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29/11/2016

De l'Hybridation (Partie 3 - Identité chimérique)

 

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B) Identité chimérique

 

« Le peuple français, en juin et juillet 1940, n'a pas été un peuple à qui des escrocs, cachés dans l'ombre, ont soudain surprise à volé sa patrie. C'est un peuple qui a ouvert la main et laisser la patrie tomber par terre. Plus tard – mais après un long intervalle – il s'est consumé en efforts de plus en plus désespérés pour la ramasser, mais quelqu'un avait mis le pied dessus.

 

Maintenant le sens national est revenu. Les mots « mourir pour la France » ont repris un accent qu'ils n'avaient pas eu depuis 1918. Mais dans le mouvement de refus qui a soulevé le peuple français, la faim, le froid, la présence toujours odieuse de soldats étrangers possédant tout pouvoir pour commander, la séparations des familles, pour certains l'exil, la captivité, toutes ces souffrances ont eu pour le moins une très large part, probablement décisive. La meilleure preuve est la différence d'esprit qui séparait la zone occupée et l'autre. Il n'y a pas par nature une plus grande quantité de grâce patriotique au nord qu'au sud de la Loire. La différence des situations a produit des états d'esprits différents. L'exemple de la résistance anglaise, l'espoir de la défaite allemande ont été aussi des facteurs importants.

 

La France aujourd’hui n'a d'autre réalité que le souvenir et l’espérance. La République n'a jamais été aussi belle que sous l'Empire ; la patrie n'est jamais si belle que sous l'oppression d'un conquérant, si l'on a l'espoir de la revoir intacte. C'est pourquoi on ne doit pas juger, par l'intensité actuelle du sentiment national, de l’efficacité réelle qu'il possédera, après la libération, pour la stabilité de la vie publique.

 

L'effritement instantané de ce sentiment en juin 1940 est un souvenir chargé de tant de honte qu'on aime mieux ne pas y penser, le mettre hors de compte, ne penser qu'au redressement ultérieur. Dans la vie privée aussi, chacun est toujours tenté de mettre ses propres défaillances, en quelque sorte, entre parenthèse, de les ranger dans quelque lieu de débarras, de trouver un mode de calcul en vertu duquel elles ne comptent pas. Céder à cette tentation, c'est ruiner l'âme ; c'est la tentation à vaincre par excellence.

 

Nous avons tous succombé à cette tentation, pour cette honte publique qui a été si profonde qu'elle a blessé chacun dans le sentiment intime de son propre honneur. Sans cette tentation, les réflexions autour d'un fait tellement extraordinaire auraient déjà abouti à une nouvelle doctrine, à une nouvelle conception de la patrie.

 

Du point de vue social notamment, on n'évitera pas la nécessité de penser la notion de patrie. Non pas la penser à nouveau ; la penser pour la première fois ; car, sauf erreur, elle n'a jamais été pensée. N'est-ce pas singulier, pour une notion qui a joué et qui joue un tel rôle ? Cela fait voir qu'elle place la pensée tient en réalité parmi nous. » Simone Weil, L'enracinement, Deuxième partie : Le Déracinement, Déracinement et nation, pp. 72-73, Les Éditions Gallimard

 

Contextualisation nécessaire et introduction à la nouvelle question identitaire

 

(J'avais commencé la rédaction de cet essai militant sur le concept d'hybridation – dont cet article sur l'identité est la troisième partie – avant l'attentat de Nice, y suis revenu quelques fois jusqu'au Brexit et le reprend aujourd'hui suite à l'élection de Donald Trump. J'avais plus ou moins arrêter d'écrire alors que la question ukrainienne glaçait la route vers l'Est et cristallisait des antagonismes souterrains « franco-français » dont j'ignore les profondeurs. Les différentes positions exprimées sur cette question au sein des avant-gardes prérévolutionnaires françaises et européennes paralysaient l'articulation métapolitique des idées de Troisième voie européenne et de Quatrième théorie politique eurasiste. Ce statu-quo bloquait le processus de mutation des dissidences spéculatives en résistance opérative, et nous obligeait à ne traiter que de sujets d'actualité, éculés ou de second ordre. Cette situation de statu-quo, qui profite à l'idéologie néo-souverainiste, n'a pas réellement évolué sur cette question précise, mais la vague d'attentats, le Brexit et l'élection de Trump rebattent les cartes. S'il est toujours question d'orienter les dissidences vers un mouvement portant une théorie philosophique pour le XXIème siècle, et ce, afin de dépasser la métapolitique de la réinformation et l'orientation néo-souverainiste, il est aussi question de considérer le réel et de reconsidérer la question identitaire, qui a toute sa place dans un essai qui se sert du concept d'hybridation pour exprimer les syncrétismes modernes à l'ère d'internet et leurs conséquences...)

 

L'avènement d'internet – et le « point zéro » événementiel de cette nouvelle ère (que l'on peut considérer comme une révolution) – et la démocratisation de l’outil informatique ont profondément bouleversé le monde de l'information et des idées, une nouvelle anthropologie de la philosophie, mère des sciences, naissait, où la « réflexion » et le « réfléchissement » des concepts et des idées s'accompliraient désormais par le biais d'un clavier numérique et via un écran lumineux, l'encre et le papier trépassaient dans la pixellisation de la pensée. Ce nouveau médium multiforme a créé la possibilité et le développement d'une nouvelle mise en perspective politique des événements en temps réel par une multitude de famille de pensée et de penseurs en « dissidence », par défaut, contre le « mainstream politico-médiatique ». Le contexte historique et cette révolution ont permit de remettre la notion de Souveraineté au centre des débats (et, par extension, de renforcer l'idée nationale, de libérer la parole nationaliste et de dédiaboliser le « camp national »).

 

Mais depuis le début, la question de la souveraineté cache la question de l'identité. En quelque sorte, la question de la souveraineté – du Retour du Roi – c'est Aragorn qui charge les troupes du Mordor pour détourner l' Œil de Soron de la quête de Frodon : la question de l'identité. L'aventure c'est deux aventures, une dans la lumière l'autre dans le clair-obscur (que je distingue ici de la notion d'ombre ou d'obscurité ; de la notion de ténèbres).

 

Le néo-souverainisme est ce souverainisme de convention entre les « dissidences » qui revendiquent être vierges de toutes pénétrations idéologiques et accomplir une œuvre de chaste réinformation sans arrière pensée. Une immaculée conception métapolitique. Aucunes avant-gardes dissidentes n'ont clairement théorisée leur idéologie objective du point de vue de la philosophie-politique ou de la critique militante. Les néo-souverainistes ne donnent pas leur définition du principe de Souveraineté – dont la nature philosophique et l'expression politique peuvent être d'ordre traditionnel comme ils peuvent s'inscrire dans un ordre anti-traditionnel – et prétendent avancer à couvert, ce qui n'est pas leur mission, ainsi ils se substituent à ce qui doit rester « invisible » et qu'ils conspuent en plus de gêner sa progression. Les néo-souverainistes n'ont toujours pas comprit à quoi servait la question de la souveraineté ; et ce que le néo-souverainisme protégeait par sa mise-en-marche en avant...

 

Le néo-nationalisme est ce nationalisme de convention entre les « nationalismes » en « dissidence » qui articule différentes définitions de la Souveraineté – et de son principe – mais dont l'articulation ne débouche par sur une synthèse révolutionnaire et sur les termes de sa mission. Sans cette nouvelle théorie philosophique et politique pour compléter sa nouvelle mise en perspective, le néo-nationalisme ne dépasse pas ni ne poursuit le néo-souverainisme qui prend son rôle très à cœur et qui se pose comme le seul héros d'une quête unique et exclusive, et qui doit être comprise comme telle.

 

L'hybridation et l'inversion des rôles créé une dissonance cognitive qui fragmente la question de l'identité en question identitaire, qui devient le tout de l'existant du néo-nationalisme sidéré par le galop de charge néo-souverainiste (dont l'expression la plus récente serait la réverbération de Fillon dans la Dissidence et l'éblouissement du Camp national ; c'est ce genre de phénomènes qui détermine la subversion néo-souverainiste et la décognition néo-nationaliste).

 

Les néo-souverainistes et les néo-nationalistes ignorent ou feignent d'ignorer ce « pacte » – cette double mise-en-marche en avant ; dont son propre dépassement et son détachement de la sphère du virtuel annonceront, par l'avancement de cette mise-en-marche dans le pays réel, la double mise-en-marche en avant à contre-courant et le renouvellement du pacte sabordé par les uns et oublié par les autres – et, les plus avant-gardistes jouent de cette double mise-en-marche en avant qu'ils n'ignorent pas pour son camp-à-soi, sans dire la croisée des chemins. Ce pacte d'équilibre et de complémentarité des forces qui luttent contre les ténèbres a quelque chose qui tient du rapport entre exotérisme et ésotérisme, et l'ordre de mission n'est pas respecté.

 

Je perçois la question de l'identité comme la quête la plus intime, la plus secrète, et comme l'aventure la plus commune, la plus directe. Le comportement identitaire ressurgit sur la société, influence l'opinion, en montrant l'exemple plutôt qu'en revendiquant, l'identité ne se revendique pas, elle se reçoit en héritage, elle s’acquiert, elle se cultive, c'est ce qui sépare la question de l'identité et la question identitaire, la première « coule de source », la deuxième se revendique de la fontaine, comme on revendique une augmentation de salaire, elle exige tout, l'identité prend, ou reprend ce qu'on lui a prit, sans demander...

 

La question identitaire à une utilité politique, mais cette utilité ne fait pas l'identité et ne permet pas de répondre et de penser la question de l'identité dans toutes ses dimensions et ses intériorités.

 

La hiérarchie des principes supérieurs – des Lois qui régissent ce monde – est d'un ordre qui ne supporte pas la réorganisation politicienne et médiatique des priorités pour des raisons idéologiques ou par réaction métapolitique à des événements mineurs, pour des stratégies d'embrasement ou d'évitement de ce qui doit arriver et qui ne sont pas de notre fait, pour des nouvelles perspectives injustifiées, qui oublient leur rôle et renient le pacte.

 

Le réenchantement c'est une forme d'humilité face aux mystères du monde, c'est la capacité de comprendre, et d'accepter, qu'une part des grands événements nous échappe, est hermétique à toute démarche scientifique, philosophique ou politique. Le complotisme : le réenchantement par internet, élément du néo-souverainisme composite, c’est vouloir et prétendre tout comprendre et tout expliquer même quand on ne le peut pas, c'est refuser « Dieu ». Et, dans cette perspective, la question de l'identité à sa part de mystères que la question identitaire sous-estime. Et que nous devons rectifier, remettre en ordre de marche.

 

Actuellement, il y a deux tendances significatives dans les rangs des dissidences françaises autour de la question identitaire, l'une campe sur une position néo-souverainiste et assimilationniste incarnée ultimement par la ligne « Égalité et Réconciliation », l'autre est la montée en puissance des positions néo-nationalistes et remigrationnistes. Positions néo-nationalistes, ou identitaires, qui recouvrent un large spectre socio-économique et psycho-sociologique, une diversité idéologique que l'on ne retrouve pas dans le camp néo-souverainiste : L'Unité dans la diversité n'est peut-être pas là où on le croit. Internet, par l'effet des recompositions et des innovations, a éclaté l'idée nationale en une myriade de tendances et de sensibilités, dont il faudrait renouveler les catégories, et non pas postposer des étiquettes une fois le produit vendu, et en connaître les contre-indications après consommation. Ce qui doit rester caché s'expose et ce qui doit le cacher est transparent.

 

Dans la sphère de la Dissidence, les positions « identitaires », nationalistes et remigrationnistes, sont incarnées par différents mouvements et personnalités comme Philippe Ploncard d'Assac (doctrinal), Alain Escada (catholique), Vincent Vauclin (préférencialisme), Laurent Ozon (écologie profonde ; ou intégrale), Julien Rochedy (pragmatisme communautaire), Henry de Lesquen (conservatisme libéral), Alain de Benoist (non-conformisme), Gabriel Adinolfi (fascisme), etc...

 

Il y a une tendance que l'on pourrait qualifier de paléo-conservatisme « à la française » incarnée par Maurice Gendre, Michel Drac ou encore Pierro San Gorgio, c'est-à-dire une pensée identitaire davantage européenne que nationaliste, qui traduit, explique et s'inspire des auteurs de langue anglaise, qui fait le trait d'union entre le monde des idées français et le monde des idées « anglo-saxon », et qui est à l'avant-garde du « survivalisme identitaire ».

 

Il y a la tendance très agressive d'un post-gaullisme très républicain pour ne pas dire ultra-jacobin – au sens historique et classique des termes et recompositions – incarnée par Pierre-Yves Rougeyron et, par extension, le « noyau dur » du Cercle Aristote et des éditions Libres dont il est le porte-parole dans des entretiens mensuels traitant de l'actualité sur fond d'histoire des idées politiques et, je dirais, de philosophie du droit. Cercle Aristote qui rassemble le temps des conférences qu'il organise et qui reçoit dans ses colonnes des intellectuels venus de la « société civile » et des « corps constitués » en « dissidence », pour le dire simplement. Brièvement, je suis souvent en désaccord avec les orientations idéologiques et géopolitiques ultimes exprimées par Pierre-Yves Rougeyron, assez d'accord sur les constats qu'il peut dresser, avec toute l'humilité qu'il convient car je n'ai pas sa formation et ne fournit pas le même travail. Je laisserai chacun appréhender et requalifier cette « tendance identitaire », que l'on pourrait placer grossièrement à l' « extrême droite » du néo-souverainisme ou à l' « extrême gauche » des néo-nationalismes pour essayer de la situer. Cette « famille politique » se distingue par son ambition et il faut saluer son travail, à ce propos, je vais m'enquérir du Perspectives Libres sur « La France et la Mer » et me rattraper en prenant le numéro précédent : « Stasis : penser le chaos », dont la conférence de Pierre-Yves Rougeyron m'avait inspiré. Cela dit, la ligne métapolitique se veut « menaçante » et parfois assez méprisante envers le camp national, l'on retrouve cette ambiance particulière à l'UPR, le parti de François Asselineau : le Philippe le Bel de Bercy. Si je devais exprimer ce qui n'est qu'une intuition, négative, vis-à-vis de cette forme de gaullisme et par rapport à mon orientation eurasiste, je dirais qu'il s'agit d'une caricature contre-productive du gaullisme, d'une gauche dure et militariste, versatile, coupeuse de têtes, ce que j'avais conceptualisé comme un « petit gaullisme anachronique » en opposition à l'idée d'un Grand gaullisme continentaliste. Clairement, je me méfie de cette tendance et des militaristes « patriotes » (pour ne pas dire « gauchistes ») qui l'entourent... En miroir de cette tendance, il y a le néo-pétainisme (tout aussi anachronique et caricatural selon moi) d'Adrien Abauzit, à qui j'ai reprit le concept de « nouvelle opinion publique », rendons à César...

