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27/01/2020

De l'Occidentalisme (deuxième partie audio)

Deuxième partie audio de notre essai « De l'Occidentalisme » (extrait de la deuxième partie de notre « Lettre ouverte à Daniel Conversano »). Bonne lecture et bonne écoute.

 


 

Vers un occidentalisme politique

 

Une contre-société ; un espace sécurisé et entrepreneurial, qui se fonde uniquement et exclusivement sur le critère de l’appartenance raciale, c'est ce que propose le « communautarisme blanc ».

 

Il faut sans doute en passer par là pour penser une suite. En effet, pour incarner et perpétuer une civilisation européenne fondée par des blancs, pour réfléchir et créer, il faut survivre, en tant qu'individu, en tant qu'européen, et en tant que blanc. Et, avant de pouvoir agir en tant que « communauté », il faut continuer à vivre et à se reproduire dans de bonnes conditions sociales et économiques, renforcer sa communauté : nous sommes a priori d'accord. Nous, nous appelons ça le localisme et un réseaux d'amis...

 

A première vue, la race est le plus grand dénominateur commun des occidentaux.

 

Mais vous n'y croyez pas vous-même, vous savez que ceux qui se rassemblent autour du communautarisme blanc aujourd'hui appartiennent d'abord à une certaine race d'homme. Des femmes et des hommes qui possèdent encore ce que nous pouvons appeler « conscience raciale » ou « instinct de survie ».

 

Nous avons souligné plusieurs désaccords dans la première partie audio de cet essai, nous terminons ici ce qui est une première « conclusion », poursuivons...

 

Nous pouvons « discriminer » sans passer par la pénible médiation de cette question rébarbative de l'antiracisme et du racisme. Comment ? Par la culture. Vous êtes, en tant qu'écrivain, qu'éditeur, que créateur de contenus et plus encore, totalement dans cette démarche. Par un réseau européen. Vous êtes également dans cette démarche et plus avancé que nous le sommes. Par l'action politique. Sur ce point, votre démarche est davantage « métapolitique » (culturelle) et vous ne croyez pas réellement à l'action politique sous la forme d'un parti.

 

Nous rappellerons que nous ne nous comparons pas à vous, aussi, nous savons que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Nous ne voulons pas tant parler de votre hyperactive personne (sans ironie ni mépris) que du fond idéologique du communautarisme blanc, nous insistons, mais c'est important. Cela reste une « Lettre ouverte ». Nous ne prétendons pas vous aider mais peut-être que notre réflexion pourrait vous être utile. Tout simplement, nous nous intéressons au néo-occidentalisme naissant qui est une sorte de dédoublement inattendu de l'eurasisme européen que nous imaginions et dans l'idée ; bien entendu, nous ne partageons pas toutes vos positions pro-occidentales. Nous y sommes presque. Il y a quelques années, j'ai écrit un essai sur la dissidence et le néo-souverainisme, assez avant-gardiste dans le genre, « Pour une critique positive de la Dissidence » (dont vous trouverez un reliquat sur mon blog), qui n'a pas été publié et qui avait certainement les défauts d'un premier essai, quoiqu'il en soit, j'étais bien seul à l'époque pour critiquer la dissidence et le néo-souverainisme ouvertement mais de manière constructive (j'aurais sans doute du me mettre aux vidéos mais je pensais à ce moment là que les militants lisaient davantage, bref, je n'ai pas prit cette habitude et tout le monde se chiait plus ou moins dessus à cette idée). Je ne voulais pas m'auto-éditer et personne n'a souhaité appuyer cette démarche. Vous comprendrez que votre critique de la dissidence a répondu à la rupture que j'avais amorcé et anticipé, qu'il était temps mais qu'il n'est jamais trop tard, et que je me sens concerné, « vengé » d'une certaine façon, mais c'est un grand mot car je n'ai pas réellement de rancœur et j'ai également fait mon auto-critique...

 

L'exercice du communautarisme blanc, qui est une expérience inédite pour les nationalistes, doit être accompagné par une nouvelle théorie philosophique et politique, « néo-occidentaliste » en ce qui vous concerne, et jusqu'à nouvel ordre, qui dépasse le critère nationaliste et le critère souverainiste, ou, dans votre cas, celui de la blancheur. Un néo-occidentalisme européen.

