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23/12/2014

Leo Belgicus (Version revisitée)

 

(Texte écrit en 2013, publié en 2014 par l'Association Culturelle Zenit et republié ici dans une version revisitée.)

 

“L’ennui, c’est la maladie des âmes et des cerveaux vides. La vie devient vite alors une corvée horriblement terne.” Léon Degrelle, Les âmes qui brûlent, Quatrième partie : La joie des hommes, XIX Rêver, penser.

 

Je suis un essayiste eurasiste.

 

Je suis né à Uccle, capitale de toutes les Russies en exil, un jour de janvier.

 

Je suis, par le père de mon père, descendant d'un clan breton, héritier d'une famille française dont l'arbre généalogique remonte au XVIème siècle, quelque part, aux alentours de Saint-Malo, la branche de laquelle je suis issu s'est établie en Belgique après la Révolution, parfaitement assimilée. J'ai posé le pied en Bretagne alors que j'avais plus de trente ans. Je suis probablement le dernier de ma lignée.

 

Adolescence

 

Chez nous, les menaces de bonheur étaient rarement exécutées et les promesses de malheur souvent tenues. Entre les deux, nous rêvions. 

 

La nuit rouge, et le jour l’ennui…

 

L’ennui se propageait à mesure que la superposition des écrans éteignait le réel, faisant obstacle à la plus accessible des vérités, plus les écrans se superposaient, plus le ciel s'éteignait et moins les hommes libres s’apercevaient, rapetissant, moins la masse s’entendait, grandissante, le tout s’allongeant, s'aplatissant pour atteindre ce foutu quart d’heure de gloire télévisuel, s’uniformisant, perdant en carrure, en épaisseur, en muscle, pixelisant leur identité et la réduisant à un avatar conforme à la forme de l'anonymat normal conforme à la forme de la multitude connectée incapable de supporter le poids de sa légèreté et diluant ses lourdeurs dans la réalité diminuée par les virtualités augmentées du Libéralisme triomphant. Ainsi les neuro-esclaves prostituaient leurs jours à la morale désacralisée des progressistes et sacrifiaient leurs nuits aux vices de la morale conservatrice, de mauvais coucheurs au sommeil lourd que même les leviers sibyllins eurent du mal à réveiller ; un  poids sur l’oreiller, une jeunesse européenne en dormition.

 

Nous ne connaissions finalement rien du Nous, ne savions rien du grain noir et gras de notre terre.

 

Nous savions, au fond de nous, tout ce qu’il y avait à savoir du monde moderne et du sacro-saint progrès, nous savions que ce monde capitaliste, libéral et marxiste s'était construit uniquement et exclusivement contre la Tradition et le Futur, s'accrochant, parasitant, pilotant et détournant les révélations, politisant les transmissions et les religions justifiées, préparant les esprits mentalement occupés par la télé-division à la guerre virtuellement réelle et réellement mortelle de 5ème génération entre la Multitude liquide connectée au faux omniprésent et les peuples solides en voie de réenracinement, de redécouverte de la Tradition, mais, à cette époque, nous ne pouvions le dire et l'exprimer au-delà d'un reste de bon sens souvent matraqué par la présence d'une idéologie gauchiste, car dans l’ennui de l'ignorance, l'ignorance des mots et de leurs sens, nous apprenions à aimer ce progrès mortifère nous jetant ses lumières stroboscopiques, épileptiques et schizophréniques au visage, et à apprécier ses démons quotidiens, qui assuraient de nous fournir tous les palliatifs synthétiques pouvant adoucir la vérité de la mort ; seule vie.

 

Belgique laboratoire, Belgique américaine, Belgique trou noir, Belgique de l’Union dite Européenne, voici le lieu, de nos joies, de nos peines, ici, étaient concentrés tous les acharnements du monde moderne contre la Communauté de l’être, l’identité n’était même plus un sujet, et quelle identité ?

 

Arborescence

 

Celle d’un central destin ; polaire. Celle d'un carrefour naturel ; d'une Terre du Milieu. Celle d'une longue mémoire et d'une très longue présence humaine ; celle de l’homme de Spy, d’Engis et de Flavion. Celle des celtes, des frisons et des gallo-romains. Celle de la double origine fondationnelle de la France et du mystère franc-mérovingien ; des rois faits-néant comme préfiguration d'un obscurcissement ; le sommeil d'un Roi au creux d'un chêne. Celle des bourguignons, des carolingiens, des espagnols, des néerlandais et des italiens. Celle du grand espace, de la Gallia Belgica de César ; de la Guerre des Gaules. Celle des dix-sept provinces. Celle des premières abbayes dans les polders. Celle de l’effervescence et des premières universités européennes ; du feu chrétien faisant frontières. Celle des forêts, des premières fermes dans les Ardennes. Celle des campagnes, si vertes, si belles. Celle de Clovis, de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire, de Charles Martel, de Charles Quint…

 

Et puis ; la lente, la patiente, la prudente ; l'occulte avancée, entre pure engeance d'un nouveau mal et prude vengeance à la poursuite d'un mal ancien se confrontant dans les temps suspendus et accélérés de la métahistoire ; de la révolution capitaliste, libérale et industrielle anglo-saxonne contre les insurrections paysannes traditionnelles ; la renaissance atlantiste liquide et horizontale de la République thalassocratique contre la Renaissance hyperboréenne solide et verticale d'un Empire tellurique, d'un Occident primordial, de l'Europe boréale et méditerranéenne, de l'Europe du Soleil invaincu maitrisant Mer et Terre du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est...

 

La tellurocratie n'existe pas, où plutôt, à l'origine, seule le principe tellurique existe en terme de puissance et de géopolitique.

 

La thalassocratie est la matérialisation géopolitique d'une fracture philosophique fondamentale entre deux visions du monde ; l'émanation d'un dédoublement principiel de la notion diplomatique et antique de relation internationale ; la projection politique d'un reflux civilisationnel atlantiste ; la construction conceptuelle occidentaliste d'une opposition unique et exclusive aux structures traditionnelles multiples et inclusives ; la flottille armée de la contre-initiation et de la conspiration mondialiste en mouvement d’assombrissement ; l'idéologie du progrès développée par les esprits liquides du monde moderne ne pouvant exister que contre la Tradition ; l'Empire du non-être et les impérialismes de l'indistinction contre L'Imperium intérieur de l'être et les empires de la distinction culturelle.

 

Le principe tellurique élémental ne s'oppose pas à l'idée de pluie, de source, de rivière, de lac et d'océan, à l'idée de l'eau, pas plus qu'il ne s'oppose à l'idée d'agriculture, d'hydratation, de moulin, de pêche et de navigation, à l'idée de vie, l'eau est un élément à part entière de ce principe vitale qui est un tout ; personne n'a attendu les anglais pour faire du vin.

 

Le principe thalassocratique de liquidation, initié, ou transmis par l'énigmatique et perfide Albion réminiscence crépusculaire d’une désorientation occidental en orient et reflux d'un accident oriental en occident ; répétition fractale d'une expérience babylonienne recommencée en terre européenne orientée ; commencement d'une confrontation ésotérique et révolutionnaire finale dans une interaction assassine et meurtrière entre les fils de la liberté et les disciples du libéralisme, entre les ombres solaires de la Tradition et les lumières ténébreuses du Progrès – dont nous avions vu les œuvres quatre-vingt-neuvième  à Paris et à Liège, et la subversion de 1830 à Bruxelles La révolution Brabançonne ; les États- Belgique-Unis ; l’unionisme ; etc , dans la continuation conspirative de la Révolution industrielle antitraditionaliste de 1649 partie d'Angleterre, et sa mission d’assombrissement du monde ; et de notre ciel bleu-Magritte.

 

La subversion de la colonisation financière et pseudo-civilisationnelle aux nom des belges et des peuples européens par leurs élites apatrides, l’erreur capitaliste congolaise contre l’aventure conservatrice africaine… La captation des richesses de notre terre par la dynastie bourgeoise des Saxe-Cobourg et Gotha, et de la morne-archie con-stitutionnelle, blague belge financière, braderie argentière et prise de pouvoir aristocratiquement démocratique ? Verticalement parlementaire ? Ou absolument précaire ?

 

Paradoxe fédéral, surréalisme national, la Belgique est une tragédie grecque, posture royale pour un Trône bancaire,  pantalonnade impériale pour une Couronne de faussaires, la Belgique est un drame romain.

 

Ensuite, la première guerre mondiale des mondialistes, ou comment asservir ou liquider tous ces braves paysans, artisans et ouvriers enracinés d’Europe, du Monde authentiquement révolutionnaire et insurrectionnel de la Tradition, qui continuaient à vivre alors qu’on leur avait ordonné de s’aliéner ou de mourir, au suivant ! Alors vint la seconde étreinte, la deuxième saignée pour finir le travail, la Grande Guerre, celle de Paul-Henri Spaak et de Léon Degrelle… Après, la Nuit. Depuis, rien…

 

“Mourir vingt ans plus tôt ou vingt ans plus tard importe peu.

Ce qui importe, c’est de bien mourir. Alors seulement commence la vie.” Léon Degrelle, Les âmes qui brûlent, Cinquième partie : Le service des Hommes (notes du front russe), XXV La grande retraite

 

Arthrose

 

La Belgique, et plus précisément ce que l'on appelait le Benelux, jouait un rôle de rotule dans l'articulation européenne depuis des siècles, et d'une certaine façon, la Belgique existait avant qu'on l'officialise, cela faisait également des siècles que les forces thalassocratiques œuvraient contre l'Europe continentale, mais s'il fallait repenser une Europe possibiliste, il fallait pouvoir considérer les axes intérieurs et historiques tel l'axe rhénan, mais il ne fallait pas oublier les articulations concentriques et les interconnexions commerciales aux frontières intra-européennes, ce que nous essayions d'exprimer, c'est qu'un espace identitaire se formait et existait avant d'être nommé, certaines concentrations culturelles étaient remarquables, il y avait des particularismes belges, qui avaient certainement mit plus de deux siècles pour se former ; opposer le localisme au régionalisme, le régionalisme au nationalisme, le patriotisme au continentalisme n'avait plus de sens, c'était le jeu du mondialisme, dans tous les cas ; le Grand Jeu des oppositions nécessaires au dysfonctionnement rentable du Capitalisme trois fois libéral

 

Comment dire aux nôtres les maux du Libéralisme triomphant sans qu’ils nous condamnent ? Comment dire le Spectacle ? Comment dire la Marchandise ? Comment éviter la dérision apolitique des boulets belges ? Comment dire l’identité dans ce marasme ethnomasochiste ? Comment dire la babelisation au pays des candides et de la tour de Babel ? Comment dire qu’en combattant pour l’enracinement de notre peuple nous combattions pour tous les peuples enracinés ? Comment dire le mensonge de l'économisme et la vérité de la virtualité de la monnaie ? Comment dire à nos camarades la conspiration mondialiste et la subversion des oppositions nécessaires ? Comment dire le double déracinement de l’immigré, arraché à sa terre et à sa tradition ? Comment dire que l’Europe affrontait depuis toujours l’Occident ? Comment dire l’effondrement ? Comment dire la solidarité ? Comment dire la Tradition ? Comment dire l’être ? Comment dire l’intuition ? Comment dire le sol ? Comment dire le sang ? Comment dire la beauté ?

