle revête, concerne uniquement un caput mortuum, à savoir la condition propre à un organisme politique éteint, à un organisme qui subsiste mécaniquement dans un État où son centre et ses forces génératrices originelles sont latents ou absents. Si donc l'ordre, la forme victorieuse du chaos et du désordre, donc la loi et le droit, sont la substance même de l’État, tout cela ne trouve sa raison suffisante et son ultime justification que dans la transcendance invoquée.

D'où le principe : princeps a legibus solutus, la loi ne s’applique pas au chef, de même que, selon l'expression d'Aristote, ceux qui sont eux-mêmes la loi, n'ont pas de loi. En particulier, l'essence positive du principe de la souveraineté a été reconnue, à juste titre, dans le pouvoir de décider d'une manière absolue, au-delà de tout lien et de toute discussion, dans des circonstances exceptionnelles ou des cas d'urgence - c'est-à-dire lorsque le droit en vigueur et les lois sont suspendus ou que leur suspension s'impose. En pareils cas, comme dans toute situation difficile, se manifeste de nouveau, se rallume la puissance absolue d'en haut qui, bien qu'elle demeure invisible et silencieuse à tout autre moment, ne cesse pas pour autant d'être présente lorsque l’État reste fermement attaché à son principe générateur, lorsqu'il est un organisme vivant et non un mécanisme, une routine. Les « pouvoirs exceptionnels » et la « dictature » sont les moyens nécessaires, les « moyens de fortune » pourrait-on dire, qui s’imposent en semblable conjoncture, lorsque le réveil attendu du pouvoir central de l’État ne se produit pas. Dans ces conditions, la dictature n'est pas un phénomène « révolutionnaire ». Elle reste dans la légitimité, et ne constitue pas un principe politique nouveau ni un nouveau droit. Dans la meilleure période de la romanité elle fut, de ce fait, conçue et acceptée comme un phénomène temporaire et, loin de supplanter l'ordre existant, s'y trouva intégrée. Dans tous les autres cas, la dictature est synonyme d'usurpation. »   Julius Evola, Les Hommes debout au milieu des ruines, Chapitre II SOUVERAINETE - AUTORITE – IMPERIUM, pp. 30-31, aux éditions Pardès

 

République et divertissement

 

« L’État n'est pas l'expression de la « société ». Base du positivisme sociologique, la conception « sociale » ou « sociétaire » de l’État est l'indice d'une régression, d'une involution naturaliste. Elle contredit l'essence du véritable État, invertit tous les rapports justes, prive la sphère politique de son caractère propre, de sa qualité et de sa dignité originelles. La finalité « anagogique » de l’État - en tant que force qui « tire vers le haut » - se trouve ainsi totalement niée.

La sphère politique se définit au moyen de valeurs hiérarchiques, héroïques et idéales, antihédonisteset, dans une certaine mesure, antieudémonistes, qui la situent en dehors du plan de l'existence simplement naturelle et végétative ; les véritables fins politiques, sont, pour une large part, des fins autonomes (non dérivées) ; elles se rattachent à des idéaux et à des intérêts différents de ceux de l'existence pacifique, de la pure économie, du bien-être matériel ; elles correspondent à une dimension supérieure de la vie, à un ordre de dignité distinct. Cette opposition entre la sphère politique et la sphère sociale est fondamentale. Elle a une valeur de "catégorie" et plus elle est marquée, plus l’État est soutenu par une tension métaphysique, plus ses structures sont solides, plus il est l'image fidèle d'un organisme de type supérieur. Chez ce dernier, en effet, les fonctions supérieures ne sont pas des expressions de sa vie biologique et végétative et, sauf dans des cas de décadence et d'abrutissement manifestes, ne sont pas non plus à leur service. Leur activité, bien que reposant sur la vie physique, obéit à ses propres lois et peut éventuellement s'imposer à elle pour la plier à des fins, des actions ou des disciplines qui ne se manifestent ni ne se justifient quand la vie physique est seule en cause. On doit concevoir de la même façon les rapports qui, dans une situation normale, doivent intervenir entre l'ordre politique et la « société ». » Julius Evola, Les Hommes debout au milieu des ruines, Chapitre II SOUVERAINETE - AUTORITE – IMPERIUM, pp. 31-32, aux éditions Pardès                    

 

Quand nous proposons des Assises de la Dissidence on nous parle d' « assemblées constituantes » (animées par les cancrelats les plus insupportables et tyrans de toute la sphère dissidente : les « gentils virus »), quand nous proposons une Critique positive de la Dissidence la Dissidence nous oppose des « clips de rap révolutionnaire », des « chansons potaches », des « polémiques cosmétiques », des « conseils de nutritions », des « techniques pour pisser droit », des « montages malhonnêtes » sur Ahmed Moualek et bien d'autres « divertissements », quand nous proposons une remise en question du modèle westphalien la Dissidence nous parle de l’ « ananassurance » et du journal intime de Laurent Louis sur ô combien il est noble;si c'est lui qu'il le dit ; quand nous proposons une mise en parenthèse de la réinformation pour reconsidérer le « Retour d'Europe » et réactiver un « ésotérisme révolutionnaire » dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle la Dissidence vapote autour de l' « article 50 de l'UPR » (constitué des cafards les plus opiniâtres et totalitaires de toute la sphère néo-souverainiste : les « upériens-pour-attendre » ; la pire des races).

 

L'Eurasisme contre souverainisme-libéral

 

« ...Il existe aujourd'hui des formes politiques où une telle chute de niveau et une telle inversion apparaissent bien clairement, sans confusion possible. Elles s'expriment, en termes non équivoques, dans les programmes et les idéologies de parti. En d'autre cas, la chose est moins visible et c'est alors qu'il est nécessaire de prendre nettement position.

La différence indiquée plus haut entre la conception politique et d’état et la conception physique de « société » se retrouve dans l'opposition qui existe entre État et nation. Les concepts de nation, de patrie et de peuple, malgré le halo romantique et idéaliste qui les entoure parfois, appartiennent par essence au plan « naturaliste » et biologique, non au plan politique, et correspondent à la dimension, « maternelle » et physique d'une collectivité donnée. Lorsqu'on a mis ces notions en relief, lorsqu'on leur a conféré la dignité de qualité première, cela s'est presque toujours produit d'une façon révolutionnaire ou du moins polémique par rapport au concept de l’État et au pur principe de souveraineté. C'est quand on passe de la formule « par la grâce de Dieu » (quelqu'approximative et stéréotypée qu'elle fût pour désigner le véritable droit d'en haut) à la formule « par la volonté de la nation » que s'accomplit, en effet, sous une forme typique, l'inversion déjà notée : passage qui n'est pas celui d'une simple structure institutionnelle à une autre, mais d'un monde à un autre monde, séparé du premier par un hiatus impossible à combler. »Julius Evola, Les Hommes debout au milieu des ruines, Chapitre II SOUVERAINETE - AUTORITE – IMPERIUM, pp. 35-36, aux éditions Pardès 

 

Si nous devons combattre le mondialisme, nous devons combattre ses multiples subversions. Nous devons donc les identifier. Nous ne pouvons pas les identifier avec la méthode unique et exclusive de la réinformation mortifère et du complotisme compulsif.

 

Soyez Evola, soyez Guénon, soyez Bloy, soyez Parvulesco, soyez Weil, soyez Douguine, soyez Artaud, soyez Céline, soyez de Roux, soyez Bernanos, soyez Raimbaud, soyez Bourre, soyez de Maistre, soyez James, soyez Peggy, soyez Maurras, soyez Steuckers, soyez Seba, soyez Ozon, soyez Phaure, soyez Sorel, soyez Ali, soyez Pétain, soyez de Gaulle, soyez Jean, soyez le Christ, soyez Marie, soyez, soyez, il en restera toujours quelque chose. Le monde n'a plus besoin de journalistes mais de prophètes.

 

Une forêt qui pousse fait moins de bruit qu'un gland qui tombe

 

« Dans la même ligne que ce qui précède, il est clair que notre radicalisme de la reconstruction n'implique pas seulement le refus de transiger avec quelques variantes que ce soit de l'idéologie marxiste ou socialiste, mais aussi, plus généralement, avec ce qu'on peut appeler l'hallucination ou la démonie de l'économie. Il s'agit ici de l'idée selon laquelle c'est le facteur économique qui est important, réel, décisif, dans la vie individuelle comme dans la vie collective ; de l'idée que la concentration de toute valeur et de tout intérêt sur le plan de l'économie et de la production n'est pas l'aberration sans précédents de l'homme occidental moderne, mais quelque chose de normal, non une éventuelle nécessité brutale, mais quelque chose qui doit être voulu et exalté. Capitalisme et marxisme ne sortent pas de ce cercle fermé et obscur. Ce cercle, nous devons le briser. Tant qu'on ne saura parler que de classe économique, de travail, de salaires, de production, tant qu'on aura l'illusion que le véritable progrès humain, la véritable élévation de l'individu sont conditionnés par un système particulier de distribution de la richesse et des biens, et dépendant donc de l'indigence ou de l'aisance, de la situation américaine de prosperity ou celle du socialisme utopique, on restera sur le même plan que ce qu'il faut combattre. » Julius Evola, Orientations, Point 6, pp. 57-58, aux éditions Pardès

 

Nous comprendrons sans doute un jour pourquoi les parangons de la Liberté d'expression de l'entre-soi, la Dissidence emblématique, officielle et mainstream, que nous lisons, entendons, écoutons, relayons, rencontrons et avec qui nous parlions volontiers, à qui nous avons envoyé, patiemment, à maintes reprises, et toujours très courtoisement aux débuts : avant de constater le mépris de leur silence et la condescendance gratuite de la censure de notre concept Critique positive de la Dissidenceet notre idée d'Eurasisme européendont nous avions entreprit la construction et établit des bases car il nous semble incontestable que la Dissidence avait besoin d'une critique radicale de ses convergences prérévolutionnaires et ses orientations, et, avec tout le recul sur notre style, certes, en « construction », et que nous travaillons beaucoup à amélioré ça concerne entre une trentaine et une cinquantaine de dissidences, de libres penseurs, de personnalités dissidenteset leur nombre de militants, sur une période de plus de trois ans : un échantillon respectable nous semble-t-il –, bref, d'une manière ou d'une autre, dans le conseil ou dans la prise en compte, ils ne nous ont jamais répondu, ni sur le fond, ni sur la forme, ni accusé de réception, ni correspondance, ni relais, ni remarque, ni réaction, ni oui, ni merde...



Mais ça n'est pas à nous autres, dissidents du quotidien, qu'il fallait répondre, nous n'avions pas vocation à écrire nous cette critique qui ne venait pas, mais à nos idées, à nos articulations, aux références que nous essayons de véhiculer à travers elles, comme à tout le monde, ni plus ni moins.

 

Ils n'ont plus rien dire et ne sont que dans le recyclage du 11 Septembre... Et nous autres, dissidents, en avons fini avec la dissidence virtualisteet la web-résistance des censeurs démocrates et de l'arrière-garde républicaine,nous attendons les dissidents authentiquessur le « terrain du réel » (même si nous savons pertinemment que ça n'aura pas lieu, puisque aucuns de nos camarades, ou que très timidement, ne nous ont efficacement aidé à diffuser nos idées, qu'ils valident pourtant, et demandé pourquoi ce mépris à qui de droit, ne serait-ce que dans le cadres déjà restreints des « réseaux sociaux », ou dans l’envoi de mails, ce qui relève plus d'un manque d'humour que d'autre chose, ainsi soit-il), car si vous comprenez que nous parlons ici d'une durée entre trois mois et trois ans (pour certains de nos fiers dissidents, de nos courageux intellectuels et libres penseurs que nous avons interpellé, de manière très espacée et de la façon la plus courtoise nous insistons, ou auxquels nous voulions simplement signaler nos travaux et quelques références essentielles), que vous comprenez l'essence de leur mépris et la substance de leur condescendance, et que vous comprenez que pas une seule seconde nous pleurnichons mais que nous vous expliquons que c'est de votre « liberté d'expression » dont il est question, vous comprendrez qu'en plus d'être débranchés, nous devons être déconnectés et créer, « suractiver » une réponse, une Théorie politique Européenne de Troisième voie et de Quatrième nanalyse. 

 

Nous rappelons, à cet effet, que sur une période de plus ou moins six ans ; aujourd'hui, six ans, c'est une génération ; où la Dissidence était orpheline d'une théorie politique et philosophique, l'atelier d'E&R, que nous prenons ici à titre d'exemple en tant que Dissidence emblématique, a produit un seul article original sur l'Eurasisme et par extension autour d'une Quatrième théorie politique.

 

Nous ne ferons pas la liste du nombre d'articles et de vidéos d'essences marxistes, complotistes et en substance « souverainistes » diffusés durant cette longue période... Nous n'oublions pas les vidéo-conférences d'Alexandre Douguine produites par E&R (par une antenne d'E&R en particulier), et nous notons que ce désintérêt n'est pas typique d'E&R, mais qu'il touche toute la Dissidence, et également les « cercles non-conformistes » qui, bien qu'en parlant assez négativement, en parle davantage que la Dissidence, et nous ont davantage relayé que les « cercles néo-souverainistes », s’il en est, mais au-delà du relais, il faut dire que nous n'avons pas eu beaucoup de « retours », de « réponses », de « critiques positives » et que ça n'a pas débouché sur des correspondances métapolitiques stimulantes qui pourraient nous aider à nous faire comprendre toujours un peu mieux étant donné que travaillons sur « notes » et par une technique de mises-à-jour de nos textes sur la durée car nous considérons que les idées n'attendent pas et qu'il faut s'essayer à dépasser les subversions en temps réel même si la forme n'est pas toujours parfaitement aboutie en ce sens où nous abordons l'inconnu qui, selon nous autres, dissidents, eurasistes et traditionalistes, ont pourtant plus de points communs et de convergence avec l'eurasismequ'avec le souverainisme et le néo-souverainisme, et même qu'avec le nationalisme... Mais nos camarades de la Troisième voie le savent aussi bien que nous, nous savons qu'ils pensent chevaucher la Dissidence, nous pensons qu'ils se trompent et que la subversion néo-souverainiste chevauche la Troisième voie, il leur appartient de rejeter notre conviction comme il leur appartient de nommer cette idéologie ou de ne pas la nommer, de ne pas la combattre...

 

La Réponse sera Métapolitique!

 

N.Pendragon

 

(Lire aussi Notes sur le néo-souverainisme et De la méthode)

 

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23/12/2014

De la Quatrième théorie politique

 

en cours de mise-à-jour...

 

« 121. – Ce que je vais vous dire, reprit Merlin, vous paraîtra très étrange, et je vous prie de le garder secret, et de ne le dire ni au peuple, ni à vos chevaliers. Car je veux que le profit, le mérite et l'honneur de la chose vous revienne entièrement. » Le roi dit qu'il n'en parlerait jamais, si ce n'est avec son aval. « Seigneur, dit alors Merlin, vous devez bien croire et admettre que je connais le passé, discours et évènements ; je reconnais devant vous que ce talent me vient de ma nature diabolique. Mais Notre-Seigneur, qui est tout-puissant, m'a donné la capacité de connaître l'avenir : et par cette vertu souveraine les diables m'ont perdu, si bien qu'à Dieu ne plaise que je fasse jamais leur volonté !

 

122. « Seigneur, vous savez désormais d'où me vient le pouvoir que j'ai de connaître les choses. Je vais maintenant vous dire ce que Notre-Seigneur veut que vous sachiez. Et quand vous le saurez, prenez soin d'agir conformément à sa volonté. Seigneur, ce doit être votre Credo que Notre-Seigneur vint sur cette terre pour sauver le monde, qu'il prit part à la Cène et dit à ses apôtres : "L'un de vous me trahira" Seigneur, en vérité, il en fut comme il avait dit ; et celui qui commit ce forfait fut retranché de sa compagnie – comme il l'avait dit également. Seigneur, il arriva ensuite que Notre-Seigneur souffrit pour nous mort et passion, et qu'un chevalier demanda son corps pour le descendre de la croix. Seigneur, il lui fut donné en guise de salaire pour son service. Seigneur, Notre-Seigneur aima beaucoup ce soldat, puisqu'il voulut lui être donné, et y consentit. Seigneur, ses apôtres en eurent par la suite bien des peines et bien des angoisses. Seigneur, il arriva, longtemps après la Résurrection de Notre-Seigneur, que ce soldat se trouva, avec une grande partie de son lignage, et d'autres gens qui s'en allaient à sa suite, dans une région désertique et sauvage – et c'était après la vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Seigneur, ils eurent à souffrir une grande famine, et ils s'en plaignirent au chevalier qui était leur chef ; il pria Notre-Seigneur de manifester par un signe la raison pour laquelle il voulait qu'ils endurent cette calamité. Et Notre-Seigneur-Dieu lui commanda de construire une table, de la couvrir de toile blanche, et de poser dessus le Vase tout recouvert, au haut de la table en face de lui.

 

123. « Seigneur, ce Vase lui avait été donné par Jésus-Christ ; et c'est par son entremise qu'il sépara les bons des méchants. Seigneur, celui qui pouvait s’asseoir à cette table voyait s'accomplir tous les désirs de son cœur. Seigneur, il eut toujours à cette table, depuis l'origine, un siège vide qui symbolise la place où Judas était assis lors de la Cène, quand il entendit ce que Notre-Seigneur disait à son propos. Seigneur, il fut retranché de la compagnie de Jésus-Christ, et sa place resta vide jusqu'à ce que Notre-Seigneur y mette un autre qui le remplace pour compléter les Douze, et c'est la signification de ce siège vide. Ainsi, ces deux tables sont complémentaires, et c'est ainsi que Notre-Seigneur exauça le désir des hommes.

 

124. « A cette seconde table, on appelle Graal ce Vase dont les compagnons de Joseph recevaient la grâce. Seigneur, si vous voulez bien me croire, vous fonderez une troisième table au nom de la Trinité : ces trois tables signifieront la Trinité en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Je vous garantis que si vous accomplissez cela vous en retirerez grand profit et grand honneur, aussi bien pour le corps que pour l'âme, et que de votre temps se produiront de grandes merveilles. Si décidément vous voulez le tenter, je vous y aiderai ; et je vous assure que ce sera au nombre des prodiges dont on parlera le plus parmi le peuple, car Notre-Seigneur a donné une très grande grâce à ceux qui sauront en parler ; et je vous dis que ce Vase et ceux qui le gardent sont venus dans ces régions, en Occident, par la volonté de Jésus-Christ. Ceux-là mêmes qui ignorent où se trouve le Vase sont venus ici, en ce lieu où Notre-Seigneur les a conduits, lui qui accomplit tout ce qui est bon. Si vous voulez m'en croire, vous tiendrez compte de tout cela, et vous accomplirez ce que je vous suggère ; et si vous le faites, si vous acceptez de me faire confiance, vous en serez encore fort heureux dans l'avenir. »

 

125. Ainsi parla Merlin à Uterpandragon, et cela le réjouit fort : « Je ne veux pas, répondit-il, que Notre-Seigneur perde par ma faute quoi que ce soit qui doive être fait selon sa volonté. Je veux au contraire que tu saches que je l'aime fort, et que je m'en remets à toi : tu ne me commanderas rien que je ne fasse, si je le peux. » C'est ainsi que le roi Uterpandragon s'en remit entièrement à Merlin, qui s'en réjouit grandement et lui dit : « Seigneur, réfléchissez où il vous plaira le plus que la table soit faite. – Je veux, répliqua le roi, qu'elle soit faite là où toi tu le jugeras bon, et où tu sais que cela sera conforme à la volonté de Jésus-Christ. – Nous la ferons à Cardeuil en Galles, dit Merlin ; fais rassembler là-bas, pour la Pentecôte, tous tes gens, les chevaliers et les dames de ton royaume, et prépare-toi à distribuer de grands dons, et à leur faire fête comme jamais ; j'irai le premier, et je ferai construire la table. Toi, tu me donneras des gens qui exécuteront tous mes ordres ; et quand tes chevaliers seront assemblés là-bas, je choisirai ceux qui seront dignes de s'asseoir à la table. » Le Livre du Graal, Merlin, La fondation de la Table Ronde, pp. 691-695, aux éditions Gallimard

 

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Entrons dans le vif du sujet dans un esprit de groupe de travail.