 

Ce qui est évident pour les uns, ne l'est pas pour les autres, cela même pour les plus braves et conscients d'entre nous. Les blancs ont besoin d'une bannière pour se rassembler, ou d'un homme d'exception derrière lequel se ranger, c'est comme ça, et ça ne changera pas, c'est ancré, vous l'avez certainement déjà vérifié par vous-même...

 

Les blancs ne se communautarisent pas parce qu'ils sont blancs. Mais autour d'une idée. D'un individu.

 

Nous ne croyons pas au hasard, mais il se veut que l'idée de communautarisme blanc coïncide, pour le moment, avec une déception nationaliste, et une rupture de militants avec la dissidence souverainiste, mais les Braves qui vous suivent pour votre personnalité vous demanderont, tôt ou tard, davantage que l'idée de communautarisme, autant anticipé ce mouvement, remettre de l'ordre. Il est évident que le « communautarisme blanc » a naturellement cours dans le monde blanc, même si les blancs ne le formulent pas racialement, de nombreux blancs restent entre blancs. Le survivalisme est, par exemple, une forme de communautarisme blanc avant l'heure.

 

La question de l'existence des races humaines n'est pas nécessaire pour mettre la race au centre de tout, comme une évidence, et sans même avoir besoin de la signifier, en quelque sorte, la race doit couler de source, transparaître, claire comme de l'eau de roche, comme la lumière éloigne les ténèbres.

 

C'est votre radicalité politique qui exclu les non-blancs – non-blancs qui se sont auto-éjectés du débat – de votre idée de communautarisme blanc, ce n'est pas votre racisme à proprement parler. Le critère racial est apparut par défaut, de la faute de la dissidence, de l'idéologie néo-souverainiste, par refus des non-blancs d'aller jusqu'au bout de la critique de l'antiracisme vers l'idée de réenracinement, de remigration, et de multipolarité... En réalité, le critère racial n'a pas été un choix mais nous a été imposé par une succession d’événements.

 

Le communautarisme blanc s'adresse prioritairement à des blancs qui « redécouvrent » cette conscience raciale – ethnique, nationale, régionale et paroissiale, etc. qu'ils avaient « perdu » sur les chemins de la mondialisation ou dont ils ont fait une religion. Des « blancs » qui ont besoin d'un traitement de choc pour revenir à un état initial. Je pense qu'il faut le préciser ; parce que les blancs se communautarisent habituellement sur des critères autres que celui de la race, c'est la situation grégaire dans laquelle sont les européens qui nous réduit à ce critère unique et exclusif et il n'est pas étonnant que ce critère soit contesté. D'autres blancs n'ont pas « perdu » cette conscience raciale en cours de route et, même à l'intérieur du camp national, certains ne comprennent pas toujours que des blancs veulent se communautariser sur ce critère unique et exclusif, qui est un critère effectif, évident, pour la plupart des nationalistes, et la plupart des blancs, mais qui ne se suffit pas à lui-même comme vous le prétendez. « Ne comprennent pas » ou le comprennent parfaitement mais ne veulent pas en faire un critère politique unique et exclusif. Comme si ce choix de critère n'impliquait pas davantage que ce critère et ne portait pas avec lui une vision du monde. Aussi, il y a un petit côté « fraîchement reconverti » chez les racialistes qui frôle le puritanisme religieux, qui pourrait éloigner de bons éléments de votre juste cause. Nous disons cela parce que le problème n'est pas le communautarisme blanc, c'est bien le fond idéologique à côté du communautarisme blanc qui peut faire douter certains du bien fondé du communautarisme, qui est un projet fort clair dans votre esprit et séparé du plan idéologique, et c'est bien pour cela qu'il vous faut nommer votre idéologie.

 

La notion d'individu, d'un destin personnel, est typique de l'homme blanc, de la civilisation occidentale, qui supporte très mal l'idée de contrainte communautaire ; nous tenterons donc d'échapper au communautarisme de tous les coachings en conformité et tous les développements personnels en uniformité conseillés pour recouvrer une virilité identitaire, raciale, et comme modèle archétypal de l'homme européen, de l'homme blanc...