 

“Tu es des nôtres, car tu es des tiens.” Jean Parvulesco

 

Autant de questions radicalement sérieuses et hautement périlleuses se posaient. Elles se posaient, et devaient se poser, se poser sereinement, et malgré la confiance que nous essayions d'accorder aux nôtres, à notre peuple, nous étions forcés de constater l'inexistence de  convergences transcourantes (ne seraient-ce que symboliques), et les quelques interactions métapolitiques auxquelles nous assistions (n'ayant pas vraiment le droit d'y participer, ou nos billets ne suscitant aucun intérêt chez nos compatriotes dans des stratégies de l'édredon et autres étouffements criant de vérités, sur des critères inconnus de toutes façons, de toutes manières et dans tous les cas), avaient, en Belgique, dix ans de retard sur la France et les interactions européennes prérévolutionnaires du XXIème siècle que nous pouvions observer ou auxquelles nous participions, et donc, en quelque sorte, dix ans de chemins a parcourir, c'est-à-dire vingt ans de décalage.

 

La Liberté d'expression n'était même pas un sujet, la critique radicale de la gauche progressiste, moderne et libérale, et, par extension, de l'antiracisme institutionnel, initiée et ensuite reniée par la Dissidence emblématique, officielle et mainstream, en France, n'était pas prête d'être formulée, une première fois, dans les rangs des militants du quotidien de la Belgique prérévolutionnaire ; le travail de subversion des troupes d'occupation mental du mainstream politico-médiatique belge était facilité par l'entrisme systématique des syndicats synthétiques et l'hégémonie idéologique du gauchisme générique par les agents systémiques et les idiots sympathiques du MR libéral-progressiste et du PS progressiste-libéral (de surcroit libertaire) ; maillage franc-maçonnique et réseau atlantiste aux services de la conspiration mondialiste qui ne permettaient aucune dissidence opérative sans rapidement attirer l'attention dans un paysage intellectuel belge dont il était impossible d'expliquer la pauvreté et d'exprimer la médiocrité, dont il était difficile d'expliquer la dangerosité et d'exprimer ses degrés.   

 

Comment parler d'une seule voie à nos amis de nos perspectives identitaires européennes – et particulièrement, à nos voisins, nos amis et nos frères d'origine étrangère et extra-européenne, parfois davantage légitimes, il faut le dire, dans leurs comportements, à travers leur mode de vie, par leur savoir ; le savoir vivre et le savoir être ; les connaissances et la culture ; les principes, valeurs et fondamentaux qu'ils portent pour représenter l'Europe européenne de l'Unité dans la diversité, que certains de nos compatriotes de souche européenne et de race blanche désorientés ont parfois du mal à incarner au-delà d'une réaction réactionnaire parfois accompagnée d'un islamocentrisme primaire contre-productif – dans l'urgence de notre temps qualifié, et pour qu'ils deviennent des camarades métapolitiques au-delà des amitiés réelles et de la liberté individuelle ; du cas par cas ; et, des solidarités virtuelles et de la responsabilité collective ; de l'amalgame ?

 

Comment expliquer à l'ensemble de nos compatriotes européens ; à qui il revenait de régler leurs crises et incertitudes identitaires personnelles en leur fort intérieur ; en leur qualité d’hommes libres, en ces temps troublés et dans le contexte particulier de notre Belgique Terre d’accueil au sens de passage culturel séculaire et de carrefour civilisationnel millénaire – sans commune mesure avec l’acception égalitariste, progressiste et cosmopolite que pouvait recouvrir cette notion traditionnelle d'accueil (de justice païenne ; de la totalité celte, de l'équité romaine et du juste milieu grec ; et de charité chrétienne ; de la trinité orthodoxe, de l'humanisme catholique et des traditionalistes grivois) en son sens moderne et libéral qui en faisait une notion impérialiste, paternaliste et colonialiste de Terre de désenracinement et d'indistinction pour tous, d'un accueil calculateur aux accents gauchistes et philanthropiques, fausse entraide et véritable ingérence, assistanat stérilisant et solidarité abrutissante –, que les guerriers, les prophètes et les prêtres du Retour des Grands Temps, du Retour à l'être, à l'être totale, à l'esprit vertical et à la race intérieure  ne seraient pas tous païens, catholiques, nationalistes, blancs et européens dans cette Croisade contre le monde moderne ; contre l’unipolarité, l'hégémonie et le statu-quo du post-libéralisme paradigmatique ; contre le régime démocratique par les menteurs ; contre la religion athée du Laïcisme et sa tradition agnostique ; contre le système économique usurier, mondialiste et capitaliste-libéral et son contre-système alter-mondialiste marxiste-libéral ; contre l'Empire global du non-être ?

 

Comment expliquer, aux uns et aux autres, distincts et différenciés, qu'il n'était pas question de demander, à qui que ce soit, de se justifier d'être, d'exister et d'être là ?

 

Il était question de faire des choix comme il en est toujours question ; ni plus, ni moins. 

 

Artois

 

Nous devions tous nous efforcer à appréhender la nature subtile et délicate de ce moment de Kairos ; de cette situation de dénouements historiques, métahistoriques et suprahistoriques ; de la configuration finale d'une histoire qui avance et d'un choix qui se réduit au fur et à mesure qu'il s'éloigne ; d'une situation inédite qui nécessitait d’opérer des alliances géopolitiques, philosophiques et métaphysiques immédiates, de les renforcer sur le terrain métapolitique de la réalité politique diminuée et de la virtualité idéologique augmentée.

 

Le libre choix qu'avait nos camarades extra-européens était d'embrasser intégralement et d'épouser totalement l'identité civilisationnelle européenne ou de la rejeter ; de penser l'équilibre du monde multipolaire à partir de leur expérience sociale, leur histoire familiale et identitaire (une seule identité par espace identitaire esthétique, éthique et métaphysique était possible et imaginable : ce qui excluait, entre autre, l'idée de la double nationalité administrative, peu importe les cas de figure) que nous respections autant qu'ils considéraient les nôtres ; et, si c'était déjà le cas, de réaffirmer cette  assimilation ; loin des doubles allégeances (et cela valait pour les uns et pour les autres) ; car leurs camarades de souche européenne n'avaient, non seulement, pas ce choix déjà limité, mais ils étaient également condamnés à réaffirmer et à justifier leur identité sur la terre de leurs ancêtres, ainsi, le monde moderne imposait, aux uns et autres, d’incarner sans défaut et sans complexe leur excellence européenne, ce qui impliquait que leur critique radicale du Capitalisme, et par extension de l'immigration salariale devrait les mener à l'idée de remigration positive, de coopération et de développement, de justice sociale continentaliste.

 

Nous ne pouvions répondre à la place des uns et des autres à la question de l'identité et des différents espaces identitaires qui la traversent, nous ne pouvions pas savoir si les extra-européens hésitants devaient opter pour la solution du Retour éternel à la Terre des ancêtres et mener le même combat que nous autres, dissidents, dans cet ailleurs originel, d'autant plus s’ils ne peuvaient assumer, accepter ou aimer intégralement cette identité européenne ?

 

La position équivoque de non-assimilation aux pays d'accueil et de non-retour aux pays d'origine de certains de nos camarades extra-européens dissidents, néo-souverainistes et patriotes position identitaire incohérente et mortifère, et pour l'individu qui la véhicule, et pour la société qui la transporte , est la position du statu-quo mondialiste appliqué à l’identité et à la question identitaire, une identité liquide de liquidation de tous les espaces identitaires, celle de La France contre les robots de Bernanos, de La Fosse de Babel d'Abellio, de 1984 d’Orwel, du Meilleur des mondes d’Huxley et des Possédés de Dostoïevski .

 

Comment expliquer notre contexte belge différencié et distinct à nos camarades français que nous pouvons comprendre car nous sommes francophones et ouverts sur la France mais qui ne peuvent pas nous comprendre car ils ne sont pas belges et très peu ouverts sur la Belgique, à tord.

 

Comment expliquer que nous ne confondons pas diversité et mixité à ceux qui ont décidé que l'égalitarisme et le règne des minorités définissaient l'idéal du régime démocratique ? Comment expliquer que nous ne confondons pas multiculturalisme et cosmopolitisme à ceux qui ont décidé que le suprémacisme et le racialisme biologique définissaient l'essence du pouvoir organique ?    

 

“Nous avons déjà reconnu en traitant du fascisme, qu’il serait légitime de proposer l’idéal d’un nouveau type humain supérieur au centre d’un processus global de cristallisation, de rectification et de formation de la substance d’une nation : à condition de ne pas donner trop d’importance, dans cet idéal, à l’aspect biologique, mais insistant surtout sur la “race de l’esprit“. Inversement, dans le racisme national-socialiste, ce fut justement cet aspect biologique qui eut une part essentielle. A cause d’une déformation mentale “scientiste”, on se fit beaucoup d’illusions en pensant qu’il suffisait de procéder à une prophylaxie et d’ériger des barrières contre les métissages, sans oublier les mesures eugéniques, afin que des vertus disparues reviennent et que l’homme créateur d’une civilisation supérieure réapparaisse automatiquement. Il y a aujourd’hui des peuples, tels que les peuples norvégiens, suédois et hollandais, qui représentent un degré élevé de pureté raciale et même “normale”, mais qui sont plus ou moins éteints intérieurement, spirituellement abâtardis, privés des vertus qui les caractérisèrent en d’autres temps.” Julius Evola, Notes sur le Troisième Reich

 

Attraction

 

“À son insu, le système nous a dévoilé l’arme qu’il redoute le plus : la fidélité aux principes, l’élégance révolutionnaire inaccessible aux compromissions, l’exemplarité comme dissidence véritable. Nous nous y tiendrons donc.” Vincent Vauclin, Putsch

 

Rattachisme ? Qui oserait nous parler de ratta-schisme comme solution alors que l’Europe est intégralement colonisée par l’Empire global via l’OTAN et l'Union dite européenne ? Et cela-même avant d’essayer de s’en défaire, par forcément, une solidarité européenne...

 

Les constructions historiques, par delà le bien ou le mal, en l’état européen et l’occurrence de ses nations, se répondaient, correspondaient, bon an mal an, à une certaine réalité organique et une longue mémoire, et que, si nous les défaisions, au delà du bien et du mal, au nom de la Tradition qui n’est pas un retour en arrière (restauration) , cela ne pouvait être que dans une vision supérieure de l’Europe et non en une sorte de régression progressiste des États-nations dans le petit jeu anachronique des petites récupérations chauvinistes, de micro-expansions intra-européennes plus que discutables et nous pensions nocives, des minables souverainetés de façade aux services de l’hyper-caste, hors-pôle et hors-sol, du Divide et Impera, de tous les Impérialismes de l'indistinction contre notre Imperium particulier ; distinct.

 

Si la Belgique était scindée, si la Flandre se séparait de la Wallonie, est-ce que cela changerait fondamentalement le paysage global et virtuel du post-libéralisme paradigmatique centralisé et uniformisant qui avait cours en Europe et dans le reste du Monde ? Non.