 

En guise d'introduction, nous citerons Jean Parvulesco (un extrait de la préface de son ouvrage Vladimir Poutine et l'Eurasie), Alexandre Douguine (un extrait de la préface de son livre La Quatrième théorie politique) et Alain de Benoist (un extrait de son texte La Quatrième Dimension) :

 

Jean Parvulesco : « Ainsi les actuelles retrouvailles nuptiales de la Russie et de l'Europe vont-elles devoir imposer le retour du sacré vivant au sein de la communauté impériale grand-continentale. Ce qui, du coup, va déplacer à nouveau, et définitivement, le centre de gravité spirituel du « Grand Continent », depuis les positions matérialistes de la conspiration trotskiste soutenant les social-démocraties – finalement chassées du pouvoir, partout en Europe – jusqu'à l'horizon d'une histoire encore une fois ouverte à l'intervention – aux interventions – du surnaturel. Ainsi s'annonce l'avènement des temps ensoleillés d'un nouveau grand retour révolutionnaire à l'être, et l'abandon salvateur des dominations subversives du non-être. Vladimir Poutine et l' « Empire Eurasiatique », c'est l'être et le retour de l'être. L'ensoleillement au-delà de la fin. Ce jour viendra. »

 

Alexandre Douguine : « Pour aborder l'élaboration de cette Quatrième théorie politique, il est nécessaire :

 

  • de modifier l’interprétation de l'histoire politique des derniers siècles en adoptant des nouveaux points de vue, au-delà des cadres des clichés idéologiques habituels des vieilles idéologies ;

  • de se rendre compte de la structure profonde de la société globale apparaissant sous nos yeux ;

  • de déchiffrer correctement le paradigme de l'époque post-moderne ;

  • d'apprendre à s'opposer non pas à une idée politique, à un programme ou à une stratégie, mais à l'état des choses "objectif", au tissu social apolitique même de la (post-)société fracturée ;

  • enfin, de bâtir un modèle politique autonome proposant une voie et un projet dans un monde d'impasses et du recyclage à l'infini de l'existant (la post-histoire, selon J. Baufrilard). »

 

Alain de Benoist : « La 4e théorie politique, celle dont le XXIe siècle a de toute évidence besoin, sera-t-elle une doctrine radicalement nouvelle ou fera-t-elle la synthèse de ce qu’il y avait de meilleur dans celles qui l’ont précédée ? C’est en tout cas à l’ébauche de cette théorie que ce que l’on appelait la « Nouvelle Droite » n’a cessé, depuis plus de quarante ans, de s’employer. »

 

Nous allons partir d'un autre extrait du texte d'Alain de Benoist, sur ce qu'il y aurait à retenir ou à rejeter des théories politiques du XXème siècle pour essayer d'approcher une Quatrième théorie politique « à la française » :

 

« A retenir du libéralisme : l’idée de liberté, associée à celle de responsabilité, le refus des déterminismes par trop rigides, la notion d’autonomie, la critique de l’étatisme, une certaine tendance girondine et décentralisatrice.

 

A rejeter : l’individualisme possessif, la conception anthropologique d’un producteur-consommateur recherchant son meilleur intérêt du fait de ce qu’Adam Smith appelait son « penchant à trafiquer », c’est-à-dire de sa propension à l’échange, l’idéologie du progrès, l’esprit bourgeois, le primat des valeurs utilitaires et marchandes, le paradigme du marché, le capitalisme enfin.

 

A retenir du socialisme : sa critique de la logique du capital, qu’il a été le premier à analyser dans toutes ses dimensions économiques et extra-économiques, le sens du commun et l’exigence de le renouveler, l’idée que la société se définit comme un tout (le holisme, fondateur de la sociologie), la volonté d’émancipation, la notion de solidarité, l’idée de justice sociale.

 

A rejeter : l’historicisme, l’étatisme, la tendance à l’égalitarisme et à l’hypermoralisme doloriste.

 

A retenir du fascisme : l’affirmation de la spécificité et de l’identité des peuples et des cultures nationales, le goût des valeurs héroïques, le lien entre l’éthique et l’esthétique.

 

A rejeter : la métaphysique de la subjectivité, le nationalisme, le darwinisme social, le racisme, l’ordre moral, l’anti-féminisme primaire, le culte du chef, et encore l’étatisme. »

 

Ne reprenons que les aspects « positifs » à redéfinir, réinventer ou dépasser en partant de la proposition d'Alain de Benoist pour approcher la Quatrième théorie politique :

 

1) L’idée de liberté, associée à celle de responsabilité

 

Vous le savez, le libéralisme a autant avoir avec l'idée de liberté que la Véritable démocratie d’Étienne Chouard (et les « assemblées constituantes » de ses gentils virus) a avoir avec la Démocratie organique (et les « assemblées archaïques » de la Gentilis virtus). L'idée de responsabilité dans la démocratie actuelle se limite à aller voter et à s'indigner ; dans le mental citoyen, la participation démocratique se constitue en droit plutôt qu'en devoir.

 

L'idée de liberté est reliée à l'idée de souveraineté ; au fameux principe de souveraineté, sa fumeuse interprétation par les néo-souverainistes de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, qui prêtent à la souveraineté une fonction principalement socio-économique – au sens marxiste – délivré par une autorité d'ordre « stato-nationale », une fonction régalienne – au sens libéral. Ils encastrent la souveraineté à cadre forcé dans leur modèle westphalien étriqué car, selon nous, ils ne comprennent pas la notion de multipolarité – au sens eurasiste, ils conçoivent le monde multipolaire comme un « système multi-national » (monde multilatéral) ; mais la puissance ne se définit pas en droit (de jure) et pôle ne rime pas nécessairement avec état-nation.

 

Quant à la France, elle est plus qu'une nation, elle est une civilisation, le cœur politique de l'Europe, et l'Europe européenne ne renaîtra pas à Berlin ou à Bruxelles.

 

Pour investir un pouvoir réel, un pôle souverain, dans la perspective d'un monde multipolaire, et à l'heure de la Croisade contre le monde moderne, il est question d'incarner une autorité d'ordre traditionnelle, autrement dit, incarner une puissance géopolitique de fait (de facto), est-ce que la France peut incarner cette puissance à elle seule et affronter l'hégémonie de l'hyperpuissance étasunienne ? 

 

Il est l'heure de contester cette fabuleuse définition de la souveraineté imposée par la Dissidence mainstream, définition unique exclusivement établie dans les limites de l'arc républicain, de la démocratie et du laïcisme. La diplomatie du Droit international atlantiste et des Droits de l'homme occidental est révolue et ce concept de souveraineté normale est devenue un ronron incapacitant (tristement indiscutable dans les rangs de la Dissidence qui feint de nier son idéologie néo-souverainiste que nous essayons de définir au fur et à mesure de l'avancement de nos travaux), nous assistons à la naissance d'une Quatrième théorie politique, mais une Quatrième théorie politique de philosophie néo-souverainiste dont la vision, la direction, l'orientation, la vocation, la méthode, et la stratégie, consistent, principalement, à sauver ce qui reste de la République, à restaurer l’État-nation westphalien. C'est le double et principal écueil de l'idéologie néo-souverainiste. Ça n'est pas un détail de l'histoire, car il s'agit de se libérer de l'Impérialisme, nous avons la responsabilité des orientations que nous prenons et que nous prônons au sein de la convergence prérévolutionnaire pour réaliser cette libération.

 

« Le monde multipolaire diffère du système westphalien classique par le fait qu'il ne reconnaît pas aux État-nation distincts, légalement et officiellement souverains, le statut de pôles à part entière. Dans un système multipolaire, le nombre de pôles constitués devrait être nettement inférieur à celui des États-nations actuellement reconnu (et a fortiori, si l'on retient dans la liste les entités étatiques non reconnues sur la scène internationale). En effet, la grande majorité de ces États ne sont pas aujourd'hui en mesure d'assurer par eux-mêmes ni leur prospérité, ni leur sécurité, dans l'hypothèse d'un conflit avec une puissance hégémonique (comme celle des États-Unis, comme c'est clairement le cas dans le monde aujourd'hui). Par conséquent, ils sont politiquement et économiquement dépendants d'une autorité extérieure. Étant dépendants, ils ne peuvent pas être des centres d'une volonté véritablement indépendante et souveraines pour ce qui est des questions intéressant l'ordre mondial. » Alexandre Douguine, Pour une théorie du monde multipolaire, Chap. 1 La multipolarité - définition des concepts utilisés, La multipolarité ne coïncide pas avec le modèle d'organisation tel qu'il découle du système westphalien, pp. 6-9, aux éditions Ars Magna

 

La souveraineté économique (battre monnaie) et territoriale (maîtrise des frontières) sont des principes essentiels, totalement reconnus et pris en compte dans la théorie multipolaire eurasiste et mis en relief par le principe de subsidiarité que nous intégrons à notre théorie d'Eurasisme européen  , la justice sociale et l’intégrité de tous les espaces identitaires – race, ethnie, tribu, clan, famille, village, région, etc – sont intégrés à l'idée même d'eurasisme.

 

L'idée de souveraineté n'a de sens que son articulation avec un principe spirituel d'ordre supérieur, avec les principes traditionnels d'autorité, de subsidiarité ou encore de concentricité, n'entrons pas trop dans les détails, mais nous entendons beaucoup parler de cette notion de « souveraineté » dans les cercles dissidents désorientés par ce que nous appelons le néo-souverainisme ; ce « petit gaullisme », un gaullisme anachronique et post-national (le concept de « néo-souverainisme » est un concept sur lequel nous revenons plus précisément dans notre essai Pour une critique positive de la Dissidence  qui sera prochainement disponible et remis en ligne dans sa totalité). La question est de savoir de quelle type de « souveraineté » parle-t-on ?  

 

La Dissidence interprète de nombreux principes fondamentaux briques philosophiques élémentaires et composantes politiques primordiales aux constructions « étatiques » comme les principes, concepts, idées et notions essentiels de Liberté, de Souveraineté, d'Autorité, ou encore de Charité à partir d'une traduction démocrate et dans la tradition républicaine du laïcisme, et d'une grille de lecture journalistique marxiste, souverainiste et complotiste. Les principes fondamentaux sont composés des mêmes mots, mais n'auront pas le même sens pour un eurasiste et pour un néo-souverainiste. Voilà le grand débat de fond à provoquer en interne, un débat sur la distinction des principes et de leur nature, car cet antagonisme entre la vision eurasiste continentale de la souveraineté et la vision souverainiste nationale de la souveraineté est déterminant à départager pour la suite des événements, pour les choix qui seront fait et les décisions qui seront prises.

 

L'idée de liberté et l'idée de responsabilité sont également associées à la notion d'autonomie, autonomie alimentaire et énergétique : nous encourageons toutes les démarches individuelles et collectives de la société civile allant dans le sens du localisme et du réenracinement, d'un certain art de vivre collectif et d'un bien-être individuel, d'un certain vivalisme, et c'est sans doute un prérequis à une dissidence opérative, mais très vite, ici, la question prend des dimensions géopolitiques et géostratégiques de tailles mondiales.

 

La question familiale des réserves pour traverser l'hiver devient la question mondiale des matières premières, de la gestion supranationales des ressources, la question des politiques globales en matière d'écologie (au sens large du terme), vaste question qui tient, sans même aller au-delà de la nation, de la planification (impossible avec les mandats courts des démocraties), mais c'est aussi la question des nouvelles technologies, des énergies renouvelables et accessibles par tous, espoirs démocratiques et incantations numériques de sortir de la crise et de relancer la croissance grâce à ces innovations techniques et un développement rapide de ces nouvelles énergies, l'écologie magique du Libéralisme triomphant, mais premièrement, en admettant qu'une solution démocratique globale soit possible en matière d'écologie, ce en quoi nous ne croyons pas, nous ne sommes pas aux manettes pour orienter cette mise-en-marche et pour empêcher que l'on détourne cette révolution verte dans le sens du Mondialisme, car, deuxièmement, nous ne doutons pas qu'un Capitalisme vert soit possible, et même voulu.

 

Il faut sortir – pour ne pas dire combattre –, des logiques révolutionnaires trop réalistes, pragmatiques et rationalistes, trop techniques et légalistes, comme celles qui veulent tout expliquer et résoudre par le retour aux monnaies nationales, l'économie est un paradigme politique, et l'argent n'est qu'une arme pour les puissances, pour la puissance hégémonique atlantiste thallasocratique qui en a déterminé les contours et les termes de la confiance que nous leur accordons. D'une manière ou d'une autre, sortir de l'UE, de l'Euro et de l'OTAN c'est sonner « Le Retour des Grands Temps ». 

 

Soit dit en passant, de nombreux mouvements dissidents valident la légitimité de l'économisme physiocrate qu'ils critiquent en apparence et dénoncent dans la forme comme paradigme économique universel à travers leurs stratégies politico-médiatiques ; inspirées de nous ne savons quels marxisme, trotskysme, bolchevisme ou gramscisme 2.0 ; un développement de nouvelles économies numériques « de service » pour dépasser le Libéralisme triomphant. Un développement individualiste, narcissique, virtualiste, mercantile et spectaliste par la marchandisation de leurs constats de faillite et la professionnalisation de la réinformation pour nourrir une propagande néo-souverainiste unique et exclusive, ce qui est d'ailleurs leur seule préoccupation révolutionnaire, qu'ils appellent dissidence.

 

Ce développement numérique d'un vrai-faux journalisme indépendant, alternatif et subversif dans un esprit Canal+ 2.0, dans une certaine « nostalgie libertaire », une nostalgie du temps bénit des radios libres (tout change, même la qualité des nostalgies) qui nous ont apporté le Rap via Fun Radio, Skyrock et Énergie, Trinité hertzienne et satanique du Laïcisme radiophonique redondant, comme si devenir rappeur ou journaliste était le Graal du dissident moyen...

 

Ce développement d'un nouveau mainstream politico-médiatique, d'une nouvelle propagande, d'un nouveau « marxisme littéraliste et naturaliste », implique la formation de nouvelles troupes d'occupation mentale, de nouveaux possédés, de nouveaux démons, et le démarchage démagogique de nouvelles mannes économiques et électorales, nous assistons à une capitalisation politico-économique pure et simple du corps pré-révolutionnaire par la gauche déchue de la République des enfers. Qu'à fait la Dissidence de ce Capital révolutionnaire humain et économique ces cinq dernières années ? Et sur quels critères est évalué, redistribué et utilisé ce Capital ? Où est la méritocratie dans la Dissidence officielle et emblématique ? Nous autres, dissidents, ne voyons pas à quel moment la Dissidence nous a proposé un autre projet que de la consommer et que de lui acheter des choses ? Narcissisme et enrichissement personnel, voilà ce que nous voyons. Mettre le pied à l'étrier est un premier frisson, ensuite il faut apprendre à chevaucher avant le galop de charge.

 

Les arrières-gardes républicaines parisiennes et « parisianistes » se font passer pour les avant-gardes de la Révolution traditionaliste  ; les intellectuels antisystèmes sont des lâches comme les intellectuels du système qu'ils fustigent, s'ils ne l'étaient pas, ils vous expliqueraient que le ronron idéologique de la Dissidence n'est pas « idéologiquement neutre » et à quels choix politiques, géopolitiques, philosophiques et métaphysiques il fait objectivement référence, qu'ils y souscrivent ou non. S'ils sont tous néo-souverainistes qu'ils théorisent le néo-souverainisme et fassent mouvement. Quelle est-donc l'essence de cette idéologie honteuse ?

 

Chers libres penseurs, nous vous remercions de décrire si précisément les courants, mouvements et convergences de la fange mondialiste et d'établir si exactement le constat de faillite du monde moderne, mais il serait utile de mettre votre érudition et votre volonté de puissance révolutionnaire au service du présent de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle ; des courants et des contre-courants qui la traversent.    

 

Est-ce que s'enfermer dans les logiques du spectacle et de la marchandise pour combattre un mainstream politico-médiatique (qui n'est que le reflet de l'hégémonie, du statu-quo, du paradigme, du « tout de l'existant » du Capitalisme trois fois libéral) par un autre mainstream, un mainstream politico-médiatique virtualiste, n'ouvre pas irrémédiablement sur une horizontalisation des convergences prérévolutionnaires et une « liquidation » préventive du corps révolutionnaire à naître ?

 

Est-ce que l'installation du ronron néo-souverainiste dans le but unique et exclusif de faire tourner ce qui devient une boutique, vous convient-il comme philosophie-politique « qui ne dit pas son nom », « idéologiquement neutre » et « qui n'existe pas » ? Et si oui, pouvez-vous définir qu'est-ce que le néo-souverainisme plus précisément que nous ne pouvons en deviner les contours idéologiques ?

 

Quelle est l'idéologie de la Dissidence ? C'est une question simple que nous posons à l'ensemble de la Dissidence (au sens le plus large du terme) et que nous reformulons régulièrement, nous attendons une première réponse (depuis quelques années maintenant) pour débuter une correspondance à ce sujet, mais visiblement,  aucuns militant du quotidien, libres penseurs et autres têtes d'affiche de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream ne perçoivent l'utilité de formuler une Critique positive de la Dissidence, le bilan de plus de dix ans de convergence, et d'avancer vers une Quatrième théorie politique. Ou peut-être considérez-vous que ce ronron est une vérité « idéologiquement neutre » et que la réinformation, le constat de faillite, ce suffisent à eux-mêmes et se posent en vérité comme les avants-gardes arriérées le suggèrent dans leurs tièdes et dogmatiques interventions ?

 

Le concept de Dissidence « idéologiquement neutre » proposé  comme voie révolutionnaire unique à  des militants du quotidien de la convergence prérévolutionnaire du XXIième siècle en quête de beauté ; en quête d'un mythe, sous hypnose du ronron néo-souverainiste et sous l'emprise de cette suggestion idiote de neutralité idéologique ; par la Dissidence emblématique, officielle et mainstream, coupe les dissidents du monde des idées et les empêche de faire des choix, des choix déjà réduits.

 

Les idées eurasistes, l'idée de Quatrième théorie politique et de théorie du Monde multipolaire, sont littéralement étouffées par le ronron néo-souverainiste dont la théorie  « idéologiquement neutre qui n'existe pas et qui ne dits pas son nom », ne produisant et ne proposant que des constats de faillite et des listes de faits factuels (car c'est bien à ça qu'on les reconnaît) pour toute philosophie-politique de combat, dévoile une subversion qui doit être mise en lumière par les intellectuels qui sont encore connectés au réel, au besoin d'éclaircissement, plutôt qu'augmenter frénétiquement la nécrologie du Libéralisme dans des autopsies de plus en plus macabres, à la limite de la nécrophilie.

 

Cette stratégie néo-souverainiste unique est certes vulgaire, cette méthode exclusive de la réinformation mortifère, grossière, mais vendre cette neutralité idéologique « démagogiquement pleutre » au nom de la vraie démocratie, de la vraie liberté d'expression, de la vraie laïcité, des vrais Droits de l'homme, du vrai arc républicain, etc, refourguer ces vrais-faux principes modernes comme principes supérieurs de notre civilisation pour maintenir un certain confort intellectuel et économique, est une démagogie de l'ordre de la trahison, et plus rien ne pourra se faire sans commencer par sortir de cette trahison.

 

Tout cela ne laisse rien présager de révolutionnaire au sens traditionnel de ce noble terme dévoyé par tous les gauchismes de l'extrême gauche à l'extrême droite du Libéralisme triomphant.

