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23/12/2014

Pour un Eurasisme européen (Version 2.0)

 

"Dans la physique moderne, qui explore principalement des "conditions très déséquilibrées" et des systèmes chaotiques, il y a un terme technique - le "temps Lyapunov". Il désigne une période où un certain processus (physique, mécanique, quantique, ou même biologique) se développe au-delà des limites de prévisibilité précise (ou probable) et entre dans un mode chaotique. En d'autres mots, la trajectoire du processus est subordonnée à des lois strictes seulement jusqu'à un certain moment  dans le temps réel. Au-delà de ce moment, le temps "normal" se termine et le "temps Lyapunov" paradoxal (ou plus précisément le "temps Lyapunov positif") le remplace. Les caractéristiques de ce "temps" sont très curieuses. A la différence du temps physico-mécanique habituel, qui est considéré dans la physique classique comme une quantité essentiellement réversible (cela signifie que le temps n'est rien d'autre qu'un axe  statique, ajoutant une quatrième dimension à l'espace tri-dimensionnel ; voir le modèle éducationnel d'Einstein), le "temps Lyapunov" s'écoule irréversiblement, dans une seule direction, et par conséquent, ne consiste pas en une trajectoire définie une fois pour toutes (dans l'espace quadri-dimentionnel), mais en "évènements", en mouvements compléments imprévisibles, qui sont arbitraires, accidentels, irréguliers. Les processus qui surviennent  durant le "temps Lyapunov" sont qualifiés de chaotiques par contraste avec les processus de la mécanique classique." Alexandre Douguine, Le prophète de l'eurasisme, Partie IV, Essais philosophiques, Le temps Lyapunov, p. 207, aux éditions Avatar      

 

 

Pour dialoguer sereinement avec la Nouvelle Russie de Vladimir Poutine et entretenir une saine disputatio avec l'Eurasisme d'Alexandre Douguine Quatrième philosophie politique –, nous devons parler sur un même plan, sur un plan eurasiatique, nous devons développer un nouveau langage diplomatique et construire un nouvel espace métapolitique, et pour ce faire, nous devons nous inspirer de la  méthodologie et de la philosophie eurasistes, nous devons théoriser un Eurasisme pour la Middle Europa, un Eurasisme européen.

 

Certains esprits craintifs voient dans l'Eurasisme une réminiscence de l'impérialisme russo-soviétique ; en pensant cela, ils soutiennent la stratégie étasunienne de réactivation de la Guerre froide, de rétablissement du système bipolaire, de reformulation des oppositions nécessaires au fonctionnement du mondialisme et de leur réduction à un affrontement subversif entre les extrêmes – en guerre civile contre la révolution authentique –, entre nostalgie communiste et folklore fasciste, entre menace terroriste et invasion atlantiste, entre invasion islamiste et menace fasciste ; en confondant tsarisme russe et impérialisme soviétique nous travaillons pour les mondialistes, nous reconstruisons avec eux l'ennemi idéalement nécessaire pour un maintient du statu quo vers un système multilatéral.

 

L'axe eurasiatique ne peut pas naître de la seule Russie sans un Retour d'Europe, ou de l'Europe seule sans la Russie ; ça n'est pas une convergence mais de grandes retrouvailles continentales que nous préparons. Nous avons besoin d'une Europe indépendante des États-Unis.

 

Il n'aura échappé à personne que la configuration géopolitique ukrainienne, et les enjeux militaires en mer de Crimée, ne permettent pas à la Russie d'être davantage subtile qu'elle ne l'aura été jusqu'à présent dans son traitement du conflit alors les États-Unis surjouent de cette situation politique désastreuse pour désigner le Président Vladimir Poutine comme le futur-ex ennemi soviétique, comme seul responsable, et, attaquent aujourd'hui le rouble pour sauver le dollar.

 

Nous autres, européens et eurasistes, pouvons être troublés, ainsi que peuvent l'être nos camarades de la Troisième voie et des Cercles non-conformes, par une tendance à la reductio ad Hitlerum dans la propagande dissidente pro-poutine et le soft-power russe (qui n'est pas le soft-power eurasiste).

 

La Quatrième théorie politique appréhende la fin du national-socialisme en 1945 et celle du communisme en 1991, Alexandre Douguine ne peut donc valider les anathèmes distillés par le régime de Vladimir Poutine et la Dissidence mainstream, mais il est bien forcé de constater que les nationalistes ukrainiens ne se défendent pas des infiltrations mondialistes dans leurs rangs et se présentent comme des néo-nazis, pseudo-nazisme qu'ils présentent comme un Nationalisme et qui représenterait tous les nationalistes ukrainiens.