 

Nous nous sommes « libérés » du tribalisme, ça n'est pas pour revenir au communautarisme et ses lourdeurs. Nous soutenons cette thèse dans un esprit critique certes, mais positif, pour contourner cette individualité européenne qui est peut-être un défaut dans le contexte du grand remplacement mais qui nous a amené jusqu'ici, nous rendons notre thèse au collectif qui fera des choix en connaissance de cause. Nous ne disons pas que notre rejet du tribalisme ; qui est de l'ordre de l'instinct et de l'intuition profonde (avant d'être intellectuel), est la panacée civilisationnelle qui va sauver l'Occident, nous disons que les européens ont créé des organisations sociales et politiques, des sociétés complexes, qui dépassent l'archaïsme communautaire de la tribu pour donner du sens à cette communauté de destin et se projeter au-delà des limites psychologiques, intellectuelles et spirituelles du tribalisme, d'un tribalisme non-européen. Nous ne reviendrons pas à cet état qui n'a jamais été le notre ; nous voyons des nationalistes et virilistes patriotes qui sont persuadés d'être des tribus africaines ou indiennes repeintes en blanc, ce qui est assez dramatique. Et nous pensons, après une longue réflexion sur l'ensemble de votre exercice, que le problème principal du communautarisme blanc c'est d'agir comme une minorité. Nous ne pouvons pas à la fois dépenser notre temps, nos ressources et notre énergie pour un communautarisme blanc minoritaire et un néo-occidentalisme expérimental, et à la fois les dépenser pour la civilisation européenne et l'européisme fondamental. La fonction du communautarisme blanc doit être bien comprise ; c'est une fonction organisationnelle. Le communautarisme blanc prend toute sa dimension sur le plan de l'organisation qui est le sien mais perd tout espèce d’intérêt si nous le confondons avec une idéologie : si son idéologie occidentaliste n'est pas rééquilibrée par un européisme européen.

 

Le communautarisme blanc apparaît comme une entreprise de réenracinement accéléré. Il y a urgence. Nous pensons que certaines choses prennent le temps qu'elles doivent prendre et que l' « accélérationnisme », quelque soit la matière, quelque soit sa forme, est négatif, voir subversif. Aussi, vouloir d'un côté convaincre le plus grand nombre et de l'autre ne pas aller plus en avant sur le terrain politique nous semble être contradictoire et très idéologique pour quelque chose qui n'est pas censée l'être...

 

L'idée d'accélérationnisme à un sens « ésotérique », cela nous fait penser à ses juifs qui prétendent hâter la venue du messie, cela nous fait penser à ces sectes qui prétendent faire le mal pour hâter la fin du monde, cela nous fait penser à la collapsologie, cela nous fait penser au complotisme...

 

L'accélérationnisme spéculatif est le mauvais génie du prométhéisme blanc ; d'un archéo-futurisme opératif.

 

Nous pensons que la parenthèse du racisme positif, qui a remplit la même fonction de « libération de la parole » sur la question raciale que l'antisionisme a remplit sur la question juive, est en train de se refermer. La parenthèse qui s'ouvre est politique, au sens noble du terme. C'est-à-dire que les parenthèses métapolitiques de l'antisionisme et du racisme positifs ont épuisé leurs ressources pédagogiques et cathartiques. Disons que le racisme positif a atteint des limites en terme de réflexion, de militantisme ; ne permet pas d'attaquer frontalement le globalisme à sa source idéologique, de la même manière que l'antisionisme a démontré ses limites et n'a jamais permit d'aller vers l'Europe, bien au contraire.

 

Le complotisme et l'antisionisme était la première phase. Le racisme positif la seconde phase. Nous entrons dans le dur, dans la troisième phase : la phase de la Quatrième théorie politique.

 

La génération dissidente a désormais besoin d'un mouvement, d'un courant de pensée conservateur dans un corps doctrinal révolutionnaire, d'un axe, de s'incarner, de faire de la politique. Vous devriez en profiter.

 

Une politique a porter au devant de la réaction et de la réinformation. La Dissidence Française a prit les devants mais nos milieux, comme à leur habitude, font tout pour ne pas exister, et je ne doute pas qu'ils trouverons tous les défauts du monde à Vincent Vauclin mais ils ne peuvent que rejoindre La Dissidence Française et Le Parti des Européens de Thomas Ferrier, sur cette ligne de front politique et générationnelle vers la représentation nationale et européenne s'ils veulent vivre, continuer à exister, ne serait-ce que médiatiquement, par anticipation. Nous pourrions nous réveiller demain avec un parti à 50000 adhérents en ordre de cotisations.

