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19/12/2014

Le manifeste du médecin légiste (Julius Varuna)

Prélude à l’autopsie d’une société démocratique

 

Nous n’avons pas la prétention d’établir une étude sérieuse sur le monde (post)moderne. Nous n’avons aucune prétention –quelle horreur ! s’écrirait l’idiot. Il ne manquerait plus que nous ayons de l’ambition, un projet, une vision. Ce serait insupportable. Le pire serait évidemment que nous osions nous affirmer comme un tenant d’une vision aristocratique de l’existence. Quel orgueil ! Comment ne pas être démocrate au XXIe siècle ? Comment ne pas être égalitariste ? Nous avons répondu dans un précédent texte : la démocratie, dans son application et sa définition moderne, fabrique des idiots en quantité industrielle, offre aux raclures de toutes obédiences une infinité de leviers pour pourrir l’existence de leurs contemporains et entretient les malades dans leurs pathologies. Bref, nous ne sommes pas essayistes, analystes, politologues, sociologues, et toute autre étiquette en « iste » et en « ogue » ne nous siérait aucunement. Nos desseins sont plus sombres et bachiques. Julius Evola fut l’un des diagnosticiens du mal moderne, Julius Varuna en sera un médecin légiste. Nous voulons procéder à l’autopsie de l’Occident, disséquer la Gueuse, ranger les restes du Kali Yuga dans un tiroir de la morgue de l’histoire. Nous n’en critiquerons pas une énième fois les aspects sociaux, politiques, économiques, spirituels, philosophiques. Nous allons observer, découper et mettre sous la lentille implacable du microscope ce que la modernité a produit : ganglions, métastases, cancers, tumeurs, et autres infections sans oublier les névroses, les hystéries, les paranoïas, schizophrénies et autres Alzheimer dont elle a frappé les corps et les esprits de peuples fondamentalement sains. Une nécrologie des gestes, des attitudes, des comportements, des non-pensées, des contre-idées et des non-évènements. Car la modernité est morte ! Elle a déjà perdu ! Et l’avenir appartient aux révolutionnaires véritables : ceux du retour à l’être, de la Tradition. Certes, le paroxysme précédant toujours la chute, il semble que, de prime abord, le monde moderne soit plus puissant que jamais (et il l’est). C’est cependant ignorer la lame de fond silencieuse et profonde qui se prépare à l’emporter dans les égouts de cette fin de cycle.

 

Ainsi, qu’importe l’absence de typologie liminaire, de méthodologie préalable, ou d’axiome primordial, nous aurons tout le loisir de produire mille catégories, de dégager autant de nuances, ou de tracer un fil conducteur. Il est temps d’effectuer une première incision…

 

Et alors que nous nous apprêtons à lacérer au hasard le cadavre, une évidence nous pousse à nous raviser promptement. Comment, en effet, ne pas être découragé par l’aspect même de la carcasse ? Et je ne vous parle pas de l’odeur ! A vous faire rendre votre café par les yeux. Il faut un brin de perversion pour se résoudre à passer du temps sur quelque chose de si laid. Un goût du sale et du rebutant parfaitement…moderne ! Les restes de la modernité suintent une glue infâme constellée de grumeaux poisseux. Des lambeaux de chair morte s’en détachent laissant apparaître çà et là les reliquats d’une structure osseuse en pleine érosion. Passons. N’est-ce pas finalement la première étape d’une autopsie que de s’intéresser à l’aspect extérieur du corps ?

 

