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12/12/2014

Charles de Gaulle, l'homme à contre-courant (Jean Parvulesco)

 

Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Sur le grand tournant actuel du gaullisme, Charles de Gaulle, l'homme à contre-courant, pp. 233-239, aux éditions Alexipharmaque

 

Sans nourrir l'ambition d'un dévoilement, d'une mise au jour intégrale de l' "autre face", de la face occulte, nocturne, interdite de la carrière de Charles de Gaulle, de son cheminement en tant que "concept absolu", processus de dévoilement qui ne saurait être envisagé dans le cadre d'une simple approche du problème, qui demanderait les dispositions de tout un livre, je vais quand même tenter d'y fournir un certain nombre de stations de mise au jour, d'avens - de puits - donnant directement sur les profondeurs du cours souterrain de sa vie. Cependant, même ainsi quelque peu ébréché, le mystère de l' "autre" Charles de Gaulle n'en restera pas moins intact, à proprement parler inexplorable, parce qu'il appartient à une zone de la réalité qui n'est substantiellement en rien redevable de nos interrogations raisonnables, et encore moins soumise à leurs sollicitations, qui ne suit que seule la démarche réservée de ses propres développements irrationnels.

 

Aussi allons-nous, dés le commencement, nous trouver devant le problème des origines mêmes de Charles de Gaulle, des souches de sang immémoriales qui sembleraient avoir été souterrainement les siennes, parce que s'il s'avère que l'homme du 18 juin descend des anciens rois d'Irlande, que, par les souches guerrières des Mac Cartan et de Glana Rodry, son sang remonte jusqu'au roi Rudricus le Grand, il reste aussi toute une autre zone inexplorée du problème de ses origines - encore que très précisément à l'heure actuelle en cours d'exploitation, dans le cadre d'une certaine recherche fort confidentielle - qui le situerait dans la mouvance ultra-secrète des descendances mérovingiennes. Mouvance qui, par ailleurs, s'apprêterait à refaire surface prochainement, parce que certains estiment déjà que l'heure en serait en effet venue. Ce qui replacerait les choses dans une perspective autrement plus décisive quant à la prédestination significative ayant régi, dans l'ombre, la carrière déjà suprahistorique du "concept absolu" Charles de Gaulle, carrière dont les incidences mystérieuses n'ont cessé d'en visiter le devenir, comme par des brusques éclaircies, des coups d'éclair inattendus, tout le long de son cours. Sans cesse.

 

Alors, citons donc également, en continuation, les temps de la captivité du jeune capitaine Charles de Gaulle pendant la première guerre mondiale, temps qu'il avait passés à la forteresse d'Ingolstadt, en Haute Bavière, sur le Danube, ville depuis longtemps sous l'emprise de la Société de Jésus. Pendant sa captivité à Ingolstadt, Charles de Gaulle avait eu comme compagnon, parmi d'autres, le futur Maréchal Mikhaïel Toukatchevsky, Chef de l'Armée Rouge, que Staline avait fait exécuter à la veille de la dernière guerre, et pour visiteur apostolique le Nonce à Berlin, le futur Pie XII. Alors que le commandant de la forteresse d'Ingolstadt était un des proches du général Eric von Ludendorff, élève de Schlieffen, Chef de l’État-major Impérial et, par la suite, adjoint du Maréchal Hindenburg. Or nous connaissons l'orientation personnelle très spéciale du général von Ludendorff, ainsi que ses conceptions occultistes de haut vol, celles-ci se trouvant, aussi, à l'origine de tout un courant initiatique grand-germanique d'importance, dont les positions rejoignaient les doctrines secrètes que professait, à ce moment-là, le futur Maréchal Toukatchevsky : reconstituer la grandeur continentale des anciens peuples européens, de l'Irlande à la Russie, en les faisait revenir au culte de leurs anciens dieux originels, et pour ce faire éliminer le christianisme par la force. relevons aussi que le Maréchal Toukatchevsky avait été un très haut initié de l'Ordre des Polaires, et qu'il avait introduit des "loges polaires" d'officiers au sein de l'Armée Rouge.