 

La Dissidence emblématique et officielle ne peut plus vendre autre chose qu'un spectacle démagogique conforme à la forme des idéalismes modernes pour maintenir son ronron et ses concepts idéologiquement neutres, car vendre une idéologie neutre est de la démagogie, pure, et nous autres, dissidents, ne voulons pas une nouvelle démagogie, un nouveau mainstream, de nouvelles troupes d'occupation mentale, et nous ne sommes pas dans la pureté quand nous disons cela, dans aucune pureté, nous disons juste que la Dissidence ne peut plus vendre autre chose car elle n'a jamais travaillé et n'a pas œuvré une seule seconde pour une Quatrième théorie politique authentiquement européenne, traditionnelle et révolutionnaire, non, elle n'a œuvré qu'à se payer une virginité idéologique (et il y a du travail!), à développer son petit mainstream pour entretenir son petit confort, une Quatrième théorie politique post-nationale, post-moderne et émeutière ; neutre.

 

En théorie, personne n'est contre la souveraineté ou la liberté, incluons même l'idée idéale à l'idée de liberté qu'il soit possible d'organiser les chaînes de production autrement et de réguler le marché mondial, de gérer alternativement la Marchandise et son Spectacle, d'inventer une « nouvelle façon » de concevoir la notion de « travail » et de « travailleurs » – en tant qu'instrument de torture sociale et outils de production de la dialectique du Mondialisme – sans changer intégralement de paradigme (post-libéralisme). Cet espoir de recouvrir une certaine souveraineté pour retrouver une certaine liberté implique, quand même, une certaine volonté de penser une certaine puissance, et penser la puissance : c'est agir.

 

Agir ne veut pas dire faire n'importe quoi, jouer aux terroristes téléguidés ou se mettre aux services de n'importe quelle force, non, aujourd'hui, et particulièrement pour un militant eurasiste, « agir » c'est trancher la question du néo-souverainisme ; cliver et provoquer le débat ; c'est développer une œuvre révolutionnaire sur trois axes, œuvre que la Dissidence et les néo-souverainistes n'ont pas su développer en dix ans d'hégémonie sans partage sur la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle  :

 

1) Réflexion active : réinformation ; réflexion philosophique ; création artistique ; théorisation politique ; soucis éthique et esthétique ; optique traditionaliste et perspective révolutionnaire  ; réenracinement et localisme ; renseignement et réseau ; formation métapolitique ; préparation à l'action corrosive.

 

2) Action corrosive : prière ; collage ; tractage ; déploiement de banderoles ; maraude et actions sociales (prioritaire : entraide et solidarité) ; déambulation littéraire ; production audio-visuel ; entrisme politique ; interruption de conférences ; occupation médiatique des troupes d'occupation mentale ; rencontre corrosive et dialogue offensif avec la République des partis, des loges et des lobbys.

 

3) Critique Positive : retour d'expérience sur notre pratique globale ; critique de notre philosophie-politique en puissance et en acte ; critique générale de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle.

 

Nous entendons par « corrosif » légal mais offensif, nous ne pourrons pas sortir de cette convergence spéculative sans d'autres interactions que quelques politesses qui ressemblent davantage à de l'hypocrisie organisée, de l'entraide strictement dans l'espoir d'un retour commercial, pour quelques vues youtube et quelques livres vendus. Demandez aux intellectuels comment se fait-il qu'aucuns d'entre eux n'ont encore décrit l'idéologie de la Dissidence, mais demandez leur réellement puisqu'à nous autres, dissidents, ils ne nous répondent pas, nous sommes comme transparents, c'est pour nous autres une nouvelle fantastique d'être transparents, mais la question reste posée, cette idéologie n'en fait pas moins obstacle à la Quatrième théorie politique dont nous avons besoin.

 

Nous devons regarder en face et accepter la double réalité géopolitique de l'émergence pressée (Chine, Inde, Amérique latine, ...) et de la décroissance forcée (effondrement complexe et contrôlée de l'Occident compliqué et chaotique), et nous devons regarder cette réalité de là où nous sommes.

 

Quand on parle de démocratie, on devrait parler de la taille de la démocratie, qui est un paramètre déterminant pour définir les limites d'un espace démocratique possibiliste, une démocratie de facto, et nous noterons que les néo-démocrates comme Étienne Chouard, quand ils parlent de démocratie, ne prennent jamais en compte ce paramètre.

 

L'Histoire nous enseigne que la taille maximum de la démocratie, c'est la région (la province ; au sens de terroir, pour caricaturer l'espace démocratique, nous pourrions dire que dans une démocratie, tout le monde se connaît), et cette limite entre en contradiction avec l'anti-régionalisme par anti-européisme par anti-mondialisme des néo-souverainistes qui, selon la théorie de Pierre Hillard, voient dans toutes formes de régionalismes (et par extension de localismes, et donc dans l'idée même de réenracinement) un projet de régionalisation mondialiste.

 

La démonstration est faite que ce projet existe et progresse, et il n'est guère étonnant qu'il avance parallèlement à nos volontés d'émancipation, que les forces mondialistes d'assombrissement du monde de la Tradition, sachant ce qu'elles provoquent de rejet naturel chez les peuples, aient anticipé ce sentiment identitaire, cette tendance au localisme et au retour des régions auxquelles elles répondent par le glocalisme et le régionalisme de liquidation totale de l’État-nation. Les mondialistes savent que l'espace régional fleur davantage bon la démocratie organique que l'échelle post-nationale, ils placent leurs pions sur les bonnes cases et manipulent les bonnes cartes, certains dissidents ont l'air de tomber de bien haut, après dix ans, il serait temps qu'ils atterrissent sur la terre ferme de l'eurasisme, qu'ils se relèvent enfin de l'effondrement du rêve américain et se mettent debout aux milieux des premiers débris, qu'ils dépassent la stupeur neuf-onzième et stoppent leurs tremblements républicains. Oui chers amis, le Feu, c'est chaud. Surtout quand on joue avec.

 

L'Europe et les États-nations européens sont verrouillés par l'UE elle-même verrouillée par les États-Unis, nous sommes tous d'accord sur ce point, et la Dissidence oppose à cet encerclement son ronron alter républicain, alter-démocrate et alter-laïque, un alter-patriotisme qui ne montre pas l'envergure qu'un Nationalisme français pourrait déployer ; au Mondialisme triomphant la Dissidence oppose un Nationalisme hésitant. Au suicide français du coquelet néo-souverainiste nous opposons le vivalisme européen d'une Quatrième théorie politique eurasiste. Les dissidents doivent confronter leur néo-souverainisme idéologiquement neutre à la philosophie primordiale et futuriste, à la pensée révolutionnaire et traditionaliste de René Guénon et de Julius Evola, d'Alexandre Douguine et de Laurent James, de Robert Steuckers et d'Alain de Benoist, de Vincent Chapin et de Vincent Vauclin, de Laurent Ozon et de Gabriel Adinolfi, pour ne citer qu'eux.    

 

Si le localisme, le régionalisme et le continentalisme sont dangereux, que ces voies métapolitiques et leur articulation projective sont par avance jugées et condamnées, verrouillées par l'emprise étasunienne sur l'UE, que tous les espaces identitaires sont envahis par l'esprit du mondialisme et par l'américanisation, il n'y a pas, en partant de là, de solutions, et ça serait considérer qu'aucuns localistes, régionalistes et continentalistes ne seraient conscients du mondialisme. Nous pensons nous que tous les espaces identitaires doivent être pris en compte et ont un rôle à jouer contre le mondialisme – lutter contre le mondialisme c'est surtout, parallèlement à nos efforts pour un renouvellement des élites (métaphysique du putsch), se préparer à l'effondrement économique, certes, mais préparation ne rime pas nécessairement avec survivalisme. La Dissidence ne peut s'organiser que par cercles concentriques en partant de l'espace identitaire local dans une projection continentale pour être efficiente, en réalité, les deux espaces identitaires primordiaux sont les régions et l'empire nous ne devons pas aller automatiquement et systématiquement contre l'esprit régionaliste, mais l'augmenter d'un esprit antimondialiste et antimoderne, d'un esprit intérieur continentaliste et pérennialiste.

 

Les phénomènes liés à la mondialisation (et à sa gestion unipolaire thalassocratique) dépassent les frontières de la France et de l'espace Schengen – et dépasse la mentalité de chapelle et l'esprit de boutique qui possèdent désormais la Dissidence envoûtée par « La magie du tiroir » (du tiroir caisse ; de la caisse enregistreuse) , notre théorie politique doit être rupturaliste, en rupture avec le ronron néo-souverainiste égocentrique, car ce ronron n'a de qualité que ses défauts de fabrication et la rigidité liquide des écrans empêche toutes manœuvres jusqu'à restreindre les manœuvres souterraines elles-mêmes, à ralentir subversivement les mises-en-marche en avant à contre-courant, en effet, les néo-souverainistes caractérisent eux-mêmes le néo-souverainisme d'alter-républicain, alter-démocrate, d'alter-laïque et applique cette théorie dans les faits ; le néo-souverainisme anti-tout et alter-tout ne dit pas son nom mais nous voyons l'ombre de son action ; un ronron à la fois anticapitaliste alter-capitaliste, antilibéral alter-libéral, anti-antifa alter-libertaire ou encore antinationaliste alter-patriote. L'heure de la confusion, de l'indignation, de la réinformation et de la dérision est passée depuis un moment déjà, la fin de la récréation a sonné. 

 

Le ronron néo-souverainiste est intrinsèquement anti-européen, anti-eurasiste et antitraditionaliste puisque profondément laïque, agnostique et athée ; pragmatique, réaliste et rationnel, c'est-à-dire dans la tradition franc-maçonnique de l'humanisme des Lumières que les dissidents dénoncent par ailleurs, ce qui démontre que l'on peut à la fois dénoncer une chose et à la fois la servir, ce que nous voulons dire, c'est que très souvent, les positions idéologiques prisent par les militants du quotidien semblent incompatibles ce qu'ils dénoncent.

 

Le néo-souverainisme s'inscrit parfaitement dans le monde légaliste des Droits de l'homme, monde des Droits de l'homme dans la filiation constitutionnelle contre-initiatique du talmudisme, filiation matricielle occulte du kabbalisme, filiation institutionnelle subversive du sionisme et filiation spirituelle conspirative du noachisme, en bref, dans la filiation principielle synthétique de la « monolâtrie judaïque pour tous » : cet  hébraïsme solaire, abrahamique et adamique, devenu fou, et que le Christ est venu rétablir en sa Sainte Trinité.

 

Le néo-souverainisme est un alter-mondialisme gauchisant, marxiste et libéral-libertaire vaguement déguisé en « patriotisme » et fardé de complotisme idéologique, et nous devons être autres que cette organisation mercantile et spectaliste d'une nouvelle i-conomie intermédiaire unique et « de service », et d'un nouveau mainstream médiatique exclusif, vendus comme un contre-pouvoir trans-courant et multi-populaire « pour le bien commun de l’intérêt général », et qui ne véhiculerait pas d'idéologie, pas de politique, pas de philosophie et pas de métaphysique, qui serait neutre et vierge de partout, qui ne dirait que la vérité factuelle, alors qu'il véhicule des idéologies que l'on ne peut appeler que modernes, modernes en tous points, que font-ils d'autre ? Et que font-ils alors si nous nous trompons ?

 

Nous aimerions que les néo-souverainistes emblématiques, officiels et mainstream de Pierre-Yves Rougeyron à Adrien Abauzit, de E&R à MétaTV, du Plan C à Laurent Louis par exemple et pour ne citer qu'eux, nous répondent amicalement (et plus précisément qu'ils répondent aux écrits d'Alexandre Douguine, de Robert Steuckers, de Laurent James, aux écrits de combat prophétiques de Jean Parvulesco, de Dominique de Roux, d'Henri de Grossouvre, de Léon Bloy, ou encore de Jean Thiriart...) parce que ce ronron tantôt gaulliste tantôt pétainiste devient insupportable et la stratégie de l'édredon qui l'accompagne également ; ni la pédanterie jacobine et ni la condescendance girondine ne répondent à la question multipolaire et à la question de la nature du « concept absolu » de Souveraineté actuellement en cours de « mise-en-marche en avant à contre-courant », peut-être pensent-ils, ou leur école, incarner ce concept, mais comment peut-on incarner un concept sans le comprendre ?

 

Les néo-souverainistes ne se confrontent pas aux idées allant à leur encontre à l'intérieur de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, comme les idées eurasistes, ils censurent, boycottent, cachent, étouffent des sources, des références, des orientations et des courants, comme ils le font avec tout ce qui ne va pas dans leur sens, demandez-vous quand vous avez vu un débat contradictoire dans la Dissidence pour la dernière fois...

 

« Les 7 buts de l'Ordre Du Temple Recommencé :

1. Rétablir la notion exacte d'autorité spirituelle et de pouvoir temporel dans le Monde.

2. Affirmer la priorité du spirituel sur le temporel.

3. Redonner à l'homme la conscience de sa dignité.

4. Aider l'humanité en son passage.

5. Participer à l'assomption de la Terre sur ses trois plans : Corps, Âme, Esprit.

6. Concourir à l'Unité des Églises : œuvrer à la jonction Islam/ Chrétienté.

7. Préparer le retour du Christ en sa Gloire Solaire. »

 

L'utopie n'est pas mauvaise parce qu'elle est une utopie ; un idéal. L'utopie est mauvaise quand elle ne s’efface pas devant le mythe qu'elle avait aidé a retrouver. L'utopie néo-souverainiste se présente comme un vrai-faux mythe, uniquement et exclusivement républicain, démocratique et laïque, et qui porte donc des germes de nihilisme, de totalitarisme et de tyrannie, les germes de la modernité politique. L'utopie est un messianisme progressiste sans transcendance s'accomplissant dans un temps linéaire à l’encéphalogramme  plat : révolution économique et eschatologie sociale, « Demain Jérusalem » et « le Grand Soir ». Autrement dit, une métaphysique de « la liberté par rapport à » et « de la Machine-à-laver ».

 

Mais qu'est-ce que la liberté ? Dans une perspective eurasiste, l'esprit intérieur de liberté rejoint l'esprit extérieur de la vocation : de l'artisanat, de l’œuvre et de l'ordre, c'est-à-dire qu'une certaine idée méritocratique du devoir et une hiérarchie de la responsabilité comme droit et honneur doivent être mis en avant pour repenser les possibles en matières de libertés collectives et individuelles, celles des Droits de l'homme qui empiètent sur le Droit international, du Droit international qui empiètent sur ceux du Citoyen (du « citoyen national »), Droits du Citoyen qui empiètent, à leur tour, sur ceux de l'être et de la communauté de l'être.

 

L'idée de liberté dans la Quatrième théorie politique, dit vulgairement, sera faite de ce que nous voudrons bien mettre dedans, de quelle théologie de la libération nous nous inspirerons. L'idée de liberté et la conception moderne du travail étant, selon nous, directement et intimement liées, nous ne pouvons pas être libres, sauf exception, enfermés dans l'aliénation mentale des normes et des codes de Travail en vigueur, que nous ferons tôt ou tard, voler en éclat.

 

La « responsabilité politique » d'un Président, d'un Roi ou encore d'un Empereur, devrait être telle que le trône soit vide. Que personne ne veuille être à cette place, cette fonction directrice doit être crainte en première instance par celui qui l'incarne, les principes fondamentaux doivent présider, et, comme la loi ne s'applique pas au chef, une sorte de crainte de la fonction doit être liée au principe substantiel de pouvoir lié au principe essentiel d'autorité. La foudre doit tomber à chaque manquement. La nation, l'état, le gouvernement, les parlements (surtout ceux là!), les sénats, les chambres et les assemblées ne doivent exister que pour faire respecter la subsidiarité et faire appliquer les principes directeurs. Les liens entre les partis, les loges et les lobbys doivent être officiellement exposés, sans complexes et sans complaisance. Les partis doivent être remis à leur place, l'accès, la présence, l'entrisme et l'influence des loges au sein des organes de pouvoirs limités, et, les lobbys doivent être quant à eux traqués et chassés des couloirs gouvernementaux, doivent être désignés en tant que tels, on doit les laisser exister à l'extérieur, d'ailleurs nous n'avons d'autres choix et nous sommes nous-mêmes, dans une forme ou une autre, dans cette logique de partis, de loges et de lobbys. 

 

« Il existe une opinion couramment répandue selon laquelle le concept d'empire présuppose obligatoirement la présence d'un empereur. Cependant, une analyse objective de ce phénomène montre que l'histoire connaît nombre d'empires sans empereur. Certains étaient dirigés par un cercle réduit, choisi au sein de l’aristocratie. D'autres, par un parlement ou un Sénat. Par conséquent, la présence d'un pouvoir monarchique unipersonnel, celui de l'empereur, ne constitue pas une condition indispensable à l'existence de l'empire. De plus, il a existé nombre d’États monarchiques, despotiques, tyranniques, ou encore dictatoriaux dans lesquels le roi ou le chef autoritaire possédait un pouvoir absolu mais qui ne se nommaient pas empire et n'offraient rien de commun avec lui. De cette façon, nous pouvons pleinement examiner le concept d'empire indépendamment de celui d’empereur. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique - La Russie et les idées politiques du XXIème siècle, Chapitre X Le projet « Empire », L'empire sans Empereur, pp. 209-210, aux éditions Ars Magna

 

Les partis républicains, les loges franc-maçonniques et les lobbys atlanto-sionistes disposent de toutes les troupes d'occupation mentale du mainstream politico-médiatique pour influencer l'opinion et imposer le consentement par la superposition des écrans de la Tyrannie démocratique et du Règne de la Quantité des Multitudes connectées à la réalité diminuée et à la virtualité augmentée du post-libéralisme paradigmatique.

 

Nous ne pouvons pas interdire ces associations en l'état des choses nationales, et quand bien même nous en aurions les moyens et le pouvoir, nous savons que ça n'aurait aucun sens, que ces associations ont toujours existé et existeront toujours, nous n'essayons pas de restaurer un monde sans partis, sans loges et lobbys, et nous ne sommes pas là pour parler de transparence et autre élément de langage antigéopolitique de l'imposture démocratique, de choses qui n'ont jamais existé dans les relations internationales et dans les politiques intérieures, nous contestons ces associations et leur nature dans toutes leurs articulations et combattons leurs dialectiques, leurs subversions et leurs entrismes, nous essayerons de les remettre à leur place et d'imaginer les moyens qui permettent de maîtriser leur sur-représentation quand nous aurons repris le pouvoir, mais nous pensons également que nous serons face à une situation où toutes ces considérations voleront en éclat avant de réussir de dépasser le Libéralisme triomphant par le Nationalisme hésitant, par la stratégie unique et exclusive des néo-souverainistes qui consiste à imposer une dialectique subversive, celle d'un esprit de restauration d'ancien régime déguisé en Grand Soir sous-prolétarien, que nous pourrions qualifier de Capitalisme-libéral patriote, un système alternatif en tout (alter-moderne, alter-progressiste, alter-alternatif), virtuel et virtualiste, basé sur la nouvelle i-conomie du constat de faillite compulsif et de la réinformation mortifère, nous insisterons, mais nous ne voyons pas à quel moment cette stratégie relève de la Révolution et de la Tradition ; nous nous répétons ? C'est surtout qu'il n'y a plus grand chose d'autre à dire, à Dieu ne plaise, si nous voulons avancer il faut dépasser, débloquer cette situation et exposer l'idéologie stérilisante, la méthode incapacitante et la stratégie neutralisante de la Dissidence.

