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19/12/2014

Soutient aux volontaires du Donbass : L'Hiver Vient (Unité Continentale)

 

Source : Unité Continetale (facebook)

 

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Afin de soutenir le quotidien des volontaires d'UNITE CONTINENTALE dans le DONBASS, face au rude hiver qui les attend voici les coordonnées bancaires définitives de l'organisation:

Ako želite da podržite svakodnevnicu dobrovoljaca brigade UNITE CONTINENTALE u Donbasu, i da im pomognete da izdrže hladnu zimu koja stiže, možete da im pošaljete prilog na sledeći definitivan račun organizacije.

If you would like to support the volunteers of UNITE CONTINENTALE in Donbass and help them resist the upcoming cold winter, you will find here below the organization's final bank account information.

Si quieren apoyar a los voluntarios de UNITE CONTINENTALE en Donbas, y ayudarles antes de la llegada del invierno durísimo, aquí encontrarán la información de la cuenta bancaria definitiva de la organización:

Открыт сбор средств для поддержки насущных нужд добровольцев UNITE CONTINENTALE в Донбассе перед суровой зимой. Ваша помощь действительно необходима и вы можете быть уверены в том, что ваша помощь дойдет до адресата. Наши реквизиты:
Euro

Beneficiary's bank Alfa-Bank Moscow

Beneficiary’s bank address 27 Kalanchevskaya str., Moscow, 107078
S.W.I.F.T. ALFARUMM

Beneficiary’s Acc. №
№ 40817810004750023346

Beneficiary
Lidia Vladimirovna Alexandrova

Correspondent bank of beneficiary’s bank COMMERZBANK AG
D-60261 Frankfurt am Main, Germany
S.W.I.F.T. COBADEFF

Acc. With corresp
Bank № 400886894501EUR

Rouble
Банк получателя ОАО «Альфа-Банк», г. Москва
БИК 044525593
К/с 30101810200000000593
Наименование получателя
Наименование/полное ФИО получателя
Александрова Лидия Владимировна
Aleksandrova Lidia Vladimirovna

№ 40817810004750023346

 

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Sermon de l’abbé Iborra : Requiem pour les rois d’Araucanie-Patagonie

 

Source : Le Rouge et le Noir

 

SERMON DE M. l’ABBÉ ÉRIC IBORRA

 

Vicaire de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile à Paris (IXe),

 

Lors de l’office le samedi 13 décembre à l’occasion d’une messe chantée de requiem en forme extraordinaire à la mémoire des rois de Patagonie et d’Araucanie.

 

Un observateur extérieur, venu non peut-être de Sirius mais tout simplement d’un cabinet ministériel et d’une instance européenne, ne pourrait que sourire à notre cérémonie de ce matin devant un catafalque, c’est-à-dire devant un cercueil vide, symbole de l’irréalité de ce qui vous rassemble. Nous voici en effet réunis pour commémorer des princes qui n’ont jamais régné, un royaume qui ne fut jamais reconnu en droit international public – le seul qui compte aux yeux des doctes – et dont le fondateur fut interné comme fou par l’État que ses ambitions dérangeaient. C’est dire qu’il ne fut guère pris au sérieux aussi bien dans son royaume éphémère que dans sa propre patrie où il ne suscita que l’ironie. Espéré comme sauveur par des tribus indiennes qui défendaient leur autonomie face à des États voraces issus de vice-royautés espagnoles, il ne tarda pas à les décevoir, se comportant plus en juriste qu’en chef de guerre.


Le plus étonnant peut-être n’est pas tant la geste de cet aventurier que la lignée improbable, pas même héréditaire, dont il est la souche. Car depuis ces lointains parages du siècle pénultième des princes se sont succédé à la tête ce royaume absorbé par l’oubli, de cet État qui a quitté la scène de l’histoire pour entrer dans celle du mythe, faute de Pikkendorff pour tirer l’épée à son service, devenant ainsi l’un de ces mondes parallèles chers à tant de romanciers mythopoiètes. Oui, ce qui nous interroge n’est peut-être pas tant l’histoire d’Antoine de Tounens, pour le repos de l’âme de qui nous prions tout de même ce matin, que la survivance de ce qu’il avait espéré fonder.


En effet, des aventuriers qui réussissent et d’autres qui échouent, il y en a toujours eu dans notre histoire et bien des lignées respectées, finalement, sont issues d’un ancêtre chanceux. Notamment à l’époque où dans son esprit l’Europe était jeune, c’est-à-dire sûre d’elle et entreprenante. Pensons à Hernan Cortez qui défia un empire et conquit pour l’Espagne le Mexique à la tête d’une poignée d’hidalgos, de lansquenets et de moines. Pensons à ce sous-lieutenant d’artillerie qui, trois siècles plus tard, conquit pour lui-même un trône, la France et la moitié du continent. La voie était ouverte et il me souvient que quelques officiers de la défunte Grande Armée tentèrent de se tailler un royaume là où Alexandre avait posé les limites de son empire.


Mais ce qui m’interroge, c’est qu’il y eut des hommes – et même des femmes – ceux pour qui nous prions ce matin – qui acceptèrent de relever ce défi perdu d’avance et de s’attacher au destin d’un peuple qui aujourd’hui est soumis à deux puissances dont on voit mal qu’elle puisse desserrer leur étau. Autrement dit, des hommes et des femmes qui, par-delà leurs motivations réelles, peut-être très prosaïques, nous apparaissent comme les héritiers du héros de Cervantès, de cette figure tragi-comique qui se rattache aux héros de l’Edda ou de l’Iliade. En ce sens qu’ils persévèrent dans l’accomplissement de leur tâche alors même qu’ils la savent impossible. Ils sont l’image de l’homme debout face à la nécessité décrétée par les dieux. Ils savent qu’ils ont pour horizon l’incendie de Troie ou l’embrasement du Ragnarök. Et pourtant ils ne renoncent pas. En étant plus attachés à leur idéal qu’au prosaïque du réel ils témoignent à leur insu, par leur résignation, de la grandeur de l’être humain, plus grand que ce qui l’abat.


