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27/05/2015

La mission de la France (Jean-Louis Loubet Del Bayle)

 

Jean-Louis Del Bayle, Les non-conformistes des années 30 - Une tentative de renouvellement de la pensée politique française, II. « L'esprit de 1930 » : Essai de synthèse idéologique, 2. La Révolution Nécessaire, 5. La mission de la France, PP. 345- , aux éditions Points, collection Histoire

 

Ainsi, aussi séduits qu'ils aient pu l'être par certains aspects des expériences russe, italienne ou allemande, les mouvements de jeune des années 1930 considéraient, sans équivoque possible, que ces « révolutions manquées » ne pouvaient indiquer à la France les voies du salut. « La désastreuse inertie des nôtres, notait Thierry Maulnier, ne doit pas pourtant suffire à nous faire applaudir le désastreux enthousiasme des autres peuples : il serait souhaitable que les jeunes Français, le jour où ils se réveilleront, prissent d'autres chemins que les chemins qui leur sont indiqués par l'Europe d'aujourd'hui (...) Une attitude révolutionnaire doit essentiellement comporter, non seulement la défiance, mais encore l'hostilité directe à l'égard des doctrines sociales contemporaines. »

 

Ces tendances révolutionnaires à l’œuvre dans l'Europe entière leur semblaient bien souvent plus exacerber les défauts du monde qu'ils rejetaient qu'apporter des solutions neuves aux problèmes de leur temps. Basculant de l'individualisme au collectivisme, de l'idéalisme au matérialisme, du rationalisme à un vitalisme sans frein, elles leur apparaissaient aussi destructrices de l'homme ne trouvait pas son compte : « Les trois grandes révolutions, nationales, socialistes : la révolution bolchévik (nationale, socialiste, étatiste), la révolution fasciste (nationale, socialiste, étatiste), la révolution hitlérienne (nationale, socialiste et raciste), ont, constatait Alexandre Marc, trop sacrifié à la révolte et à la réforme, trop souvent asservi et mutilé l'homme au lieu de l'enrichir et de le libérer. »

 

L'homme sacrifié à la masse, l'homme identifié à son seul destin social, l'homme ignoré dans sa personnalité unique et irremplaçable, l'homme méconnu dans sa liberté et sa spontanéité, l'homme englouti par le Léviathan collectif, telle était la tare fondamentale, essentielle, sans rémission, de toutes ces « révolutions ». C'est peut-être sous la plume de Thierry Maulnier que l'on trouvait l’expression la plus éloquente de cette protestation de l'homme dressé contre les idoles collectives dont le prestige allait grandissant en ces années 1930 : «  Mythe de la cité socialiste, mythe de l'impérium fasciste, mythe de la germanité, les buts proposés à l'action la plus énergique et au dévouement absolu des hommes européens consistent, somme toute, dans l'organisation de la vie collective ; on ne propose rien à l'homme qu'une certaine forme de société comme seul objet de son action et comme seul espoir possible d'une vie supérieure : rien au-delà. L'idée de l'homme disparaît comme valeur éternelle et irréductible : les cultes du socialisme et du néonationalisme sont des cultes, vulgaires parce qu'ils se fondent implicitement sur cette appréciation de la foule qui ne définit l'homme que par sa place dans la société et son rôle dans la communauté (...) Dans le national-socialisme et dans le fascisme, tout autant que dans le collectivisme russe, c'est le bien-être ou les cultes de la masse qui réclament à leur bénéfice les démarches suprêmes de la sainteté, de l'héroïsme et de la méditation. La cité socialiste, la race, l’État, redoutables idoles apprêtées pour les communions collectives, valeurs pour le grand nombre et faites à la mesure du grand nombre, sont ainsi érigées en cultes absolus (...) Ces nouvelles disciplines exigent le dévouement total de la foi et de l'action à des notions abstraites, vides, grossières, privées de tout contenu éthique et spirituel. Le fascisme italien et, plus encore, les mouvements allemands et russes prétendent créer leur propre éthique et leur propre mystique sur l'infériorité essentielle de l'individu en face de la communauté. »

 

