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12/12/2014

Face au Grand Continent Eurasiatique (Jean Parvulesco)

 

Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Sur le grand tournant actuel du gaullisme, Face au Grand Continent Eurasiatique, pp. 240-245, aux éditions Alexipharmaque

 

Charles de Gaulle lui-même, donnant comme une définition de son propre état de "concept absolu" : "Et moi au centre de ce déchaînement, je me sens remplir une fonction qui dépasse de très haut ma personne, servir d'instrument au destin."

 

En tant qu'instrument du destin, le "concept absolu" Charles de Gaulle se doit donc impérativement de dégager, avant tout, les grandes lignes de force de ce qui, au-delà de l’histoire, risque de porter le gaullisme vers l'accomplissement final de son destin propre, accomplissement révolutionnaire et impérial d'une certaine fatalité géopolitique dont il faut à la fois assumer et dépasser les conditions : la fatalité même de la situation géopolitique donnée à l'intérieur de laquelle vient à se poser le problème de l'Imperium Ultimum, ou de ce que nous autres nous appelons l'Empire Eurasiatique de la Fin.

 

Aussi, en des circonstances autres, j'en étais venu à me proposer à moi-même la question suivante : "A partir donc de la fatalité géopolitique planétaire du gaullisme en action, peut-on préfigurer, dialectiquement, les grandes lignes de force d'une géopolitique occulte du gaullisme ?" Ce à quoi je devais alors répondre, je tiens à le rappeler, de la manière suivante : "Pour le général de Gaulle, le concept géopolitique fondamental du monde actuel sera ce qu'il faut bien appeler, après certains autres, dont certains des nôtres, le Grand Continent Eurasiatique : aussi le destin géopolitique planétaire de l'histoire actuelle dans ses fins et partant le destin même de la France en tant qu'instrument privilégié, voire même unique d'une volonté extérieure à l'histoire, occulte, suprahumaine et divine, s'identifie ontologiquement au destin du Grand Continent Eurasiatique. Face à celui-ci, la dérive des Puissances Océaniques incarne le concept offensif de la négation anti-continentale, Puissances Océaniques dont l'anti-destin exige l'encerclement du Grand Continent Eurasiatique et de ses espaces d'être et de développement, pour leur infliger la loi subversive et anéantissante de l’Éternel Extérieur qui prétend sans cesse au statut d'Anti-Empire." La contre-stratégie, donc, du plus grand gaullisme en action, ou plutôt sa métastratégie contre-offensive, mobilisera-t-elle, alors, face à la dérive des Puissances Océaniques, le poids, tout le poids métastratégiques du Grand Continent Eurasiatique, en essayant de réactiver, et par la suite, de suractiver, ses potentialités telluriques originelles, ainsi que toutes ses dispositions transcendantales au dépassement suprahistorique, polaire, de l'histoire dans son cours actuel, face auquel il s'agit de dresser le barrage ontologique d'une volonté totalement éveillée, d'une volonté totalement à contre-courant, d'une volonté salvatrice de ce qui semblait ne plus pouvoir l'être, mais qui le sera quand même.

 

Il se fait donc que, de par cela même, le projet révolutionnaire suscité par l’interpellation géopolitique gaulliste de la fin, interpellation concernant, déjà, de la manière la plus directe, le Grand Continent Eurasiatique, ne saurait désormais plus se trouver posé que dans les termes mêmes de notre propre projet contre-stratégique originel, à savoir le projet déjà en cours de notre Empire Eurasiatique de la Fin.

 

Or que est-il donc, ce projet ? Il comprend en principe l'intégration impériale totale de l'Europe de l'Ouest fondée sur le pôle carolingien Franco-allemand, de l'Europe de l'Est et de la Russie, cette dernière y apportant, aussi, la Grande Sibérie, de l'Inde et du Japon.

 

Or, une fois que notre Empire Eurasiatique de la Fin se trouvera arrivé au niveau de l'accomplissement final de son propre projet fondationnel, il apparaîtra très nécessairement que son installation politico-historique en tant que telle ne saurait avoir d'autre raison d'être que le but ultime même du "grand gaullisme", du 'gaullisme de la fin", à savoir celui de faire qu'émergé révolutionnairement, au terme de l'histoire et comme de par sa simple présence là, le mystère en action de l'établissement de la Paix Mondiale. Car, pour ceux qui auront appris à plonger leur regard loin derrière la face immédiate de l'histoire, dans les profondeurs où l'histoire s'identifient secrètement, l'objectif métahistorique suprême du "grand gaullisme"se dévoile comme étant la Paix Mondiale. "Pais Mondiale", alors, dont les fondations occultes doivent être cherchées dans ce que les hermétistes appelaient, en d'autres temps, la Paix Profonde, ou la Pax Profunda, de nos derniers Rose-Croix. Ainsi le général de Gaulle devait-il déclarer, en toute clarté : "La France est pour la Paix, il lui faut la Paix. La France, pour renaître vraiment, pour se refaire et pour s'étendre, au sens le plus noble du terme, il lui faut la Paix. Par conséquent, la France cherche la paix, cultive la paix, aide l paix, partout." Et c'est bien aussi ce qu'écrivait, à son tour, Dominique de Roux dans son livre visionnaire sur Charles de Gaulle : "Le gaullisme, c'est la guerre révolutionnaire mondiale. L'histoire occidentale à sa fin, c'est l'histoire de la subversion mondiale du gaullisme. Le destin, la mission la stratégie totale de la troisième France, c'est la subversion mondiale française pour la paix."