 

Il y a les mouvements, groupes et personnalités identitaire que je qualifierais, d'un point de vue contemporain, d' « historique », que je connais finalement moins, comme le Bloc Identitaire, le Parti de la France et de nombreux autres dont je ne ferai pas la liste ici, la tendance « solidariste » de Serge Ayoub par exemple.

 

Il y a le socialisme révolutionnaire européen – une forme de socialisme authentique et de situationnisme pragmatique qui assument la question de l'identité – incarné par le magazine Rébellion que l'on pourrait classé parmi les non-conformistes comme le Cercle Non-Conforme (Jean,Rudïger,etc) ou Méridien Zéro (Pascal Lassale,Arnaud de Robert,etc), à la différence que le CNC et MZ se revendiquent clairement de la « Troisième Voie », et incarnent un non-conformisme français et identitaire, tandis que l'OSRE incarne une version plus « internationaliste »... En l'absence d'un Eurasisme européen, le non-conformisme est une des voies « identitaires » les plus intéressantes, à la fois théorique/pratique/critique, cela dit, si je me sens assez proche de cette sensibilité, la question ukrainienne et la non-reconnaissance de l'Eurasisme comme Quatrième théorie politique nous sépare, entre autres choses métalliques...

 

Il y a les « maurassiens » et les « royalistes » de l'Action Française, ou ceux du Lys Noir.

 

Il y a une tendance païenne et sublimement fanatique, charnelle, incarnée par Jean-Paul Bourre, qui est subtilement métapolitique, prophétique, louvoyante.

 

Il y a une tendance « archéo-futuriste », littéraire, incarnée par Guillaume Faye et feu Dantec ; présent !

 

Il y a le point de vue extérieur d'Aldo Sterone, qui représente également une forme de tendance identitaire de non-français qui aiment la France et encouragent les français à réaffirmer leur identité.

 

Il y a une tendance eurasiste possible, souhaitable pour une diplomatie souterraine et d'avant-garde avec la plus Grande Russie, mais qui n'est pas clairement et nettement incarnée dans les mouvements prérévolutionnaires français identitaires ou néo-souverainistes. Position eurasiste qu'incarne Alexandre Douguine pour la Russie et qu'incarnerait Laurent James, Robert Steuckers ou quelqu'un comme Constantin Parvulesco pour la France. Cela dit, bien que le « néo-eurasisme » soit dénigré par les avant-gardes dissidentes et identitaires, qu'il n'est pas porté par des groupes identifiables et des militants déclarés, ou à la marge, on peut ressentir son influence sur certains intellectuels et dans certaines élites, dans certaines réorientations opportunes, souvent parfaitement arrivistes dans les milieux « catho-tradi » ; la géopolitique est ténue... Et l'hiver vient !

 

Le camp néo-souverainiste revendique sa part du combat identitaire (républicaine, démocrate et laïque) et a amené beaucoup de patriotes au camp national, il est vrai, voir à des positions identitaires dures, mais aujourd'hui, la ligne de fracture est entre les assimilationnistes et les remigrationnistes.

 

Quoiqu'il en soit des différentes positions et tendances en présence dans les dissidences françaises et sur les réseaux sociaux au sujet de l'identité et de la question identitaire, il n'en reste pas moins que la tendance la plus phénoménale est l'existence et la montée en puissance d'une tendance « ethnodifférencialiste » et « racialiste », voir « suprémaciste », que l'on pourrait qualifier de « racisme assumé », ou décomplexé, et revendiqué comme tel, actuellement incarnée par l'hyperactif Daniel Conversano (Vive l'Europe !, Suavelos, Radio Melon, etc) et par Boris le Lay (Démocratie participative) exilé au Japon car condamné en France pour ses idées ; deux courants d'une même tendance qui illustre la « nouvelle question identitaire » mais qui, avec les mêmes outils, l'aborde différemment.

 

Cette tendance populaire du post-nationalisme se veut provocatrice à l'extrême, sans être dénuée de fond. Elle se veut aussi pédagogique, au sens d'un électro-choc. Elle s'adresse particulièrement aux « jeunes » en utilisant les réseaux sociaux et les codes du « trolling », cette nouvelle famille de pensée se décline sous différents formats, audio-visuels pour l'essentiel, mais aussi des articles, et agit sur le monde des commentaires. Ce phénomène internet, et qui peut paraître marginal, est en phase avec le mouvement populiste que l'on peut observer dans la sphère occidentale et que plus personne ne peut ignorer, qui selon certaines analyses est strictement identitaire et expliquerait le Brexit ou la victoire de Trump... Si la tonalité et les propos peuvent choquer, cette tendance existe et se renforce, elle n'est pas faite pour trouver une expression politique-politicienne et ne prétend pas élaborer de théorie politique, cependant, si cette tendance est née sur internet, elle développe des projets concrets, comme l'idée de « villages nationalistes ».

 

Historiquement, étaient appelés « nationalistes » ceux qui se dressaient contre la République (par les « francs-maçons ») et qui ont reprit cette appellation à leur compte, ce qui, d'après moi, explique une partie du problème philosophique du Nationalisme, de se définir uniquement et exclusivement par rapport à et contre dés ses origines idéologiques et politiques. Aujourd'hui, sont appelés racistes ceux qui se dressent contre « Big Other », et qui reprennent cette appellation à leur crédit, ce qui, par extension et filiation, explique le problème de la métapolitique néo-nationaliste dans ses franges les plus extrêmes et spectaculaires.

 

On citera les médias de la réinfosphère comme Radio Courtoisie, TVLibertés ou encore Fdesouche comme exemples de nouveaux médias qui assument leur part de néo-nationalisme et du combat identitaire.

 

Il y a également Meta.tv et son maître de cérémonie, Patrick D'hondt (Tepa), qui développe une position identitaire de gauche intéressante à plusieurs titres, qui a cette volonté de passer de la dissidence à la résistance...

 

Les européens en général et les français en particulier sont des peuples politisés. Certes, le système politico-médiatique déforme davantage la réalité qu'il nous informe sur le réel. La « neutralité axiologique » des journalistes – des troupes d'occupation mentale – se traduit par la propagande unique et exclusive de l'idéologie atlantiste sur tous les sujets. La réinformation sur internet a ses limites. Mais dépassons la critique avancée que nous pouvons faire des médias et considérons l'idée de « nouvelle opinion publique » (en précisant qu'il s'agit d'une opinion « occidentalisée » : qui a accès à internet, c'est-à-dire, à la technologie occidentale et l'énergie peu chère).

 

La « nouvelle opinion publique » est globalement exaspérée par le « politiquement correct », mais elle est aussi précisément lassée par l'idée de la repentance éternelle aux sujets de l'esclavagisme, de la colonisation et de la Shoah. Cette lassitude ne doit pas nous faire oublier l'actuelle ingérence de nos élites qui explique partiellement l'invasion migratoire comme cette ingérence démocratique ne doit pas nous rendre aveugle sur la réalité de cette grande lassitude et de sa légitimité.

 

J'entendais Alain Soral débattre avec son camarade Félix Niesche dans une émission autour de l'élection de Donald Trump, à savoir s'il s'agissait d'un vote de classe ou d'un vote identitaire, Alain Soral privilégiait la première hypothèse, Félix Niesche défendait la seconde. Ne nous y trompons pas, il existe bien une sociologie de la « nouvelle opinion publique », la classe des déclassés, mais de fait, surtout aux états-unis, c'est une classe socio-économique majoritairement blanche, le vote des minorités en faveur de Donald Trump reste faible, mais il faut noter que les minorités ne se sont pas mobilisées massivement contre Trump, les minorités sont plutôt en phase d’ascension sociale que de déclassement et dans le système « inégalitaire » mais « méritocratique » étasunien Trump est un exemple de réussite, de ce qu'on appel le rêve américain. Sur le papier, il est donc difficile de privilégier une hypothèse, et je ne pense pas que les sondages et les chiffres puissent trancher cette question. Je pense que c'est l'exacte synthèse des deux hypothèses qui explique le réveil des peuples européens au-delà du Brexit et de l'élection de Trump, il faut apprécier ce réveil à sa juste valeur et ne pas bouder son plaisir mais il faut garder du sang froid dans nos analyses et dans notre volonté d'être, ou de participer, à l'avant-garde métapolitique de toutes les dissidences. Nous devons rester critiques, nous connaissons la capacité du système à retourner l'opinion à sa faveur et sa résilience dans l'effondrement : Gouverner par le chaos.

 

Le réveil des peuples européens est identitaire, nul doute là-dessus. Bien entendu, on ne peut pas le prouver avec des « preuves factuelles ». Le réveil des peuples européens est identitaire dans les faits, déjà parce que les souches européennes sont encore majoritaires en Europe, pour percer le secret des urnes ou de l'abstention il faudrait pouvoir sonder les cœurs et les reins. Les néo-souverainistes, les dissidents assimilationnistes, veulent bien croire à la « nouvelle opinion publique » mais pas au concept (beaucoup plus solide selon moi) de « majorité silencieuse », au-delà de la guerre entre le mainstream politico-médiatique et la réinfosphère, il y a bien une guerre entre la sphère du virtuel et le pays réel qui se fait jour : « La France contre les robots »... On surestime le rôle d'internet et des réseaux sociaux, le bon sens paysan n'a pas attendu Twitter pour exister et faire son œuvre, il a fait de la France un jardin, et a montré les fruits de son génie, de son magistère. Les néo-nationalistes et les dissidents remigrationnistes, se reposent sur la réinfosphère et ne travaillent pas assez sur une synthèse possible, pour eux, ils ont déjà gagné, tout en cultivant un certain pessimisme parce qu'habituer à « échouer vainqueur »... Encore une fois, personne d'entre nous n'a le pouvoir de déclencher ou le contre-pouvoir pour éviter une « guerre civile », d'empêcher la « répartition », il y a le principe de réalité de l'ennemi qui nous désigne, en tant que peuple, nous devons désigner l'ennemi qui nous désigne, tous les ennemis, d'un côté comme de l'autre, il ne faut pas donner le bâton pour se faire battre et je ne peux que me répéter, il est temps de passer à l'auto-critique, de faire synthèse et de passer aux travaux pratiques, les communistes avaient le communisme, les fascistes le fascisme, les nationaux-socialistes le nazisme, qu'avons-nous à opposer au Libéralisme triomphant ? Le bataillon Azov ? Des journalistes, des avocats et des humoristes ? Mon drapeau est noir ; ma bannière solaire !

 

Quand on prétend s'essayer au monde des idées et à un exercice métapolitique radical, il n'est pas question de se justifier ou de juger, mais de signifier et rectifier.

 

J'écoute, je lis et je parle à tout le monde de nos camarades potentiels. Dans cette perspective, je ne ressens pas le besoin de me positionner par rapport à ou de me désolidariser d'un Daniel Conversano ou d'un Boris Le Lay, de ne pas les citer ou de faire semblant que je ne les écoute pas, qu'ils n'existent pas. Après s'être infliger un clip de rap ou une émission d'Hanouna, les provocations de Daniel ou de Boris sont de bonne guerre, si je puis me permettre, il est insupportable que des « dissidents » qui n'ont que « liberté d'expression » à la bouche jouent les vierges effarouchées quand on cite l'un ou l'autre.

 

Comme eux, je m'inquiète pour l'Europe, pour la France, et, en ce qui me concerne, pour mon petit pays, la Belgique. Je suppose que cette inquiétude est respectable ? Et peu importe la forme qu'elle prend dans le combat auquel elle invite, je pense qu'il faut être dénué de bon sens, d'humour, d’intelligence, ou tout simplement avoir la volonté consciente ou inconsciente de se désigner comme l' « ennemi », comme une « puissance étrangère ». Pour ne pas comprendre, ou faire semblant de ne pas comprendre cet état de fait, le fond véhiculé par les dissidences qui ont choisit la question de l'identité comme prioritaire devant la question de la souveraineté, dont les formes métapolitiques sont discutables, il faut être con ou jouer au con. Après tout, on a rigoler aux provocations du breton Dieudonné, on peut rire aux provocations du breton Boris le Lay, mais il y aurait-il un humour et une liberté d'expression à géométrie variable au sein de la Dissidence ? En attendant le « celte-noir » Dieudonné n'a toujours pas été envoyé en prison quand Boris Le Lay est en état d'exil politique.

 

Alors, disons-le clairement, il est plus confortable intellectuellement et politiquement d'être uniquement et exclusivement néo-souverainiste et « patriote », quand on est fils d'immigré ou métisse, extra-européens, de refuser la question de l'identité et de rejeter le camp national. Je ne suis pas dans cette « situation » qui apparaît le plus souvent conflictuelle (notamment celle des binationaux), et je n'ai pas de solution toute faite pour mes camarades dans cette situation. Je comprend le malaise identitaire que provoque cette situation de déracinement, car cela, même un « petit blanc » peut le comprendre, et je ne voudrais pas être dans cette situation en plus que d'être, par défaut, déraciné. Mais la question de la souveraineté et la question de l'identité vont de paires, elles sont intimement liées. Et, ceux qui se sentent concernés, qui sont dans cette situation, et qui ressentent un éventuel malaise vis-à-vis d'elle, se doivent de trouver leurs solutions pour dépasser ce malaise, transcender cette situation. Nous autres, dissidents, nous ne pouvons pas éviter la question de l'identité, et ce, dans toutes ces dimensions, dont sa dimension ethnique, nous ne pouvons pas ignorer notre peuple, rejeter notre civilisation pour satisfaire l'idéologie néo-souverainiste qui ne dit pas son nom.

 

Quand j'étais adolescent, la « diversité » passait son temps à se vanner sur ses différences ethniques, culturelles et avait tout à fait conscience de ces différences. La « diversité » n'était pas antiraciste au sens idéologique et du militantisme qui va avec, elle ne pensait pas l'antiracisme, et elle ne souffrait pas du politiquement correct, elle était « antiraciste » quand ça l'arrangeait, ou encore par camaraderie, loyauté. Ceux de ma génération comprennent très bien ce que j'exprime ici. La « génération sacrifiée » se sent étrangère dans son propre pays, et pour cause...