Ce diagnostic établi, Thierry Maulnier concluait : « Socialisme, étatisme, racisme renoncent à jouer un rôle dans l’œuvre d'une civilisation désintéressée : entre eux et l'humanisme il faut choisir. » La France était à ses yeux le lieu privilégié de ce choix décisif entre les révolutions de masse et ce qu'il appelait la « révolution spirituelle » ou la « révolution aristocratique » ? « Nous sommes, écrivait-il, à un carrefour, et à l'un des plus importants de l'histoire du monde, Saurons-nous choisir ? Il s'agit de décider si la jeunesse française, imitant aveuglément ses voisins, suivant la voie tracée par deux siècles d'erreurs, cherchera dans la démocratie, dans le collectivisme, dans les mythes d'un capitalisme ou d'un nationalisme vulgaire, de grossières communions ou si, seule dans le monde, elle restituera à leur place les plus hautes créations de la personne humaine (...) De l’Italie à l'Allemagne, du fordisme ou stalinisme, l'univers semble tout entier conquis par les masses. La civilisation française, dans son principe, est une civilisation aristocratique. Il n'y a rien à espérer pour l'homme du culte du travail (...) La France jusqu'ici s'est tenue dans le monde moderne sur la réserve. Elle n'a pas joué sa partie. Il serait bon qu'elle songeât avant que les jeux ne soient faits. »

 

L'analyse de Thierry Maulnier se terminait donc par un appel à la France pour qu'elle retrouve sa plus authentique tradition et qu'elle soit, par là, le « dernier modèle de l'Occident » : « Elle occupe entre les nations une certaine place qu'aucune autre nation n'est en mesure de tenir. Ses ennemis la condamnent en affirmant que notre civilisation sa fonde sur des principes contraires à l'évolution présente qu'elle peut éviter à ces peuples de se perdre. La France ne doit plus être aujourd'hui seulement la France, mais la meilleure part des espoirs présente du monde. La révolution nécessaire est la révolution aristocratique. La France est-elle capable de se réveiller pour la faire ? Elle a devant elle la plus belle phase de son destin. »

 

Cette idée d'une mission de la France n'était pas la résurgence dans la seule Jeune Droite d'un nationalisme hérité de la tradition à laquelle elle se rattachait. C'était un thème que l'on retrouvait dans tous les groupes de jeunes de ces années. L'Ordre Nouveau, par exemple, considérait, lui aussi que la France avait une sorte de vocation universelle et que le désordre contemporain était en partie le fruit de la « décadence de la nation française » et de sa démission devant les exigences de son destin : « Si la décadence de la nation française, écrivaient Robert Aron et Arnaud Dandieu, n’intéressait qu'elle et ses nationaux, il ne s'agirait que d'une de ces anecdotes historiques sans portée, sans prolongement, qui occupent les contemporains et qui, n'ayant aucune importance spirituelle ou morale, n'attirent pas plus l'attention des historiens futurs qu'une révolution de palais ou un partage de petit État. Mais, quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, quoi qu'elle ait dit ou fait elle-même, c'est peut-être la seul raison d'être et le seul espoir de salut de la France que toute question qui se pose pour elle la dépasse immédiatement et intéresse l'humanité. A tord ou à raison, malgré ses dirigeants et ses représentants actuels, l'existence de la France se trouve encore liée à une certaine conception du rôle de l'individu dans la société et le monde, à certaines préoccupations morales et métaphysiques (...) Ainsi toute question qui se pose à son propos devient, au sens le plus précis et le plus implacable du mot, une question d'humanité. Et le malaise dont souffre en ce moment la nation française nous intéresse à déceler et, le cas échéant, à réduire dans la mesure où il condense et précise un malaise plus général et plus profond. »

 