 

C'est par l'établissement révolutionnaire de la Paix Mondiale que l'Empire Eurasiatique de la Fin pourra mettre les bases suprahistoriques de l'avènement à terme du Regnum Sanctum, et quand nous l'aurons vraiment compris cela voudra dire que nous nous trouvons déjà engagés dans la voie qui nous y mènera immanquablement.

 

En tant que "concept absolu" de l'histoire occidentale du monde à sa fin, Charles de Gaulle savait, depuis déjà la fin de la dernière guerre, que sa plus profonde prédestination était celle de pourvoir à l’établissement politico-historique du pôle carolingien Franco-allemand comme fondement, comme base opérationnelle de départ pour le futur grand Empire Européen, pour l'Empire Eurasiatique de la Fin. De cela, ses Mémoires en témoignent, quand il relate son premier voyage en Allemagne après la guerre, l'hiver de 1945, voyage entrepris pour qu'il puisse rappeler, sur place, ces "liens qui jadis rapprochaient la France et l'Allemagne" et qui devaient refaire surface, à nouveau, pour servir à bâtir "notre Europe", et "notre Occident". Et il y a aussi, et surtout, son célèbre discours dans les Charentes, en juin 1903, où il y avait prophétiquement déclaré que, s'étant réunies par un "destin commun", la France et l'Allemagne avaient accompli ensemble, une "Révolution Mondiale". Or le fait de considérer la réunion, en un destin commun, de la France et de l'Allemagne comme une "Révolution Mondiale", ne constitue-t-il pas, en lui-même, la clef décisive pour une intelligence vraiment transcendantale de la doctrine visionnaire de Charles de Gaulle sur la mission impériale finale des deux pays par rapport aux destinées ultimes de la plus Grande Europe et de cet Empire Eurasiatique dont il se voulait l'inspirateur dans l'ombre, l'agent d'exécution secrètement choisi d'avance et qui mènera sa mission jusqu'au bout ?

 

Cependant, ni l'établissement politico-historique de la plus Grande Europe, ni même le projet en action de l'Empire Eurasiatique de la Fin ne pouvaient représenter des buts en soi, mais, dans la vision suprahistorique du "concept absolu" Charles de Gaulle, seules des étapes intermédiaires, préparatoires, du but ultime, du but unique et suprême qui seul pouvait accomplir la prédestination ultime et occulte de la France, à savoir celui de pourvoir à l'avènement du Regnum Sanctum, de ce Regnum Sanctum qu'il fallait, qu'il appartenait à la France de faire émerger, au terme de l'histoire, comme l'Empire de la Paix, comme l' "Empire de la Paix Profonde".

 

Pour la doctrine cachée du "grand gaullisme", du 'gaullisme de la fin", c’est le Regnum Sanctum qui constitue le but d'au-delà de tous les buts, celui qui prévoit le terme ultime et l'ultime accomplissement de la chaîne eschatologique dont les destinées et jusqu’au devenir même se trouvent situés sous la haute-veille d'une certaine France autre, d'une certaine "France Secrète". Et tel est, aussi, le "vrai secret", le "secret fondationnel" de la France, l'héritage supratemporel de la "France Secrète".

 

Le moment est donc venu pour que l'on se demande quel peut bien être le sens propre, le dévoilement entier du concept eschatologique final de Regnum Sanctum.

 

"Vive le Christ, qui est le Roi de France", s'écriait Jeanne d'Arc, et l'on sait aussi que "Marie est la vraie Reine de France". Et un certain catholicisme mystique et eschatologique n'affirme-t-il que la France se trouve être, dans l'invisible, le "Royaume du Sacré-Cœur et du Cœur Immaculée de Marie" ?

 

Dans la même perspective eschatologique, il est entendu qu'au terme ultime de l'histoire, un Regnum, un Imperium situé à la fois dans l'histoire et comme déjà au-delà de l'histoire va se lever, de dimensions planétaires, et sur lequel règneront, en quelque sorte directement, d'une manière spéciale, par des médiations à l'heure présente tout à fait inconvenables, "le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculée de Marie" : ce sera l'Empire de la Paix, l' "Empire de la Paix Profonde", le Regnum Sanctum préfigurant la "Jérusalem Céleste" dont l'Apocalypse de saint Jean annonce la "descente finale".