 

Je ne sais pas exactement comment « diversité » et « altérité » s'articulent aujourd'hui chez les jeunes. Que la « diversité » doive accepter ce politiquement incorrect de la part de l'autre, de l'identitaire, est la moindre des choses, et elle le fait en partie, par contre, la « diversité » est par définition complexe et elle n'est pas une masse informe de « gauchistes » comme on aimerait à le faire croire pour justifier ses offenses.

 

Les idéologues de l'antiracisme sont des saloperies de soixante-huitards sur la fin et des petits cons à qui nous distribuions des claques quand nous avions vingt ans et qui sont devenus de parfaits bobos. J'ai des souvenirs précis de bagarre avec des « gauchistes mentaux » justement à cause de cette lourdeur du gauchisme qui prend la « diversité » pour ce qu'elle n'est pas, c'est-à-dire sa petite copine, son service d'ordre, sa caution spirituelle, sa légitimité du combat sociale, etc. Les quelques et rares fois où nous nous sommes bagarrés avec des « identitaires », dans des fêtes de village essentiellement, et bien, pour être honnête, c'est eux qui le cherchaient, les trois-quart du temps nous ne comprenions pas ce qu'ils nous voulaient, nous les respections dans l'adversité et nous comprenions qu'ils étaient chez eux comme nous chez nous, les victoires et les défaites étaient partagées, nous ne nous vengions pas et passions rapidement à autre chose, nous n'étions pas dans la romance skin/antifa et je pense que les « identitaires » avaient du mal à le comprendre, il y avait des « identitaires » parmi nous, pas la caricature du skinhead, bien que, mais disons que nous ne nous laissions pas insulter de « sale race » quand cela était dirigé pour être une insulte et le « parisien fragile » n'existait pas, en bref, nous ne passions pas notre temps à traiter les gens de racistes et de vivre dans cette dualité racisme/antiracisme, la vie et la quête d'identité ne se résument pas à la question identitaire. Je me souviens aussi très précisément, anecdotiquement, de conversations dans des soirées ou autres festivals avec des identitaires au racisme plus ou moins assumé qui ne tournait pas au vinaigre et ne finissaient pas en bagarre. Je me souviens très bien que ma bande de potes et moi-même où existait cette « diversité » n'était nullement « gauchiste », nous n'étions pas politisés, les seules fois où nous parlions du FN c'était pour le faire rimer avec « haine » dans une chanson de rap, et la plupart de mes potes toutes origines confondues n'étaient pas plus fans de rap que de Nirvana ou Guns'n'Roses... J'avais entre quinze et vingt-cinq ans, j'en ai trente-six, ça n'est plus la même époque, certes, mais il faut recadrer certaines choses, éviter certains fantasmes, les « identitaires » pourraient s'annihiler certains de leurs compatriotes comme moi, tout simplement parce que l'excès de caricatures peut refroidir les gens qui aiment la subtilité sans pour autant nier le réel. Je refuse le chantage « avec ou contre nous » des identitaires les plus offensifs, je ne suis plus un enfant, et ce chantage, quelque part d'ordre affectif, est ridicule, à combat noble digne méthode.

 

Je pense que Soral avait raison hier et que Zemmour a raison aujourd'hui : que le souverainisme est dépassé et que la question d'avant-garde est celle de l'identité. Alors oui, Zemmour peut défendre sa position à la télévision et Soral ne le peut pas, ce qui ne veut pas dire que Zemmour ait tord et Soral raison, il suffit de voir comment Zemmour est traité dans les médias qui n'arrivent pas à s'en débarrasser, Ruquier avait dit qu'il regrettait d'avoir donné la parole à Zemmour aussi longtemps, ce qui résume assez bien la pensée profonde du mainstream à son encontre. Je préfère Soral à Zemmour, non seulement sur le plan des analyses, mais aussi sur celui de la légitimité, mais la question n'est pas de savoir ce que je préfère, la question est de savoir qui a l'analyse la plus froide à l'instant T, quand c'est nécessaire. On peut regretter que les propos décomplexés de Zemmour contre l'Islam ne soient pas contrebalancés par le droit de tenir les mêmes propos contre le judaïsme (l'affaire Poisson en témoigne), mais est-ce le fait d'Eric Zemmour ? Je ne le pense pas. Est-ce la faute d'Eric Zemmour si les musulmans qui prennent la parole dans les médias sont des catastrophes ambulantes ? Je ne le pense pas. Est-ce la faute d'Eric Zemmour si une critique de l'Islam s'enracine durablement dans le pays réel de la France périphériques des invisibles et des banlieues oubliées ? Je ne le pense pas. Dites moi si je me trompe... En outre, la capacité de nuisance du réseau sioniste s'exprime à un niveau supérieur de l’appareil étatique, mais combien sont les juifs et combien sont les musulmans en France ? Vous voyez, on ne peut pas comparer la nuisance discrète des élites juives et la nuisance des antiracistes, racailles et terroristes assimilés à tord ou raison, de près ou de loin, à l'Islam ou l'immigration, et qui, pour le coup, est ostentatoire, quotidienne.

 

Mais revenons à un propos plus général et avançons.

 

J'ai d'abord essayé le « Nous » par l'exercice d'une Critique positive de la Dissidence et j'ai ensuite proposé à des militants du quotidien – qui avaient nombres de griefs contre la Dissidence – de dépasser le néo-souverainisme – l'idéologie objective de la Dissidence qui ne dit pas son nom mais qui agit, que l'on pouvait justement nommer par cet exercice, et par cet exercice uniquement – par la perspective d'un Eurasisme européen. Dans ce cadre, si je me dois de remercier des camarades (qui se reconnaîtrons) pour leur accueil de qualité et leurs relais précieux, je n'ai pas rencontré d'altérité, souverainiste ou identitaire, de solidarité, dissidente ou nationaliste, de franche camaraderie et de loyauté à toute épreuve, pour accomplir ce travail collectif qui me semble encore d'actualité et fondamental, et qui ont continué à me relayer, ou relayer les idées eurasistes...

 

J'ai veillé à mettre le moins de ressentiment personnel dans ce combat, je continuerai à le faire, qu'il soit juste, comme j'ai continué à écouter sans amertume tous ceux à qui j'ai soumit telle ou telle petite chose et qui ne m'ont jamais répondu, ne fusse qu'à titre de réception ; mais je remarque que ça n'est pas le cas de la plupart de mes camarades qui sont soit dans la thérapie de groupe soit dans le combat de tous contre tous, qui est une guerre contre le vide, beaucoup de militants ne s'inscrivent pas dans une démarche métapolitique de combat, où ils ont une part active ; et ce, des deux côtés de l'échiquier identitaire, si je puis dire.

 

La question de l'identité n'est pas une question comme les autres. C'est la question qui comprend toutes les autres, en réalité, ça n'est pas une question, c'est la quête des origines, de l'origine au sens le plus essentiel, de l'origine du Temps, du Monde et de l'Homme. C'est la mère des principes. La question sacrale de laquelle toutes les questions principielles sont descendues, et dont les réponses verticales ont fait les traditions, les cultures, les civilisations... La question de l'Identité et de son Principe, c'est très directement la question métaphysique de la Race intérieure ; fabuleuse, que les provocations, les extrêmes et les pragmatismes étouffent sourdement.

 

La question bassement politique-politicienne qui se pose aujourd'hui est circonscrite à des dimensions bien précises de l'identité, enchaînée à un contexte socio-économique, c'est une question identitaire dictée par la post-modernité pour la post-modernité vers une identité post-moderne, hybride. Identité post-moderne que les eurasistes refusent en « attendant » le Minuit cosmique et l'avènement mariale de ce qu'il est désormais autorisé d’appeler l'Anarchisme solaire. Loin des provocations sur internet me direz-vous, mais chacun son rôle, n'est-ce pas ?

 

Pour parler de l'identité sur un plan métapolitique et de l'actualité politique, on est donc obligé de la circonscrire à ce contexte, et ce limiter à ce qui se dit dans ce contexte, on a pas d'autre choix que de partir des débats existants et d'accepter le niveau des débats, ou l'absence de débats, et à vrai dire, ça n'a plus rien de passionnant, ça devient énervant, même épuisant, et se révélera vite lassant pour le militant à contre-courant...

 

La question de l'identité est enfermée à double tour dans la question identitaire et, à partir de là, on ne sait pas faire grand chose pour y répondre.

 

La question de l'identité est prisonnière de trois travers principaux des « dissidences », de se définir par rapport à l'antiracisme (ou aux juifs progressistes) et au système politico-médiatique, de se définir par rapport aux identitaires (ou aux juifs sionistes) et aux idéologies politiques du XXème siècle, de se définir par rapport à l’État Islamique (ou aux juifs orthodoxes) et à l'actualité des « flux migratoires ».

 

Je ne vois pas comment on peut reconstruire son identité et se ré-enraciner à partir de là, on ne se construit pas avec une chose qui est, par définition, contre l'identité, comme on ne se construit pas que contre cette chose qui est contre l'identité, et concrètement, on ne se construit pas de réinformation et de complotisme non plus, je pense que tout le monde peut être d'accord là-dessus s'il y réfléchit : on ne se reconstruit pas par rapport à quelque chose. Le ré-enracinement par rapport à a peu de chance d'aboutir à une floraison et revoir un printemps... Et peu importe d'avoir raison sur le constat global, j'insiste.

 

La question de l'identité étant prise en otage par les « français par rapport aux juifs et musulmans », nous reste une question vaguement identitaire à laquelle essayer de répondre... Parce que la question de l'identité, qui est une chose précieuse pour tous les peuples, est déplacée avec légèreté par ceux censés la porter avec Force et Honneur.

 

Après cette longue contextualisation et introduction, cette partie sera très synthétique « par rapport à » ce qu'elle aurait pu être, et j'espère que c'est assez clair comme cela pour établir dans quel domaine je circonscris mon travail depuis ces cinq dernières années !? Ce qui me prend toujours beaucoup de temps, d'expliquer ma démarche, car aujourd'hui, beaucoup de militants ne supportent pas, ou ne comprennent même pas, la notion d'auto-critique, que l'on puisse être dans une démarche et un travail différents que leurs têtes d'affiche, pourtant, la Dissidence n'a de résultats que ceux qu'elle s'attribue.

 

Dernière et importante précision, je parlais plus haut de « débat », mais il faut prendre conscience qu'il n'y a pas de débats contradictoires dans la Dissidence. Non seulement néo-souverainistes et néo-nationalistes prennent cette question miraculeuse de l'identité en otage, par pure dialectique, mais en plus, les différents cercles ne débattent pas entre eux, font semblant d'être d'accord, alors qu'ils ne le sont pas, ou font semblant de débattre, et préfèrent combattre des abstractions, des chimères, faire des allusions, se « menacer » par vidéos interposées, et je ne sais même pas si ça vaut la peine d'y revenir sans devenir désagréable, mais il est temps de passer à un « vrai » débat, de grès ou de force, la catharsis par la pensée magique : c'est fini ! C'est fini parce que l'espèce de baratin qui consiste à nous expliquer que l'on ne doit pas débattre de certaines questions pour éviter de se disputer et que ça se voit, au nom du souverainisme et de sa cause, ne prend plus et c'est raté, on ne voit que ça. Il ne prend plus parce que si cette « stratégie » a eut un jour un sens, et, pour ma part, j'ai toujours signifier qu'elle n'en avait pas et était une supercherie « antiraciste », cette stratégie n'a plus de sens à partir du moment où la question de l'identité a supplanté la question de la souveraineté et où les torchons brulent entre les assimilationnistes et les remigrationnistes, ce clivage n'est pas nouveau et a toujours été central, chacun pense tirer son épingle du jeu car tous espère une vacance du pouvoir, en attendant, le statu-quo peut régner (pour des stratégies qui se veulent subtiles mais se voient comme un éléphant dans un magasin de porcelaines), et c'était une mauvaise stratégie, qui dure depuis une quinzaine d'année. Baratin que l'on retrouve autant chez Soral que chez Asselineau, mais aussi chez Rougeyron, même chez les non-conformistes, et qui met la question de l'identité sous le boisseaux... Les militants en prendront conscience et y verront une trahison, ça les aura empêcher de comprendre certaines choses et de faire certains choix à certains moments. Cette stratégie ne profitera qu'au camp néo-souverainiste et la violence contenue par et dans ce baratin éclatera d'une seule fois, d'où l'utilité des débats, pour des gens qui veulent « éviter » la guerre civile, c'est idiot, ou, au contraire, une subversion.

 

Pour terminer, il serait vraiment maladroit et gauchiste de snober ou de se moquer du réveil des peuples européens, des blancs qui trouvent aujourd'hui dans la race caucasoïde un dénominateur commun pour se défendre contre le Libéralisme triomphant quand Soros finance le Black Lives Matter et après tout ce que les cosmopolites de son espèce ont fait pour nous déraciner, nous dissoudre. Il serait tout aussi maladroit et gauchiste d'abandonner la question de l'identité à sa dimension raciale unique et exclusive.

 

Chimères identitaires : ré-enracinement, problème de l'opposition racisme/antiracisme et des dissidences assimilationnistes

 

Les antiracistes militants et les identitaires engagés, qui comprennent des français de souche et des français de branche en quête d'identité, partagent, peu ou proue, un problème d'identité similaire, ou issu du même « malaise identitaire », dont la source et la cause primordiales sont le déracinement.

 

Les réponses qu'ils apportent à la question identitaire et au déracinement se résument par l'idée de la reconstruction virtuelle d'une identité chimérique, orgueilleuse, de pure frime. D'un avatar du grand jeu vidéo de gestion de la démocratie en ligne et des réseaux sociaux.

 

L'autre est bon par nature, le blanc est mauvais par nature. Le blanc est supérieur par nature, l'autre est inférieure par nature. C'est le même double travers.

 

Le nœud gordien de la question de l'identité est le problème de l'idéologie antiraciste dans ses déclinaisons et recompositions ; le satanisme bien comprit. Tant que l'on a pas trancher ce nœud, on ne peut pas aborder la question de l'identité sereinement. Je peux donc difficilement être entendu par ceux qui n'ont pas couper le cordon ombilical avec cette idéologie mortifère.

 

La question de l'identité devient « question identitaire » quand nous la pensons sur la base de l'opposition racisme/antiracisme.

 

Synthétiquement :

 

L'idéologie antiraciste consiste à la déconstruction de l'identité, de l'identité distincte et multidimensionnelle, de la définition traditionnelle de l'identité, pour la construction d'une uniformité, la construction d'une identité unidimensionnelle et indistincte, d'une définition postmoderne de l'identité compatible avec le mondialisme cosmopolite.