En misant leur existence pour des mondes sortis de l’histoire, ils nous invitent à ouvrir les yeux sur des mondes devenus parallèles, gagnant en idéal ce qu’ils perdaient en réalité. Des mondes où l’homme peut devenir ce qu’il aurait dû être, des mondes qui par là-même jugent en la surplombant notre terne histoire. Il y a certainement plus de poésie et de grandeur d’âme à s’engager aujourd’hui pour d’obscurs peuples indiens sous la fiction d’un royaume imaginaire à la Milton que de faire des affaires au pays de Friedman et de ses Chicago Boys.


Ces mondes parallèles, sortis de l’histoire, à la réalité efflanquée, à l’idéal démesuré, ne font pas que surplomber l’histoire, ils la jugent aussi. Leur présence est une dénonciation de l’homme quand, matérialiste, il se fait l’idolâtre de ce dont il devrait être le maître, quand il révère ce qui devrait le servir, bref, quand il se fait plus petit qu’il ne devrait être. Ces mondes parallèles ne font pas que juger, ils inspirent aussi. Loin d’être des évasions hors du réel, ils y ramènent, à une plus haute altitude cependant. Ils sont, comme l’avaient compris Tolkien et Lewis, autres mythopoiètes, des idées régulatrices qui rappellent qu’ici-bas rien de ce qui est réel n’est dénué, au-delà de sa visibilité matérielle, d’une âme spirituelle. L’univers de la chevalerie, aujourd’hui disparu, et auquel se rattachent tant de grandes aventures, de la quête du Graal à la délivrance de Jérusalem, nous invite à voir dans les choses de ce monde toujours de plus haut. Aujourd’hui détachés de leur contingence matérielle, idéalisés, ils sont à même d’inspirer celui qui agit dans l’épaisseur de ce réel qui nous apparaît si souvent banal, prosaïque, et en un mot d’en bas.


Par-delà ces jalons visibles de l’invisible pour qui nous prions ce matin, en demandant au Seigneur de leur pardonner toutes ces lourdeurs que nous partageons avec eux, puissions-nous apprécier à sa juste mesure ce qu’ils nous lèguent : ce supplément d’âme qui doit inspirer l’action humaine et au suprême degré cet art si délicat qu’est la politique ; cette fantaisie si bienvenue en ces temps toujours plus menacés par le règne de la machine, artefact qui rampe à l’assaut de nos sociétés et de nos âmes ; le rappel de cette légèreté qui nous renvoie à notre humble condition de créature. Tout n’est-il pas jeu pour la Sagesse divine, à l’œuvre depuis les origines, depuis que Dieu en son Fils a pris sur lui le sérieux de la Croix pour faire éternellement de nous ses enfants ?

 

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Pour une critique positive de la Dissidence ♠

 

Pour une Critique Positive de la Dissidence sera prochainement disponible en version papier sous forme d'un essai (prix coutant) et remis en ligne au format pdf (gratuit).

 

Pour une Critique positive de la Dissidence ♠

 

***

 

Premier et dernier Chapitre en exclusivité pour nos lecteurs :

 

I. Qu'est-ce qu'une « Critique positive » ?

 

« Le scandale n’est pas de dire la vérité, c’est de ne pas la dire tout entière, d’y introduire un mensonge par omission qui la laisse intacte au-dehors, mais lui ronge, ainsi qu’un cancer, le cœur et les entrailles. Je sais qu’un tel propos fera sourire un grand nombre de dignitaires d’Action catholique et de prélats politiques. Mais moi, je ne me lasserai pas de répéter à ces gens-là que la vérité ne leur appartient nullement, que la plus humble des vérités a été rachetée par le Christ, qu’à l’égal de n’importe lequel d’entre nous, chrétiens, elle a part à la divinité de Celui qui a daigné revêtir notre nature, – consortes ejus divinitatis, – entendez-vous, menteurs ? Quand je vous vois tripoter une vérité de vos doigts agiles, de vos doigts d’escamoteurs, de vos doigts sacrilèges, je sais ce que vous profanez, entendez-vous, c’est vous-mêmes qui me l’avez appris au catéchisme, imbéciles ! Grâce à vous, à vos calculs toujours déçus, à vos finesses qui ne trompent personne, à ce style onctueux que vous êtes seuls, absolument seuls au monde à trouver touchant, élégant, admirable, et qui manque à tel point de naturel qu’on se demande parfois avec épouvante s’il est encore capable de traduire un sentiment sincère, le nom de chrétien évoque instantanément, aux yeux de milliers d’incroyants, l’image d’une sorte de jocrisse qui s’érige en juge de tous, sauf de lui-même et des siens, proclame vanités les grandeurs et les honneurs qu’il ne brigue pas, l’argent qui n’est pas encore dans son coffre et les privilèges dont il ne jouit pas encore. Je ne cesserai pas de répéter à ces hypocrites qui n’ont que le mot de prestige à la bouche que la vérité n’a pas besoin de prestige, c’est eux qui éprouvent ce besoin, cette démangeaison, ce prurit, et ils n’ont pas le droit de le satisfaire aux dépens de la vérité. C’est se moquer amèrement du pauvre monde que de parler en incorruptibles censeurs à des adversaires supposés les auteurs de tous les maux dont souffre la société moderne, et de répondre à ceux qui vous interrogent sur vos propres fautes : « Malheureux ! Si nous disions la vérité sur nous-mêmes, nous risquerions de ne pouvoir plus la dire aux autres. Nous mentons donc dans l’intérêt de la vérité même. En sorte que plus nous sommes sévères pour autrui, plus il importe que nous montrions d’indulgence envers nos propres personnes. » Farceurs ! » Georges Bernanos, Scandale de la vérité,1939

 

Notre critique positive de la Génération dissidente est inspirée de la démarche de Dominique Venner qui, en 1964, écrivait Pour une critique positive, ouvrage qui s'adressait au « camp national » et qui, selon nous, préfigurait ce qui fût appelé la Nouvelle Droitedés 1969.

 

Nous nous adressons particulièrement à la génération de militants née des cendres du 11 Septembre 2001 que l'on appelle généralement, génériquement et généreusement « Dissidence ». Une critique positive de la Dissidence par un militant, pour les militants.

 

Métapolitique et méthode ; militantisme et critique

 

La « métapolitique », métaphysique de la politique (de Maistre) – littéralement : « ce qui se situe au-delà des affaires publiques » – se traduit dans la sphère dissidente par deux méthodes. L'une d'ordre traditionaliste, l'autre davantage matérialiste dans son ordonnancement.