 

Et souvenons-nous en : quand, en voyage officiel en Russie, le général de Gaulle avait fait fait ouvrir l'église française de Moscou, pour y faire dire la messe en latin pour lui-même et le petit groupe des siens, cette messe il l'avait lui-même voulue à l'intention précisément du Regnum Sanctum. Je vois là un puissant symbole, sur lequel il serait me semble-t-il bon que l'on s'attache à réfléchir. Profondément.

 

Et cette réflexion, pourquoi ne pas la poursuivre plus loin encore : car n'est-il pas évident que c'est bien ce qui, dans le visible, se trouve chargé de précéder historiquement le Regnum Sanctum, à savoir l'Empire Eurasiatique de la Fin, qui va être appelé à constituer aussi, dans l'invisible, les fondations suprahistorique de celui-ci ?

 

En effet, pour qu'une apparition divine puisse avoir lieu, pour qu'une entité venue d'en-haut parvienne à se manifester en toute plénitude, il faut qu'il y ait un espace, un "lieu donné" - spécialement préconçu pour cela, un sanctuaire ardent voué à la réception complaisante de la puissance inconnue s'apprêtant à se montrer, à descendre-là. Alors, pas d'apparition sans son sanctuaire préconçu, pas de Regnum Sanctum dans l'établissement préalable, dans le cours de l'histoire, de l'Empire Eurasiatique de la Fin.

 

C'est ainsi que cette succession de mobilisations impériales au niveau d'engagement spirituel suractivé, paroxystique, et de plus en plus élevé ) succession devant culminer avec l'Empire Eurasiatique de la Fin - dont on prévoit ici les développements désormais certains, devra finalement aboutir à la constitution - l' "avènement" - de ce suprême sanctuaire de réception transcendantale qui va alors être, en soi-même et le moment venu, le Regnum Sanctum. Avec le Regnum Sanctum, il s'agit donc de l'Imperium à la fois présent encore dans l'histoire et déjà au-delà de l'histoire, disposant d'une temporalité propre et avec une organisation intérieure du pouvoir paradigmatiquement identique au modèle archaïque, préontologique, des origines polaires, "divines" du cycle à ce moment-là révolu. Et annonçant, de par sa seule présence-là, les futurs recommencements du monde à venir, dont le projet fondationnel nous serait à l'heure actuelle totalement inconcevable, interdit à toute approche en conscience, et dont seule une préconscience visionnaire supérieure, non-reflexive, pourrait éventuellement nous laisser comme à peine entrevoir la figure resplendissante perdue dans les gouffres du plus extrême lointain.

 

Aussi la géopolitique du Grand Continent Eurasiatique conduit-elle tout droit, à travers le projet de l'Empire Eurasiatique de la Fin, au concept même du Regnum Sanctum, et c'est pourquoi cette géopolitique possède une dimension sacrée. On pourrait même dire, à la rigueur, que la géopolitique du Grand Continent Eurasiatique se trouve dédoublée par une géopolitique sacrée, que ses développements se maintiennent dans un horizon totalement sacré. Car la géopolitique finale du Grand Continent Eurasiatique est la géopolitique même de la fin de l'actuelle histoire du monde.

 

Cela, comment Charles de Gaulle aurait-il pu être amené à le comprendre, s'il n'avait pas déjà atteint à l'état de "concept absolu" de l'histoire de son temps et des temps immédiatement ultérieurs à celle-ci ?

 

De toutes les façons, l'action politique - la grande action politique - reste l'outil de manœuvre essentiel, l'arme de combat et d'affirmation de l'absolu dans l'histoire, ce par quoi celui-ci y manifeste sa volonté et poursuit ses desseins : on y découvre ainsi la profonde relation agissante qui relie la "grande action politique" et l' "action secrète" de la Divine Providence dans le cours souterrain de l'histoire.

 

Les dimensions politico-historiques immédiates de nos actuelles actions sur le terrain, de toutes nos actions à venir concernant le projet en cours de l'Empire Eurasiatique de la Fin relèvent donc, en dernière analyse, d'une entreprise révolutionnaire de longue haleine, dont l'identité d'ensemble se révèle ainsi comme étant essentiellement de nature providentielle expliquée par l'action menée par en-dessous par la Divine Providence elle-même.

 

Se figure-t-on, cependant, la somme colossale d'actions politico-historiques à maîtriser, à faire converger dans un but unique par la nécessité de la prise en main finale du Grand Continent Eurasiatique , de la mise en place de l'Empire Eurasiatique de la Fin ? Quelle volonté suprahumaine devra alors se lever pour y faire face, quel nouveau "concept absolu" de la plus grande histoire ainsi interpellée ?

 

Car tôt ou tard le problème va se se trouver posé quant à l'identité du "concept absolu" qui devra prendre effectivement sur lui la somme suprahistorique des immenses travaux à la fois d'ordre transcendantal et révolutionnaire impliqués par les changements annoncés de l'histoire à venir, de l'histoire en marche vers l'émergence, dans son cours même, des figures impériales, fulgurantes, de sa propre conclusion abyssale, dont nous avons déjà, aujourd'hui, la préconnaissance visionnaire, somme en un rêve.