 

Notez Daniel, le jeune age du président Macron, il pourrait faire partie de la génération dissidente, c'est la première fois dans l'histoire que s'entrechoquent deux visions du monde aussi radicalement éloignées d'une même génération à travers un mouvement social de l'ampleur des Gilets Jaunes et à ce niveau symbolique de représentation, d'opposition et d'affrontement. Notre explication est que les générations se rapprochent, s'entremêlent, s'exacerbent, s'exècrent, par l'effet d'internet, de l'accélération du temps, de la rapidité de l'information, de l'hégémonie culturelle des soixantehuitards ; à l'image du couple présidentiel par ailleurs. Ce qui contredit notre théorie selon laquelle le conflit est premièrement générationnel. Sauf à considérer que Macron est un jeune-vieux, un soixantehuitard mental. Ce que nous pensons.

 

Qu'avons-nous à gagner à nous répéter, à trébucher, à bégayer, à dépenser autant d'énergie vitale pour l'Europe dans des essais, articles, vidéos ou commentaires sur les réseaux sociaux sur les sujets redondants du gauchisme et de l'antiracisme ? Il est vrai que la politique c'est, aussi, l'art de la répétition. Mais qu'avons-nous oublié de dire sur l'antiracisme qu'il faudrait encore répéter et qu'on ne dira pas à notre place ?

 

Nous avons parfois l'impression, mais nous pouvons nous tromper, que l'Europe – l'Europe européenne, la plus Grande Europe, L'Europe de l'axe Paris-Berlin-Moscou – intéresse finalement très peu les communautaristes et nationalistes blancs repliés sur eux-mêmes et plus ouverts à l'Alt-right qu'aux eurasistes européens ; ce qui est incohérent avec votre choix de vie en Roumanie pour fuir les mauvais côté de l'occident et de l'américanisation. L'Europe n'intéresse parfois les communautaristes qu'en tant que destination de leur future expatriation. Ce qui est, si nous extrapolons une situation qui viendrait à ne plus changer, un comportement assez « cosmopolite » finalement ou de « touriste », ce qui n'est pas mieux. On peut s'expatrier pour x raisons sans adopter cette mentalité de touriste cosmopolite que n'importe quel traditionaliste identitaire abhorre. Vous vous expatriez à l'Est, aucune critique là-dessus, mais vous regardez vers l'Ouest, ce qui est moins évident.

 

Tous les Braves sur lesquels nous pouvons compter sont déjà parmi nous et savent pertinemment où se situent les malhonnêtetés antiracistes, les lâchetés bourgeoises, les hypocrisies prolétariennes, les chutzpah islamiques et les taqîya israélites.

 

Si l'Europe est bel et bien cette civilisation de l'incarnation et de l'innovation que nous avons en idéal : incarnons cet esprit. Défaisons-nous des non-débats, du faux omniprésent, immédiatement.

 

Nous pesons nos mots, quand nous disons : «  sont déjà parmi nous » nous le pensons réellement, ça n'est pas un effet de style, et ça n'est pas qu'un détail, c'est un point assez central, qui permet de se savoir dans quoi et comment nous allons dépenser notre énergie et utiliser nos forces, et nous croyons également qu'il n'y a plus beaucoup de militants actifs à convaincre, que ceux-là qui pourraient vous rejoindre sont déjà convaincus et ça n'est pas parce qu'ils ne sont pas convaincus qu'ils ne vous ont pas encore rejoint. Nous devons tourner nos énergies vers un Front Européen.

 

Guerre civile raciale doit être le point final à une forme nécessaire mais temporaire d'un plus grand combat métapolitique que supportait Guillaume Faye et que soutient encore Robert Steuckers. L’œuvre de Faye , la première page d'un occidentalisme politique.

 

Nous pensons que le combat précis de la cause raciale doit être perpétué sur le terrain de la recherche scientifique mais que tout a été dit, et écrit, sur le plan des idées politiques et au niveau de l'action métapolitique au sujet du gauchisme, du racisme et de l'antiracisme, d'autant plus que cela ne va pas s'arrêter, les relais sont là, les plus jeunes vont se faire la main, mais nous autres, européens matures, n'avons plus le temps. Nous pensons que nous ne sauverons la race qu'en faisant l'Europe européenne. L'enjeu est immense.