 

2) Le refus des déterminismes

 

Définissons rapidement qu'est-ce que le déterminisme, selon wikipédia : « Le déterminisme est la théorie selon laquelle la succession des événements et des phénomènes est due au principe de causalité, ce lien pouvant parfois être décrit par une loi physico-mathématique qui fonde alors le caractère prédictif de ces derniers. »

 

Et encore : « Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. L'esprit humain offre, dans la perfection qu'il a su donner à l'astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses découvertes en mécanique et en géométrie, jointes à celles de la pesanteur universelle, l'ont mis à portée de comprendre dans les mêmes expressions analytiques les états passés et futurs du système du monde. En appliquant la même méthode à quelques autres objets de ses connaissances, il est parvenu à ramener à des lois générales les phénomènes observés, et à prévoir ceux que les circonstances données doivent faire éclore. » Pierre-Simon de la Place, Essai philosophique sur les probabilités (1814)

 

Nous pouvons dire que « le déterminisme relève au premier chef de la science » (de la science au sens moderne), nous pouvons résumer le refus des déterminismes, comme le fait de refuser de s'appuyer uniquement et exclusivement sur l'hypothèse que la réalité serait purement et mathématiquement causale, hypothèse présomptueuse s'il en est, qui refuse elle-même tout ce qui dépasse la « science des causes » et que les mathématiques modernes ne peuvent pas expliquer.

 

Refuser cette rigidité permet de s’intéresser sans préjugés à la théorie de l'involution (et de la mutation) – qui s'oppose, ou en tout cas complète, ou du moins interroge, la théorie classique de l'évolution –, qui présuppose un phénomène de mutation que nous pouvons définir comme « intercession divine » (si nous voyons le corps humain comme un « réceptacle » neutrinos, la recherche autour de ce « mystère de l'intercession » pourrait être circonscrite à l'étude des zones sphénoïdale et pinéale, au système endocrinien). En somme, refuser le tout darwinisme (par extension l'eugénisme et le malthusianisme) mais également le créationnisme ou encore le récentisme , pour expliquer la société et trouver des solutions aux problèmes de notre temps qualifié.

 

Pour réduire à l'extrême, le déterminisme scientifique est une norme du monde moderne au même titre que le relativisme culturel, le déconstructionnisme aristotélicien, le matérialisme naturaliste, l'économisme capitaliste, marxiste et libéral, le progressisme idéologique, l'égalitarisme sociétal, l'historicisme philosophique, le rationalisme dogmatique, le réalisme doctrinal sont autant de méthodes, de grilles de lecture modernes. Ces écoles, ces idéologies, ces méthodes, forment un même corpus d'idées, leurs articulations forment un ensemble unique et exclusif, le libéralisme ; ils déterminent les limites des principes démocratiques, des valeurs républicaines et des fondamentaux laïques du monde des Droits de l'homme, du paradigme du Capitalisme trois fois libéral.



Nous ne détestons pas la subtilité ou les débats d'idées (et où sont-ils ?), et au nom de la subtilité nous rejetons la pseudo-objectivité de la Dissidence « idéologiquement neutre » comme supérieure. Si la Dissidence ne joue que des mêmes instruments idéologiques que ceux du système dans ses orchestrations, sa mélodie ne peut être que moderne, et être moderne aujourd'hui c'est être post-moderne, la Dissidence essentialise  la modernité plus qu'elle ne la combat.

 

Nous sommes aussi des modernes, du moins nous sommes dans la modernité, nous n'avons pas le choix, mais nous autres, dissidents, avons au moins conscience d'être dans la Nuit, dans la nuit de la post-modernité, dans la nuit du Libéralisme triomphant, nous sommes des modernes par défaut mais nous entrons en conflit avec cette réalité, quant à la Dissidence, la modernité et le progrès ronronnent dans toutes ses applications démocratiques et elle n'a pas de leçons à donner au système en matière de liberté, puisqu'il est aussi question liberté, quelle subtilité peuvent apporter et quelle genre de liberté peuvent porter des penseurs qui en plus de n'avoir pas conscience de la Nuit se posent en libres censeurs ?

 

Qu'est-ce que la subtilité sans la radicalité ? La radicalité sans la verticalité ? La verticalité dans la méthode, car c'est bien à un problème de méthode que nous devons répondre, nous n'avons plus de méthode. Il ne s'agit pas, par exemple, de dire que le réalisme géopolitique, ou encore le pragmatisme politique (typique du Nationalisme français), sont des méthodes idiotes ou stupides, nous disons aux réalistes et aux pragmatiques que ces méthodes uniques et exclusives leur imposent des limites qui, d'une manière ou d'une autre, doivent être dépassées par une méthode révolutionnaire sous contrôle traditionaliste  si nous voulons dépasser le Libéralisme triomphant, si nous voulons traverser la Nuit.

 

« Dans les relations internationales, la politique réaliste a tendance, en règle générale, à s'incarner chez les représentants des partis de la droite conservatrice (les républicains aux États-Unis, les conservateurs au Royaume-Uni, etc.)

 

Il convient de noter que le réalisme est l'un des deux paradigmes les plus populaires aux États-Unis dans l'évaluation et l'interprétation des événements et des processus qui se déroulent dans la politique internationale.

 

Le paradigme réaliste n'opère pas un choix entre la paix de Westphalie, fondée sur la souveraineté de nombreux États-Nations, la bipolarité ou l'unipolarité. Différents partisans de l'approche réaliste peuvent avoir à ce sujet des opinions différentes. Mais ils partagent l'ensemble des vérités axiomatiques mentionnées précédemment, et la conviction que quel que soit leur nombre, dans leurs relations les uns avec les autres, les États-nations agissent en tant qu'acteurs principaux et supérieurs dans le domaine du droit international, et, par conséquent, la souveraineté, les intérêts nationaux, la sécurité et la défense sont les principaux critères pour l’analyse des problèmes associés aux relations internationales.

 

Les réalistes ne vont jamais, dans leurs théories, au-delà de l’État-nation ou de plusieurs États-nations car cela serait en contradiction  avec leurs postulats de base. Par conséquent, les réalistes sont toujours sceptiques quant aux instances, institutions et processus internationaux qui auraient pour effet de limiter les souverainetés nationales. Les réalistes ne reconnaissent aucune réalité politique concrète aux structures de pouvoir supranationales (ni infranationale), dans la sphère internationale. Pour eux, la politique étrangère relève entièrement du domaine de compétence juridique de l'autorité politique des États-nations. Les positions des instances internationales ou des segments distincts au sein de l’État-nation n’ont pas de poids et peuvent être dévaluées et simplement prises en considération dans le processus de prise de décision politique par les autorités légalement en charge de la politique étrangère (lesquelles dépendent du droit interne de pays concernés).

 

Il en résulte que les réalistes sont sceptiques quant à la globalisation, l'internationalisation et l’intégration économique et ne cessent de débattre avec ceux qui accordent au contraire une attention à ces questions. » Alexandre Douguine, Pour une théorie du monde multipolaire, Le réalisme et ses limites, pp. 24-30, aux éditions Ars Magna

 

3) La notion d’autonomie

 

« L’Europe jusqu’à Vladivostok : la taille minimum » Jean Thiriart, L'Europe jusqu'à Vladivostok, Voxnr

 

Nous avons déjà entamé la question de l'autonomie qui est la question  historique du « Que faire ? » posée à tous les « révolutionnaires ». Que faire une fois que nous avons mille fois établi le même constat de faillite du monde moderne ? Pas de Volonté de puissance possible et possibiliste sans développer, du moins dans l'esprit, une stratégie para-militaire de défense civile locale et d'offensive diplomatique continentale. Pas de politique sans stratégie et pas de stratégie sans logistique – à un haut niveau de lecture géopolitique, « militaire », la stratégie, c'est de la pure logistique, il est important de comprendre cette donnée fondamentale dans l'analyse des rapports de force et qu'il faut bien admettre. Mais nous voyons aussi très vite, justement en admettant ce fait, en considérant les échelles dont nous parlons et d'où nous partons, l'impasse de tout baser, en partant de zéro, sur un rationalisme économique, un réalisme géopolitique et un pragmatisme politique toujours plus malins que le ciel. La question est de savoir à quelle force on offre son capital humain. A qui nous mettons la pression avec le peu que nous avons de temps et de moyens.

 

Nous avons bien compris l'esprit de « reconquête du Pouvoir » et nous comprenons parfaitement l'utilité d'aider, de développer et de participer à des structures d'entrisme révolutionnaire, de formation et de « renouvellement des élites », la question est : Par quelle idée intérieure et supérieure ces structures et les individus qui les composent sont-elles mues ? Quels sont leurs points de convergence ? 

 

Les leviers de pouvoirs, ou de contre-pouvoirs, dont nous disposons actuellement, plus précisément, dont nous ne disposons plus (dont nous n'avons jamais réellement disposé),  plus exactement dont nous ne sommes pas près à disposer, et, plus objectivement, que nous ne sommes pas prêts à maîtriser ; que nous surestimons, sous-estimons et autour desquels nous spéculons ; en l'état factuel du statu-quo  imposé par Israël et les États-Unis – qui n'est pas l'unique et exclusive action du mondialisme (millénarisme judéo-protestant synthétique), mais qui est une situation également gelée de l'intérieure par la frilosité, et, l'esprit de consentement, de consensus et de compromis des acteurs emblématiques, officiels et mainstream de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, frilosité à sortir brutalement de la dialectique du monde moderne, et qui est une situation que nous ne pourrons pas incendier et faire fondre en restant tièdes comme nous le sommes, en étant pragmatiques, réalistes et rationnels –, ne nous permettront pas d'acquérir les moyens de notre autonomie, de recouvrir une autorité, et ce, dans toutes les urgences du temps qui nous est désormais imparti, que l'on peut, certes, pressentir, préparer et prévoir à des échelles atomisées, en bon père de famille, et qu'il faut préparer, mais soyons réalistes jusqu'au bout, il y a un certain athéisme géopolitique et géostratégique dont nous devons nous garder, nous voulons dire que penser une stratégie, une technique, une logistique, une méthode, est, disons, une œuvre, une discipline, un exercice, un travail politiques et politiciens, certes, inévitable, et que finalement très peu de militant pratiquent, mais cette démarche doit s'inscrire dans une théorie politique d'ordre total, être orientée par une philosophie authentique et dirigée par les principes primordiaux qui en découlent, en cohérence.

 

Autrement dit ; avoir, se donner ou trouver les moyens de démarrer une activité viable et de développer une économie alternative pour la pérenniser ; élaborer un marketing efficace pour vendre sa dissidence et convaincre : obtenir davantage de visibilité et de capacité financière pour faire grandir notre entreprise révolutionnaire ; attirer des compétences et de nouveaux capitaux ;  acquérir la logistique nécessaire à une certaine autonomie ; créer des techniques et des technologies « créativistes » dont nous avons besoin pour développer une propagande corrosive et accumuler un Capital subversif significatif (par la vente de produits subversifs) qui nous permettra d'appliquer, enfin, notre stratégie opérative dans une certaine indépendance est, certes, un processus logique à intégrer comme l'entreprise classique pour les mouvements qui pensent que l'on peut dépasser le système capitaliste-libéral par un système capitaliste-libéral alternatif, qui n'en reste pas moins une réflexion nécessaire à avoir et une aventure à mettre en route, mais cette évidence comptable (évidence pour ceux qui veulent absolument jouer avec les règles de l'ennemi) ne doit pas remplacer la théorie, la pratique et la critique de nos idées et des idées en mouvement dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, ne doit pas devenir le tout de l'existant de notre résistance au système, nous ne sommes pas des épiciers, le développement économique et structurel d'une boutique ne fait pas une métapolitique de combat, elle est à son service, Gouverner c'est prévoir n'est pas une politique d’écureuil ; mais de loups.

 

Essayer de reconquérir des leviers de pouvoirs existants ou des contres-pouvoirs aujourd'hui inexistants par cette voie hypothétique – nous souhaitons bon courage aux dissidents qui pensent récréer des contre-pouvoirs, repriser le tissu social, avec des mentalités entrepreneuriales et une idéologie rationnelle, raisonnable et utilitaire à la fois marxiste, capitaliste et libérale prendrait un siècle et ça n'est pas comme ça que cela se passera, les choses s’accélèrent, les « Grands Temps » sont proches : Convergence - Synergie - Alliance  



La révolution néo-souverainiste veut s'accomplir par la voie républicaine, démocratique et laïque, par la voie légaliste des Droits de l'homme, par la voie d'un entrisme révolutionnaire raisonnable et utilitaire ; populiste et réactionnaire plutôt que populaire ; technocratique et bureaucratique ; chauvin et machiste plutôt que viril ; constitutionnel et institutionnel ; en droit et « de pure frime » plutôt qu'héroïque ;  législatif et administratif ; « de drapeau » et « de papier » plutôt que d'imperium ; en bref, un entrisme systémique vers un mainstream alternatif. Le système ne les aurait pas vu venir, faut-il être naïf...

 

Nous contestons le rationalisme économique marxiste, le réalisme géopolitique whestphalien et le pragmatisme politique alter-nationaliste de la stratégie néo-souverainiste comme voie révolutionnaire possible, entre la méthode néo-souverainiste et la méthode eurasiste il ne peut y avoir qu'antagonisme, ce que nous regrettons, c'est que ce débat n'existe pas, et nous déplorons cette lâcheté des intellectuels qui n'ont jamais tentés de définir cette idéologie néo-souverainiste en mouvement dans la Dissidence. Qui a prit clairement position avant les polémiques qui ont agite la Dissidence en cette fin d'année 2014 ? Voilà la question. La justice est de suivre, ou au moins ne plus étouffer, ceux qui avaient clairement prit position et essayer d'apporter une critique positive, car juste s'être vaguement départit de la Dissidence sans expliquer clairement pourquoi (et en véhiculant son ronron) n'est pas avoir prit position mais avoir été dans la posture, notre critique positive de la Dissidence dit tout cela depuis plus de deux ans.

 

Donc, pas d'autonomie, pas de logistique minimale. Pas de logistique minimale pas d'autonomie maximale. Il s'agit de redéfinir radicalement la notion d'autonomie de manière eurasiste et objective. Le Réalisme n'a pas le monopole de l'objectivité. Sans moins de dépendance au système de croissance exponentielle, pas d'autonomie réelle, mais nous noterons que l'idée d'autonomie, de volonté de puissance couplée au phénomène des nouvelles émergences entre en collision avec l'idée de décroissance (et complique la complexité de l'effondrement de notre société complexe).

 

Il faut oser une redéfinition suprarationnelle et imperiumique de l'autonomie, développer une vision historique, héroïque et épique d'une situation hors de notre contrôle. Qu'est-ce que l'autonomie quand on est au service de L'Empire Eurasiatique de la Fin ? Soutenir sa géopolitique fanatiquement, ne pas oublier que c'est du manque d'art que nous crevons.

 

La réalisation d'une autonomie opérative et objective sera le fruit d'une réflexion active et collective sur les synergies métapolitiques possibles et possibilistes, immédiates, que nous pouvons opérer autour d'actions corrosives qui provoqueront d'autres synergies et conforteront  « alliances » ; des actions qui montrent l'exemple, font école et forcent le respect, actions organisées par les militants disciplinés des courants ordonnés de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle voulant prendre l'initiative et que nous sollicitons. Synergie sans idée de fusion ou de syncrétisme entre les différents groupes qui s'allient le temps de l'action et peuvent ensuite entretenir une correspondance formée en expérience réelle de la coopération.      

 

La réflexion active passe par une critique positive et radicale de la stratégie néo-souverainiste distillée par la Dissidence mainstream dont nous voyons qu'elle n'est pas en mesure de faire transmuter la convergence prérévolutionnaire en mouvement révolutionnaire, elle a eu dix ans pour le faire, et il ne suffit pas de soutenir Vladimir Poutine jusqu'à l’idolâtrie, et de tordre le « concept absolu » Vladimir Poutine dans le sens de l'impuissance européenne d'une vision westphalienne de la puissance entretenue par la Dissidence néo-souverainiste, de la puissance accordée en droit ; de jure – pour comprendre la Nouvelle Russie et suivre sa voie, sa mise-en-marche en avant à contre-courant.

 

Cette vision de la Nation stato-nationale a toujours été un pis-aller pour ne pas expliquer la géopolitique aux peuples, mais le système whestphalien n'a jamais eu lieu dans les faits, et c'est exactement là où est le problème et ce que veut éviter la méthode eurasiste dans ses prospectives métahistoriques et ses choix géostratégiques. Le Droit international, et davantage les Droits de l'homme, sont les impostures démocratiques et laïques misent en place par la perfide albion, par lesquelles elle maintient son hégémonie et entretient le statu-quo ; la véritable fonction du légalisme droit-de-l’hommiste international est exactement de jouer la montre à la nano-seconde précise, ça n'est pas de maintenir la paix entre les nations, quiconque a regarder Star Wars le sait, et en France, même l'horloge à son club, quant à l'horloger, il doit être Suisse, ou Belge. 

 

Nous ne pouvons pas concevoir la notion d'autonomie uniquement et exclusivement comme une somme de compétences et de techniques à acquérir, une addition d'incantations apocalyptique et d'utopies auto-réalisatrices à invoquer, l'autonomie n'est pas tant une liste de réserves à faire et d'objets à accumuler qu'une volonté de puissance à précipiter, une situation politique à provoquer, celle des « alliances » que l'on contractera et des « synergies » que l'on opérera sous l'égide de l'Europe européenne, de la France, de la Tradition et de l'idée de Quatrième théorie politique (et ce, dans les mois qui suivront). La logistique suivra.

 

Il s'agit de penser, certes, un localisme, une  décroissance révolutionnaire (nous n'aimons pas trop ce mot de décroissance, nous préférerions que l'on nous parle de « recours aux forêts » et de « voyages archéo-futuristes dans l'espace », mais ne nous égarons pas au-delà de la ceinture d'Orion, il n'empêche que si on en croit certains antifa-complotistes, Léon Degrelle a marché sur la face cachée de la Lune...), notre réflexion eurasiste sur l'autonomie ne doit pas délaisser, abandonner et mépriser (nous avons conscience de la chose écologique de manière globale sans prétendre être des experts de toutes les disciplines qu'elle rassemble ; mais nous savons où trouver les compétences) les débats écologiques autour de la responsabilité environnementale et la dépollution, des nouvelles technologies et des énergies renouvelables, de la Santé et des médecines traditionnelles (notamment par l'alimentation : première de toutes les médecines), de la chaîne alimentaire (« Codex Alimentarius » et autonomie alimentaire de combat) et de la Nutrition (sous tous ses aspects), de l'agriculture raisonnée et alternative (permaculture, protection des sols, défense de l'humus, gestion écologique de l'eau, etc.), des « chemtrails », des vaccins, des « ogm », ou encore du transhumanisme et de tous les sujets qui ont trait à la défertilisation du vivant et à la destruction de la bio-diversité, mais que nous laisserons, nous, pour le moment, dans nos résolutions, aux experts, experts dont nous écoutons et appréhendons les constats et les alertes ; c'est justement parce que nous prenons en compte toutes les urgences et entendons toutes les menaces du Libéralisme triomphant en matière d'écologie que nous comprenons que « dire la vérité », « avoir des preuves », « être sincère » et « avoir de bonnes intentions », sont des qualités qui ne suffisent pas à apporter des solutions ou à les imposer – à les appliquer à des niveaux opératifs dans des échelles objectives pour obtenir des résultats significatifs –, et ne constituent pas, encore une fois, à elles seules, une philosophie-politique).

 

Il s'agit d'être radicalement solidaire, c'est-à-dire authentiquement pragmatique, verticalement réaliste, car sans brusquer les « rapports de force » par des alliances inattendues et hyperactives – par une voie métapolitique davantage corrosive que la réinformation, l'indignation et la dérision, et à partir d'autre chose qu'une convergence souverainiste incapacitante car sans volonté de puissance, et qui ne voit pas la nécessité de fonder un mythe révolutionnaire justifié par la Tradition –, leurs voix ne seront de toutes façons jamais entendues. Nous irons les chercher en temps voulu, qu'ils continuent à travailler et à nous former, mais de grâce, qu'ils évitent le format de la réinformation nocive et du complotisme excessif, d'une simplification déformatrice et d'une vulgarisation abusive qui engagent la convergence prérévolutionnaire dans un mouvement mortifère en nivelant la connaissance vers le bas plutôt que tirer le militant par le haut.