 

Au niveau du devenir final de l'histoire actuelle de ce monde, tout dépend donc, désormais, de l'émergence décisive d'un nouveau "concept absolu" appelé à en assumer les destinées impériales déjà en cours de dévoilement, à en assumer la mise en état de marche immédiatement révolutionnaire de ses conclusions impériales déjà prévues. Après le "concept absolu" Charles de Gaulle, qui ? Quel futur "concept absolu" ? suite : Assumptia est Maria précédent : Charles de Gaulle, l'homme à contre-courant

 

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Charles de Gaulle, l'homme à contre-courant (Jean Parvulesco)

 

Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Sur le grand tournant actuel du gaullisme, Charles de Gaulle, l'homme à contre-courant, pp. 233-239, aux éditions Alexipharmaque

 

Sans nourrir l'ambition d'un dévoilement, d'une mise au jour intégrale de l' "autre face", de la face occulte, nocturne, interdite de la carrière de Charles de Gaulle, de son cheminement en tant que "concept absolu", processus de dévoilement qui ne saurait être envisagé dans le cadre d'une simple approche du problème, qui demanderait les dispositions de tout un livre, je vais quand même tenter d'y fournir un certain nombre de stations de mise au jour, d'avens - de puits - donnant directement sur les profondeurs du cours souterrain de sa vie. Cependant, même ainsi quelque peu ébréché, le mystère de l' "autre" Charles de Gaulle n'en restera pas moins intact, à proprement parler inexplorable, parce qu'il appartient à une zone de la réalité qui n'est substantiellement en rien redevable de nos interrogations raisonnables, et encore moins soumise à leurs sollicitations, qui ne suit que seule la démarche réservée de ses propres développements irrationnels.

 

Aussi allons-nous, dés le commencement, nous trouver devant le problème des origines mêmes de Charles de Gaulle, des souches de sang immémoriales qui sembleraient avoir été souterrainement les siennes, parce que s'il s'avère que l'homme du 18 juin descend des anciens rois d'Irlande, que, par les souches guerrières des Mac Cartan et de Glana Rodry, son sang remonte jusqu'au roi Rudricus le Grand, il reste aussi toute une autre zone inexplorée du problème de ses origines - encore que très précisément à l'heure actuelle en cours d'exploitation, dans le cadre d'une certaine recherche fort confidentielle - qui le situerait dans la mouvance ultra-secrète des descendances mérovingiennes. Mouvance qui, par ailleurs, s'apprêterait à refaire surface prochainement, parce que certains estiment déjà que l'heure en serait en effet venue. Ce qui replacerait les choses dans une perspective autrement plus décisive quant à la prédestination significative ayant régi, dans l'ombre, la carrière déjà suprahistorique du "concept absolu" Charles de Gaulle, carrière dont les incidences mystérieuses n'ont cessé d'en visiter le devenir, comme par des brusques éclaircies, des coups d'éclair inattendus, tout le long de son cours. Sans cesse.

 

Alors, citons donc également, en continuation, les temps de la captivité du jeune capitaine Charles de Gaulle pendant la première guerre mondiale, temps qu'il avait passés à la forteresse d'Ingolstadt, en Haute Bavière, sur le Danube, ville depuis longtemps sous l'emprise de la Société de Jésus. Pendant sa captivité à Ingolstadt, Charles de Gaulle avait eu comme compagnon, parmi d'autres, le futur Maréchal Mikhaïel Toukatchevsky, Chef de l'Armée Rouge, que Staline avait fait exécuter à la veille de la dernière guerre, et pour visiteur apostolique le Nonce à Berlin, le futur Pie XII. Alors que le commandant de la forteresse d'Ingolstadt était un des proches du général Eric von Ludendorff, élève de Schlieffen, Chef de l’État-major Impérial et, par la suite, adjoint du Maréchal Hindenburg. Or nous connaissons l'orientation personnelle très spéciale du général von Ludendorff, ainsi que ses conceptions occultistes de haut vol, celles-ci se trouvant, aussi, à l'origine de tout un courant initiatique grand-germanique d'importance, dont les positions rejoignaient les doctrines secrètes que professait, à ce moment-là, le futur Maréchal Toukatchevsky : reconstituer la grandeur continentale des anciens peuples européens, de l'Irlande à la Russie, en les faisait revenir au culte de leurs anciens dieux originels, et pour ce faire éliminer le christianisme par la force. relevons aussi que le Maréchal Toukatchevsky avait été un très haut initié de l'Ordre des Polaires, et qu'il avait introduit des "loges polaires" d'officiers au sein de l'Armée Rouge.