 

Une déconstruction de l'identité par fragmentation hydraulique. Une fragmentation de l'identité par le dynamitage des connexions entre ses dimensions ; dimensions multiples de l'identité coupées de leurs complémentarités, des identités isolées, en « circuit fermé », malléables, des parts de marché, une dimension particulière érigée en « tout de l'existant identitaire », en minorité tributaire.

 

Quand on ne peut pas pirater, fragmenter, dynamiter, on arrache et on remplace, à la dimension se substitue le genre. Pour les antiracistes, l'arabo-musulman est un genre unique et exclusif. Les identitaires reconnaissent les dimensions de l'identité « arabo-musulmane », ce qui est une forme de respect dans l'adversité.

 

Ainsi, l'on découvre que les antiracistes sont obsédés par la définition biologique de la race (identité raciale) et par l'acte sexuel dans ses pratiques marginales (identité sexuelle), puisque c'est ces dimensions de l'identité qui les intéressent particulièrement dans leurs combats et revendications, les antiracistes ne sont finalement militants que d'une forme raciste et sexuelle d'une politique de métissage totalitaire et mortifère, d'une définition génocidaire, fratricide et suicidaire de l'assimilation/intégration/injection/répartition/soumission de populations extra-européennes en faveur du mondialisme, du Libéralisme triomphant. L'antiracisme est une inversion accusatoire.

 

Leur obsession du racisme selon leurs propres critères et définitions ne révèle que leur obsession de la dimension raciale de l'identité et de la dimension épidermique de la race. Concept de « race » qu'ils ne comprennent pas n'ayant aucune forme de vie intérieure. Leur obsession des particularismes sexuels ne dévoile que leur obsession et fantasme sexuels « sadomasochistes ». Les antiracistes sont des racistes intégraux et des obsédés sexuels. Leur reconstruction identitaire s'établit donc par rapport à et contre tout ce qui fait une identité complexe sur la longue durée.

 

L'idéologie antiraciste est une idéologie marchande, ethnomasochiste et pornographique.

 

Très synthétiquement :

 

Les français de branche qui se questionnent sur leur identité – la question ne se posant pas pour ceux qui sont eux-mêmes –, à défaut d'être assimilés ou de se sentir assimilés, d'assimilation possible ou de volonté de s'assimiler – et s'assimiler à quoi ? –, se reconstruisent une identité faite de « la nostalgie des choses que l'on a pas connu » – vertu singulière du 5ième Empire –, du pays, de la culture, de la langue et de la religion d'origines de leurs parents, ce qui est sain et nécessaire, pour se connaître et faire des choix, mais pour x raisons, fossé se creusant, ils regardent vers ces proches origines et en « oublient » leurs présentes racines...

 

Ils sacralisent ce qui nous reste quand on a plus rien : la Patrie ; là où nos ancêtres sont enterrés depuis des temps immémoriaux.

 

Une patrie inconnue et mal comprise, et cela même s'ils ont une certaine idée de leur pays d'origine, tout simplement parce qu'ils n'y vivent plus, n'y vont plus ou ne l'ont même jamais vu, n'ont plus aucuns liens charnels avec elle, et n'y retournent pas. La « patrie » a parfois bon dos.

 

Parallèlement, pour toutes sortes de raisons liées à l’éducation et la personnalité, des français de branche, qui généralement sont ceux qui connaissent réellement leur origines, connaissent parfois nos paysages, notre langue et notre culture davantage que nous-mêmes, français de souche et, par extension, que certains identitaires, j'ai bien dit « parfois » et « certains », mais la rareté ça compte, c'est précieux pour trouver des interlocuteurs éclairés, et pourquoi ne pas le dire ?

 

L’islam a ramener des croyants européens au christianisme, j'en ai été le témoin probe, je tenais à le souligner, et je pense que c'est plus sain de revenir à sa religion originelle par la grâce d'une autre religion justifiée que contre une autre religion ou philosophie, nous qui sommes déracinés et la « génération sacrifiée », étrangers dans notre propre patrie, nous pouvons comprendre que la quête d'identité et que la question de l'identité sont souterraines et passe par des chemins de traverse, des sentiers perdus...

 

Une quête d'identité ne peut pas être « raciste » ou « réactionnaire » (selon les définitions superficielles et du mainstream politico-médiatique et de la réinfosphère) ; on obtient rien par le rejet systémique et systématique, on repousse le problème, encore une fois, on ne se construit pas contre quelque chose mais au nom d'une mémoire, d'une tradition. Les périphéries intérieures et les bordures extérieures sont importantes, elles définissent les frontières objectives entre la question de la souveraineté et la question de l'identité.

 

Conclusion :

 

L'idéologie antiraciste barre la route des sentier perdu vers un retour aux sources et à l'être.

 

Les français d'origine étrangère extra-européenne, inassimilés et dans un certain malaise identitaire, se détestent autant que le « petit blanc » à la « haine de soi », parce qu'ils sont français selon les termes de l'idéologie antiraciste. Seulement, ils ont une fenêtre ouverte sur une autre civilisation qu'ils ressentent d'une façon ou d'une autre, et qui elle ne se déteste pas.

 

Les fils d'immigrés revendicatifs sont des « identitaires asymétriques », en devenir, et c'est dommage que les identitaires sérieux ne le perçoivent pas, ou pas davantage...

 

Les identitaires déracinés sont dans le souvenir quand il faut s’inscrire dans la mémoire, ils défendent les valeurs modernes quand il faut combattre pour la Tradition.

 

Les antiracistes se reconstruisent une identité chimérique, puisqu'on ne peut pas vivre sans identité pleine et entière, dans la destruction des autres, drôle de conception de l'altérité, et de l'identité qui n'agit pas pour elle, mais envers et contre tout, divisée contre elle-même.

 

On devrait bannir définitivement le mot « antiracisme » de la sphère dissidente et n'utiliser que le mot « ethnomasochisme », parce que l'on peut concevoir qu'une forme de racisme primaire et gratuit existe et qu'elle est parfois bête et méchante, par contre, personne ne peut défendre l'idée d'un génocide organisé ou le suicide collectif d'un peuple au nom et par la volonté de quelques uns, « génocide » ou « suicide » sous toutes leurs formes, par la démographie, l'avortement et le remplacement, par la démocratie, l'ingérence et les bombardements.

 

Les identitaires, par réaction (ce qui est mieux que rien ou que la soumission), à cet ethnomasochisme paradigmatique, surjouent de la dimension raciale de l'identité, la plus directement visible et exploitable, ils focalisent sur le terrain des mœurs et des valeurs, post-modernes et républicaines, parce que le sociétal est le champ le plus accessible d'une culture – mœurs et valeurs qui sont des éléments civilisationnels variables –, le plus directement politique, et finalement s'auto-caricaturent (ce qui est moins mortel que de se suicider), dans la décadence et la postmodernité, ils embrassent la définition d'une identité finissante alors que nous la voulons renaissante.

 

Les musulmans, par sentiment d'injustice ou par vengeance, justifié dans certains cas, il faut le dire, sont dans l'incapacité d'affronter leur problème d'identité sereinement et d'entendre la nouvelle question identitaire, de penser la « remigration », ce qui devient problématique après quinze ans de « dissidence » et de « réconciliation »...

 

Dans les grandes lignes, et même dans le détail, nous connaissons les idéologies qui soutiennent le phénomène de déracinement et leurs promoteurs, corpus idéologique que l'on peut considérer comme une logique du Capitalisme du fétichisme de la marchandise ou comme un complot des forces atlantistes, ou autre, le résultat est le même.

 

Nous connaissons les « commanditaires » ou « coresponsables » des attentats, en tout cas nous avons des indices et des pistes sérieuses, le problème n'est donc pas à chercher du côté du constat que peut dresser et des coupables que peut trouver un identitaire, un musulman ou un dissident dans une critique avancée du monde moderne... Car oui, il y a des coupables et le mal existe.

 

Identitaires résistants et musulmans dissidents, sur une base « traditionnelle » et « traditionaliste », partagent logiquement un même constat ultime, mais ils ne s'entendent pas sur l’interprétation, sur l'origine du mal, et ne trouvent pas de « solutions » communes, ce qui n'est pas une fatalité, et qui peut même s'expliquer, notamment par l'entrisme de l'antiracisme systémique qui n'a pas fini de se dupliquer et de s'infiltrer subversivement. Si les musulmans revendicatifs veulent bien s'arrêter un instant et y réfléchir : le constat global et les théories qu'ils peuvent élaborer n'appellent pas d'autre résolution qu'un réenracinement identitaire, civilisationnel, et ils doivent en parler, d'abord « entre eux », pour développer leur réflexion sans entremise occidentaliste/orientaliste et sans influence atlantiste, pour sauvegarder un esprit d'autodétermination, en parler, et répondre à la question de l'identité, dans toutes les dimensions que recouvre le mot identité – ethnique, culturelle, religieuse, etc –, que faire d'autre ? A ce propos, je souhaiterais qu'un musulman, non pas me « réponde » personnellement, mais, expose sa vision des choses et sa vérité sur la question identitaire, sur la remigration, sur le Front de la Foi, que je puisse la partager et la diffuser en parallèle de mon travail, on a souvent l'impression de crier dans le désert quand on essaye d'aborder ces questions en toute honnêteté intellectuelle, c'est-à-dire sans stratégie pour convaincre ou convertir.

 

Le problème est que l'on cherche en vain une avant-garde musulmane à la fois pleinement « dissidente » et forte d'un caractère traditionaliste avec qui œuvrer – et que les « manipulateurs » doivent tout faire pour étouffer si elle existe ou essaye d'exister.

 

Les avant-gardes musulmanes que j'entrevois sont fort humbles, discrètes et strictement contemplatives. Et pour cause, elle ne veulent pas entrer dans des pseudo-débats théologiques ou apparaître comme des mystiques ; pas plus que nous, et on les comprend. Dans cette perspective, je ne me permettrai pas de les citer et ils décideront.

 

Si cette humilité et cette discrétion, sont forces de dignité et d'assimilation, sont respectables dans l'absolu, les musulmans contemplatifs doivent comprendre, comme tous les traditionalistes, que nous sommes entrés dans une ère d' « ésotérisme révolutionnaire » comme l'a parfaitement théorisé Laurent James, à plusieurs reprises et pas uniquement dans la conférence intitulée comme telle. Laurent James a essayé de donner un sens à l'idée de « réconciliation » qui est restée au stade de « pensée magique ».

 

Je pense que les musulmans contemplatifs et leurs avant-gardes traditionalistes voient qu'ils sont représentés par des musulmans revendicatifs qui portent quelque chose de l'ordre d'une fierté mal placée et d'un prosélytisme ostentatoire, excessif, le prosélytisme d'un islam de marché exubérant, expansionniste, qui est critiquable et qui doit être critiqué par ces avant-gardes, et pas seulement par les laïques, les catholiques et les identitaires qui, c'est de bonne guerre, prêchent pour leur paroisse.

 

Un fils d'immigré de tradition islamique n'est pas par nature un gauchiste pro-palestinien avec un kéfié, ça serait même plutôt l'inverse. Je ne demande pas aux musulmans d'être militant. Tout le monde n'est pas militant. Mais il y a bien des musulmans militants ou revendicatifs, et où sont les musulmans revendiqués d'un militantisme, qui prennent la parole et abordent la question de l'identité ? On cherche avec beaucoup de peine les musulmans qui avancent sur le terrain métapolitique des solutions alors que l'on trouve beaucoup de musulmans qui refusent d'aborder le problème politique de l'immigration et, par extension, celui du déracinement, problème anthropologique, de civilisation, qui mène à la question philosophique de la remigration.

 

Penser la remigration

 

Je ne sais pas pour les autres, mais personnellement, je prends toute la mesure de la situation, je sais que nous sommes indirectement corriger à défaut de nous rectifier, que nous payons pour la politique étrangère de nos élites atlantistes et de ne pas établir de diplomaties transversales suffisamment efficaces et persuasives.

 

La question de la remigration était inscrite dans la critique de l'antiracisme qu'a accélérée la Dissidence et dans la critique du sionisme qu'elle a avancé, s'auto-déclarer à la fois « antiraciste » et « antisioniste » n'a aucun sens politique que le sens de l'humour$µù, la pirouette égalitariste du tout se vaut et du toute chose étant égal par ailleurs, qui consiste à établir une hiérarchie des racismes (le sionisme étant le pire selon les dissidents assimilationnistes), pour justifier son antiracisme, est déjà une forme de racisme selon leurs propres critères et une contradiction incapacitante pour l'ensemble de la Dissidence. Il ne s'agit pas de justifier son antiracisme par son antisémitisme ou son antisémitisme par son antiracisme pour sauver l'antiracisme et par extension le sionisme, mais bien d'en finir avec l'antiracisme et redéfinir le concept de racisme (sa définition actuelle) qui n'existe pas sans l'antiracisme, qui est autre. Je pense que l'effort pédagogique fait autour de la question de l'antiracisme et la question du sionisme est suffisant et que l'on peut passer au deuxième cour.

 

Si le projet mondialiste, atlanto-sioniste, consiste au déracinement des peuples et au métissage forcé, je ne comprends pas pourquoi le sujet de la remigration est tabou et anecdotique dans la dissidence égalitariste et réconciliatrice, par définition, la réconciliation c'est la remigration ! A force de reniement et de contradictions tout cela se transforme en dissidence assimilationniste et remplaciste, en nouvel antiraciste.

 

Le mot « remigration » peut sembler agressif, la remigration est un concept et n'a pas une définition unique et exclusive, différents groupes se sont appropriés ce concept et ont donné leur définition de ce concept. Le mot et le concept de « coopération » ou de « solidarité » sont éculés, usés par la France-Afrique et les ONG. Le mot remigration, sans parler de concept et théorie, ne désigne que le fait de stopper et inverser les flux migratoires, de contrôler les frontières, ce qui est une prérogative pour toutes les Nations, mais voyez-vous, en Europe, on ne peut plus dire les choses simplement.

 

La remigration c'est le fait de ré-immigrer, ce qu'ont fait la majorité des immigrés dans l'histoire, ils sont repartis, l'assimilation a toujours été un phénomène marginal. La remigration traduit l'idée de retour aux sources et de ré-enracinement, et ça ne concerne pas tous les immigrés, fils d'immigrés et de surcroît tous les musulmans. Laissons les hybrides a leurs chimères et extrapolations.