 

4) La critique de l’étatisme 

 

Qu'est-ce que l'étatisme ? Selon Wikipédia « L'étatisme, dérivé du terme État peut prendre plusieurs sens selon les contextes, il peut désigner à la fois :

 

-Un courant ou doctrine politique selon laquelle l’État doit intervenir systématiquement, de façon plus ou moins directe, par le biais de son monopole territorial, dans les principaux domaines sociaux et d'activité économique.

-L'exercice des pouvoirs de l'État, et l'expansion de son champ d'intervention sur la société.

-Les moyens par lesquels l'État exerce et détient un monopole plus ou moins important sur des secteurs économiques (entreprises contrôlées directement ou indirectement par l'état), sociaux et médico-sociaux, culturels et de communication (télévision publique). »

 

Brièvement, une critique de l'étatisme est nécessaire quand l’État représente une autorité et un pouvoir, dans tous les cas, la critique ne revient pas à prôner une liquidation totale de l’État, qui serait une validation intégrale du Libéralisme triomphant, liquide et sans frontières. Nous pensons qu’aujourd’hui la critique de l'étatisme doit s'axer sur les soumissions de l’État aux partis, aux loges, aux lobbys et aux troupes médiatiques d'occupation mentale (au de là du principe de réinformation). Mais aussi, en France, son républicanisme exacerbé du Nationalisme français au discours de Valmy. Son incapacité d'être un « État-nation souverain » par l'effet du mauvais fédéralisme de l'UE que les restaurateurs de la Nation confondent toujours avec l'Europe européenne. Le rapport entre l'état et l'individu est un débat philosophique majeur dans le monde des idées politiques, cette question est centrale dans l'Eurasisme et souvent présente en filigrane dans les réflexions d'Alexandre Douguine.

 

5) Une certaine tendance girondine et décentralisatrice 

 

C'est la question du fédéralisme (et du confédéralisme), nous n’intégrons pas notre réflexion autour de la notion de fédéralisme dans le cadre de la disputation historique et interne de la Révolution dite française, il serait intéressant de le faire, l'opposition entre Girondins et Jacobins se reflète encore aujourd'hui à l’intérieur de la sphère dissidente et peu sans doute expliquer des fractures contemporaines, mais nous nous sentons extérieurs à cette opposition républicaine et ses « réifications », ça n'est pas exactement le sujet et ça mériterait un article précisément consacré à ce thème, nous pensons que la Révolution dite Française a exactement et précisément contribué à détruire le principe traditionnel et imperiumique de Subsidiarité par l'opposition entre centralisation (Jacobin) et décentralisation (Girondins) qui n'a pas égale à l'idée de subsidiarité au sens organique du terme.

 

« En 1789, la Révolution institue la nation politique en abolissant les ordres de l’Ancien Régime, mais conserve, en l’aggravant, la même tendance au centralisme, la même conception de la souveraineté. Elle transfère seulement à la nation les prérogatives du prince et l’unité indivisible qu’on attribuait au temps de la monarchie absolue à la personne du roi. L’obsession de l’unité est plus forte que jamais. « L’unité est notre maxime fondamentale, l’unité est notre défense antifédéraliste, l’unité est notre salut », ne cesseront de répéter Saint-Just et Robespierre » Alain de benoist, Jacobinisme ou Fédéralisme ?

 

Il nous est difficile de résumer « qu'est-ce qu'une politique girondine ? ». Nous n'avons pas bien compris l'essence de ce concept proposé par Alain de Benoist, nous ne savons pas quel pourrait être la place exacte et la traduction précise de cette tendance dans une perspective eurasiste. Ce que nous pouvons dire, c'est qu'une politique girondine est une politique « modérée » (nous entendons « modérée » au sens de « juste milieu grec » radicalement et directement opposé, de fait et de nature, à la tiédeur et au relativisme bourgeois-bohème du « juste milieu démocratique », mais nous ne savons pas si c'est le cas des révolutionnaires girondins ?), une politique qui part de l'idée d' « étendre le message de la révolution », bon, mais en privilégiant l'entrisme politique à la guillotine, alléluia...

 

« 20 avril 1792 : Sous la pression des Girondins, l’Assemblée républicaine française déclare la guerre “au Roi de Bohème et de Hongrie”, autrement dit au Saint-Empire, l’Empereur étant simultanément roi de Bohème et roi de Hongrie. La première cible des hordes de sans-culottes sera notre pays, et plus particulièrement Anvers et la rive occidentale du Rhin. Notre pays était directement, à l’époque dite “autrichienne”, sous la souveraineté de l’Empereur. Les puissances légitimes d’Europe centrale rassemblent leurs troupes et les Prussiens, mieux aguerris, reprennent les places fortes lorraines de Longwy et de Verdun, mais seront arrêtés à Valmy le 20 septembre. La retraite prussienne change le cours de la guerre: les sans-culottes marchent sur Mons et remportent la victoire de Jemappes, le 6 novembre. La garnison hennuyère, dont le fer de lance est le Régiment du Feld-Marschall de Beaulieu n’est pas assez nombreuse pour contenir les centaines de milliers de baïonnettes, que l’on a recrutées de force dans les bas-fonds de Paris. Le pays est livré au pillage et les ancêtres idéologiques de notre crapulocratie politique socialiste et libérale participent à la curée, inaugurant une ère d’illégitimité fondamentale qui dure encore. L’année suivante, le retour de l’armée impériale, commandée par deux maréchaux impériaux wallons, un Hennuyer et un Namurois, de Beaulieu et de Clerfayt, emporte quelques victoires, libère une partie de la Flandre et du Hainaut arrachés aux Pays-Bas hispano-autrichiens par le “Roi-bandit” Louis XIV, mais, dès septembre 1793, les révolutionnaires, grâce à la pratique de la levée en masse, qui leur donne toujours une longueur d’avance face à des armées de métier au recrutement plus laborieux, finissent par battre la coalition à Hondschoote, en Flandre occupée, et à redresser la situation en leur faveur. Clausewitz, qui était à Valmy comme cadet à l’âge de douze ans, en tirera les conclusions et plaidera plus tard pour la levée en masse et la participation du peuple aux armées, dans ses mémoranda qui conduiront aux réformes prussiennes des années 1806-1815. Les “réformes prussiennes” visaient à moderniser la structure de l’Etat et de l’armée et surtout à les ouvrir aux classes populaires. Elles ont une connotation “nationale-révolutionnaire” évidente. » Robert Steuckers, Éphémérides d'avril, Voxnr

 

Les débats sur l'opposition entre les Girondins et les Jacobins sont souvent rattachés à la question du Bonapartisme (et du Gaullisme) que certains voient comme la suite des Girondins et d'autres comme la suite des Jacobins, d'autres encore comme une dérive ou une récupération du jacobinisme par l'empire méchant contre la gentille république « du moindre mal économique universel ».

 

C'est la question symbolique du Coq et de l'Aigle, la Révolution conservatrice c'est, précisément et exactement, accomplir la synthèse opérative de la Révolution et de la Tradition. Le Coq-Aigle ou l'Aigle-coq sont les deux têtes du Phénix de l' « Empire Eurasiatique de la Fin », le Corbeau-solaire, au deux cœurs entrelacés de l'Incendium Amoris. Représentation et projection de l'Alliance royale entre la France et la République, de l'Alliance impériale entre la France et l'Allemagne, de l'Alliance continentale entre l'Europe et la Russie, de l'Alliance philosophale entre l’Église de Jean et l’Église de Pierre, de l'Alliance mariale  entre Catholicisme et Orthodoxie, et, de l'Alliance abyssale, virginale et finale, de la Lumière primordiale et des puissances de la Nuit. Nous sommes agneaux mais pas moutons.

 

6) La critique de la logique du capital

 

Ça n'est pas ce qui manque, de Carl Marx à Francis Cousin, de George Orwell à Jean-Claude Michéa, de Michel Clouscard à Alain Soral.

 

Nous citerons un extrait du très bon texte  Qu'est-ce l'aliénation capitaliste ? déniché dans le magazine Rébellion (n°54) :

 

« Le système capitaliste c'est cette société individualiste où se sont constitués des rapports sociaux tellement objectifs qu'ils ont pris une indépendance complète à l'égard des individus. C'est cette domination abstraite qui amène à la domination de classe et non le contraire. Dénoncer les banques et les oligarchies financières, prendre l'argent aux riches pour le donner aux pauvres, ne changeront en rien les structures du système de domination capitaliste et ne mettront donc pas fin à l'aliénation. Comprendre l'aliénation ce n'est pas en sortir car personne n'est en-dehors de ce système et ne peut s'en faire le critique en prenant une position extérieure. Mais la comprendre c'est déjà faire un effort pour en prendre conscience, comprendre que cette domination a une histoire et chercher les voies permettant de la dépasser. Car il ne s'agit pas de revenir à "un bon vieux temps" d'avant l'aliénation, il s'agit de s'approprier ou de se réapproprier ce qui s'est constitué sous une forme aliénée. »

 

7) Le sens du commun

 

La « Sensus communis », c'est les sensibilités communes, les essences qui forment la substance « peuple ». Le « sens du commun » est une synthèse en mouvement des perceptions sensoriels et leurs interprétations traditionnelles, enracinées et partagées, qui lient l'être à la communauté et la communauté à l'être sur la « longue durée », qui fait « peuple ». Le « peuple » est la « cohérence naturelle et organique » qui existe et que l'on peut observer entre la communauté et l'être qui perçoivent sensiblement les mêmes choses à partir de leurs « sens individuelles » – la vue, l'ouïe, le toucher, le goût, l'odorat et les « perceptions extrasensorielles » – qui entrent en cohérence et forment une « sensibilité collective et historique ». Il s'agit de la guerreanthropologique que les peuples doivent engager contre tous les impérialismes de l’indistinction...

 

Nous distinguerons les notions de bien commun et d’intérêt général. La confusion de ces deux notions politiques est récurrente chez nos concitoyens qui au final confondent social (économique) et sociétal (mœurs), quand il faudrait penser une certaine totalité de la question sociale.

 

8) Le holisme

 

« Holisme (du grec ancien holos signifiant « la totalité, l'entier ») est un néologisme forgé en 1926 par l'homme d'État sud-africain Jan Christiaan Smuts pour son ouvrage « Holism and Evolution ». Selon son auteur, le holisme est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice ». Le holisme se définit donc globalement par la pensée qui tend à expliquer les parties à partir du tout. De ce fait, la pensée holiste se trouve en opposition à la pensée individualiste qui tend à expliquer le tout à partir des parties. » (Wikipédia).

 

Le « holisme » est, pourrait-on dire, une sorte de prisme pour repenser le bien commun et par lequel regarder, observer, le sens du commun.

 

Nous citerons Thierry de Crozals, un extrait de son texte Mortel manie moderne  :

 

« En ces temps d’hystérie collective où la platitude « materialo-consumériste » est à son comble, replaçons un peu d’ordre, c’est-à-dire de sens, dans ce monde qui en manque cruellement tant il a la manie frénétique de tout vouloir inverser.

 

Si nous parlons ici d’hystérie, le lecteur l’aura compris, c’est que la grande période des soldes, tant attendue, a commencé et avec elle son lot d’aberrations littéralement insensées : « la grand-messe de la consommation bat son plein ou plutôt ressasse son « vide », et elle ne s’en lasse visiblement pas. »

 

Nous tenons à préciser au lecteur, s’il en était besoin, que si nous avons décidé de traiter ce sujet, entre autre, ce n’est point par souci de suivre ou de « coller » à cette non-actualité, rien ne nous importe moins que cela. Nous ne suivons personne sauf le Ciel et ne tenons à « coller » à rien d’autre qu’à la Scientia Sacra et à ses Fidèles Serviteurs.

 

Encore et toujours, les mots ont un sens, l’oubli de leur sens premier, spirituel donc sacré, nous installe inévitablement et sûrement au sein de la « Grande Amnésie » chaotique afin que la Grande Prostituée accomplisse les Temps.

 

Dans ce monde en perdition, les « misosophes », les « misomystes » en tous genres, les faux-maîtres, les imposteurs, les falsificateurs, les adorateurs de Mammon se répandent niaisement avec joie et concupiscence tant la confusion est unanimement partagée et le ridicule ne tue plus.

 

L’excitation est à son comble, on cherche fébrilement l’extase dans la « bonne affaire », le désordre institutionnalisé se mue en transe libératoire où l’étourdissement le dispute à la sauvagerie ; la conscience de l’individu peut alors éclater en libérant stérilement ses spasmes jubilatoires, qui sont comme autant de cris de ralliement, au son de « C’est trop génial ! Mais alors trop mortel ! ». Nouvelle hiérogamie du néo-dieu Corpus et de la néo-déesse Apparentia. Nouveaux dieux tutélaires de la cité des gratte-ciels. »

 

9) La volonté d’émancipation

 

Volonté d'émancipation de l'être, de l'individu, qui est essentiellement un processus individuel de libération intérieure, mais qui, pour s'opposer conséquemment au processus de domination global du non-être et du dividuum, doit transmuter en une volonté d'émancipation collective, que nous différencions des logiques de massification de la société ouverte comme nouveau modèle démocratique, mais que nous n'opposons pas et associons même une volonté de puissance continentale. Nous ne pensons pas que toute « volonté de puissance », d'une certaine maîtrise géopolitique supranationale, soit un mondialisme déguisé, sinon, comment se défendre du mondialisme ?

 

Dans la Dissidence, certains ont la faculté universitaire d'établir des constats de faillite et de dresser des listes de faits factuels avec toutes les qualités d'archivistes et de copistes requises, c'est un travail précieux, d'autres ont les capacités révolutionnaires de les interpréter, de faire transmuter le constat en conclusion, et de proposer une voie. Il est difficile de produire les deux à la fois.

 

Pour un Européen du XXIème siècle le siècle de l'effondrement de l’Occident, qui ne signifie pas que l'Europe et que les Européens vont disparaître (beaucoup sont déjà morts), car l'effondrement d'une civilisation est un moment qualifié favorable à la renaissance culturelle d'un peuple et de sa Tradition primordiale émancipation rime avec Retour d'Europe, volonté de puissance continentaliste, révolte des peuples celtes, et nous pensons que persister à confondre UE et Europe entretient le « mythe incapacitant de la toute puissance de l'ennemi » et le statu-quo, aussi pertinent puissent-ils être dans leurs constats, une majorité des penseurs, journalistes, polémistes, essayistes et intellectuels de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream dont la préoccupation première ; et que chacun peut constater en observant leurs lignes éditoriales, en les lisant et en les écoutant, est d'établir le constat de faillite le plus élaboré (et illustrer cette œuvre par un maximum de faits factuels), occupation chronophage s'il en est, sans réelle volonté de proposer une conclusion commune et de théoriser, en conséquence, une Quatrième théorie politique qui engage un mouvement sont les idiots utiles du mondialisme en accusant toute tentative d’émancipation de l'être d'être l'idiote utile du mondialisme.

 

La volonté d'émancipation et de puissance peut se transformer en nihilisme avant de muter en Tyrannie totalitaire si elle orientée par les principes démocratiques, les valeurs républicaines et les fondamentaux laïques. C'est toujours du même antagonisme dont dépend le sens que prend un principe, une idée, un concept, une volonté. Émancipation et Domination sont les deux faces d'une même réalité, d'une réalité universelle.

 

Il y a une transmission initiatique sacrale et primordiale d'une Tradition alchimique dont les « connaissances » servent volontiers les volontés individuelles d'émancipation, et il y a différents projets politiques qui, universalisant, s'appuyant sur un collectif uniformisé,  accompagnent le processus de domination globale en empêchant la transmission traditionnelle de l'être à l'être, en inversant le sens de l'initiation, en rendant sacrée ce qui est profane, secondaire ce qui est primordial, en détournant la connaissance, car, sans verser dans un dualisme intégral et un millénarisme total, peu importe de quoi nous parlons aujourd'hui dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème et quelle mise-à-jour aura été faite au constat de faillite de la gouvernance par le chaos, mais nous parlons toujours d'un certain  combat qui se perpétue à travers la grande te longue histoire de notre Humanité adamique. Voyons l'Universel comme le message originel d'émancipation : la Tradition primordiale comme la méthode révolutionnaire la plus verticale pour la réorganisation de tous les étages de la Subsidiarité géo-cosmogonique en puissance et en acte dans la dynamique culturelle des civilisations et dans les espaces identitaires et intérieurs de l'être. L'inversion de cette dynamique universelle transforme la civilisation en processus de domination de l'être, en projet unipolaire et universalisant. Et ce projet se reflète dans la méthode moderne de la Dissidence qui est davantage un moyen horizontal de gestion alternative de la Marchandise et d'organisation subversive du Spectacle de l'imposture démocratique planétaire. Un Universel Trinitaire de l'Unicité multiple et inclusive, et, un Universalisme Tertiaire de l'Unité unique et exclusive. Choisi ta constellation Camarade !

 

L'essence de la modernité est une essence liquéfiante, caustique, dissolvante, une anti-essence. Le « système » actuel – monde post-moderne et post-libéralisme paradigmatique –, laïque, agnostique et athée en tout, ne supportant aucune voie de transcendance, aucune forme de Tradition révolutionnaire, la transcendance est remplacée par l'euphorie immanentiste de l'idée rationnelle de Progrès et la descente assurée par les catharsis raisonnables des utopies gauchistes idéologiquement neutres actuellement vendues par la Dissidence mainstream de la réinformation chronophage et mortifère au service d'un nouveau matérialisme dialectique pétaino-marxiste unique et exclusif dans une logique stato-nationale anachronique augmenté d'une rhétorique complotiste excessive et compulsive d'opposition nécessaires au dysfonctionnement rentable des extrémismes antitraditionalistes.

 

A notre sens, La Politique c'est de la Religion, et la Religion de la Politique, c'est de l'ordre et du même rapport qu'il y a entre l'action et la réflexion... L'athéisme politique et le laïcisme obligatoire de l'arc républicain sont forcément une forme de Religion, d'anti-religion, Madame Vincent Peillon, ministre de l'éducation du gouvernement d'Hollandouille 1er, nous explique que la « laïcité », précisément le « Laïcisme », est bien une religion, une religion à part entière, une religion d'état, la religion des athées. Mais de nombreux religieux sont tout aussi antitraditionalistes, agnostiques, ils n'aiment pas l'ésotérisme, peut-être et justement parce qu'ils ne distinguent pas volonté d'émancipation au sens révolutionnaire et traditionnel et processus de domination au sens progressiste et moderne ? Mais la question reste ouverte, il est néanmoins étonnant, et remarquable, que certains religieux, se retrouvent plus souvent alliés aux laïques, agnostiques et athées du Capitalisme trois fois libéral, qu'ils ne combattent la République universelle et l'Empire global côte-à-côte avec les « Traditionalistes ».

 

L'idée, le concept, la métaphysique du Putsch, réactivé et initié par Vincent Vauclin, est une réflexion autour de la notion politique de coup d'état, de Putsch légitime et justifié face à une situation exceptionnelle et l'accélération exponentielle de sa dégradation, que beaucoup ont rejeté d'un revers de la main, mais en réalité, tout le monde métapolitique pense et joue de cette notion. Ils n'y croient pas. Nous n'avons jamais lu ou entendu Vincent Vauclin écrire ou parler de croyance, d'utopie ou même de mythe putschiste – comme certains entretiennent le mythe de la Grève Générale et du Grand Soir –, ni baser sa réflexion sur la fondation d'un espoir démocratique vers une 6ème République, mais comme une réflexion actuelle et factuelle dans les possibilités supra-rationnelles de sa résolution. Le Putsch peut être un élément, une composante héroïque, une métaphysique de combat au service de notre Mythe mais ne constitue pas un Mythe à part entière, ni une grossière utopie.