 

Il régnait dans la forteresse d'Ingolstadt, lors du séjour qui y avait fait le jeune capitaine de Gaulle, une profonde atmosphère de conspiration occultiste et para-religieuse dont un autre des prisonniers présents là, Rémy Roure, par la suite grande figure de la Résistance, a laissé un livre de souvenirs, actuellement introuvable, qui ne citait pas tous les noms de ses compagnons - encore que l'on aurait eu quelques surprise, et de taille, s'il l'avait fait - mais qui en disait long - encore que pas tout - au sujet des influences qui s'exerçaient, intensément, sur les compagnons d'une captivité en fait fort orientée, faisant en quelque sorte fonction de séminaire sous la conduite d'une direction allemande à la fois invisible et omniprésente, ayant peut-être mission d'y poursuivre une expérience clandestine d'endoctrinement inconscient. Une citation : "Sur les bords du Danube, à Ingolstadt, les acteurs essentiels du prochain drame continentale étaient donc rassemblés sur place, comme par l'exercice d'une volonté à la fois occulte et suprême, insalissable, suprahumaine." Je persiste à croire, quant à moi, que quelque chose de tout à fait décisif avait eu à se passer, secrètement, à Ingolstadt, dans le tréfonds de la conscience du jeune capitaine de Gaulle inconsciemment sollicitée.

 

Dans le le même ordre d'idées, on peut encore rappeler la tentative faite, en 1936, à Nancy, par le général Giraud, alors commandant en chef de la région militaire, en vue d'établir une relation opérative entre Charles de Gaulle et Eugène Deloncle, qui s'était fait accompagner, lors de cette première - et dernière - réunion, par son adjoint, le général Henri Duseigneur. Eugène Deloncle cherchait à ce moment-là à trouver un chef militaire pour son organisation naissante, émanation sur le terrain du Mouvement Synarchique d'Empire, et avait songé pour cela au déjà prestigieux jeune officier qu'était alors Charles de Gaulle, Raymond Abellio : "Pour qu'une telle société fonctionne, il suffira d'un homme. L'épicentre n'est pas un lieu, c'est un homme qui est en communication avec les forces cosmiques et divines et les transmet aux autres."

 

Je crois savoir que lors de cette rencontre - à laquelle, d'ailleurs, Charles de Gaulle avait refusé de donner suite - les positions initiatiques occultistes du Mouvement Synarchique d'Empire, qui accomplissait l'enseignement ultra-secret d'Alexandre Saint-Yes d'Alveydre, avaient été ouvertement évoquées, ce qui avait dû ouvrir devant Charles de Gaulle une perspective abyssale sur les fondations cachées de la "grande histoire", d'une certaine "grande histoire" occulte, "interdite".

 

Le général de Gaulle avait d'ailleurs eu l'occasion d'approcher de très près les dimensions occultes de la temporalité suprahistorique, cosmique et suréveillée quand, pendant la dernière guerre, à Londres, il s'était fait initier, par Denis Saurat, aux doctrines métacosmiques de Hans Hörbiger, la Glazialkosmogonie. Plus tard, alors qu'il se trouvait déjà à l'Elysée, le général de Gaulle devait se faire également révéler les positions les plus intérieures, les plus "prohibées" d'un certain soufisme des degrés ultimes, par Michel Vâlsan, l'héritier spirituel de René Guénon. Certains ont évoqué à ce sujet "les longues promenades dans les jardins de l’Élysée du général de Gaulle et de Michel Vâlsan, qui s'entretenaient, en marchant, de certains problèmes dont on n'avait pas à savoir." Maintenant, on sait.

 

Enfin, ainsi qu'il est fort clairement précisé dans Le Livre des Compagnons Secrets du R.P. Martin, le général de Gaulle avait désigné, à titre testamentaire, comme guide spirituel suprême de ses compagnons présents et à venir, René Guénon et l’œuvre, d' "origine polaire, suprahumaine" de celui-ci. Ce qui veut signifier que, en quelque sorte, la boucle est bouclée ; on arrive là où il fallait que l'on arrivât, et tout est dit pour ceux qui savent comprendre. Car René Guénon est, en l’occurrence, un seuil. Un seuil de reconnaissance, un seuil d'épreuve, un seuil d'aveu. A partir de cette prise de position de la part du "concept absolu" Charles de Gaulle, nul doute n'est plus permis : l' "homme du contre-courant" portait en lui, secrètement, l'inextinguible lumière de l’Étoile Polaire. Ainsi qu'il l'a prouvé.