La première violence que le monde moderne inflige à l’individu est bel et bien visuelle. La laideur est dans tous les domaines sa marque de fabrique. Cette laideur échappe malgré tout au plus grand nombre (l’habitude y est pour beaucoup). Car le cadavre brille, d’une lumière certes artificielle mais aveuglante capable de faire passer du ready made pour de l’Art, un mannequin botoxé pour la Vénus de Milo et Nicolas Sarkozy pour un homme de droite nationale. Parcourons des yeux les vaisseaux capillaires de la ville moderne. Quel émerveillement ! Des rues sales servant de chemin de transhumance au troupeau bêlant des gens occupés. Meutes de touristes béats, harde matriarcales de putes sur-maquillées et sous-habillées dont le gloussement caractéristique n’a rien à envier à celui de la poule commune, essaims d’androgynes mâles et/ou femelles, aux coupes de cheveux improbables, au goût vestimentaire introuvable, armés de smartphones à l’aide desquels ils immortalisent le moindre instant éphémère de leurs existences inutiles, hordes ethniques américanisées n’attendant que de croiser l’une des bandes susnommées afin de procéder à une saine auto-redistribution des richesses. Tout ce petit monde, auquel il faut rajouter les increvables punks à chien, crasseux irresponsables sans aucune dignité –contrairement au simple SDF-, au point qu’ils pourraient ressembler à des ministres de la République, mais passent moins biens à l’écran, en dehors des manifestations de rigueurs quand l’un d’entre eux ou de leurs affiliés est victime de son irresponsabilité.

 

D’ailleurs parlons-en des écrans, omniprésents, omniscients, omnipotents, dans les bétaillères que nous appelons transports en commun, dans la rue, dans les magasins, les restaurants, dans les sacs et dans nos poches (bientôt, on l’aura littéralement dans le cul). Même les bars, refuges par excellence de celui qui cherche à fuir le monde et ses frasques sont peu à peu colonisés par l’écran. Vomitoria à conneries insipides, vitrines de tout ce qui se fait de plus bas, mur opaque entre les hommes, miroir déformant à travers lequel la première catin refaite cathodico-compatible et portant en sein ce qui lui manque en âme, peut passer unanimement pour un modèle à suivre. Filtre à particules de respectabilité et de crédibilité, il est l’expression fonctionnelle même de la démocrature, par laquelle le temps de parole – ou d’exposition- détermine le succès d’un candidat à quelque élection, et la quantité de pouces verts sur une interface youtube ou daylimotion fait des multitudes connectées les seules garantes de l’audibilité d’une idée (Pendragon a raison, le néo-souverainisme nous prend pour des cons). L’écran est l’arme la plus efficace de la domination de Satan. Aucun tyran n’aurait osé rêver mieux. Heureusement, les publicitaires sont là !

 

L’observateur téméraire, une fois dépassés les premiers dégouts et les yeux acclimatés à l’obscurité aveuglante du spectacle de la marchandise, en vient tout naturellement à observer les corps. Et ainsi reprend son calvaire ! Contemplant l’abîme il prend pleinement conscience qu’il a le privilège de vivre une fin de cycle ! L’obèse le dispute à l’anorexique, le dépressif au béat inconséquent, le rachitique au bodybuildé, le manque de gout au vulgaire. Le tout baignant dans le narcissisme et l’autocongratulation, enfants de l’individualisme. Alors qu’il s’imagine prendre la pleine mesure de l’ampleur du désastre, le sociologue de trottoir se rappelle qu’il n’a pas encore ne serait-ce qu’effleuré la réalité moderne (il n’a pas encore essayé de communiquer, d’échanger avec l’un de ses semblables). Au moins cette première approche de la modernité agissante lui aura-t-elle permis de s’habituer au bruit, à la vue et à l’odeur. En général, c’est ici que 88% des observateurs abandonnent, se suffisant de l’aspect extérieur des choses. Seulement, nous ne nous sommes pas encore approchés du cœur du sujet. Car les dégâts sont bien plus profonds que ce que ne le laisse suggérer le spectacle marchand. Ce qui est terrible ce n’est pas qu’une blondasse inculte chroniqueuse dans une émission vaine et vulgaire affirme qu’il soit possible de comparer les textes de Céline aux meuglements simiesques de Booba, mais qu’elle puisse le penser d’une part, et qu’elle puisse l’affirmer sans risquer le lynchage sain et spontané d’une foule en colère vindicative d’autre part. Le problème est psychologique, mental, cognitif. Et pour s’en rendre compte, il nous suffit d’inciser ! A suivre…

 

Julius Varuna

 

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Une actualité en armes (Jean Parvulesco)

 

Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Sur le grand tournant actuel du gaullisme, Une actualité en armes, pp. 256-258, aux éditions Alexipharmaque 

 