 

Il régnait dans la forteresse d'Ingolstadt, lors du séjour qui y avait fait le jeune capitaine de Gaulle, une profonde atmosphère de conspiration occultiste et para-religieuse dont un autre des prisonniers présents là, Rémy Roure, par la suite grande figure de la Résistance, a laissé un livre de souvenirs, actuellement introuvable, qui ne citait pas tous les noms de ses compagnons - encore que l'on aurait eu quelques surprise, et de taille, s'il l'avait fait - mais qui en disait long - encore que pas tout - au sujet des influences qui s'exerçaient, intensément, sur les compagnons d'une captivité en fait fort orientée, faisant en quelque sorte fonction de séminaire sous la conduite d'une direction allemande à la fois invisible et omniprésente, ayant peut-être mission d'y poursuivre une expérience clandestine d'endoctrinement inconscient. Une citation : "Sur les bords du Danube, à Ingolstadt, les acteurs essentiels du prochain drame continentale étaient donc rassemblés sur place, comme par l'exercice d'une volonté à la fois occulte et suprême, insalissable, suprahumaine." Je persiste à croire, quant à moi, que quelque chose de tout à fait décisif avait eu à se passer, secrètement, à Ingolstadt, dans le tréfonds de la conscience du jeune capitaine de Gaulle inconsciemment sollicitée.

 

Dans le le même ordre d'idées, on peut encore rappeler la tentative faite, en 1936, à Nancy, par le général Giraud, alors commandant en chef de la région militaire, en vue d'établir une relation opérative entre Charles de Gaulle et Eugène Deloncle, qui s'était fait accompagner, lors de cette première - et dernière - réunion, par son adjoint, le général Henri Duseigneur. Eugène Deloncle cherchait à ce moment-là à trouver un chef militaire pour son organisation naissante, émanation sur le terrain du Mouvement Synarchique d'Empire, et avait songé pour cela au déjà prestigieux jeune officier qu'était alors Charles de Gaulle, Raymond Abellio : "Pour qu'une telle société fonctionne, il suffira d'un homme. L'épicentre n'est pas un lieu, c'est un homme qui est en communication avec les forces cosmiques et divines et les transmet aux autres."

 

Je crois savoir que lors de cette rencontre - à laquelle, d'ailleurs, Charles de Gaulle avait refusé de donner suite - les positions initiatiques occultistes du Mouvement Synarchique d'Empire, qui accomplissait l'enseignement ultra-secret d'Alexandre Saint-Yes d'Alveydre, avaient été ouvertement évoquées, ce qui avait dû ouvrir devant Charles de Gaulle une perspective abyssale sur les fondations cachées de la "grande histoire", d'une certaine "grande histoire" occulte, "interdite".

 

Le général de Gaulle avait d'ailleurs eu l'occasion d'approcher de très près les dimensions occultes de la temporalité suprahistorique, cosmique et suréveillée quand, pendant la dernière guerre, à Londres, il s'était fait initier, par Denis Saurat, aux doctrines métacosmiques de Hans Hörbiger, la Glazialkosmogonie. Plus tard, alors qu'il se trouvait déjà à l'Elysée, le général de Gaulle devait se faire également révéler les positions les plus intérieures, les plus "prohibées" d'un certain soufisme des degrés ultimes, par Michel Vâlsan, l'héritier spirituel de René Guénon. Certains ont évoqué à ce sujet "les longues promenades dans les jardins de l’Élysée du général de Gaulle et de Michel Vâlsan, qui s'entretenaient, en marchant, de certains problèmes dont on n'avait pas à savoir." Maintenant, on sait.

 

Enfin, ainsi qu'il est fort clairement précisé dans Le Livre des Compagnons Secrets du R.P. Martin, le général de Gaulle avait désigné, à titre testamentaire, comme guide spirituel suprême de ses compagnons présents et à venir, René Guénon et l’œuvre, d' "origine polaire, suprahumaine" de celui-ci. Ce qui veut signifier que, en quelque sorte, la boucle est bouclée ; on arrive là où il fallait que l'on arrivât, et tout est dit pour ceux qui savent comprendre. Car René Guénon est, en l’occurrence, un seuil. Un seuil de reconnaissance, un seuil d'épreuve, un seuil d'aveu. A partir de cette prise de position de la part du "concept absolu" Charles de Gaulle, nul doute n'est plus permis : l' "homme du contre-courant" portait en lui, secrètement, l'inextinguible lumière de l’Étoile Polaire. Ainsi qu'il l'a prouvé.