 

Dés la fin de la dernière guerre, déjà en mai 1945, l'organisation catholique souterraine "Le Circuit" reprenait hâtivement du service, pour contrer, en Europe, les dangereuses avancées du nouveau totalitarisme venant de l'Est, et s'appuyant, pour ce faire, en premier lieu, sur le général de Gaulle au pouvoir à Paris, ainsi que sur l'action confidentielle d'ensemble que menait, depuis Rome, Pie XII. Des choses extraordinaires avaient alors été faites, souterrainement, dont on ne saura peut-être jamais rien. Mais il se fit aussi que, avec le départ du général de Gaulle du pouvoir, en 1946, le centre de gravité de l'entreprise clandestine de sauvetage politique de l'Europe mené par celui-ci avait dû se trouver aussitôt déplacé sur l'Autriche, à Innsbruck, capitale de la zone d'occupation militaire française. Où le Haut-commissaire français, le général Béthouart, qui jouissait de toute la confiance personnelle de Charles de Gaulle, avait transformé l'ensemble de la zone d'occupation militaire française en Autriche en un territoire de résistance à juridiction secrète, clandestine, en une "Forteresse Blanche des Alpes", sur laquelle seule régnait, en fait, la loi militaire de la révolution nationale et européenne gaulliste. La "Forteresse Blanche des Alpes", incarnation secrète d'un concept gaulliste européen révolutionnaire, base contre-stratégique d'un nouvel "activisme polaire". L'expression de "Forteresse Blanche des Alpes" avait été inventée, personnellement, par Alan Dulles, qui, depuis son ancien repaire de Berne, observait ce qui s'y passait, souvent, de tout à fait incroyable, en apportant, lui aussi, parfois, par l'intermédiaire du prince de Hohenlohe, son soutien clandestin à l'action contre-stratégique européenne mené, depuis Innsbruck, par le général Béthouart et son groupe d'intervention agissant dans l'ombre. L'Europe, en ces temps-là, se survivait sur les ultimes hauteurs des Alpes, où les forces armées françaises gardaient le feu vivant.

 

La période de rayonnement de la "Forteresse Blanche des Alpes" avait été le sommet de l'action contre-stratégique française dans l'Europe mortellement blessée de l'immédiate après-guerre, le sommet aussi d'une certaine action clandestine européenne de grande envergure du gaullisme avant que le général de Gaulle ne revienne au pouvoir en 1958. De 1946 à 1958, l' "homme de tempêtes" aurait-il pu cessé d'agir ?

 

D'autre part, pendant les dernières années de sa "traversée du désert", le général de Gaulle avait soutenu dans l'ombre, en y déléguant, chaque année, au titre de de ses représentants personnels, Edmond Michelet et Louis Terrenoire, la "Conférence de l'Escurial", où, sous le patronage personnel de l’Archiduc Otto de Habsbourg, on s'employait à préparer, secrètement, les plans à longue portée pour la reconstitution politique du Saint Empire Romain Germanique. Le choix, pour ce faire, de l'Espagne, et plus particulièrement de l'Escurial, n'était pas sans avoir eu sa signification : l'Escurial figurait la place-forte suprahistorique suprême des Habsbourg et partant de leur plus Grande Europe catholique et impériale, modèle abyssal de cette nouvelle Grande Europe impériale, "eurasiatique", qui constituait, dés ces temps-là, l'objectif ultime de la vision révolutionnaire impériale secrète du général de Gaulle.

 

Il resterait aussi à parler des trois derniers voyages testamentaires du général de Gaulle - du "concept absolu" Charles de Gaulle - voyages effectués après qu'il eût quitté une deuxième fois le pouvoir en 1969, en Espagne, ensuite en Irlande et, pour terminer, et veillant à ce que cela ne se sache pas, en Allemagne.

 

Je reste fortement convaincu que c'est bien dans la figure chiffrée de ses "trois derniers voyages" qu'il faudra chercher la clef d'une certaine intelligence hermétique du "concept absolu" Charles de Gaulle, parce que chacun de ces trois voyages correspondent à une des options abyssales, suprahistoriques, de la politique souterraine de celui-ci, l'Espagne, l'Irlande, l'Allemagne - une certaine Allemagne - représentant les trois pôles occultes de son action impériale grande-européenne, "eurasiatique", le dépassement révolutionnaire impériale des positions exclusivement françaises qu'il lui avait fallu forcément faire siennes lors de son dernier passage au pouvoir : avec ses "trois derniers voyages", le "concept absolu" Charles de Gaulle avait rejoint enfin l'horizon de sa plus juste identité dogmatique, le niveau ultime de ses habilitations impériales les plus cachées.

 

Si l'on sait à peine qui est-il allé voir et par où il est passé en Espagne et en Irlande, on ignore tout, par contre, et sans doute à jamais, de sa dernière visite hors de France, celle qui l'avait amené clandestinement en Allemagne. Dernier "pèlerinage" dont non seulement le but de Charles de Gaulle l'avait tenu caché, mais jusqu'au pèlerinage lui-même : sans aucune justification, sans témoins ni accompagnateurs, quels qu'ils fussent, avec un cérémonial hors de toute attention non prévenue, plongé dans le plus grand secret jusqu'au bout. Il y a là, d'évidence, de quoi se poser un certain nombre de questions aussi troublantes que dangereuses, et qu'il vaut peut-être mieux - dans l'état actuel des choses - ne pas se poser du tout, faire provisoirement l'impasse là-dessus.