« Moi je dis qu'il faut faire l'Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. Une fois l'Europe faite sur ces bases, alors, on pourra se tourner vers la Russie. Alors, on pourra essayer , une bonne fois pour toutes, de faire l'Europe tout entière avec la Russie aussi, dut-elle changer son régime. Voilà le programme des vrais Européens. Voilà le mien. » En prenant ces positions tout à fait claires, et définitives, lors d'une conférence de presse en 1949, le Général de Gaulle avait, d'avance, tout dit : l'extrême actualité de son discours le prouve encore, cinquante ans après. Pour la première fois, la Russie y apparait comme un élément fondamental de l'Europe de l'après-guerre, de l'Europe grand-continentale,  « eurasiatique ». Or il est absolument évident que, à l'heure présente, c'est bien la Russie qui propose et engage l'alternative finale à la mise en place de la plus Grande Europe, en train d'être révolutionnairement mobilisée sur l'axe transcontinental Paris-Berlin-Moscou.

 

Exprimée, par Jacques Chirac, fin août 2002, lors de la conférence des ambassadeurs de France à Paris, la décision de se saisir du 40ème anniversaire - en janvier 2003 - du « Traité de l’Élysée » de Gaulle-Adenauer pour mettre en place un Pacte Refondateur franco-allemand et une relance en force de l'Europe grand-continentale incluant, fondamentalement, la participation de la Russie, participation dont Jacques Chirac avait renouvelé les bases lors de son voyage, en juillet 2002, en Crimée, pour y rencontrer Vladimir Poutine, fait que, à partir de maintenant, l'Europe grand-continentale est, en principe, déjà, chose faite : nous venons de gagner la partie. Même si on ne le sait pas encore, le processus de la mise en œuvre de la plus Grande Europe continentale se trouve, à l'heure actuelle, irrévocablement enclenché.

 

Ainsi, cinquante ans après la déclaration du Général de Gaulle concernant l'avenir de la plus Grande Europe continentale franco-allemande s'appuyant sur la Russie, le « grand dessein » fondamental du gaullisme, se trouve pratiquement réalisé, ou en voie de l'être.

 

Or la nouvelle donne européenne décisive provenant, donc, de l'émergence politico-historique de la « Nouvelle Russie » de Vladimir Poutine, formidable bloc continental engageant le heartland géopolitique du « Grand Continent » eurasiatique dans le sens de son rétablissement impérial-révolutionnaire final, fait aujourd'hui de l'Europe la forteresse politico-stratégique d'horizon suprahistorique et eschatologique préfigurant l'Imperium Ultimum, l'avènement du Regnum salvateur de l'histoire de la fin et de l'au-delà de la fin de l'histoire.

 

Le « grand gaullisme », le « gaullisme de la fin », apparaît ainsi comme l'agent opérationnel d'une certaine fin apocalyptique de l'histoire, et du passage vers les temps autres, vers les « temps secrets », « inprépensables », de la transhistoire finale dans sa marche eschatologique à contre-courant.

 

Si c'est bien l'axe transcontinental Paris-Berlin-Moscou qui, désormais, sera appelé à faire la « grande histoire », c'est en France qu'à l'heure actuelle se situe l'épicentre opérationnel de celle-ci : en anéantissant la conspiration trotskiste subversivement installée au pouvoir sous ses dissimulation socialistes, la droite française s'est donnée aujourd'hui une majorité totale, incarnée, au niveau politico-administratif, par le « parti unique » de l' « Union pour la Majorité Présidentielle » (UMP), « parti unique » au sein duquel l'appareil gaulliste pourra à présent manœuvrer le courant porteur de la stratégie de pointe qui entraînera le reste. C'est désormais à l'intérieur de l'UMP que le gaullisme installera son « camp retranché » politico-stratégique, c'est depuis l'intérieur de l'UMP que le gaullisme va devoir agir. Cette situation, peut-on le dire, était prévue depuis longtemps.