 

Le choix de l'imprécision et du manichéisme, dans un soutien inconditionnel à la Russie ou, a contrario, au néo-nazisme ukrainien, amène, dans les deux cas, à un glissement sémantique et une confusion incapacitante des genres politiques qui ne permettent pas d'indiquer la voie eurasiste à la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, et privent des alliés objectifs de s'en rapprocher.

 

Il faut dire à nos camarades russes, qu'en France et en Europe, les dissidences souffrent d'un antiracisme institutionnel d'indistinction et d'un antifascisme constitutionnel de dissolution hérités du communisme, digérés par le libéralisme, retournés par le sionisme en antisémitisme universel de liquidation surjoué par la gauche contre le socialisme et le nationalisme, et intégré de force au logiciel de la république contre la Tradition, la république dite française et son reboot perpétuel à gauche, ici, le gauchisme tourne en boucle, et un abus excessif des anathèmes systémiques, excités par ceux-là mêmes qui phagocytent les mouvances prérévolutionnaires et qui utilisent ces mêmes anathèmes contre la Russie de Vladimir Poutine, n'est pas de bonne augure pour l’avancée de l'axe Paris-Berlin-Moscou.

 

Il s'agirait de rectifier cette position qui n'est pas incohérente dans les faits si l'on nomme les protagonistes tels qu'ils se désignent eux-mêmes, mais qui est incomplète si l'on nomme les protagonistes pour ce qu'ils sont selon leurs positions géopolitiques réelles et quelles forces ils servent dans les faits : les néo-nazis ukrainiens sont-ils des mondialistes masqués, des utopistes à l'idéal nazi, des nationalistes authentiques ou des idiots utiles du mondialisme ?

 

Ce que nous savons, c'est que les nationalistes ukrainiens et les dissidents français ne sont pas de vrais-faux néo-nazis, qu'il faut cesser de véhiculer cette image et d'utiliser les anathèmes systémiques, sinon, une bonne partie de la Dissidence européenne, principalement socialiste et nationaliste, partiellement traditionaliste et potentiellement eurasiste, est horriblement facho-nazie : ce qui serait incompatible avec l'image que les néo-souverainistes essayent désormais de se donner et de donner à Vladimir Poutine ? C'est-à-dire, en passant les détails et en allant directement au bout de la logique, celle d'un progressiste, d'un antifasciste et d'un droit-de-l'hommiste, autrement dit, une image aux antipodes de l'Eurasisme, de la Quatrième théorie politique et de la Théorie du monde multipolaire d'Alexandre Douguine. Tandis que la Troisième voie, influencée par l'image que donne les néo-souverainistes à Vladimir Poutine, pense que la Russie veut et peut faire seule l'axe Paris-Berlin-Moscou ?

 

La libération nationale reste, pour l'instant, et en l'absence d'un mouvement révolutionnaire continentaliste opératif, un sain objectif et le pré-requis à une projection vers une échelle supérieure de résistance et de combat, mais il faut que les nationalistes et les souverainistes de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle s'en rendent bien compte, le système westphalien ne peu plus répondre à la nouvelle configuration mondiale, et le double phénomène de l'effondrement et de l'émergence, et cette libération nationale doit s’opérer dans une perspective autre que le ronron néo-souverainiste et que les nationalistes hésitants qui encombrent le chemin vers la voie eurasiste

 

Nous ne pouvons pas réduire l'Eurasisme douguinien à quelques déclarations de Vladimir Poutine un peu d’intelligence politique suffit pour comprendre qu'il doit donner des gages aux tenants des Droits de l'homme (ce qui ne fait de lui un mondialiste!) et qu'il les défie sur leur propre terrain, nous n'en pouvons rien si quelques sombres crétins interprètent cette stratégie tsariste comme étant de nature westphalienne et de surcroit en font des livres contre les idées radicales, non-conformistes, rupturalistes, eurasistes et traditionalistes et les orientations qu'elles indiquent , à des positions prises dans un contexte très précis où nous voyons bien, dans la perspective d'une stratégie authentiquement eurasiste, que Vladimir Poutine, outre sa facilité à prendre une posture antifasciste (mais qui n'explique pas à elle seule sa vision géopolitique intégrale et ne remet pas en question sa diplomatie raisonnable), a dû réagir rapidement et a réagi efficacement, selon nous, à une situation hautement périlleuse, dangereuse pour l'ensemble de l'Europe, qu'il aura même tout fait pour éviter un enlisement dont ne croyons qu'il n'aurait pas lieu, en effet, il n'y a pas eu de volonté russe de montée des tensions vers un conflit de plus grande ampleur et si les États-Unis admettaient leur défaite, ce conflit serait terminé depuis longtemps. L'Ukraine est cette marche, ce pont ; mais nous pensons aussi, et entre autre, au Bosphore, un autre pont eurasiatique ; entre le Grand Continent Eurasiatique de l'Ouest nordique et de l'Est polaire