 

Dés la fin de la dernière guerre, déjà en mai 1945, l'organisation catholique souterraine "Le Circuit" reprenait hâtivement du service, pour contrer, en Europe, les dangereuses avancées du nouveau totalitarisme venant de l'Est, et s'appuyant, pour ce faire, en premier lieu, sur le général de Gaulle au pouvoir à Paris, ainsi que sur l'action confidentielle d'ensemble que menait, depuis Rome, Pie XII. Des choses extraordinaires avaient alors été faites, souterrainement, dont on ne saura peut-être jamais rien. Mais il se fit aussi que, avec le départ du général de Gaulle du pouvoir, en 1946, le centre de gravité de l'entreprise clandestine de sauvetage politique de l'Europe mené par celui-ci avait dû se trouver aussitôt déplacé sur l'Autriche, à Innsbruck, capitale de la zone d'occupation militaire française. Où le Haut-commissaire français, le général Béthouart, qui jouissait de toute la confiance personnelle de Charles de Gaulle, avait transformé l'ensemble de la zone d'occupation militaire française en Autriche en un territoire de résistance à juridiction secrète, clandestine, en une "Forteresse Blanche des Alpes", sur laquelle seule régnait, en fait, la loi militaire de la révolution nationale et européenne gaulliste. La "Forteresse Blanche des Alpes", incarnation secrète d'un concept gaulliste européen révolutionnaire, base contre-stratégique d'un nouvel "activisme polaire". L'expression de "Forteresse Blanche des Alpes" avait été inventée, personnellement, par Alan Dulles, qui, depuis son ancien repaire de Berne, observait ce qui s'y passait, souvent, de tout à fait incroyable, en apportant, lui aussi, parfois, par l'intermédiaire du prince de Hohenlohe, son soutien clandestin à l'action contre-stratégique européenne mené, depuis Innsbruck, par le général Béthouart et son groupe d'intervention agissant dans l'ombre. L'Europe, en ces temps-là, se survivait sur les ultimes hauteurs des Alpes, où les forces armées françaises gardaient le feu vivant.

 

La période de rayonnement de la "Forteresse Blanche des Alpes" avait été le sommet de l'action contre-stratégique française dans l'Europe mortellement blessée de l'immédiate après-guerre, le sommet aussi d'une certaine action clandestine européenne de grande envergure du gaullisme avant que le général de Gaulle ne revienne au pouvoir en 1958. De 1946 à 1958, l' "homme de tempêtes" aurait-il pu cessé d'agir ?

 

D'autre part, pendant les dernières années de sa "traversée du désert", le général de Gaulle avait soutenu dans l'ombre, en y déléguant, chaque année, au titre de de ses représentants personnels, Edmond Michelet et Louis Terrenoire, la "Conférence de l'Escurial", où, sous le patronage personnel de l’Archiduc Otto de Habsbourg, on s'employait à préparer, secrètement, les plans à longue portée pour la reconstitution politique du Saint Empire Romain Germanique. Le choix, pour ce faire, de l'Espagne, et plus particulièrement de l'Escurial, n'était pas sans avoir eu sa signification : l'Escurial figurait la place-forte suprahistorique suprême des Habsbourg et partant de leur plus Grande Europe catholique et impériale, modèle abyssal de cette nouvelle Grande Europe impériale, "eurasiatique", qui constituait, dés ces temps-là, l'objectif ultime de la vision révolutionnaire impériale secrète du général de Gaulle.

 

Il resterait aussi à parler des trois derniers voyages testamentaires du général de Gaulle - du "concept absolu" Charles de Gaulle - voyages effectués après qu'il eût quitté une deuxième fois le pouvoir en 1969, en Espagne, ensuite en Irlande et, pour terminer, et veillant à ce que cela ne se sache pas, en Allemagne.

 

Je reste fortement convaincu que c'est bien dans la figure chiffrée de ses "trois derniers voyages" qu'il faudra chercher la clef d'une certaine intelligence hermétique du "concept absolu" Charles de Gaulle, parce que chacun de ces trois voyages correspondent à une des options abyssales, suprahistoriques, de la politique souterraine de celui-ci, l'Espagne, l'Irlande, l'Allemagne - une certaine Allemagne - représentant les trois pôles occultes de son action impériale grande-européenne, "eurasiatique", le dépassement révolutionnaire impériale des positions exclusivement françaises qu'il lui avait fallu forcément faire siennes lors de son dernier passage au pouvoir : avec ses "trois derniers voyages", le "concept absolu" Charles de Gaulle avait rejoint enfin l'horizon de sa plus juste identité dogmatique, le niveau ultime de ses habilitations impériales les plus cachées.