 

La première est une intégralité métaphysique, géopolitique, politique et socio-économique. La seconde, d'inspiration gramsciste, est une logique d'entrisme médiatique d'idées politiques. Si elles sont différentes, si l'une est intégrale et l'autre d'ordre technique, elles ne sont pas antagonistes, et la seconde peut être l'art de la « mise-en-esthétique » des idées politiques à l'aune des nouvelles technologies. Si nous introduisons cet essai avec quelques entrées notionnelles et que nous allons parcourir le champ de la méthode, nous ne sommes pas épistémologues, ni philosophes, et nous allons le faire d'un point de vue militant. Ainsi, la méthodechemin, voie, moyen – peut concerner les arts, la science, la sociologie ou encore la philosophie, c'est la façon dont on recherche et la manière dont on réalise une œuvre.

 

Le militantisme c'est articuler une pensée, une parole et une action. Le militant est celui qui articule recul critique sur son propre militantisme et retour d'expérience, tout aussi critique, autour de sa « famille de pensée ». La critique est donc l'art de se poser et de remettre en questions nos certitudes.

 

Notre critique positive est la critique de nos abreuvements quotidiens au sein fécond de la « Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle » ; « recul » et « retour » qui ont donné naissance à ce premier essai militant principalement rédigé par votre serviteur ; un recueil d'articles du bloc-notes L'Heure Asieet du pôle de formation de La Dissidence Française extrait du cycle Pour une critique positive de la Dissidence.

 

Dépasser le constat de faillite

 

Nous n'allons pas dresser un ixième état des lieux du Capitalisme, du Libéralisme et du Mondialisme, établir un ixième « constat de faillite du Monde moderne ». Nous considérons nous adresser à des militants avertis partageant un certain nombre de références, il y a bien assez d'experts en faillite, effondrement, suicide et autopsie dans la mouvance, et nous nous concentrerons, dans cet essai, à comprendre les enjeux à l'intérieur de la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. En effet, après avoir dénoncé, accusé, réinformé, refait le monde, notre génération à la responsabilité de choisir une voie : Arrêtons de tourner autour du pot libéral.

 

Dans cet essai, nous nous posons davantage de questions que nous apportons des réponses « pré-emballées » comme peut en fournir le « mainstream politico-médiatique » et ses « troupes d'occupation mentale ». Cela dit, le système médiatique d'occupation n'a pas le monopole de la pensée unique et cellophanée. Á la « pensée unique », se substitue, par « effet miroir », et réaction, une « pensée exclusive » qui s'instille dans nos milieux prérévolutionnaires sous différentes formes.

 

Notre critique positive est celle de la génération, de la sphère, de la convergence, de la mouvance dissidente,et, plus largement, des mouvements tiers dont on peut qualifier l'activité militante de prérévolutionnaire.

 

N'ayant pas trouvé de précédent « papier » sous cet angle, nous trouvons néanmoins, sur internet, quelques articles que nous pouvons relier à l'idée précise de « critique positive », notamment sur le blog du Cercle non-conformeet particulièrement sous la plume de Jean (« Le gardien du phare ») ou encore sur le site du Bréviaire des patriotes et son Abrégé sur la dissidence, nous pourrions évoquer Sébastien de Rouen qui avait initié une démarche proche à travers son essai Refaire la France qui se présentait davantage sous la forme d'un programme politique, ou du moins un manifeste. Dans ses vidéos du mois, du moi et de l'émoi, Alain Soral a souvent abordé la question du militantisme vu par Alain Soral ; nous trouvons sur le blog Parousia de Laurent James une critique acerbe d'un certain complotisme éditorialiste comme dans le texte fondamental Le complotisme, cet anaconda dont nous écraserons la tête à coups de talon. Vincent Vauclin, de La Dissidence Française, s'est également essayé à cet exercice. Méridien Zéro, la radio « pirate » du Mouvement d'Action Sociale, aborde régulièrement la question du militantisme du point de vue de la « Troisième voie ». Récemment, est sorti, aux éditions du Rubicon, La jeunesse au pouvoir, sous la plume de Julien Langella, à l'adresse de la Génération identitaire, que nous n'avons pas encore lu, mais qui nous semble se rapprocher d'une critique positive selon une approche générationnelle, déjà, les éditions du Rubicon avait publié Casapound – Une terrible beauté est née ! D'Adriano Scianca et qu'il est intéressant de relever pour nos lecteurs.

 

« La volonté de puissance à travers une envie de dépasser les résistances, un esprit de conquête, une tension vers la destinée et la grandeur, la volonté de tout se réapproprier. La volonté de forme à travers l'aspiration de l'ordre, le refus d'une vie débraillée et confuse, la recherche du sens pour soi-même et pour le monde ainsi que l'attachement à un mythe et à des rites. La volonté de destinée à travers un désir d'éternité, d'une possibilité de durer, d'une perspective millénaire. Front de l'être. » Adriano Scianca, Casapound – Une terrible beauté est née !, Occupation, p. 271, aux éditions du Rubicon

 

Plus généralement, nous trouvons des éléments critiques dans chaque mouvement et chez chaque militant, et nous sommes à l'écoute d'un large spectre de « militants ». Il y a, dans l'ordre ou dans le désordre, tout un lexique à inventer ou à réinventer, à renouveler, une ambiance à installer, un axe à trouver, bref, nous partons, nous autres, dissidents, de zéro en la matière. Le caractère parfois « affirmatif », voire « péremptoire », de notre critique, ne doit pas décourager nos lecteurs. Notre critique se veut sincèrement constructive et fondatrice – « (...) Et si je vous dis que vous êtes deux glands, là, vous avez du péremptoire. » Arthur (Alexandre Astier), Kaamelott. Nous espérons que nos maladresses nous serons pardonnées et que nous serons un jour adoubés par nos pairs !

 

Questionnement originelle

 

La Dissidence joue-t-elle un rôle dans le « Grand Jeu » de la conspiration mondialiste ? Est-elle un instrument du Grand Orchestre arc-en-ciel d'une ingénierie cybernétique psycho-sociale partout ?

 

Nous n'avons pas l'outrecuidance de comparer nos devoirs militants aux études des libres penseurs, philosophes, historiens, intellectuels et théoriciens de la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. Cependant, nous allons essayer de répondre, ou du moins donner un début de réponse exploitable, aux questions qui se posent de notre point de vue de militant.Suivre bêtement un penseur « non-conforme » est une insulte à sa pensée, bien que certains intellectuels peuvent certainement s'en accommoder et s'en accommodent certainement.