 

Est-ce qu’un rattachement de la Wallonie à la France, renforcerait la France, et soutiendrait le peu de consciences locales et régionales européennes qui existaient encore en Belgique, vers un sentiment national et une projection continental authentique, une échelle possible de résistance à la République universelle ? Non.

 

Un rattachement dans ce contexte de mondialisation sauvage dirigée par les mondialistes aurait été une hérésie et aurait tué ce qui restait de conscience territoriale belge, celle des sentiments régionaux et de l’enracinement factuel, dans la stratégie mondialiste de dissolution des États-nations en régions faibles et isolées d'un centre par une politique de régionalisation (balkanisation) qui est en réalité une centralisation des pouvoirs par l'UE ; par l'Union Étasunienne. Même logique pour l’Europe en tant que bloc continental et les États-nations en tant que régions continentales, à une échelle supérieure de défense des espaces identitaires, ça n’était pas en sortant ou en détruisant l’Europe que nous combattions l’Empire global : Est-ce qu'une souveraineté fondée en droit (de jure) mais inexistante dans les faits (de facto), telle que définie par le système westphalien, en terme de puissance et de pouvoir, conférée aux États-nations – ou aux régions – était suffisante pour faire face à l'Hégémonie atlantiste et son mensonge droitdel’hommiste ? Non. Nous parlerons rattachisme quand l’Europe sera libérée de l’Union dite Européenne à travers une solidarité authentiquement européenne...

 

Autarcie

 

Les néo-souverainistes de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle de E&R à MetaTV, en passant par le Cercle des Volontaires et Laurent Louis, pour ne citer qu'eux, et, les souverainistes officiels du mainstream politico-médiatique à l’image de François Asselineau de l’UPR ou de Nigel Farage du UKIP, en passant par Nicolas Dupont-Aignan et DLF (ex-DLR), étaient finalement davantage mondialistes que les mondialistes eux-mêmes (comme les nationalistes avaient voulu être, en leur temps, plus royalistes que le Roi), ils entretenaient le mythe de la toute puissance de l'ennemi, ils étaient à la manœuvre, nous assistions, impuissants, à une recomposition de la gauche républicaine sur les renoncements de la droite conservatrice et gaulliste...

 

Les continentalistes de l'Europe Européenne, de la plus Grande Europe, et les eurasistes de l’Empire Eurasiatique de la Fin qui n’étaient ni mondialistes, ni alter-mondialistes, ni alter-nationalistes ou alter-patriotes, et plutôt nationalistes que souverainistes dans l'esprit et à cette échelle identitaire (pour nous, ces deux échelles identitaires n'étaient pas à mettre sur le même plan, la Patrie étant un espace identitaire métaphysique, tandis que la Nation répondait d'un espace identitaire éthique, physique et diplomatique, en réalité) peinaient à imposer ce débat autour du souverainisme subversif et contre-initiatique de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream pendant que l'ombre marxiste du corps néo-souverainiste en mouvement s'étendait et s'imposait au camp national et révolutionnaire par la réinformation mortifère et le complotisme compulsif.

 

L’arnaque, ou l’erreur, était simple, les néo-souverainistes dénonçaient tout et voulaient sauver la France disaient-ils, mais ils entendaient République, en effet, leur critique de la République était limitée car ils étaient eux-mêmes soumis à la subversion républicaine, démocrate et laïque intrinsèque à leur méthode journalistique virtualiste, spectaliste, narcissique et mercantile qu'ils avaient développé comme tactique marxiste, troskyste et gramsciste d'entrisme révolutionnaire unique et exclusive qui par définition empêchait une réelle volonté d’opérer une critique radicale du post-libéralisme paradigmatique sur lequel reposait finalement leur stratégie ; ils avaient investit dans ses codes et ses codes avaient fini par les asservir ; critique qui les amènerait à la conclusion que l'idée révolutionnaire et traditionaliste de Croisade contre le monde moderne était la seule voie à emprunter selon les conclusions que nous pouvions établir à partir de leurs constats soignées aux petits oignons, c'est bien en cela que nous parlions de 4ème position.

 

Plus le temps trépassait, plus ils assumaient leur idéologie marxiste, leur politique souverainiste, leur métapolitique dissidente, leur géopolitique westphalienne, leur philosophie patriote et leur métaphysique libérale dont nous ne pouvions définir la filiation occulte que de franc-maçonnique au sens le plus spéculatif, plus le néo-souverainisme idéologiquement neutre qui n'existe pas et qui ne dit pas son nom se dessinait.

 

Ils ne critiquaient que très rarement la métaphysique essentiellement progressiste et principalement moderne du Capitalisme trois fois libéral paradigmatique et de sa Triple transformation (Charles Robin, Perspective michéennes: La triple transformation libérale, magazine Rébellionn°58, pp. 29-32) qui était le moteur primordial de la machine anti-France et par extension anti-Europe, en des termes radicaux, non-conformistes, rupturalistes, eurasistes et traditionalistes (la critique du Libéralisme triomphant se figea, puis s'arrêtera, plus exactement, recommença à celle de Michéa expliqué par Charles Robin sous l’opprobre d'Alain de Benoist) car c'est le progrès et la modernité qui animaient, en vérité, leurs propres théories et celles qu'ils soutenaient, de la Véritable démocratie technocratique d’Étienne Chouard, grand Magellan des gentils virus, préfiguration de la web-démocratie des multitudes connectées, tyrannie en ligne des indignés, des anonymous et des 99%, totalitarisme laïque de l'arc républicain athée et agnostique des métanautes, de Laurent Louis et ses boulets belges pour toute Dissidence wallonne (qui avait été imposée à coup d'agression publicitaire par une ingérence dieudoniste typiquement de gauche, colonialiste, alors que la plupart de nos camarades et de nos compatriotes belges exécraient Laurent Louis et l'image qu'il donnait de la Belgique, mais le paternaliste Dieudonné, et son équipe ; qui n'en n'avaient visiblement rien à foutre de notre dignité et de nous faire passer pour des cons tant que Laurent Louis vendait de l’ananassurance en tranche et de la Révolution fruitée matin, midi et soir ; ne nous avaient jamais répondu, ils n'étaient pas les seuls, à nos courriers concernant ces faits et d'autres sujets, la censure de Laurent Louis et son mépris pour les militants du quotidien, certes plus discrets,  mais qui faisaient le boulot et soutenaient Dieudonné quand Laurent Louis n'avait encore aucune idée de son existence et de la Dissidence dont il n'aura jamais, d'ailleurs, aucunes idées ; Laurent Louis qui étouffait toutes critiques positives, participatives, de son idéologie subversive, grâce, et uniquement grâce, à la légitimité que lui conférait une quenelle d'or dont nous réfutions et dont nous combattrions désormais, puisque l'on ne nous écoutait pas dans notre propre pays, la pseudo-légitimité...

 

Poisson d’Avril permanent et reboot perpétuel à gauche toute du Capital par l'effet de la dialectique incapacitante de la vraie-fausse république, de la vraie-fausse démocratie et de la vraie-fausse laïcité distillée par la Dissidence mainstream et son réalignement stratégico-commercial aux logiques du Spectacle et de la Marchandise ; arc westphalien de disputation démocratique interne unique et exclusive autour du vrai-faux libéralisme, du vrai-faux marxisme et du vrai-faux souverainisme, et, de la gestion alternative de la Marchandise, de l'organisation subversive du Spectacle et de la direction contre-initiatique du Laïcisme entre néo-souverainistes du Capitalisme trois fois libéral de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle sous contrôle de la Dissidence emblématique, officielle et mainstream.

 

Articulation

 

Sur l’Ukraine  et l’Eurasisme. Nous n’avions pas la vocation d’être contre le peuple ukrainien et contre la stratégie russe, comme nous n’étions pas poutinolâtres, ni russes. Un ni-ni ? Si être européen, chercher un équilibre pour l’Europe et penser les intérêts géopolitiques européens était être dans le ni-ni : Nous étions des ninïstes. Nous pensions qu'en tant qu'Européens, nous n'avions pas à choisir entre les États-Unis et la Russie, mais nous choisissions la Russie pour nos intérêts européens, et plus précisément parce que nous considérions l'axe eurasiatique comme le topos immédiat des révolutionnaires européens

 

La négation de l’Europe était véhiculée autant par les atlantistes que les souverainistes, parfois même par les nationalistes et les royalistes qui accordaient tribunes aux subversifs quand ils déniaient l'existence d’alliés potentiels du côtés des traditionalistes.

 

Entre les survivalistes isolationnistes, les localistes communautaristes, les régionalistes maladroits, les dissidents patriotes, les nationalistes républicains, les alter-nationalistes, les nationalistes hésitants : les néo-souverainistes, mais aussi les alter-mondialistes, les supranationalistes, bref, il n'y avait, en effet, que très peu de place pour la Révolution et la Tradition. Et nous n'insistions pas sur l'indignité de la façon et des manières dont la Dissidence mainstream se montraient pro-russe, prête à l’annexion sans conditions et sans comprendre, ce qui est pire, la nécessité d'un dialogue avec les acteurs supra-nationaux et oligarques de la CEI que Vladimir Poutine ne pouvait pas contenir seul...

 

“4 – Le monde multipolaire n’implique pas un retour au système bipolaire, car aujourd’hui, il n’y a pas une force unique, sur le plan stratégique ou idéologique, qui puisse à elle seule résister à l’hégémonie matérielle et spirituelle de l’Occident moderne et à son chef : les États-Unis. Il doit y avoir plus de deux pôles dans un monde multipolaire.

 

“5 – Le monde multipolaire considère avec circonspection la souveraineté des États-nations existants. Cette souveraineté présente un caractère purement juridique lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’un potentiel de puissance suffisant, sur les plans stratégiques, économiques et politiques. Au XXIème siècle, cette souveraineté formelle n’est plus toujours suffisante pour permettre à un État national de s’affranchir comme une entité véritablement  souveraine. Dans de telles circonstances, la souveraineté réelle ne peut être atteinte que par une combinaison, une coalition d’États. Le système westphalien, qui continue d’exister, de jurer, ne reflète plus les réalités du système de relations internationales et nécessite une révision.

 

6 – La multipolarité n’est réductible ni à la non-polarité, ni à la multilatérité, car elle ne confie le centre de la prise de décision (le pôle) ni à un gouvernement mondial, ni au club des États-Unis et leurs alliés démocratiques (« le monde occidental »), ni aux réseaux sub-étatiques d’ONG ou d’autres instances de la société civile. Elle considère que le pôle de décision doit être localisé quelque part ailleurs.” Alexandre Douguine, Pour une théorie du monde multipolaire, chap 1. La multipolarité, définition des concepts utilisés, Résumé,  pp. 19-21, aux édition Ars Magna

 

L’Eurasisme, de notre point de vue européen, n’était pas le monde unipolaire, ni le monde bipolaire, ni le monde multilatéral, mais le monde multipolaire, est-ce que l’idée du monde multipolaire était un ni-ni-ni ? Non. La théorie du monde multipolaire était, multipolaire, point ; et elle n’était donc pas ceci ou cela, ou encore autre chose, et s’il devenait autre chose, elle n’était plus multipolaire. Être européen n’était ni un ni-ni, ni un mondialisme. C’était être Européen dans un monde multipolaire.

