etc...

 

Avant-Propos

 

« …nous pouvons parler de l'existence dans la religion d'une approche eurasienne nettement géopolitique, contemplative, très subtile, qui se manifeste dans la tradition eurasiste ouverte, profonde, et qu'incarne la Grande Orthodoxie. De l'autre côté, on trouve une tendance à la vie profane dans le « christianisme atlantiste », qui à travers le catholicisme et le protestantisme (où toute dimension spirituelle disparaît virtuellement) s'attache à une meilleure organisation de la vie terrestre.

 

Le même modèle d'indice géopolitique peut aussi être appliqué à d'autres religions. Nous découvrons aussi une ressemblance troublante, une confirmation absolue de ce modèle dans le dualisme qui existe dans le monde islamique...

 

Le monde islamique présente son propre dualisme géopolitique. Il n'est pas aussi clairement souligné et exprimé que dans le cas du christianisme. Cependant, en utilisant le même critère typologique, nous voyons qu'il existe un islam eurasiste spécifique (profond, contemplatif, mystique et qui ne prête pas une attention excessive aux aspects ordinaires de la vie). Dans l'islam eurasiste – analogue au christianisme orthodoxe ou eurasiste – nous pouvons ranger la tendance chiite mystique, le soufisme sous toutes ses formes, les divers modèles du traditionalisme islamique (qui n'exclut pas, mais au contraire intègre les traits des pratiques spirituelles des peuples où l'islam s'est affirmé). Ce genre d'islam ne doit pas être nécessairement tolérant, humain. Mais seul cet islam eurasiste contient de manière profonde et évidente le principe de multipolarité, car toute spiritualité authentique suppose une solution non définitive des questions rationnelles matérielles. Et là où les questions de la vie ordinaire restent ouvertes dans une certaine mesure, il ne peut exister de totalitarisme.

 

Le christianisme eurasien orthodoxe est un christianisme anti-totalitaire, un christianisme qui permet la réalisation de L’Église nationale polyphonique, du christianisme ouvert et contemplatif.

 

Exactement de la même manière, l'islam eurasiste est ouvert, contemplatif, multipolaire, anti-totalitaire et traditionnel.

 

A son tour, il est menacé par la forme extrême du Hanbalite madhhab duquel a émergé le wahhâbisme, et aussi par d'autres modèles hérétiques du Hanbalite madhhab, incarnés dans la doctrine de la secte du Tablîgh et dans d'autres mouvements salafyi ou ikhvanist (selon certains historiens).

 

Cet islam est atlantiste de par sa nature interne, de même que les formes occidentales du christianisme sont atlantistes. Il ignore aussi le côté divin de l’homme, rejette la contemplation et la multipolarité, impose à tous sa pratique unidimensionnelle, terne, purement ritualiste et primitive. Sans surprise, les mêmes Etats dans lesquels cet islam « protestant » et « atlantiste » est professé choisissent leurs partenaires géopolitiques parmi les représentants du christianisme « protestant » et « atlantiste ». Aujourd'hui nous sommes témoins de cette unité paradoxale à première vue, et pourtant en réalité absolument logique et bien fondée.

 

N'étant pas un théologien musulman, je ne peux pas juger l'islam de l'intérieur. Je parle en géopoliticien, qui opère une discrimination précise parmi des traits déterminés. Je n'assume pas la responsabilité d'affirmer que tel ou tel islam est traditionnel ou non-traditionnel, hérétique ou orthodoxe. Pour cela, il y a des muftis et des théologiens respectés, bien connus à travers le monde ; la question est laissée à leur compétence. Je parle en géopoliticien et, en tant que tel, j'assume la responsabilité d'affirmer que nous pouvons établir l'existence de deux différentes sortes d'islam, qui peuvent être correctement qualifiées d' « eurasiste » et d' « atlantiste », et nous pouvons dire en confiance que seul l'islam eurasiste, multipolaire, est le partenaire naturel de la Russie eurasiste orthodoxe. Le concept de l'islam eurasiste me semble être très productif puisque, par principe, il n'insiste pas sur telle ou telle forme politique dogmatique, il prête attention seulement à l'esprit de la société islamique à laquelle nous avons affaire. Et si cet esprit est traditionnel, nous devons traiter avec cet islam comme avec un partenaire naturel. C'est-à-dire que la Russie dans sa nouvelle qualité doit choisir ses partenaires stratégiques parmi les peuples de l'umma islamique d'orientation eurasiste. A partir de cette approche, nous pouvons déduire de nombreuses idées importantes quant à ce que devrait être la politique étrangère russe vis-à-vis du monde islamique, probablement renforcer et développer ses tendances eurasistes. Je ne parle pas simplement du dialogue chrétien-islamique, mais aussi du partenariat stratégique des religions eurasiennes traditionnelles... » Alexandre Douguine, Le prophète de l'eurasisme (2006), Partie I – Textes idéologiques, Menace islamique ou menace contre l'islam ?, pp. 40 – 42, aux éditions Avatar, Collection Heartland