 

Nous ne prétendons pas avoir raison sur toute la ligne, ou connaître la véritable vérité véridiquement et vraisemblablement vraiment vraie. Notre pensée est une pensée fugitive évadée de l'asile uniformisant, de la normalité inquiétante du « ronron idéologique » de la Dissidence, tout au plus ; une pensée sauvage à apprivoiser, tout au moins...

 

Nous vous proposons notre critique positive de la Dissidence en notre qualité d'Européen, d'ouvrier, de déclassé et de militant du quotidien.

 

Bientôt quinze ans nous séparent du « déluge originel » du 11 Septembre 2001 ; essayer de définir l'idéologie objective de la Dissidence ne nous semble pas complètement inutile avant de tenter une articulation des idées métapolitiques en présence dans la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, des idées à notre portée de compréhension, que nous avons comprises comme des éléments de réflexion mis-en-avant par les « têtes d'affiches » de la Dissidence originelle, officielle, emblématique, « grand public » (mainstream) et au sens générique du terme, et que nous essayons d'appréhender et d'articuler à notre niveau de militants du quotidien.

 

En effet, militant, cadre, théoricien ou chef de file, dans un soucis de cohérence et de cohésion, de rapport au réel, et de la réalité objective de la Dissidence, de son influence sur notre quotidien et de son impact idéologique sur nos vies, il nous semble déterminant de définir précisément l'objet, l'outil et l'instrument de notre « mouvement d'ensemble », d'en avoir une vision, d'appréhender sa vocation, de comprendre sa fonction, d'accepter ou de rejeter sa hiérarchie, de qualifier ses principes, intégrer une orientation, de formuler une conclusion et de prendre une direction, une décision, de transformer la Dissidence spéculative en Dissidence opérationnelle, opératoire et opérante ; opérative. Pour nous autres, la « Dissidence » est avant tout une « aristocratie de devoirs et de responsabilités », supposant une « subsidiarité méritocratique », voyons si c'est le cas.

 

Définition introductive de la « Dissidence »

 

Pour débuter cet exercice, essayons de nous entendre sur une définition générique de la « Dissidence » – Un dissident est une personne qui se sépare d'une communauté ou d'un parti dont il était membre.Il ne reconnaît plus la légitimité de l'autorité (notamment politique) à laquelle il devait se soumettre jusqu'alors, et qui conteste de façon plus ou moins radicale le système politique du pays dont elle est résidente. (wikipédia) –, concept de « Dissidence » que nous devons replacer dans notre contexte temporel particulier et « qualifié ».

 

En effet, comparaison n'est pas raison, il ne s'agit pas de revenir à l'étymologie du mot dissidence pour expliquer la « Dissidence » Le terme « dissident »est assez ancien. Le mot vient du latin dis-sedere (« se séparer de » et « être assis »), d'où le sens « celui qui est séparé, éloigné ». Le mot, rare au XVIesiècle, devient plus usité au XVIIIe siècle... (wikipédia) –, bien que, d'un point de vue historique, il est sans doute possible de comparer la « Dissidence » aux dissidents russes, et aux ambiguïtés que certains historiens leurs attribuent. Évitons de prendre cette direction qui pourrait être un champ d'étude plus avancé mais que nous mettrons de côté pour l'instant, nous pensons qu'aujourd'hui et qu'à l'origine, le terme « dissident » évoque une position qui est, par essence et par nature, au moins deux choses et pose deux questions :

 

Anticapitaliste, c'est-à-dire, au XXIème siècle, radicalement opposé aux théories politiques socio-économiques capitalistes et libérales, au Capitalisme « trois fois libéral » ; trois fois maudit.

 

Pour nous autres, dissidents, nous intégrons la critique anticapitaliste avancée d'Alexandre Douguine et reprenons l'idée de Libéralisme triomphant (ou post-libéralisme paradigmatique) pour qualifier le cœur de cible de notre anticapitalisme. L'anticapitalisme d'après le communisme et le national-socialisme doit, par définition, s'associer à l'idée fondamentale de « rejet du statu-quo » – (...) le statu-quo de l'hégémonie libérale de l'Occident est devenu mondial (Douguine) – pour être un anticapitalisme radical. Se pose alors la question du « Que Faire ? ».

 

« La fin du libéralisme et le post-libéralisme

 

(...) À cette étape, le libéralisme cesse d’être la Première théorie politique mais devient la seule pratique post-politique. La « fin de l’histoire » se profile alors, la politique est remplacée par l’économie (le marché mondial), les États et les nations sont entraînés dans le chaudron de la globalisation à l’échelle planétaire.

 

Vainqueur, le libéralisme disparaît, en se transformant en quelque chose d’autre, le post-libéralisme. Il ne comporte plus de dimension politique, il n’apparaît pas comme une question de libre choix mais devient une sorte de « destin » (d’où la thèse de la société postindustrielle : « L’économie est le destin »).

 

Donc, le début du XXIème siècle coïncide avec le moment de la fin des idéologies, qui plus est de toutes les idéologies. Elles ont connu des fins diverses : la Troisième théorie politique a été anéantie durant « sa jeunesse », la deuxième est morte caduque, la première est née une seconde fois sous une autre forme, le post-libéralisme, « la société de marché globale ». Mais dans tous les cas, sous la forme sous laquelle elles existaient au XXème siècle, elles n’apparaissent plus ni utiles, ni efficientes, ni adaptées. Elles n’expliquent rien et ne nous aident pas à comprendre le présent, pas plus qu’à répondre aux défis globaux.

 

De cette constatation découle le besoin d’une Quatrième théorie politique. »Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique, The Fourth Political Theory 

 

  • Transcourant, en théorie, « ni gauche ni droite » – Nous avons donc besoin d’unir la Droite, la Gauche et les religions dans le combat commun contre l’ennemi commun. La justice sociale, la souveraineté nationale et les valeurs traditionnelles sont les trois principes d’une telle idéologie. Ce n’est pas facile de mettre tout cela ensemble. Mais nous devons essayer si nous voulons surpasser l’adversaire.(GRA, Contre le monde postmoderne).