 

Le communautarisme blanc peut proposer un modèle d'organisation innovant pour les militants de demain, mais d'un point de vue idéologique, s'il ne va pas plus loin que son horizon actuel, il se comprendra comme un souverainisme racial qui n'a aucune traduction terrestre dans l'histoire de l'humanité : nous n'arrivons pas à fonder l'Europe à partir de notre européanité ; nous n'arriverons pas davantage à fonder une « ethno-état » à partir de notre race. L'ethno-état doit être le fait accomplit de l'Europe comme Troisième force. Sinon, l'ethno-état dessine les frontières d'une réserve de blancs-indiens où nous pourrons aller visiter des blancs comme nous allons voir des pandas au zoo. Nous avons plus de chance de construire l'Europe qu'un ethno-état. J'en connais un d'ethno-état occidental, l'Alaska. Une terre en partie vierge et d'avenir ; un paradis blanc. Il y en à d'autres. Mais nous nous éloignons.

 

Le communautarisme blanc ne peut pas être l'alpha et l’oméga de votre aventure métapolitique et de votre destin politique en tant que communauté car une communauté de combat ne remplace pas une communauté organique mais à la responsabilité d'influencer cette communauté de destin : il n'y a pas plusieurs Orientations possibles...

 

Que nous dit Robert Steuckers :

 

« Pour sortir de ce paradoxe, de cette impasse, L'Europe devrait pouvoir parier sur la culture, sur ces universités, sur un retour aux racines communes de notre civilisation et ensuite, dans un deuxième temps, se donner une arme militaire et diplomatiques commune pour s'imposer comme bloc sur la scène internationale.

 

Les fonctions juridiques-sacerdotales et militaires-défensives sont plus à même de faire rapidement l'Europe, à moindre frais et sans lourdeurs administratives. La fonction économique est une fonction appelée par définition à gérer un divers sans cesse mouvant, soumis à des aléas naturels, climatologiques, conjoncturels et circonstanciels : vouloir à tout prix harmoniser et homogénéiser cette fonction est un véritable travail de Sisyphe. Jamais on n'en viendra à bout. Les fonctions juridiques-administratives, la défense et l'illustration d'un patrimoine culturel à l'échelle d'une civilisation, l'écolage d'une caste de diplomates capables de comprendre le destin global du continent, l'élaboration d'un droit constitutionnel respectant les réalités locales tout en s'inscrivant dans les traditions européennes de fédéralisme et de subsidiarité, la formation d'officiers comprenant que les guerres inter-européennes ne peuvent déboucher que sur des carnages inutiles, la création d'une marine et d'un réseau de satellites militaires et civils sont des tâches qui visent le long terme. Et qui peuvent susciter les enthousiasmes mais non les mépris, car tout ce qui est procédurier et administratif, trop simplement gestionnaire, suscite le mépris...

 

C'est en tenant compte de cet ensemble de principes qu'il faut lire et interpréter le texte de réflexion fondamental que vient de publier l’ambassadeur de la République Tchèque à Bonn, Jiri Grusa. Celui-ci commence par déplorer, tout comme nous, que la culture reste la parente pauvre de l'intégration européenne, ce qu'il explique , en terme évidement feutrés et diplomatiques, par le fait que l'idée même d'intégration européenne est devenue à l'heure actuelle une idée exclusivement oues-européenne, c'est-à-dire une idée pure, je dirais même épurée, de facture rationaliste, cartésienne (l'idéologie du « corps sans ombre », dixit Serge Le Diraison). En dépit des projets « Erasmus » et autres, la pratique de l'intégration européenne, suggérée à Prague, Varsovie, Ljubliana, Zagreb, etc. Est une pratique purement économique et idéologiquement « bourgeoise », non pas issue d'une Bildungsbürgertum cultivée et humaniste, mais d'une bourgeoisie qui a « neutralisé » les élans culturels, politiques, et religieux pour faire place au calcul et à l'accumulation du profit économique. Jiri Grusa plaide donc pour une politique culturelle européenne, sinon, inéluctablement, l'espace culturel deviendra la zone de recrutement d'une « résistance politique » susceptible de prendre les allures d'un néo-messianisme gauchiste ou d'un fondamentalisme identitaire (voire, s'ils sont augmentés d'une bonne dose d'écologie, des deux à la fois!). Au vu de la révolte des enseignants et de la déconstruction systématique des réseaux scolaires en Belgique francophone notamment, ce plaidoyer n'est pas un vain discours. Après l'effondrement des institutions culturelles en Europe orientale et en Russie, quand le soutien étatique aux créatifs, aux musées et aux types d'enseignements fondamentaux et non rentables (philologie, linguistique comparée, littérature, archéologie, histoire de l'art, etc.) a cédé le pas au culte démentiel de l'économie et du profit, l'Europe semble être retournée à la face la plus sombre de son âme : l'hybris, la démesure.

