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23/12/2014

Du prolétariat

 

« Le communisme c'est d'abord la communauté sacrale de ces groupes archaïques qui, des Germains de la forêt profonde aux Sioux des vastes plaines, ont durant des millénaires vécu au rythme cosmique de l'anti-argent et de l'anti-état, en ignorant le travail pour la vente, les divisions fonctionnalistes et la cristallisation aliénatoire en spécialités séparées puisqu'ils ne connaissaient que le produire ensemble pour la vie humaine.

La communauté (la fameuse Gemeinwessen) ex-pose ainsi l'être générique vrai de l'humain authentique selon la vieille racine « mun » qui définit la réciprocité organique propre à ce fait historique total qu'est le mouvement de la tradition primordiale, en un univers où tout est sacral dans l'anti-monnayable et dans l'anti-appropriable.


C'est la tradition falsifiée des égarements dans la tri-fonctionnalité, à l'heure des effets ravageurs de la révolution néo-lithique, qui cassera le groupe originaire pour aller l'enfermer dans les enclossures classistes du guerrier, du paysan et du prêtre qui, à partit de l'alliage sacré/profane éclairé par la dialectique du mouvement de l'argent, pulvériseront le sacral ancestral pour le profaner toujours davantage vers cette apothéose contemporaine du triomphe démocratique de la marchandise schizophrénique. » extrait de l'entretien de Francis Cousin accordé au magazine Rébellion pour son ouvrage L’être et l'avoir

 

Pour que la "Lutte des classes" marxiste puisse exister en terme d'opposition factuelle - et non théorique ou rhétorique - au Capitalisme-libéral, il faudrait que la catégorie du prolétariat existe, s'identifie elle-même comme telle et dise ce qu'elle veut pour que nous sachions à qui et de quoi nous parlons. Le premier parti ouvrier de France est le Front National.

 

Aujourd'hui, il serait bien difficile de définir qu'est-ce qu'un "prolétaire" et de trouver une "unité ouvrière". La catégorie des travailleurs - urbanisés de force dans les grandes industries d'un siècle de progrès sans merci - s'étant fragmentée dans tous les emplois proposés par les nouvelles mannes économiques issues de la désindustrialisation, aux ambiances de travail variés et spécifiques créant des pathologies sociales particulières.      

 

Plus nous cherchons ce prolétariat, moins nous le trouvons, il en va ainsi de toute catégorie fantasmée, comme pour toute science sociale érigée en idéologie politique. 

 

Pourrions-nous imaginer un instant que ce concept socio-communiste de prolétariat fut la construction dialectique et systémique d'une opposition nécessaire au bon dysfonctionnement du Capitalisme, que sa fonction idéologique objective est la destruction des peuples enracinés, des "castes" en présence dans la Tradition en mouvement, et donc un impossible retour vers la Communauté de l'être ? Que c'est d'ailleurs pour cela que le Communisme connait si bien le Capitalisme, où est-ce l'inverse ? Qu'il ne critiquait pas mais qu'il aidait a théoriser ? Exactement comme la bourgeoisie est cette classe temporaire  qui n'a existé qu'entant que pivot de la passation de pouvoir de l'aristocratie à ce que nous appelons aujourd'hui l'hyper-classe. La transition systémique de la monarchie à la république. Bourgeoisie et Prolétariat sont un seul et même concept.

 

« L'humain d'abord ! » Mais avant quoi exactement ?

 

Et quel avènement pourrait préparer cette culture mondiale, obligatoire, motivée par ce messianisme sans Dieu en présence dans les socialismes ?

 

Bourgeoisie/Prolétariat sont, pour faire simple, deux catégories modernes directement issues du morcellement de la caste traditionnelle des Laboratores ; des paysans et des artisans : du producteur. Ce phénomène de morcellement s'explique, en partie, par la naissance du commerce parasitaire, l'intervention d'intermédiaires dans les échanges. Intermédiaires qui n'apportent aucune valeur ajoutée aux services et produits qu'ils proposent et vendent, mais augmentent le coût des échanges, ce qui induit le concept de Dette, puisque pour permettre ce qui est en réalité une création monétaire, il faut générer davantage de monnaie que la valeur réelle du produit auquel on ajoute le coût de l'échange. Nous rappelons que la seule économie qui existe, c'est l'économie de la rareté.

 

Le prolétariat, une des notes de la symphonie du Divide et Impera ?