 

En dernière analyse, on pourrait donc établir l'enseignement central du gaullisme comme celui du combat à contre-courant contre l'aliénation finale de l'histoire actuelle, et contre le cortège obscène de décadences qui s'en ensuivent ; et comme, aussi la volonté intraitable, farouche, héroïque et suprahumaine de ne jamais céder devant les évidences négatives de l'histoire en cours, quelles qu'elles fussent, de toujours se maintenir debout. Toujours à contre-courant, dans le sens contraire à celui de la terre qui tourne, toujours dans la souvenance immémoriale de nos origines polaires, supratemporelles, "divines". C'est dans le plus lointain passé que l'on trouvera la source vive, héroïque, de l'engagement révolutionnaire qui nous portera en avant vers cet au-delà de l'histoire qui constitue l'espace même de la vision impériale propre du gaullisme qui constitue l'espace même de la vision impériale propre du gaullisme, du "grand gaullisme, du "gaullisme de la fin". Tout le gaullisme se retrouve dans le verbe tenir. Charles de Gaulle : "Il n'y a qu'une seule fatalité, celle des peuples qui n'ont plus assez de force pour se tenir debout et qui se couchent pour mourir. Le destin d'une nation se gagne chaque jour contre les causes internes et externes de destruction."

 

Le gaullisme apparaît donc comme étant très essentiellement une interpellation de résistance à outrance, de subversion de la subversion et de l'affirmation d'une fidélité indéfiniment renouvelée aux principes de ses origines abyssales d'une civilisation, d'un ethos supratemporel, d'une suprahistoire polaire et impériale.

 

Et il ne faudra donc pas s'étonner du fait que, face aux Églises de Pierre et de Jean, une certaine mystique confidentielle propre au gaullisme - à un certain gaullisme, au "gaullisme de la fin" - ait choisi l’Église de Saint-André, ni que la fleur de chardon bleue, insigne de l’Écosse et de l’Église de Saint-Andrée, figure dans les armes de certaines organisations confidentielles de combat dans la mouvance immédiate du gaullisme, l’Écosse ayant été la "terre des grands refuges" des anciens Ordres Européens subversivement poussés hors de l'histoire par sa marche en avant, qui n'est en réalité que l'anti-histoire et ce qu'elle véhicule occultement, un combat perpétuel contre les puissances subversives de la démission et de la mort, de l'affirmation impérialiste et totalitaire du non-être.

 

Aussi vient-on d'essayer de dresser, ici, le relevé d'un certain nombre de stations d'interceptions de l' "autre face", de la face abyssale, suprahistorique et occulte du gaullisme et de certaines tentatives personnelles significatives du "concept absolu" Charles de Gaulle, qui, toutes, tendraient à prouver que, derrière le mouvement politique du gaullisme, il se tiendrait comme une pétition transcendantale, visant un au-delà de l'histoire, et la volonté conspirative d'établir, dans l'espace supratemporel de cet au-delà de l'histoire même, une projection impériale ultime de ce que celui-ci appelle à émerger révolutionnairement de son sein même, auroralement l'Imperium Ultimum, préliminaire politico-historique du Regnum Sanctum.

 

Mais que l'on ne se laisse pas abuser par ces démonstrations, fussent-elles entièrement convaincantes : il ne saurait s'agir, en tout état de cause, que d'autant de figures symboliques extérieures d'une réalité ultime des choses qui, elle, restera hors d'atteinte, insaisissable, parce que appartenant à un tout autre ordre des choses, celui-là même, précisément, qui sans cesse est appelé à constituer, dans les profondeurs, derrière la face visible du gaullisme sa face invisible, son identité inavouable et inavouée. La réalité politico-historioque n'est que le double reflété de la réalité transcendantale, un double chiffré, hors de la portée des attentions indues. suite : Face au Grand Continent Eurasiatique précédent : Sur le grand tournant actuel du gaullisme

 

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Sur le grand tournant actuel du gaullisme (Jean Parvulesco)

 

Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Sur le grand tournant actuel du gaullisme, pp. 231-233, aux éditions Alexipharmaque

 

Dans Les chênes qu'on abat, Malraux fait dire à de Gaulle : "J'ai tenté de dresser la France contre la fin d'un monde. Ai-je échoué ? D'autres verront plus tard."

 

Joseph de Maistre chez qui l'instruction politico-philosophique de l'histoire se trouvait sans cesse dédoublée par une approche seconde, visionnaire et prophétique, de celle-ci intercepté, saisie sur la spirale même de sa marche en avant, n'avait pas manqué d'entrevoir que, après la consommation de l'immense désastre que la Révolution Française ou soi-disant telle avait représenté pour la civilisation européenne du monde, les temps étaient prêts - les grands temps - pour un mystérieux avènement imprévu, totalement inconcevable; dont l'émergence dans l'histoire mondiale allait devoir en changer totalement le cours, en en renversant le sens et en modifiant, en transfigurant jusqu'à la substance même de son devenir en route, jusqu'à son "visage même".