 

Pour Jiri Grusa, la protection de la culture européenne passe par un abandon définitif des ressorts conceptuels du « fondamentalisme occidental » (ou « occidentiste » dirait Zinoviev). Jiri Grusa parle plus exactement d' « idées qui ont précipité le continent dans la misère. » Ces « idées » sont celles qui prétendent être les reflets d'une « vérité unique », comme ce fut le cas de l'idéologie du « socialisme réel » dans cette Europe qui est aujourd'hui post-communiste. Ou comme c'est le cas aujourd'hui avec l'occidentalisme le plus radical, qui sévit notamment à Paris dans le sillages des jalons posés voici près de vingt ans par Bernard-Henri Lévy Guy Konopnicki, etc. Il y a une dizaine d'années, ce prophétisme occidentiste se renforçait considérablement, passait du pamphlet prononcé sur le mode hystérique au catalogue documentaire de ce qu'il ne fallait pas ou plus penser : ce catalogue tenait tout entier dans la réfutation du nietzschéisme et de l'heideggerisme de Mai 68, entreprise par Luc Ferry et Alain Renaut ; il flanquait un plaidoyer de Ferry pour un individualisme juridique et économique absolu. Envers et contre toutes les traditions d'Europe centrale, c'est cette idéologie dépouillée de tous réflexes communautaires, de toute volonté de fraternité et de tout intèrêt pour les matières culturelles que les instituts occidentaux, notamment français, tentent d'imposer en Europe centrale et orientale.

 

Jiri Crusa n'est évidement pas un nationaliste, ni au sens français ni au sens allemand du terme. Il est un ressortissant de cette Mitteleuropa où l'allemand et le slave se mêlent si étroitement que l'élimination de l'un affaiblit l'autre et vice versa. Il critique la notion d' « identité » et lui oppose celle de « complexité », c'est-à-dire la complexité de la « multination », soit de l'espace géographique où cohabitent et se compénètrent des ethnies très différentes les unes des autres. Toutefois, on peut déceler dans son discours qu'un abandon des politiques culturelles ou leur mise au rancart sous la dictée d'un « pan-économicisme » ubiquitaire finira par cristalliser une nouvelle opposition binaire sur la scène politique des démocraties post-communistes : avec, d'une part, le primat de l'origine (ethnique), défendu par les nationalistes et les anciens artistes (communistes de circonstance) privés de leurs subsides légitimes, et, d'autre part, le principe de rentabilité, défendu par les libéraux et les partisans de l'idéologie du seul profit.

 