 

L'opposition Bourgeoisie/Prolétariat, Libéralisme de droite contre Libéralisme de gauche, exprime le divorce du "peuple", en effet, nous pourrions penser que la somme de la bourgeoisie et du prolétariat forme l'entité "peuple". Le prolétariat n'est pas à lui seul le Peuple. Et ce clivage moderne exclut tout simplement que s'exprime le paysan et son bon sens - reste terrien de la Tradition - dans les débats sociétaux et socio-économiques, en interdisant jusqu'à l'évocation de principes naturels et de valeurs morales que partagent les peuples. Le Prolétariat remplace le "peuple". Ce qui, réduit notre paradigme à un combat manichéen Progressistes/Conservateurs, disputation interne à l'élite mondiale et à la gestion alternative du Libéralisme triomphant, dont nous ne sommes que des expressions fractales, qui ne peut s'exprimer que dans un cadre strictement démocrate, laïque, et républicain, ou les conservateurs, qui ont peur de la Nuit libérale, ne font que perdre face aux progressistes.

 

« Ainsi, par exemple, Jean-Marie Domenach dans la revue « Esprit » en octobre 1970, écrivait : « Les Etats-Unis sont aujourd’hui la plus grande puissance communiste dans le monde ». En effet, l’utopisme, l’eschatologisme, et la religiosité parodique sont dans les deux cas étonnamment semblables, et cela malgré le fait que les États-Unis et l’Union Soviétique étaient « officiellement » des adversaires idéologiques, il y a encore peu de temps. » Alexandre Douguine - La Terre verte - l'Amérique

 

Le mythe de la Lutte des classes telle qu'il est représenté aujourd'hui est l'impossibilité même de l'existence d'une solidarité ouvrière inter-nationale qui ne peut naître que d'une dissidence radicale à la dialectique ud Capital en mouvement. Les prolétaires ne se révoltent pas, c'est les classes moyennes déclassées qui se révoltent et elles ne sont plus prolétaires. Le sous-prolétariat que nous connaissons aujourd'hui ne se révoltera que par famine et que dans la fureur. La Révolution prolétarienne promise par les communismes et les socialismes n'est jamais venue, tout simplement parce que le "prolétariat", en tant que contre-pouvoir objectif, force ouvrière, n'a jamais existé et n'a même pas la volonté d'exister. Il n'est formulé que par des auteurs que nous pouvons qualifier de "bourgeois", Marx en étant l'exemple typique et indiscutable, s'il était pauvre c'est parce qu'il ne travaillait pas. Le prolétariat est une invention d'élites pour justifier l'arrachement des peuples à leur terre qui doivent désormais oublier leur substance pour l'Internationale. C'est le même genre de caste privilégiée qui d'un côté organise l'arrachement et qui de l'autre théorise le dés-enracinement pour lutter contre l'arrachement.  


La catégorie du prolétariat inter-national organisé n'existe pas parce que les structures, notamment syndicales, qui auraient pu les représenter et faire les liens sont aujourd'hui, depuis longtemps et dans les faits, des cellules d'encadrement et de contrôle de ce prolétariat. Les syndicats ont entièrement intégré le système et nous pensons même qu'ils en sont une création de A à Z, ils sont financées par le système, pour le système, pour être les représentations officiellement acceptées des oppositions nécessaires ouvrières. 


Un match de boxe truqué à l'image des syndicats, des partis politiques révolutionnaires ou encore des ONG pour la démocratie totalitaire et les droits de l'homme autocratiques, les agents de l'argent, se couchent toujours pour l'argent, et parfois même gratuitement, altruistes et philanthropes qu'ils sont. Et les syndicats sont tout simplement impuissants à partir du moment où ils se soumettent au cadre et aux codes du libéralisme comme seules règles du jeu.

Si être un prolétaire c'est vibrer avec les ouvriers et les petits patrons qui résistent - à l'image des grecs, des espagnols ou encore des italiens, des bonnets rouges, des ouvriers français et belges d'Arcelor-Mittal ou de PSA -, si c'est ressentir dans ses tripes une solidarité populaire qui ne s'explique pas, avoir peur pour eux et frissonner lorsque nous les voyons se faire matraquer sur son poste de télévision ou son écran d'ordinateur, se tracasser pour cette foule naïve et innocente lorsque que nous participons à des manifestations, pester qu'ils ne se donnent pas les moyens de leur politique du Y'en a marre ! en creusant les réelles causes de leur condition, etc. Alors, je suis un prolétaire !

 

« Le communisme c'est ensuite, après que les sociétés de l'avoir se furent imposées postérieurement à la mise à mort des communautés de l'être, cette perpétuelle et insistante tendance historique à vouloir néanmoins refonder le communautaire perdu pour échapper à l'angoisse, la tristesse et la séquestration de l'économie politique du servilisme.