 

Essai : Si la Ruthénie kiévienne était le berceau Rous’ de la Russie, l'Ukraine, vue de sa longue histoire était la plus Russe des nations russes et ne pouvait que s’intégrer naturellement, du moins sa part très russe, à la Nouvelle Russie de Vladimir Poutine et de l'Empire Eurasiatique de la Fin, la Russie avait en elle une part de Ruthénie kiévienne et l'Ukraine était donc Russe et la Russie Ukrainienne, à part entière ; nous n'avions jamais bien comprit, malgré de nombreuses lectures croisées (des articles de Pascal Lassalle et d'Alexandre Douguine) comment se faisait-il que certains de nos camarades révolutionnaires n'y voyaient pas la conspiration mondialiste ? Nous devions faire de l'Ukraine un pont d'Euxin, nous en faisions une place de division colorée.

 

Comment se faire respecter en tant que peuple par la Russie si nous faisions montre de soumission à la stratégie de la conspiration mondialiste de division des révolutionnaires européens et de ralentissement des avancées souterraines des mises-en-marche en avant à  contre-courant de la révolte des peuples européens ? Un évènement, certes métahistoriquement historique et difficile à appréhender, à trancher, mais dont nous étions pas involontairement des acteurs...

 

Nous étions eurasistes et traditionalistes, nous étions localistes, régionalistes, nationalistes et continentalistes, nous n’avions pas les preuves, ne voyions pas les signes et ne recevions pas les gages nécessaires du nouveau pouvoir russe nous indiquant que Vladimir Poutine empruntait une voie eurasiste, il empruntait une voie eurasiatique, certes, qui n’était pas la Quatrième théorie politique, mais un autre pacte transatlantique, un pacte transeurasiatique ?  Et puis nous avions vu les signes du Nationalisme Donbassien, nous voyions que l'Empire Eurasiatique de la Fin prenait bien forme.

 

Alexandre Douguine n’avait malheureusement pas autant d’influence sur le pouvoir russe que certains le fantasmaient et le voulaient, mais peut-être davantage que certains l'affirmaient, il était difficile de savoir ce genre de chose en temps réel. Nous étions donc eurasistes, mais pas pro-russes au sens que pouvaient l'être les poutinolâtres néo-souverainistes de la Dissidence mainstream qui ne comprenaient visiblement pas le concept absolu Vladimir Poutine, nous étions des eurasistes européens, nous pensions que seul la Quatrième théorie politique et la Théorie du monde multipolaire pouvait affronter les théories libérales et mondialistes, si et uniquement si, il restait cet Eurasisme-là, celui de la Métaphysique du Chaos et du Temps Lyapunov… Nous voulions rester dignes et ne pas nous exciter. Nous voulions prendre du recul alors qu’une part de l’histoire de l’Eurasisme de la Fin s’écrivait manifestement en Ukraine et des clivages que ça engrangeaient dans les mouvances révolutionnaires européennes.

 

“J’ai une expérience des Balkans, où se déroule un massacre contemporain, presque comme au Moyen-Age. En-dehors de tout autre considération, cela signifie que l’humanité, bien que changeant constamment, reste fondamentalement la même – ses valeurs les plus importantes et les plus fondamentales sont toujours l’ethnie et la religion, l’amour de la justice et la soif de liberté, la foi en un idéal et la haine de l’ennemi. Ce qui compte est seulement de définir correctement la ligne de front, les amis et les ennemis pour chaque civilisation, chaque peuple, chaque tradition.” Alexandre Douguine, Le prophète de l’Eurasisme, Partie 1 Textes idéologiques, Le défi pour la Russie et la recherche d’identité, Atlantisme contre Eurasisme, p. 48, aux éditions Avatar

 

Arpège

 

Nous parlions au passé car nous pensions au Futur. Nous parlions au passé car tout s’accélérait ; tournoyait. Nous ne pouvions savoir quel évènement chasserait le dernier en date. Nous étions sur la brèche, en mouvement, la confusion régnait et nous commencions à voir le complotisme magique, réflexologique, axiomatique, comme le plus grand complot, comme le Complot des complots lui-même…

 

Au minuit cosmique, nous étions prêts ; à toute aube, tout zénith.

 

“J’en suis arrivé là. J’avais rêvé d’un siècle de chevaliers, forts et nobles, se dominant avant de dominer. Dur et pur disaient mes bannières. Je me sens balourd avec mon ballot de rêves passés.

 

Je sais que des sentiments tels que ceux que j’ai tenté d’exprimer ne se ressentent plus guère, semblent même “pénibles” à certains.” Léon Degrelle, Les âmes qui brûlent, Première partie : Les coeurs vides,  I Le feu et les cendres

 

La Réponse sera Métapolitique !

 

N.Pendragon

 

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19/12/2014

La démocratie, voilà l’ennemi ! (Julius Varuna)

 Ou le retournement in-extremis d’une incantation laïcarde

 

Je sais, je sais. Voilà qui paraîtra incongru à bon nombre de lecteurs. Il est clair que depuis 1945, nous avons écopé de « démocratie à perpétuité » (Bardèche) et ce sans le moindre espoir de remise de peine. Impossible de penser le monde en dehors de la démocratie. On peut la penser libérale, socialiste, libertaire, conservatrice, bourgeoise, chrétienne, islamique… bref, elle peut être tout, donc elle n’est rien. Nous-mêmes, avons eu du mal à changer de paradigme. La démocratie est bien « le meilleur des régimes à l’exception de tous les autres » (Churchill) pas vrai ? Tous les autres régimes ne sont-ils pas affreux ? Pourquoi ? Parce que !

 

Ainsi, dès nos premières amours putschistes nous heurtions nous à des réticences d’amis, de connaissances, d’inconnus croisés lors de manifestations. « Nous ne mangeons pas de ce pain-là ! » nous dit-on. Ah ? Bon. Préférez-vous celui de l’américanisation, de l’immigration de masse, de l’ultra-libéralisme, de la délocalisation, du judaïsme politique avec des pépites de société du spectacle pour relever le tout ? Le tartinerez-vous d’une margarine de pédocriminalité de réseau ou d’une confiture d’indifférenciation de genre ? Bon appétit messieurs-dames ! Et n’en laissez pas une miette ! Nous n’avons pour notre part plus très faim. « Le putsch ? et après cela la dictature militaire ?! », « Il faut sauver la République, avec une démocratie directe/réelle/véritable/tirée au sort/populaire » nous en passons, et des meilleures. Au moins, les deux dernières relèvent-elles d’un réel souci de bien faire.

 

La dictature, terme qui dans le vocable usuel couvre un spectre allant du régime autoritaire fasciste ou socialiste à la monarchie en passant par l’Imperium, louons la précision de nos contemporains, fait peur, très peur. Confondue allègrement avec la tyrannie, forme du pouvoir injuste, illégitime et oppressive –qu’il est parfaitement possible de vivre en démocratie !-, éloignée de sa définition primordiale d’une magistrature d’exception réservée aux cas de crise grave dans la République romaine, elle hante les cauchemars des français de tous bords. Soyons honnêtes, en réalité ce qui fait peur, c’est la « non démocratie ». Tout régime qui ne fait pas participer l’individu à sa propre aliénation ne saurait être acceptable. Eh bien, au risque de surprendre, nous osons affirmer qu’en ce qui nous concerne, nous considérons que la démocratie est à craindre de façon primordiale !

 

Avant toutes choses, évacuons l’idée saugrenue selon laquelle nous ne vivons pas en démocratie. En effet, une déviance commune consiste à confondre deux conclusions d’une même observation :

 

- La plus répandue consiste à dire que le fonctionnement actuel des institutions n’est pas démocratique en cela que le « peuple » serait finalement tenu à l’écart du pouvoir effectif par des oligarques technocrates non-élus. Ainsi nous ne serions pas dans une « vraie » démocratie, celle-ci ayant été « confisquée » par l’élite. Certains vont même jusqu’à regretter la troisième la quatrième ou les deux premières républiques. En c’temps-là, tout était bien différent, pas vrai ? L’affairisme, les réseaux maçonniques, le lobbysme, la politique politicienne, l’oligarchie, le mondialisme, tout cela a poussé comme par magie à la mort du Général de Gaulle !

 

- La seconde conclusion consiste à déduire que tout cela est parfaitement normal, logique et cohérent, que depuis 1789 que l’on parle de démocratie en France les choses en sont toujours allé ainsi, que l’idée même de démocratie au sens moderne est intrinsèquement libérale, bourgeoise, maçonnique, oligarchique, et que la République a toujours été un instrument de subversion au service du capital international et apatride. Sub sole nihil novi est !

 

Le lecteur s’en doutera, nous tendons à adhérer à la seconde conclusion. Il n’y a pas de vraie-fausse démocratie, de fausse-vraie démocratie, il n’y a que la démocratie, que nous jugeons à ses conséquences, comme l’arbre à ses fruits. La démocratie est ce qu’elle est. Y aurait-il eu une erreur de parcours, elle a eu droit à pas moins de cinq tentatives pour montrer un autre visage. Vous en faut-il une sixième ? Nous affirmons que la France –qui n’est pas la République- ne survivra pas à une sixième, ou à une prolongation indéfinie de la cinquième République.

 

Ce papier n’a pas vocation à effectuer une réflexion théorique sur le concept de démocratie. D’autres l’ont fait bien mieux que nous le ferions nous-mêmes, et ce qui nous intéresse, ce sont les avatars concrets de la démocratie, et leur action réelle sur les sociétés.

 

Et justement ! Nous l’affirmons, une nouvelle fois, la perspective de la sortie de la démocratie parlementaire, de marché et d’opinion ne nous empêche nullement de dormir. C’est sa prolongation indéfinie qui suscite chez nous l’inextinguible angoisse !

 

Car,

 

C’est la démocratie qui a bradé la souveraineté de la France à la technocratie européiste anti-européenne. A référendum (2005), référendum et demi (traité de Lisbonne 2007).

 

C’est la démocratie qui nous lie à l’alliance atlantique ad vitam aeternam, contre nos intérêts géopolitiques fondamentaux.

 

C’est la démocratie qui nous a vendu à la Banque, par la fameuse loi de 1973. Certes, la Banque n’a pas été élue, mais Pompidou ne l’a-t-il pas été ?

 

C’est la démocratie qui signera finalement le traité transatlantique, afin que l’Etat puisse directement être attaqué par une firme transnationale, afin que nous ne soyons plus qu’une énième étoile informelle sur le drapeau des Etats-Unis.

 

C’est la démocratie qui a accompagné le déchaînement du libéralisme économique, arraché les paysans de leurs terres pour travailler dans l’industrie, pris le parti du capital contre le travail, a fait tirer sur les grévistes, réprimé la Commune, abandonné la social au profit du sociétal, délocalisé, et signé le « pacte de stabilité ».