Pour conserver un européisme culturel efficace et solide, n'impliquant aucun repli sur soi, Jiri Grusa entend développer une politique culturelle paneuropéenne (gesamteuropäisch), capable de surplomber, d'encadrer et de limiter les politiques États nationaux, tentant de récupérer leurs vieilles influences d'avant-guerre (Goethe-institut pour l'Allemagne, Institut français, British Council, etc.) En tant que Tchèque, il met de l'espoir dans la collaboration avec les petits pays qui ne cultivent aucune intention « impérialiste » en Europe centrale et orientale, mais parie surtout pour une culture débarrassée des vieux réflexes rationaliste-autoritaires, qui font exploser l'hybris européenne dans tous les sens, provoqué les affrontements du XIXe et du XXe siècles, plongé les sociétés occidentales dans l'anomie. Pour promouvoir cette culture continentale, explique Jiri Grusa, il faut ultiplier les canaux d'information et favoriser les échanges de savoir, d'idées et de projets, sans qu’aucune des parties dialoguantes ne manifeste la moindre tentative de convertir totalement ses interlocuteurs à son message. Grusa plaide pour le savoir contre les tentatives de convaincre, de convertir. Les intellectuels ou les scientifiques européens qui se rencontreront devront surtout chercher à perfectionner les règles du jeu en Europe et s'abstenir de formuler une idéologie toute faite qui s'imposerait à tous les Européens indépendamment de leur origine ou de leur site de vie. La défense de la nouvelle culture européenne passe par une revalorisation complète du principe de subsidiarité. Il faut qu'en Europe surgissent partout des agences efficaces d'information sur les grands thèmes de la vraie politique : géopolitique, écologie, pensée économique, droit (subsidiaire), urbanisme, etc. Parallèlement à ces agences, les échanges entre les jeunes européens doivent s'intensifier. Car seules des communications à haut niveau, entre étudiants, enseignants, chercheurs, permettront de créer une culture européenne apte à affronter et à gérer sans mutilation l'extraordinaire diversité de notre continent. L'avenir de l'Europe est à ce prix.

 

Les idées de Grusa correspondent au projet que j'anime avec Gilbert Sincyr, le professeur Fabio Martelli, Anatolli M Ivanov, Mark Lüdders et bien d'autres, sous l'appellation de « Synergies Européennes ». Nous les défendons. Sans nécessairement enfiler les gants du diplomate et en opposant à la political correctness, le « parler vrai ». C'est-à-dire un langage débarrassé d'une vieille tare européenne, qui a servi à camoufler cette hybris que dénonce à juste titre le diplomate tchèque Jiri Grusa : l'eudémonisme. » Europa – Valeurs et racines profondes de l'Europe, Chapitre IX Faire l'Europe par la culture et le savoir, pp. 195 à 199, aux éditions Bios

 

Nous hésitions entre plusieurs extraits pour vous inciter à une lecture immédiate d'Europa, nous savons que vous envisagiez la lecture des trois tomes en vue de recevoir ou d'aller à la rencontre de Robert Steuckers. Cet extrait dessine des grandes orientations. Nous vous proposons de mettre ces recommandations à hauteur de votre exercice communautaire (et au niveau de votre action militante) pour stimuler votre réflexion sur vos orientations idéologiques, vos positions géopolitiques et dans un usage opératif de votre communauté de combat qui doit, elle aussi, se former. Comme nous le faisons à notre petit niveau, il n'y a pas ici d'arrogance de notre part. Nous pouvons donc, à nos niveaux respectifs, utiliser ces grandes orientations et déployer une métapolitique opérative qui soutient ces recommandations.

 

Le nationalisme blanc s'éloigne de plus en plus de l'européisme fondamental – orientations idéologiques ; positions géopolitiques ; actions métapolitiques – pour lequel nous combattons ; la trilogie « Europa » ouvre la voie vers cette Europe et devrait être une référence pour les militants européens, sa lecture vous permettre de faire votre révolution, et celle du nationalisme blanc européen. Une orientation solaire vers l'idée de Quatrième théorie politique européenne pour remettre le néo-occidentalisme à l'endroit.

 

Nous spéculons peut-être sur vos intentions à outrance, mais nous savons au fond de nous que vous êtes plus proche d'un eurasisme européen – ne serait-ce que par vos choix de vie et votre affinité avec les pays de l'Est – que d'un sous-nationalisme bêtement pro-occidental, que vous êtes beaucoup plus qu'une succursale de la très respectable Alt-right. Se réapproprier et réhabiliter une certaine idée de l'Occident est une idée qui se défend pour trancher avec le nationalisme périmé et s'extraire du souverainisme dissident, cela dit, pour un européiste – moins pour un tercériste hostile à l'eurasisme – le terme d' « Occident » peut amener à des confusions sur vos choix pro-occidentaux et se ressentir dans certaines de vos positions, géopolitiques notamment, prises à défaut par l'européisme fondamental et l'idée d'indépendance que porte la Troisième voie.

 

Quant à nous et pour vous rendre compte de notre orientation eurasiste ; après tout vous avez le droit  : Nos orientations eurasistes personnelles ne rentrent pas dans l'équation européisme ou occidentalisme étant donné qu'il n'existe pas de mouvement eurasiste européen avec une vision opérative dans le paysage métapolitique français.