Ce sont tous ces cris, ces troubles, ces perturbations, ces agitations, ces mécontentements, ces tempêtes et ces violences qui marquent la permanente lutte des classes universelles des hommes chosifiés contre la mise au travail forcé à mesure que tout l'avant-marchandise est balayé et colonisé par la désagrégation de l'humanité en monades du spectacle du profit.

 

Ainsi, pendant des siècles, la paysannerie autour de l'ontologie des espaces de ses communaux séculaires, n'a jamais cessé de se battre contre les progrès infernaux du fiscalisme étatique de la marchandise jusqu'à être finalement dispersée dans la déportation usinière des grandes villes de l'atomisation capitaliste, là où le prolétariat de tous les êtres sans pouvoir sur leur vie, a retrouvé et redéfini théorico-pratiquement la nécessité de faire renaître en une forme supérieurement déployée l'être générique et archaïque (au sens principiel !) du communisme de la sacralité du cosmique. » extrait de l'entretien de Francis Cousin accordé au magazine Rébellion pour son ouvrage L’être et l'avoir

 

Mais le prolétaire n'existe pas, parce que le peuple, les peuples, s'identifient et se définissent sur au moins quatre grands espaces d'enracinement identitaire, et que le prolétariat, à une fonction internationale, sa substance est mondialiste, cosmopolite, apatride, par définition, déraciné de lui-même.

 

« Tu es des nôtres, car tu es des tiens. » Jean Parvulesco 


« Contre le darwinisme, il faut réaffirmer la dignité fondamentale de la personne humaine, en reconnaissant son véritable statut, qui n’est pas celui d’une espèce animale particulière, plus ou moins évoluée, parmi tant d’autres, qui se serait différenciées par « sélection naturelle » et resterait liée à des origines bestiales et primitivistes, mais un statut tel qu’il l’élève virtuellement au-dessus du plan biologique. Bien qu’on ne parle plus tellement aujourd’hui du darwinisme, sa substance perdure, le mythe biologique darwinien dans l’une ou l’autre de ses variantes garde sa valeur bien précise de dogme, défendu par les anathèmes de la « science », au sein du matérialisme de la civilisation marxiste et de la civilisation américaine. L’homme moderne s’est habitué à cette conception dégradée, s’y reconnaît désormais tranquillement, la trouve naturelle. » Julius Evola,  Orientations

 

Le modèle du capitalisme cosmopolite et celui du communisme apatride remplissent la même fonction d'uniformisation du genre humain, et pour se faire, la destruction des identités et des frontières, de l’État-nation, est nécessaire. Dans le cas de l'Internationale communiste et de la Social-Démocratie, nous voyons sur le long terme la volonté de faire exactement le contraire de l'utopie sociale - doctrine sociale et humanisme catholique inversés - proposée au départ, notamment parce que la dernière incarnation de cette Internationale communiste en acte, que nous pouvons qualifier de "trotskisme", dans ses portées sociétales libertaires, ne combat pas radicalement le Fétichisme de la marchandise et a une définition mortifère de la Souveraineté nationale des peuples, donc, du respect le plus élémentaires pour le seul endroit qui permet de se rencontrer : la Frontière.

 

Ce qui devait normalement se passer par l'étape d'un "rééquilibrage" des échanges internationaux, une régulation du libre échange, un retournement, est devenu un compromis, qui passerait lui même par l'étape d'une mise à plat des différentes expressions du protectionnisme et l'étape fondamentale qui est de reprendre le contrôle de la création monétaire, ça n'a pas eu lieu non plus, ce qui devait passer par la soumission pure et simple du Capitalisme le plus régnant, est devenu un jeu politique-politicien pour savoir  qui aura la gestion du Libéralisme triomphant, pour y mettre plus de rouge ou plus de bleu, et cette trahison historique est justifiée par la haute spéculation qui est d'affirmer qu'avant l'avènement du socialisme, il fallait en passer par le capitalisme, ce qui est l'aveux que le communisme théorise le capitalisme et n'est pas une alternative au capitalisme. Autant de conditions préalables à la mise en œuvre d'une entente inter-nationale passées à la trappe, remplacées par un sans-frontièrisme borné, un pseudo-humanisme qui ne peut pas fonctionner puisqu'il serait régit - qu'il est régit - par le Libéralisme triomphant, espace de la Marchandise en mouvement et en extension.