 

La gestion de la crise ukrainienne n'est, certes, pas parfaite, idéale, radicalement eurasiste, mais elle n'empêche pas de continuer le dialogue. Elle ne permet pas de juger précisément et de trancher de la légitimité ou de l'échec de la voie eurasiste, quand nous autres, dissidents européens, sommes à la traine, et nous ne sommes pas encore réellement emparés de la question eurasiste, ni même de la question européenne finalement, car sans combattre le ronron néo-souverainiste et la Dissidence mainstream dans la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle il ne sert à rien de combattre le mondialisme trois fois libéral du mainstream politico-médiatique, sachez, camarades, que la Quatrième théorie politique ; que l'Eurasisme, fait ontologiquement partie de la voie à tracer dans notre Croisade contre le monde moderne.

 

Nous devrions être capables de formuler clairement nos critiques concernant l'Eurasisme, mais ça n'est pas le cas, au point que l'Eurasisme est un non sujet, et que nos spéculations vont souvent dans le sens des oppositions nécessaires au dysfonctionnement rentable de la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, à ce propos, nous défions les néo-souverainistes qui ne proposent rien d'autre que des constats de faillite de répondre aux travaux d'Alexandre Douguine, si les eurasistes russes,qui ne sont pas responsables des décisions de Vladimir Poutine, venaient à prendre la voie bipolaire, ou multilatérale, aux détriments de la voie multipolaire, nous le verrons, et nous formulerons notre désaccord, si dérive il y a, Alexandre Douguine le dira, et elle rencontrera, de toutes façons, notre rejet du monde moderne, en attendant que cela arrive, et que les néo-souverainistes nous répondent, nous devons continuer à prendre de l'avance et apprendre à démontrer les éventuelles erreurs géopolitiques de Vladimir Poutine sur base des travaux eurasistes, et c'est aussi pour cela que nous devons développer notre eurasisme, un Eurasisme européen, or, la Dissidence nombriliste qui n'aura jamais essayé d'emprunter la voie eurasiste mais qui affiche une poutinolâtrie primaire assez indigne, un sentiment pro-russe sans réelle volonté d'en faire quelque chose ne produit que de la réinformation mortifère et des convergences neutralisantes  quand nos camarades de la Troisième voie ont tendance à se replier idéologiquement dans un anti-antifascisme de réaction extrême et non-radicale, dont nous pourrions dire qu'il est, lui aussi, la réminiscence d'un même écueil, l’exact pendant de l'antifascisme primaire, on en sort pas...

 

Le problème ukrainien, dans notre perspective eurasiste et européenne, est un problème de mouvement, de sens de ce mouvement dans nos mises-en-marche en avant à contre-courant. Il y a, malheureusement, des choses que l'on sait, mais que l'on ne peut exprimer mot pour mot, qu'il serait d'ailleurs incongru d'exprimer de la sorte, à tous points de vue, des réalités que nous pourrions démontrer et que nous avons déjà essayé de démontrer, le nationale-socialisme, le fascisme pas assez traditionnel et le nazisme beaucoup trop occulte, ont échoués, le communisme est tombé à l'eau, qui c'est qui reste ?

 

Pour que la Quatrième théorie politique puisse naître, et être acceptée, le mouvement pour l'axe Paris-Berlin-Moscou doit impérativement ça n'est pas à l'UE, ou même à ses représentants locaux que nous devons mettre la pression, mais précisément à Moscou doit partir de Paris et faire sens à partir de l'Europe même si l'impulsion est partie de la Nouvelle Russie de Vladimir Poutine, la voie doit s'ouvrir à partir du Nord-européen et/ou de la Méditerranée, le sentier éclairé à partir du phare moscovite, c'est le mouvement naturel de l'éternel retour.

 

Les peuples européens doivent emprunter ce sentier perdu sans y être poussés par la Dissidence, sans être aidés par la convergence prérévolutionnaire du XXIème siècle, et sans y être obligés par la Russie. Nous insistons, le rôle de la Russie est celui de repaire, de signer l'impulsion et d'allumer le premier feu, sans le dire, sans le montrer et sans venir vers nous, et elle l'a fait, nous devons l'entendre, le voir et reprendre le chemin de la voie grand-continentale par nous même, éclairer nos avancées avec nos propres feux pour que l'espoir flamboyant de l'Eurasisme révolutionnaire ne soit pas interprété par les nôtres comme un effort d'éblouissement mondialiste, une tentative d'endiguer la déferlante nationaliste européenne.