 

Il est évident que si avant-garde prérévolutionnaire il y a, s'il existe quelque part aujourd'hui en France une dissidence prête à impulser une contre-guerre civile, sa stratégie est de retourner les existences, les résistances et les somnolences potentiellement séditieuses, criminelles ou terroristes contre les élites : l' « état profond » et l' « ennemi intérieur » ; et, dans ce cadre, elle ne tardera plus à se manifester et rencontrer le réel, car elle sait que le moment est historique, son action décisive et que cette partie du travail ne se fait pas sur internet...

 

Dans ce modeste apport, il va être question du fait terroriste, de la vague d'attentats, de l' « État Islamique », du risque de guerre civile, du rôle d'internet dans les événements et d'autres sujets, avec en toile de fond une réflexion sur la violence dans la post-modernité, et toujours dans la continuité d'une critique positive de la Dissidence qui est ma démarche systématique.

 

Dans cet essai, je vais effleurer la notion d'hybridation partant du concept d'hybridation criminelle initié par les criminologues Xavier Raufer et Alain Bauer dès 1997. Mais je ne suis ni criminologue, ni franc-maçon, je ne prétends pas poursuivre ou compléter leurs travaux, déjà, parce que je n'en ai pas les compétences, ensuite, parce que je m'appuie sur ce concept pour en dégager une notion plus générale.

 

Pour aborder cette notion je vais surtout m’intéresser aux exécutants et aux amalgamés, je n'écris pas un ixième manifeste pour dénoncer les élites atlanto-sionistes, ni pour dresser un ixième constat d'impuissance ou dire que les médias nous mentent, je vais formuler une pensée beaucoup plus terre-à-terre et immédiate.

 

Nous sommes tous responsables à notre niveau et traversons tous les affres du Temps comme nous le pouvons. Mais il n'est pas possible de penser et vivre en recherche de radicalité et de vérité vers un retour à l'Être dans en état second de sidération mentale, dans la crainte permanente des procès d'intention et des accusations que produit le capitalisme du fétichisme de la marchandise par intuition et anticipation.

 

Je m'adresse particulièrement aux « traditionalistes » ; aux penseurs de la Tradition primordiale, aux musulmans, aux catholiques et à tous ceux de « la longue mémoire ».

 

Je les appelle à œuvrer philosophalement en la pierre de Vérité, à signifier des radicalités essentielles et principielles en Justice et Charité, à nous éclairer sur les événements ; ô combien de vos augures, pour battre le Rappel.

 

Jusqu'à présent, et à ma connaissance, personne de reconnu en la matière, et d'accessible en français, n'a abordé le « Terrorisme », dans toutes les perspectives de son actualité toujours déjà présente : de l'action de l'« État Islamique » aux réactions de la « Dissidence » ; n'a apporté une vision suprahistorique des événements : des groupes souterrains de la géopolitique des profondeurs en mouvement de Subversion ; n'a évoqué le symbolisme et la métaphysique du terrorisme hybride et de l'hybridation ; etc... à votre convenance, j'essaye de situer des hypothèses de travail et vos intitulés ne seront pas les miens, nous avons besoin d'une étude traditionnelle de la situation. Je ne suis pas capable de la formuler, et les intellectuels dissidents  qui sont tous redevenus républicains, démocrates, laïques, cosmopolites et antiracistes  semblent en peine de produire un travail sérieux sur le sujet... Les théories dissidentes seules, et les interventions que j'ai pu voir , au mieux « situationnistes », ne peuvent répondre à nos questionnements dans leurs tristes bégaiements ; ou leurs excès théoriques sans prise sur le réel.