 

« C'est la mort du corps social, tué de l'intérieur par ceux-là mêmes qui en dépendent. Nous en sommes arrivés au moment du basculement, ce moment tragique où chaque composante de la société se fait le relais de cette doctrine de la perversion qui est au cœur du processus moderne de décivilisation. Son impact, c'est celui d'un vaste cyclone, balayant nos terres, et ravageant sans discernement ni scrupule ces forêts millénaires, enracinées dans les âmes, que sont les traditions. Ces traditions en effet, s'apparentent à autant de chênes, peupliers et marronniers qui, par le développement patient de leurs racines enchevêtrées, contribuent à stabiliser le terrain de la moralité collective. Le fléau de la modernité n'a jamais autant prospéré qu'en cet âge sombre, celui du capitalisme mondialisé et consumériste, teinté d'un individualisme de masse, décomplexé et totalitaire. » Vincent Vauclin, Cendres

 

Un "communiste", ou un "socialiste", qui dans les conditions géopolitiques actuelles, veut tout de même que s'accomplisse l'Internationale et qu'au Libre échange, arme anti-prolétariat par excellence, nous rajoutons aux peuples le poids de la libre circulation des esclaves, se trompe non seulement de sujet - la configuration économique du monde, qui tend à l'austérité, rendant le sans-frontièrisme tout simplement caduque pour tout révolutionnaire socialiste ayant remit à jour sa grille de lecture -, mais il est aussi dans le déni des rapports de force objectifs et de la destruction progressive des contre-pouvoirs, des corps intermédiaires et constitués, qui rend inintelligible cet entêtement au Grand Soir alors que les ouvriers ne font que perdre leurs acquis sociaux via la triple transformation libérale, que les licenciements vont bon train et qu'ils ne sont même plus protégés par l’État-nation qui tend à disparaitre. Perte de leur acquis sociaux directement explicable par cette volonté incantatoire de réclamer le Grand Soir, sans se donner les moyens logistiques et donc stratégique, de leur Politique.

 

Le prolétaire de demain sera un être enraciné, ou ne sera pas. Espérons peut-être qu'il ne soit plus jamais.

 

« Il convient de faire ici une réserve sur l’utilisation du terme « utopiste« , utilisé souvent à propos de tous ces dissidents promoteurs de contre-sociétés. Nous nous inscrivons en faux contre cette désignation : ces gens vivaient dans l’immédiat et non pour un avenir chimérique ; leurs entreprises étaient tout à fait réalistes et c’est les déprécier que de les traiter de cette façon. C’est là une démarche assez classique des historiens de la realpolitik, persuadés du bien-fondé des systèmes dominants, dont ils sont les plumitifs serviles. L’utopie consiste justement à croire que tout cela peut continuer ainsi, alors que tout nous prouve le contraire. Ces gens sont habitués à voir ces paysans avec les yeux des poméchtchikis pour lesquels ce n’étaient que de sombres brutes tout justes bonnes à trimer pour leur compte. J.-B. Séveracremarque cette inégalité de traitement qui « saute vite aux yeux de l’Occidental qui voyage en Russie. Nous croyons ne rien exagérer en disant qu’il a souvent l’impression que le moujik(paysan), pour bon nombre de membres des classes supérieures, est d’une race inférieure à la leur ». » Alexandre Skirda, Les anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917, Lecture du Dimanche, Du Mir au soviet  par Diktacratie. (Lire aussi : Le Mir)

 

Pour résumer, la catégorie du prolétariat est a dépasser, à déclasser.

 

L'antagonisme n'est pas des classes sociales modernes, ni même des anciennes castes sacrée de l'indivision sacrale. Les classes ouvrières ne sont pas nécessairement solidaires. L'hyper-classe n'est pas la Bourgeoisie. Prolétariat et Bourgeoisie furent des concepts-pivots pour accomplir la révolution synthétique, des théories "à usage unique", des classes momentanés à l'échelle de l'histoire, des étapes biodégradables dans la destruction progressive de l'Homme total par la déconstruction négative de l'être, pour permettre les mutations génériques, permettre toutes les inversions d'échelle de valeurs, des retournements de l'histoire à l'avantage du Libéralisme triomphant, mais sont aujourd'hui des catégories qui n'existent plus, totalement artificielles, qui empêchent surtout de comprendre où se place et se passe la lutte sociale, spirituelle, philosophique, politique et économique de notre temps, ce pourquoi elles sont maintenues en vie, sous perfusions médiatiques et universitaires.

 

Seuls les valeurs, les principes et  les fondamentaux traditionnels peuvent faire le communisme, en dehors de toute économie, en dehors de toute idée de Marchandise, seules des "classes" qui existent peuvent être finalement solidaires.