 

Les nationalistes européens comprendront d'eux-mêmes que la suite géopolitique logique est de rejoindre l'alliance continentaliste eurasienne vers la plus Grande Europe ; leur plus Grande Europe contre l'impérialisme étasunien et sa volonté de reconstruire l'ennemi soviétique, de ranimer la Guerre Froide, et, par là, justifier et alimenter notre crainte d'une réminiscence d'un impérialisme post-soviétique vers un monde bipolaire ou, une inversion hégémonique des pôles où l'Europe serait toujours partie lésée , un monde multilatéral, multi-horizontal... Créer une dynamique eurasiatique vers un monde verticalement multipolaire, voilà notre mission.

 

Au sujet de l'Union dite Européenne, nous devons, certes, tout faire pour sortir de sa logique capitaliste, marxiste et libérale là commence la voie eurasiste , mais si nous devons sortir de cette UE atlantiste, sioniste et mondialiste, nos intérêts sont européens et nous ne pouvons pas sortir de l'Europe, nous sommes européens en Europe, et l'UE n'est ni européenne ni l'Europe, des européens sont présents dans les élites européennes mais nos élites sont mondialistes et apatrides, le problème n'est pas des institutions européennes il serait ridicule de nier la dimension européenne, païenne et chrétienne, de notre civilisation, de ne pas s'appuyer sur elle et avoir recours à sa Tradition dans notre contexte de mondialisation sauvage mais de la nature américaine et globaliste et tous ceux à qui l'inertie profite de ces institutions et le projet qu'elles servent servilement.

 

Dans la continuité de l'idée de Putsch et dans une perspective eurasiste, nous devons prendre le contrôle, la tête de l'Europe métapolitique et prérévolutionnaire, et évincé l'UE du trône européen, dans notre représentation impériale eurasiatique grand-continentale primordialement traditionnelle : le Trône est vide (Un empire n'a pas besoin d'empereur).

 

Si la Quatrième théorie politique et la Théorie du monde multipolaire d'Alexandre Douguine ont donné une certaine impulsion révolutionnaire et sonné le tocsin de la Tradition, nous ont offert une méthode, et pour nous autres, dissidents, le constat le plus précis, la perspective la plus futuriste de notre temps, cela ne fait pas de Vladimir Poutine, ou de sa politique, un eurasiste, et une politique eurasiste. Nous comprenons l'enjeu actuel et nous comprenons les positions d'Alexandre Douguine. Nous comprenons les différentes échelles de dialogue et nous savons qu'Alexandre Douguine introduit l'idée de Quatrième théorie politique dans les élites russes à certains prix et certaines imprécisions, ou tolérance de ces imprécisions de la part du pouvoir russe, dans les intérêts biens compris de sa patrie russe et d'un avenir pour l'Eurasisme en Russie, ce qui n'est pas une évidence, et comme nous devons le faire en Europe pour l'Europe.

 

"Une nouvelle théologie révolutionnaire de l'amour divin est ainsi mystérieusement et très providentiellement apparue, établissant les fondations vivantes du prochain grand renouveau intérieur de la religion catholique à venir, la religion de l'Incendium Amoris. C'est à l’abri des murs du Carmel de Lisieux que, à la fin du siècle dernier, prenait secrètement naissance le formidable mouvement sismique dont la vague de fond emportera, bientôt, l'édifice millénaire d'un certain catholicisme romain, déjà en cours de changement sans que rien n'eût encore transpiré à l'extérieur. Un changement qui porte en lui les prémices ontologiques, révolutionnaires et suprahistoriques de l'avènement à terme de notre Imperium Ultimum dont l'être profond n'est autre que celui de l'Incendium Amoris : Imperium Ultimum, Imperium Amoris. Il me semble qu'il serait donc, désormais, chose fondamentale que de savoir reconnaître que l'aventure amoureuse de sainte Thérèse de Lisieux s'était occultement développée dans l'horizon impérial de ce à quoi elle était destinée à servir de noyau originel, abyssal, d'immaculée conception et de nativité à la fois vivante et conceptuelle, à savoir de notre Imperium Ultimum." Jean Parvulesco, Le sentier perdu, Ipcress Danger Immediat, p. 83, aux éditions Alexipharmaque



La Réponse sera Métapolitique !    

 

N.Pendragon

 

Relayé par  The Fourth Political Theory ,Voxnr et La Dissidence Française ; merci à eux.

 

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