 

L'antiracisme hybride de la Dissidence néo-souverainiste

 

« Si deux partis de croyants se combattent

rétablissez la paix entre eux

Si l'un se rebelle encore contre l'autre,

Luttez contre celui qui se rebelle

Jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'ordre de Dieu. »

Le Coran, Les Appartements, XLIX, 9 ; (ar) الحجرات.

 

J'explique ces bégaiements et ces déguisements par le fait que les intellectuels ont toujours eu peur de parler de la guerre civile ; cette règle n'échappe pas aux intellectuels dissidents.

 

Les intellectuels dissidents qui, à défaut de développer une Quatrième théorie politique, bricolent une nouvelle idéologie antiraciste ; une nouvelle idéologie antiraciste à la française sur fond de souverainisme pour sauver la République, la Démocratie et la Laïcité. Une idéologie de substitution aux théories dissidentes qui deviennent trop dangereuses face à la réalité complexe des événements.

 

Et je ne parle pas d' « éviter la guerre civile » ou de « pousser à la guerre civile », personne d'entre nous ne veut une guerre civile : nous sommes en première ligne, bien avant les têtes d'affiche de la Dissidence qui ont les moyens de se retrancher, ce qui n'est pas le cas de la plupart d'entre nous ; ça n'est pas nous qui décidons de la guerre civile ou qui pouvons la déclencher, et, pour certains, nous sommes déjà en guerre ; il s'agit de mettre cette possibilité en perspective à la mesure de l'actualité, de s’organiser, de penser une hiérarchie des risques qu'encourent nos concitoyens et de traiter les urgences à notre niveau et avec nos moyens, sinon à quoi servons-nous ? Plus personne ne nous rejoindra maintenant là où il faut déjà être. Il est vital d'abandonner la métapolitique spéculative de la réinformation et de la dissidence des conférences sur internet, nous avons besoin d'une métapolitique opérative d'action révolutionnaire dans le pays réel, nous devons revenir aux ferments communaux de notre terre, de notre pays, de notre patrie, de notre nation, de notre royaume, de notre empire et de nos Cieux, ce qui implique bien évidement d'assumer une part de l’ « égoïsme sacré des peuples », c'est-à-dire une part de discrimination, puisse-t-elle paraître injuste c'est un droit des peuples que nous reconnaissons aux autres peuples, qui n'est pas la haine des autres mais l'amour des siens, voilà ce que les intellectuels de la Dissidence ne veulent pas dire jusqu'au bout, ou ne savent pas dire, comme on n'ose pas dire à sa mère qu'on l'aime, la gorge serrée...

 

Ce nouvel antiracisme est hybride car il mélange antiracisme et souverainisme, c'est-à-dire deux notions qui n'ont pas grand chose à faire ensemble, qui ne s'apportent rien l'une à l'autre pour construire une théorie et la mettre en pratique, qui s'annulent même, et n'empêcheront rien.

 

Je précise qu'il n'y a ici rien de personnel, qu'il s'agit de réagir à des interventions, et que je cite familièrement des noms pour identifier des groupes.

 

Soral, Asselineau, Laïbi, Scady, et d'autres ; les antiracistes hybrides, viennent d'achever la Dissidence et se disputent le cadavre pour savoir qui va l'enterrer avec la France.

 

J'espère que les dissidents, les catholiques, les musulmans, les radicaux et les non-conformistes vont définitivement s'émanciper de la Dissidence mainstream et du néo-souverainisme, de la réinformation et du complotisme de subversion.

 

Je ne leur reproche pas ce qu'ils disent depuis le 11 Septembre 2001, je leur reproche ce qu'ils ne disent toujours pas depuis la vague d'attentats récente. Dans cette perspective d'un statu-quo par non-dit, par oubli ou par omission, leurs interventions n'ont plus aucun sens politique, géopolitique ou métaphysique ; et ce, quelle que soit la valeur de leur travail jusqu'à présent.