En face de ce qu'il tenait pour l'échec des tentatives russe, italiennes et allemande, l'Ordre Nouveau considérait, comme Thierry Maulnier, que ce qui était apparemment la faiblesse de la France en était peut-être aussi la chance. Il pensait, en effet, que le fait pour la France d'avoir été jusque-là épargnée par les bouleversements violents qui secouaient l'Europe était une sorte de répit providentiel lui permettant de mûrir une véritable révolution « à la mesure de l'homme ». « La révolution qui se prépare, déclarait Aron et Dandieu, et dont les mouvements russe, italien et allemand ne sont que les Prodromes imparfait sera réalisée par la France. » Se référant à la vocation permanente de la France à « proposer infatigablement au monde des valeurs neuves de portée universelle », l'Ordre Nouveau, définissait ainsi sa mission dans les années 1930 : « En face des révolutions manquées, , se hâter de dresser la véritable doctrine révolutionnaire que notre époque réclame. » Dans un univers en crise, la France restait donc, pour l'Ordre Nouveau, malgré la médiocrité de ses représentants officiels, la « terre décisive ». C'est ce qu'Aron et Dandieu proclamaient à la fin de leur livre la Révolution nécessaire : « Ce qui est beau, c'est la lutte la mort. Ce qui est grandiose, c'est la victoire de l'homme. Le long des côtes de la Méditerranée et la mer du Nord, remontant le Danube ou le Rhin, s'avance l'antique ennemi de l'homme. On l'appellera l'État, matérialisme, racisme ou tyrannie ; mais son essence est plus profonde et n'a de nom en aucune langue, surtout pas en français. Ce n'est pas notre faute si la France est en effet, aujourd'hui comme hier, la dernière écluse. Ce n'est pas notre faute si le pays des petits rentiers du Traites de Versailles est tout de même aussi le dernier refuge continental des hommes libres. Ce n'est pas notre faute si, pour sauver l'Occident et l'Europe nous devons d'abord, aujourd'hui, nous appuyer sur la France. Il ne s'agit pas de défendre une citée ou une idée. Il ne s'agit pas de défense, mais de choix, d'affirmation, de création, de Révolution. Nous sommes sur la terre décisive. L'heure est venue, allons-y.

 

La notion d'une mission de la France, si caractéristique de ces mouvements, se retrouvait enfin dans Esprit, pourtant méfiant à l'égard de tout ce qui pouvait ressembler à une quelconque exaltation nationaliste. Pour lui aussi, en face des expériences étrangères, la France devait être la gardienne de certaines valeurs essentielles et trouver dans sa propre tradition les racines de la révolution à réaliser, une révolution qui lui paraissait devoir représenter un caractère exemplaire et universel. Après avoir analysé les conceptions fasciste, Mounier notait ainsi : « Ce n'est pas dans de semblables caricatures que nous irons, nous Français, interroger la mission de la France, mais dans une résurrection de sa très ancienne vocation qui est de purifier les instincts du monde. » Tout en mettant en garde contre « la canonisation des raideurs nationales », il rappelait aussi : « Il y a une manière d'intelligence et de culture et de vision française du monde. ceux-là même qui le nient y participent. Il doit donc y avoir un aspect singulier de la révolution spirituelle où ressortiront des intuitions, des manières plus proprement françaises : sens de la liberté individuelle, de la responsabilisé, de la résistance aux pesanteurs sociales, aux mystiques irrationnelles. » Dés le premier numéro d'Esprit, Jean Lacroix voyait lui aussi « l'apport propre de notre pays aux constructions sociales de demain » dans « le sens de l'éminente dignité de la personne humaine ». Sur le même thème, Georges Izard lançait un vibrant appel à la France pour « qu'elle redevienne elle-même (...), qu'elle rappelle au monde écrasé sous l'affreuse discipline des théories quelques-unes des revendications de notre nature ; qu'elle s'identifie de nouveau avec la liberté dans une Europe qui en a perdu le souvenir ! Liberté de l'homme contre la dictature de la nation et d'une classe, contre les puissances économiques, liberté dans l'épanouissement de la personne, toute une reconstructions de la société tient en ces quelques mots. Ainsi la tâche de la France ne sera pas finie tant que celle de l'homme durera »... à suivre...

 

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01/05/2015

10 Mai 2015 : Manifestation d’hommage à Jeanne d’Arc ♠

 

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La Dissidence Française ♠

 

Le dimanche 10 Mai 2015, Place de la Madeleine (Paris 8ème), nous vous invitons à participer au cortège de la Dissidence Française lors du traditionnel d’hommage à Sainte Jeanne d’Arc !