    Dans les faits, le caractère « transcourant » de la Dissidence a trait davantage à la diversité des constats de faillite relayés par son réseau (et du soutien qu'il peut apporter aux intellectuels ostracisés par le mainstream politico-médiatique ; est dissident qui existe grâce au réseau dissident) qu'à la volonté des différentes « familles de pensée » de faire synthèse, et qu'à sa capacité, en tant que réseau, à organiser des débats contradictoires entre les différents penseurs qu'elle prend comme sources et références ensemble ou séparément.

    En effet, si nous pouvons observer une volonté de faire converger les constats et, à travers eux, d'identifier un « ennemi commun », nous n'observons pas la même volonté de formuler une « conclusion commune », de théoriser une philosophie-politique en puissance et en acte. Cette première observation nous livre un début de définition de la Dissidence : la Dissidence s'identifie par son approche médiatique de la politique, par son approche « journalistique » du militantisme autrement dit, par son approche de la « métapolitique » basée sur la réinformation : un relais, un échange et un partage d'informations « alternatives » sur internet. De constats de faillite du Monde moderne, de critiques du Capitalisme-libéral et de commentaires sur l'actualité. Mais la Dissidence, si elle est un réseau de personnes partageant une ligne éditoriale unique et exclusive basée sur la réinformation à partir des réseaux sociaux et par rapport aux médias de masse, la Dissidence n'est pas un réseau de militants partageant une « vision du monde », un Mythe. Ce qui en fait un réseau certes « transcourant » mais davantage par défaut que par volonté. En dernière instance, la Dissidence est une convergence d'indignations, de contestations et d'oppositions au « système » de « gens du quotidien », de « groupes politisés » et de quelques intellectuels. Se pose alors la question du Comment vivre ?

 

La Dissidence est-elle un « médium », un « mainstream politico-médiatique alternatif » ; ou un « groupe métapolitique », une « formation métapolitique de combat » ?

 

Critique de la critique

 

« La révolution, ça ne date pas d’aujourd’hui !

 

Pourtant, l’expérience millénaire des mutations, quotidiennement renouvelée, ne se hausse pas aisément au niveau théorique. Il est donc heureux que des témoins lucides de notre temps attirent l’attention sur un de ses aspects les moins bien discernés : la vertigineuse profondeur des ruptures.

 

Il convient de reconnaître et d’honorer cela aussi, à leur appel.

 

Mais ils éprouvent parfois si pleinement la fascination de la séparation et de la dispersion que l’on peut, à certains égards, et en accentuant peut être impertinemment ce caractère pour le mieux cerner, les tenir pour des « rupturalistes ». Et l’excès, dans ce domaine comme ailleurs, grise plus les disciples que les maîtres.

 

Il leur arrive, négligeant ce qu’elle brise, d’aimer la rupture pour elle-même.

 

Ils exaltent alors le drame unique de la substitution brutale et ne s’inquiètent guère de ce qu’il instaure. Le moindre équilibre les offusque, et ils crient : rompez ! avant même que les rangs ne se forment. Ils ne voudraient garder du vers que sa césure.

 

L’importance d’une coupure ou d’une révolution, dans la science ou dans la vie, doit pourtant moins à sa violence et à sa rapidité qu’à son enjeu.

 

La matière l’emporte sur la manière !

 

Pratiqué comme un des beaux-arts, le dépeçage expéditif ne manque certes pas d’avantages. Il fait parfois voir mieux :

 

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure...

 

Encore faut-il du verre à casser ! Toute division a besoin d’une unité préalable. Sans mariage, vous ne goûterez jamais les joies du divorce. » Jacques D'Hont, L'idéologie de la rupture (Philosophie d'aujourd'hui), Paris, PUF, 1978

 

Le travail sur les idées est une responsabilité : il permet au militant d'éviter d'entretenir inutilement des contradictions qui étaient certainement déjà en germe dans ses postulats de départ et ceux de sa « famille de pensée », personne n'ayant la science infuse. Nous pensons que dans l'exercice critique, il faut éviter la déconstruction pour la déconstruction, casser pour casser. Nous essayerons donc de dépasser le cadre du déconstructionnisme comme méthode. Notre « liberté de penser » ne peut pas éternellement se raccrocher à notre propre liberté de penser, car on a surtout la liberté de se tromper de bonne foi, certes, mais pas plus. Nos positions sont, en quelque sorte, souvent la position d'autres posée comme un piège-à-loup sur notre passage d'apprenti militant, il y a de vieux briscards dans la politique, qui en vivent au sens littéral du terme et savent comment hameçonner les jeunes militants.

 

Mais les « pièges-à-loup idéologiques » n’attrapent pas que les louveteaux, et nos positions, ou celles dans lesquelles nous mettons le pied, déterminent quelles idéologies nous favorisons, indiquent le sens de nos orientations selon les vents, et les pas de côté.

 

Nous nous mettons nous-mêmes dans des cases, et davantage quand nous ne travaillons pas sur les idées, ce qui n'est pas une obligation, il y a des militants de terrain qui ne s’épanouissent que dans l'action et dont l'instinct suffit à sentir une meute, nous ne sommes pas contre l'intuition, comme ça n'est pas toujours une mauvaise chose d'être « mit dans une cases », le refus compulsif de l'étiquette est aussi un écueil menant à la paranoïa ; à la stupeur permanente ; au « complotisme ».

 

Tout ce qui fait partie de la sphère de l'indignation ; de la contestation, de l'opposition, de la dissidence, de la réinformation ; appelons-la comme on veut, de la réaction et du basculement prérévolutionnaire contre « quelque chose » ; de la liberté « par rapport à » ; n'a, malheureusement, c'est ce que nous avons constaté, aucune espèce d'incidence sur une Orientation que l'on pourrait avoir en conscience, et en toute connaissance de cause. Cela peut y mener. Mais, pour prendre un exemple, on peut sincèrement dénoncer la franc-maçonnerie, par principe, mais la favoriser d'autre part en exprimant des idées « crypto-maçonniques » sur tel ou tel sujet, sans même s'en rendre compte, c'est là une contradiction, ainsi, ce cas de figure n'est pas rare, pas qu'il soit nécessairement critiquable de se retrouver d'accord avec des idées que pourraient avoir certains franc-maçons, on a les idées qu'on a, mais de ne pas s'en rendre compte et de pourfendre la franc-maçonnerie avec, pourrait-on dire, ses armes. S'il l'on s'en rend compte, il n'y a pas contradiction, et l'on évite les confusions. N'oublions pas que la Franc-maçonnerie spéculative a pillé et déconstruit la Tradition et le « compagnonnage traditionnel et opératif » qui préexistaient. Car, qu'est-ce qui ennuierait finalement un « franc-maçon spéculateur et conspirateur » ? Un « dissident » qui dénonce la « franc-maçonnerie » mais dont la psychologie, les prises de position et orientations philosophiques objectives, peut être le mode de vie, accomplissent d'une façon ou d'une autre sa volonté, ou un « dissident » qui ne dénonce pas spécifiquement la « franc-maçonnerie » mais dont les positions et orientations objectives « entrent en conflit avec le réel » de l'idéologie maçonnique ?