 

Ainsi, après la fin de l'histoire défaillante, irrémédiablement subvertie, de l'intérieur, par la conspiration révolutionnaire antitraditionnelle ayant abouti à ses fins, et par le travail occulte des puissances invisibles à l’œuvre derrière sa face immédiatement saisissable, Joseph de Maistre annonçait-il donc l'avènement d'un au-delà de l'histoire, d'une histoire transcendantale devant faire suite à l'agonie actuelle de l'histoire de ce monde, un au-delà de l'histoire dont l’inconcevable visage nouveau, et tout autre, s'apprête à présent à émerger des gouffres ontologiques originels".

 

Certains des nôtres savent déjà - mais ne le savaient-ils pas depuis toujours - que le signe fondamental, que le signum magnum de ce changement abyssal de l'histoire de ce monde annoncé par Joseph de Maistre n'est autre que celui de la mise en chantier, à la fois historique et suprahistorique, de cet Imperium Ultimum, condition préliminaire de l'avènement du Regnum Sanctum, que des forces considérables s'utilisent à l'heure actuelle à en préparer les voies, révolutionnaires et impériales, dans le visible et dans l'invisible, dans l'espace intérieur secret de l'histoire où se passent les grandes décisions du destin.

 

Imperium Ultimum que l'on pourra désormais identifier dans le projet révolutionnaire impérial grand-continental et planétaire d'un certain gaullisme transcendantal, occulte, se maintenant très à dessein encore dans l'ombre, le projet de ce que nous autres nous appelons du nom de l'Empire Eurasitaique de la Fin. Un projet dont le "concept absolu" apparaît comme avoir été, et qui restera, jusqu'à la fin, la figure déjà suprahistorique de Charles de Gaulle, à la fois dans sa trajectoire politico-historique propre et dans les dimensions encore inconnues, nocturnes, de sa personnalité cachée et de son "grand dessein" secret, "grand dessein" impérial planétaire en appelant à sa vision mystique du Regnum Sanctum, en qui celui-là trouvera son accomplissement final, son affirmation suprême.

 

Ainsi, définir la notion de "concept absolu" dans l'histoire, c'est ce qui nous permettra d'entamer l'approche en profondeur du ministère révolutionnaire et impérial ultime de Charles de Gaulle, et de par cela même trouver le passage désormais incontournable vers le renouvellement fondamental de la géopolitique, voire de la "géopolitique transcendantale", qui seul peut nous assurer la disposition immédiatement opérationnelle des nouveaux espaces de réflexion en prise directe avec l'histoire mondiale dans ses états actuels, qui sont les états mêmes de sa crise conclusionelle décisive, abruptement située au bord de ses ultimes précipices intérieurs.

 

Tous comme cela s'est déjà vu avec Charles de Gaulle, et avec certains de ses contemporains qu'il ne devrait pas être interdit de nommer, à savoir Adolf Hitler et Joseph Staline, une personnalité accède à l'état de "concept absolu" à partir de l'instant où il lui est donné - demandé - d'incarner, à lui seul, exclusivement, la totalité du front des puissances mobilisées par le destin dans une direction historique, dans une convergence unitaire imprimant d'une manière irrévocable sa marque propre dans le cours de l'histoire en marche. L'état de "concept absolu" implique, fondamentalement, la dépersonnalisation définitive de celui qui se trouve y avoir accédé, son absorption assomptionnelle par ce dont il incarne le plus haut degré de sa représentation active, de concentration figurative à la fois au-dessus et au cœur même du courant historique qui le porte et dont il sera aussi appelé à être le témoin sacrificiel, le témoin prédestiné, le témoin indéfiniment fondationnel.

 

Cependant, ce n'est pas tout que de reconnaître, en Charles de Gaulle, le "concept absolu" du courant historique du gaullisme dans sa double identité, identité politico-historique visible et identité secrète, abyssale, suprahistorique. Aller au fond des choses.

 

On pourrait en effet croire que l'on dispose à l'heure actuelle de tous les éléments pouvant nous amener à une connaissance exhaustive de la personnalité, du cours de la vie privée, de la vie politique de Charles de Gaulle. Cependant, en tant que "concept absolu" de l'histoire - de la "grande histoire" - Charles de Gaulle reste encore un mystère, un mystère impénétrable et qui se refusera jusqu'à la fin à toute tentative de déchiffrement non légitimée par une perspective initiatique et partisane, parce qu'il faut être soi-même secrètement reconnu, admis au sein du courant pour espérer pouvoir trouver, retrouver face à l'autre Charles de Gaulle, face à son identité occulte et nocturne, prohibée, hors d'atteinte, appartenant à l'autre côté de l'histoire, à son côté abyssale suprahistorique. Or cette démarche est loin d'être à la portée de tous. Car il s'agit d'une démarche essentiellement initiatique, probatoire, "au bord de l'abime". suite : Charles de Gaulle, l'homme à contre-courant

 

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