 

Déjà, dans Les fondements géopolitiques du grand gaullisme, j'écrivais : « Le pouvoir - où ne fût-ce qu'une certaine situation de pouvoir - représente la condition même d'une clandestinité supérieure : la véritable clandestinité n'est pas du tout celle du combat contre le pouvoir en place, mais la clandestinité poursuivie, précisément, à travers le pouvoir en place. Loin de cesser ses menées avec son arrivée au pouvoir, la grande clandestinité ne fait alors que changer de registre, en se donnant sur place les moyens de sa continuation décisive, engagée sur le parcours de son achèvement total. Hors du pouvoir, toute clandestinité est subalterne. » Et ensuite : « Une conspiration aux destinées ultimes ne visera le pouvoir politique, ou gouvernemental, qu'au titre conspirationnel d'une nouvelle étape de franchie sur la montée de sa propre spirale conspirationnelle. Une fois au pouvoir, ce que l'on peut appeler une conspiration ultime se dédouble pour conspirer contre elle-même, contre la partie d'elle-même chargée de faire semblant de céder aux assujettissements du pouvoir. »

 

Tel est le grand tournant actuel du gaullisme qui, en fin de course et au moment de sa nouvelle montée au pouvoir, aussi inattendue que totale, doit à nouveau rentrer dans l'ombre, s'inventer une nouvelle forme de clandestinité stratégique, tout comme à ses premiers débuts, au temps de la résistance à l'occupation allemande de la France. Mais n'est-ce pas contre une nouvelle occupation étrangère que le portent, aujourd'hui encore, ses nouveaux combats ? Le combat pour la libération continentale n'est-il pas essentiellement le même que l'ancien combat pour la libération nationale ? Ces interrogations sont peut-être tragiques, mais la situation à laquelle le gaullisme doit aujourd'hui faire face, n'est-elle pas une situation de tragédie ? Le gaullisme, aujourd'hui, se trouve souterrainement engagé à la pointe des combats décisifs pour la plus Grande Europe, et c'est là que s'accomplit son suprême destin, le destin secret d'une certaine « France secrète ». précédent : Le « génie du renouveau »

 

 

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18/12/2014

Le « génie du renouveau » (Jean Parvulesco)

 

Jean Parvulesco, La confirmation boréale, Sur le grand tournant actuel du gaullisme, Le « génie du renouveau », pp. 252-256, aux éditions Alexipharmaque

 

Cependant, trente ans après le départ du général de Gaulle du pouvoir, que reste-t-il encore de son grand « dessein secret », de son projet impérial européen, de sa vision suprahistorique du Grand Continent Eurasiatique et de la mission transcendantale de la France ? Où en est-elle, aujourd'hui, l’œuvre révolutionnaire, salvatrice, partie pour changer le visage final de l'histoire actuelle du monde, qu'avait entrepris de mener à bout le « concept absolu » Charles de Gaulle ? Convenons-en : de tout cela, apparemment, il n'en reste plus rien. Tout s'est défait, tout a été dévasté, réduit au néant, jusqu'au souvenir même de ce qui a été dévasté, de ce qui a failli être, et qui n'est plus, à l'heure présente, que mensonge et vile imposture.

 

Sur la ligne de passage du troisième millénaire, la France se trouve en état de faillite frauduleuse politique totale, irrémédiable, et l'Europe semble s'être totalement résignée à ne plus être qu'une charogne politique à la traîne de la con,spiration subversive du mondialisme régi par ce que le président Bill Clinton appelait, récemment, la  « Superpuissance Planétaire » des États-Unis.

 

Car c'est un fait : d'une manière extrêmement suspecte, aussi abrupte que sournoise, équivoque et sale, dans l'espace d'à peine un an, la France a politiquement cessé d'exister, et cela même d'un point de vue démocratique. En effet, l'un après l'autre, les partis politiques français dans leur ensemble, se sont mis en état d'autodestitution. Ainsi, le Front National, la droite libérale et le RPR, le Parti Socialiste et jusqu'au Parti Communiste lui-même se sont successivement trouvés dans l'obligation scabreuse d'avoir à faire face à des difficultés d'ordre intérieur  – et y faire face en catastrophe qui les ont pratiquement mis hors jeu, paralysés, rendus inaptes à tout travail politique suivi, cohérent, réellement significatif. Entre autres, très opportunément sorties par des juges acharnés – très acharnés – à la tâche, les « affaires » ont fait des dégâts irrémédiables dans tous les camps politiques en présence. A se demander même si cela ne correspondait à un plan secrètement concerté.