 

C’est la démocratie qui a massacré les Vendéens, préparé les mécanismes totalitaires, affirmé le « droit [des races supérieures] vis-à-vis des races inférieures » (Jules Ferry), prolongé le colonialisme au nom des droits de l’Homme, charcuté la carte de l’Europe au point de provoquer la plus grande guerre mondiale, lancé deux bombes atomiques sur des populations civiles, rasé la ville de Dresde et tant d’autres, toujours au nom de ces mêmes droits de l’Homme.

 

C’est la démocratie qui a accouché du patriot act, de la loi Gayssot, et de centaines d’autres lois liberticides.

 

C’est la démocratie qui a encouragé l’immigration extra-européenne transformant des nations millénaires en grand fourre-tout interethnique, accompagne le métissage forcé et le grand remplacement par un discours faux-cul et béat afin de masquer la violence de ce processus et de ses conséquences.

 

C’est la démocratie qui a légalisé l’absurde mariage « pour tous » en refusant au peuple français tout référendum sur la question, bien qu’inoffensif, si cette même démocratie avait été sure de répondre aux aspirations légitimes de son peuple, ouvert par là même une boite de pandore annonçant d’autres extensions du « pourtousisme » dans les années à venir, toutes aussi absurdes et malsaines les unes que les autres.

 

C’est la démocratie qui a divisé la nation : partis, communautés, ethnies, sexes, âges, religions.

 

C’est démocratiquement que la masse, démocratiquement inculte, hédoniste, individualiste et déracinée, réclame toujours plus de droits, accepte d’en donner sans y penser à toutes les minorités, pourvu que s’en soit, et qu’elles aient la salutaire impression de les persécuter.

 

C’est démocratiquement que fut votée une loi autorisant le meurtre de centaines de milliers de futurs français sous prétexte que personne ne désirât leur venue, quand bien même tout le monde acceptât l’esprit qui a permis qu’il soit conçu !

 

C’est démocratiquement que l’on abrutit des peuples entiers à coup d’évènements sportifs de masse, de jeux télé ineptes, de musique pauvre et débilitante, de séjours à l’école-garderie, où l’on apprendra, bien sûr, la gloire de la démocratie.

 

C’est démocratiquement que l’on détruit des nations pour leurs insoumissions au Système : Afghanistan, Syrie, Irak, Lybie, Mali, Centrafrique, Yougoslavie, Ukraine, en armant au besoin des terroristes, et que du même coup, l’on envoie des soldats français mourir sans que leur sacrifice n’ait une quelconque influence sur notre inexorable chute.

 

C’est démocratiquement que toute forme de spiritualité et d’intégrité supérieure fut rangée au rang de vieilleries ringardes et obscurantistes, scellant l’Homme à la boue rance du matérialisme.

 

Nous pourrions poursuivre, mais estimons en avoir assez dit. Nous nous doutons bien, de toutes manières que cela ne changera rien. Le démocrate saura même se réjouir de certains de ces faits. Notre objectif était de clarifier un point capital : Il n’y a pas eu de confiscation de la démocratie. La démocratie moderne (nous excluons les formes antiques de démocratie de notre opprobre), est, a toujours été, et sera ce qu’elle est intrinsèquement : une absurdité, un non-sens, un instrument de la subversion libérale et moderne contre la Tradition.

 

La démocratie, voilà l’ennemi !

 

 

Julius Varuna

 

 

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Pour une critique positive de la Dissidence ♠

 

Pour une Critique Positive de la Dissidence sera prochainement disponible en version papier sous forme d'un essai (prix coutant) et remis en ligne au format pdf (gratuit).

 

Pour une Critique positive de la Dissidence ♠

 

***

 

Premier et dernier Chapitre en exclusivité pour nos lecteurs :

 

I. Qu'est-ce qu'une « Critique positive » ?

 

« Le scandale n’est pas de dire la vérité, c’est de ne pas la dire tout entière, d’y introduire un mensonge par omission qui la laisse intacte au-dehors, mais lui ronge, ainsi qu’un cancer, le cœur et les entrailles. Je sais qu’un tel propos fera sourire un grand nombre de dignitaires d’Action catholique et de prélats politiques. Mais moi, je ne me lasserai pas de répéter à ces gens-là que la vérité ne leur appartient nullement, que la plus humble des vérités a été rachetée par le Christ, qu’à l’égal de n’importe lequel d’entre nous, chrétiens, elle a part à la divinité de Celui qui a daigné revêtir notre nature, – consortes ejus divinitatis, – entendez-vous, menteurs ? Quand je vous vois tripoter une vérité de vos doigts agiles, de vos doigts d’escamoteurs, de vos doigts sacrilèges, je sais ce que vous profanez, entendez-vous, c’est vous-mêmes qui me l’avez appris au catéchisme, imbéciles ! Grâce à vous, à vos calculs toujours déçus, à vos finesses qui ne trompent personne, à ce style onctueux que vous êtes seuls, absolument seuls au monde à trouver touchant, élégant, admirable, et qui manque à tel point de naturel qu’on se demande parfois avec épouvante s’il est encore capable de traduire un sentiment sincère, le nom de chrétien évoque instantanément, aux yeux de milliers d’incroyants, l’image d’une sorte de jocrisse qui s’érige en juge de tous, sauf de lui-même et des siens, proclame vanités les grandeurs et les honneurs qu’il ne brigue pas, l’argent qui n’est pas encore dans son coffre et les privilèges dont il ne jouit pas encore. Je ne cesserai pas de répéter à ces hypocrites qui n’ont que le mot de prestige à la bouche que la vérité n’a pas besoin de prestige, c’est eux qui éprouvent ce besoin, cette démangeaison, ce prurit, et ils n’ont pas le droit de le satisfaire aux dépens de la vérité. C’est se moquer amèrement du pauvre monde que de parler en incorruptibles censeurs à des adversaires supposés les auteurs de tous les maux dont souffre la société moderne, et de répondre à ceux qui vous interrogent sur vos propres fautes : « Malheureux ! Si nous disions la vérité sur nous-mêmes, nous risquerions de ne pouvoir plus la dire aux autres. Nous mentons donc dans l’intérêt de la vérité même. En sorte que plus nous sommes sévères pour autrui, plus il importe que nous montrions d’indulgence envers nos propres personnes. » Farceurs ! » Georges Bernanos, Scandale de la vérité,1939

 

Notre critique positive de la Génération dissidente est inspirée de la démarche de Dominique Venner qui, en 1964, écrivait Pour une critique positive, ouvrage qui s'adressait au « camp national » et qui, selon nous, préfigurait ce qui fût appelé la Nouvelle Droitedés 1969.

 

Nous nous adressons particulièrement à la génération de militants née des cendres du 11 Septembre 2001 que l'on appelle généralement, génériquement et généreusement « Dissidence ». Une critique positive de la Dissidence par un militant, pour les militants.

 

Métapolitique et méthode ; militantisme et critique

 

La « métapolitique », métaphysique de la politique (de Maistre) – littéralement : « ce qui se situe au-delà des affaires publiques » – se traduit dans la sphère dissidente par deux méthodes. L'une d'ordre traditionaliste, l'autre davantage matérialiste dans son ordonnancement.

 

La première est une intégralité métaphysique, géopolitique, politique et socio-économique. La seconde, d'inspiration gramsciste, est une logique d'entrisme médiatique d'idées politiques. Si elles sont différentes, si l'une est intégrale et l'autre d'ordre technique, elles ne sont pas antagonistes, et la seconde peut être l'art de la « mise-en-esthétique » des idées politiques à l'aune des nouvelles technologies. Si nous introduisons cet essai avec quelques entrées notionnelles et que nous allons parcourir le champ de la méthode, nous ne sommes pas épistémologues, ni philosophes, et nous allons le faire d'un point de vue militant. Ainsi, la méthodechemin, voie, moyen – peut concerner les arts, la science, la sociologie ou encore la philosophie, c'est la façon dont on recherche et la manière dont on réalise une œuvre.

 

Le militantisme c'est articuler une pensée, une parole et une action. Le militant est celui qui articule recul critique sur son propre militantisme et retour d'expérience, tout aussi critique, autour de sa « famille de pensée ». La critique est donc l'art de se poser et de remettre en questions nos certitudes.

 

Notre critique positive est la critique de nos abreuvements quotidiens au sein fécond de la « Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle » ; « recul » et « retour » qui ont donné naissance à ce premier essai militant principalement rédigé par votre serviteur ; un recueil d'articles du bloc-notes L'Heure Asieet du pôle de formation de La Dissidence Française extrait du cycle Pour une critique positive de la Dissidence.

 

Dépasser le constat de faillite

 

Nous n'allons pas dresser un ixième état des lieux du Capitalisme, du Libéralisme et du Mondialisme, établir un ixième « constat de faillite du Monde moderne ». Nous considérons nous adresser à des militants avertis partageant un certain nombre de références, il y a bien assez d'experts en faillite, effondrement, suicide et autopsie dans la mouvance, et nous nous concentrerons, dans cet essai, à comprendre les enjeux à l'intérieur de la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. En effet, après avoir dénoncé, accusé, réinformé, refait le monde, notre génération à la responsabilité de choisir une voie : Arrêtons de tourner autour du pot libéral.

 

Dans cet essai, nous nous posons davantage de questions que nous apportons des réponses « pré-emballées » comme peut en fournir le « mainstream politico-médiatique » et ses « troupes d'occupation mentale ». Cela dit, le système médiatique d'occupation n'a pas le monopole de la pensée unique et cellophanée. Á la « pensée unique », se substitue, par « effet miroir », et réaction, une « pensée exclusive » qui s'instille dans nos milieux prérévolutionnaires sous différentes formes.

 

Notre critique positive est celle de la génération, de la sphère, de la convergence, de la mouvance dissidente,et, plus largement, des mouvements tiers dont on peut qualifier l'activité militante de prérévolutionnaire.

 

N'ayant pas trouvé de précédent « papier » sous cet angle, nous trouvons néanmoins, sur internet, quelques articles que nous pouvons relier à l'idée précise de « critique positive », notamment sur le blog du Cercle non-conformeet particulièrement sous la plume de Jean (« Le gardien du phare ») ou encore sur le site du Bréviaire des patriotes et son Abrégé sur la dissidence, nous pourrions évoquer Sébastien de Rouen qui avait initié une démarche proche à travers son essai Refaire la France qui se présentait davantage sous la forme d'un programme politique, ou du moins un manifeste. Dans ses vidéos du mois, du moi et de l'émoi, Alain Soral a souvent abordé la question du militantisme vu par Alain Soral ; nous trouvons sur le blog Parousia de Laurent James une critique acerbe d'un certain complotisme éditorialiste comme dans le texte fondamental Le complotisme, cet anaconda dont nous écraserons la tête à coups de talon. Vincent Vauclin, de La Dissidence Française, s'est également essayé à cet exercice. Méridien Zéro, la radio « pirate » du Mouvement d'Action Sociale, aborde régulièrement la question du militantisme du point de vue de la « Troisième voie ». Récemment, est sorti, aux éditions du Rubicon, La jeunesse au pouvoir, sous la plume de Julien Langella, à l'adresse de la Génération identitaire, que nous n'avons pas encore lu, mais qui nous semble se rapprocher d'une critique positive selon une approche générationnelle, déjà, les éditions du Rubicon avait publié Casapound – Une terrible beauté est née ! D'Adriano Scianca et qu'il est intéressant de relever pour nos lecteurs.