 

Premièrement, ça concerne les immigrés illégaux, la vague d'immigration, de régulation et de regroupement familial économique récents et massifs. Ainsi que les français de branche dans un certain malaise identitaire, qui n'aiment pas vivre en France, et, les étrangers et binationaux condamnés à plusieurs reprises ou pour un grave délit.

 

Deuxièmement, ça concerne ceux qui se sentent concernés, qu'ils soient français de branche ou français de souche, pour des raisons politiques, certes, mais aussi qui, pour des raisons socio-économiques et d'opportunité à l'heure du chômage de masse, y voient une possibilité de créer des entreprises ou d'être salarié pour organiser les systèmes du retour des personnes, des biens et des investissements.

 

L'idée de remigration n'est pas l'essence d'un programme politique, le mot d'un slogan, le fait d'une provocation, mais la proposition d'une forme alternative de la politique étrangère et des relations internationales qui par définitions ne se fait pas sans les étrangers, les immigrés, les fils d'immigrés et en l’occurrence les musulmans ; qui ne se fait pas sans négociations et sans traités.

 

Troisièmement, ça concerne les avant-gardes dans une critique avancée du monde post-moderne qui pour des raisons géopolitiques et philosophiques veulent se ré-enraciner dans leur pays d'origine et aider à son développement, y combattre asymétriquement l'atlantisme, en y amenant leurs bras et leurs cerveaux ; leurs compétences. Ceux qui se sentent impuissants ici et considèrent que cette origine est une chance pour le rayonnement de la France archipelagique, car fondamentalement, la remigration n'implique pas de détester, de renier ou d'oublier la France, mais d'avoir une vision multipolaire pour l'Archipel de la Fin. Je pense à Kemi Seba qui incarne cette démarche d'avant-garde.

 

Quatrièmement et dernièrement, ça nous concerne tous, et nous devons tous définir ce que nous entendons par « remigration ».

 

La remigration est l'expression du déroulé politique à court, moyen et long terme d'un ré-enracinement vers un retour à l'être, c'est un vaste sujet, développer par différents groupes dont Laurent Ozon est à l'avant-garde réaliste et pragmatique française dans les différentes hypothèses de travail proposées et dans la pratique opérative de cette métapolitique d'écologie intégrale qui peut trouver une traduction eurasiste et à laquelle je ne vois pas d'autre inconvénient que de contrevenir au complot « atlanto-sioniste ».

 

D'une certaine façon, les européens doivent également opérer une remigration, une remigration intérieure, retrouver la terre noire de l'Europe européenne sous le béton gris de l'UE israélo-étasunien ...

 

Les « dissidents » qui prétendent que « remigration » signifie « la valise ou le cercueil » sont soit des idiots utiles soit des menteurs hypocrites, dans tous les cas, ils n'ont pas étudié le sujet et c'est intrinsèquement des atlantistes, des esclaves du Libéralisme triomphant ou simplement de bonnes volontés sans visions géopolitiques, ce qui revient au même, ceux qui font semblant que la question ne se pose pas, et pour personne, étant les pires.

 

D'ailleurs, il n'est pas question d'imposer le mot « remigration », le mot lui-même ne compte pas c'est le concept qui importe, et il était sans doute mal choisi à l'adresse des français de branche assimilés et enracinés, un autre concept naîtra, il faut aller au-delà de la provocation et penser qu'elle tient d'une exaspération qui a deux siècles, une provocation qui prend un certain sens dans la crise des migrants et donne une certaine légitimité au concept métapolitique de remigration. On ne peut pas tout reprocher aux identitaires qui ont annoncés cette crise il y a quarante ans, crise qui touchent aussi les fils d'immigrés et qui n'arrangent pas les rapports entre français de souche et français de branche. Les « barbares assimilés » ont joué un rôle dans la chute de Rome, mais l'on sait aujourd'hui que ce n'était pas le premier rôle, que Rome était tombée avant de chuter, et on ne tombe que deux fois. La République peut s'effondrer, la France doit tenir, la Gaule renaître.

 

Si on en entend les déclarations de certains musulmans, ils s'avèrent que ces musulmans veulent s’occidentaliser à tout rompre, au point de renier la question de l'identité pour la concéder aux droit de l'homme, pour se fondre dans l'indistinction, rejeter l'idée de tradition pour s'accorder aux valeurs républicaines, mais dans ce cas, on assiste bien à un phénomène d'hybridation entre islam et mondialisme, et à la volonté de ces musulmans de participer de cet islam hybride, « hipster », cet islam de marché, et, par conséquent, ce n'est pas en tant que musulmans, qu'arabes, qu'étrangers, que fils d'immigrés, que français de branche, que non-européens ou que non-blancs que cette position incapacitante nous poseraient problème, mais en tant que position atlantiste, la question est politique, géopolitique et philosophique, la dimension religieuse et ethnique sont alors très secondaires, en ce qui concerne cette question précise et cas de figure.

 

Les dissidents musulmans se concentrent souvent sur la question du sionisme, mais la question du sionisme c'est la question du cosmopolitisme, c'est la société de l'indistinction, c'est l'idéologie du même, des combats à notre niveau de compréhension... Il n'y a pas de dissidence opérative sans une vision radicale de l'idée de justice sociale qui passe par la question de l'identité avant même la question économique qui repasse par la question de l'immigration.

 

En effet, il faut être dissident et complotiste jusqu'au bout, considérer l'ensemble du problème sans complexes, dénis ou tabous sur les questions qui sont censées fâcher mais qui ne fâchent que ceux qui sont déjà fâchés et ne les fâcheront pas davantage. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de critiquer le système, l’État, de souligner les zones d'ombre des affaires, d'accuser les élites cosmopolites, de se moquer de l'antiracisme ou du racisme (tout en usant des mêmes « éléments de langage »), de parler de souveraineté, de faire de la réinformation, se limiter à dresser des constats de faillite et s'auto-congratuler de résister contre le « Nouvelle Ordre Mondial », contre tout et pas grand chose. Il faut combattre sur tous les fronts quelque soit notre « identité », faire synthèse et trouver des solutions, certes, « arraisonner le réel », mais ça implique de pratiquer une auto-critique constructive et collective, le dépassement du constat de faillite, et où est cette auto-critique et ce dépassement au sein des avant-gardes et de la Dissidence ? C'est simple, nul part.

 

Terrorisme et Front de la Foi

 

Les terroristes et les services ; les exécutants et les commanditaires, n'en n'ont que faire du quand dira-t-on de la Dissidence (et ses échecs en matière de communication qu'elle considère comme des victoires) qui ne les arrêtera pas dans leur entreprise de mort et de manipulations...

 

Tant que les atlantistes ne voient pas les lignes bouger, on peut continuer à débattre, à s'étriper, à ronchonner dans notre coin, ça les arrange dans tous les cas. N'arrivant pas à maintenir un semblant d'unité dans la diversité dans son propre camp, elle, la Dissidence, voudrait négocier la paix civile à échelle nationale à coup de complotisme de subversion et de réconciliation forcée. Mais nous n'avons à nous réconcilier avec personne si ce n'est nous-même ; c'est aux fâchés avec la France de se réconcilier avec elle ou partir où ils seront plus heureux.

 

Quand je dis complotisme de subversion je veux dire pour le meilleur et le pire de ce que trouve l'internaute sur la toile quand il fait des pseudo-recherches sur des sujets épineux traités inégalement et dont les sources sont celles disponibles sur internet et qu'il considère selon des critères d'étudiant sans méthode. La définition du mainstream politico-médiatique ne m’intéresse pas. Complotisme qui a qu'il soit vrai ou faux ; factuel ou farfelu  des effets secondaires que l'on ne peut nier (et que j'ai traité en long en large et en travers dans mes anciens textes Pour une critique positive de la Dissidence), cela peut s'expliquer par le fait très général par le danger de la vulgarisation sur des sujets complexes qui ne peut être qu'une introduction alors que ça devient l'alpha et l’oméga, le tout de l'existant d'un ronron collectif, unique et exclusif, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et prend tout au pied de la lettre confidentielle qu'il lit avec les pieds !

 

Ce que je constate à mon humble niveau d'observateur – l'Eurasisme n'a pas besoin de militants au sens classique du terme ; il agit par le haut, je ne me pose pas toujours en militant eurasiste pour observer une chose et l'analyser –, c'est que les arguments de la Dissidence sont bien souvent détournés et utilisés à des fins bassement communautaristes et infra-politique allant dans un sens unique et exclusif, en antiracisme primaire, racisme primaire, complotisme primaire, nationalisme primaire, mais pas que, un dissident remigrationniste ou un dissident assimilationniste pourront utiliser les mêmes constats et en tirer des conclusions opposées, parfois dangereusement opposées si on parle de guerre culturelle de haute intensité qui est déjà une guerre civile de basse intensité, certes symbolique mais quotidienne et bien réelle pour certains de nos compatriotes.

 

Je pense que seul un débat apaisé autour de la remigration peut ouvrir sur le dépassement du constat de faillite et, accessoirement, redéfinir le concept avant-gardiste et élitiste de « Front de la Foi ».

 

Les événements migratoires et terroristes amplifient les phénomènes d'hybridation et de reconstruction identitaire chimérique 

 

Plus leurs saloperies se font jour, plus les antiracistes militants sombrent dans l'hystérie collective, la folie des derniers jours. En vérité, ils haïssent le musulman traditionnel, autant que le catholique ou le païen, et ça commence à se voir. Ce qu'ils veulent c'est des musulmans occidentalisés jusqu'à la trogne et partager avec eux les « valeurs républicaines », ce qu'ils veulent c'est conformer les musulmans à leur idéologie antiraciste ethnomasochiste que ne pourrait supporter un musulman authentique, et, avec les attentats, ils ont un bon moyen de pression pour plier les musulmans à leurs désidératas démocratiques, leur laïcisme républicain...

 

Le #pasdamalgame n'est qu'un reflet de leur sidération mentale et de leur dissonance cognitive ; la oumma est un amalgame et une discrimination, et c'est très bien ainsi, en tout cas, ça n'est pas notre problème...

 

Les antiracistes essayent de se persuader que les terroristes n'ont aucun lien avec l’islam comme si ils s’intéressaient ou connaissaient l'islam et faisaient quelque chose pour le monde arabe et les pays musulmans. Il y a bien plus de nationalistes qui ont fait quelque chose pour le monde arabe et les peuples musulmans, qui les respect davantage dans les faits que les antiracistes, et les musulmans devraient réprouver les fantasmes orientalistes dégueulasses des antiracistes et leurs indignations à géométrie instable.

 

Comment faire confiance à des gens qui passent leur journée à traiter leurs compatriotes non-musulmans de racistes, à tous propos, et vouloir imposer leurs valeurs postmodernes à leurs compatriotes croyants ?

 

Il doit y avoir une effervescence intellectuelle dans les communautés musulmanes traditionnelles –et traditionalistes – européennes que l'on ignore et dont on doit laisser agir le contre-poison. Comme souvent dans le monde oriental, les menaces disparaissent comme elles étaient sorties de l'obscurité, il suffit d'un mot. L'EI disparaîtra quand les forces atlantistes se désengageront, comme par magie.

 

Nous n'arrivons pas plus à éjecter les élites cosmopolites d'Europe que n'y arrivent les « musulmans » en Orient compliqué et en Afrique ; on leur demande de faire ce que l'on n'arrive pas à faire dans le cadre de la démocratie et avec plus de moyens.

 

La question identitaire qui se pose entre la France et l'islam n'est pas directement théologique, l'islam n'est pas une nation, c'est une religion et une civilisation, la France n'est pas une religion mais la chrétienté est une civilisation, compliqué, et si le débat inter-religieux consiste à s'envoyer des évangiles et des sourates à la gueule au théâtre de la Main d'or – théâtre de Dieudonné –, dans un littéralisme exécrable des deux côtés d'une ligne sans rose ni méridien, considérant que la mystique, l'ésotérisme, c'est satanique sa mère, je ne comprends même pas l'utilité de ce spectacle paralympique pour handicapés du Livre organisé dans le Temple de la Dissidence par des marchands, mais je comprends que la question métapolitique et géopolitique du « Front de la Foi » : d'une alliance temporaire entre les avant-gardes musulmanes, orthodoxes, catholiques et païennes, a peu de chance d'être un jour définie, déployée sur une base traditionnelle, et contre-révolutionnaire.

 

Cette question, la question du Front de la Foi, n'a jamais été réellement posée dans les termes qui convenaient, c'est un concept vide – au sens fécondant du vide – et on ne peut donc juger de la précipitation d'un tel Ordre s'il apparaissait au grand jour. En attendant, il y a un Ordre naturel du Front de la Foi, et vous ne pourrez pas briser tous les liens, les camaraderies, les amitiés, avec rien d'autre pour les transcender que la laïcité inversée. Cela n'est pas vraiment le sujet mais le « Front de la Foi » ça n'est ni l'œcuménisme, ni le débat inter-religieux, ni le syncrétisme, ni la soumission de l'un ou de l'autre, ni un accommodement raisonnable, ni le mélange, ni le métissage, ni l'hybridation, c'est une alliance « eurasiste » objective contre les forces atlantistes, et qui n'empêche aucun débat interne aux civilisations.

 

Les identitaires et traditionalistes païens véhiculent et transmettent les reliquats d'une foi ancestrale et archaïque, vivante, qui n’est pas morte, la longue mémoire de nos mythologies et de nos légendes constitutive de notre identité, une voie, un mouvement que l'on pourrait qualifier de troisième voie révolutionnaire et traditionaliste européenne (« traditionaliste » plutôt que « conservatrice ») si on essayait de la traduire en terme métapolitique, et la question du concept vide de « Front de la Foi » ne se pose pas sans l'apport des non-conformismes ou sans s'inspirer de leurs « travaux herculéens ».

 

Il est bien question de recentrer le débat et de dépasser la question du terrorisme qui n'est qu'un symptôme ou une conséquence du mondialisme cosmopolite.

 

Si il y a une subversion des néo-souverainistes et des complotistes sur la question de l'islam et du terrorisme. Il y a une subversion terrible dans la critique obsessionnelle et excessive de l’islam de la part de certains catholiques et identitaires laïques copains comme cochon et qui font absolument tout pour que rien ne soit possible, subversion que je ne suis pas capable, ou à même, de nommer précisément, mais qui n'est pas très « catholique » et pas davantage « identitaire », que l'on est obligé de relever, que l'on peut pardonner, mais qui doit cesser en ces termes uniques et exclusifs, que ceux-là entendent le silence et la supplique de ceux qui les écoutent et les soutiennent... On trouvera peut-être un début de réponse dans ce texte de Laurent James arrivé à point nommé : « Le rêve du retour à l’Eglise originelle ».