 

« Ainsi, la nouvelle gauche formule un vaste projet de futur « juste » au centre duquel se trouvent:

 

-le refus de la raison (appel au choix conscient de la schizophrénie chez Gilles Deleuze et Félix Guattari), la fin de l'homme ne tant que mesure des choses (la mort de l'homme chez Bernard-Henri Levy, la mort de l'auteur chez Roland Barthes),

-le dépassement de tous les tabous sexuels (libre choix du sexe, levée de l'interdit de l'inceste, refus de considérer les perversions comme des perversions, etc.),

-légalisation de tous les types de drogue et y compris les drogues dures,

-passage à de nouvelles formes spontanées et sporadiques de l'être (le rhizome de Deleuze),

-la destruction de la société structurée et de l’État au profit de nouvelles communautés anarchiques libres. » Alexandre Douguine, La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXième siècle, Chapitre IV Les transformations des idéologies de gauche au XXième siècle, pp. 77-78, aux éditions Ars Magna

 

Est-ce pour cela que nous nous battons ? Ou est-ce ceci que nous sommes venus combattre ?

 

Dissidence et liberté

 

Comme personne n'est plus libre ici bas, tout le monde est pour le principe de liberté et pour la liberté comme principe : la liberté d'expression (« par rapport à ») devient « nécessairement » l'expression d'un libéralisme. Aux critiques « dissidentes » à l'encontre du Libéralisme, formulées sur les parchemins de la post-modernité et qui n'ont pas intégré la dimension paradigmatique du post-libéralisme, succède l'incapacité pour la Génération Dissidente d'« entrer en conflit » avec le Libéralisme triomphant. C'est un peu vite dit. Nous travaillerons comme ceci, en affirmant nos observations en réductions et conclusions, notre critique positive n'étant qu'une introduction et appelant à une réflexion collective. Nos affirmations sont donc juste des éléments de réflexions, il ne s'agit pas ici de juger, nous ne sommes ni un tribunal, ni une inquisition, il y en a bien assez.

 

La question qui initia notre « critique positive » fût celle d'un militant qui s'interroge simplement sur son militantisme et qui se demande naturellement si le militantisme dissident permet d' « entrer en conflit avec le réel ». Le temps passant, une question en appelant une autre, on se demande si la Dissidence est une voie métapolitique ou autre chose, par exemple, un carrefour médiatique. Quelle est l'idéologie objective de la Dissidence ? Est-ce qu'une idéologie non-révélée permet d' « entrer en conflit » avec l'idéologie du progrès ? L'accumulation quasi « capitaliste » de constats de faillite et la prolifération presque « libérale » de plates-formes de réinformation constituent-ils un mouvement ? Si non. Pourquoi la Dissidence ne peut ou ne veut pas faire mouvement partant de là ?

 

La Dissidence peut-elle seulement réussir à « entrer en conflit avec le réel » à partir de sa grille de lecture, de sa ligne éditoriale, de ses constats de faillite et autopsies du Monde moderne, de ses chroniques de la Crise, de ses listes de faits factuels ? Autrement dit, est-ce que la Dissidence peut faire mouvement à partir de sa méthode et de sa stratégie, à partir de l'idéologie qui influence profondément et objectivement ses constats et ses critiques ? Cette idéologie qu'elle est-elle ?

 

Une première réponse à cette cascade de questions, c'est qu'elle ne pourra ni « entrer en conflit » avec le post-libéralisme paradigmatique, ni réellement s'en distinguer, sans exister. Et elle ne pourra pas intégralement exister tant qu'elle n'existera qu'en opposition, qu'en « valeur négative », sans se définir et nommer son idéologie, sans théoriser sa philosophie-politique et la porter en flambeau pour éclairer sa voie. Avant de maîtriser une chose, il faut la nommer. Surtout quand il s'agit d'un feu qui couve. La Dissidence nomme-t-elle les conséquence physiques ou la Cause métaphysique ?

 

La Dissidence refuse donc, sous prétexte de stratégie, de collectivement se révéler à elle-même, et pour justifier son refus, sa « paresse » de le renouveler, le « confort intellectuel de l'opposant ». Elle se revendique, collectivement, d'un certain pragmatisme. Cette position est paradoxalement une caractéristique qui permet d'identifier la Dissidence et son idéologie objective. Que ce soit Alain Soral, Dieudonné, Étienne Chouard, François Asselineau, Pierre Hillard ou encore Pierre-Yves Rougeyron, ils partagent cette intention du pragmatisme « comme volonté et représentation » de la Dissidence et de la Liberté. Nous reste à comprendre, collectivement, de quoi ce « pragmatisme » est-il le nom...

 

Les intellectuels de la Dissidence reprochent souvent leur naïveté, leur romantisme ou leur angélisme aux militants ou aux autres mouvements de la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle. Cependant, l'idée de « pragmatisme », omniprésente dans la Dissidence, pour s'identifier et qualifier sa matrice idéologique, basée sur la Raison, est censée nous évoquer, en un seul mot, l'évidence de sa neutralité idéologique – et donc, de la pureté philosophique de sa démarche politique dont il est inutile de discuter les orientations. En effet, discuter des orientations d'une voie « métapolitiquement neutre » n'a pas d’intérêt. L'idéologie de la Dissidence, c'est un peu comme Darty, c'est un « contrat de confiance », que nous relions à sa fonction humoristique et publiciste primordiale, et qui est pour nous, tout sauf évidente, nous voulons bien avoir confiance, le problème est en quoi, on ne peut de toute évidence avoir confiance au néant, à quelque chose qui n'existe pas et s'y refuse.