 

« En vérité, le coup de force en lui-même est une formalité dès lors qu'il intervient au bon moment, celui où les espérances populaires se cristallisent autour de l'idée putschiste, et où, dans le même temps, le pouvoir apparaît comme plus illégitime que jamais, confronté à un élan de défiance générale face auquel il semble impuissant.

 

La question qui se pose aujourd'hui, c'est donc celle de la préparation préalable de l'opinion au putsch.

 

Ce n'est pas là le rôle de l'Armée, c'est le nôtre. » Vincent Vauclin, Putsch, La faisabilité du Putsch, p.21, La Dissidence Française

 

Vivement le Putsch !

 

10) La notion de solidarité

 

C'est un des points névralgiques et toujours en présence dans notre critique positive des convergences pré-révolutionnaires et des subversions en mouvement dans ses différents courants idéologiques, où la solidarité est une notion quelque peu fragile, que l'on croise aussi rarement qu'un singe en hiver...

 

La solidarité est souvent un spectacle narcissique, parfois assez sinistre sous certains aspects – cooptation intéressée, plafond-de-verre, faux-amis, sens-unique, marketing, intention de retour commercial, etc –, la solidarité prend alors la forme du gagnant-gagnant libéral conforme à la forme du perdant-perdant capitaliste. La solidarité ne peut pas uniquement et exclusivement être qu'une entreprise de constat de faillite et qu'une association de ras-le-bol convergeant frénétiquement en un fourre-tout idéologique où toutes les idées se valent, et dont le seul lien serait un ennemi commun qui s'évapore en lieu commun entre tous les antagonismes de cette convergence incapacitante, entre tous les non-dits de ce spectacle de solidarité, ou de Coluche aux Enfoirés...

 

Par exemple, aucunes dissidences emblématiques, officielles et mainstream, pourtant et pseudos pro-russes, faisant souvent l'éloge de Vladimir Poutine de manière primaire relayant la propagande du soft power russe de façon binaire, n'ont relayé les différents appels et ne soutiennent l'effort de guerre d'Unité Continentale et des volontaires français du Donbass contre le Nouvel Ordre Mondial en mouvement en Ukraine,  dans des calculs ou une ignorance qui nous échappent, c'est déplorable et il n'y a aucune excuse, aucune pseudo-stratégie qui le justifient, misérablement comique en terme de virilité et de solidarité, d'ailleurs, et à ce propos, nous rappelons qu'Alain Soral avait tout de même généreusement préfacé le livre d'Alexandre Douguine sur la Quatrième théorie politique, ainsi que nous soulignons, qu'une antenne d'E&R avait organisé une conférence avec Alexandre Douguine, mais en cinq ans, E&R a relayé et diffusé à peine une dizaine de billets, et écrit un seul article original sur l'Eurasisme, si nous étions complotistes, nous pourrions croire que E&R s'est « revendiqué », plus exactement, s'est montré sensible à l'Eurasisme, et plus précisément s'est «  emparé » de la notion de multipolarité pour ne plus jamais en parler de façon traditionaliste et de manière eurasiste, la Quatrième théorie politique sans l'aimer, il faut dire, et bien comprendre, qu'entre le néo-souverainisme et l'eurasisme, il ne peut y avoir qu'antagonisme...   

 

Notion de solidarité à mettre inévitablement en résonance avec un certain syndicalisme révolutionnaire typiquement français : le Nationalisme français en puissance et le Socialisme français en acte, le retour d'expérience d'une synthèse théorique, et d'une certaine façon pratique, du siècle dernier, à travers, notamment, Les cahiers du Cercle Proudhon, dans lesquels nous pouvons retrouver les traces encore fraîches d'un certain logiciel français et que nous ne devrons pas ignorer dans la future théorisation de notre Eurasisme européen. Des notions comme société du don, méritocratie, devoir, critique des logiques et de la dialectique du Capital, idée de justice sociale, d’héroïsme, d'Europe européenne, mais aussi l'idée d' autocritique positive en temps réel, ne sont pas absentes de ce corpus d'idées très riche et que strictement personne n'incarne aujourd'hui dans la Dissidence. 

 

« Troisième voie : le cercle Proudhon

 

Tentative de troisième voie qui s’incarna, en France, dans l’éphémère cercle Proudhon, lieu de dialogue entre monarchistes nationalistes et syndicalistes anti-réformistes, où des hommes de bonne volonté, attachés par-delà leurs origines aux mêmes valeurs de noblesse de cœur, d’honneur, de combat et d’amour de la patrie, tentèrent à l’aube de la guerre de 14, une improbable union sacrée anti-bourgeoise. Une union sacrée des hommes de bonne volonté à laquelle le système répondit par l’union sacrée cocardière contre les boches... » Alain Soral, Quelle alternative au monde bourgeois ?

 

11) L’idée de justice sociale 

 

Et non de « droits sociétaux » (idéologie du même ; Alain de Benoist), le règne des « minorités victimaires de l'avoir » c'est le morcellement de toutes les « communautés radicales de l'être ». Il y aurait, bien entendu, énormément de choses à dire au sujet de l'idée de justice sociale, mais cette question rejoint ce que nous disions au sujet de l'idée de liberté, c'est-à-dire, que si pour la plupart des démocrates, justice sociale veut dire égalitarisme, nous nous opposons à cette vision tronquée de la justice sociale qui n'est pas la question sociale, vision finalement paternaliste et colonialiste, pour nous autres, eurasistes, la justice sociale n'a d'égal que, certes, l'autodétermination des peuples et leurs facultés à s'émanciper, mais n'a davantage d'égal que les hommes libres dans le peuple qui portent l'autorité révolutionnaire et traditionnelle de cette faculté. D'ailleurs, nous ne confondons pas le débat philosophique sur l'égalité, et la morale égalitariste comme machine à produire des inégalités supplémentaires, inutiles et intermédiaires, et qui pourrit tous les débats.

 

« A force d'aller et venir dans la grande vitesse de l’abondance mercantiles où tout disparaît et s'oublie en un tournemain, l'homme soumis à la croissance inépuisable du spectacle des images-objets du temps totalitaires de l'échangeable omnipotent, a fini par perdre de vue la vue humaine elle-même étant donné que plus rien n'est intelligible autrement que par le biais des artificielles instrumentations de la technique capitaliste de la seule égalité quantitative. La vitesse des moyens de production, d'accumulation et de transport ne cesse d'être multipliée à l'aune du modèle de développement de la marchandisation qui est devenu le maître absolu de toutes les expériences humaines, désormais séparées de l'homme puisque l'homme citoyen est foncièrement l'homme de l'anti-nature. L'être humain a cessé de pouvoir être le mouvement de la vraie conscience du vivre, il n'est plus que le civilisé branché aux connections de la machinerie de la société industrialisée de l’auto-contemplation marchande où tout un chacun doit apprendre l'ivresse de la performance du négocier et ainsi se présenter à tout bout de champ comme négociation des ivresses du performer dans la pression continue du temps social du rendement. Là où prédomine le spectacle de la réalisation du totalitarisme du marché, commande aussi et premièrement la police de l'implacable fanatisme du temps-marchandise de la fugacité implacable. » Francis Cousin, L'être contre l'Avoir, Chap. V La Domination, la communauté de Terre et l’Émancipation ontologique, p.198, aux éditions Le Retour aux Sources 

 

12) L’affirmation de la spécificité et de l’identité

 

Il s'agit de ce que certains nomment : La mère de toutes les batailles.

 

Nous autres, celtes, devons œuvrer à l'avènement solaire du monde multipolaire et de sa vision eurasiste et mariale, par définition un monde polychrome et où la diversité reprend sa place naturelle dans ses espaces identitaires légitimes ; l'esprit Celte d'ouverture, de son aventure millénaire, préservé ; sauve : Nous allons rendre leurs terres à leurs peuples et leurs peuples à leurs terres !

 

Une « diversité » radicalement opposée à la morne « fosse-babélisation » mondialiste unipolaire et hégémonique qui nous est définitivement promise par l'hyper-classe incestueuse et consanguine – celle des élites de la gauche libérale-libertaire et celle des élites de la droite d'argent néo-réactionnaire –, qui lutte avec un acharnement malsain, en manipulant un ethnomasochisme sadique, contre – en opposant entre eux – les petits patrons, les ouvriers, les artisans, les producteurs enracinés, les fils d'immigrés, les petits blancs, les prolétaires, la classe moyenne, les pauvres, les riches, toutes les catégories que le marxisme avait dressé contre l'êtreles premiers, directement, et de manière frontale, au nom du progrès et de la modernité, les seconds, par peur de la « Nuit libérale » et leurs soumissions aux théories économiques mondialistes sur la mondialisation pour la protection financière de leur capitalisation.

 

Nous citerons Vincent Vauclin, un extrait de son entretien avec le Cercle Non-Conforme :

 

« Avant la fin de ce siècle, si rien ne change, les européens seront pour la première fois minoritaires sur leur propre territoire. Céder sur le terrain de la sémantique ou du politiquement correct, c’est déjà capituler, alors soyons clairs : nos sociétés se sont vues imposer un modèle multiculturel qui, in fine, conduira vraisemblablement à la marginalisation puis à l’extinction de la race blanche. Il ne s’agit pas d’un « délire d’extrême-droite », mais des projections officielles de l’ONU. C’est d’une logique implacable : d’un côté, les oligarques encouragent des politiques de dénatalité ciblant les européens de souche (apologie de l’avortement, des déviances homosexuelles et « transsexuelles », idéologie du genre, propagande antifamiliale etc.), de l’autre, ils font entrer chaque année des dizaines de millions d’allogènes en Europe et encouragent le métissage au nom du « vivre-ensemble ». Concrètement, on appelle ça un génocide. »

 

Beaucoup de choses ont été dites sur l'identité. Nous pensons qu'il n'y a rien à affirmer et personne à convaincre, que ce qui se voit se voit. Nous n'avons pas à nous justifier d'être. Il nous faut incarner cet l'être que nous revendiquons, c'est bien là notre seule liberté.

 

Si l'immigration est un phénomène connu du monde entier – dans différentes proportions, à différentes époques, différents contextes –, l'immigrationisme et le multiculturalisme sont des idéologies encore très mal comprises par la Dissidence mainstream, et comment en serait-il autrement quand la Dissidence emblématique et officielle est dans un reniement totale de la question de l'identité (qu'elle avait initié par une critique intégrale de l'antiracisme institutionnel et du sionisme constitutionnel) ? Reniement opéré en invoquant l'argument du Choc des civilisations (comme si la question de l'identité se résumait à la question de la théorie du Choc des Civilisations comme stratégie subversive de la conspiration mondialiste) et la crainte d'une guerre civile communautaire (maintenant que tous les pions sont en place) qu'il suffit de ne pas vouloir pour ne pas qu'elle soit finalement pas déclenchée dans un des cinquante foyers de départ potentiel d'incendie banlieusards que la CIA, le MOSSAD et la CGT tiennent sous contrôle ; alors, la crise identitaire telle que nous la connaissons en Europe est peut-être typiquement française, et d'une manière générale particulièrement occidentale, elle n'en reste pas moins centrale et nous pensons qu'elle est vitale pour l'ensemble des peuples dont certains connaîtrons des dissolutions identitaires encore plus violentes et encore plus abruptes que nous les connaissons en Europe, tout s’accélère, et le Japon n'était qu'une préfiguration du modèle de société mondiale que nous préparent nos chers élites.   

 

Le débat identitaire d'avant-garde, et qui n'a pas lieu dans la sphère dissidente, est celui entre deux visions inégales et irréconciliables de l'identité, pour faire court, en focalisant sur la France, en la considérant comme une civilisation à part entière  et en considérant la complexité de la société occidentale, une vision moderne et républicaine et une vision imperiumique (empire intérieur) et traditionnelle de l'identité intégrale s'affrontent en filigrane de tous les débats, nous affirmons que le néo-souverainisme, l'alter-nationalisme, le nationalisme-républicain, en bref, tous les « nationalismes hésitants » qui ont cours dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle et qui sont un seul et même ronron, ont une vision moderne et républicaine de l'identité, que cette vision (de l'identité donc du monde) est compatible avec la logique du Capital et qu'elle est incitée par tous les accents de sa dialectique.

 

Nous ne pourrons pas dialoguer avec la Grande et Nouvelle Russie de Vladimir Poutine sans faire entendre une Voie EuropéenneC'est à Moscou qu'il faut mettre la pression ! –, refuser le Retour d'Europe, tout en étant whestphalo-poutinolâtrique, c'est être volontairement des vassaux, des acteurs mineurs du Grand Jeu géopolitique par nostalgie des 30 Glorieuses et de Jean Moulin.

 

L'espace identitaire national est légitime et est incontournable dans toutes les perspectives d'articulations philosophiques et les hiérarchies d'organisations politiques possibles et imaginables. Nous ne sommes pas « nationalistes », plus exactement, nous ne sommes pas uniquement et exclusivement nationalistes, mais nous ne sommes pas contre la Nation, le Territoire et les Frontières nationales, nous disons qu'au-delà de la Nation existent d'autres espaces culturels et civilisationnels. Les néo-souverainistes se défendent souvent d'être nationalistes et insistent sur le fait qu'ils sont uniquement et exclusivement patriotes, il faut être endoctriné et hypnotisé pour ne pas comprendre ce que ça sous-entend et ce que ça dit sur le rapport que les néo-souverainistes ont à l'identité et à la souveraineté. Nous sommes patriotes et nationalistes, mais nous sommes aussi et prioritairement continentalistes.

 

Nous devons donc œuvrer à garantir une continuité de la bio-diversité et pérenniser cette œuvre pour les dix milles prochaines années, cultiver ce qui reste des cultures traditionnelles et vivantes en n'oubliant pas que la Tradition n'est pas un musée ou une décoration de Noël, mais qu'elle est une terre fertile, rétablir quelques vérités organiques, sensibles, « métahistoriques », accessibles, pour faire revivre et voir  renaître la Tradition « toujours déjà présente », en bref, une œuvre de réenracinement intérieur individuel et de relocalisation artisanale collective de refleurissement culturel. Nous éviterons de développer l'idée de survivalisme et d'en faire notre philosophie-politique, l'esprit survivaliste nous semble être une « impasse palléo-libérale utopique et apocalyptique », non, nous développerons simplement l'idée de localisme, le terroir comme dans un endroit d'où se « propulser », d'où « émettre », une projection continentale, un horizon d'où penser la verticalité, d'où regarder les étoiles, nous parlerons de « Vivalisme » (nous avons piqué cette  expression à Jean-Paul Bourre), car un eurasiste n'est pas un super-héros, il a besoin de « limites » et de « bornes » à sa substance, d'un horizon vertical, l'eurasiste n'est pas le non-être hors-sol, liquide, aérien, satellitaire, sableux, libitumineux, etc, de l'empire thalassocratique d'assombrissement du monde.

 

Nous ne rejetons pas le Survivalisme dans ses apports techniques, dans ses propositions d'organisation d'une autonomie locale, comme la Base Autonome Durable de Piero San Giorgio – que nous apprécions écouter, mais dont nous ne partageons pas la philosophie libérale –, que nous pourrions appeler et transformer en Ferme Traditionnelle Pérennialiste, c'est-à-dire, ajouter la dimension de l’Église orientée au milieu du village, ensuite, la Base Autonome Durable ne peut être qu'un point de replis, qu'un havre de paix avant ou après la guerre et l'épreuve du feu, nous ne pouvons pas fuir, même si nous le voulions, nous ne pouvons nous cacher nulle part.

 

Pour revenir sur la question de l'identité, nous suivrons le Mouvement pour la Remigration  récemment initié et propulsé par Laurent Ozon, un mouvement métapolitique propre à fournir de nombreuses ressources d'action et sources de réflexions en matière d'identité et de son affirmation, ça n'est pas exactement notre orientation, pour faire court, ce que nous reprochons principalement à cette approche c'est un excès de réalisme – Le Réalisme est un axe géopolitique définitivement périmé ! (Laurent James) – et de pragmatisme (nous avons déjà largement développé cette question dans cet article que pour y revenir trop longuement), à notre sens, la Remigration ne peut pas constituer une philosophie-politique et initier un mouvement révolutionnaire à elle seule, cela dit, et par exemple, Laurent Ozon critique vivement la Doctrine Chauprade (pour ceux qui ont suivi cette affaire) comme il fustige l'islamocentrisme des néo-conservateurs « à la française », nous prenons ces deux exemples pour souligner que Laurent Ozon a tout de même mis des bornes au tout réalisme du « si ceci alors cela », au pragmatisme primaire, binaire et réactionnaire des occidentalistes.

 

La « réaffirmation de l'identité et de ses spécificités » est un pré-requis à une convergence solide et sincère entre français de souche, de tronc, de branches, de feuilles, de bourgeons, de fleurs et de fruits, ainsi, nous devons rester critiques des potentialités contre-initiatiques en germe dans la littérature des interprétations néo-païennes uniques et exclusives, en matière de Tradition et dans les diverses conceptions raciales en dialogue ou confrontation, pour ne pas sombrer, pousser la chute dans les bas ravins des déterminismes anthropologiques évolutionnistes d'une certaine biologie matérialiste et alcoolique, une coalition des peuples enracinés est possible sans recourir à un racisme primaire ; mais comment établir des ponts et organiser des coopérations via le néo-souverainisme et sa vision républicaine et moderne de l'identité ?

 

« Nous avons déjà reconnu en traitant du fascisme, qu’il serait légitime de proposer l’idéal d’un nouveau type humain supérieur au centre d’un processus global de cristallisation, de rectification et de formation de la substance d’une nation : à condition de ne pas donner trop d’importance, dans cet idéal, à l’aspect biologique, mais insistant surtout sur la “race de l’esprit“. Inversement, dans le racisme national-socialiste, ce fut justement cet aspect biologique qui eut une part essentielle. A cause d’une déformation mentale “scientiste”, on se fit beaucoup d’illusions en pensant qu’il suffisait de procéder à une prophylaxie et d’ériger des barrières contre les métissages, sans oublier les mesures eugéniques, afin que des vertus disparues reviennent et que l’homme créateur d’une civilisation supérieure réapparaisse automatiquement. Il y a aujourd’hui des peuples, tels que les peuples norvégiens, suédois et hollandais, qui représentent un degré élevé de pureté raciale et même “normale”, mais qui sont plus ou moins éteints intérieurement, spirituellement abâtardis, privés des vertus qui les caractérisèrent en d’autres temps. » Julius Evola, Notes sur le Troisième Reich

 

Jean-Luc Mélenchon (qui désormais se revendique du peuple), par exemple, ne veut surtout pas travailler à ce genre de coopérations, il préfère les prolétaires déracinés, et décréter la 6ème République, une nouvelle Terreur au nom du progrès, et de la Chine communiste et capitaliste.

 

Pourquoi parlons-nous de Jean-Luc Mélenchon et de prolétaire alors que nous parlions d'identité ?

