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23/12/2014

L'appétit de Sion

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La pétition est, dans notre société post-moderne, une des multiples excuses, ou justifications, à notre impuissance politique, bonne conscience aux allures de mondialisme et coiffée d'un égalitarisme certain.

 

La pétition est le pet flatteur de la Démocratie en mouvement d’incommensurable connerie, malheureusement mesurable par le nombres de compétiteurs signataires, à la fin, ça pue toujours autant. Quand on fuit la démocratie, son odeur nous suit.

 

Alors que la critique radicalement traditionnelle ou traditionnellement radicale de la Démocratie - qu'elle soit grecque, républicaine, réelle ou véritable, par tirage au sort ou par sodomie, ou encore "libertarienne", palléo-patriote ou archéo-conservatrice - et de son principe même, d'essence de Guerlain, de son Spectacle sociétal-libertaire et du  Fétichisme de la Marchandise libérale qui l'accompagne, sont des axes critiques importants dans la formation d'un corpus anticapitaliste, et sont sa force motrice, nous continuons à nous réfugier, nous cacher, nous enfuir sous toutes les formes économiques de la démocratie fantasmée, monticules de feuilles mortes et de contradictions. Nous attendons l'opération grand architecturale, chirurgicale, comme dans une salle d’attente révolutionnaire où l'on feuillette patiemment le magazine Avaaz ou le prospectus Change.org en attendant de se faire lobotomiser, se faire enlever le dernier petit bout de cerveau qui pense, par un médecin borgne, pour oublier que notre Civilisation est malade de démocratite aiguë et enfin pouvoir s'enjoindre aux grandes messes libérales sans plus un soupçon de culpabilité et de gêne anthropologique.

 

La pétition, c'est le papyrus de nos incantations démocratiques. Tout ce que nous voudrions avoir le courage de faire et que nous n'osons pas faire, que nous nous ne donnons pas les moyens de faire, ce que nous laissons faire. C'est demander la permission de péter après un cassoulet. Papyrus molletonné avec lequel se torchera le premier démocrate à qui nous donnerons un brin d'illusion de pouvoir; il suffit d'apercevoir la dictature philosophique qui s'exprime sur les murs lumineux de nos starlettes de la démocratie. Comme sur le mur, justement nommé, du bourgeois gentil homme Étienne Chouard, pour ne citer que lui, chez tous les parangons de la Liberté d'expression - pour les gens avec qui ils sont d'accords ou qui peuvent éventuellement leur apporter de l'audience - de Julien Courbet à Laurent Louis (dit "le coach"), en passant par MetaTv (Télévision 2.0, média mainstream alternatif) et LL'Paix et amour...

 

Méfiez-vous des gens qui signent des pétitions. Si un membre de votre famille ne peut plus s'empêcher de signer des pétitions, de parler d'égalité dés le petit déjeuner avec un masque d'anonymous, de s'interroger sur la façon la plus rentable d'être raciste, antiraciste, semi-raciste, alter-raciste le midi, de plomber le dessert avec des réflexions sur la réconciliation nationale entre des patriotes noirs et arabes du 94 au repas du soir, de vous réveiller parce qu'il fait des "quenelles" en dormant et crie "Soral à Raison!" dans son sommeil, et autres symptômes d'indignation, dont des assuétudes à la réinformation, des addictions aux commentaires sur facebook, Fuyez! Un traitement curatif est en phase de recherche, un numéro vert sera bientôt disponible pour être à l'écoute des proches et des victimes des toxico-dépendants à la modernité et au progrès ayant développer des pathologie démocratiques avancées et qui provoquent des nouvelles formes de violence familiale comme la Dissidence. Pour les malades, en attentant qu'un traitement soit trouvé, essayez de les détourner vers une autre "addiction", l'héroïne, la crocodile, l’éther ou la mort-aux-rats, c'est mieux pour eux, privilégiez l’intraveineuse.