 

« La volonté de puissance à travers une envie de dépasser les résistances, un esprit de conquête, une tension vers la destinée et la grandeur, la volonté de tout se réapproprier. La volonté de forme à travers l'aspiration de l'ordre, le refus d'une vie débraillée et confuse, la recherche du sens pour soi-même et pour le monde ainsi que l'attachement à un mythe et à des rites. La volonté de destinée à travers un désir d'éternité, d'une possibilité de durer, d'une perspective millénaire. Front de l'être. » Adriano Scianca, Casapound – Une terrible beauté est née !, Occupation, p. 271, aux éditions du Rubicon

 

Plus généralement, nous trouvons des éléments critiques dans chaque mouvement et chez chaque militant, et nous sommes à l'écoute d'un large spectre de « militants ». Il y a, dans l'ordre ou dans le désordre, tout un lexique à inventer ou à réinventer, à renouveler, une ambiance à installer, un axe à trouver, bref, nous partons, nous autres, dissidents, de zéro en la matière. Le caractère parfois « affirmatif », voire « péremptoire », de notre critique, ne doit pas décourager nos lecteurs. Notre critique se veut sincèrement constructive et fondatrice – « (...) Et si je vous dis que vous êtes deux glands, là, vous avez du péremptoire. » Arthur (Alexandre Astier), Kaamelott. Nous espérons que nos maladresses nous serons pardonnées et que nous serons un jour adoubés par nos pairs !

 

Questionnement originelle

 

La Dissidence joue-t-elle un rôle dans le « Grand Jeu » de la conspiration mondialiste ? Est-elle un instrument du Grand Orchestre arc-en-ciel d'une ingénierie cybernétique psycho-sociale partout ?

 

Nous n'avons pas l'outrecuidance de comparer nos devoirs militants aux études des libres penseurs, philosophes, historiens, intellectuels et théoriciens de la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. Cependant, nous allons essayer de répondre, ou du moins donner un début de réponse exploitable, aux questions qui se posent de notre point de vue de militant.Suivre bêtement un penseur « non-conforme » est une insulte à sa pensée, bien que certains intellectuels peuvent certainement s'en accommoder et s'en accommodent certainement.

 

Nous ne prétendons pas avoir raison sur toute la ligne, ou connaître la véritable vérité véridiquement et vraisemblablement vraiment vraie. Notre pensée est une pensée fugitive évadée de l'asile uniformisant, de la normalité inquiétante du « ronron idéologique » de la Dissidence, tout au plus ; une pensée sauvage à apprivoiser, tout au moins...

 

Nous vous proposons notre critique positive de la Dissidence en notre qualité d'Européen, d'ouvrier, de déclassé et de militant du quotidien.

 

Bientôt quinze ans nous séparent du « déluge originel » du 11 Septembre 2001 ; essayer de définir l'idéologie objective de la Dissidence ne nous semble pas complètement inutile avant de tenter une articulation des idées métapolitiques en présence dans la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, des idées à notre portée de compréhension, que nous avons comprises comme des éléments de réflexion mis-en-avant par les « têtes d'affiches » de la Dissidence originelle, officielle, emblématique, « grand public » (mainstream) et au sens générique du terme, et que nous essayons d'appréhender et d'articuler à notre niveau de militants du quotidien.

 

En effet, militant, cadre, théoricien ou chef de file, dans un soucis de cohérence et de cohésion, de rapport au réel, et de la réalité objective de la Dissidence, de son influence sur notre quotidien et de son impact idéologique sur nos vies, il nous semble déterminant de définir précisément l'objet, l'outil et l'instrument de notre « mouvement d'ensemble », d'en avoir une vision, d'appréhender sa vocation, de comprendre sa fonction, d'accepter ou de rejeter sa hiérarchie, de qualifier ses principes, intégrer une orientation, de formuler une conclusion et de prendre une direction, une décision, de transformer la Dissidence spéculative en Dissidence opérationnelle, opératoire et opérante ; opérative. Pour nous autres, la « Dissidence » est avant tout une « aristocratie de devoirs et de responsabilités », supposant une « subsidiarité méritocratique », voyons si c'est le cas.

 

Définition introductive de la « Dissidence »

 

Pour débuter cet exercice, essayons de nous entendre sur une définition générique de la « Dissidence » – Un dissident est une personne qui se sépare d'une communauté ou d'un parti dont il était membre.Il ne reconnaît plus la légitimité de l'autorité (notamment politique) à laquelle il devait se soumettre jusqu'alors, et qui conteste de façon plus ou moins radicale le système politique du pays dont elle est résidente. (wikipédia) –, concept de « Dissidence » que nous devons replacer dans notre contexte temporel particulier et « qualifié ».

 

En effet, comparaison n'est pas raison, il ne s'agit pas de revenir à l'étymologie du mot dissidence pour expliquer la « Dissidence » Le terme « dissident »est assez ancien. Le mot vient du latin dis-sedere (« se séparer de » et « être assis »), d'où le sens « celui qui est séparé, éloigné ». Le mot, rare au XVIesiècle, devient plus usité au XVIIIe siècle... (wikipédia) –, bien que, d'un point de vue historique, il est sans doute possible de comparer la « Dissidence » aux dissidents russes, et aux ambiguïtés que certains historiens leurs attribuent. Évitons de prendre cette direction qui pourrait être un champ d'étude plus avancé mais que nous mettrons de côté pour l'instant, nous pensons qu'aujourd'hui et qu'à l'origine, le terme « dissident » évoque une position qui est, par essence et par nature, au moins deux choses et pose deux questions :

 

Anticapitaliste, c'est-à-dire, au XXIème siècle, radicalement opposé aux théories politiques socio-économiques capitalistes et libérales, au Capitalisme « trois fois libéral » ; trois fois maudit.

 

Pour nous autres, dissidents, nous intégrons la critique anticapitaliste avancée d'Alexandre Douguine et reprenons l'idée de Libéralisme triomphant (ou post-libéralisme paradigmatique) pour qualifier le cœur de cible de notre anticapitalisme. L'anticapitalisme d'après le communisme et le national-socialisme doit, par définition, s'associer à l'idée fondamentale de « rejet du statu-quo » – (...) le statu-quo de l'hégémonie libérale de l'Occident est devenu mondial (Douguine) – pour être un anticapitalisme radical. Se pose alors la question du « Que Faire ? ».

 

« La fin du libéralisme et le post-libéralisme

 

(...) À cette étape, le libéralisme cesse d’être la Première théorie politique mais devient la seule pratique post-politique. La « fin de l’histoire » se profile alors, la politique est remplacée par l’économie (le marché mondial), les États et les nations sont entraînés dans le chaudron de la globalisation à l’échelle planétaire.

 

Vainqueur, le libéralisme disparaît, en se transformant en quelque chose d’autre, le post-libéralisme. Il ne comporte plus de dimension politique, il n’apparaît pas comme une question de libre choix mais devient une sorte de « destin » (d’où la thèse de la société postindustrielle : « L’économie est le destin »).

 

Donc, le début du XXIème siècle coïncide avec le moment de la fin des idéologies, qui plus est de toutes les idéologies. Elles ont connu des fins diverses : la Troisième théorie politique a été anéantie durant « sa jeunesse », la deuxième est morte caduque, la première est née une seconde fois sous une autre forme, le post-libéralisme, « la société de marché globale ». Mais dans tous les cas, sous la forme sous laquelle elles existaient au XXème siècle, elles n’apparaissent plus ni utiles, ni efficientes, ni adaptées. Elles n’expliquent rien et ne nous aident pas à comprendre le présent, pas plus qu’à répondre aux défis globaux.

 

De cette constatation découle le besoin d’une Quatrième théorie politique. »Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique, The Fourth Political Theory 

 

  • Transcourant, en théorie, « ni gauche ni droite » – Nous avons donc besoin d’unir la Droite, la Gauche et les religions dans le combat commun contre l’ennemi commun. La justice sociale, la souveraineté nationale et les valeurs traditionnelles sont les trois principes d’une telle idéologie. Ce n’est pas facile de mettre tout cela ensemble. Mais nous devons essayer si nous voulons surpasser l’adversaire.(GRA, Contre le monde postmoderne).

    Dans les faits, le caractère « transcourant » de la Dissidence a trait davantage à la diversité des constats de faillite relayés par son réseau (et du soutien qu'il peut apporter aux intellectuels ostracisés par le mainstream politico-médiatique ; est dissident qui existe grâce au réseau dissident) qu'à la volonté des différentes « familles de pensée » de faire synthèse, et qu'à sa capacité, en tant que réseau, à organiser des débats contradictoires entre les différents penseurs qu'elle prend comme sources et références ensemble ou séparément.

    En effet, si nous pouvons observer une volonté de faire converger les constats et, à travers eux, d'identifier un « ennemi commun », nous n'observons pas la même volonté de formuler une « conclusion commune », de théoriser une philosophie-politique en puissance et en acte. Cette première observation nous livre un début de définition de la Dissidence : la Dissidence s'identifie par son approche médiatique de la politique, par son approche « journalistique » du militantisme autrement dit, par son approche de la « métapolitique » basée sur la réinformation : un relais, un échange et un partage d'informations « alternatives » sur internet. De constats de faillite du Monde moderne, de critiques du Capitalisme-libéral et de commentaires sur l'actualité. Mais la Dissidence, si elle est un réseau de personnes partageant une ligne éditoriale unique et exclusive basée sur la réinformation à partir des réseaux sociaux et par rapport aux médias de masse, la Dissidence n'est pas un réseau de militants partageant une « vision du monde », un Mythe. Ce qui en fait un réseau certes « transcourant » mais davantage par défaut que par volonté. En dernière instance, la Dissidence est une convergence d'indignations, de contestations et d'oppositions au « système » de « gens du quotidien », de « groupes politisés » et de quelques intellectuels. Se pose alors la question du Comment vivre ?

 

La Dissidence est-elle un « médium », un « mainstream politico-médiatique alternatif » ; ou un « groupe métapolitique », une « formation métapolitique de combat » ?

 

Critique de la critique

 

« La révolution, ça ne date pas d’aujourd’hui !

 

Pourtant, l’expérience millénaire des mutations, quotidiennement renouvelée, ne se hausse pas aisément au niveau théorique. Il est donc heureux que des témoins lucides de notre temps attirent l’attention sur un de ses aspects les moins bien discernés : la vertigineuse profondeur des ruptures.

 

Il convient de reconnaître et d’honorer cela aussi, à leur appel.

 

Mais ils éprouvent parfois si pleinement la fascination de la séparation et de la dispersion que l’on peut, à certains égards, et en accentuant peut être impertinemment ce caractère pour le mieux cerner, les tenir pour des « rupturalistes ». Et l’excès, dans ce domaine comme ailleurs, grise plus les disciples que les maîtres.

 

Il leur arrive, négligeant ce qu’elle brise, d’aimer la rupture pour elle-même.

 

Ils exaltent alors le drame unique de la substitution brutale et ne s’inquiètent guère de ce qu’il instaure. Le moindre équilibre les offusque, et ils crient : rompez ! avant même que les rangs ne se forment. Ils ne voudraient garder du vers que sa césure.