 

Le « pragmatisme » c'est l'idéologie du paradigme

 

« De toutes les façons, une chose est absolument certaine : ce qui à présent se trouve ainsi mis en marche, désormais ne s'arrêtera plus. Dans le secret, ou pas. » Jean Parvulesco, Vladimir Poutine et l'Eurasie, Préface

 

Et si le pragmatisme idéologique « idéologiquement neutre » surplombant la Convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, et dont on se prévaut particulièrement dans les rangs de la Dissidence (« Nous sommes factuels, nous disons la vérité, donc, nous avons raison ! ») peut être identifié à une forme de matérialisme dialectique. Dans les faits, le « pragmatisme dissident » renvoie davantage à l'idée de « neutralité journalistique » qu'à l'imaginaire auquel renvoie intuitivement le mot « pragmatisme », c'est-à-dire à la doctrine nationaliste classique. Autrement dit, le pragmatisme « comme volonté et représentation » du « matérialisme dialectique nationaliste » – notons que, selon nous, malgré sa bonne intention, l'esprit de restauration est principiellement « antitraditionaliste » – est censé nous renvoyer à la « Tradition », à la tradition politique française catholique et monarchique, en réalité, à la Tradition « comme puissance et decorum ». On pourrait presque parler de « pensée magique » (une « pensée magique » qui s'appuie sur un « matérialisme dialectique » est, par définition, un « scientisme »), car, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'idéologie objective de la Dissidence, pour dire ce qu'elle n'est pas, n'est, fondamentalement, ni nationaliste ni traditionaliste (ni dans ses sources habituelles ni dans les références sur lesquelles elle s'appuie majoritairement, ni dans les ressources dans lesquelles elle puise sa métaphysique). Elle est plutôt une nouvelle forme de « souverainisme » (gaullisme), autrement dit, un « néo-souverainisme » (post-gaullisme). Les « néo-trucs » sont des « post-choses », les « alter-machins » des « vrais-faux » bidules, c'est-à-dire des concepts de l’ordre du fourre-tout idéologique, neutres et « neutralisants ».

 

Il est humainement difficile de critiquer les efforts de pédagogie fournis par les courageux intellectuels et « fourrageurs » de la Dissidence. Mais parfois, la méthode employée est finalement plus déterminante que le propos soutenu, que la cause défendue, et induit, à force de répétition, une erreur d'orientation, la formation d'un ronron idéologique.

 

Nous avons conscience du travail accompli. Notre « revue de presse personnelle et quotidienne » couvrait (nous avons moins le temps) une trentaine de structures et d'individualités de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle que nous avons plaisir à parcourir, lire et écouter. Nous sommes « bon public » et avons nos habitudes, mais, par définition, l'exercice d'une « critique positive » demande un minimum de distanciation, de recul.

 

Les intellectuels proposent donc des fresques historiques ou des tableaux théoriques sous l'angle pédagogique d'un certain « déconstructionnisme » pour mieux reconstruire – La déconstruction est une méthode, voire une école,de la philosophie contemporaine. Cette pratique d'analyse textuelle s'exerce sur de nombreux types d'écrits (philosophie, littérature, journaux), pour révéler les décalages et confusions de sens qu'ils font apparaître par une lecture centrée sur les postulats sous-entendus et les omissions dévoilés parle texte lui-même  (wikipédia) – communément appelé « débunkage », parfois positif, mais que nous pensons d'un déconstructionnisme particulier à la Dissidence, et que nous pouvons considérer comme un élément de sa méthode globale, un « trait de caractère » qui permet également d'identifier, de qualifier et de définir l'idéologie objective de la Dissidence.

 

Des tableaux et des fresques peintes en relief de l'actualité, d'une volonté pédagogique « idéologiquement neutre » qui nécessite la contrainte d'une approche universitaire, très « scolaire », de l'ordre de la rédaction et du par-cœur : de la conférence.

 

Ainsi, de l'effort théorique à fournir pour susciter une critique et motiver une pratique : de l’œuvre de pédagogie, on glisse vers la simplification (ou à l' « essentialisation »), on tombe dans la vulgarisation pour chuter dans le nivellement par le bas, le « désœuvrement ». Les conférences se succèdent et le processus s'engage, au fil du temps. Le ronron fonctionne de plus en plus en terme d'audience et de moins en moins en terme de pédagogie (d'une réflexion qui provoque une réaction qui mène à une action) : c'est la massification. On peut ne pas constater ce phénomène, mais nous qui le constatons, essayons d'analyser brièvement ce phénomène de « glissement » (nous ne jugeons pas de la qualité ou de la médiocrité d'un travail en particulier ou du travail global de la Dissidence, mais de l'intention stratégique dans la méthode pédagogique vers la quantité ou la rareté, vers la « réflexion active » et l' « action corrosive »), de « glissement » d'une méthode pédagogique intronisant une philosophie-politique à une méthode contre-productive induisant un ronron idéologique incapacitant.

 

Nous avons deux débuts d’explication :

 

Primo, les conférenciers emblématiques de la Dissidence ont, par consensus ou syncrétisme – que l'on peut considérer, dans les deux cas, « inconscient » ou « subconscient », par défaut – favorisé une méthode pédagogique qui ne nous permet de diriger nos critiques que vers l'extérieur, qu'en direction de l' « ennemi » ; qui n'invite pas à faire des liens avec des enjeux qui seraient intérieurs, en reflet. Ce que nous voulons dire, c'est que peu importe le sujet, la période, l'endroit, l'envers exposés, les exposés, aussi précis et « intéressants » soient-ils, ne disent pas d'où ils parlent ou ce que ça implique, où ils peuvent éventuellement se tromper et ce qu'impliqueraient ces erreurs éventuelles en terme d'Orientation.

 

Secundo, les libres penseurs de la Dissidence se sont enfermés dans un statu-quo idéologique duquel ils ne peuvent sortir par eux-mêmes sans le nommer. Cet enfermement des « avant-gardes » empêche les militants de faire synthèse et mouvement : libérons-les.

 

Revenons-en à la « liberté ». Tout le monde aimerait projeter sa conception de la liberté sur écran géant et conserver sa part en toute circonstance. Nous éviterons cette hérésie qui consiste à théoriser la liberté ; théoriser la liberté pour la liberté, c'est la condamner au libéralisme. La seule « théologie de la libération » à laquelle il est nécessaire de référer est celle des traditions et religions justifiées, antidémocratiques.