 

Nous voulions, il y a quelques années, développer l'idée d'un eurasisme européen avec les européistes et les tercéristes dans un contexte précis pour contrebalancer l'idéologie néo-souverainiste mais nous sommes lucide sur la réalité de ce projet qui n'a pas rencontrer d'adhésion et n'a pas d'avenir à court terme.

 

Les intellectuels non-alignés ou crypto-eurasistes ont choisi une autre voie – n'ont jamais répondu à notre réflexion idéologique et militante au sujet d'un eurasisme européen opératif, non plus à nos mises-en-garde sur leur alliance objective avec la dissidence et le « camp souverainiste » que nous avons décliner de mille façons depuis plus de cinq ans.

 

Ils préfèrent singer les positions d'un néo-eurasisme lointain en imitant la dialectique de Douguine sans la saveur authentique d'un eurasisme typiquement européen proposé par Laurent James – et non « pro-russe » ; faisant bêtement la propagande du Kremlin en France –, et cela amènera à de grandes confusions sur l'idée de Quatrième théorie politique et sur les intentions eurasistes, bien plus grandes que celles que le néo-occidentalisme entretient avec l'européisme. Si seulement le crypto-eurasisme des non-alignés était fondamentalement européistes et tercéristes, mais il n'est qu'un souverainisme de pacotille au service de la Russie – et non au service d'une « révolution perennialiste »... Dans Paris-Berlin-Moscou, il y a Berlin, les souverainistes c'est Paris-Moscou-couscous.

 

Les dissidents oublient qu'ils ne sont pas russes, le néo-souverainisme est tout sauf une pensée eurasiste, en imaginant que se soumettre à la Russie rendra sa souveraineté à la France ou fera l'Europe, en omettant que nous ne pouvons pas copier/coller le néo-eurasisme russe pour le plaquer à la réalité d'une Troisième voie européenne sans raconter notre propre Quatrième théorie politique et en pensant que les russes pourraient nous respecter de cette manière, sans que nous « imposions » nos vues, en tout cas les défendions, les dissidents nous démontrent, une fois de plus, leur inconséquence idéologique et leur esprit de soumission. Ni Moscou, ni Washington !

 

L'eurasisme et la multipolarité ça n'est pas le souverainisme ou une forme périmée de non-alignement. La souveraineté des nations est une blague pour Douguine, c'est à la base de sa pensée impérialiste mais les crypto-eurasistes lisent visiblement Douguine en oblique. En effet, Douguine et les russes auraient peut-être tout intérêt à jouer la carte du souveraino-souverainisme à la françaises en Europe pour, à la fin, être les libérateurs et les sauveurs de nations impuissantes et les englober dans un empire russe qui ne se fatiguera pas d'eurasisme et de multipolarité puisque nous n'avons rien à répondre et rien répondu à la Quatrième théorie politique eurasiste et à Alexandre Douguine.

 

Nous pensons que c'est un très mauvais choix stratégique de la part de Douguine et de sa métapolitique internationale, si (et seulement si) il est conscient de cela – ce dont nous doutons ; il est tout-à-fait possible qu'il n'en soit pas du tout conscient, nous savons qu'il est très mal renseigné par les réseaux crypto-eurasistes du point de vue des idéologies françaises en mouvement, des réseaux dont certains partagent des intérêts économiques avec la dissidence souverainiste comme le think-tank Strategika de notre camarade Pierre-Antoine proche d'E&R, ou ont encore une sympathie pour Soral, qui démontre toute la pertinence des réseaux crypto-eurasistes dans leurs choix d'alliance métapolitique en France avec les dissidences vocifératrices et qui peuvent empêcher Douguine de comprendre les enjeux internes de la dissidence ; les divisions profondes entre les néo-souverainistes, les nationalistes, les nationalistes blancs et les européistes fondamentaux (dont les traditionalistes eurasistes) – car il n'y aura pas d'eurasisme sans Europe et pas d'Europe avec les souverainistes. Mais c'est une autre histoire...

 

Certes, nous sommes nos gènes, montrons ce qu'ils produisent, et reproduisent.

 

 

Vive l'Empire !

 

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(Revenir à la première partie audio « Introduction à un non-débat » ; poursuivre vers la troisième partie audio « Le réenchantement contre la réinformation »)

 

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