 

L’importance d’une coupure ou d’une révolution, dans la science ou dans la vie, doit pourtant moins à sa violence et à sa rapidité qu’à son enjeu.

 

La matière l’emporte sur la manière !

 

Pratiqué comme un des beaux-arts, le dépeçage expéditif ne manque certes pas d’avantages. Il fait parfois voir mieux :

 

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure...

 

Encore faut-il du verre à casser ! Toute division a besoin d’une unité préalable. Sans mariage, vous ne goûterez jamais les joies du divorce. » Jacques D'Hont, L'idéologie de la rupture (Philosophie d'aujourd'hui), Paris, PUF, 1978

 

Le travail sur les idées est une responsabilité : il permet au militant d'éviter d'entretenir inutilement des contradictions qui étaient certainement déjà en germe dans ses postulats de départ et ceux de sa « famille de pensée », personne n'ayant la science infuse. Nous pensons que dans l'exercice critique, il faut éviter la déconstruction pour la déconstruction, casser pour casser. Nous essayerons donc de dépasser le cadre du déconstructionnisme comme méthode. Notre « liberté de penser » ne peut pas éternellement se raccrocher à notre propre liberté de penser, car on a surtout la liberté de se tromper de bonne foi, certes, mais pas plus. Nos positions sont, en quelque sorte, souvent la position d'autres posée comme un piège-à-loup sur notre passage d'apprenti militant, il y a de vieux briscards dans la politique, qui en vivent au sens littéral du terme et savent comment hameçonner les jeunes militants.

 

Mais les « pièges-à-loup idéologiques » n’attrapent pas que les louveteaux, et nos positions, ou celles dans lesquelles nous mettons le pied, déterminent quelles idéologies nous favorisons, indiquent le sens de nos orientations selon les vents, et les pas de côté.

 

Nous nous mettons nous-mêmes dans des cases, et davantage quand nous ne travaillons pas sur les idées, ce qui n'est pas une obligation, il y a des militants de terrain qui ne s’épanouissent que dans l'action et dont l'instinct suffit à sentir une meute, nous ne sommes pas contre l'intuition, comme ça n'est pas toujours une mauvaise chose d'être « mit dans une cases », le refus compulsif de l'étiquette est aussi un écueil menant à la paranoïa ; à la stupeur permanente ; au « complotisme ».

 

Tout ce qui fait partie de la sphère de l'indignation ; de la contestation, de l'opposition, de la dissidence, de la réinformation ; appelons-la comme on veut, de la réaction et du basculement prérévolutionnaire contre « quelque chose » ; de la liberté « par rapport à » ; n'a, malheureusement, c'est ce que nous avons constaté, aucune espèce d'incidence sur une Orientation que l'on pourrait avoir en conscience, et en toute connaissance de cause. Cela peut y mener. Mais, pour prendre un exemple, on peut sincèrement dénoncer la franc-maçonnerie, par principe, mais la favoriser d'autre part en exprimant des idées « crypto-maçonniques » sur tel ou tel sujet, sans même s'en rendre compte, c'est là une contradiction, ainsi, ce cas de figure n'est pas rare, pas qu'il soit nécessairement critiquable de se retrouver d'accord avec des idées que pourraient avoir certains franc-maçons, on a les idées qu'on a, mais de ne pas s'en rendre compte et de pourfendre la franc-maçonnerie avec, pourrait-on dire, ses armes. S'il l'on s'en rend compte, il n'y a pas contradiction, et l'on évite les confusions. N'oublions pas que la Franc-maçonnerie spéculative a pillé et déconstruit la Tradition et le « compagnonnage traditionnel et opératif » qui préexistaient. Car, qu'est-ce qui ennuierait finalement un « franc-maçon spéculateur et conspirateur » ? Un « dissident » qui dénonce la « franc-maçonnerie » mais dont la psychologie, les prises de position et orientations philosophiques objectives, peut être le mode de vie, accomplissent d'une façon ou d'une autre sa volonté, ou un « dissident » qui ne dénonce pas spécifiquement la « franc-maçonnerie » mais dont les positions et orientations objectives « entrent en conflit avec le réel » de l'idéologie maçonnique ?

 

« Ainsi, la nouvelle gauche formule un vaste projet de futur « juste » au centre duquel se trouvent:

 

-le refus de la raison (appel au choix conscient de la schizophrénie chez Gilles Deleuze et Félix Guattari), la fin de l'homme ne tant que mesure des choses (la mort de l'homme chez Bernard-Henri Levy, la mort de l'auteur chez Roland Barthes),

-le dépassement de tous les tabous sexuels (libre choix du sexe, levée de l'interdit de l'inceste, refus de considérer les perversions comme des perversions, etc.),

-légalisation de tous les types de drogue et y compris les drogues dures,

-passage à de nouvelles formes spontanées et sporadiques de l'être (le rhizome de Deleuze),

-la destruction de la société structurée et de l’État au profit de nouvelles communautés anarchiques libres. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXième siècle, Chapitre IV Les transformations des idéologies de gauche au XXième siècle, pp. 77-78, aux éditions Ars Magna

 

Est-ce pour cela que nous nous battons ? Ou est-ce ceci que nous sommes venus combattre ?

 

Dissidence et liberté

 

Comme personne n'est plus libre ici bas, tout le monde est pour le principe de liberté et pour la liberté comme principe : la liberté d'expression (« par rapport à ») devient « nécessairement » l'expression d'un libéralisme. Aux critiques « dissidentes » à l'encontre du Libéralisme, formulées sur les parchemins de la post-modernité et qui n'ont pas intégré la dimension paradigmatique du post-libéralisme, succède l'incapacité pour la Génération Dissidente d'« entrer en conflit » avec le Libéralisme triomphant. C'est un peu vite dit. Nous travaillerons comme ceci, en affirmant nos observations en réductions et conclusions, notre critique positive n'étant qu'une introduction et appelant à une réflexion collective. Nos affirmations sont donc juste des éléments de réflexions, il ne s'agit pas ici de juger, nous ne sommes ni un tribunal, ni une inquisition, il y en a bien assez.

 

La question qui initia notre « critique positive » fût celle d'un militant qui s'interroge simplement sur son militantisme et qui se demande naturellement si le militantisme dissident permet d' « entrer en conflit avec le réel ». Le temps passant, une question en appelant une autre, on se demande si la Dissidence est une voie métapolitique ou autre chose, par exemple, un carrefour médiatique. Quelle est l'idéologie objective de la Dissidence ? Est-ce qu'une idéologie non-révélée permet d' « entrer en conflit » avec l'idéologie du progrès ? L'accumulation quasi « capitaliste » de constats de faillite et la prolifération presque « libérale » de plates-formes de réinformation constituent-ils un mouvement ? Si non. Pourquoi la Dissidence ne peut ou ne veut pas faire mouvement partant de là ?

 

La Dissidence peut-elle seulement réussir à « entrer en conflit avec le réel » à partir de sa grille de lecture, de sa ligne éditoriale, de ses constats de faillite et autopsies du Monde moderne, de ses chroniques de la Crise, de ses listes de faits factuels ? Autrement dit, est-ce que la Dissidence peut faire mouvement à partir de sa méthode et de sa stratégie, à partir de l'idéologie qui influence profondément et objectivement ses constats et ses critiques ? Cette idéologie qu'elle est-elle ?

 

Une première réponse à cette cascade de questions, c'est qu'elle ne pourra ni « entrer en conflit » avec le post-libéralisme paradigmatique, ni réellement s'en distinguer, sans exister. Et elle ne pourra pas intégralement exister tant qu'elle n'existera qu'en opposition, qu'en « valeur négative », sans se définir et nommer son idéologie, sans théoriser sa philosophie-politique et la porter en flambeau pour éclairer sa voie. Avant de maîtriser une chose, il faut la nommer. Surtout quand il s'agit d'un feu qui couve. La Dissidence nomme-t-elle les conséquence physiques ou la Cause métaphysique ?

 

La Dissidence refuse donc, sous prétexte de stratégie, de collectivement se révéler à elle-même, et pour justifier son refus, sa « paresse » de le renouveler, le « confort intellectuel de l'opposant ». Elle se revendique, collectivement, d'un certain pragmatisme. Cette position est paradoxalement une caractéristique qui permet d'identifier la Dissidence et son idéologie objective. Que ce soit Alain Soral, Dieudonné, Étienne Chouard, François Asselineau, Pierre Hillard ou encore Pierre-Yves Rougeyron, ils partagent cette intention du pragmatisme « comme volonté et représentation » de la Dissidence et de la Liberté. Nous reste à comprendre, collectivement, de quoi ce « pragmatisme » est-il le nom...

 

Les intellectuels de la Dissidence reprochent souvent leur naïveté, leur romantisme ou leur angélisme aux militants ou aux autres mouvements de la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. Cependant, l'idée de « pragmatisme », omniprésente dans la Dissidence, pour s'identifier et qualifier sa matrice idéologique, basée sur la Raison, est censée nous évoquer, en un seul mot, l'évidence de sa neutralité idéologique – et donc, de la pureté philosophique de sa démarche politique dont il est inutile de discuter les orientations. En effet, discuter des orientations d'une voie « métapolitiquement neutre » n'a pas d’intérêt. L'idéologie de la Dissidence, c'est un peu comme Darty, c'est un « contrat de confiance », que nous relions à sa fonction humoristique et publiciste primordiale, et qui est pour nous, tout sauf évidente, nous voulons bien avoir confiance, le problème est en quoi, on ne peut de toute évidence avoir confiance au néant, à quelque chose qui n'existe pas et s'y refuse.

 

Le « pragmatisme » c'est l'idéologie du paradigme

 

« De toutes les façons, une chose est absolument certaine : ce qui à présent se trouve ainsi mis en marche, désormais ne s'arrêtera plus. Dans le secret, ou pas. » Jean Parvulesco, Vladimir Poutine et l'Eurasie, Préface

 

Et si le pragmatisme idéologique « idéologiquement neutre » surplombant la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, et dont on se prévaut particulièrement dans les rangs de la Dissidence (« Nous sommes factuels, nous disons la vérité, donc, nous avons raison ! ») peut être identifié à une forme de matérialisme dialectique. Dans les faits, le « pragmatisme dissident » renvoie davantage à l'idée de « neutralité journalistique » qu'à l'imaginaire auquel renvoie intuitivement le mot « pragmatisme », c'est-à-dire à la doctrine nationaliste classique. Autrement dit, le pragmatisme « comme volonté et représentation » du « matérialisme dialectique nationaliste » – notons que, selon nous, malgré sa bonne intention, l'esprit de restauration est principiellement « antitraditionaliste » – est censé nous renvoyer à la « Tradition », à la tradition politique française catholique et monarchique, en réalité, à la Tradition « comme puissance et decorum ». On pourrait presque parler de « pensée magique » (une « pensée magique » qui s'appuie sur un « matérialisme dialectique » est, par définition, un « scientisme »), car, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'idéologie objective de la Dissidence, pour dire ce qu'elle n'est pas, n'est, fondamentalement, ni nationaliste ni traditionaliste (ni dans ses sources habituelles ni dans les références sur lesquelles elle s'appuie majoritairement, ni dans les ressources dans lesquelles elle puise sa métaphysique). Elle est plutôt une nouvelle forme de « souverainisme » (gaullisme), autrement dit, un « néo-souverainisme » (post-gaullisme). Les « néo-trucs » sont des « post-choses », les « alter-machins » des « vrais-faux » bidules, c'est-à-dire des concepts de l’ordre du fourre-tout idéologique, neutres et « neutralisants ».