 

Un rendez-vous annuel à ne pas manquer :

 

Venez nombreux pour défiler derrière les drapeaux de notre Mouvement lors de cet hommage incontournable à celle qui libéra la France quand tout semblait perdu… Une occasion également de rencontrer les militants de la Dissidence Française et d’échanger avec les cadres du Mouvement dans une ambiance disciplinée mais conviviale !

 

Heure de rendez-vous : 

 

La manifestation débutera à 10h. Afin de la préparer et d’échanger avant le départ, nous vous donnons rendez-vous dès 9h30 Place de la Madeleine.

 

Discipline : 

 

Afin de garantir le calme et l’ordre lors de ce défilé, nous demandons à tous ceux qui se joindront à notre cortège de suivre scrupuleusement les consignes de notre service d’ordre et à se plier aux instructions des organisateurs.

 

Notre service d’ordre veillera à ce qu’aucun débordement ne vienne perturber l’évènement.

 

Couleurs : 

 

Nous demandons à tous ceux qui se joindront à notre cortège de se vêtir de noir, couleur traditionnelle de la Dissidence Française.

 

Ceux d’entre vous qui disposent des t-shirts ou sweat-shirts de notre Mouvement sont invités à les revêtir et à les porter fièrement !  Si vous disposez de drapeaux du Mouvement, pensez également à les ramener !

 

Vous souhaitez participer à cette grande mobilisation à nos côtés ?

 

Inscrivez-vous dès maintenant à notre évènement sur Facebook !

 

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29/04/2015

Juifs contre Juifs (Alexandre Douguine)

 

Alexandre Douguine, Le prophète de l'eurasisme, Partie II Judaïca, Sur la route de l'Eurasie, Deux exemples, pp.  86-89, Avatar éditions ; Collection Heartland

 

A présent, en projetant le schéma découvert sur l'histoire soviétique, nous y découvrirons aussi le rôle des Juifs.

 

Dans son ensemble, le judaïsme à la veille de la révolution était uni dans son opposition au régime existant. Cela concernait les deux secteurs. Les Juifs orientalistes étaient opposés au capitalisme et conservatisme religieux, à l'aliénation et au formalisme dans le domaine de la culture, ils désiraient ardemment un changement révolutionnaire et l'avènement de l'éternité magique du royaume messianique. Les Juifs occidentalistes n'acceptent pas le tsarisme pour des raisons très diverses, incluant son régime arriéré, insuffisamment capitaliste, civilisé et humaniste, appelé à se perfectionner jusqu'au niveau de la civilisation occidentale. Tout le judaïsme dans son ensemble était solidaire quant à la nécessité de renverser la dynastie et de faire la révolution. Pour cela ils avaient des alliés à la fois parmi les nationalistes de la périphérie russes, rêvant de détruire la  « prison des peuples », et parmi les « nationalistes de gauche » russes, percevant le régime des Romanov de Saint-Pétersbourg comme une parodie anti-nationale, anti-patriotique, anti-spirituelle, de l'authentique Russie sacrée. En outre, pas mal d' « occidentalistes » parmi la noblesse et la classe marchande russe complotaient activement en faveur du capitalisme russe contemporain, gâtant les dernières Cerisaie d'une aristocratie irrémédiablement dégénérée.

 

L'action globale de toutes ces forces, dés qu'une situation favorable approcha, accomplit la révolution de Février. Mais immédiatement après, les contradictions non résolues à l'intérieur du camp des vainqueurs surgirent. Après le renversement du régime impérial, une seconde ligne de fracture 'interne cette fois-ci) apparut en pleine lumière, et cela prédétermina tous les évènements ultérieurs. Après la révolution de Février, au premier plan il y eut une opposition entre forces révolutionnaires et réformatrices, qui dissimula une opposition entre orientalistes de gauche et occidentalistes de gauche, entre eurasistes et européistes. Ce dualisme fondamental des types apparut aussi très clairement dans le milieu juif lui-même.