 

Les identitaires campent sur leurs positions atlantistes et leurs orientations occidentalistes par défaut mais le feux est éteint et c'est les âmes qui brûlent. Une position défensive, et me semble-t-il, réactionnaire (au sens péjoratif que peut recouvrir ce terme), extrême, quand ils ont un boulevard pour développer une orientation offensive et révolutionnaire, radicale, de leurs théories les plus abouties, en dépassant la Dissidence ni gauche ni droite à la fois par la gauche et par la droite.

 

Les avant-gardes métapolitiques identitaires et non-conformistes n'ont pas besoin de se répéter sur l'immigration ou l'islam ; ils ont tout dit, les livres, les articles et les vidéos, les archives sont disponibles en ligne. Les événements leurs permettent de dépasser ces questions, comme la question ukrainienne incapacitante – la question ukrainienne, un autre exemple de fierté mal placée qui n'a rien à voir avec l'identité, trouvera des réponses avec les ukrainiens voulant briser la glace atlantiste –, d'engager une lutte locale, sociale et frontale contre les racailles d'en haut ; mais au moment d'avancer, ils reculent...

 

La République s'est construite contre la France et la France contre la Gaule, c'est ainsi, la danse du temps s'arrête aux signes de la Fin et du Retour des Grands Temps, du mouvement cyclique. Le souffle des ancêtres toujours déjà présent nous indique que le retour de l'esprit français et de l'esprit gaulois, qu'il nous faut saisir, est imminent. Une synthèse métapolitique « pagano-chrétienne » est possible, c'est le génie français, de la France héritière des indo-européens et des greco-romains, l'héroïsme christique, les Ecclésia et les Res Publica. Réconcilier la Gaule et la France pour que vive l'Europe. Réconcilier L'Europe et la Russie pour que vive l'arc circum polaire et boréale pour que renaisse la civilisation des pierres-levées et des cathédrales.

 

« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire

Et dans l'ombre qui s'épaissit.

Les morts ne sont pas sous la terre :

Ils sont dans l'arbre qui frémit,

Ils sont dans le bois qui gémit,

Ils sont dans l'eau qui coule,

Ils sont dans l'eau qui dort,

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule :

Les morts ne sont pas morts.

 

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

Ils sont dans le sein de la femme

Et dans le tison qui s'enflamme ;

Ils sont dans l'enfant qui vagit.

Les morts ne sont pas sous la terre :

Ils sont dans le feu qui s'éteint,

Ils sont dans les herbes qui pleurent,

Ils sont dans le rocher qui geint,

Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure :

Les morts ne sont pas morts.

 

Ecoute plus souvent les choses que les êtres

Entends la voix du feu, entends la voix de l'eau,

Ecoute dans le vent le buisson en sanglots :

C'est le souffle des Ancêtres,

Le souffle des ancêtres morts

Qui ne sont pas partis

Qui ne sont pas sous terre,

Qui ne sont pas morts.

 

Il redit chaque jour le pacte,

Le grand pacte qui lie,

Qui lie à la loi notre sort,

Aux actes des souffles plus forts

Le sort de nos morts qui ne sont pas morts ;

Le lourd pacte qui nous lie à la vie,

La lourde loi qui nous lie aux actes

Des souffles qui se meuvent

Dans le lit et sur les rives du fleuve,

Des souffles qui se meurent

Dans le rocher qui geint et dans l'herbe qui pleure.

 

Des souffles qui demeurent

Dans l'ombre qui s'éclaircit ou s'épaissit,

Dans l'arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,

Et dans l'eau qui coule et dans l'eau qui dort,

Des souffles plus forts qui ont pris

Le souffle des morts qui ne sont pas morts,

Des morts qui ne sont pas partis

Des morts qui ne sont plus sous terre. » Birago Diop, Souffles (Manuscrit original), extrait de La Plume raboutée

 

Courage, Fillion !

 

L'élection présidentielle française aura lieu dans moins de 6 mois, les dimanches 23 avril et 7 mai 2017.

 

En 2012, Marine Le Pen – crédité de 17% au premier tour – était partie trop tôt et était essoufflée pour la dernière ligne droite. La configuration était différente, elle était débutante dans la compétition, et son véritable adversaire était la gauche de la gauche incarnée par Jean-Luc Mélenchon qui, lui aussi, avait accéléré très tôt pour que le PS profite de son aspiration. Elle l'a battu et elle est montée sur la troisième place du podium, pour une première course, c'était une performance, une étapes vers les prochains jeux... Nous y sommes. Aujourd'hui, elle s'économise et gère son effort, les primaires de la droite et de la gauche retarde le départ, le risque étant qu'elle accélère trop tard...

 

Une première donnée, ou inconnue, sont les abstentionnistes qui, par définition, ne se font pas entendre dans les urnes et représentent une part significative de la majorité silencieuse, de la « nouvelle opinion publique » qui peut faire mentir les prévisions et basculer le scrutin. Si j'en crois ce que j'entends et vois autour de moi, certains abstentionnistes sont plus que tentés de voter pour Marine Le Pen, quand ils n'ont pas encore prit leur carte au Front, ce qui aurait été encore impossible en 2012, pour les profils auquels je pense et l'expérience que j'en ai.

 

N'étant pas français, je prends la mesure de ne pas fréquenter toutes les sociologies françaises. Cela dit, j'ai trouver un moyen « statistique » qui vaut ce qu'il vaut, la communauté éclectiques des « Gamer », des joueurs de jeux vidéos en ligne et leurs forums. Une communauté où je situerais la tranche d'age entre 15 et 35 ans, qui rassemble de nombreux abstentionnistes, et, dans cette communauté, on peut observer une opinion plutôt favorable pour les idées frontistes, voir la montée en puissance de positions identitaires fortes. Quoiqu'il en soit, mise-à-part les jeunes-vieux de science-potes, la jeunesse n'emmerde plus le Front National.

 

Le contexte : invasion migratoire, attentas terroristes, chômage des jeunes, troubles sociétaux, probabilité d'une nouvelle crise financière (2008), tentions internationales (Syrie), etc.

 

Ce contexte permet aux « patriotes » de demander directement des comptes à qui de droit sans même devoir agiter la question identitaire en tête de liste des revendications électorales (et de « troller » le Front National) ; elle va d'elle-même.

 

La possibilité d'une confrontation immédiate et de manifestation métapolitique d'un nouvel ordre se fait jour ; le soleil se lève.

 

N'admettons pas la possibilité d'une confrontation entre portions du peuple, ou la volonté des élites de pousser une portion du peuple dans une confrontation contre les immigrés illégaux, les terroristes potentiels ou les gauchistes en phase terminale avant les élections. Précipitons, avec tous les moyens légaux et les outils « métapolitiques » dont nous disposons, toutes les portions du « camp national et patriotique » dans une confrontation contre les représentations locales de l'ingérence atlantiste (représentations étasuniennes, sionistes, wahhabites jusqu'aux propagandes russes), mettons la pression, jusqu'à Moscou, mais n'oublions les atlantistes bien de chez nous qui ne sont ni sionistes, ni américains, ni musulmans... Parfois de « bons » catholiques ; souvent de « perfides » protestants (Tu vas la lire correctement la Bible!?)... Nous observons une certaine accélération vers un dénouement de l’histoire néo-souverainiste, et, la montée en puissance du sentiment national que plus aucuns français n'ignorent qu'il y adhère ou qu'il le réprouve, c'est une lapalissade, et il faut la franchir !

 

Les « dissidents » et les « patriotes », les résistants » et « nationalistes » n'ont plus qu'à disparaître des écrans, mais nous savons tous que c'est leur opium. Les plus militants et les mieux formés prendraient facilement les places dans la multitude de mouvements et d'endroits à occuper, il n'y a plus rien à faire, que se fondre dans le réel et exprimer les choses le plus simplement possible, ainsi, les identitaires les plus corrosifs découvriraient que beaucoup de musulmans ont préservé un bon sens paysan ; les coopérations qui n'étaient pas possibles hier sont peut-être possibles aujourd'hui. Dire : « on vous l'avait dit qu'on l'avait dit », si ce n'est se faire plaisir, c'est gâcher les perspectives d'actions asymétriques qui s'offrent au « camp national », sans devoir se justifier, ni s'auto-caricaturer à l'excès, l'auto-critique ne suscite pas un coup de crayon et un bon mot entre l'urinoir et l'urne.

 

Il faut que les militants sortent des mentalités hybrides, et, par exemple, choisissent entre journalisme et résistance, internaute et argonaute. Le « camp national » met trop d'espoir dans les réseaux sociaux chronophages et attribue à internet, à la superposition des écrans, des vertus réelles, des plongées dans les abysses qui ne sont que des mise en abîme, surestimant la capacité du cerveau à résister à la pression de l'image et à la manipulation. Il y a la victoire, mais il y a la « nature » de la victoire, il y a des pactes divins, et un pacte avec le diable... J'imagine l’inquiétude de nos chères élites si demain matin, toute affaire cessante, une part significative de la « réinfosphère » disparaissait des radars du web, clair et net, comme clarinettes.

 

Sans cette discipline du retour au réel et de la disparition totale des écrans, les avant-gardes ne pourront pas développer de nouvelle stratégie, revenir à une matière théorique/pratique/critique pour dépasser ce qui a été accomplit. La majorité des cercles que j'apprécie pour leurs idées en reste à cette forme de sidération du virtuel, alors que, fondamentalement, ils ont tous les ressorts pour s'avancer sur le terrain du réel. La réinformation n'était qu'une étape qui allait de paire avec la dédiabolisation des idées non-conformes que l'on « renazifie » au nom d'Hugo Boss et du symbolisme pillé au traditionalisme. Ces deux étapes sont terminés. Il y a des canaux de réinformation professionnels et bien installés qui nous libère du temps, car le temps est notre ressource essentielle, soutenons-les, mais nous ne nous transformons pas tous en journalistes du net, en Tintin au Congo.

 

En quelque sorte, il suffit (plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens) de perdre moins de temps à commenter l'actualité sur twitter, facebook, youtube et autres, de ne pas parler que des migrants et des attentats islamistes, pour parler de l'identité et du mondialisme, arrêter de suivre le détails de l'actualité, du « buzz », du « clash », et de répondre aux polémiques stériles du mainstream politico-médiatique dans un dialogue de sourds, nous sommes les grands corps malades du slam France, cette phase est terminée, le retour du réel n'est pas qu'une idée et il faut s'emparer de toutes les luttes en les portants physiquement partout où il faut les porter, la question de l'identité se reposera d'elle même dans le déroulé d'une lutte sociale et politique dirigée en priorité contre les zélites, il s'agit maintenant de parler entre militants, d'être égoïstes, d'imposer les sujets, de bouder les médias, de proposer des stratégies, de faire corps et mouvement. Une mise en marche en avant à contre-courant. Tout le monde ayant peur, du moins étant inquiet, et voulant éviter la guerre civile, pour des raisons différentes certes, la question est de savoir qui va prendre l'initiative et si quelqu'un la prendra avant que des portions du peuple s'affrontent à défaut de ne pas avoir canaliser leurs énergies vers les responsables objectifs.

 

La France n'est pas les États-Unis, le Front National ne peut pas appliquer la même stratégie que Trump. Le « camp national » s’enflamme pour Fillon et doute de Marine Le Pen, la pensée auto-réalisatrice de la défaite ne rapproche pas du pouvoir, c'est certain, en politique le désespoir...

 

Les jeux sont déjà faits, Marine Le Pen est arrivé là où elle doit être, elle ne gagnera ou ne perdra pas pour les choses qu'elle dira ou qu'elle ne dira pas dans les mois à venir. S'il reste quelques mois pour savoir qui va gagné, il a déjà gagné, et si le temps qui nous sépare de cette réponse consiste à dire que le FN a perdu d'avance alors qu'attendons-nous ? 2022 ? Des voix éclairées du « camp national » se félicitent de la victoire de Fillon devant l’infâme Sarkozy, mais, si on veut parler stratégie, il aurait mieux valu que Marine Le Pen ait Nicolas Sarkozy ou Ali Juppé en face d'elle plutôt que Fillon...

 

On reproche au FN son programme économique et de ne pas être assez politiquement incorrect, je reprocherais au « camp national » de ne pas croire en sa propre victoire et de protéger ses petits intérêts bourgeois, de commencer à se chercher des excuses avant même de savoir s'il a perdu gagnant ou s'il a gagné perdant. Ainsi Fillon Fillon Fillon, les petites marionnettes...

 

Le spectacle politique ne mérite pas de lui gaspiller autant d'énergie, la politique est ailleurs.

 

 

En finir avec l'ethnomasochisme

 

L'antiracisme, qui sous-entend l'existence du racisme, de la xénophobie, comme état naturel et originel des relations entre ethnies, puisqu'on ne peut pas construire un anti-concept contre quelque chose qui n'était pas là avant – d'où tout le problème des idéologies, par définition abstraites, qui se construisent contre une réalité enracinée, ce qui est en partie le cas du néo-souverainisme qui est, par exemple, contre toutes idées de « secret » –, n'est pas un sentiment ou une valeur, c'est une idéologie qui veut interdire un sentiment naturel et une valeur visiblement principielle, une condition de la paix et de l'entente, voir de détende, entre les peuples.

 

On a appelé péjorativement « racisme », ou « xénophobie », la plus simple expression de la vie et de la survie d'une communauté, on a remit en question la « matière humaine » au nom de l'égalitarisme, du multiculturalisme, de l'humanisme, du droitdelhommisme, du progressisme, du cosmopolitisme, etc, en bref, des idéologies de mort issues d'une pensée suicidaire, d'une fuite en avant. Ces idéologies sont une seule et même chose, des outils de déconstruction, car il en faut des outils pour déconstruire toutes les dimensions de l'identité, de la matière sensible et coriace de l'humanité. Ces abstractions mortifères déconstruisent toute espèce de vie intérieure et d'imaginaire collectif, de récit national, mais l'édifice de la Tradition est résistant et ses ruines fertiles.