 

Entre "Vox populi vox déi" et "One man one vote", il y a un monde de différence. Ensuite, la démocratie est un régime politique, régime qui doit reposer sur des principes, articulés dans une philosophie-politique, hors, sur quelle philosophie-politique faire reposer cette "véritable" démocratie dont nous parle Étienne Chouard ? Le Libéralisme triomphant ?

 

"Le principe de prise de décisions collectives constitue le fondement de la démocratie, ce faisant la procédure doit prendre un spectre de représentants de la société aussi large que possible. Et  ce principe apparaît précisément comme une constituante essentielle des sociétés archaïques dans lesquelles l'individu ne s'était pas encore constitué en unité indépendante et dans lesquelles le rôle historique principal appartient à l'esprit du groupe ethnique, le plus souvent compris comme un totem, comme un esprit, ou encore comme une divinité ethnique. Les procédures démocratiques ont été introduites précisément pour permettre à cette instance supra-individuelle de s'impliquer directement dans le destin du groupe. Et on attendait de l'assemblée qu'elle prenne une décision qu'aucun des participants n'aurait pu prendre de façon individuelle. Cette décision était considérée comme celle de l' instance transcendante se manifestant à travers l'assemblée. C'est pourquoi,toutes les assemblées débutaient par des rituels au cours des quels on invoquait les dieux et les esprits. Et en effet, ils prenaient les décisions, agissant à travers les individus. C'est là tout le sens du proverbe romain vox populi vox dei, « voix du peuple, vois de Dieu »." Alexandre Douguine,  La Quatrième théorie politique: La Russie et les idées politiques du XXIième siècle, Chapitre III La démocratie, sacrée ou laïque ?, pp. 57- 62

 

Alors Étienne, la Démocratie, Sacrée ou Laïque ?

 

Néanmoins, nous différencions la "pétition globale", la pétition Avaaz, la pétition "pour changer le monde", la pétition mondialiste du suffrage universel, et la "pétition locale", dans l'esprit de la prise de décision collective à l'intérieur d'une communauté précise - et/ou de ses représentants légitimes -, nous pourrions dire la pétition sous l'égide du principe de subsidiarité, la pétition "pour régler des problèmes locaux".

 

La pétition, c'est aussi la promotion de la solidarité virtuelle contre la solidarité réelle. C'est également la promotion de la web-démocratie qui s'annonce, le vote en un click, remède à l'abstention.

 

La pétition, c'est une extension de l'illusion démocratique.

 

"C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées, y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé ; nous ne savons plus qui a parlé de « fabriquer l’opinion », et cette expression est tout à fait juste, bien qu’il faille dire, d’ailleurs, que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en réalité à leur disposition les moyens nécessaires pour obtenir ce résultat." René Guénon, extraits de La crise du monde moderne

 

La pétition est un thermomètre social - et donc économique - pour les élites.

 

Nous pensons que nous pouvons dire sans trop nous avancer que l'esprit de la pétition qui est en vogue dans les milieux dissidents participe intégralement de cette ingénierie sociale systémique que les dissidents dénoncent par ailleurs.

 

Elle soulage l'individu mais aide le système, à premièrement le repérer, l'identifier, bien que son soulagement profite directement au système et que là est le premier effet de la pétition, deuxièmement, la pétition est un thermomètre social qui permet au système de noter sensiblement le niveau d'opposition, troisièmement, la pétition aide le système à cibler ses faiblesses et à renforcer sa propagande sur tel ou tel sujet, quatrièmement, la pétition renforce l'idée de web-résistance et de solidarité virtuelle contre la résistance de terrain et la solidarité populaire, cinquièmement, la pétition bien que recouvrant une forme démocratique ne possède aucun fond de légitimité dans les prises de décisions sur les sujets qui comptent, pour terminer, nous dirons que la pétition ignore les véritables rapports de force.

 

Nous devons jaillir comme un diable de sa boîte et non entasser nos lamentations dans les interstices du mur de la République démocratique et laïque anti-France.

 

La Réponse sera Métapolitique !

 

N.Pendragon

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