 

Nous pensons que le « prolétariat » n'existe pas mais que la représentation symbolique du prolétaire existe dans l'imaginaire collectif marxiste et libéral post-moderne, que cette image catégorielle de notre condition économique est entretenue, que cette identité sociale synthétique a fait peau dans la structure mentale de certains de nos compatriotes qui une fois revêtis de cette contre-identité, qui a refait peau-neuve dans la Quatrième théorie politique néo-souverainiste, rêvent de Grand Soir, de Grève Générale, d'Homme providentiel et de Vacance du Pouvoir, des mythes syncrétiques et incapacitants, des utopies distillées par la Dissidence mainstream dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. Nous voulons dire par là que ces mythes gauchistes et droitards sont les déclinaisons extrêmes et rationnelles, matérialistes et modernes, de mythes traditionalistes, rupturalistes et possibilistes, suprarationnels et radicaux, selon nous, davantage organiques, légitimes, en effet, les racines traditionalistes et héroïques dans lesquels nous puisons leurs « essentialités » (en retrouvant le sens d'une certaine « métaphysique de combat » dans notre métapolitique) nous semble davantage correspondre à la Dissidence originelle du Retour à l'être total et à la communauté sacrale de l'être libre, ainsi, les mythes du Grand Soir, de la Grève Générale, de l'Homme providentiel et de la Vacance du Pouvoir, se transposent, se transforment et transmutent en « Minuit Cosmique », en « Révolution conservatrice », en « Roi du Monde » et « Volonté de Puissance ».

 

Les ex-futurs mythes « socialistes et conservateurs » incapacitants véhiculés par la Dissidence mainstream, dans leurs persistances anachroniques et dans leur double esprit, subversif et réactionnaire, de révolution libertaire et de restauration classiciste – de la vraie-fausse démocratie, de la vraie-fausse république, de la vraie-fausse laïcité, du vrai-faux Mai 68, des vraies-fausses trente glorieuses gaullistes, de la vraie-fausse France de Vichy, du vrai-faux empire bonapartiste, de la vraie-fausse Révolution dite Française, du vrai-faux ancien régime et de la vraie-fausse monarchie –, aident l'idée envahissante de l'indistinction, systémique et systématique, matrice du post-libéralisme paradigmatique, à s'enraciner dans l’idéologie dissidente, ils fixent l'indistinction en norme démocratique obligatoire.

 

Il ne suffit pas de dénoncer le principe libéral-libertaire d'indistinction, par exemple, il est inutile de réinformer, de s'indigner contre le « mariage-pour-tous » et de tourner en dérision la « théorie du genre » (déconstructionnisme de l'identité sexuelle) si, parallèlement, nous ne remettons pas verticalement et définitivement en cause la définition républicaine de l'identité (qui inclut un déconstructionnisme de l'identité ethnique, raciale et intérieure de l'être, qui impose globalement, par définition, une vision uniquement et exclusivement « thalassocrate » et « satellitaire » de l'identité (la question du droit du sang, du droit du sol et du hors-sol) qui est exactement et précisément incompatible avec la vision, « tellurique » et « enracinée » de l'identité, de la théorie multipolaire contre tous les impérialismes de l'indistinction) et la conception « humaniste » (post-chrétienne, Lumières) de la question sociale (déconstructionnisme de l'identité sociale et des structures traditionnelles), si nous ne défendons toutes les « altérités complémentaires » et tous les « espaces identitaires éthiques, esthétiques et métaphysiques », c'est là une contradiction dévastatrice aux conséquences désastreuses que nous alimentons – notamment en parcellisant les luttes sur cette double incompréhension de l'identité et de la question identitaire –, et que nous pouvons de plus en plus massivement observer au sein de la Dissidence mainstream et néo-souverainiste du « je dénonce tout, je n'en déduit rien », pour le dire autrement, plus brutalement, on ne peut pas s'opposer radicalement à la « théorie du genre » sans rejoindre transversalement le Mouvement pour la Remigration (et vice versa), sans redécouvrir la vision imperiumique et traditionnelle de l'identité et de la « question sociale » vue par la Tradition...

 

C'est un tout, une « Unicité », un « triptyque », une « trifonctionnalité », une « trinité », une articulation des dimensions ethno-civilisationnelles, politico-philosophiques et suprarationnelles de l'identité, car en articulant uniquement et exclusivement les dimensions politiques (donc religieuses)  et philosophiques (donc scientifiques) de l'être et de son identité entre elles – et rien qu'entre elles –, la Dissidence mainstream de toutes les impostures démocratiques et son ronron néo-souverainiste n'est finalement qu'une dissidence interne à l'arc républicain de la disputation démocratique interne sur la gestion laïque de la Marchandise et l'organisation subversive de son Spectacle entre révolutionnaires du Capitalisme trois fois libéral. Nous exagérons à peine, car en ne considérant qu'une seule dimension majeure de l'identité (politico-philosophique), en se laissant récupérer, ou en étant jamais réellement sortie de la doxa antiraciste, en participant, consciemment ou inconsciemment, à la création de cette nouvelle illusion démocratique, et, en intégrant cette nouvelle mystification révolutionnaire multiculturelle, la Dissidence mainstream est un allié de plus en plus objectif de la dialectique du Capital alternatif, une nouvelle opposition nécessaire au dysfonctionnement rentable du « système », une nouvelle troupe d'occupation mentale, la théorie politique néo-souverainiste est l' « ennemi intérieur » de la Quatrième théorie politique en mouvement, révolution captive de la matrice dans la matrice, du moins, elle le deviendra si elle persiste dans son reboot perpétuel, dans son retournement bipolaire et schizophrène sur la question identitaire, dans son renoncement à la radicalité, dans son déclassement arbitraire de la Tradition, dans toutes les contradictions qu'elles imposent comme des vérités au sujet de la question identitaire et de l'identité...

 

Cette incapacité à se remettre en question est un handicap mental choisi, celui du confort intellectuel – comme la peur de cliver est une ablation volontaire des testicules –, le cerveau collectif de la Dissidence mainstream est, en effet, non seulement incapable de connecter ses synapses pour appréhender la plus basique et élémentaire compréhension de la saine utilité pour un mouvement de formuler un regard critique, positif mais radical, sur lui-même, mais également insupportable dans son refus puéril de relayer les critiques positives existantes puisqu'elle est trop paresseuse ou pas assez passionnée – ou peut-être trop narcissique ? – que pour la formuler elle-même. C'est aussi comme cela que le militant du quotidien sombre dans le mythe très incapacitant de la toute-puissance de l'ennemi (une fois que l'incapacité intrinsèque aux utopies révolutionnaires a fait le tour de ses possibles), en bref, la Dissidence mainstreamplus exactement, quelques bobos « arrivés après la bataille » et spécialistes en lèche, quelques banlieusards  « ex-futurs rappeurs» et experts en « punch-line », plus précisément, quelques opportunistes parisianistes et opportunément parisiens, ont réalisé une OPA agressive sur le Spectacle dissident « de grande écoute » (uniquement et exclusivement via le journalisme indépendant et la réinformation pour la réinformation, sans jamais de réflexions actives et donc d'actions corrosives réfléchies qui suivent une cohérence philosophique, dans le relais d'idées contradictoires toutes empilées et mises sur un même plan sans aucun effort de distinction, de ce qu'ils considèrent acceptables selon des critères qu'ils sont conceptuellement incapables de définir), ils ont imposé toutes leurs limites républicaines, démocratiques et laïques, toutes leurs limites cosmopolites, multiculturelles et apatrides, toutes leurs limites intellectuelles, culturelles et spirituelles, toutes leurs limites de compréhension, de réflexion et d'action, à la Dissidence emblématique et officielle, puisqu'ils sont son public, ses suiveurs, ses adhérents, ses militants, ses fans et ses consommateurs, ses parts de marché sur patte, sa manne économique...  

 

L' Internationale prolétarienne est la projection utopique de la maladie mentale gauchiste  post-soixanthuitarde, persistante et chronique, un mythe incapacitant, une usine de formatage idéologique du Capitalisme-libéral faisant de chaque homme un ouvrier apatride, sans racines, sans famille, sans identité, sans destin, et c'est bien ce que nous observons dans les faits, le déracinement existe, mais nous cherchons toujours les prolétaires...

 

La Dissidence s’entoure d'un décorum identitaire et prend une posture patriotique  : en voie de réenracinement, mais dans les faits, suite à la massification de la Dissidence mainstream, le débat autour de l'identité est sans cesse rabaissé à un débat identitaire et antiraciste, alors qu'il est un débat révolutionnaire et traditionaliste, il est difficile de dépasser ce nivellement par le bas, tout le monde métapolitique semble être de connivence et les discours gauchisants que nous entendons dans les rangs de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle ces derniers mois ne dérange personne. Où certains voient, dans la Dissidence emblématique et officielle, une subversion nationaliste sous-marine, nous voyons nous un torpillage de toutes tentatives souterraines de mise-en-marche en avant à contre-courant d'un « concept absolu français » ; nous voyons une recomposition de la gauche, d'une nouvelle forme de gauche, la prédominance marxiste dans les interactions et les collaborations trans-courantes les plus significatives actuellement est évidente. Passons du coq à l'âne. Mais si vous voulez comprendre qu'est-ce que le noachisme, vous écoutez Dieudonné, nous vous renvoyons à ses  récents discours et son vent nouveau, sans trembler du menton ni même des genoux, Dieudonné nous vend désormais quelque chose de l'ordre de la contre-initiation  que nous pourrions qualifier d'Universalisme sous-prolétarien, avec tout ce que ça implique de cosmopolitisme, de sans-frontièrisme, d'immigrationisme, d’idéologie du métissage et de multicularisme, dans un mépris totale de l'idée de Tradition, d'un certain colonialisme, d'un certain paternalisme et d'un certain malthusianisme inhérents au gauchisme, faut-il le dire ? Il est inutile, nous pensons, de nous justifier et de dire que nous apprécions l'humoriste Dieudonné, mais que nous rejetons ses visions métapolitiques de la Révolution, de l'Identité et de la Tradition.     

 

« Parfois il y a des sujets que les fondateurs du traditionalisme n'abordaient pas ou en le faisant d'une manière insuffisante ou même erronée.

 

Par exemple, l’identification de la bourgeoisie avec la troisième fonction de la société traditionnelle (la caste des vaychyas) chez Evola et Guenon, tout comme l'équation des prolétaires avec la quatrième caste (choudra) ne sont pas correctes. La bourgeoisie ne correspond à aucune caste traditionnelle, c'est un phénomène entièrement moderne et anti-traditionnel.

 

Le prolétariat de son côté n'existe pas, il a été construit par Marx et est constitué, en vérité, des représentants de la Troisième caste, des producteurs (laboratores) venus à la ville où ils commençaient à perdre leur culture populaire en devenant des petits-bourgeois (Adam Smith a eu raison en cela, et Marx a eu tort).

 

Le prolétariat n'existant pas, nous avons un tableau de l'histoire de la société moderne bien différent. Il y a les trois castes (fonction selon Dumézil) traditionnelles - Oratores (prêtres), Bellatores (guerriers), Laboratores (les paysans). Tous les trois sont les porteurs de la Tradition (à un niveau différent). Contre tous les trois se dresse la bourgeoisie anti-traditionnelle, moderniste, antipopulaire. C'est le Capital. La Tradition est essentiellement anticapitaliste. Mais elle doit être aussi en faveur du peuple et pas contre lui. » Alexandre Douguine, extrait de l'entretien accordé au magazine Rébellion (n°53)

 

Le prolétaire marxiste n'a jamais existé, n'existe pas et n'existera pas davantage demain parce que l'être et le « peuple » ne pourront jamais se définir en essentialisant un seule aspect (en l’occurrence l'aspect socio-économique de l'identité sociale de l'être ; ce qui restreint le champ pour comprendre qu'est-ce que l'être) des différents espaces identitaires qui les traversent, pour en faire une identité catégorielle unique et exclusive qui explique tout : le prolétaire, le blanc

 

L'identité organique est l’interaction naturelle qui s'opère entre les différents espaces identitaires qui forment un être, différents et complémentaires, mais sans commune mesure de comparaison entre eux, séparés mais indissociables dans l'ensemble qu'ils forment. Ce que nous appelons espace identitaire, nous pourrions l’appeler fonction identitaire, ou encore subsidiarité identitaire.

 

Nous avons organisé une vision tripartite de l'identité : esthétique, éthique et métaphysique. Nos travaux sur cette répartition ne sont pas totalement terminés, ils sont en ébauche dans nos différents articles, par esthétique, nous entendons les espaces identitaires ethniques et raciaux, territoriaux et étatiques

 

L'enracinement familiale et local de l'être libre car enraciné est la matrice naturelle d'un enracinement de la communauté de l'être à l'échelle régionale (ou « provinciale ») ; l'échelle de la Res Publica ; de la Démocratie organique.

 

L'existence des « Républiques organiques » et l'organisation de leur pérennité est la condition de la cohérence d'une échelle nationale, du Royaume, d'une échelle qui répond aux questions auxquelles les res publica ne peuvent répondre seules.

 

Et la réalité d'un espace identitaire national, c'est-à-dire, une cohérence entre les espaces identitaires locaux et les espaces identitaires régionaux à l'intérieur de la Nation, est la condition pour que la possibilité d'une coopération inter-nationale avec d'autres nations sur des principes, valeurs et fondamentaux communs, ou du moins, permettant de communiquer, puisse exister et s'allier quand la pesanteur d'une hégémonie se fait sentir. Cette cohérence dépend essentiellement du principe de Subsidiarité – que nous pouvons expliquer rapidement comme étant la Démocratie organique, c'est-à-dire l'inverse de la centralisation étatique typique des social-démocraties jacobines de la République mondiale.

 

Cette cohérence à l'intérieur du Royaume national – qui fait exister l'échelle nationale qui nous apparaît être l'échelle minimale pour qu'un peuple puisse faire face aux rapports de force et leurs intensités dans la mondialisation des émergences et des effondrements – permet donc d'anticiper des articulations possibles avec l'extérieur, permet de développer une diplomatie internationale, avec les autres « nations » et les autres « peuples », ou « portions de ces peuples », qui recherchent également ces équilibres identitaires intérieurs et extérieurs vers un espace de renaissance culturelle supérieur après l'effondrement de la civilisation occidentale. Articulations possibles dans les intérêts bien compris de tous, car les « peuples » et les « nations » n'ont pas d'amis, ou en tout cas avant d'avoir des amis, elles ont des intérêts. De toute façon, dans la vie, on n’est pas amis parce qu'on est précisément d'accord sur tout et parce qu'on a exactement les mêmes intérêts. Mais dans la vie, il y a aussi de faux-amis qui manipulent dans leur unique intérêt.

 

Il nous semble important d'insister sur l'approche organique que nous essayons d'avoir, sur ces quelques données autour de la question de l'identité,  car ces données sont aussi des conditions qui, remplies, permettraient de rétablir un équilibre de l'espace des relations internationales, nous pourrions accélérer ce processus de rétablissement en démontrant l'existence métapolitique du monde multipolaire, en incarnant l'idée de la multipolarité de façon eurasiste et de manière traditionaliste, nous devons développer une pensée économique et sociale qui dépasse très largement le cadre de la Lutte des classes marxiste et le cadre d'une Lutte entre les races.

 

Ces différents espaces identitairesespaces de l'Homme et de l'Humanité, dimensions de l’Être et de la Communauté, échelles de l’Individu et de l’État – sont soumis à une tentative ancienne d'uniformisation en un seul et unique espace marchand, aujourd'hui,  par la voie du désordre égalitariste et des incantations réconciliatoires à sens-unique, l' « humanité » est en voie de soumission totale à la norme démocratique de la Tyrannie organique des droitards et des gauchistes, fonction mortifère de l'esprit du mondialisme qui est en germe dans tous les processus de domination sous différentes formes conformes à la forme de l'uniformisation depuis la nuit des temps, que nous pouvons appeler dans notre contexte : totalitarisme des Droits de l'homme – on détruit la communauté de l'être par la communauté de l'avoir, la communauté de l'avoir par la communauté de l'individu, la communauté de l'individu par la communauté du dividuum  –, totalitarisme égalitariste qui s'exprime dans le cadre universel  du système de croissance exponentielle, Turbo-capitalisme, Libéralisme triomphant, Méga-Machine, qui est toujours la même chose : L'Usure ! L'Usure de l'Usure ! Dialectique du Capital en mouvement de subversion. Et, accélération de la matérialisation démoniaque de la Dette, égrégores  « souffrants », entités insaisissables et insatiables des mutants, zombies, rhizomes, petits monstres et fantômes diaboliques de la Matrice et du Faux omniprésent

 

C'est dans notre faculté à articuler les potentialités et possibilités d’alliances possibilistes qui peuvent s'offrir à nous – CNR, sainte-alliance, union sacrée, Front de la Foi, réconciliation opérative, remigration positive, etc. – et à vivement les inciter, notre capacité à nous organiser, dans une démarche évidente d'autonomie anticipative et préparative dans une projection continentaliste opérative, et, dans une perspective strictement suprarationnelle et suprahumaine, tant que faire se peut, par la logique du réenracinement, du localisme, de la solidarité, de l'autonomie (de l'économie par cercles concentriques), certes, que des bases solides à ce prolétariat fantasmé des marxistes, dans lesquelles nous puiserons, peut-être, la force de le faire exister pour la première fois, sans doute, seront jetées, et d'abord à l'échelle nationale s'il le faut, mais pourquoi pas et aussi à l'échelle régionale ?

 

Nous savons que certains ont « peur » de la « régionalisation » – mais qu'est-ce qu'est d'autre la volonté néo-souverainiste unique et exclusive de restauration de l’État-nation qu'une autre forme de régionalisation supérieure si l'on veut bien considérer l'échelle mondiale à mesure de l'Hégémonie occidentaliste et des tailles réelles de la Globalisation ? –, il est vrai qu'un projet de régionalisation mondialiste existe, mais les régions n'attendront pas éternellement les Etats-nations, voyons l'échelle nationale comme un acteur incontournable dans les relations internationales et les rapports de force supranationaux, mais pas comme une fin, l'échelle continentale européenne est tout aussi vitale.

 

La construction d'un nouveau rapport de force « par le bas », par ce que nous appellerons plutôt les « déclassés » que les « prolétaires », ne peut-être à lui seul un contre-pouvoir intégral, il prépare le terrain et aide l'avènement d'une contre-révolution « par le haut » comme une réponse à la révolution libérale et capitaliste en phase de transition, transition accomplie par un chaos synthétique et organisateur en phase d'accélération et de plus en plus violent.

 

Pour résumer ce que nous pensons de l'identité, de la nation et de la subsidiarité :

 

Nous n'opposons pas la Lumière au Rayon, le Rayon à l’Étoile, l’Étoile au Soleil, le Soleil à la Terre, la Terre à l’Être, l’Être au Foyer, le Foyer à la Famille, la Famille à la Tribu, la Tribu au Clan, le Clan au Village, le Village à la Commune, la Commune à la Région, la Région à la Province, la Province à la Res publica, la Res Publica à la Patrie, la Patrie à la Nation, la Nation à l’État, l’État au Royaume, le Royaume à l'Empire, l'Empire à l'Imperium, l'Imperium aux Cieux, les Cieux aux Dieux et les Dieux à Dieu.

 

Il nous faut reprendre la question identitaire et entreprendre nos démarches de ré-enracinement loin :

 

- d'une opposition entre les races dans l'affirmation de la supériorité d'une race, et ce, dans l’intérêt des races et la survie de toutes les races sans commune mesure de comparaisons entre elles (dans la compréhension traditionnelle de la dimension intérieure de la race, mais aussi dans l'affirmation de la spécificité des races et de leurs territoires).

- d'une propagande de « réaction épidermique », spéculative et préventive, d'un dévoiement de l'instinct de survie et de préservation légitime et justifié en un racisme primaire illégitime et injustifiable contre une autre Civilisation, et ce, dans une guerre totale contre l'altérité. Ou, à l'inverse, une propagande « ethno-masochiste », victimaire et de repentance.

- d'une « réaction punitive » contre une Religion au nom des Droits de l'homme ou d'une autre Religion.

- d'une rébellion abstraite contre « Dieu », ou la « Tradition ».

- d'une révolution uniquement matérialiste et exclusivement construite contre des concepts non incarnés qui agiraient seuls ou, au contraire, un complotisme compulsif unique et exclusif contre des personnalités visibles et invisibles qui incarneraient tous les maux de l'Univers à elles seules.