 

Le racisme idéologique et politique n'est qu'une conséquence de cette idéologie de la « haine de soi ». L'antiracisme, le cosmopolitisme, l'immigrationnisme, l'ethnomasochisme, sont autant de déclarations de guerre et l’expression idéologique de la plus haute trahison, l'immigration économique massive tient aujourd'hui de l'envahissement et cela, les fils d'immigrés peuvent le concevoir, et sont même en première ligne, les idéologies « déconstructionnistes » sont éloignées de l'islam et plus largement des cultures orientales qui ont une tradition de caste et pour lesquelles la « classe » est une vue de l'esprit, et il faut en finir avec l'ethnomasochisme et sa promotion par l'islam atlantiste de marché, avec le mondialisme et tous les processus de déracinement et d'indistinction qui en découlent. (A ce propos, si on y pense, la réinformation prétend quelque part déconstruire la déconstruction, on voit la limite philosophique de l'exercice, dans la même idée, le « débunkage » a sans doute des vertus pédagogiques, mais si on formait philosophiquement les militants sur une base classique et traditionnelle, on aurait pas besoin de leur expliquer le réel et de les formater, de les rendre « paresseux » également et d'une certaine manière... Inverser une inversion ne replace pas l'idée inversée à l'endroit de son principe primordial.)

 

Il n'y a pas d'antiraciste militant qui ne soit pas cosmopolite – c'est-à-dire « citoyen du monde », et quel orgueil d'imposer sa « citoyenneté » au monde, ce qui sous-tend un État-monde par définition de sociologie occidentaliste, d'organisation atlantiste, de juridiction unipolaire étasunienne et de religion unique et exclusive israélite, puisque ceux qui proclament cet État ne proviennent et ne se réfèrent généralement pas à une sociologie traditionaliste, une organisation « eurasiste », à une juridiction multipolaire des souverainetés objectives et à la religion orthodoxe ou catholique, mais se référent bien au monde unipolaire/multilatéral dans ces normes actuelles, en somme, tout le concept d'ingérence ne tient que par ces pseudo-valeurs républicaines, démocrates et laïques de l'axe du bien et des progressistes, que les gentils virus humanistes veulent imposer au monde entier avec des bisous et des bombardements : un #padamalgame sur twitter c'est un mort dans un pays déstabilisé par l'atlantisme –.

 

Il n'y a pas d'antiraciste militant qui ne prônent pas les bienfaits sociétaux et économiques du multiculturalisme de la marchandise – c'est-à-dire la multiplication des conflits au sein du même Nation –, et qui ne valident pas les processus migratoires qui vident les pays du tiers-monde de leurs forces vives pour mieux les « néo-coloniser » et les piller, comme disent les néo-souverainistes (qui, étant mi-figue confite mi-raisin sec sur la question de l'identité, huilent la machinerie antiraciste plus qu'ils ne l'enrayent pour l'envoyer définitivement à la casse. En renouvelant son matériel idéologique, la machinerie antiraciste peut remplacer la pièce cassée de l'antiracisme institutionnel pour le « vent nouveau » d'un antiracisme de nouvelle génération, d'améliorer l'invisibilité de ses piratages et sabotages, c'est le grand paradoxe du néo-souverainisme et de ses accommodements raisonnables, cette idéologie hybride aura amené beaucoup de jeunes et moins jeunes aux idées non-conformes mais si c'est cette idéologie qui l'emporte sur elle-même finalement et tel qu'elle est est aujourd’hui, en ne faisant pas son auto-critique, se transforme in-fine en nouvel antiracisme, nous restons dans la même mouise, il faudra vraiment que des intellectuels dissidents étudient ce phénomène de notre vivant car c'est très enrichissant d'enchaîner les publications sur l'histoire des idées non-conformes, d'après guerre, de l'entre deux guerres et d'avant-guerre, pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui, mais il s'agirait de nommer l'idéologie dominante et objective de la Dissidence de manière plus précise pour que les militants comprennent de quoi ils en retournent et deviennent de vrais militants conscients de ce qu'ils véhiculent. Le néo-souverainisme est la maladie infantile de l'eurasisme.)

 

C'est donc des suicidaires, des cyniques et des malades mentaux qui ont appeler « racisme » un instinct de survie immémorial et un reflex identitaire atavique considérant que cette réaction était strictement liée à la race, limitant la race à la couleur de peau, sans considérer les dimensions culturelles, religieuses, philosophiques de l'identité, de l'identité des « racistes » et des « victimes de racisme », et quel racisme !? Il n'existe de racisme que l'ethnomasochisme : l'interdiction d'être soi-même. Dans cet esprit identitaire, n'interdisons pas aux autres d'être eux-mêmes, évitons d'hybrider notre identité et ses dimensions à des définitions modernes et post-modernes de l'identité, et, déconnectons-nous d'internet pour nous reconnecter à la réalité ; à la réalité qui nous rattrape quand les écrans sont éteints...

 

 

Métapolitique de la question ukrainienne

 

Les cercles néo-souverainistes sont globalement des organes « bénévoles » de la propagande du Kremlin sans aucune réflexion vers l'Est qu'une admiration stérile pour Vladimir Poutine sans projection géopolitique française d'avant-garde qui prend en compte les intérêts européens bien compris pour permettre une saine relation ; caricaturent Poutine et évacuent la question ukrainienne.

 

L'exemple de la Nouvelle et Grande Russie ne nous démontre pourtant pas que l'on obtient le respect et que l'on peut prétendre traiter d'égal à égal de cette manière, sans contre-partie et assurance, sans avoir de projet pour la plus Grande Europe à intégrer dans le rapport de force de cette relation internationale, et son dialogue diplomatique transversal.

 

Les néo-souverainistes sont dans la spéculation sur les intentions actuelles et réelles de Vladimir Poutine (et de ses conseillers) envers la France atlantiste et l'Europe de l'UE. Nous ne connaissons pas les arcanes des intentions russes qui ne sont pas les positions eurasistes. Les néo-souverainistes font dire à Poutine ce qu'il ne dit pas et font ce qu'il ne leur demande pas ; Poutine ne refuse pas cet acte gratuit où rien ne l'est habituellement et ne doit pas l'être, et où, de surcroît, il ne nous doit rien ; c'est cadeau !

 

Ce comportement souverainiste altruiste et philanthrope est généreux et est certainement remplit de bonnes intentions. La Russie n'en abuse pas outre-mesure, elle se rappelle fraternellement à la France dés qu'elle en a l'occasion, elle a conscience de l'existence d'une « dissidence » et fait preuve de patience, et, par son redressement, elle suscite un espoir. Le fait que nous ayons des intérêts communs est une évidence continentale, mais la question est de leur donner une traduction et de savoir lesquels, où ils commencent et où ils s'arrêtent, dans ce genre de rapprochement, tout est une question de distance...

 

Dans notre position, nous n'avons aucun pouvoir de décisions ou d'influence sur les intentions russes, et, dans les conditions de privation de souveraineté que nous subissons, nous devons prendre des précautions, la tentation russe de profiter de la situation politique de l'Europe serait « humaine trop humaine », c'est réaliste et pragmatique pour une puissance comme la Russie de faire prévaloir ses intérêts partout où elle le peut. Cela dit, la Russie de Vladimir Poutine n'est pas responsable de notre situation et de notre condition, et nous offre des possibilités d'émancipation.

 

L'amitié franco-russe et catholique-orthodoxe traditionnelle, les représentations françaises et les expressions culturelles et associatives de cette amitié en France, dans lesquelles les néo-souverainistes ne tiennent aucun rôle et n'appartiennent à aucuns des cercles et canaux historiques, entretiennent une relation chaleureuse et une diplomatie « normale » avec la Russie, mais ne vont pas aussi loin dans la délégation de la volonté de puissance et du pouvoir, de la direction unipolaire de cette relation et cette diplomatie. Il y a une distance a respecter jusque dans l'étreinte.

 

Les français Xavier Moreau et Alexandre Latsa que relayent les néo-souverainistes, et qui habitent en Russie, ont une analyse pratique/critique, entrepreneuriale, de la Russie de Vladimir Poutine, certes « positive », mais ils mènent une diplomatie concrète dont je ne doute pas qu'elle prenne en compte les intérêts français. Personnellement, je ne visite pas et ne vais pas chercher de l'information sur le site Sputnik ou le canal RT dont la propagande est à la limite du kitch. Et, avec tous le respect que je lui dois, je ne sais pas exactement pourquoi, et ça sera long de l'expliquer, mais je me méfie d'une certaine diplomatie de Monsieur Yvan Blot dont on ne sait pas ce qu'il souffle à l'oreille de l'entourage de Vladimir Poutine... Il est par exemple étrange que Vladimir Poutine apporte soudainement un soutien à Fillon, alors que seul le FN le soutient durablement dans le paysage politco-médiatique français. Ne parlons pas du frère Jacques Sapir dont les qualités intellectuelles ne lui empêchent pas d'appuyer la propagande néo-souverainiste sans conditions. Sonnez les matines ! Il est minuit...

 

Les néo-souverainistes veulent faire de Poutine une sorte de nouveau de Gaulle par procuration et selon une définition républicaine, démocrate, laïque et westphalienne complètement dépassée, et d'une lecture littéraliste déphasée du gaullisme, du Grand Gaullisme eurasiatique de la Fin...

 

Les cercles non-conformistes d'avant-garde sont passés d'une critique de la Russie de Vladimir Poutine et de l'Eurasisme d'Alexandre Douguine à une métapolitique anti-russe ; caricaturent Poutine – à l'instar des « poutinolâtres » – et remuent la question ukrainienne en relayant la propagande unique et exclusive des extrémistes ukrainiens, de glaciation des relations entre l'Europe et la Russie qui vont dans le sens de l'UE quoiqu'il en soit de l'intention réelle.

 

Les cercles eurasistes français ne font ni la propagande du Kremlin ni ne s’enflamment pour ou contre les extrémistes ukrainiens dont on ne peut pas dire qu'ils cherchent une Troisième voie et un troisième terme, la voie de la radicalité. Nous relayons les interventions d'Alexandre Douguine qui, si il a une position tranchée sur la question ukrainienne, ne s'acharne pas à démolir toute forme de relation entre l'Ukraine et la Russie.

 

La question de l'identité ukrainienne se pose et, d'un certain point de vue européen, est légitime, tout comme l'est une critique de la Russie de Vladimir Poutine, ça n'est pas le problème, mais il y a une façon de présenter les choses, et il faut lire entre les lignes fractures et les murmures de ses craquements...

 

L'Ukraine est belle, et un grand pays, le grenier de l'Europe, le pont et carrefour géographique entre l'Ouest et l'Est, mais qui, par ce tiraillement et l'entremise des puissances, n'a jamais vraiment réussit à imposer son indépendance et trouver sa stabilité, on peut le regretter et respecter la volonté d'indépendance des ukrainiens, mais c'est ainsi, et ça n'est pas l'UE qui la lui rendra. Il ne s'agit pas de fatalisme ou de réalisme, mais il y a des moments pour tout, également pour recouvrir son indépendance, et il est possible que les néo-nationalistes ukrainiens ne fassent pas les bons choix malgré leur combat honorable. Derrière la froideur d'Alexandre Douguine envers l'Ukraine il y a un moment politique.

 

Les non-conformistes importent un conflit, dont les tenants et les aboutissants échappent à la plupart d'entre nous. La question de la Crimée, elle, est très claire. La Crimée est une position géostratégique et historique pour la Russie et son accès aux mers chaudes, je ne vois pas comment on pourrait imaginer un seul instant que la Russie abandonne la Crimée ?

 

La question ukrainienne permet aux non-conformistes de viser la position néo-souverainiste qu'ils ne veulent pas attaquer directement, nous l'avons bien comprit, mais à quel prix ?

 

Dans les premiers temps de ce conflit fratricide, je consultais volontiers les articles du CNC, notamment ceux de Pascal Lassale, des articles certes engagés mais des articles de fond, qui permettaient d'articuler une critique des positions russes et des positions ukrainiennes, de comprendre la situation, et que nous avons prit en compte. Ce fût relativement d'assez courte durée, la « pose esthétisante » l'important sur la « volonté de puissance ». Nous connaissons l'engagement de Pascal Lassale sur cette question, et c'est tout à son honneur. Nous avons nous-mêmes critiqué la position sèche d'Alexandre Douguine mais nous acceptions son analyse géopolitique de la situation comme nous prenions en compte les remarques de Pascal Lassale pour équilibrer notre position européenne et notre projection eurasiste. Gabriel Adinolfi et George Feltin-Tracol avaient des positions équilibrées sur la question, et que nous avons également prit en compte. Nous avons également relayé l'action des volontaires français du Donbass et mentionné l'action des volontaires français engagés dans l'autre camp sans jamais les moquer, ni même les juger.

 

Alexandre Douguine et la position eurasiste ont disparu des écrans néo-souverainistes et des émetteurs non-conformistes simultanément, pour réapparaître de temps à autres. Alexandre Douguine fut interdit de venir en France, et nos dernières « rencontres eurasistes » n'avaient pas intéressé les cercles non-conformes... Le dialogue était interrompu. En attendant qu'il reprenne, je conseil à tous les militants voulant se former et développer un esprit critique de consulter le blog du Cercle Non-Conforme et d'apprécier leurs travaux sur bien d'autres sujets.

 

Nous avons répété maintes fois que nous devions, en effet, « mettre la pression à Moscou », faire ce qu'Alexandre Douguine ne peut pas faire, et nous avons expliquer que cela passait par une certaine diplomatie d'avant-garde et souterraine, mais, entretenant le statu-quo par « isolationnisme intellectuel » sur la question ukrainienne, les non-conformistes laissaient s'installer une diplomatie néo-souverainiste subversive, une taupe... Nous pouvons parler d'une alliance contradictoire objective entre non-conformisme et néo-souverainisme contre l'eurasisme, de l'hybridation de deux caricatures incapacitantes. C'est une caractéristique de l'hybridation, l'articulation intrusive de positions contradictoires dans un même corpus et le syncrétisme idéologique qu'induit l'indistinction subversive de ces positions. Plus précisément, les caricatures pro ou anti Poutine sont incapacitantes et pour la Troisième voie, et pour l'Eurasisme.

 

Je fais confiance à mes camarades non-conformistes pour comprendre mon effort de synthèse autour de ces vastes questions vers de vastes horizons et de grands espaces, et la nécessité d'être le plus direct possible, les gardiens du phare savent la considération que je leur porte et que je n'ai pas de griefs personnels à leur encontre. Si j'ai un reproche à leur adresser, c'est de ne pas utiliser leur capacité d'auto-critique concernant la question ukrainienne et leur discernement concernant la Russie, pas de soutenir leurs camarades ukrainiens et d'apporter un point de vue diffèrent, bien au contraire...

 

La question ukrainienne illustre les conséquences géopolitiques que peuvent avoir la construction d'une identité chimérique, par rapport à, et, la réification des idéologies et antagonismes politiques du XXème siècle pour justifier l’actualité et des positions à l'effet momentané.