 

Il est humainement difficile de critiquer les efforts de pédagogie fournis par les courageux intellectuels et « fourrageurs » de la Dissidence. Mais parfois, la méthode employée est finalement plus déterminante que le propos soutenu, que la cause défendue, et induit, à force de répétition, une erreur d'orientation, la formation d'un ronron idéologique.

 

Nous avons conscience du travail accompli. Notre « revue de presse personnelle et quotidienne » couvrait (nous avons moins le temps) une trentaine de structures et d'individualités de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle que nous avons plaisir à parcourir, lire et écouter. Nous sommes « bon public » et avons nos habitudes, mais, par définition, l'exercice d'une « critique positive » demande un minimum de distanciation, de recul.

 

Les intellectuels proposent donc des fresques historiques ou des tableaux théoriques sous l'angle pédagogique d'un certain « déconstructionnisme » pour mieux reconstruire – La déconstruction est une méthode, voire une école,de la philosophie contemporaine. Cette pratique d'analyse textuelle s'exerce sur de nombreux types d'écrits (philosophie, littérature, journaux), pour révéler les décalages et confusions de sens qu'ils font apparaître par une lecture centrée sur les postulats sous-entendus et les omissions dévoilés parle texte lui-même  (wikipédia) – communément appelé « débunkage », parfois positif, mais que nous pensons d'un déconstructionnisme particulier à la Dissidence, et que nous pouvons considérer comme un élément de sa méthode globale, un « trait de caractère » qui permet également d'identifier, de qualifier et de définir l'idéologie objective de la Dissidence.

 

Des tableaux et des fresques peintes en relief de l'actualité, d'une volonté pédagogique « idéologiquement neutre » qui nécessite la contrainte d'une approche universitaire, très « scolaire », de l'ordre de la rédaction et du par-cœur : de la conférence.

 

Ainsi, de l'effort théorique à fournir pour susciter une critique et motiver une pratique : de l’œuvre de pédagogie, on glisse vers la simplification (ou à l' « essentialisation »), on tombe dans la vulgarisation pour chuter dans le nivellement par le bas, le « désœuvrement ». Les conférences se succèdent et le processus s'engage, au fil du temps. Le ronron fonctionne de plus en plus en terme d'audience et de moins en moins en terme de pédagogie (d'une réflexion qui provoque une réaction qui mène à une action) : c'est la massification. On peut ne pas constater ce phénomène, mais nous qui le constatons, essayons d'analyser brièvement ce phénomène de « glissement » (nous ne jugeons pas de la qualité ou de la médiocrité d'un travail en particulier ou du travail global de la Dissidence, mais de l'intention stratégique dans la méthode pédagogique vers la quantité ou la rareté, vers la « réflexion active » et l' « action corrosive »), de « glissement » d'une méthode pédagogique intronisant une philosophie-politique à une méthode contre-productive induisant un ronron idéologique incapacitant.

 

Nous avons deux débuts d’explication :

 

Primo, les conférenciers emblématiques de la Dissidence ont, par consensus ou syncrétisme – que l'on peut considérer, dans les deux cas, « inconscient » ou « subconscient », par défaut – favorisé une méthode pédagogique qui ne nous permet de diriger nos critiques que vers l'extérieur, qu'en direction de l' « ennemi » ; qui n'invite pas à faire des liens avec des enjeux qui seraient intérieurs, en reflet. Ce que nous voulons dire, c'est que peu importe le sujet, la période, l'endroit, l'envers exposés, les exposés, aussi précis et « intéressants » soient-ils, ne disent pas d'où ils parlent ou ce que ça implique, où ils peuvent éventuellement se tromper et ce qu'impliqueraient ces erreurs éventuelles en terme d'Orientation.

 

Secundo, les libres penseurs de la Dissidence se sont enfermés dans un statu-quo idéologique duquel ils ne peuvent sortir par eux-mêmes sans le nommer. Cet enfermement des « avant-gardes » empêche les militants de faire synthèse et mouvement : libérons-les.

 

Revenons-en à la « liberté ». Tout le monde aimerait projeter sa conception de la liberté sur écran géant et conserver sa part en toute circonstance. Nous éviterons cette hérésie qui consiste à théoriser la liberté ; théoriser la liberté pour la liberté, c'est la condamner au libéralisme. La seule « théologie de la libération » à laquelle il est nécessaire de référer est celle des traditions et religions justifiées, antidémocratiques.

 

Tout le monde se sent suffisamment responsable pour concevoir des limites à « La Liberté », tout le monde est certain de la vision qu'il a de « Sa Liberté », de pensée et d'arbitrage, et de sa conception pour organiser « les Libertés », collectives et individuelles. Tout le monde est réenchanté, grâce à internet, « espace de liberté » qui a libéré la liberté d'expression, tout le monde a reprit le chemin de la liberté que les connards qui ne sont pas connectés à la liberté ne sont pas prêts de trouver, les cons...

 

« SANS DOCTRINE REVOLUTIONNAIRE, PAS DE REVOLUTION POSSIBLE !

 

Même lorsqu’elle revêt des formes militaires, la lutte révolutionnaire est avant tout psychologique. Comment la conduire, comment convertir, enthousiasmer de nouveaux partisans sans une définition claire de l’idéologie nouvelle, sans doctrine ? Une doctrine comprise, non comme un ensemble

 

d’abstractions, mais comme un gouvernail pour la pensée et l’action.

 

Maintenir le moral offensif de ses propres partisans, communiquer ses convictions aux hésitants sont deux conditions indispensables au développement du Nationalisme. La preuve est faite que dans l’action ou en prison, quand la démoralisation guette, quand l’adversaire semble triompher, les militants éduqués, dont la pensée cohérente soutient la foi, ont une force de résistance supérieure.

 

Une nouvelle élaboration doctrinale est la seule réponse au fractionnement infini des activistes. Il n’y a pas à revenir sur la valeur unificatrice de l’action. Elle est évidente. Mais cette unification ne peut être durable et utile sans unification idéologique autour d’une doctrine juste. Le rédacteur de « France-Observateur », le fonctionnaire de la S.F.I.O., le communiste ont en commun une même idéologie : le marxisme. Leur référence doctrinale est donc la même, leur conception du monde est semblable. Les mots qu’ils emploient ont la même signification. Ils appartiennent à la même famille. Malgré leurs divisions profondes dans l’action, ils concourent tous à imposer la même idéologie. Il n’en va pas de même dans l’opposition nationale. Les activistes ne se reconnaissent pas d’ancêtres communs. Les uns sont fascisants, les autres maurassiens, certains se disent intégristes et chacune des catégories enferme maintes variantes. Leur seule unité est négative: anticommunisme, antigaullisme. Ils ne se comprennent pas entre eux. Les mots qu’ils emploient – révolution, contre-révolution, nationalisme, Europe, etc.. – ont des sens différents, voire opposés.

 

Comment ne se heurteraient-ils pas ? Comment affirmeraient-ils une même idéologie ? L’unité révolutionnaire est impossible sans unité de doctrine. » Dominique Venner, Pour une critique positive, 1964

 

« I La Dissidence Française est la communauté de combat des Hommes debout au milieu des ruines. Notre mouvement est celui de cette génération insoumise qui fait le choix de la reconquête et non celui de la résignation individualiste, le mouvement de ceux qui entendent défendre leur héritage face aux offensives du capitalisme, de la modernité, et du mondialisme cosmopolite.

 

II Contre la mentalité bourgeoise et loin des promesses matérialistes d'un monde en perdition, nous entendons incarner l'idée aristocratique du dépassement de soi, de la tenue, de l'exemplarité et de l'intransigeance absolue. Enracinée et radicale, la Dissidence Française œuvre à l'édification d'un Ordre fondé sur la fidélité aux principes ; la hiérarchie ; la concentricité ; la vocation et le serment.

 

III Contre la république des partis, des loges et des lobbies, nous prônons la restauration de l’État souverain, indépendant tant des influences étrangères que des versatilités démocratiques, garant de l'unité nationale, de la sauvegarde de notre civilisation millénaire, et de l'identité ethno-culturelle du peuple Français.

 

IV Contre l'idéologie cosmopolite et la stratégie globaliste de dissolution des races et des nations, la Dissidence Française s'oppose à l'immigration de masse, au libre-échange, et milite pour la restauration urgente des frontières nationales. Fidèles à la doctrine du sang et du sol, nous défendons le droit pour chaque peuple de disposer de sa terre, nous combattons l'ingérence étrangère et le suprémacisme racial sous toutes ses formes.

 

V Contre le totalitarisme moderne et l'idéologie libérale-libertaire, contre l'aliénation consumériste et l'individualisme de marché, contre la déconstruction systématique des structures et des institutions traditionnelles, la Dissidence Française appelle à une révolte anthropologique puisant dans le sacré et la transcendance, et s'incarnant dans le Front de la Foi, fer de lance de notre croisade contre le monde moderne.

 

VI Contre les forces thalassocratiques d'assombrissement du monde, contre l'Internationale des Marchands qui entendent substituer l'avoir à l'être, fidèle à l'idée de l'Imperium, la Dissidence Française promeut l'idée d'une résistance continentale, à la fois géopolitique et civilisationnelle, et s'associe à la démarche eurasiste. » Charte de La Dissidence Française

 


 

(VII. La Nuit)

 

Nous n'acceptons pas la Nuit comme étant le sens de l'histoire,

Nous comprenons que l'éternité n'est pas seulement le passé,

Nous savons que l'éternité se trouve juste après le Minuit Cosmique,

Nous suggérons que l'aube existe et que le Minuit Cosmique sera le commencement,

 

Nous aspirons à être enracinés dans le Sacré,

Nous portons Dieu en notre cœur,

Nous défendons la Tradition éternelle là où il n'y a plus que néant,

Nous n'avons pas peur de la Nuit,

 

Nous voyons que la Nuit c'est la Nuit,

Nous ne confondons pas la Nuit avec le Jour,

Nous distinguons la lumière de l'obscurité,

Nous supportons la Nuit,

 

Nous regardons la Nuit dans les yeux,

Nous n'avons pas peur de la Nuit mais Nous ne sommes pas la Nuit,

Nous sommes Dans la Nuit,

Nous ne voulons pas la Nuit mais Nous acceptons notre Destin dans la Nuit,

 

(Risquerons-Nous à bout de souffle un souffle de plus?)

 

Nous Nous révélerons dans la nuit absolue,

En Nous s'animeront les Grands Temps,

Par Nous viendront les Grands Temps,

Nous représenterons les Grands Temps !

 

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La Réponse sera Métapolitique !

 

L'Heure Asie et N.Pendragon ♠