 

En fait, tout recours, tout projet, initiative ou essai de dégagement et de salut en provenance du dispositif politique actuellement en place, dans son ensemble, se trouve d'avance frappé de nullité, prédisposé à l'échec immédiat, voué à se retourner aussitôt contre sa propre destination, ne pouvant plus rien faire d'autre qu'intensifier encore le désastre. A l'heure présente, il n'y a plus en France un seul projet politique qui tienne vraiment, l'horizon historique de la France débouche sur un vaste désert cendreux plongé dans les ténèbres : la spirale négative de la catastrophe qui s'était mise en branle avec le départ du général de Gaulle du pouvoir vient d'atteindre, de sombre descente en descente encore plus sombre, le niveau de son ultime disqualification, qui est absolument sans retour. Malgré certaines apparences qui risquent de pouvoir nourrir, d'ailleurs pour peu de temps encore, l'illusion  fallacieuse et inepte d'une sorte de continuité fictionnelle qu'entretiendrait la seule force des choses, tout est déjà fini, et c'est déjà la conclusion abrupte sur le vide d'une sorte d'arrêt de l'histoire, de suspension de l'histoire, où il y a plus rien à espérer, rien à tenter d'entreprendre, où plus rien ne saurait faire obstacle à la marche de la France à l’abîme.

 

La longue agonie française de ces trente dernières années d'impuissance, de cauchemar et de honte a pris fin, ce sont maintenant les ténèbres de la mort qui commencent, où il faut que l'on se déprenne de tout. De toute évidence, nous en sommes là, et qu'on veuille le nier ne sert plus à rien, à rien du tout.

 

Mais ce terrible passage à vide n'est-il pas en même temps un seuil probatoire tragique tout à fait final, l'étape ontologiquement nécessaire à une nouvelle remontée de l'être à venir, à un autre recommencement historique de la prédestination originelle, abyssale, de la France, d' « une certaine idée de la France » ?

 

Aussi nous faudra-t-il citer, ici, ces lignes si extraordinairement prémonitoire des Mémoires (III) du général de Gaulle écrivant, inspiré sans doute par ce que lui même appelait le « génie du renouveau » : « Le destin est donc scellé ? Est-ce, pour toujours, la victoire de la mort ? Non ! Déjà, sous mon sol inerte, un sourd travail s'accomplit. Immobile au fond des ténèbres, je pressens le merveilleux de la lumière et de la vie. »

 

Ainsi, désormais, seul l'inconcevable commande. Et l'inconcevable, en l’occurrence, étant l'action révolutionnaire totale du petit nombre de ceux qui ayant réussi a franchir eux-mêmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l'être et le non-être, se trouvent déjà en état d'assumer la tâche de veiller sur un nouveau retour à l'être, d'un nouveau recommencement révolutionnaire de l'histoire française de l'Europe, de la plus Grande Europe, recommencement se situant déjà au-delà de la fin de l'histoire actuelle de la France. Toute la question est là.

 

Il y a une dizaine d'années, j'étais moi-même déjà amené à écrire : « Le gaullisme, aujourd'hui, doit-il s'engouffrer, définitivement, dans les souterrains nocturnes de l'histoire ou, au contraire, doit-il être repris, sauvé de lui-même, continué ? Doit-il être remplacé par autre chose ? »

 

Des nouvelles élites, des groupes occultes de combattants prédestinés, suréveillés, des « rescapés du feu se trouvent-ils ainsi appelés à monter subversivement à l'assaut des positions actuelles ou plutôt des non-positions du pouvoir politique en France, revivifier au prix de leur vie le sillon ardent qu'aura laissé derrière lui le « gaullisme de la fin », le dernier « grand gaullisme », le « gaullisme transcendantal » instauré dans l'ombre par le général de Gaulle sur la marge la plus périclitée de l'histoire française en marche vers son plus mystérieux destin final, de son destin d'au-delà de la fin ?