 

Tout le monde se sent suffisamment responsable pour concevoir des limites à « La Liberté », tout le monde est certain de la vision qu'il a de « Sa Liberté », de pensée et d'arbitrage, et de sa conception pour organiser « les Libertés », collectives et individuelles. Tout le monde est réenchanté, grâce à internet, « espace de liberté » qui a libéré la liberté d'expression, tout le monde a reprit le chemin de la liberté que les connards qui ne sont pas connectés à la liberté ne sont pas prêts de trouver, les cons...

 

« SANS DOCTRINE REVOLUTIONNAIRE, PAS DE REVOLUTION POSSIBLE !

 

Même lorsqu’elle revêt des formes militaires, la lutte révolutionnaire est avant tout psychologique. Comment la conduire, comment convertir, enthousiasmer de nouveaux partisans sans une définition claire de l’idéologie nouvelle, sans doctrine ? Une doctrine comprise, non comme un ensemble

 

d’abstractions, mais comme un gouvernail pour la pensée et l’action.

 

Maintenir le moral offensif de ses propres partisans, communiquer ses convictions aux hésitants sont deux conditions indispensables au développement du Nationalisme. La preuve est faite que dans l’action ou en prison, quand la démoralisation guette, quand l’adversaire semble triompher, les militants éduqués, dont la pensée cohérente soutient la foi, ont une force de résistance supérieure.

 

Une nouvelle élaboration doctrinale est la seule réponse au fractionnement infini des activistes. Il n’y a pas à revenir sur la valeur unificatrice de l’action. Elle est évidente. Mais cette unification ne peut être durable et utile sans unification idéologique autour d’une doctrine juste. Le rédacteur de « France-Observateur », le fonctionnaire de la S.F.I.O., le communiste ont en commun une même idéologie : le marxisme. Leur référence doctrinale est donc la même, leur conception du monde est semblable. Les mots qu’ils emploient ont la même signification. Ils appartiennent à la même famille. Malgré leurs divisions profondes dans l’action, ils concourent tous à imposer la même idéologie. Il n’en va pas de même dans l’opposition nationale. Les activistes ne se reconnaissent pas d’ancêtres communs. Les uns sont fascisants, les autres maurassiens, certains se disent intégristes et chacune des catégories enferme maintes variantes. Leur seule unité est négative: anticommunisme, antigaullisme. Ils ne se comprennent pas entre eux. Les mots qu’ils emploient – révolution, contre-révolution, nationalisme, Europe, etc.. – ont des sens différents, voire opposés.

 

Comment ne se heurteraient-ils pas ? Comment affirmeraient-ils une même idéologie ? L’unité révolutionnaire est impossible sans unité de doctrine. » Dominique Venner, Pour une critique positive, 1964

 

« I La Dissidence Française est la communauté de combat des Hommes debout au milieu des ruines. Notre mouvement est celui de cette génération insoumise qui fait le choix de la reconquête et non celui de la résignation individualiste, le mouvement de ceux qui entendent défendre leur héritage face aux offensives du capitalisme, de la modernité, et du mondialisme cosmopolite.

 

II Contre la mentalité bourgeoise et loin des promesses matérialistes d'un monde en perdition, nous entendons incarner l'idée aristocratique du dépassement de soi, de la tenue, de l'exemplarité et de l'intransigeance absolue. Enracinée et radicale, la Dissidence Française œuvre à l'édification d'un Ordre fondé sur la fidélité aux principes ; la hiérarchie ; la concentricité ; la vocation et le serment.

 

III Contre la république des partis, des loges et des lobbies, nous prônons la restauration de l’État souverain, indépendant tant des influences étrangères que des versatilités démocratiques, garant de l'unité nationale, de la sauvegarde de notre civilisation millénaire, et de l'identité ethno-culturelle du peuple Français.

 

IV Contre l'idéologie cosmopolite et la stratégie globaliste de dissolution des races et des nations, la Dissidence Française s'oppose à l'immigration de masse, au libre-échange, et milite pour la restauration urgente des frontières nationales. Fidèles à la doctrine du sang et du sol, nous défendons le droit pour chaque peuple de disposer de sa terre, nous combattons l'ingérence étrangère et le suprémacisme racial sous toutes ses formes.

 

V Contre le totalitarisme moderne et l'idéologie libérale-libertaire, contre l'aliénation consumériste et l'individualisme de marché, contre la déconstruction systématique des structures et des institutions traditionnelles, la Dissidence Française appelle à une révolte anthropologique puisant dans le sacré et la transcendance, et s'incarnant dans le Front de la Foi, fer de lance de notre croisade contre le monde moderne.

 

VI Contre les forces thalassocratiques d'assombrissement du monde, contre l'Internationale des Marchands qui entendent substituer l'avoir à l'être, fidèle à l'idée de l'Imperium, la Dissidence Française promeut l'idée d'une résistance continentale, à la fois géopolitique et civilisationnelle, et s'associe à la démarche eurasiste. » Charte de La Dissidence Française

 


 

(VII. La Nuit)

 

Nous n'acceptons pas la Nuit comme étant le sens de l'histoire,

Nous comprenons que l'éternité n'est pas seulement le passé,

Nous savons que l'éternité se trouve juste après le Minuit Cosmique,

Nous suggérons que l'aube existe et que le Minuit Cosmique sera le commencement,

 

Nous aspirons à être enracinés dans le Sacré,

Nous portons Dieu en notre cœur,

Nous défendons la Tradition éternelle là où il n'y a plus que néant,

Nous n'avons pas peur de la Nuit,

 

Nous voyons que la Nuit c'est la Nuit,

Nous ne confondons pas la Nuit avec le Jour,

Nous distinguons la lumière de l'obscurité,

Nous supportons la Nuit,

 

Nous regardons la Nuit dans les yeux,

Nous n'avons pas peur de la Nuit mais Nous ne sommes pas la Nuit,

Nous sommes Dans la Nuit,

Nous ne voulons pas la Nuit mais Nous acceptons notre Destin dans la Nuit,

 

(Risquerons-Nous à bout de souffle un souffle de plus?)

 

Nous Nous révélerons dans la nuit absolue,

En Nous s'animeront les Grands Temps,

Par Nous viendront les Grands Temps,

Nous représenterons les Grands Temps !

 

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La Réponse sera Métapolitique !

 

L'Heure Asie et N.Pendragon ♠