 

Je ne me sens pas visé en tant que militant eurasiste et par rapport à mes positions, et j'espère me tromper sur les intentions que je vais prêter aux non-conformistes sans en faire leur procès, mais j'ai l'impression, pour résumer, quand je lis entre les lignes de la dernier traduction de Pascal Lassale pour le CNC d'un article autour de la question ukrainienne, au delà des faits relevés, et du fait que je réprouve l'acte de brûler un drapeau, une volonté de « menace voilée », d'un énervement, envers quiconque se montrerait critique des positions non-conformistes sur la question ukrainienne alors que les non-conformistes, en apparence, se montrent extrêmement tolérants par rapport aux positions néo-souverainistes et ne prennent pas position contre l'idéologie néo-souverainiste ? (Et alors que cette question divise au sein même des avant-gardes non-conformistes européennes quand elle est interdite en France...)

 

Je prends cette question au sérieux et je comprends qu'elle ne va pas se résoudre d'elle-même, c'est une question déchirante, dont l'UE va ranimer le feu tôt ou tard pour atteindre la Russie, quand la situation s'apaisera en Syrie par exemple. Je n'ai rien à dire de plus ou du moins de ce qui a déjà été dit des deux côtés de la ligne rouge, et laissons la ligne néo-souverainiste de côté, je signifie que sans s’ingérer dans les choix politiques des ukrainiens, et sans importer le conflit, il n'est pas interdit d'apporter des informations et des points de vue extérieurs à nos camarades ukrainiens vers une résolution projective. Ce que j'aimerais comprendre et que l'on m'explique c'est ce qu'il faudrait, en terme de concessions des deux côtés, pour que le dialogue reprennent entre les néo-nationalistes de l'Ouest ukrainien et les nationalistes donbassiens de l'Est ? L'Ukraine a tout à gagner, sa situation géographique n'est pas une malédiction mais une bénédiction...

 

Le populisme identitaire est respectable, mais la question populiste et identitaire n'est pas une question qui a besoin d'être incarnée par les avant-gardes elles-mêmes et en ces termes, les avant-gardes ont pour mission de rappeler la question charnelle et métaphysique de l'identité aux populismes et leurs extrêmes, pas à les caresser dans le sens du poil, question de l'identité qui peut trouver sa traduction dans les mouvements populaires que nous soutenons mais dont la responsabilité incombent aux avant-gardes, on peut aimer le peuple sans le sacraliser, le peuple n'a pas toujours raison et la psychologie des multitudes connectées est pavlovienne, nous le voyons tous les jours. J'ai lu sur internet : « Il n'y a que les démagogues pour mépriser le populisme », c'est bien vrai. Et il y a bien des façons de mépriser quelqu'un...

 

Mais alors qu'une partie du « camp national » idéalise Trump et se brexit des perfidies d'Albion, qu'une autre idolâtre Poutine et qu'une troisième le dénigre, nous oublions que la synthèse Pour un (néo-)Eurasisme européen s'est opérée dans le « corps prophétique » de Jean Parvulesco, s'est exprimée par la « main métapolitique » d'Alexandre Douguine, s'est traduite par le « cerveau philosophique » d'Alain Benoist, s'est accomplie par le « nez politique » de Vladimir Poutine, s'est rectifiée par le « cœur mystique » de Laurent James, s'est justifiée par l'« œil métahistorique » de Constantin Parvulesco et s'est confirmée par le « pied géopolitique » de Robert Steuckers comme il s'était illustré par la « phalange fanatique » de Jean Thiriard ou le « cadavre suprahistorique » de François de Grossouvre, dont le fils, Henri, a prolonger son œuvre : en langue française.

 

J'ai lu également sur internet : « Monsieur Dougine, je n'arrive pas à comprendre comment un intellectuel tel que vous peut balayer d'un revers de main la question de la race en Europe (et partout dans le monde). » l'Eurasisme russe et eurasiatique d'Alexandre Douguine est une éloge des peuples enracinés et à la Race russe dans toutes ses complexités et intériorités. Affirmer une telle chose est typique des militants de la nouvelle question identitaire et de la tendance post-nationaliste, et, c'est simplement mal connaître les travaux de Douguine et des eurasistes ; il faut lire Douguine.

 

L'Eurasisme est une idéologie non-conformiste conforme à la forme de la « Révolution conservatrice » et de l’ « Ésotérisme révolutionnaire », qui nous animent, où les français et la langue française, où les liens entre la France et la Russie, ont leur importance décisive et aujourd'hui plus que jamais. Vous voulez gâché ce dessein pour des chimères et des écussons virils sur des uniformes ? Très bien. Faites. Mais ne vous en plaignez pas demain matin. Le réveil sera difficile, amère comme le café. Il sera trop tard pour regretter de ne pas avoir user de votre influence dans un esprit de juste milieu grec et de saine disputatio romaine.

 

La question de l'identité passe par l'idée de Quatrième théorie politique et de Troisième voie. Il nous faut articuler les mâchoires supérieures et inférieures de la « bouche métaphysique » du corps social et des corps constitués pour la plus Grande Europe de Lisbonne à Petropavlovsk.

 

Vive l'Empire ! Que France vive !

 

« ...Car, si le « suprême dessein » géopolitique du gaullisme veille, d'une part, à ce que la plus Grand Europe se fasse autour de l'axe de rapprochement et d'identification de la France et de l'Allemagne, et non pas autrement, et, d'autre part, à ce que la plus Grande Europe, quand son heure viendra, agisse dans le monde non pas comme aujourd'hui, troisième terme dialectique vouée à comprendre secrètement et presque honteusement l'histoire et non à la faire, mais comme une troisième force idéologique, politico-thermonucléaire et historique en état de pouvoir confronter directement ses propres destinées continentales et mondiales avec les deux blocs apparemment antagonistes des États-Unis et de l'Union Soviétique, l'heure du « suprême dessein » gaulliste est enfin là. » Jean Parvulesco, Les Fondements Géopolitiques du « Grand Gaullisme », Les Groupes Géopolitiques à Rome, en 1968, p.76, aux éditions Guy Trédaniel

 

à suivre : De l'Hybridation (Partie 4 - C) La guerre des Clones) article précédent : De l'Hybridation (Partie 2 - Hybrides, Chimères et Clones du Mondialisme)

 

Pendragon

 

17/11/2015

Le Cœur du Monde (La Grande Touriste)


"La France, ai-je dit ailleurs, est tellement le premier des peuples que tous les autres, quels qu'ils soient, doivent s'estimer honorablement partagés quand ils sont admis à manger le pain de ses chiens. Quand elle est heureuse, le reste du monde est suffisamment heureux, dût-il payer ce bonheur de la servitude et de l'extermination."
Léon Bloy


Pour retrouver la Gaule, il faut ajouter la Belgique à l'Hexagone et en retrancher l'Aquitaine. Une soixantaine de tribus celtes y vit encore, bien cachée sous d'innocents toponymes : Paris pour les Parises, Nantes pour les Namnètes, Bourges pour les Bituriges, Troyes pour les Tricasses, Poitiers pour les Pictons, Périgueux pour les Pétrocores, et cætera. Quoiqu'on en dise, ils conservent jusqu'à nos jours une certaine homogénéité ethnique. Que l'on nous permette d'en étudier ici le caractère.


D'après les auteurs antiques, les Gaulois sont vantards, ingénieux et très propres (ce sont même eux qui ont inventé le savon). Pour savoir le temps qu'il va faire, ils égorgent leurs semblables et lisent dans leurs dernières convulsions. Ils ne respectent pas les traités, s'enflamment volontiers pour qui leur semble victime d'injustice. Ils sont fougueux dans l'attaque mais ils se découragent facilement. Nous dirons qu'ils sont un peu bipolaires. Curieux de l'étranger, ils posent beaucoup de questions aux voyageurs. Dans leurs familles, le père a droit de vie et de mort sur ses enfants. 


Les Gaulois vénèrent le ciel, les montagnes, les rivières, les animaux et les vieux chênes. Ils élèvent des autels aux croisements des routes. Des prêtres appelés druides assurent seuls la cohérence de leur territoire : ils se réunissent tous les ans en son centre géométrique, quelque part dans la forêt des Carnutes. Sinon, les Gaulois n'ont ni roi, ni langue, ni état qui les unisse. Quand Vercingétorix entreprend de les fédérer contre César, il est banni par sa propre tribu : c'est dire si l'idée nationale leur pose problème. "Terrifiant par son physique, son armement, son intelligence, son nom même", le chef arverne parvient néanmoins à tenir Rome en respect. 


Vers l'an zéro, Vercingétorix commet l'inexplicable erreur de s'enfermer dans l'oppidum d'Alésia, où il est capturé. Avec tous les honneurs qui lui sont dûs, César l'amène à Rome et le fait étrangler sur l'autel de Jupiter. Les Gaulois en déduisent qu'ils sont Romains depuis toujours. Leur pays se hérisse de villes, tandis qu'ils se prosternent devant l'empereur et apprennent le latin. Mais bientôt, ils se laissent trucider par leurs maîtres en leur riant au nez. Ils fondent les statues d'or de l'Auguste pour en faire des reliquaires. De Rome à Rome, les Gaulois deviennent catholiques. Cinq siècles plus tard, Clovis le Franc salien est leur nouveau seigneur. Il demande le baptême et troque le crapaud pour le lys à trois pétales, ce qui persuade les Gaulois qu'il sont Français, à jamais. 


L'ombilic du pays se déplace. Des Carnutes, il migre à Paray-le-Monial, puis à Rocamadour. Entre-temps, les Francs s'organisent pour ne pas disloquer le royaume dans les querelles d'héritage. Vers l'an mil, la loi salique est actée : est Roi le fils aîné du Roi quand le Roi meurt, point barre. Mais cela ne suffit pas à faire tenir ensemble les morceaux. Un siècle plus tard, Louis VII répudie Aliénor d'Aquitaine. Vexée, celle-ci s'offre en mariage au Roi d'Angleterre et avec elle, la moitié du pays. Dans le Sud, des Gaulois se catharisent et contestent l'autorité de Louis VIII, ce qui l'oblige à sévir. Survient ensuite une nouvelle catastrophe : Jean Ier meurt à trois jours, sans laisser de fils. Le Royaume est reconduit, moyennant quelques sanglantes transactions. Mais la trêve ne dure guère. Alors qu'il chemine à cheval dans la forêt du Mans, Charles VI est pris de folie. Il tue quatre hommes de sa garde avant d'être maîtrisé. Ses oncles prennent la régence mais ne tardent pas à s'entretuer. Il faudra cent ans de guerre et une bergère analphabète pour reconstituer la France.


La monarchie des Francs ne vaut pas cher. Les Mérovingiens sont faibles, les Carolingiens sont fainéants, les Capétiens sont fourbes. Après quatorze siècles de patience, les Gaulois coupent enfin la tête de Louis XVI, qui fut pourtant le plus Gaulois de tous les souverains de leur Histoire. Ils proclament ingénument que Paris suffit désormais à faire la France et ce faisant, menacent toutes les têtes couronnées d'Europe. Il faudra encore des millions de morts et un général corse et pour maintenir à peu près intactes leurs frontières. 


Puis, pendant tout le dix-neuvième siècle, la France se cherche. A court d'arguments, Napoléon III entreprend des fouilles archéologiques à Alésia, devenue Alise-Sainte-Reine. Les Gaulois découvrent hébétés que leurs ancêtres sont Gaulois. Pour marquer le coup, l'empereur commande une statue de Vercingétorix. Le colosse fait près de sept mètres. Il a des cheveux longs et une grosse moustache. Comme il est impossible de le coucher, il est convoyé debout depuis Paris jusqu'en Bourgogne. Sur son passage, les Gauloises s'agenouillent et font le signe de Croix, croyant saluer « Saint Gétorix ». Mais Napoléon III n'en perd pas moins son trône avec l'Alsace et la Lorraine, et la France se décide enfin pour le statut de Chose Publique.


A l'orée du vingtième siècle, un curé soudainement enrichi prétend avoir trouvé un trésor. Le nouveau centre du pays enchanté se situerait dans sa paroisse, à Rennes-le-Château. Une enquête révèle qu'il prospérait sur la crédulité de ses fidèles. Malgré l'avertissement, des Gaulois se précipitent dans la petite bourgade du Roussillon et finissent en hôpital psychiatrique. Les autres, restés sains d'esprit, jurent de reprendre l'Alsace et la Lorraine et se ruent dans une guerre épouvantable dont il ressortent exténués. Hélas ! Quelques années plus tard, une deuxième guerre épouvantable les achève. Leurs patois disparaissent. Leurs familles se décomposent. Leurs campagnes se couvrent de carrefours giratoires et de centres commerciaux. Ils se surprennent alors à broyer du noir en marchant dans les sous-bois. De là à virer Charlie, il n'y a qu'un pas.


Aujourd'hui, la France est un petit pays coincé entre la Bretagne et la Belgique. Ses habitants s'accommodent tant bien que mal des inconvénients de la démocrature. Ils regardent bêtement les Arabes qui les appellent par leur vrai nom. A qui veut l'entendre, ils se vantent de ne pas supporter d'entendre parler de Dieu. Que Ton nom ne soit pas sanctifié, que Ton règne jamais n'arrive, telle est leur litanie secrète. Dans les enclaves royalistes, il se dit que le fils aîné du Comte de Paris ne peut prétendre au trône, car il est handicapé mental. Mais alors, qui est le Roi de France ? 


Toute Histoire n'est jamais qu'une devinette. Chez les Gaulois rien n'a changé. Il y a le ciel, les montagnes, les rivières, les chevaux et les vieux chênes. Donc, le jour vient après la nuit et la mort n'existe pas. 


Ainsi soit-il.

 

La Grande Touriste

 

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02/07/2015

RENCONTRES EURASISTES II

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« Si tu n'existes pas, comment veux-tu mener quelque guerre que ce soit ? Il n'est qu'une seule guerre. Depuis la Défaite, jamais le soleil ne s'est plus levé. Plus une seule fois. Ne crois pas qu'il soit simple de faire la guerre. Ni la guerre, ni l'ennemi, ni le faux ami ne suffisent à mener, à déclarer, à combattre une guerre. Ne crois pas non plus qu'il soit si simple que le soleil se lève. Fais que le soleil se lève. Alors seulement, la guerre reprendra. Alors seulement, tu seras invité à danser la danse de la guerre. » Olivier Mathieu, Châteaux de sable, p. 250, aux Éditions des Aprems