 

Car, ne produire que de l'opposition que du « contre » et de l' « anti » ; que de l' « alter » , que de la « réaction » – désir mimétique, bouc-émissaire et inversion accusatoire, qu'elle soit de gauche ou de droite (pour ceux qui fonctionnent encore sur ce vrai-faux clivage, souvent les mêmes qui disent n'être ni de l'un ni de l'autre), qu'on ait partiellement tort ou totalement raison, ne peut nourrir une perspective de réalisation positive vers une nouvelle théorie politique opérative alors apte à donner le change au post-libéralisme paradigmatique dans sa complexité et sa simplicité, cette position de n'exister que « contre quelque chose » ne peut  aboutir, au mieux, qu'au phénomène de la « prophétie auto-réalisatrice » et au bout, à une « auto-destruction », ou en tout cas, à l'entretien volontaire du fonctionnement parfait des processus d'aliénation et de l'Ingénierie sociale partout, dans les oppositions classiquement nécessaires  au dysfonctionnement rentable du Capitalisme-libéral, comme au sein de la convergence dissidente et ses différents courants de pensée gauchiste.

 

Alors, qu'est-ce que le « réenracinement » dans une perspective eurasiste ? C'est une « croisade contre le monde moderne », c'est une « reconquête de tous les espaces identitaires esthétiques, éthiques et métaphysiques », un « jihad exotérique, ésotérique et mésotérique », une reconstruction individuelle, mais pas individualiste, qui pourrait donner son modèle en exemple et agir inconsciemment sur la masse, pour ne pas dire « subliminalement », sans s'en rendre compte, et sans avoir besoin d'essayer de la convaincre par le discours, sans éprouver le besoin de la réveiller ou avoir la prétention de l'éveiller. Nous ne croyons pas au « réenchantement par internet ».

 

Nous ne pouvons nous proclamer d'aucune résistance, révolte, rébellion, révolution, résilience, d'aucune dissidence, sans posséder, pour commencer, une identité, et ce chantier est déjà, individuellement et localement, un défi colossal pour la plupart d'entre nous, tant nos espaces sont désormais virtualisés.

 

Vous l'aurez compris, nous n'essayons pas d'être réalistes. Nous comprenons que nos idées, nos visions, nos directions, nos vocations, nos orientations, nos ambitions, nos rêves, tout ce qui les a nourris, qui les nourrit et qui les nourrira, tout ce qui nourrit la moelle substantifique de notre « structure mentale et supra-mentale », de notre être et de sont identité tridimensionnelle, sont les fondations de notre Imperium intérieur et influencent toutes nos décisions, toute notre spiritualité métapolitique. Nous avons besoin d'ambitions à hauteur de nos « Mythes » avant de penser une quelconque « métapolitique », de théoriser un quelconque « régime socio-économique », de pratiquer une quelconque « dissidence », de proposer une « alternative ». L'Europe joyeuse, l'Odyssée, l'Edda, la Quête du Graal, le Christ-Roi, le Soleil invaincu, la Sainte-Alliance, la Révolution conservatrice, l'Axe Paris-Berlin-Moscou, l'Imperium Magnum! Voici ce qui nourrit notre imaginaire, voilà ce qui doit nourrir l'imaginaire collectif des dissidences françaises et européennes avant de penser quoique cela soit d'autre. D'où parles-tu camarade ? De quel Imperium ?

 

« Alexandre Douguine définit l'Eurasiste non pas comme un habitant du continent eurasiatique, mais comme l'ennemi résolu de l'américanisme, de la mondialisation et de l'Occident globalitaire. Connaisseur de la modernité de l'intérieur, l'Eurasiste la rejette au nom de la Tradition. Il porte à l’incandescence la dichotomie géo-philosophique chère à Carl Smith : la Terre (symbole de la Tradition) contre la Mer (incarnation de la modernité). Pour l'heure, la Mer triomphe de la Terre, mais n'y aura-t-il pas un reflux de la marée ? Alexandre Douguine le pense.

 

Plus pessimiste, le philosophe Sygmund Bauman aime décrire notre époque comme une ère liquide, une phase de fluidité et la fin de toute solidité effective. Nous vivons un déluge acide qui démantèle les dernières structures héritées de notre histoire. Alexandre Douguine offre malgré le grand désert idéologiques du monde européen une réponse pour l'après, un recours à la Terre ? Or la Tradition est-elle encore possible, envisageable, effective par ce temps de déluge métaphorique ? Ne faut-il pas, comme le prescrivait naguère Nietzsche, refonder de nouveaux principes en recourant à la Tradition perdue (ou, pour le moins, de plus en plus éloignée) ? De toute façon, soyons plus que jamais attentifs aux écrits d'Alexandre Douguine, ce prophète de l'eurasisme au XXème siècle... » George Feltin-Tracol, Réflexion à l'est, Au-delà du Pont-Euxin, p. 219, aux éditions Alexipharmaque  

 

Jean Parvulesco disait : « Tu es des nôtres, car tu es des tiens. »

 

13) Le goût des valeurs héroïques

 

Pour illustrer ce thème nous citerons un extrait du texte La rébellion des peuples européens, déniché, encore une fois, dans le magazine Rébellion (n°56) :

 

« Commémorer Les révoltes des Canuts ou de la Commune, ne remplace pas un programme social clair pour les travailleurs européens aujourd'hui. La connaissance de la réalité sociale de notre époque est primordiale. Elle n'est plus celle que nos parents ont vécue.

 

Notre analyse du Capitalisme doit, pour ne pas être périmée, être basée sur l'observation de la société. Dans le domaine social, les beaux discours ne servent à rien, il faut agir concrètement. Le militant Socialiste révolutionnaire européen doit être dans le peuple comme un poisson dans l'eau.

 

Ne jamais oublier que la ligne de front de notre combat passe aussi par les cages d’escalier des HLM. Un lien charnel nous unit à la cause du peuple ; nous partageons ses revendications et ses exigences car nous sommes issus de ce peuple de prolétaires.

 

Nous avons comme devoir d'être les défenseurs de notre peuple en étant présents sur le terrain, ne laissant pas les sociaux traîtres et autres gauchistes manipuler et utiliser la détresse de nos compatriotes. »

 

Mais citons aussi Jean Thiriart, un extrait de son texte Les prétoriens politiques ou le prix humain de la puissance militante :

 

« Il existe dans chaque génération une proportion infime mais régulière d’hommes qui ont besoin d’une conduite héroïque devant la vie. Ils fournissent les soldats qui firent l’Empire des Indes, ils fournissent les Père Damien, ils fournissent les Schweitzer. C’est la race des hommes exigeants qui ne peuvent être satisfaits du style veule, hypocrite, débile de la société bourgeoise. Ces hommes deviennent soit des mystiques, soit des révolutionnaires. Le communisme, grâce à sa mythologie de justice et de libération en recueillait un gros contingent. Le communisme a pu le faire car il était seul depuis 1945 à proposer des règles de vie et des buts héroïques (héroïques avec ou sans guillemets). Par opposition à la société bourgeoise libérale, le communisme faisait figure de dame de grande vertu. Aujourd’hui, les PC occidentaux se sont intégrés au système. »

 

14) Le lien entre l’éthique et l’esthétique

 

« Nove sed non nova : la manière est nouvelle, mais non la matière. Citation que j’ai jamais pu replacer correctement dans une conversation. » Roi Loth, Kaamelott, Livre V, tome 1 (écrit par Alexandre Astier)

 

Faites du Beau ! Du Juste ! Du Vrai !

 

Ce lien, qui est l'alpha et l’oméga de la Quatrième théorie politique, dans notre démarche métapolitique et artistique, est primordial, c'est ce qui fait de nous des traditionalistes, et la Tradition primordiale est cet art alchimique total, la science sacrale intégrale, où il nous faut désormais puiser, puiser dans ses formes et ses symboles, ses mythes et ses archétypes, ses fulgurances et ses sagesses...

 

Le lien entre l’éthique et l’esthétique(et la métaphysique) c'est aussi le lien entre ésotérisme et exotérisme (et mésotérisme), tout l'enjeu de la modernité, et plus précisément du progrès, aura été de dissoudre ce lien...

 

« Connaissez-vous Rouffignac ? La grotte offre aux regards, ajoutés aux bouquetins, chevaux, rhinocéros et bisons, cent cinquante mammouths, soit 40% des gravures ou dessins répertoriés dans des grottes préhistoriques de ce patriarche antédiluvien. Ce qui est encore plus étonnant est qu'il n'existe pas d’ossements datant de la période d'occupation de la grotte dans les vallées périgourdines. Ceux qui les ont représentés sur les parois ne les avaient pas sous les yeux, et n'en avaient que le souvenir, peut-être celui de périples épisodiques dans le Nord de l'Europe, où ces pachydermes, menacés par le réchauffement planétaire, avaient trouvé refuge.

 

Nous n'en savons pas plus. Mais les figures, probablement tracées par deux ou trois individus en un temps relativement court (au maximum cinquante ans, si l'on s'appuie sur l'hypothèse de trois générations - ce qui n'est pas certain, car ils ont pu tout aussi bien avoir le même âge), possèdent tous les signes d'une essentialisation de l'animal, qui en font plus un concept, une image mentale, qu'une simple mimesis de la réalité. Nous n'avons donc pas affaire à du naturalisme, mais à quelque chose qui se rapproche de l'Idée. Je rappelle que ces créations, qui connaissent une sorte d'apothéose, au fond des boyaux, dans une prolifération couvrant un plafond surplombant un puits abrupt de douze mètres où sont figurés deux visages d'humains, date de la fin du paléolithique, du magdalénien, c'est-à-dire de plus de treize mille ans, et qu'il y a autant de durée entre elles et celles de Lascaux qu'avec notre époque.

 

Le plus impressionnant est la marque évidente, fulgurante, d'un intellectualisme des plus raffinés. Ainsi découvrons-nous une frise de mammouths affrontés étonnamment pensée, avec une symétrie, une occupation de la superficie pariétale, un travail des intervalles, et un tempo qui n'ont rien à envier au Parthénon. Elle manifeste de manière spectaculaire le degré de rationalité, d'abstraction, d'anticipation et de projection géométrique dans l'espace dont étaient capables les premiers Européens. Et que dire de leur capacité à tracer au noir de manganèse de grands animaux sans en voir le résultat ! En effet, dans le grand sanctuaire où se trouve le puits, l'écart entre le sol et le plafond était trop réduit pour que les auteurs des figures, couchés sur le dos, pussent les distinguer dans leur intégralité.

 

Et pourtant, nous, qui bénéficions des travaux de déblaiement des préhistoriens qui ont, il y a cinquante ans, mis en valeur le site, nous apprécions l'harmonie, la grâce, la perfection de la plupart de ces dessins.

 

Mieux même ! En observant attentivement, nous en constatons la légèreté, une sorte de puissance aérienne, comme si les animaux figurés étaient en lévitation ! Les pattes des mammouths par exemple ne semblent pas subir la pression de leur poids corporel. Nous sommes bien en présence d'idées, d'images mentales, dans la mesure où, par ailleurs, nul ciel, nulle terre, nulle reproduction végétale ne viennent détourner l'attention de l'observateur, dont le regard est attiré par l'éclat et l'énergie des œuvres, et parce que les tracés obéissent à des types, et non à des nécessités de restituer des singularités puisées dans l'observation.

 

N'est-on pas face à l'Esprit européen dans ce qu'il a de plus pur et de plus lumineux ?

 

L’icône ne vient-elle pas de l'âme, et l'âme de l'Esprit du Cosmos ?

 

L'art n'est-il pas une rencontre avec le cœur du Monde ? L'art n'est-il pas au cœur de son être présence de l'être ? Ne vise-t-il pas à nous rendre le réel encore plus proche que ne l'est notre cœur ?

 

Un cœur qui ne nie pourtant pas la matière. Car la sensation prégnante d'une osmose avec la pâte des parois s'impose, non seulement parce que ceux qui ont gravé ou dessiné se sont servis avec maîtrise des accidents minuscules des surfaces pour donner relief et vie à leurs œuvres, telle représentation d'un patriarche en majesté gravitant autour d'un petit nodule de silex figurant l’œil, telle oreille de cheval trouvant son ombre dans la convexité d'une bosse, mais aussi parce que les traces de doigts laissés en serpentins alignés sur l'argile nue, ou couvrant certains dessins, comme pour saisir sensuellement la consistance du matériau de support, soulignent un rapport charnel avec la corporéité du monde environnant, avec sa peau, qui est sa plus grande profondeur. Il me plait d'en faire la comparaison avec les griffades laissées par les ours des cavernes, qui, après une longue hibernation, échauffaient leurs muscles, bien avant que l'Homme de Cro-magnon ne se glissât dans les ténèbres caverneuses. De l'homme à la bête, il y a cette expérience de la force animale qui s'essaie, et la jouissance de l'existence, que se consacre la résistance des choses. Sans conteste, on ne saurait interpréter la raison  d'être de ces lignes hermétiques dont des attestations bien plus savantes s'observent dans d'autres grottes. Mais pour celles qui rayent les parois de Rouffignac, je me mets à penser à ces peintres et ces sculpteurs qui touchent, tâtent et essaient la substance qui prendra forme, qu'elle soit pierre, peinture ou bois, comme des amoureux caressant le corps de leur amie, comme un rituel érotique avant la belle et divine fécondation de la matière par l'Esprit.

 

D'aucuns songeraient à l'art zen du japon, ou à la peinture chinoise; Pourquoi pas ? Pourquoi d'ailleurs ne pas penser que ces derniers arts aient connu l'influence d'une antique civilisation eurasiatique ?

 

Certes, il est aventureux, dans le cas des dessins et gravures préhistoriques, d'évoquer l'art, qui est une notion relativement récente.

 

Cependant, la délectation que l'on éprouve en contemplant les créations de nos ancêtres ne laisse aucun doute. Ce n'est pas là une extrapolation abusive, mais une évidence empirique, existentielle : les premiers Européens étaient sensibles à la beauté. Celle-ci éclatait dans les plongées fuligineuses des grottes, à la lueur vacillante de leurs lampes à huile.

 

N'est-ce pas construire un pont entre eux et nous par le Kalos des Grecs ? » Claude Bourrinet, L'Empire au cœur, IV - Via Sacra, Rouffignac et l'essence de l'Eurasie, pp. 327-331, aux éditions Ars Magna

 

Conclusion

 

Nous laisserons la Conclusion à Alexandre Douguine et Jean Parvulesco :

 

« La Quatrième théorie politique comme opposition au statu quo

 

La Quatrième théorie politique ne peut pas nous être donnée par elle-même. Elle peut aussi bien apparaître que ne pas apparaître. La condition de son apparition est le désaccord. Le désaccord avec le post-libéralisme comme avec la pratique universelle, avec la mondialisation, avec le postmoderne, avec « la fin de l’histoire» ou du statu quo, avec le développement par inertie des principaux processus civilisationnels à l’aube du XXIèmesiècle.

 

Le statu quo et l’inertie ne supposent absolument pas de théorie politique. Le monde global doit être dirigé seulement par les lois économiques et la morale universelle des « droits de l’homme ». Toutes les décisions politiques sont remplacées par des techniques. La technique et la technologie remplacent par elles-mêmes tout le reste (le philosophe français Alain de Benoist appelle cela « la gouvernance »). En lieu et place des politiques qui prenaient les décisions historiques, on trouve des managers et des technologues optimisant la logistique de la gouvernance. Les masses d’êtres humains sont assimilées à une masse unique des objets individuels. C’est pourquoi la réalité post-libérale (la virtualité évinçant de plus en plus la réalité), conduit directement à l’abolition complète de la politique.

 

D’aucuns pourraient objecter ce qui suit : les libéraux « mentent » quand ils évoquent « la fin des idéologies» (ma polémique avec le philosophe A. Zinoviev portait précisément sur ce point), et, qu’en fait, ils restent fidèles à leur idéologie et refusent simplement aux autres le droit à l’existence.

 

Cela n’est pas tout à fait le cas. Quand le libéralisme, position idéologique, devient le seul contenu de l’existant social et technologique présent, il ne s’agit déjà plus d’une « idéologie », il s’agit d’un fait existant, il s’agit de l’ordre des choses « objectif », qu’il n’est pas simplement difficile mais absurde de contester. Le libéralisme à l’époque du postmoderne passe de la sphère du sujet à la sphère de l’objet. Cela conduira à terme au remplacement complet de la réalité par la virtualité.

 

La Quatrième théorie politique se conçoit donc comme une alternative au post-libéralisme, non pas comme une position par rapport à une autre, mais comme idée opposée à la matière ; comme un possible entrant en conflit avec le réel ; comme un réel n’existant pas mais attaquant déjà le réel.

 

De plus, la Quatrième théorie politique ne peut pas être la suite ni de la Deuxième théorie politique, ni de la Troisième. La fin du fascisme, comme la fin du communisme, ont été non seulement des malentendus dus au hasard, mais également l’expression de la logique tout-à-fait claire de l’Histoire. Ils ont lancé un défi à l’Esprit moderne, le fascisme l’ayant fait presque ouvertement, le communisme de façon voilée (voir l’interprétation de la période soviétique comme version « eschatologique » de la société traditionnelle chez Mikhaïl Agoursky ou Sergueï Kara-Mourza), et ils ont perdu. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique, The Fourth Political Theory

 

« Moscou devra donner le signal de départ »

 

Quant à nous autres, on peut déjà s'aventurer à affirmer que la bataille politique décisive pour la mise en activité du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou est déjà commencée, et que c'est bien à Moscou même que, pour le moment, nous avons choisi d'installer le centre opérationnel de sa mise en situation de départ immédiat.

 

Si c'est à Moscou qu'il appartient de prendre l'initiative, c'est à Moscou que nous allons devoir commencer par mettre la pression, essayer de susciter la grande lame de fond porteuse de l'enthousiasme révolutionnaire à l'égard de la représentation supra-mentale collective du projet Paris-Berlin-Moscou. C'est Moscou qui, comme on l'a dit, devra donner le signal du départ, un mystérieux rituel l'exige.

 

Aussi devons-nous concentrer toutes nos disponibilités d'agitation, d'influence et d'intervention pour porter à l'incandescence l'intérêt abyssal de nos structures idéologico-révolutionnaires de présence et d'encadrement agissant sur place, à Moscou, de manière à ce que, l'heure venue, celles-ci puissent déterminer, depuis les profondeurs, l'entrée en action des médias et des grands groupements d'influence politique, culturelle, voire même religieuse, ainsi que, finalement, des instances gouvernementales actives, pour promouvoir, pour exiger une initiative politique décisive de Moscou en faveur du projet Paris-Berlin-Moscou. Initiative de Moscou à laquelle nous nous engageons d'obtenir les réponses attendues de Paris et de Berlin. Il faudra donc qu'en même temps nous entreprenions d'urgence un double mouvement analogue de réveil, d'exacerbation, à Paris et à Berlin, en mettant à l'épreuve d'une manière extrêmement intensive les « groupes géopolitiques » dont nous disposons, sur place, à l'heure actuelle, afin que la figure mobilisatrice du projet de l'axe Paris-Berlin-Moscou y soit présente, et agisse suivant nos plans.

 

Ce qui implique – on se trouvera obligés de le faire – que les « groupes géopolitiques » sortent de leur clandestinité pour agir à découvert, situation nouvelle qui ne sera pas sans comporter sûrement d'assez graves dangers. Mais il n'est moins certain que, de par cela même, la mainmise politique de la soi-disant social-démocratie sur l'ensemble du pouvoir politique en place s'en trouvera violemment contestée, et que, de toutes façons, nous allons devoir aller à l'épreuve de force. » Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Chapitre La stratégie contre-mondialiste de l'axe Paris-Berlin-Moscou, pp.306-308, aux éditions Alexipharmaque


 

La Réponse sera Métapolitique !

 

Pendragon

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