 

En effet, ce qu'ils disent est de l'ordre de l'introduction, de l'introduction aux thèses dissidentes ; au constat de faillite du monde moderne, mais ne permet aucune articulation métapolitique décisive qui à son tour entraîne une dissidence opérative, car, précisément, depuis une quinzaine d'années, les intellectuels dissidents en restent au constat, à la thèse, et même sur la base simpliste de la dissertation : ça n'est pas suffisant, il manque l'anti-thèse et la synthèse ; aux cordes-vocales, à la gorge et à la langue il manque les mots... S'il manque les mots après tout ce temps, peut-être manque-t-il les idées dès le départ... On n'a fait que désigner les choses du bout des doigts, mais pour les maîtriser, il va falloir les nommer. On ne nomme pas une chose après l'avoir maîtrisée par miracle mais on maîtrise une chose parce qu'on l'a nommée au préalable par miséricorde, ceci est une vérité biblique.

 

Si les dissidents, les résistants, les complotistes et les néo-souverainistes, leurs représentants objectifs, voulaient sincèrement « éviter » la guerre civile qui vient, croyaient à ce qu'ils disent, ils ne feraient pas d'ixièmes vidéos d'introduction à leurs théories et avanceraient en conscience, ils ne partiraient pas en vacances cette année et mobiliseraient leurs troupes, ils organiseraient une dissidence opérative et iraient confondre les ennemis intérieurs de la France gauloise et de la civilisation des pierres levées, ils s'opposeraient à la politique « atlanto-sioniste » en bloquant les ambassades américaines et israéliennes, en parasitant les apparitions de Nicolas Sarkozy le fossoyeur de la Libye, en pratiquant un entrisme corrosif au Front National, en appelant tous les dissidents à disparaître des réseaux-sociaux et passer aux travaux pratiques : il est temps d'affronter le pays réel, d'écouter les terres, de « ramasser la patrie ». Les textes qui suivront cet avant-propos prolongeant cette réflexion je vais m'en tenir là en ce qui concerne la Dissidence...

 

Occident

 

« Pas d'amalgame », « c'est les sionistes » et « c'est pas ça l'Islam », si le problème n'est pas l'Islam dans ses déclinaisons actuelles, et je ne crois pas que le problème soit l'Islam dans l'absolu, alors le problème sont les fruits du multiculturalisme et, par extension, l'immigration extra-européenne, que les peuples, des deux côtés de la Méditerranée, n'ont pas souhaitée.

 

Une des premières solutions peu importe notre communauté ethnique ou religieuse pourvu que l'on soit français est donc de stopper et d'inverser les flux migratoires ; l'armée de réserve du Capital. Je pense objectivement que les premières personnes qui souffrent de l'immigration dans le contexte actuel sont les nouveaux arrivants, les « migrants », ensuite les fils d'immigrés qui aimeraient s'enraciner, particulièrement les musulmans, et pour terminer les indigènes racistes, bien sûr. En attendant d'avoir les moyens de notre politique et le pouvoir de nous imposer par le haut, nous ne devons pas négliger les mesures « simples » et immédiates, parce que tout cela est une question de volonté politique et relève du bon sens ; du bon sens paysan.

 

Je ne suis pas le Roi des Belges, le Président de la République Française ou l'Empereur de l'Union dite Européenne, je ne soutiens pas la politique étrangère des élites atlantistes, mais je ne rejette pas tout de notre civilisation européenne car ces-gens là n'ont rien à voir avec cette civilisation et ont toujours été nos ennemis. L'Occident n'est pas qu'une notion géographique, et comme je ne suis médicalement pas raciste, je ne suis pas non plus auto-raciste. Je crois que l'on ne peut pas être raciste chez soi, on n'est raciste que chez les autres ; et je n'ai nulle part d'autre où aller ; où m'en retourner. Alors, l'Occident a bon dos, mais nous avons tous notre Atlantide.

 

Pour terminer

 

« Je leur dis : mes amis, Elle, c'est le soleil ; sa lumière est proche, mais pour l'atteindre, qu'il y a loin! »  Husayn Mansûr Hallâj

 

Trois axes de réflexion vers une nouvelle métapolitique : « Eurasisme » (au sens du monde multipolaire dont l'Eurasisme est à l'avant-garde qui sait jusqu'où elle peut aller trop loin) ; « Front de la Foi » (dans la Nuit de la guerre civile républicaine) ; « Remigration » (Entre Ozon et Hossein).

 

La volonté de puissance : c'est la volonté de puissance! (j'l'ai piqué à Nietzsche celle-là! Elle est forte...)



à suivre : De l'Hybridation (Partie 2 - Hybrides, Chimères et Clones du Mondialisme)

 

Pendragon