 

Si l'on sait à peine qui est-il allé voir et par où il est passé en Espagne et en Irlande, on ignore tout, par contre, et sans doute à jamais, de sa dernière visite hors de France, celle qui l'avait amené clandestinement en Allemagne. Dernier "pèlerinage" dont non seulement le but de Charles de Gaulle l'avait tenu caché, mais jusqu'au pèlerinage lui-même : sans aucune justification, sans témoins ni accompagnateurs, quels qu'ils fussent, avec un cérémonial hors de toute attention non prévenue, plongé dans le plus grand secret jusqu'au bout. Il y a là, d'évidence, de quoi se poser un certain nombre de questions aussi troublantes que dangereuses, et qu'il vaut peut-être mieux - dans l'état actuel des choses - ne pas se poser du tout, faire provisoirement l'impasse là-dessus.

 

En dernière analyse, on pourrait donc établir l'enseignement central du gaullisme comme celui du combat à contre-courant contre l'aliénation finale de l'histoire actuelle, et contre le cortège obscène de décadences qui s'en ensuivent ; et comme, aussi la volonté intraitable, farouche, héroïque et suprahumaine de ne jamais céder devant les évidences négatives de l'histoire en cours, quelles qu'elles fussent, de toujours se maintenir debout. Toujours à contre-courant, dans le sens contraire à celui de la terre qui tourne, toujours dans la souvenance immémoriale de nos origines polaires, supratemporelles, "divines". C'est dans le plus lointain passé que l'on trouvera la source vive, héroïque, de l'engagement révolutionnaire qui nous portera en avant vers cet au-delà de l'histoire qui constitue l'espace même de la vision impériale propre du gaullisme qui constitue l'espace même de la vision impériale propre du gaullisme, du "grand gaullisme, du "gaullisme de la fin". Tout le gaullisme se retrouve dans le verbe tenir. Charles de Gaulle : "Il n'y a qu'une seule fatalité, celle des peuples qui n'ont plus assez de force pour se tenir debout et qui se couchent pour mourir. Le destin d'une nation se gagne chaque jour contre les causes internes et externes de destruction."

 

Le gaullisme apparaît donc comme étant très essentiellement une interpellation de résistance à outrance, de subversion de la subversion et de l'affirmation d'une fidélité indéfiniment renouvelée aux principes de ses origines abyssales d'une civilisation, d'un ethos supratemporel, d'une suprahistoire polaire et impériale.

 

Et il ne faudra donc pas s'étonner du fait que, face aux Églises de Pierre et de Jean, une certaine mystique confidentielle propre au gaullisme - à un certain gaullisme, au "gaullisme de la fin" - ait choisi l’Église de Saint-André, ni que la fleur de chardon bleue, insigne de l’Écosse et de l’Église de Saint-Andrée, figure dans les armes de certaines organisations confidentielles de combat dans la mouvance immédiate du gaullisme, l’Écosse ayant été la "terre des grands refuges" des anciens Ordres Européens subversivement poussés hors de l'histoire par sa marche en avant, qui n'est en réalité que l'anti-histoire et ce qu'elle véhicule occultement, un combat perpétuel contre les puissances subversives de la démission et de la mort, de l'affirmation impérialiste et totalitaire du non-être.

 

Aussi vient-on d'essayer de dresser, ici, le relevé d'un certain nombre de stations d'interceptions de l' "autre face", de la face abyssale, suprahistorique et occulte du gaullisme et de certaines tentatives personnelles significatives du "concept absolu" Charles de Gaulle, qui, toutes, tendraient à prouver que, derrière le mouvement politique du gaullisme, il se tiendrait comme une pétition transcendantale, visant un au-delà de l'histoire, et la volonté conspirative d'établir, dans l'espace supratemporel de cet au-delà de l'histoire même, une projection impériale ultime de ce que celui-ci appelle à émerger révolutionnairement de son sein même, auroralement l'Imperium Ultimum, préliminaire politico-historique du Regnum Sanctum.

 

Mais que l'on ne se laisse pas abuser par ces démonstrations, fussent-elles entièrement convaincantes : il ne saurait s'agir, en tout état de cause, que d'autant de figures symboliques extérieures d'une réalité ultime des choses qui, elle, restera hors d'atteinte, insaisissable, parce que appartenant à un tout autre ordre des choses, celui-là même, précisément, qui sans cesse est appelé à constituer, dans les profondeurs, derrière la face visible du gaullisme sa face invisible, son identité inavouable et inavouée. La réalité politico-historioque n'est que le double reflété de la réalité transcendantale, un double chiffré, hors de la portée des attentions indues. suite : Face au Grand Continent Eurasiatique précédent : Sur le grand tournant actuel du gaullisme

 

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