 

Le pôle bolchevik avait rassemblé les représentants de l' « orientalisme juif », le type hassidique-kabbaliste, les juifs-communistes, les juifs-socialistes - ceux qui à la fin du XVIIIème siècle voulaient « vivre du travail de leur bras ». Ce judaïsme du travail, eschatologique, universaliste, généralement russophile, se solidarisa avec le courant russe national-bolchevik des « impérialistes de gauche», qui voyaient dans la révolution d'Octobre non pas la fin du rêve national, mais son commencement, une nouvelle aube rouge, la seconde venue de la Rus', la Kilezh secrète des starobriadetsi, perdue dans le triste bicentenaire de la parodie profane du synode de Saint-Pétersbourg. Petit à petit le bolchévisme avait absorbé non seulement les marxistes orthodoxes, mais aussi un grand nombre de socialistes-révolutionnaires, en particulier les socialistes-révolutionnaires de gauche, qui peuvent être définis comme les homologues russes des nationaux-révolutionnaires. En un mot, pour le vaste milieu juif organique, l'organisation juive à l'intérieur des rangs des bolchéviks représente l'aboutissement logique et triomphal de son voyage historique, dont les racine se trouvent dans les anciens conflit religieux du sombre Moyen-Age.

 

Comme ennemis de cette communauté eschatologique des « juifs orientalistes», il y avait tous les capitalistes du monde, en en particulier le bourgeois juif, séculier, incarnation empirique (selon l'expression de Marx) des anciens rabbinistes. D'où, là aussi, l' « antisémitisme» bolchévik paradoxal, pas d'étranger non plus à de nombreux juifs communistes. Dans son ouvrage, Agursky mentionne un cas très intèressant, dans lequel le juif Vladimir Tan-Borgoraz intercède en faveur d'un bolchévik russe qui s'était permis une grossière tirade antisémite, et non seulement intercède, mais le justifie pleinement. Comme cela ressemble à l'histoire précitée des zoharites ! A ce propos, nous découvrons aussi quelque chose de similaire dans d'autres milieux. Ainsi, par exemple, le célèbre fondateur de la loge bavaroise Thulé qui prépara la naissance du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), le baron von Sebottendorf, fut à l'époque initié à la « maçonnerie égyptienne» en Turquie par un couple de juifs sabbataïstes et reçut d'eux les bases de la science ésotérique. Mais ainsi, il se distinguait de l’antisémitisme manifeste (pour ne pas parler des nazis ordinaires). Une trace juive (en particulier sabbataïste) peut être trouvée dans nombre d'autres organisations fortement nationalistes et parfois ouvertement racistes ou antisémites - aussi bien européennes (maçonniques) qu'orientales (les jeunes Turcs).

 

D'autre part, l'antisémitisme pouvait aussi être dirigé dans le sens opposé, et dans ce cas ses porteurs pouvaient très bien être soit des Juifs, soit des politiciens dirigés contre eux. Ainsi, par exemple,on connaît bien les expressions antisémites de Churchill, qui, se référant à l'origine juive de la majorité des dirigeants bolchéviks, parlait du  « péril juif, menaçant la civilisation à partir de l'Orient ». Ainsi, durant sa carrière politique, Lord Churchill s'appuya sur les milieux sionistes de droite en Grande-Bretagne et aux États-Unis, comme le démontre de façon convaincante Douglas Reed. Donc, tout comme il existe un judaïsme de « droite» et un judaïsme « gauche», il existe aussi un antisémitisme de « droite» et un judaïsme « gauche». Donc dans cette question aussi nous arrivons à une approche plus complexe.

 

De Février à Octobre survint un tournant pour les deux moitiés du monde juif, et à partir d'un certain moment cette opposition acquit ses formes les plus aiguës. Dans les cas extrêmes, les représentants des deux camps eurent recours dans leur polémique à des argumentations pas différente du discours vulgaire et brutal des antisémites. Mais ce n'est pas tout, A l'apogée de la confrontation, le choc acquit une nature de guerre de destruction physique, comme nous le voyons dans l'histoire des purges staliniennes dans les rangs du gouvernement soviétique. (précédent, Deux exemples)

 

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