 

L'économisme, engendré des physiocrates, est une usine à produire du Faux. L'économisme c'est de l'intendance, au sens de gestion du quotidien, de comptabilité. Cette intendance, devient le centre de la gouvernance, le gouvernement par la nature remplace l'ordre naturel, ou, du début de la féminisation de l'espace politique, de la théorisation d'une hiérarchie moderne et marchande du productivisme, de l'intégration et de la sur-représentation des intermédiaires dans la chaîne de production, agricole en l'occurrence, mais qui préfigure l'ère industrielle et Un siècle de progrès sans merci. S'en suit la création quasi artistique du prolétariat qui remplace alors, dans l'imaginaire collectif, la conception traditionnelle de paysans, d'artisans, de l'être collectif et autonome. Il n'est plus possible d'être à la fois Producteur/Marchand/Propriétaire, ces trois fonctions étant divisées en trois corps sociales distincts par les physiocrates sous l'impulsion des Lumières - ce qui, entre les lignes, nous renvoi à la "tri-fonctionalité dumézilienne" qui était déjà une division à l'intérieur de la Communauté de l'être ; la communauté de la Tradition primordiale et de la Religion principielle.

 

Cette seconde tri-division du producteur dans la longue histoire rend donc impossible la réunifications des trois castes traditionnelles vers un Homme total. Seconde tri-division qui est une deuxième fracture de cet Homme total - déjà morcelé mais qui se cherche encore -, la modernité invente sa propre tri-fonctionnalité, strictement et uniquement marchande, en brisant la caste des Laboratores, le syndicat remplacera bientôt les corporations, comme, plus tard, l'Union Européenne effacera toute mémoire du principe de subsidiarité, de Royaume et d'Impérium, pour un fédéralisme parlementaire et représentatif, moderne et tiède.

 

La lutte des classes est bien un paradigme moderne d'opposition au monde réel et permanent de la Tradition, c'est la vengeance - incitée par la société contre-initiatique et antitraditionaliste - de la caste des Laboratores sur les castes des Oratores et des Bellatores, castes qui disparaissent sous le poids de la nouvelle tri-fonctionnalité marchande. Les Oratores deviennent des quants et les Bellatores des traders.

 

Pour terminer, nous soulignerons la virtualisation de la lutte sociale qui a cours et l'existence des web-sousprolétaires qui l'animent, êtres indignés, qui n'ayant pas perdu leurs habitudes libérales et leurs mentalités progressistes - au contraire, ce qui est un paradoxe quand on prétend lutter contre l'Argent et la Marchandise, que l'on rejoint une lutte anticapitaliste -, dans cette démarche de rébellion primaire, de réaction binaire, combattent hystériquement l'idée de Tradition avant de combattre le Libéralisme triomphant, d'y penser même, nous l'avons vécu et observé à plusieurs reprises, parfois même à nos dépends.

 

Ils ont réimporté les manières, le mépris, le cynisme, l'ironie, typiquement "bourgeois" (en réalité la caste politique usuraire et ses troupes d'occupations mentales) dans le cerveau collectif du peu de dissidence effective qui existait sur les réseaux sociaux. Et bien entendu, tous les anathèmes - accusation en racisme, fascisme, antisémitisme ou encore homophobie - de la pensée unique qui vont avec, qui sont les armes idéologiques de ce post-libéralisme en mouvement par excellence et qui sont toujours véhiculées à travers les écueils de cette dissidence de masse, qui devient une véritable police de la pensée qui continuera de pourrir tous les pseudo-débats pixelisés, et ce, tant que les serveurs de la Matrice fonctionneront. Est-ce que la dissidence doit jouer ce rôle de remplacement des antifas comme extension révolutionnaire du sous-prolétariat

 

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« De la sorte et pour finir, le communisme est à la fois cette essentialité qui fut exilée quand la vérité de la vie humaine dut passer sous les fourches caudines du dressage civilisationnel mais en même temps cette même substantialité qui continue d'exister cependant et malgré tout ce qui entend la faire disparaitre...

C'est pourquoi le communisme est la théorie de la dynamique révolutionnaire par laquelle le capitalisme engendre le communisme universel en sa forme supérieure consécutivement au fait qu'il soit né de sa forme inférieure et localiste qui permit, à partir du troc puis de l’échange le développement de la liberté totalitaire de la science et du marché. Comme le dit Marx : « L'anatomie de l'homme est une clef pour l'anatomie du singe. Les virtualités qui annoncent dans les espèces animales inférieures une forme supérieure ne peuvent au contraire être comprise que lorsque la forme supérieure elle même connue. Ainsi l'économie bourgeoise fournit la clef de l'économie antique... » (Introduction générale à la critique de l'économie politique...). »
extrait de l'entretien de Francis Cousin accordé au magazine Rébellion pour son ouvrage L’être et l'avoir


 

La Réponse sera Métapolitique !

 

N.Pendragon

 

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