 

Et, en même temps, depuis les gouffres obscurs de l'indifférencié originel, un autre « concept absolu » de la plus grande histoire française s'apprête-t-il à émerger, au-delà de notre morte espérance, inconvenablement, à l'éclatante lumière du jour ?

 

Il y a une dizaine d'années encore, j'écrivais aussi, et c'était peut-être pour le moment actuel : « Provisoirement plongée dans le sommeil dogmatique d'un auto-obscurcissement politique et historique représentant le plus haut degré d'une stratégie de refus, inconsciente, de recul devant le non-destin que tente de lui faire accepter démocratiquement, la France d'aujourd'hui attend dans les ténèbres.

 

Mais, entre la démocratie et la survie historique de la France, comment ne pas choisir la France ?

 

Et qu'attend-elle, la France ? Quelqu'un, et ce quelqu'un, certains le savent, ne peut absolument pas ne pas être déjà là, dans l'ombre. Se cachera-t-il pour bien longtemps encore, ce quelqu'un ? Plus pour longtemps, non, plus pour longtemps. »

 

Or quoi de plus actuel, aujourd'hui, pour nous autres, que cette attente prophétique, dont le secret est celui d'un vœu révolutionnaire à la fois final et total ?

 

Mais, pour le moment, il suffit que dans le vide foudroyé de l'actuelle extinction de l'histoire française le problème des doctrines agissantes d'un certain gaullisme, du « gaullisme de la fin », se trouve posé à nouveau, en toute clarté, tragiquement, pour que quelque chose en vienne à en revivre, pour que le « génie du renouveau » puisse se manifester encore une fois, à l'heure prévue.

 

De toutes façons, le gaullisme ne peut en aucun cas être un parti politique : ayant vocation de rassembler, d'avoir, pour but, le tout, le gaullisme ne saurait s'engager à représenter seule une partie de la nation, au contraire, il doit en intégrer, à la limite, la totalité de ses courants intérieurs, depuis le Front National jusqu'au Parti Communiste.

 

Car il faut se le rappeler toujours : la France n'est pas une nation parmi d'autres, mais une conspiration suprahistorique, conçue, à ses origines, comme l'instrument politico-militaire d'une mission transcendantal, en défense de la Foi et de la civilisation émanant de cette Foi, son temps historiquement propre n'étant pas tout à fait celui de l'histoire, elle-même, mais la temporalité parousiale de l'après histoire, la temporalité intérieure du Saint Royaume d'au-delà de l'histoire, du Regnum Sanctum

 

C'est très exactement dans cette perspective qu'il faut situer le mouvement gaulliste, qui doit être, qui sera, jusqu'à la fin, ce qu'il a été à ses origines, le Rassemblement du Peuple Français dans son entier, la projection immédiatement politique de l'être abyssal de la France et de la prédestination transcendantale secrète de celle-ci. Et c'est ce dont il faut tenir fondamentalement compte lors de la future réorganisation d'un nouveau mouvement gaulliste révolutionnaire conforme à la ligne de son destin propre, qui concerne un certain nombre de missions à accomplir à la fois dans le visible et dans l'invisible, où il lui faudra faire face à ce qu'il est appelé la « guerre occulte ». Car le mouvement gaulliste comportera, toujours, une dimension mystique, une vocation dirigée vers la face secrète de l'histoire en marche. Ainsi que la France elle-même, avec laquelle il s'identifie ontologiquement.

 

Si tout rentre à nouveau dans la zone de l'attention suprême, ainsi qu'on peut désormais le penser, les groupes d'action politique spéciale dont la tâche sera celle de se porter à l'assaut des positions politiques du futur grand renversement final qu'impliqué toute tentative de renouveau en profondeur de l'actuelle histoire française, devront donc agir au double niveau, à la fois immédiatement politique et d'ouverture transcendantale, qui seul est porteur de la charge révolutionnaire capable de forcer le passage vers un nouveau recommencement. Vers la liberté recouverte.

 

Des groupes d'action politique spéciale qui amèneront avec eux le retour des Grands Temps. suite : Une actualité en armes précédent : Le gaullisme, une doctrine du déchiffrement

 

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